Je ne sais pas si lâaffaire Hirsi Ali est instrumentalisĂ©e par la gauche, comme on le dit, pour gĂȘner Sarkozy. Et ça ne me paraĂźt pas le fond du problĂšme. Le fait que depuis le 2 novembre 2004, elle vive sous menace de mort me semble suffire largement Ă justifier quâelle soit protĂ©gĂ©e, comme le fut, en son temps et pour les mĂȘmes raisons, Salman Rushdie. Quâelle soit « adoptĂ©e » par le Parlement europĂ©en, expression dâun « peuple europĂ©en » en gestation, comme le voudraient BenoĂźt Hamon et ses amis, me semble une bien belle idĂ©e. Il faut rappeler ce qui sâest passĂ© ce 2 novembre 2004. Câest ce jour-lĂ que Theo Van Gogh, avec lequel elle avait rĂ©alisĂ© le film « Soumission » a Ă©tĂ© abattu Ă coups de revolver en pleine rue dâAmsterdam, alors quâil roulait Ă vĂ©lo. Ensuite, son assassin, Mohammed Bouyeri, lâa achevĂ© en vidant son arme sur lui, puis lâa Ă©gorgĂ©, avant de lui planter sur la poitrine un couteau au bout duquel Ă©tait fixĂ© la liste des autres « blasphĂ©mateurs de lâislam », promis au mĂȘme sort. Ayaan Hirsi Ali figurait en tĂȘte de cette liste effroyable.
Comme lâa montrĂ© notre Ă©mission dâhier, l’affaire Ayaan Hirsi Ali est passionnante, parce qu’elle dessine de nouveaux clivages idĂ©ologiques, pas souvent perçus par les commentateurs, qui, comme moi, ont parfois bien du mal Ă suivre. Elle divise en effet nettement la gauche en deux camps difficilement conciliables. Mais ce dĂ©bat en rappelle d’autres, plus anciens, qui permettent de mieux comprendre les logiques intellectuelles en prĂ©sence.
UniversalitĂ© des droits de l’homme (et de la femme)
D’un cĂŽtĂ©, on trouve des personnalitĂ©s et des organisations droits-de-l’hommistes, marquĂ©es par les combats des annĂ©es 1970/1980 en faveur des dissidents du bloc communiste : Ayaan Hirsi Ali, Wafa Sultan, Taslima Nasreen, leur semblent de nouvelles Vaclav Havel, des sĆurs dâAdam Michnik. Comme ces dissidents d’alors, elles sont aujourd’hui persĂ©cutĂ©es pour avoir dĂ©fendu les idĂ©aux dĂ©mocratiques - qui sont aussi les nĂŽtres. Comme les dissidents, elles rĂ©clament un droit Ă la critique que d’aucuns leur contestent radicalement au nom de dogmes qui prĂ©tendent Ă lâinfaillibilitĂ©. De ce cĂŽtĂ© de lâĂ©chiquier, on estime qu’il faut dĂ©fendre les rĂ©formateurs de l’islam, tant ceux qui le critiquent de l’intĂ©rieur (Ă©quivalents des marxistes « rĂ©visionnistes » ou « libĂ©raux »), que ceux et celles qui le critiquent de lâextĂ©rieur, aprĂšs en ĂȘtre sortis (comme les « dissidents »). On met en avant les valeurs d’Ă©mancipation individuelle et de libre expression, qui nous viennent en droite ligne des LumiĂšres. On poursuit aussi un combat anti-clĂ©rical traditionnel : hier contre les curĂ©s, aujourdâhui face aux imams. On refuse d’accorder Ă certaines cultures une sorte de “tarif rĂ©duit” y compris lorsquâil s’agit d’Ă©galitĂ© hommes/femmes ou de droits des homosexuels
Sur ces positions, on trouve bien entendu B-H L, Charlie Hebdo, ProChoix, BenoĂźt Hamon (gauche du PS), Pascal Bruckner, SOS Racisme.
“islamophobie”
Mais dans le camp d’en face, on soupçonne ces droits-de-l’hommistes de contribuer Ă stigmatiser les musulmans vivant en Europe. On rĂ©clame sans le dire ouvertement un traitement particulier pour lâislam â au motif quâil serait la « religion des dominĂ©s » et quâil faudrait « respecter ses spĂ©cificitĂ©s ». On sâintĂ©resse peu aux rĂ©formateurs et aux dissidents de lâislam, qui font trop souvent lâĂ©loge de lâOccident dĂ©mocratique moderne â et libĂ©ralâŠ. On prĂ©fĂšre, au contraire, chercher des convergences avec certains courants islamistes, sur le terrain commun de la lutte contre le capitalisme (occidental) et la mondialisation. On insiste sur la prĂ©servation de « lâauthenticitĂ© » des cultures issues de la dĂ©colonisation. Les divergences sur des questions telles que la morale sexuelle ou les droits des femmes, le pluralisme, la libertĂ© dâexpression, sont jugĂ©es secondaires par rapport aux convergences stratĂ©giques : un mĂȘme anti-amĂ©ricanisme et une mĂȘme dĂ©testation dâIsraĂ«l.
De ce cĂŽtĂ© de lâĂ©chiquier, on traite Ayaan Hirsi Ali de « machine de guerre » au service de « lâislamophobie ». Certains textes publiĂ©s par les IndigĂšnes de la RĂ©publique mettent en cause la libertĂ© dâexpression elle-mĂȘme. Elle ne serait quâune « arme » au service systĂ©matique des « dominants ». Ces textes « Ayaan Hirsi Ali : une bombe Ă retardement Anti Islam pour semer la zizanie en France aprĂšs lâavoir fait aux Pays-Bas », sont aussitĂŽt repris par certains sites dâextrĂȘme-gauche, tels que Bellaciao ou Indymdedia. Les mĂȘmes idĂ©es sont exprimĂ©es du cĂŽtĂ© de La RĂ©publique des Lettres. Mais les plus violents se trouvent, bien entendu, sur le site ultra-frĂ©quentĂ© des islamo-gauchisants du “RĂ©seau Voltaire” (si mal nommĂ©), animĂ© par le nĂ©gationniste Thierry Meyssan.
soutenir les dissidents de l’islam
Curieusement, les arguments entendus de ce cĂŽtĂ©-lĂ me rappellent ceux quâon Ă©changeait, lĂ encore, durant la guerre froide : Ayaan Hirsi Ali, disent-ils, a « abattu son jeu » en passant du parti social-dĂ©mocrate aux libĂ©raux, puis â pire encore â au service dâune fondation nĂ©o-conservatrice amĂ©ricaine. Je me souviens quâune certaine gauche pro-communiste tentait, de la mĂȘme façon, dans les annĂ©es 80, de disqualifier Havel et Michnik, au motif que Reagan avait insistĂ© pour les rencontrer. Mais quand bien mĂȘme seraient-ils passĂ©s Ă droite, leur rĂ©pondions-nous, cela justifierait-il quâils soient jetĂ©s en prison par vos amis de Moscou ? De mĂȘme Ayaan Hirsi Ali : faudrait-il la livrer Ă ses bourreaux sâil sâavĂ©rait quâelle Ă©tait bel et bien devenue une adepte du nĂ©o-conservatisme ? Beaucoup disaient, dans les annĂ©es 80, que les dissidents Ă©taient « trĂšs isolĂ©s dans leurs pays » ; quâils nâavaient « aucun avenir politique » ; que les encourager Ă dĂ©fier Moscou risquait de « faire le jeu du camp des durs », au lieu de favoriser les rĂ©formes ; voire de provoquer la guerre avec le bloc soviĂ©tique. Aujourdâhui, de la mĂȘme façon, on nous rĂ©pĂšte que les « Voltaire de lâIslam » sont isolĂ©s, sans avenir politique, et quâĂ les soutenir, on fait le jeu du « choc des civilisations » ; quâon risque dâencourager un « repli » de la majoritĂ© des musulmans, modĂ©rĂ©s et tolĂ©rants, sur des positions intĂ©gristes.
