Je ne sais pas si l’affaire Hirsi Ali est instrumentalisée par la gauche, comme on le dit, pour gêner Sarkozy. Et ça ne me paraît pas le fond du problème. Le fait que depuis le 2 novembre 2004, elle vive sous menace de mort me semble suffire largement à justifier qu’elle soit protégée, comme le fut, en son temps et pour les mêmes raisons, Salman Rushdie. Qu’elle soit « adoptée » par le Parlement européen, expression d’un « peuple européen » en gestation, comme le voudraient Benoît Hamon et ses amis, me semble une bien belle idée. Il faut rappeler ce qui s’est passé ce 2 novembre 2004. C’est ce jour-là que Theo Van Gogh, avec lequel elle avait réalisé le film « Soumission » a été abattu à coups de revolver en pleine rue d’Amsterdam, alors qu’il roulait à vélo. Ensuite, son assassin, Mohammed Bouyeri, l’a achevé en vidant son arme sur lui, puis l’a égorgé, avant de lui planter sur la poitrine un couteau au bout duquel était fixé la liste des autres « blasphémateurs de l’islam », promis au même sort. Ayaan Hirsi Ali figurait en tête de cette liste effroyable.
Comme l’a montrĂ© notre Ă©mission d’hier, l’affaire Ayaan Hirsi Ali est passionnante, parce qu’elle dessine de nouveaux clivages idĂ©ologiques, pas souvent perçus par les commentateurs, qui, comme moi, ont parfois bien du mal Ă suivre. Elle divise en effet nettement la gauche en deux camps difficilement conciliables. Mais ce dĂ©bat en rappelle d’autres, plus anciens, qui permettent de mieux comprendre les logiques intellectuelles en prĂ©sence.
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fév 15



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