J’ai dĂ©jĂ dit ici-mĂŞme l’admiration et l’amitiĂ© que j’Ă©prouve pour Jacques Julliard. Sa chronique est toujours le premier article sur lequel je me prĂ©cipite dans le Nouvel Obs. Pourtant, son Ă©ditorial du 25 septembre, “Mais oĂą sont passĂ©s les libĂ©raux ?” m’avait quelque peu agacĂ©. Et le fait que son hebdo en remette une couche sous le mĂŞme titre , cette semaine, m’Ă©nerve franchement. “Il ne fait pas bon, par les temps qui courent, cĂ©lĂ©brer les vertus de l’Ă©conomie de marchĂ© et la libertĂ© d’entreprise. […] Que disent ces dĂ©fenseurs de toujours ? Rien, […] les vrais, les jusque-boutistes, les idĂ©ologues. OĂą sont-ils passĂ©s ? Sous la table. Aux abonnĂ©s absents, en attendant des jours meilleurs”, Ă©crit ainsi Carol Barjon. Et Ă l’appui de sa thèse, la journaliste de L’Obs produit une interview d’Alain Madelin, prĂ©sentĂ© comme une sorte de dernier des Mohicans, pathĂ©tique survivant d’une vague aujourd’hui Ă©chouĂ©e, qui “n’en dĂ©mord pas”, malgrĂ© l’Ă©vidence des faits. Or, il est parfaitement erronnĂ© que les “libĂ©raux” “se cachent sous la table”. Toute la presse Ă©conomique publie leurs analyses. Leurs articles foisonnent sur les blogs des think tanks qu’ils animent. Il suffirait d’avoir la curiositĂ© de les lire. Et Ă©ventuellement l’ouverture d’esprit suffisante pour en rendre compte. En outre, ce que disent ces Ă©conomistes libĂ©raux est au moins aussi intĂ©ressant pour comprendre la crise financière et tenter de la juguler que le choeur des pleureuses de la “crise finale du capitalisme” - qui seront déçus dans leur attente, une fois encore, une fois de plus depuis cent-cinquante ans…. Mais il est d’usage, dans les mĂ©dias, de se contenter de caricaturer les positions qu’on ne comprend pas, Ă partir de partis-pris idĂ©ologiques simplistes. Aussi, le “libĂ©ralisme” y est-il ordinairement pris dans un sens Ă©trange, sans rĂ©el rapport avec ce qu’il proclame, mais censĂ© conforter les idĂ©es toutes faites des lecteurs français. Or, la pensĂ©e Ă©conomique contemporaine est clivĂ©e selon des lignes de fracture autrement plus compexes et intĂ©ressantes que celle qui opposerait “libĂ©raux” (assimilĂ©s Ă des espèces d’anarchistes, ennemis acharnĂ©s de toute rĂ©gulation, dĂ©cidĂ©s Ă interdire aux Etats toute forme d’intervention dans l’Ă©conomie, comme Ă appauvrir les salariĂ©s tout en enrichissant les riches) et “Ă©tatistes” (dans les versions keynĂ©sienne ou marxiste).
On voit bien que, dans le contexte actuel de crise financière mondiale, accuser les “libĂ©raux” de “se cacher” va dans le sens dĂ©sirĂ© par la pensĂ©e mĂ©diatiquement dominante - dirigiste et statolâtre : c’est “le libĂ©ralisme” qui est responsable de la crise. Et les “libĂ©raux”, rouges de honte, “se cacheraient. C’est un scĂ©nario sĂ©duisant - mĂŞme aux Echos, il trouve des dĂ©fenseurs (Favilla : la “bulle idĂ©ologique” de “l’ultra-libĂ©ralisme” vient d’Ă©clater, le 7 octobre). Sauf qu’encore une fois, il est matĂ©riellement inexact. Et surtout qu’il empĂŞche de percevoir et la nature de la crise et les problèmes que soulèvent son règlement en cours, au niveau europĂ©en.
Commençons par le pape national du libĂ©ralisme Ă©conomique, Pascal Salin. Non, il ne s’est pas exilĂ© Ă Cuba, ou mĂŞme en CorĂ©e du Nord, rongĂ© par la culpabilitĂ©. Il signe sans apparente vergogne une tribune dans Les Echos du 1° octobre. Et que dit-il, Pascal Salin ? Que loin d’incriminer la “myopie des marchĂ©s financiers” et la “soif de profits Ă court terme”, il faut chercher les vrais responsables de la crise actuelle Ă la Fed. Ce sont, en effet, les autoritĂ©s publiques amĂ©ricaines qui ont jouĂ© au yo-yo avec les taux d’intĂ©rĂŞt, les faisant s’effondrer, entre 2000 et 2003, Ă©poque oĂą ils sont passĂ©s de 6,5 % Ă 1 %. Au mĂ©pris des intĂ©rĂŞts des autres, europĂ©ens en tĂŞte, puisque cela a abouti Ă une sur-Ă©valuation de l’euro, qui gĂŞne nos exportations.