Havel est devenu prĂ©sident de la RĂ©publique et Michnik dirige le premier groupe de presse de son pays. Qui sait ce quâil adviendra demain de nos « Voltaire de lâislam » dans des pays tels que la Tunisie ou la Jordanie, par exempleâŠ. Hier, Ă l’Ă©mission, Esther Benbassa et Marc Weitzman, que tout oppose dans cette affaire, ont convergĂ© sur l’idĂ©e que toutes les grandes rĂ©formes intellectuelles et religieuses ont Ă©tĂ© provoquĂ©es par des hĂ©rĂ©tiques et des blasphĂ©mateurs. De mĂȘme, ajouterais-je,  que certains courants de gauche actuels doivent beaucoup aux intuitions des rĂ©visionnistes du marxisme.
Omissions coupables, demi-vérités, pieux mensonges
Enfin, il y a un certain nombre de semi-vĂ©ritĂ©s et de mensonges, rĂ©pandus notamment par Wikipedia, qui mĂ©ritent dâĂȘtre corrigĂ©s.
1° Theo Van Gogh nâĂ©tait pas un raciste. CâĂ©tait un ancien provo dâAmsterdam, dont la famille sâest illustrĂ©e dans la rĂ©sistance anti-nazie. Il a Ă©tĂ© le rĂ©alisateur de la premiĂšre sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e sympathisante consacrĂ©e aux difficultĂ©s des « allochtones », comme on appelle les immigrĂ©s aux Pays-Bas. Le feuilleton sâappelait « Najib et Julia », câĂ©tait une espĂšce de RomĂ©o et Juliette. Van Gogh a peut-ĂȘtre dit des horreurs sur le fondateur de lâislam, mais il ne se privait pas de traiter celui du christianisme de « poisson pourri de Nazareth » ; mais ça, vous ne le trouverez pas sur WikipediaâŠ
2° Personne ne parle non plus, en France, de la liaison publique que Ayaan Hirsi Ali a entretenu avec le philosophe hollandais Herman Philipse. Cela nous lâaurait pourtant rendue populaire dans notre intelligentsia. Car Philipse a Ă©tĂ© une figure importante de la vie intellectuelle hollandaise ; câest un peu lâĂ©quivalent haut-de-gamme de notre Michel Onfray. Il est lâauteur dâun livre trĂšs populaire, intitulĂ© « le Manifeste athĂ©iste et la dĂ©raison des religions ». Câest pourtant Ă son contact quâHirsi Ali en est venue Ă la conclusion que les EuropĂ©ens Ă©taient dĂ©cidĂ©ment incapables dâassumer lâhĂ©ritage des LumiĂšres, quâelle-mĂȘme revendique avec le courage que lâon sait. Personne ne nous dit non plus que la loi nĂ©erlandaise prohibant et punissant la pratique de lâexcision porte dĂ©sormais son nom. Elle en fut pourtant lâinitiatrice.
3° Ayaan Hirsi Ali est loin dâĂȘtre une voix isolĂ©e, une ex-musulmane qui aurait « trahi sa communautĂ© » en passant au service des blancs-racistes-de droite. Il existe toute une intelligentsia « allochtone » extrĂȘmement critique envers lâislam â aux Pays-Bas, comme partout oĂč existe la libertĂ© dâexpression. Mais on nâen entend guĂšre parler chez nous. Pourtant le jeune romancier et essayiste dâorigine marocaine Hafid Bouazza est un sacrĂ© blasphĂ©mateur (« les pieds dâAbdullah ») en mĂȘme temps quâun essayiste gĂ©nial ; son livre consacrĂ© Ă la condition dâimmigrĂ© du Sud dans un pays du Nord, « un ours en manteau de fourrure » mĂ©riterait traduction, paraĂźt-il. « Nous ne devons pas brader la libertĂ© au nom du multiculturalisme. Lâislam est moyennĂągeux, il nâa rien Ă offrir Ă la culture nĂ©erlandaise », a-t-il dĂ©clarĂ©. Ou encore lâuniversitaire et cĂ©lĂšbre Ă©ditorialiste dâorigine iranienne Afshin Ellian, un des intellectuels organiques du ComitĂ© central des ex-Musulmans. « La libertĂ© de parole est mise en danger par lâinvocation de âlâislamophobieâ et du âracismeâ. Et certains amis intellectuels ont dĂ©jĂ capitulĂ© », Ă©crit-il. Ou encore : « la citoyennetĂ© dâun Etat dĂ©mocratique implique que lâon respecte les lois du pays. Une dĂ©mocratie libĂ©rale ne peut survivre lorsquâune partie de la population estime que les lois divines sont au-dessus des lois humaines. » Mais ces positions-lĂ sont passĂ©es sous silence chez nous. Car elles invalideraient la thĂšse selon laquelle tous les critiques de lâislam sont animĂ©s par un racisme anti-immigrĂ©s.
4° Ayaan Hirsi Ali nâa pas Ă©tĂ© chassĂ©e de Hollande par des progressistes indignĂ©s par ses propos sur lâislam, mais par la « dame de fer » de la droite, Rita Verdonk. Et la couleur de sa peau a sans doute autant jouĂ© dans cette semi-expulsion que la couardise de ses voisins, effrayĂ©s du risque dâattentat que leur aurait fait courir lâaudacieuse.
5° Enfin, je trouve bien plaisant dâentendre des militants dâextrĂȘme-gauche justifier son expulsion du pays par ses « mensonges » sur la rĂ©alitĂ© de son Ă©tat-civil. Cela faisait longtemps quâelle avouait aux journalistes venus lâinterviewer quâelle Ă©tait, certes, nĂ©e somalienne, mais avait Ă©tĂ© exilĂ©e trĂšs jeune au Kenya. Quand elle demanda lâasile politique en Allemagne, celui-ci lui fut refusĂ© au motif que le Kenya nâĂ©tait pas un pays en guerre. Elle sâadressa alors aux Pays-Bas, en prĂ©tendant venir de Somalie, sur les conseils de militants dâune ONG qui lâavait prise en charge. Tout le monde sait pertinemment que la falsification de lâĂ©tat-civil est une tactique classique pour obtenir des visas dĂ©sormais accordĂ©s au compte-goutte en Europe. Jâai beaucoup aimĂ© aussi, le coup du « mensonge » sur son mariage forcĂ©, repris en cĆur, Ă lâĂ©poque, par bien des confrĂšres journalistes français. Et sur quelle base, avait-il Ă©tĂ© Ă©ventĂ©, ce prĂ©tendu « mensonge » ? Sur le tĂ©moignage de son mari⊠La belle preuve, en effet ! Vous en connaissez beaucoup, des maris, qui admettent publiquement sâĂȘtre entendus avec la famille sur le dos de la principale intĂ©ressĂ©e ? Curieux comme le fĂ©minisme minimal semble oublier ses principes les plus basiques au seuil de certaines maisonsâŠ
Pour conclure, une excellente interview d’Ayaan par Caroline Fourest parue dans Charlie Hebdo :



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15 fĂ©vrier 2008 à 15:15
je reviens un instant sur votre Ă©mission du 14/02/2008 pour m’exprimer sur ce qui a Ă©tĂ© dit sur la rĂ©forme de l’Islam. Je partage trĂšs largement les propos qui ont Ă©tĂ© tenus par BenoĂźt Hamon durant l’Ă©mission, et notamment que les musulmans français - comme le dĂ©montre une Ă©tude - soient parfaitement intĂ©grĂ©s dans une logique laĂŻque permettant de concilier Religion, espace public, RĂ©publique… finalement dans une optique trĂšs “laĂŻcitĂ© Ă la française”, ce qui devrait largement nous rassurer quant Ă la pertinence de notre modĂšle d’intĂ©gration et nous renforcer dans notre contradiction avec Nicolas Sarkozy, qui rĂ©pĂ©tait encore le 8 fĂ©vrier qu’il y avait un danger spĂ©cifique pour la laĂŻcitĂ© dans les banlieues (venant de sa part, c’est un comble, mais je m’Ă©gare)…
Par contre, si un islam respectueux des autres et de l’occident et socialement bien intĂ©grĂ©, si un islam faisant place Ă des “musulmans sociologiques” comme il existe des “protestants sociologiques” ou des “juifs sociologiques”, est bien vivace en France, on ne peut pas en dĂ©duire automatiquement que la rĂ©forme de l’Islam soit en cours par le simple fait de la pratique au quotidien. ConsidĂ©rons nĂ©anmoins que le cadre français semble ĂȘtre fortement propice Ă accueillir une RĂ©forme profonde de l’Islam sunnite, mais pour qu’il y ait RĂ©forme religieuse, il est absolument nĂ©cessaire que le dĂ©bat doctrinal soit entamĂ©, profond, avec des penseurs reconnus, des thĂ©ories et exĂ©gĂšses bien Ă©tablies. C’est ce qui s’est produit avec la RĂ©formation protestante, c’est ce qui s’est produit avec le mouvement du judaĂŻsme libĂ©ral au XIXĂšme siĂšcle, c’est ce que nos contemporains voudraient voir plus fortement Ă©merger pour l’Islam europĂ©en, et dont l’Islam a viscĂ©ralement besoin.
