Je ne fais pas partie des EuropĂ©ens qui estiment avoir le droit de voter aux Etats-Unis, sous prĂ©texte “d’hyper-puissance”. Je ne crois pas Ă la thĂšse de “l’Empire”, dont nous ne serions qu’une province. J’estime le droit de vote liĂ© aux droits et aux devoirs de la citoyennetĂ© - qui comporte, entre autres, le fait de payer des impĂŽts pour l’entretien de l’Etat et l’Ă©ventualitĂ© d’aller se faire tuer Ă la guerre pour la dĂ©fense de son pays… Je me demande quelle serait la rĂ©action de ces journalistes qui, ici, ont fait une campagne maladroite et tapageuse en faveur d’Obama, si les AmĂ©ricains venaient nous indiquer pour qui nous devons voter… Mais, c’est vrai, je fais partie de cette Ă©crasante majoritĂ© d’EuropĂ©ens qui ont souhaitĂ© la victoire de Barack Obama. Je dis EuropĂ©ens, car il faut savoir que les Ă©lites asiatiques prĂ©fĂ©raient son rival (voir l’article de Dominique MoĂŻsi sur Project Syndicate). Cependant, les rĂ©action des mĂ©dia français Ă cette victoire m’embarrassent. Parce qu’ils me semblent en ”racialiser” Ă outrance le sens. Au lieu d’y voir la preuve 1° que la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine n’est pas raciste, contrairement Ă ce qu’on nous chante sur tous les tons, 2° que la mobilitĂ© sociale, liĂ©e au “rĂȘve amĂ©ricain” y est une rĂ©alitĂ© incontestable, 3° que, dans la concurrence des modĂšles qui se joue, en ce moment, la dĂ©mocratie libĂ©rale, la sociĂ©tĂ© ouverte peut encore marquer des points face Ă ses concurrents autoritaristes - tant dans les versions russe que chinoise.
Lorsqu’Alexandre Dumas a Ă©tĂ© panthĂ©onisĂ©, Le Monde a titrĂ© “un mĂ©tis entre au PanthĂ©on”. Et c’est tout. Dumas Ă©tait rĂ©duit Ă la couleur de sa peau. Pas besoin de le lire. Son oeuvre disparaissait tout entiĂšre derriĂšre son “origine ethnique”, comme si le personnage s’y rĂ©sumait tout entier.
Pour moi, Dumas reprĂ©sente autre chose qu’une histoire de pigmentation de peau - la quintessence d’un certain esprit français. Y compris dans ce qu’il a de plus irritant. Comme, par exemple, ce mĂ©pris du “bourgeois”, accusĂ© de chercher tout prosaĂŻquement à s’enrichir - quand nos “mousquetaires”  dĂ©pensent sans compter, ignorant tout de l’origine Ă©ventuelle de l’argent qui leur Ă©choit (le travail, l’industrie et le nĂ©goce, ces affaires mĂ©prisables et indignes d’un grand seigneur comme Athos). MĂ©pris du bourgeois qui mĂ©nage sa piĂštre existence, quand les mousquetaires offrent leurs vies Ă chaque carrefour.  Le “sens de l’honneur” et la mentalitĂ© de caste, si terriblement françaises (cf. Philippe d’Iribarne : “l’Ă©trangetĂ© française”). Mais aussi, la version française du dandysme : le sens du geste, le panache, l’acte gratuit et la folle bravoure, le fait de narguer la mort pour un baiser, pour un pari - bref, ”l’esprit mousquetaire”. Comme lors de cette extraordinaire scĂšne du dĂźner au bastion Saint Gervais dans “Les trois mousquetaires”.