 C’est une analyse qui me semble crĂ©dible, dans la mesure oĂą elle a Ă©tĂ© fort bien dĂ©veloppĂ©e et argumentĂ©e par Jacques Mistral (dans le Rapport Ramses 2009 de l’IFRI et dans sa contribution Ă l’ouvrage collectif, “La crise financière”, paru aux PUF sous la direction de Patrick Artus). Selon Mistral, la crise actuelle est largement l’effet de la trop grande habiletĂ© de Alan Greenspan. Le patron de la Fed aurait trop bien appliquĂ© une politique keynĂ©sienne de manière Ă Ă©viter aux Etats-Unis les phases classiquement descendantes des rĂ©cents cycles Ă©conomiques. Sa politique systĂ©matiquement et outrageusement contra-cyclique de relance de l’activitĂ© par le soutien Ă la demande aurait ainsi accumulĂ© les tensions qui auraient dĂ» se rĂ©sorber spontanĂ©ment. D’oĂą sa question, très “libĂ©rale”, j’en conviens : “rĂ©gulariser le cycle, est-ce possible ? Est-ce bĂ©nĂ©fique ?” “Au total, on n’avait jamais vu l’application, avec une pareille ampleur de mesures d’inspiration keynĂ©sienne puisque, pour relancer l’activitĂ©, ce sont 15,5 % de points de PNB qui ont Ă©tĂ© injectĂ©s ex-ante dans l’Ă©conomie (amĂ©ricaine)”. Mais “la stimulation artificielle de la demande, mĂŞme maquillĂ©e sous un habillage idĂ©ologique libĂ©ral, des couleurs Ă©clatantes de l’innovation financière, n’est pas suffisant pour Ă©liminer la phase descendante du cycle ; tout au plus repousse-t-il le calendrier - mais au prix de dĂ©sĂ©quilibres accrus dont l’histoire montre qu’ils peuvent ĂŞtre longs Ă se rĂ©sorber.” (J. Mistral) Et Mistral de critiquer “l’injection rĂ©pĂ©tĂ©e de liquiditĂ©s abondantes” par la Fed, “cĂ©lĂ©brĂ©es, dans certains quartiers parisiens comme l’illustration d’un volontarisme oubliĂ© sur le vieux continent”. On reconnaĂ®t lĂ en effet la thèse Guaino, qui est aussi celle de l’OFCE - et qui a le soutien de l’ElysĂ©e : il faut cesser d’avoir peur de l’inflation et des dĂ©ficits publics et rendre le crĂ©dit bon marchĂ©. Les “gnomes de Bruxelles” sont les responsables de notre manque de croissance - mais on oublie de souligner que sans eux et sans l’euro, sur lequel ils veillent, la France aurait vraisemblablement connu trois ou quatre dĂ©valuations…
SubmergĂ©es d’argent bon marchĂ©, les banques ont ainsi Ă©tĂ© conduites Ă prĂŞter Ă leur tour Ă des conditions extravagantes, sans avoir Ă tenir compte de la capacitĂ© des emprunteurs Ă rembourser. Pascal Salin ne fait qu’une allusion Ă la situation paradoxale des deux agences amĂ©ricaines de refinancement des crĂ©dits immobiliers, Fannie Mae et Freddie Mac. Mais une tribune publiĂ©e par Vincent BĂ©nard, prĂ©sident de l’Institut Hayek (”ultra-libĂ©ral” pour de vrai, lui) dans Le Figaro du 16 septembre, dĂ©montrait de manière plus explicite le caractère ambigu de ces deux institutions. Elles ont Ă©tĂ© créées toutes les deux par l’Etat fĂ©dĂ©ral, qui les a ensuite privatisĂ©es, tout en leur confiant une mission d’aide Ă l’accession Ă la propriĂ©tĂ© des mĂ©nages appartenant aux minoritĂ©s et aux catĂ©gories les plus pauvres. De ce fait, “bien qu’Ă©tant officiellement privĂ©s, les deux Ă©tablissements ont toujours Ă©tĂ© considĂ©rĂ©s, du fait de leur rĂ´le social, comme bĂ©nĂ©ficiant d’une garantie implicite du TrĂ©sor amĂ©ricain.” Comme on est loin des “requins”, “spĂ©culant sur la naĂŻvetĂ© des mĂ©nages pauvres”, rĂ©gulièrement brossĂ©s par nos journaux… Je rappelle que l’origine prĂ©cise de la crise, c’est la baisse des prix de l’immobilier amĂ©ricain, commencĂ©e dĂ©s 2006, qui a provoquĂ© dĂ©s cette annĂ©e-lĂ , une forte montĂ©e du taux de dĂ©faut des crĂ©dits subprime.
Le lendemain, jeudi 2 octobre, toujours dans Les Echos, le brillant duo de jeunes Ă©conomistes Augustin Landier et David Thesmar signaient un Ă©ditorial intitulĂ© “Vive la finance !” Eux non plus ne se sont pas soudain convertis au marxisme-lĂ©ninisme, semble-t-il. Les auteurs d’un livre Ă recommander “Le grand mĂ©chant marchĂ©, dĂ©cryptage d’un fantasme français” (Flammarion) font l’Ă©loge de la finance et se moquent du tropisme français Ă considĂ©rer la finance comme un secteur “virtuel”, alors que l’industrie, ça, ça serait du “rĂ©el”. Ils font porter la responsabilitĂ© de la crise actuelle non sur les acteurs du monde de la finance, mais sur les autoritĂ©s de rĂ©gulation. Et ils font des suggestions concrètes pour amĂ©liorer cette rĂ©gulation.