F. Faravel
15 fĂ©vrier 2008 à 19:39
Sur les propos de Mme Benbassa. Je crois M. Tinturier que vous avez Ă©minemment raison. Le clivage droite-gauche traditionnel est mort avec la victoire de la droite sarkozyste. Celui-ci a glissĂ© vers un clivage qui s’est lentement instillĂ© dans l’intelligentsia, Ă l’universitĂ© et notamment Ă gauche, entre “rĂ©publicains” et “nĂ©o-libĂ©raux-libertaires-communautariens”. Bien qu’elle s’en dĂ©fende, l’idĂ©e qu’elle se fait de la laĂŻcitĂ© comme des “minoritĂ©s” en France -terme terrible quand on pense Ă ce qu’il signifie quand on le transpose de la sociologie Ă la politique et au droit- rejoint celle de Nicolas Sarkozy. Il s’agit d’une politique de la “reconnaissance” qui confond communautĂ©s, communions, groupes confessionnels, citoyennetĂ© et appartenance culturelle ou cultuelle. L’effondrement de la culture rĂ©publicaine est patent en France. L’admiration bĂ©ate devant un “modĂšle Ă©tats-unien ou anglo-saxon serait le seul gage de “modernitĂ©. En mĂȘme temps, les rĂ©actions Ă cet effondrement, souvent populaires, oĂč l’on voit que les “gens” sont attachĂ©s Ă certains principes rĂ©publicains clairs, nets et prĂ©cis -les jeunes notamment-, l’appel conjointement lancĂ© par Mme Royal, M. de Villepin, M. Bayrou et d’autres valident votre intuition sur le glissement du clivage. On peut dĂ©fendre les “minoritĂ©s” en France et se dire “de gauche” et on ĂȘtre sarkozyste pour les mĂȘmes raisons -Mme Yade en est un exemple.
Su mon blog, que vous pouvez visiter en cliquant sur mon nom, j’essaye d’analyser dans la catĂ©gorie, “la droite de Sarkozy, synthĂšse ou rupture rĂ©publicaine”, ce mĂȘme glissement qui liquide tant le nĂ©o-gaullisme que la gauche rĂ©publicaine…
En vous remerciant pour votre attention, je vous félicite pour votre émission et pour les clarifications et les nuances, parfois de haute volée, parfois de bon sens, que vous apportez aux propos de vos invités.
15 fĂ©vrier 2008 à 19:50
Bravo pour votre article concernant Ayaan Hirsi Ali.
Votre tour d’horizon politique est assez complet. Une petite remarque toutefois. La fracture Ă gauche sur le problĂšme de la dĂ©fense des valeurs laĂŻques n’est pas aussi net que vous le dites. En effet, un certain nombre de militants et sympathisants de ce que certains appellent “la gauche de la gauche” soutiennent sans rĂ©serve le combat d’Ayaan Hirsi Ali, c’est mon cas par exemple. On peut Ă©videment ĂȘtre contre la mondialisation libĂ©rale et soutenir sans rĂ©serve le courageux combat de cette femme que la France devrait protĂ©ger.
Votre prĂ©sentation divisant la gauche en 2 camps opposĂ©s : d’une part, une gauche “adepte de la mondialisation” qui soutiendrait les valeurs laĂŻques et d’autre part une gauche “anti libĂ©rale” jouant du concept erronĂ© d’islamophobie ne reflĂšte pas exactement la rĂ©alitĂ©. Le parallĂšle avec les dissidents anti staliniens des annĂ©es 80 ne me convainc pas. Mais pour l’essentiel, votre article est passionnant et a le mĂ©rite de rĂ©pondre point par point aux odieuses accusations lancĂ©s contre Ayaan. Au nom des LumiĂšres, des principes de la RĂ©volution française, la RĂ©publique doit soutenir Ayaan Hirsi Ali, cela ne fait aucun doute pour moi. Une derniĂšre petite critique, concernant France culture cette fois : je n’ai malheureusement pu podcaster cette fois ci votre Ă©mission et elle n’est pas Ă©coutable non plus semble t-il lorsque l’on se rend dans les archives de l’Ă©mission. Bonne continuation !
15 fĂ©vrier 2008 à 23:01
Bonjour,
j’espĂšre que vous ne m’en voudrez pas de ne pas me joindre au choeur des louanges. Il peut ĂȘtre intĂ©ressant de prendre en compte des avis divergents, me semble-t-il.
Je ne me reconnais nulle part dans la descrition que vous donnez du paysage politique sur ces questions, mais plus grave, je ne reconnais rien d’autre que les positions les plus affichĂ©es dans la « bulle mĂ©diatique », mais il ne faut pas oublier qu’il ne s’agit que de spectacle. Si intĂ©ressante que soit votre Ă©mission, elle n’en est pas moins un spectacle radiophonique. Je crois que l’on peut accepter cette dĂ©finition d’une Ă©mission qui propose un dĂ©bat « Que reste-t-il de mai 68 ? » opposant Daniel Cohn-Bendit Ă Luc Ferry.
Je regrette surtout que durant une Ă©mission sur laquelle planait le doute sur l’existence ou non d’une « islamophobie » française, ni vous ni Julie Clarini n’aient trouvĂ© un instant pour rappeler que le directeur du « Point », Claude Imbert, membre du Haut Conseil Ă l’intĂ©gration, a dĂ©clarĂ© sur LCI: «Moi, je suis un peu islamophobe. […] Nous avons le droit de combattre le racisme, dâaccepter une pratique paisible de lâislam. Et jâai le droit, je ne suis pas le seul dans ce pays Ă penser que lâislam - je dis bien lâislam, je ne parle mĂȘme pas des islamistes - en tant que religion apporte une dĂ©bilitĂ© dâarchaĂŻsmes divers, apporte une maniĂšre de considĂ©rer la femme, de dĂ©classer rĂ©guliĂšrement la femme [et] en plus un souci de supplanter la loi des Ătats par la loi du Coran, qui en effet me rend islamophobe ». De la mĂȘme façon, il aurait Ă©tĂ© utile que vous fĂźtes Ă©tat de l’Ă©ditorial de soutien de Philippe Val Ă Claude Imbert, dans l’hebdomadaire dont il est le rĂ©dacteur en chef et l’Ă©ditorialiste, « Charlie Hebdo », et dans lequel il se dĂ©clarait Ă son tour « islamophobe ».
Etant moi-mĂȘme « religiophobe », « directeur de consciences -ophobe » et « fidophobe », je serais le premier Ă soutenir ces belles plumes si seulement leurs salves n’Ă©taient pas systĂ©matiquement dirigĂ©es vers les mĂȘmes cibles et avec toujours la mĂȘme mauvaise foi. J’en ai pris mon parti, ai dĂ©finitivement cessĂ© de lire « Charlie Hebdo » et suis retournĂ© Ă une presse moins nausĂ©abonde et dotĂ©e de palmes autant que de bon sens. Mais ceci est une autre histoire…
Tout cela pour vous dire ma dĂ©ception de ne pas avoir entendu d’interventions plus vives et plus tranchantes de votre part, qui eussent pu Ă©claircir ce point. N’Ă©tait-ce pas une fausse piste que d’essayer de thĂ©oriser ces oppositions, de chercher leurs origines dans des tendances politiques, de chercher Ă les enraciner dans le passĂ©, lĂ oĂč il ne devrait y avoir que sens commun, soucis d’Ă©quitĂ© et de mesure ?