Cette fois encore, les mĂ©rites personnels du jeune sĂ©nateur de l’Illinois, son programme, sa personnalitĂ©, disparaissent derriĂšre la couleur de sa peau - qui devient la seule information disponible le caractĂ©risant. Et qui ne nous apprend rien, en rĂ©alitĂ©. Mais cela va dans le sens et des prĂ©jugĂ©s et de la paresse des chers confrĂšres, obnubilĂ©s par cette affaire de “race” au point d’en nĂ©gliger tout le reste. Qu’aurions-nous pensĂ© si la presse amĂ©ricaine avait commentĂ© la victoire Ă©lectorale de Sarkozy sur Royal comme “le triomphe de la France issue de l’immigration sur la vieille France de souche” ? Et pourtant, Nicolas Sarkozy est le premier prĂ©sident de la RĂ©publique français Ă porter un nom Ă©tranger. Le premier aussi, Ă avoir des origines juives. Du reste, je crois que s’il avait Ă©tĂ© de gauche, cet aspect de sa personnalitĂ© aurait Ă©tĂ© rappelĂ© bien davantage par les commentateurs - comme ils le font pour Obama -, mais passons…
La victoire d’Obama, elle, est prĂ©sentĂ©e par nos mĂ©dia comme comme celle du “candidat noir”. Ou encore du ”reprĂ©sentant des minoritĂ©s“. Un piĂšge que lui tendait prĂ©cisĂ©ment le camp rĂ©publicain et qu’il a su Ă©viter avec beaucoup d’habiletĂ© politique. Car si Obama s’Ă©tait laissĂ© enfermer dans ce statut de ”candidat des minoritĂ©s”, sa dĂ©faite était assurĂ©e. Non seulement, les Noirs ne reprĂ©sentent que 12,8 % de la population des Etats-Unis selon le dernier recensement du US Census Bureau, et les Blancs, 81 %, mais mĂȘme en les rĂ©duisant aux “White persons non Hispanic”, ils reprĂ©sentent encore une nette majoritĂ© de la population, avec 66,4 % du total. Si donc, les AmĂ©ricains avaient votĂ© en fonction de la couleur de leur peau, ils auraient Ă©lu McCain. La preuve est Ă©tablie qu’ils ne l’ont pas fait - contrairement aux pronostics pessimistes du Monde Diplomatique de ce mois de novembre, qui nous ressortait “l’effet Bradley”…
Si Obama a habilement dĂ©jouĂ© ce piĂšge, c’est, dit-on, en mettant en avant le fait qu’il est “culturellement “blanc”, Ă©levĂ© par des grands-parents blancs dans un milieu blanc au Kansas” (je cite Orlando Patterson : “la force d’Obama ? Etablir un pont entre vote blanc et vote noir”, Le Monde du 15 octobre 2008). Personnellement, je refuse de considĂ©rer qu’il existe des “cultures” blanche ou noire. Quand Jessye Norman, qui est noire, chante les 4 derniers lieder de Richard Strauss, c’est de la musique noire ? Quand Gerry Mulligan et Stan Getz, qui Ă©taient des jazzmen blancs,s reprennent “Scrapple from the apple” de Charlie Parker, c’est de la musique blanche ? Personne n’est culturellement conditionnĂ© par la couleur de sa peau. Imaginer le contraire est proprement raciste. Souvenons-nous du personnage de Tom Wolfe, Roger II White, brillant avocat noir , amateur de Stravinsky, en porte-Ă -faux avec un environnement qui veut absolument qu’il joue la carte “soul”, et adopte le style vestimentaire du ghetto.
Loin de ces clichĂ©s, Obama  a “mis en avant le dĂ©passement des clivages communautaires, plutĂŽt que la rĂ©ussite de telle ou telle minoritĂ©” (François Durpaire et Jean-Claude Tchicaya “Obama sĂ©duit les banlieues” dans LibĂ©ration du 13 mais 2008). Il a remis en question une bonne part de la philosophie racialiste qui a sous-tendu jusqu’Ă prĂ©sent l’affirmative action en soulignant notamment qu’il n’y avait aucune raison que ses deux filles, Malia et Sasha, “assez gĂątĂ©es par la vie” soient avantagĂ©es aux dĂ©pens de jeunes Ă©tudiants issus de milieux dĂ©favorisĂ©s blancs. Le philosophe Michael Sandel a Ă©crit que le programme d’Obama avait donnĂ© congĂ© Ă la fois Ă la tactique de division de l’Ă©lectorat en groupes d’appartenance communautaires ou religieux - qui a Ă©tĂ© celle des Bush - mais aussi Ă Â une certaine tradition dĂ©mocrate consistant Ă additionner les groupes de pression minoritaires, stratĂ©gie dite “coalition arc-en-ciel”. Il a pariĂ© sur une rĂ©habilitation de la notion de bien commun. C’est le sens de ses appels aux RĂ©publicains, de son hommage Ă McCain au soir de sa victoire.