Nicolas Baverez est la bĂŞte noire des anti-libĂ©raux. Mais Ă la lecture de son nouveau livre, “En route vers l’inconnu” (Perrin), un recueil de ses Ă©ditoriaux parus dans Le Point, Les Echos et Le Monde, qui sort dans trois jours, on constate que ce grand-mĂ©chant-libĂ©ral avait vu juste bien avant nombre de ses confrères. Il y a plus d’un an (Le Point du 27/9/07), il diagnostiquait que la crise n’Ă©tait pas locale, mais “systĂ©mique”, qu’elle serait “durable” et surtout qu’elle menaçait “Ă tout moment” de “dĂ©raper en faillites bancaires en chaĂ®ne”. Il prĂ©venait, dĂ©s cette Ă©poque, que les EuropĂ©ens avaient tort de se croire Ă l’abri et qu’ils seraient touchĂ©s Ă leur tour. Tous les pas-libĂ©raux qui ont signĂ© des Ă©ditoriaux, Ă l’Ă©poque, sur “la fin de la crise” devraient, eux, rougir de honte. Dans les semaines et les mois suivants, Baverez ne cessait de rĂ©pĂ©ter que l’ampleur de la crise Ă©tait telle que la capacitĂ© des banques centrales Ă©tait dĂ©jĂ prise en dĂ©faut et que la crise ne pouvait plus ĂŞtre maĂ®trisĂ©e sans “une action coordonnĂ©e des pays dĂ©veloppĂ©s”. Depuis cette Ă©poque, l’inondation des marchĂ©s financiers par des liquiditĂ©s toujours plus abondantes - et qui, Ă mon avis, risquent d’entraĂ®ner la crĂ©ation de nouvelles “bulles” - n’a, semble-t-il pas suffi Ă Ă©teindre l’incendie. Qui avait raison ? Et Baverez pointait, dĂ©s le 19 avril, le problème qui est en train de nous Ă©clater Ă la figure : “l’UE, reste incapable de contrer un choc Ă©conomique faute d’une coordination minimale des politiques Ă©conomiques nationales”. Tout au long de ses articles, il martelait son message : les taux d’intĂ©rĂŞt de la BCE, trop Ă©levĂ©s, sont “suicidaires”. Point de vue qui est, on le sait, partagĂ© Ă l’ElysĂ©e et avec lequel je suis personnellement en dĂ©saccord. Pour moi, c’est la Fed qui a eu tort de baisser outrageusement ses taux, provoquant les bulles et demain l’inflation, et non pas la BCE. Bref, un discours pas si Ă©loignĂ© que ça de la “tendance Fitoussi”… Alors, oĂą sont les “libĂ©raux” dĂ©chaĂ®nĂ©s ?
Mettre en cause “l’appât du gain”, “la loi du profit”, “le capitalisme financier de spĂ©culation et de prĂ©dation prĂ©judiciable Ă la sociĂ©tĂ©” (Dominique Plihon, prĂ©sident du conseil scientifique d’Attac) ou mĂŞme “le court-termisme des spĂ©culateurs” n’a pas plus de vertu Ă©lucidante que d’expliquer la guerre de 14 par la “mĂ©chancetĂ© du monde et la cruautĂ© des hommes”. Mais lĂ oĂą j’aurais aimĂ© entendre nos anti-libĂ©raux, c’est sur la question de fond, celle qui a une portĂ©e morale : faut-il que les Etats, reprĂ©sentant les intĂ©rĂŞts des nations, surchargent d’impĂ´ts leurs contribuables pour courir au secours de gens qui ont pris des risques inconsidĂ©rĂ©s ? Est-ce bien Ă la collectivitĂ© de rĂ©gler les dettes de quelques riches spĂ©culateurs ? L’argument bien connu “quand il y a le feu Ă la maison du voisin, on ne se demande pas s’il l’y a mis lui-mĂŞme, on accourt avec ses seaux d’eau” me paraĂ®t convaincant, mais un peu court nĂ©anmoins. Car la garantie d’un solide filet Ă©tatique de protection risque d’encourager les cinglĂ©s de la finance Ă rééditer, demain, leurs exploits. C’Ă©tait bien le sens de l’abandon, par l’Etat fĂ©dĂ©ral, de la banque Lehman Brothers. Pas question de sauver tout le monde. Or, la garantie offerte par certains Etats europĂ©ens Ă leurs banques va dans le sens de cette dĂ©responsabilisation. Mais surtout, elle va crĂ©er des concurrences dĂ©loyales entre EuropĂ©ens. DĂ©jĂ , les Ă©pargants anglais se pressent vers les banques irlandaises prĂ©sentes en Grande-Bretagne. Comme on sait, les principales questions que pose la crise actuelle Ă l’Europe, c’est celle de l’incohĂ©rence des politiques budgĂ©taire et financière au sein mĂŞme d’une zone vivant avec la mĂŞme monnaie. VoilĂ les sujets sur lesquels j’attendais nos penseurs anti-libĂ©raux. Mais le refrain sur la “crise finale du capitalisme” - qu’on retrouve jusque dans la vĂ©nĂ©rable revue centriste Le DĂ©bat (Paul Jorion), m’horripile parce qu’il ne m’apprend rien.
Observons en outre que si le capitalisme connaĂ®t des crises systĂ©miques, c’est Ă©galement le cas de la dĂ©mocratie. Cela suffit-il Ă les condamner l’un et l’autre ? Ceux qui connaissent l’histoire Ă©conomique des pays passĂ©s sous la coupe soviĂ©tique savent que le “socialisme rĂ©el” et l’Ă©conomie centralisĂ©e, planifiĂ©e et Ă©tatisĂ©e connaissaient, eux aussi, de très graves crises d’approvisionnement, des pĂ©nuries, une inflation chronique provoquant des hausses de prix soudaines et extravagantes, et mĂŞme des famines Ă©pouvantables - qui n’Ă©taient pas toutes artificiellement provoquĂ©es pour exterminer les populations, comme celle qui ruina l’Ukraine et y causa 5 millions de morts de faim au dĂ©but des annĂ©es 30. Comme les individus, toute institution qui vit connaĂ®t des crises. Les crises sont l’occasion de nouveaux ajustements, de corrections de trajectoire. Souhaitons que celle-ci ait Ă©galement ces effets.



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8 octobre 2008 à 16:08
Je m’Ă©loigne un peu du sujet de cette page en abordant celui de l’Ă©mission du jour: «Un Ă©tat peut-il faire faillite?».