Sans rancune, évidemment.
15 fĂ©vrier 2008 à 23:34
Bonjour,
Impossible de récupérer le podcast de cette émission.
16 fĂ©vrier 2008 à 0:49
Bonjour,
En voulant signifier que j’Ă©tais comme d’autres je pense, malheureux de ne pouvoir Ă©couter en diffĂ©rĂ© de quelque maniĂšre que ce soit cette Ă©mission-ci (je ne fais pas partie des gens qui rentrent au bon moment du travail auxquels il fut longtemps pertinent de donner l’heure en milieu de controverse), j’ai lu votre fil sur le sujet. Et demeurai perplexe: l’auriez-vous rĂ©digĂ© avant le dĂ©bat? en ce cas rien de manifestement intĂ©ressant ne s’y est dit qui pĂ»t modifier un tant soit peu votre avis sur cette question, de sorte que ce qui Ă©tait bon avant est meilleur dorĂ©navant et votre blog est creux; l’auriez-vous rĂ©digĂ© a posteriori? alors rien n’Ă©branlera jamais vos convictions et…rien de manifestement intĂ©ressant ne s’est dit qui enrichĂźt ou enrichira votre blog. Et surtout pas ma participation (je suis un looser).
PassĂ©es ces incertitudes journalistiques, d’autres points de votre rĂ©daction m’ont surpris:
« Nous ne devons pas brader la libertĂ© au nom du multiculturalisme. Lâislam est moyennĂągeux, il nâa rien Ă offrir Ă la culture nĂ©erlandaise » cit. de Hafid Bouazza dans votre propostion.
Je ne voudrais pas rĂ©duire votre discours Ă cette citation, mais sa premiĂšre proposition me semble une antienne de votre blog (l’ayant maintenant parcouru), et l’on cite ce que bon nous (vous) semble: la libertĂ© serait bradĂ©e au nom du “multiculturalisme” (le vocable reste pour moi insaisissable). On ne sait alors si c’est le culturel, ou le multi, ou les deux qui pĂšsent -j’opterais pour les trois quant Ă moi.
La seconde proposition offre une solution: “l’islam est moyennageux, il n’a rien Ă offrir Ă la culture nĂ©erlandaise”. Ainsi citĂ©, la culture nĂ©erlandaise est source de libertĂ©, l’islam est source au pire de braderie de la libertĂ© que constitue la culture nĂ©erlandaise, au mieu n’offre rien…
Un des problĂšmes que je voudrais poser ici est que la culture nĂ©erlandaise n’existe pas. On peut se sentir appartenir Ă la mĂȘme communautĂ© de destin des nĂ©erlandais citadins si on l’est soi-mĂȘme, ou des producteurs agricoles si on l’est de mĂȘme, des producteurs de films pornos si etc… Quoi et Ă quelqu’intensitĂ© que cela puisse ĂȘtre envisagĂ©, la culture d’un Etat ne peut prĂ©sager de la libertĂ©. Et c’est bien en rendant Ă©vident le rapport entre un Etat, une Nation, une Culture idoine etc. que l’on peut y voir aussi peu clair.
Sur ce, bonne nuit.
Piéralexlampert
16 fĂ©vrier 2008 à 1:44
Merci de ne pas gĂ©nĂ©raliser, ni dans un sens ni dans l’autre. Vous ne pouvez pas dire que tout les musulmans de France sont intĂ©grĂ©s,parce que ce n’est pas vrai. Certains musulmans ne veulent pas s’intĂ©grer au sens ou nous l’entendons, C’est bien sĂ»r acceptable Ă la condition qu’ils nous respecte et ne nous impose rien. l’intĂ©gration au sens rigide est trop contraignante. La cuisine marocaine est sublime, l’intĂ©gration imposerais aux marocains Ă prĂ©fĂ©rer la notre, c’est bien sĂ»r idiot!! Les musulmans religieux doivent acceptĂ©s nos coutumes et les respecter en totalitĂ©. Ils doivent Ă©galement accepter que d’autres musulmans ne soient pas religieux. Aucunes menasses et reprĂ©sailles ne peuvent ĂȘtre acceptĂ©es. Les femmes musulmannes doivent ĂȘtre respectĂ©es, on ne doit pas leurs imposer les vĂȘtemetns, le voile, le mariage. Les personne d’origine Ă©trangĂšres n’ont rien Ă imposer au français, mais on doit Ă©galement les respecter.Dans les citĂ© oĂč la population magrĂ©bine est trĂšs prĂ©sente, il y a une trĂšs belle solidaritĂ© entre famille, dont nous pourrions tirer profit pour nous, qui nous plaignions tellement de solitude. Mais pas de prosĂ©litisme musulman en france. Le respect mutuel et le respect de nos valeurs rĂ©publicaines et laĂŻcs. Les jeunes des banlieus doivent Ă©galement respecter les lois, les banlieus ne sont pas des lieus hors la loi.
L’islame vit actuellement une crise trĂšs importante, et les musulmans doivent comprendre que nous ayons peure des consĂ©quences de certains dĂ©bordements. Respect et dialogue apporte la paix Flavio
16 fĂ©vrier 2008 à 15:20
Je suis absolument d’accord avec tout votre article; j’Ă©prouve une telle aversion contre les conceptions de ceux qui hurlent avec les loups islamistes, que je crois comprendre trĂšs profondĂ©ment ce qui a pu pousser Ayaan Hirsi Ali vers les nĂ©oconservateurs amĂ©ricains…
Ce qui ne m’empĂȘche pas de vous en vouloir, Brice Couturier (ainsi qu’Ă de trĂšs nombreux producteurs et chroniqueurs de France Culture), de camper systĂ©matiquement et Ă tous propos sur une position rigide qui confond rĂ©guliĂšrement dĂ©mocratie avec loi du marchĂ©, mondialisation avec capitalisme, progrĂšs humain avec “croissance” sans fin et prĂ©servation de tout le confort et l’abondance atteints dans les pays riches - tout en sachant par ailleurs, plus ou moins confusĂ©ment, que cette attitude-lĂ ne peut mener qu’Ă un inimaginable fiasco.
Il me semble que vous (un “vous” collectif) reculez sans cesse devant les question graves - prĂ©fĂ©rant (comme la plupart des gens, du reste, mais ce n’est pas une raison) adopter une fois pour toute une “position” bien propre, nette, honorable et aux ennemis clairement rĂ©pertoriĂ©s (totalitarisme, extrĂ©misme, obscurantisme, antisĂ©mitisme…); ennemis diabolisĂ©s en bloc et sans jamais trop rĂ©flĂ©chir - de crainte, dirait-on, d’y succomber -, avec comme critĂšres quasi-uniques la libertĂ© Ă tout prix et le refus d’une certain type (pas tous) de violence.
Et au prix, parfois, d’une profonde absurditĂ© conceptuelle - admise parce qu’universellement rĂ©pandue…
Vous me direz que vous n’ĂȘtes pas des philosophes: eh bien justement, lĂ est le drame. Si tout le monde ne le deviens pas un peu (au moins sur l’antenne de France Culture, nom d’une pipe !), je crois qu’Ă l’heure qu’il est l’humanitĂ© est plutĂŽt mal barrĂ©e…
Ălevez-vous encore un peu plus loin au-dessus des poncifs, s’il vous plaĂźt ! Faites-nous respirer l’air d’un vrai grand dĂ©bat continu, Ă la hauteur (vertigineuse, oui…) des vĂ©ritables enjeux… Certains auditeurs s’en froisseront sans doute: ce ne pourra ĂȘtre que pour de mauvaises raisons.
