oct 31
La gauche fait mine de se gausser du “virage idéologique” qu’aurait accompli Sarkozy, désormais en campagne internationale pour une “refondation” et une régulation mondiale du capitalisme. Elle l’accuse de “révision déchirante” lorsqu’il fustige le “capitalisme de court terme” et les spéculateurs, lorsqu’il se bat pour un gouvernement économique de la zone euro. Je n’y vois, moi, aucun reniement. Mais je crois comprendre que cet énervement témoigne du sentiment d’étouffement qu’éprouve la gauche de gouvernement, dont l’espace politique ne cesse de se rétrécir. Or, il n’est pas sain pour la démocratie que la partie de l’opposition qui a vocation à gouverner soit coincée entre la majorité au pouvoir et des forces politiques purement contestataires.
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oct 16
“De fait, beaucoup de riches citoyens français occupent aujourd’hui des positions privilégiées au coeur même de l’Etat-providence. Cela explique pourquoi ils tiennent tant à le maintenir”, écrit l’économiste social-démocrate canadien
Timothy B. Smith dans son excellent essai, “La France injuste”. “Surtout ne touchez à rien !”, entend-on protester aussitôt qu’il est question de faire preuve d’un peu plus de justice - ou simplement de réajuster les budgets sociaux en fonction des problèmes nouveaux. Nous en avons à nouveau la preuve avec cette montée en défense des maires de communes, - tant de gauche que de droite - menacées de ne plus toucher la fameuse
DSU (Dotation de Solidarité Urbaine). Comme la
PPE (Prime Pour l’Emploi), la DSU appartient à cette catégorie de mesures de redistribution des revenus qui a été détournée de son sens par l’assouplissement exagéré des critères d’attribution, mais que la logique des avantages acquis semble interdire désormais de remettre en cause.
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oct 08
J’ai déjà dit ici-même l’admiration et l’amitié que j’éprouve pour Jacques Julliard. Sa chronique est toujours le premier article sur lequel je me précipite dans le Nouvel Obs. Pourtant, son éditorial du 25 septembre, “Mais où sont passés les libéraux ?” m’avait quelque peu agacé. Et le fait que son hebdo en remette une couche sous le même titre , cette semaine, m’énerve franchement. “Il ne fait pas bon, par les temps qui courent, célébrer les vertus de l’économie de marché et la liberté d’entreprise. […] Que disent ces défenseurs de toujours ? Rien, […] les vrais, les jusque-boutistes, les idéologues. Où sont-ils passés ? Sous la table. Aux abonnés absents, en attendant des jours meilleurs”, écrit ainsi Carol Barjon. Et à l’appui de sa thèse, la journaliste de L’Obs produit une interview d’Alain Madelin, présenté comme une sorte de dernier des Mohicans, pathétique survivant d’une vague aujourd’hui échouée, qui “n’en démord pas”, malgré l’évidence des faits. Or, il est parfaitement erronné que les “libéraux” “se cachent sous la table”. Toute la presse économique publie leurs analyses. Leurs articles foisonnent sur les blogs des think tanks qu’ils animent. Il suffirait d’avoir la curiosité de les lire. Et éventuellement l’ouverture d’esprit suffisante pour en rendre compte. En outre, ce que disent ces économistes libéraux est au moins aussi intéressant pour comprendre la crise financière et tenter de la juguler que le choeur des pleureuses de la “crise finale du capitalisme” - qui seront déçus dans leur attente, une fois encore, une fois de plus depuis cent-cinquante ans…. Mais il est d’usage, dans les médias, de se contenter de caricaturer les positions qu’on ne comprend pas, à partir de partis-pris idéologiques simplistes. Aussi, le “libéralisme” y est-il ordinairement pris dans un sens étrange, sans réel rapport avec ce qu’il proclame, mais censé conforter les idées toutes faites des lecteurs français. Lire la suite »