Je me demande pourquoi les États prĂ©fèrent emprunter de l’argent Ă des banques privĂ©es en payant d’importants intĂ©rĂŞts plutĂ´t que d’emprunter Ă la banque centrale, sans intĂ©rĂŞts. Certains disent que c’est pour ne pas que l’inflation s’envole (voir la rĂ©ponse de Giscard Ă cette question: http://vge-europe.eu/index.php?post/2008/07/25/Reponse-de-VGE), mais je ne suis pas convaincu par l’argument. Le traitĂ© de Maastricht grave dans le marbre cet Ă©tat de fait.
En France, la possibilitĂ© pour l’État de contracter directement un prĂŞt auprès de sa banque centrale a Ă©tĂ© supprimĂ©e depuis 1973 (par VGE, minitre de l’Ă©conomie). Or depuis lors, notre dette publique n’a cessĂ© d’augmenter. Faut-il y voir un hasard? Est-ce que notre dette aurait atteint le chiffre inquiĂ©tant de 65 % du PIB si le budget de l’État n’Ă©tait pas ponctionner par le paiement des intĂ©rĂŞts de la dette?
En considĂ©rant que le PIB français est de 1600 milliards d’euros (je ne dispose pas des chiffres exacts), que l’argent que doit payer l’État chaque annĂ©e pour rembourser les intĂ©rĂŞts de la dette est de 42,8 milliards d’euros (voir la feuille d’information de la dĂ©claration des revenus 2007) et que le dĂ©ficit français de ces dernières annĂ©es Ă©tait de 2,5 % du PIB par an, si l’Ă©tat français ne payait pas d’intĂ©rĂŞts, le budget national ne serait pas dĂ©ficitaire mais quasiment en Ă©quilibre!
Qu’en pensez-vous, Mr Couturier?
Je me pose toutes ces questions depuis la vision de cet OVNI du net:
http://www.vimeo.com/1711304?pg=embed&sec=1711304
8 octobre 2008 à 18:19
J. Julliard je n’ai jamais aimĂ© ses Ă©ditos. Ils vont dans le sens du vent. Mais que tous les apĂ´tres du libĂ©ralisme dont vous redorez le blason nous fassent aujourd’hui la leçon sur les erreurs de la dĂ©rĂ©gulation maximale qu’ils ont prĂ´nĂ©, certains depuis vingt ou trente ans, dĂ©passe l’entendement. Vous dĂ©noncez la mauvaise foi des “pleureuses antilibĂ©rales”, mais je trouve un peu honteux que ces messieurs adorateurs de la finance et de la spĂ©culation nous expliquent aujourd’hui une crise qu’ils ont contribuĂ© Ă crĂ©er par leur morgue. Je suis un opposant au TCE justement parce que cette grande arnaque qui fut parĂ©e de la charte des droits fondamentaux et de l’Europe au “pays des petits oiseaux” ne permettait aucunement, par ses politiques Ă©conomiques libĂ©rales consubstantielles, de lutter “contre l’incohĂ©rence des politiques budgĂ©taire et financière au sein mĂŞme d’une zone vivant avec la mĂŞme monnaie” comme vous dites. Pas plus qu’une harmonisation fiscale au sein de la zone euro. Ce TCE adoubĂ© par les libĂ©raux europĂ©ens (et les socialistes qui sont capitalistes aujourd’hui en France et en Navarre) ne permettait pas aux peuples de contrĂ´ler la BCE, d’orienter la finance vers le dĂ©veloppement social et Ă©cologique…
Je suis fermement opposĂ© aux renflouements abyssaux sur les lesquels les gouvernements (dont le nĂ´tre) s’engagent actuellement. Cela favorisera le retour des requins qui peuplent la finance mondiale. Quant aux autoritĂ©s de rĂ©gulation auxquelles vous faites allusion (suggestions de Landier et Thesmar), elles Ă©viteraient ces folies dont les pauvres des pays industrialisĂ©s paient chaque fois plus le prix fort ? Qui les mettraient en place ? Quelles sont-elles ? Ne risqueraient-elles pas de condamner, par nature, le libĂ©ralisme Ă©conomique qui ne rĂ©soudra jamais ses contradictions ? LibĂ©ralisme Ă©conomique dont vous ĂŞtes le thurifĂ©raire sur ce blog. Vos envolĂ©es Ă©nervĂ©es me font rire.
9 octobre 2008 à 9:02
merci beaucoup pour ce dĂ©cryptage en règle des messages subliminaux Ă©mis par la majoritĂ© des mĂ©dias Ă l’Ă©gard des libĂ©raux, sans visiblement s’ĂŞtre donnĂ© la peine d’aller les lire….
Les articles de Salin et Bénard avait retenus mon attention également.
Ă bientĂ´t !
9 octobre 2008 à 11:11
Votre article est incomprĂ©hensible et rempli de contradictions. Vous commencez par condamner les mĂ©dias qui “caricaturent des positions qu’ils ne comprennent pas, Ă partir de partis-pris idĂ©ologiques simplistes” et vous finissez par nous parler de “l’histoire Ă©conomique des pays passĂ©s sous la coupe soviĂ©tique savent que le “socialisme rĂ©el” et l’économie centralisĂ©e”. Mais qui vous parle d’Ă©conomie centralisĂ©e ? Que des journalistes demandent des comptes Ă ceux qui dĂ©fendent intellectuelement le libĂ©ralisme est tout Ă fait pertinent et ne fait pas d’eux des marxistes !
Quand Ă votre dĂ©fense du libĂ©ralisme, elle me fait penser Ă la dĂ©fense du marxisme par Althusser qui disait que ce n’Ă©tait pas le marxisme qu’il fallait condamner, mais son interprĂ©tation par les communistes.
Ainsi, ce qui est condamne aujourd’hui ce serait non le libĂ©ralisme mais son interprĂ©tation par Greenspan ?
Vous êtes grotesque et pathétique !