16 fĂ©vrier 2008 à 16:18
Je n’ai malheureusement pas pu Ă©couter votre Ă©mission avec toute l’attention nĂ©cessaire mais ce que j’ai pu entendre m’a vraiment irritĂ©. En dehors de la position claire, pleine de bon sens de M HAMON qui se rĂ©fĂ©rait aux valeurs auxquelles notre rĂ©publique reste attachĂ©e : la laicitĂ© (seul garant de la libertĂ© religieuse et de la libertĂ© de pensĂ©e) et des lois applicables Ă tous les citoyens hommes ou femmes et d’origine dffĂ©rente etc.. les propos de la personne sociologue qui se rĂ©clamait de gauche et ceux de Mme Bensassa m’ont semblĂ© intellectuellemet peu honnĂȘte par rapport au dĂ©bat pour lequel elles Ă©taient lĂ .
En effet ces deux personnes (il y en avait une autre que je n’ai pas pu identifier) tout en ne dĂ©fendant pas les mĂȘmes idĂ©es, n’ont pas Ă priori fait part de leur position par rapport au principe fondamental de protection des personnes victimes d’intolĂ©rance rĂ©ligieuse et menacĂ©es de mort, si elles l’ont fait c’est plus tard, ce n’Ă©taient pas pour cela qu’elles semblaient ĂȘtre lĂ , on avait l’impression que c’Ă©tait une opportunitĂ© pour elles de faire passer leurs idĂ©es sur des sujets qui certes avaient leurs importances et qui semblaient pour ces intervenants plus important que la question de fond, je serais d’ailleurs bien incapable d’en parler et de tout remmettre en ordre tant ça allait dans tous les sens. Elles ont d’emblĂ©e digressĂ© chacune Ă leur maniĂšre sur les rĂ©serves qu’elles faisaient sur le comportement ou les propos de Ayaan Hirsi (propos qui n’ont pas Ă©tĂ© Ă©noncĂ©s clairement d’ailleurs) si bien que pour quelqu’un comme moi qui n’avait pas suivi l’affaire de si prĂšs, il Ă©tait impossible de suivre. Ce que par contre je comprenais, c’est que les diffĂ©rents intervenants sauf M Hamon et l’animateur Ă©taient lĂ pour nous faire part de leur courant de pensĂ©e qu’ils pouvaient mettre en Ă©vidence grace Ă ce sujet , de leurs querelles qui paraissaient sectaires et dĂ©placĂ©es par rapport Ă la gravitĂ© du sujet ( M Hamon a d’ailleurs plusieurs fois rappellĂ© qu’il voulait restĂ© sur le principe et ne pas digressĂ© sur la personne ) et malgrĂš cela ça repartait : l’une s’indignant “de mise ne scĂšne”…. l’autre parlant d’islamophobie que pourrait susciter le soutien Ă des personnes considĂ©es provocatrices comme Ayaan Ali…..
Ce qui m’interesse dans vos Ă©missions c’est un vrai dĂ©bat qui Ă©claire (c’est d’ailleurs trĂšs souvent le cas ) avec des idĂ©es qui s’opposent et non pas d’entendre des querelles entre personnes “averties” qui ne traitent pas ou seulemEnt par le biais de digressions de la question de fond. Ces digressions mise en Ă©vidence Ă priori brouillent l’esprit, les critiques sur la maniĂšre dont est traitĂ©e cette grave affaire et les moyens mis en oeuvre font oublier l’essentiel, voire le minimise, la question de fond qui pourtant est simple est relĂ©guĂ© en second plan. Ce sentiment a Ă©tĂ© partagĂ© par d’autres personnes avec qui j’ai eu l’occasion de parler, c’est bien dommage qu’un tel sujet n’est pas pu ĂȘtre traitĂ© avec plus de hauteur de vue moins de rĂ©cupĂ©ration de la part de certains intervenants, plus d’ouverture.
16 fĂ©vrier 2008 à 16:34
En citant un Ă©crivain nĂ©erlandais d’origine marocaine, je ne fais pas mienne sa conception de l’islam, j’imaginais que c’Ă©tait Ă©vident. Je souhaitais simplement mettre en lumiĂšre le fait que le rapport Ă l’islam des EuropĂ©ens originaires de pays du Maghreb ou du Moyen-Orient est au moins aussi diversifiĂ© que celui des EuropĂ©ens d’origine envers le christianisme. Et qu’Ayaan Hirsi Ali n’est pas l’exception, ni la “renĂ©gate” que nous dĂ©peignent les islamo-gauchistes. Il y a des fidĂšles rigoristes, des musulmans non pratiquants, des muslmans culturels et des ex-musulmans. Or on a trop souvent tendance Ă les considĂ©rer en bloc comme “Musulmans” et Ă leur imaginer une adhĂ©sion massive aux dogmes de l’islam, une participation majoritaire aux rites d’un Islam unique - qui n’existe pas non plus. C’est pourquoi je suis mĂ©fiant envers le concept “d’islamophobie”. Autant je combats le racisme anti-arabe, comme tous les racismes, autant la critique de l’islam me semble devoir relever de la mĂȘme saine critique dont a fait l’objet le christianisme - et qui l’a beaucoup aidĂ© Ă changer en mieux. Voltaire Ă©tait-il “christianophobe” ? Si oui, il a bien fait. L’islam en tant que culture me semble non seulement intĂ©ressant, mais enrichissant pour nous, EuropĂ©ens, qui nous sommes constamment remis en cause sous l’effet de nos dĂ©couvertes intellectuelles. Mais Ă condition que nous gardions les droits Ă la critique sans limites que nos ancĂȘtres ont conquise suite Ă la RĂ©volution de 1789 et aux lois libĂ©rales de la III° RĂ©publique.
Quant Ă ma conception de la libertĂ©, elle est, en effet, sans compromis possible. Et les ennemis de la libertĂ©, aussi philosophes puissent-ils s’avancer, seront en effet mes ennemis.
16 fĂ©vrier 2008 à 17:06
Quand le champ est minĂ©, il vaut mieux avancer prudemment…
1)ainsi, il serait plus sage d’opposer laĂŻc et thĂ©ocrate, parce que des discussions entre mulsulmans laĂŻcs, judeo-chrĂ©tiens laĂŻcs et juif laĂŻc … (les bouddhistes Ă©tant laĂŻc de fait, vous pourrez juste dire bouddhistes)
2) je ne crois pas que la dĂ©fense de la libertĂ© d’expression n’ait jamais Ă©tĂ© le droit Ă dire n’importe quoi sur la place publique.
Ainsi cette affaire rappelle celui du soit-disant professeur de philosophie (discipline qui a Ă voir avec la recherche de la sagesse) qui avait Ă©crit un papier non seulement mal Ă©crit et stupide et au lieu et place de demander Ă ce que ce type cesse de suite d’enseigner quoi que ce soit Ă des enfants, il s’est trouvĂ© une poignĂ©e d’imbĂ©cile pour se lever et crier haut et fort que chacun a le droit d’ecrire et de dire n’importe quoi. Bon, ben trĂ©s bien alors laissez les islamistes crier haut et fort leur point de vue.
3) dans un monde rĂ©gi par la laĂŻcitĂ© qui est je le crois celui de la sĂ©paration des pouvoirs spirituels et des pouvoirs temporels et rĂ©gi par la dĂ©mocratie, il existe la libertĂ© du culte, ainsi vous pouvez ĂȘtre athĂ©e, religieux, superstitieux, etc… Par contre, crier haut et fort que la religion mulsumane est une religion dangereuse me paraĂźt aussi absurde que de dire que la religion juive, catholique ou bouddhiste est dangereuse. C’est comme toute chose l’instrumentalisation des religions qui sont des dangers, d’oĂč la laĂŻcitĂ©, c’est Ă mon sens, plus sur le terrain de la culture (diffusion de la culture et des arts islamiques liĂ©s Ă l’imaginaire de la langue arabe) que peuvent ĂȘtre battus les islamistes, fondamentalistes de toute sorte ou autre thĂ©ocrate, etc..