9 octobre 2008 à 14:42
Je n’ai pas lu les editos de M.Julliard mais suivi attentivement nombre de debats dans la presse, l’internet, la tĂ©lĂ© ou la radio. Si les defenseurs d’idĂ©es libĂ©rales sont toujours prĂ©sents, les medias Ă©tant leur place depuis longtemps (de part notamment la propriĂ©tĂ© des medias eux memes), les anti-liberaux ont refais surface spectaculairement. Les animateurs de ces dĂ©bats ont par ailleurs modifiĂ©s leur argumentaire pour non pas mettre en accusation les idĂ©es sociales du passĂ© mais les idĂ©es libĂ©rales actuelles. La composition meme des debats a Ă©tĂ© changĂ© : la oĂą l’on trouvait un anti libĂ©ral raillĂ© par un animateur et plusieurs libĂ©raux, on trouve ces temps derniers une composition inversĂ©e.
Si M.Julliard a peut etre tord en partie mais dans l’esprit, il constate sans doute bien le fait que je viens d’evoquer. Les liberaux se contorsionnent pour tenter d’expliquer cette crise face Ă des anti liberaux et sont beaucoup moins arrogant, donneur de lecons sur les solutions parfaites du liberalisme.
Par rapport Ă la crise elle meme, vous refusez de voir des causes structurelles Ă celle-ci. Vous preferez voir un cycle normal Ă l’existence des crises mais sans considerer que celles-ci sont resolues par l’Etat et par le sacrifice des plus pauvres. Si le liberalisme se fonde sur ce principe, je ne suis pas sur qu’il soit expliquĂ© comme cela Ă la population.
Cette crise a des causes structurelles car celle-ci etait previsible. Non pas que M.Baverez, rare parmi les liberaux Ă avoir ouvert les yeux fin 2007, soit un prophete mais beaucoup d’autres, moins credibles Ă vos yeux l’avait annoncĂ© bien avant ( Les sept facettes de la crise mondiale en gestation, Extrait GEAB N°2 15 fĂ©vrier 2006).
Pour comprendre cette crise partie des prets subprimes, il faut se demander pourquoi ces prets ont été créés.
RĂ©pondre Ă cette question c’est comprendre bien des causes Ă la crise actuelle. Ces prets ont Ă©tĂ© créés car beaucoup de gens n’avaient pas accès aux prets classiques qui necessitent un controle de solvabilitĂ©.
Pourquoi alors etait ce si important de rendre proprietaire ces gens (comme NS l’a brillament proposĂ© avec les memes prets) ? Trop nombreux Ă ne plus participer suffisamment Ă l’economie car deja tres endettĂ©s, il sont pourtant un gisement de croissance et d’emploi. Pourquoi y a t il autant de gens insolvables alors qu’on annonce chaque annĂ©e des records de fortunes, de millionnaires et une progression salariale moyenne ? Ne s’agit il pas de l’aboutissement de l’appauvrissement de plus en plus de gens, d’une mauvaise reparition des richesses qui fait que le liberalisme a Ă©puisĂ© une part importante de consommateurs…
Ces prets subprimes sont des prets usuriers qui avaient une probabilitĂ© très faible d’etre remboursĂ©s, c’est deja une premiere aberation de ce mecanisme liberal. En cela, 2006 n’est pas seulement une baisse du prix de l’immobilier mais le resultat de la structure du pret subprime Ă savoir 2 ans Ă faible taux puis une forte augmentation. Ces prets se sont repandus de 2003 Ă 2006 de manière exponentielle, 2006 correspondait Ă l’arrivĂ©e Ă echeance des 2 ans d’un grand nombre de prets.
La baisse du prix des logements peut deja etre considerĂ©e pour partie comme une premiere consequence des defauts de remboursements des prets subprimes. D’autre part, les prets (Ă la consommation et pas immobilier) consentis sur la base des plus values virtuelles d’un logement en cas de revente, ont rendus insolvables les emprunteurs du fait de la baisse des prix. Ce 2e mecanisme liberal visant Ă faire consommer des gens de maniere deraisonnable est ineluctablement vouĂ© Ă la catastrophe.
Ne voir que des problemes de taux managĂ©s par M. Greespan pour contrer les crises, c’est mettre des oeilleres sur des indicateurs bien reels et particulierement celui de l’endettement des menages. C’est une constante dans les pays tels que l’Espagne, l’Irlande, L’Angleterre et les USA, des pays Ă forte croissance, qui n’ont pas peur de l’avenir comme disait NS. Quel part de leur taux de croissance etait liĂ©e Ă ces comportements ultra liberaux ? La difference avec les pays moins liberaux ?
Il faut prendre en compte l’attrait financier que ces croissances ont representĂ© pour les investisseurs de toute part. Un relai de croissance appreciable, gage de la prise de risque de ces pays sur lequel ont pariĂ© les banques. C’est le 3e mecanisme liberal, la creation d’une richesse virtuelle que represente les produits financiers qualifiĂ©s d’innovants. Ce dernier qualificatif est aujourd’hui bien usurpĂ© et devrait etre remplacĂ© par malhonnete ou frauduleux.
On peut effectivement voir que d’autres systemes ont connus des crises mais on ne peut se resoudre Ă ne pas ouvrir les yeux sur les causes de ces crises. Les liberaux ont fait des analyses critiques du systeme communiste mais refuse de le faire sur le systeme capitaliste. Il ne s’agit que d’ajustements… Tout systeme a ses defauts mais mettre des oeilleres n’a jamais permis de les gommer.
Je suis decu de votre rethorique qui ne correspond en rien Ă beaucoup de debats de qualitĂ©… on ne peut pas justifier l’existence de crises aussi grave que celle-ci par le fait que d’autres systemes en ont deja gĂ©nĂ©rĂ©es. Et que dire de mettre la democratie dans le meme bateau ?! Cela est sensĂ© rendre plus parlant et plus juste votre demonstration, mais elle vous permet de ne pas repondre aux questions sur les problemes de fond du liberalisme.
9 octobre 2008 à 16:25
Stef, je n’accuse pas du tout les anti-libĂ©raux d’ĂŞtre tous des partisans du “socialisme rĂ©el”. Mais je constate simplement que l’existence de crises n’est nullement une spĂ©cialitĂ© du capitalisme.
10 octobre 2008 à 22:05
Libéral? Cela veut dire quoi de spécifique au fait?
10 octobre 2008 à 22:14
Moi je pense surtout que l’Ă©mission “Du grain Ă moudre” a de moins en moins sa place sur France Culture. Les titres d’Ă©mission, les “chapeaux” de Brice Couturier vont plus vers le sensationnalisme que l’analyse. Seule Julie Clarini est Ă sauver, selon moi, sur france Culture, j’entends.
France Inter me parait plus adapter Ă ce genre d’Ă©mission et son style de moins en moins culturel.
11 octobre 2008 à 4:36
Voila un article drĂ´lement bien Ă©crit, lucide, objectif et intelligent. Brice Couturier remplacerait avantageusement les vieiles badernes pontifiantes qui entourent l’excellent Ali Baddou le matin…
12 octobre 2008 à 15:26
Une fois de plus, bravo !
12 octobre 2008 à 21:36
Merci pour cet article plein de bon sens !
13 octobre 2008 à 7:24
@erwan : les libéraux conséquents se sont tous opposés au TCE, et à Maastricht en son temps.
@bizz : la crise a 2 origines : les états occidentaux ont scandaleusement protégé la caste bancaire en la protégeant sous le monopole des banques centrales ; des politiques foncières restrictives ont provoqué des bulles immobilières.
voir : www.objectifliberte.com pour plus de détails.
Merci cher Brice pour cet article rafraîchissant.
Avez-vous par hasard lu ce qui suit ? http://www.institutmolinari.org/editos/20081010.htm
13 octobre 2008 à 7:25
Oups ! je me suis trompĂ© : c’est le blog http://www.objectifliberte.fr/ que je voulais mentionner.
20 octobre 2008 à 7:58
Qu’il fait du bien qu’un journaliste fasse son boulot ! Merci M. Couturier. Vous rĂ©sumez bien les problèmes :
1. politique monĂ©taire d’argent gratuit, instable (remontĂ©e des taux), et dĂ©responsabilisante (Greenspan clamait haut et fort que la Fed interviendrait en cas d’Ă©clatement de bulle… bonjour les incitations)
2. politique “sociale du droit au crĂ©dit” via Fannie Mae et le CRA.
Bien sĂ»r les banquiers et financiers en ont profitĂ© ! Comme n’importe qui l’aurait fait Ă leur place. Ils ont agi de manière irresponsable, mais l’origine de cette irresponsabilitĂ© est Ă chercher du cĂ´tĂ© de la politique.
Je me permets de mentionner quelques liens qui pourront éclairer encore vos lecteurs :
http://www.unmondelibre.org/node/510
http://www.unmondelibre.org/node/304?q=node/498
http://www.unmondelibre.org/node/304?q=node/494
http://www.unmondelibre.org/node/512
EM
20 octobre 2008 à 8:59
Bravo pour cet article.
Une fois le nuage de fumĂ©e retombĂ©, l’histoire retiendra que c’est bien le keynesianisme qui est Ă l’origine de la catastrophe.
20 octobre 2008 à 9:45
Bonjour,
Je partage votre admiration pour Jacques Julliard et en mĂŞme temps votre exaspĂ©ration car on se trompe Ă©videmment de cible en fustigeant le libĂ©ralisme en France. J’en profite pour vous remercier de l’excellente Ă©mission rĂ©alisĂ©e en 2006, en hommage Ă J.-F. Revel dont l’oeuvre mĂ©riterait Ă mon sens sur France culture, toute une sĂ©rie d’Ă©missions.
http://jazzthierry.blog.lemonde.fr/2008/08/10/le-capitalisme-moral-encore-un-oxymore-critique-de-its-a-free-world-ken-loach-2008/#comment-416
20 octobre 2008 à 18:17
Très rigolos les commentaires que je lis ci-dessus ! Ils expliquent plein de choses APRES (le contraire de AVANT) la crise.
Nassim nicolas Taleb, dans “le cygne noir” explique le mĂ©canisme qui est d’une simplicitĂ© biblique. Il explique aussi qu’il vaut mieux Ă©couter un chauffeur de taxi qu’un Ă©conomiste, surtout s’il est en costard-cravate. lĂ aussi le mĂ©canisme est simplissime.
En ce qui converne le dĂ©bat de ce soir sur les retombĂ©es de la crise en Afrique : l’Afrique a Ă©tĂ© saignĂ©e et spoliĂ©e AVANT (le contraire de APRES) la crise. N’en dĂ©plaise aux Ă©comnomistes prĂ©sents.
Curieux aussi de constater comment tout le monde s’est coalisĂ© contre Amina TraorĂ© (une femme, une noire, …). Chassez le naturiste, il revient au bungalow.
20 octobre 2008 à 20:56
Ca, c’est l’ argument d’autoritĂ© : si vous critiquez tel ou tel dirigeant africain, si vous parlez des problèmes structurels qui minent le dĂ©veloppement (au demeurant mĂ©connu, et pourtant spectaculaire) de l’Afrique, c’est parce que vous ĂŞtes nĂ©o-colonialistes, et pourquoi pas racistes…
Moi, je suis colour-blind, gender-blind, je me moque de la couleur de la peau de mon interlocuteur/trice, de son âge comme de son “origine de classe”. Ce sont ses idĂ©es que je discute. Les faits qui m’importent. Et on ne m’imposera pas le silence sous des prĂ©textes de couleur de peau, de sexe, ou de religion. L’inverse, cela s’appelle le paternalisme : “on ne va tout de mĂŞme pas les critiquer, ils ne sont pas de notre niveau”…. Ca, c’est rĂ©pugnant.