4) si quelqu’un peut dire aux personnes du PS que l’enjeu politique au dĂ©but du XXIe siĂšcle c’est d’affirmer que nous ne vivons pas dans un monde post-fasciste ,
etc…
16 fĂ©vrier 2008 à 17:12
Est-on un ennemi de la libertĂ© parce qu’on ose prĂ©tendre que toute libertĂ© n’est pas bonne Ă prendre ? Suis-je votre ennemi si je prĂ©tends, par exemple, qu’une libertĂ© “sans compromis possible” d’asservir, de faire souffrir et de dĂ©truire ses semblables (mĂȘme si ce n’est pas d’une maniĂšre franche et directe) est pour le moins dangereuse ?
Le ton qui est le vĂŽtre sur ces questions, Brice Couturier, est effrayant: prenez votre derniĂšre phrase, telle quelle, en remplaçant seulement le mot “libertĂ©” par un autre…
16 fĂ©vrier 2008 à 17:23
Je parlais de libertĂ© d’expression. La “libertĂ© de tuer” - que rĂ©clament les assassins de Theo Van Gogh, et ceux qui aspirent Ă massacrer aussi Ayaan Hirsi Ali, par exemple, est bien sur une absurditĂ©.
16 fĂ©vrier 2008 à 18:46
Presque tout le monde est d’accord pour ne pas accorder la libertĂ© de tuer; en revanche la libertĂ©, presque illimitĂ©e pour certains, de pourrir lĂ©galement la vie des autres ne paraĂźt prĂ©occuper qu’assez peu de gens - y compris parmi les plus concernĂ©s. Et ceux qui (dans les rares pays oĂč ils existent) en font leur argument politique principal, non seulement ne recueillent que des scores misĂ©rables aux Ă©lections, mais sont d’emblĂ©e taxĂ©s d’”extrĂ©misme” et mĂ©prisĂ©s par une large majoritĂ© de citoyens.
Car en plus de tout le mal qu’ils font sur le moment, les totalitarismes poursuivent longtemps aprĂšs leurs mĂ©faits. Leur rĂŽle de repoussoir absolu, qui a fourni entre autres Ă Winston Churchill sa boutade archi-cĂ©lĂšbre et rabĂąchĂ©e sur la dĂ©mocratie plus-mauvais-systĂšme-Ă -l’exception-de-tous-les-autres (ce qui signifie qu’il est normal que ça ne fonctionne pas bien…), a pour corollaire aujourd’hui encore - et sans doute plus que jamais - une sorte de fatalisme dĂ©mocratique qui supporte et accepte mollement les plus ahurissants abus, au nom de la libertĂ©.
Il ne faut dĂšs lors s’Ă©tonner ni de l’islamisme - que j’abhorre autant que vous -, ni de l’Ă©mergence d’une extrĂȘme-gauche douteuse qui flirte avec ce dernier… Croyez-moi, il me coĂ»te de dire cela; c’est malheureusement une Ă©vidence. Et je ne suis pas le moins du monde un disciple d’Alain Badiou…
16 fĂ©vrier 2008 à 18:59
A l’instar de M. Couturier, je crois que ce dĂ©bat est rĂ©vĂ©lateur de positions idĂ©ologiques mais je crois aussi qu’il n’est que prĂ©texte Ă leur exposition. Je me bornerai ici au second point, laissant l’idĂ©ologie Ă ses spĂ©cialistes.
Les NĂ©erlandais ont raison de protester lorsqu’ils voient la France accĂ©der Ă la demande de Mme Hirsi Ali : pourquoi ? Parce que le droit Ă la protection est un corrĂ©lat de la souverainetĂ© de l’Etat dont on est citoyen. Chaque Etat est seul maĂźtre des lois valables sur ton territoire : le “droit Ă la vie” - formulation au combien curieuse : s’il n’y a de droit que de l’homme, est-ce Ă dire que les animaux n’ont pas un tel droit ou bien est-ce que les animaux peuvent aussi faire valoir ce droit ? -, ce droit peut donc ĂȘtre revendiquĂ© par tout citoyen de l’UE dans l’UE. Mais hors de celle-ci, ce droit perd de sa valeur, tout simplement parce que l’UE n’est pas souveraine hors de son territoire : imposer son droit Ă celui qui n’en veut pas, c’est lui dĂ©clarer la guerre, dont la version soft (humanitaire) est le “droit d’ingĂ©rence”, i.e. le droit que l’on s’arroge, au nom de droits supĂ©rieurs, pour s’ingĂ©rer dans les affaires d’un pays, niant donc sa souverainetĂ©. Faire valoir un droit d’un Etat hors de cet Etat n’est donc illĂ©gal mais irrecevable : si je suis citoyen français mais habite aux USA, je n’ai pas Ă payer l’ISF de mĂȘme que je ne peux rĂ©clamer la protection policiĂšre de la France si on atteint Ă ma vie lĂ -bas. Donc : si Mme Hirsi Ali veut ĂȘtre protĂ©gĂ©e par la France, elle doit vivre sur le territoire français (je le rĂ©pĂšte : pas de droit sans souverainetĂ© ou force incontestable sur un territoire). Les Pays-Bas ne lui ont pas refusĂ© sa protection lĂ oĂč ils avaient force de loi, mais c’est elle qui a voulu vivre lĂ oĂč la police nĂ©erlandaise n’avait pas pignon sur rue : c’est donc elle qui a volontairement annulĂ© son “droit Ă la vie” Ă©noncĂ© par l’UE. Et elle n’a pas quittĂ© son pays parce sa protection n’Ă©tait pas assurĂ©e, mais parce que celle-ci “gĂȘnait” ses voisins. Je m’Ă©tonne que nul n’ait relevĂ© la grande faiblesse de ce motif (il faut avoir une opinion peut-ĂȘtre trop haute de ses voisins pour renoncer Ă son “droit Ă la vie” sous prĂ©texte que l’application de celui-ci les gĂȘnait : mais quoi, il y avait des tanks et des hĂ©licoptĂšres devant chez elle !?). La seule question valable eĂ»t Ă©tĂ© la suivante : pourquoi les USA ne peuvent assurer sa protection ? Jusqu’oĂč va la discrimination des droits entre citoyens et hĂŽtes Ă©trangers ? La police doit-elle empĂȘcher que seuls les citoyens de son pays ne soient pas tuĂ©s sur son territoire ? J’avoue que ça me laisse perplexe : si je vais en touriste aux USA, dois-je m’attendre Ă ce que la police US ne vienne pas Ă mon secours si je suis agressĂ© ? Car c’est bien Ă cela que se ramĂšne le problĂšme concret de Mme Hirsi Ali.
La France n’a tout simplement pas le droit d’envoyer la LĂ©gion partout oĂč est menacĂ©e la libertĂ© d’expression (fĂ»t-elle usĂ©e pour dire de belles bĂȘtises (doux euphĂ©misme, on m’aura compris)). En revanche, la France se targue d’accueillir ceux qui sont menacĂ©s pour l’usage de cette belle libertĂ©. Cela s’appelle le droit d’asile : la France a donc le devoir de protĂ©ger sur son territoire tous ceux qui sont menacĂ©s pour les idĂ©es qu’ils dĂ©fendent. La libertĂ© se prĂ©serve, elle ne s’impose pas aux autres : l’asile n’est-il pas au sens propre un refuge, c’est-Ă -dire un LIEU inviolable ?
TrĂšs cordialement,
T. David.
16 fĂ©vrier 2008 à 21:08
J’Ă©coute gĂ©nĂ©ralement votre Ă©mission en diffĂ©rĂ© e la podcastant ou en l’Ă©coutant directement sur le site. L’Ă©mission sur Ayaan Hirsi Ali n’a jamis pu ĂȘtre podcastĂ©e et le lien sur le site donne lieu Ă la rĂ©ponse Ă©mission non disponible. Est-ce normal ou est-ce dĂ» Ă un problĂšme technique dont vous ne seriez pas au courant ?