On a le droit de critiquer certains dirigeants africains (Mugabe, par exemple), comme on a le droit de critiquer les dirigeants chinois, américains - ou français.
21 octobre 2008 à 10:01
Je me permets de copier in extenso cet article de Jean-Marc Daniel, puisque mon fournisseur d’accès Ă internet (Orange) ne me permet pas de copier simplement son adresse afin de renvoyer sur le site oĂą il a Ă©tĂ© publiĂ© (DĂ©bats & Co).
Les liaisons dangereuses
par Jean-Marc Daniel | Publié le 13 octobre 2008 à 10h51 | 3 commentaires
La crise financière traduirait-elle un échec du marché ? Non. Elle traduit la nocivité d’une politique monétaire menée pour l’Etat.
Après les années 1980 qui virent le gouverneur de la Réserve fédérale, Paul Volcker, heurter de front les déficits de l’administration Reagan, on nomma à sa place Alan Greenspan, qui organisa le passage à une politique monétaire conforme aux attentes des dirigeants de Washington. Grand emprunteur devant l’Eternel, l’Etat a en effet été le premier bénéficiaire des bas taux d’intérêt américains. Qu’on ne s’y trompe pas : c’est cette nationalisation inavouée de la politique monétaire faite au nom du soutien de la croissance qui trouve aujourd’hui son aboutissement dans la nationalisation des banques.
Si l’on se réfère à Richard Musgrave, l’Etat a trois fonctions : l’allocation, la stabilisation conjoncturelle et la redistribution.
L’Etat peut modifier la répartition des revenus selon une vision politique de la justice sociale: c’est la fonction de redistribution.
Les deux autres fonctions sont plus économiques.
En termes d’allocation, l’Etat intervient quand les conditions de l’équilibre de marché ne sont pas réunies. C’est le cas pour les activités qui ne peuvent être en concurrence. Activité qui n’est pas en concurrence, la défense nationale. C’est le cas de celles qui ne sont pas en rendements décroissants ; c’est à dire celles dont les coûts s’amenuisent quand la production s’accroît, celles où les premiers biens produits coûtent beaucoup et les derniers presque rien. Activité où il n’y a pas de rendements décroissants, les activités de réseau comme le transport de l’électricité. C’est enfin le cas des activités à externalité négative ; c’est à dire les activités dont les conséquences à long terme se manifestent sans que producteurs et consommateurs ne les perçoivent. La pollution en est l’archétype, le tabac avec ses dégâts sur la santé en est un autre. L’Etat doit gérer l’armée, se mêler du prix de la cigarette, des droits à polluer ou de la gestion de RTE. Mais il doit laisser vivre les cigarettiers et privatiser EDF. S’il va au-delà de ces prérogatives, s’il se veut producteur, s’il empêche la concurrence, il suscite des rentes, c’est à dire des revenus non liés à un travail productif.
Dans sa troisième mission, la stabilisation conjoncturelle, on pourrait juger naturel de confier la politique monĂ©taire Ă l’Etat. D’autant que la crĂ©ation monĂ©taire n’est pas Ă rendements dĂ©croissants. Elle se fait par le crĂ©dit et attribuer un prĂŞt supplĂ©mentaire n’occasionne guère de frais. Mais l’Etat rĂ©gulateur de la conjoncture joue de son budget et se fait ainsi “producteur” d’emprunts. Et pour les emprunts comme pour le reste, quand l’Etat produit, il crĂ©e des rentes… La dette publique fournit des revenus sans risque et sans travail !! C’est pourquoi il doit s’effacer dans le domaine monĂ©taire. Le rĂ´le de la banque centrale est d’éviter les rentes monĂ©taires en orientant la crĂ©ation de monnaie vers la crĂ©ation de richesse. Cela suppose des règles claires comme l’étaient celles de l’étalon-or, comme le sont celles du Pacte de stabilitĂ© et de croissance, règles qui ne sont que l’affirmation d’un principe gĂ©nĂ©ral, celui du refus, conforme Ă l’esprit de l’économie de marchĂ©, des revenus indus et des spoliations que crĂ©ent l’inflation ; ou les faillites bancaires ; ou les nationalisations…
31 octobre 2008 à 20:54
Tout Ă fait d’accord avec vous M. COUTURIER pour cet article fort bien construit et très bien documentĂ©. Les mĂ©dias hurlent Ă la lune sur les mĂ©faits du libĂ©ralisme sans rien n’y comprendre poussĂ©s par le parti-pris supposĂ© de leurs lecteurs (auditeurs ou tĂ©lĂ©spectateurs), dont malheureusement ils sont très souvent les seuls informateurs et pĂ©dagogues. Votre argumentation montre les distorsions existantes entre les thĂ©ories et l’application opportuniste qui en est faite par les Etats, USA compris. Pas de machiavĂ©lisme dans tout cela seulement des logiques Ă l’oeuvre qui se rencontrent. L’Etat amĂ©ricain sous couvert de non interventionnisme n’a cessĂ© d’ĂŞtre prĂ©sent. Les problèmes (pour le capitalisme comme pour le socialisme d’ailleurs), apparaissent lorsque les thĂ©ories appliquĂ©es avec rigueur rencontrent des logiques d’intĂ©rĂŞt favorables, oubliant la dimension humaine (”la masse en mouvement des sociĂ©tĂ©s humaines” comme disait F. BRAUDEL).