Merci
16 fĂ©vrier 2008 à 23:00
Je vous en prie : protestez directement auprĂšs de la direction de France Culture. Nous n’avons cessĂ©, Julie et moi, de transmettre des e-mails d’auditeurs exaspĂ©rĂ©s par cette affaire de podcasts constamment indisponibles. Peut-ĂȘtre aurez-vous plus de chances que nous d’ĂȘtre entendus…
“Fatalisme dĂ©mocratique”… Pour moi, la dĂ©mocratie pluraliste n’est pas une triste fatalitĂ©, mais le fruit d’un combat long et pĂ©rilleux, un combat qu’il ne faut jamais abandonner. Car la dĂ©mocratie est une sorte de miracle historique prĂ©caire. Sa victoire contre les totalitarismes a Ă©tĂ© miraculeuse. Entre 1938 et 56, personne, en Europe n’aurait pariĂ© sa chemise sur l’hypothĂšse d’un effondrement de tous ceux qui la contestaient radicalement. Mais la libertĂ© faisant partie de l’air que nous respirons, ici, nous avons trop tendance Ă la tenir pour acquise une fois pour toutes. Je suis beaucoup plus pessimiste.
17 fĂ©vrier 2008 à 12:51
Il faut toujours faire excessivement attention aux mots qu’on n’emploie…
Par “fatalisme dĂ©mocratique” je n’entendais pas que la dĂ©mocratie elle-mĂȘme fĂ»t vĂ©cue comme une fatalitĂ©, mais seulement ses dĂ©fauts (et non ses tares) les plus criants. Ce qui fait, je pense, une grosse diffĂ©rence.
Il est par ailleurs Ă©tonnant de constater avec quelle infaillibilitĂ©, dĂšs qu’on tente d’Ă©largir quelque peu le dĂ©bat (ce qui est pourtant la raison d’ĂȘtre d’un dĂ©bat), il se trouve des personnes pour crier Ă l’”idĂ©ologie”. Justement je fuis l’idĂ©ologie; c’est pourquoi je pense qu’il est prĂ©fĂ©rable de pouvoir aborder librement les questions qui englobent toutes les autres, et nous concernent tous… Nul besoin d’ĂȘtre un spĂ©cialiste.
17 fĂ©vrier 2008 à 17:50
Pour la gouverne de M. Teissier : je n’ai jamais “crier” Ă l’idĂ©ologie - d’ailleurs en quoi idĂ©ologie est un gros mot ? on a bien les idĂ©es de son temps, c’est cela la conception minimale de l’idĂ©ologie chez Marx - : mon propos visait Ă dĂ©miner un dĂ©bat que je trouvais prĂ©texte Ă l’exposition de conceptions de la libertĂ© - et comme j’ai montrĂ© l’absence de portĂ©e de cette affaire, je m’en trouve confortĂ© : il fallait lire au-delĂ des trois premiĂšres lignes.
J’avais pas d’idĂ©es spĂ©ciales Ă exposer, laissant donc les spĂ©cialistes s’exprimer - que dire sinon que je suis assez d’accord avec vous, quant au ton de certains commentateurs, qui s’oppose Ă toute “profondeur” philosophie, i.e. justesse du propos (sens du problĂšme), quant Ă une certaine conception de la libertĂ© (”sans concession” dit le preux chevalier Couturier). La libertĂ© abstraite me semble en effet bien faible, bien que plus forte en apparence : s’opposer Ă toute atteinte Ă ce qui n’est pas interdit pas la loi (libertĂ© comme non entrave Ă la loi). Parce que je ne crois pas que dĂ©fendre la plus belle idĂ©e de la libertĂ© soit dĂ©fendre son usage le plus faible - avoir le droit de tout dire, mĂȘme les choses les plus bĂȘtes (mĂȘme euphĂ©misme que supra). La libertĂ© a peut-ĂȘtre une dignitĂ© qui n’est pas dans sa permissivitĂ© (je suis libre… de faire ou dire n’importe quoi) mais dans le meilleur usage qu’on peut faire de la raison - en ce sens, je ne crois pas que Mme Hirsi Ali fait honneur Ă la libertĂ© en tenant ses propos. Car on a aussi la libertĂ© de ne pas dire n’importe quoi, donc la libertĂ© de refuser certaines libertĂ©s (comme on se refuse certaines licences, parce qu’on les sait faciles ou indignes). DĂ©fendre la libertĂ©, c’est dĂ©fendre ce que peut donner la libertĂ© (si ça donne des propos comme ceux de cette brave dame, on peut en effet ĂȘtre pessimiste quant Ă la dĂ©mocratie : tout ça pour ça…).
Les premiers fossoyeurs de la libertĂ© sont ceux qui en font le plus mauvais usage, ceux qui l’imposent sans condition de rĂ©alisation - bien-sĂ»r les AmĂ©ricains en Irak, qui rendent de fait la libertĂ© dĂ©gueulasse si je puis me permettre Ă ce pauvre peuple et Ă la “rue arabe”. Les meilleurs ennemis de la libertĂ© ne sont peut-ĂȘtre pas les oppresseurs dĂ©clarĂ©s, mais ceux qui rendent cette libertĂ© ineffective - sans effet parce que stĂ©rile : une libertĂ© qui ne donne rien est une libertĂ© inutile).
C’est tout ce que j’avais Ă dire, ce n’Ă©tait donc pas des idĂ©es si spĂ©ciales.
Bien Ă vous,
T. David.
PS : je ne comprends pas lorsque vous dites, M. Teissier, que la raison d’ĂȘtre d’un dĂ©bat est son Ă©largissement. Le dialogue, logos, suppose plutĂŽt la contrariĂ©tĂ©, et non pas d’avoir les idĂ©es larges (nulle ironie je vous assure, cela m’est simplement obscur).
17 fĂ©vrier 2008 à 20:25
Si “la libertĂ© de dire les choses les plus bĂȘtes” Ă©tait retirĂ©e Ă nos mĂ©dia, les 9/10° des producteurs et animateurs de tĂ©lĂ© se retrouveraient au chĂŽmage… Le problĂšme avec ce que dit Ayaan Hirsi Ali, c’est prĂ©cisĂ©ment que c’est trĂšs loin d’ĂȘtre bĂȘte.
C’est quoi la “libertĂ© concrĂšte” qui, si je comprends bien, s’opposerait Ă la “libertĂ© abstraite”. Les marxistes staliniens nous ont dĂ©jĂ chantĂ© cet air-lĂ et on sait Ă prĂ©sent Ă quoi il conduit.
17 fĂ©vrier 2008 à 21:14
Bonjour
Je ne comprends pas pourquoi votre émission sur Ayaan est impossible a écouter sur le net?
merci pour votre réponse
18 fĂ©vrier 2008 à 13:53
J’avoue n’avoir jamais lu Marx, non par manque d’intĂ©rĂȘt mais parce que j’ai relativement peu lu. Quelles sont les “idĂ©es de notre temps”? J’en vois beaucoup, ou alors vous voulez parler de l’absence d’idĂ©es (gĂ©nĂ©rales), du fameux “refus de l’idĂ©ologie” qui caractĂ©rise notre Ă©poque et qui Ă©videmment recouvre, porte et est elle-mĂȘme une idĂ©ologie extrĂȘmement puissante.
Le mot grec “logos” signifie parole: je ne vois pas en quoi cette derniĂšre a jamais supposĂ© la contrariĂ©tĂ©. En dĂ©pit de la dĂ©mocratie (mais sans aucun doute en raison des dĂ©fauts et abus dont j’ai parlĂ©), la contrariĂ©tĂ© est omniprĂ©sente; il n’y a que dans la parole, la crĂ©ation ou la violence qu’il est rĂ©ellement possible de se libĂ©rer. Par exemple en s’autorisant - ce qui n’est guĂšre de notre temps - d’Ă©largir le champ d’un dĂ©bat en abordant des questions plus fondamentales et englobantes. Si les “grandes idĂ©es” semblent souvent faire peur et ennuyer, si on leur oppose sans cesse “pragmatisme” et “rĂ©alisme”, c’est bien parce qu’il ne s’agit pas seulement d’idĂ©es - mais de l’indispensable critique de ce qui “est”.
Pour ce qui est de l’unique sujet qui est censĂ© nous prĂ©occuper, je dirai que quels que soient les excĂšs, le caractĂšre manichĂ©en que peuvent comporter les propos d’Ayaan Hirsi Ali (mais ni vous ni moi n’avons son expĂ©rience), il est infiniment plus intĂ©ressant, intelligent au vrai sens du mot, porteur d’espoir, “dĂ©mocratique”, d’accueillir cette personne dans une sociĂ©tĂ© - française, europĂ©enne - qui est idĂ©alement un vaste forum, que de lui fermer la porte au nez parce qu’elle ne penserait pas bien. Il faudrait bien Ă©videmment trouver le moyen, qui existe Ă coup sĂ»r, d’accueillir dignement tous ceux qui frappent Ă nos frontiĂšres (puisque frontiĂšres il y a) avec de bonnes raisons: l’utilisation de cet argument contre la naturalisation d’A.H.A. ne me semble toutefois pas appropriĂ© (puisque dans ce cas il ne faudrait accueillir personne).
Je crois enfin que ce dĂ©bat est rĂ©vĂ©lateur d’un clivage aussi profond que tristounet (voire pire…) entre les partisans d’une Europe fondamentalement “occidentale” et “libĂ©rale” - au sens large, et non pas dans l’acception rĂ©cente de ce mot qui voudrait nous faire croire qu’il est libĂ©ral de toucher dix millions d’euros par mois pendant que des gens crĂšvent dans la rue - et ceux d’une France essentiellement tournĂ©e vers la MĂ©diterranĂ©e, l’Afrique et les pays les moins nantis. Personnellement les deux options me sĂ©duisent, et je ne vois pas bien pourquoi elles devraient absolument ĂȘtre inconciliables… L’Homme aime la guerre assurĂ©ment…
19 fĂ©vrier 2008 à 11:09
Aucune sociĂ©tĂ© qui ne rĂ©prime les atteintes Ă ses valeurs sacralisĂ©es. En France, ce sont les valeurs dites « rĂ©publicaines », historiquement franc-maçonnes, avec lâajout rĂ©cent du gĂ©nocide hitlĂ©rien. Simplement, dans nos pays riches, trois mois de prison avec sursis et une grosse amende, cela Ă©quivaut Ă un coup de couteau dans un pays pauvre. Mais les blasphĂ©mateurs musulmans accueillis par la CE risquent dâestre plus nombreux que les Garaudy rĂ©fugiĂ©s en face.
19 fĂ©vrier 2008 à 17:12
Brice Couturier, merci pour votre rĂ©ponse. Je viens d’envoyer un courrier de protestation Ă partir du formulaire de la rubrique “contact”.
19 fĂ©vrier 2008 à 18:26
Bonjour Mr Couturier
Comme beaucoup d’internautes, je suis un fidĂšle de votre Ă©mission, et j’apprĂ©cie particuliĂšrement votre ton ouvert et indĂ©pendant.
J’ai hĂ©las ratĂ© celle-ci, et je me joint au choeur des auditeurs frustrĂ©s.
Une chose cependant : en lisant votre message du 16, et surtout en le relisant en les lignes, un prĂ©nom me vient Ă l’esprit : Anastasie ?
23 fĂ©vrier 2008 à 17:38
En rĂ©ponse Ă la vingtaine de mails d’auditeurs qui, comme l’auteur du message ci-dessus, se plaignaient de l’indisponibilitĂ© en podcast de l’Ă©mission sur Ayaan Hirsi Ali, je prĂ©cise que cette Ă©mission est dĂ©sormais disponible Ă l’Ă©coute. Si d’autres incidents devaient la rendre Ă nouveau indisponible, prĂ©venez-nous. Merci.
4 mars 2008 à 8:01
Pourquoi ne citez vous pas le nazisme des communistes et socialistes de 1940?
Pourquoi “rappeler” aux ignorants ce dont ils ne peuvent se souvenir?
Doriot DĂ©at et consorts… et le Traditionnel AntisĂ©mitisme de Gauche qui fournit Ă une “certaine extrĂȘme droite” ses Contingents de Masses pogromistes et exterminatrices?
8 mars 2008 à 11:19
Je me joins aux deux commentateurs qui ne participent pas au choeur de louanges qui s’exprime ici. Tout ce fil me rappelle les Ă©changes de ma petite niĂšce avec le fan-club de ” Tokyo Hotel”.
Enfin ! Comme dit Brice :” La libertĂ© d’expression, la vraie, pas celle des “marxistes staliniens(il les connait bien ceux lĂ …)”, n’est pas nĂ©gociable(comme l’”American Way of Life”).
28 mars 2008 à 2:10
Plus d’un mois aprĂšs que l’affaire Ayaan Hirsi Ali a Ă©tĂ© mĂ©diatisĂ©e peut ĂȘtre est-il temps de commencer Ă s’enquĂ©rir, au-delĂ des proclamations, des actes des protagonistes de cette affaire. Plus d’un mois cela semble plus que suffisant pour accorder la nationalitĂ© française assortie d’une protection rapprochĂ©e. D’aprĂšs ce que je sais (mais je ne suis pas mieux renseignĂ© Ă ce sujet que quiconque) rien n’a Ă©tĂ© fait. Si tel devait ĂȘtre le cas, quelle explication a t-elle Ă©tĂ© donnĂ©e (si toutefois une telle explication a mĂȘme Ă©tĂ© avancĂ©e) pour justifier le dĂ©calage entre les dĂ©clarations initiales assurant que l’on Ă©tait concernĂ© par la situation d’Ayaan Hirsi Ali (ainsi que par l’enjeu dont celle-ci est porteuse)et allait chercher Ă y trouver une solution avec ce qui s’avĂšrerait ĂȘtre une sorte d’indiffĂ©rence en acte?
29 aoĂ»t 2008 à 13:49
Sur l’Ă©mission concernant l’outrage:
Je rĂ©agis sur le commentaire de Christophe Regnard sur l’anecdote rapportĂ©e par Brice Couturier (un condamnĂ© crache sur la voiture d’un procureur). Mr. Regnard semble assimiler trĂšs directement cet acte (certes regrettable) Ă des actes comme le caillassage des voitures de police ou des vĂ©hicules de pompiers dans les banlieues.
Cela fait des annĂ©es que des incivilitĂ©s sont condamnĂ©es comme s’il s’agissait d’actes de dĂ©linquance grave (un exemple caricatural â et peut-ĂȘtre inexact â est le harassement sexuel aux USA qui semble couvrir tout et n’importe quoi, depuis le fait de regarder une femme dans un ascenseur jusqu’au viol pur et simple). Un problĂšme majeur me semble-t-il (bien au-delĂ du fait que l’on puisse, avec l’outrage, encourager un certain arbitraire policier) tient au fait que lorsqu’une incivilitĂ© est considĂ©rĂ©e et punie comme un dĂ©lit plus grave (cracher sur une voiture ou caillasser une voiture), il devient difficile de voir pourquoi on se limiterait Ă l’incivilitĂ© (pourquoi on se priverait de caillasser une voiture de pompier).
Je soupçonne qu’en fait cracher sur une voiture et caillasser une voiture tombent sous des catĂ©gories diffĂ©rentes. Si c’est bien le cas, pourquoi Mr. Regnard (qui en tant que magistrat doit le savoir) brouille-t-il les cartes (et, incidemment, pourquoi aucune des personnes autour de la table n’a-t-elle rĂ©agi?)? Et si ce n’est pas le cas, pourquoi ne pas avoir soulevĂ© l’objection ci-dessus, Ă savoir que mettre dans la mĂȘme catĂ©gorie une incivilitĂ© et un dĂ©lit pouvant porter atteinte Ă la sĂ©curitĂ© des personnes est purement et simplement contre-productif?
Enfin, ceci n’est pas un plaidoyer pour le fait que les incivilitĂ©s doivent ĂȘtre acceptĂ©es, mais seulement pour une hiĂ©rarchisation des dĂ©lits.
Cordialement Ă tous