OĂą il est intĂ©ressant d’insister, c’est (la crise actuelle le dĂ©montre) sur la formidable actualitĂ© de MARX en tant que philiosophe de l’histoire et penseur de l’histoire Ă©conomique, pas en tant qu’auteur du manifeste du parti communiste j’entends. La domination de l’Ă©conomie rĂ©elle par la sphère finacière a fait l’objet de raisonnements pertinents de sa part, et est on ne peut plus actuelle, mais la chute du communisme en Europe de l’Est Ă dĂ©lĂ©gitimĂ© Ă jamis une pensĂ©e Ă©clairante (mĂŞme si eles est datĂ©e) sur de nombreux points. Dommage.
Je suis d’accord avec Stef sur votre conclusion Ă propos du socialisme rĂ©el : plus personne n’y croit et ne le dĂ©fendrait comme il a Ă©tĂ© appliquĂ© et vĂ©cu. Tout cela n’a plus cours, pour un moment encore en tous cas (attendons que meurent les gĂ©nĂ©rations qui ont connu cette pĂ©riode).
D’accord aussi avec Balhan pour souhaiter que vous interveniez le matin sur la chaĂ®ne, mais vous n’aimez peut-ĂŞtre pas vous lever tĂ´t….
5 novembre 2008 à 18:10
@Brice Couturier
Jean-Marc Daniel manque d’esprit critique Ă la fin de son article. Il ne voit pas qu’il y a aussi une rente quand le gouvernement confie le monopole de production de la monnaie Ă une banque centrale.
En effet la banque centrale est la seule Ă avoir le droit de prĂŞter de l’argent aux banques commerciales. C’est une rente exraordinairement profitable.
Par ailleurs ces banques commerciales vont toucher leur part de rente grâce au privilège qu’elles ont de se refinancer auprès de la banque centrale. On a un indice de cette rente en se penchant sur les privilèges proprement extraordinaires contenus dans les conventions collectives des salariĂ©s des banques. Dans tout le secteur privĂ©, je ne connais rien d’aussi juteux.
Pour finir cette banque centrale va faire ce que font tous les monopoles : diminuer la qualitĂ© de son produit. C’est l’inflation, qui Ă©rode jour après jour la valeur de la monnaie et qui vole les Ă©pargnants.
16 novembre 2008 à 12:25
Je reproduis ici le dĂ©but de l’Ă©ditorial de Jeffrey Sachs, paru entre autres dans Les Echos du 3/11/08, qui rĂ©sume mieux que je n’avais su le faire la thèse de la responsabilitĂ© du “Sorcier” Grenspan dans la crise.
“La crise Ă©conomique actuelle restera Ă jamais liĂ©e Ă la folie d’Alan Greenspan. La responsabilitĂ© du Bureau des gouverneurs de la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale du milieu des annĂ©es 1990 Ă aujourd’hui est lourde en effet.
Soutenue par des organismes de surveillance qui n’ont pas jouĂ© leur rĂ´le, la politique de l’argent facile a fait gonfler comme jamais les bulles immobilières et de crĂ©dit Ă la consommation aux Etats-Unis et dans d’autres pays. Aujourd’hui ces bulles ont Ă©clatĂ©.
Au coeur de la crise : la hausse de l’immobilier et du cours des actions, Ă mille lieues des points de rĂ©fĂ©rence historiques. Alan Greenspan a alimentĂ© deux bulles : celle d’Internet entre 1998 et 2001 et, par la suite, celle de l’immobilier. Dans les deux cas, avec la hausse de la valeur des actifs, les mĂ©nages amĂ©ricains ont pensĂ© qu’ils s’Ă©taient considĂ©rablement enrichis, ce qui les a incitĂ©s Ă accroĂ®tre emprunts et dĂ©penses. D’autant plus facilement que la dĂ©rĂ©glementation des marchĂ©s du crĂ©dit invitait ainsi aux prĂŞts hasardeux. Avec le boom de l’immobilier et des investissements en Bourse, la richesse nette des mĂ©nages amĂ©ricains a augmentĂ© d’environ 18 trillions de dollars entre 1996 et 2006. Cette situation a fini droit dans le mur. L’immobilier a atteint des sommets en 2006 et le cours des actions en 2007. Avec l’Ă©clatement de ces bulles, un capital fictif d’environ 10 trillions de dollars, voire de 15 trillions, sera effacĂ©.”
19 novembre 2008 à 14:21
PitiĂ©, l’orthographe… ErronĂ©, pas “erronnĂ©”. Et plus bas dans les posts : Ă cor et Ă cri, pas “Ă corps et Ă cri”.
Sinon, tout Ă fait d’accord, M. Couturier, avec votre texte sur les libĂ©raux et la crise.
Personne ne dit jamais qu’au dĂ©part cette crise est due Ă la rĂ©gulation, pas Ă l’absence de rĂ©gulation. C’est bien parce que l’administration Clinton, par esprit politiquement correct, a lancĂ© un programme d’aide au crĂ©dit pour les logements des pauvres, avec des rĂ©gulations sociales parties d’une bonne intention, mais dangereuses pour les banques, qu’on s’est retrouvĂ© avec tous ces crĂ©dits subprimes qui sont en train de mettre par terre tout l’Ă©difice.
On crie sur les libĂ©raux, et c’est vrai que le marchĂ© n’a pas toujours raison, il y a des market failures très souvent, mais les Ă©checs de l’Etat sont encore bien pires. L’Etat peut se tromper encore plus souvent que le marchĂ©, car dans le marchĂ© il y a des corrections dues au nombre de gens qui interviennent. Quand l’Etat dĂ©cide, et qu’il dĂ©cide dans le mauvais sens, gare Ă la catastrophe. Et le tout Etat, par opposition au tout marchĂ©, on sait ce que ça donne…