C’est pourquoi la rhĂ©torique d’Obama est patriotique et churchillienne - et non pas victimaire. Nos tĂ©lĂ©visions ont montrĂ© les larmes de crocodile de Jesse Jackson, le soir de la victoire. Elles se sont bien gardĂ© de relever qu’il avait menacĂ© de “couper les couilles” Ă Obama, coupable d’avoir “Ă©voquĂ© le comportement dĂ©plorable de tant de pĂšres noirs qui abandonnent femme et enfant” (Orlando Patterson). Obama n’a pas pratiquĂ© “la loyautĂ© envers le groupe d’appartenance” - qui a longtemps figé les “communautĂ©s” amĂ©ricaines dans un face-Ă -face tendu. Il ne mĂ©nage personne, exprime les mĂȘmes exigences envers tout citoyen amĂ©ricain, quelle que soit la couleur de sa peau. On pourra peut-ĂȘtre mĂȘme le crĂ©diter un jour d’avoir sonnĂ© la fin d’une certaine forme de political correctness qui a stĂ©rilisĂ© pendant deux dĂ©cennies la vie intellectuelle amĂ©ricaine.
Ce qui est formidable, ce n’est pas qu’un Noir devienne prĂ©sident des Etats-Unis, mais le fait que, dans ce pays-lĂ - et non dans beaucoup d’autres - cela soit possible. J’attends que la Russie dĂ©signe un Caucasien pour succĂ©der Ă Poutine. Que la Chine Ă©lise un musulman premier secrĂ©taire du Parti communiste unique… Toute sorte d’idĂ©ologues nous ont prĂ©sentĂ© les Etats-Unis, ces derniĂšres annĂ©es, selon les procĂ©dĂ©s rhĂ©toriques du temps de la Guerre Froide. Alors que le “camp communiste” avait fondu comme neige au soleil, on voyait courir encore le canard sans tĂȘte de l’ancienne propagande soviĂ©tique. Et le gros balourd de Michael Moore - qui vient de ce milieu communiste Ă l’ancienne - nous assĂ©nait ses caricatures outranciĂšres et mĂ©chantes. Nous savons aujourd’hui qu’il avait tort. L’AmĂ©rique, la vraie, ne ressemble pas au portrait qu’il en faisait dans ses laborieux pensums. Elle a la belle allure, le visage Ă©nergique et ouvert de Barack Obama. Le prĂ©sident Obama apporte la preuve que les Etats-Unis sont bien ce pays oĂč un fils d’immigrĂ© africain et d’une mĂšre blanche issue des classes populaires peut accĂ©der au premier rang. Par son talent et son travail et quelle que soit la couleur de sa peau. Ce pays pratique rĂ©ellement les valeurs qu’il proclame. On prĂ©tend les valeurs dĂ©mocratiques partout sur la dĂ©fensive face Ă la prĂ©tendue efficacitĂ© supĂ©rieure d’un capitalisme d’Etat cynique, appuyĂ© sur le pouvoir autoritaire d’un parti en situation de monopole et d’une information muselĂ©e. Le camp de la dĂ©mocratie vient encore de marquer un point. Elle vient de gagner une capacitĂ© supplĂ©mentaire Ă sĂ©duire et Ă convaincre.



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11 novembre 2008 à 12:03
we hope so
11 novembre 2008 à 14:33
Je partage tout Ă fait cette analyse.
Bruno
11 novembre 2008 à 21:30
Anecdote de campagne (Législatives 2007) :
Dans ma circonscription, la 8Ăšme du Nord, couvrant la moitiĂ© de Roubaix et alentours, l’UMP a investi un professeur de cardiologie d’origine algĂ©rienne, Salem Kacet, prenant le risque d’Ă©carter le candidat de la section UMP locale, Max-AndrĂ© Pic. Sa victoire Ă©tait assez certaine, considĂ©rant la victoire de Sarkozy un mois avant, une visite de soutien de Fillon sur place, et la forte proportion d’Ă©lecteurs d’origine immigrĂ©e.
RĂ©sultat : le PS l’a emportĂ© (Dominique Baert).
Certains diront que la victoire n’Ă©tait pas assurĂ©e, que Fabius avait bien jouĂ© avec la TVA sociale, etc…
Moi, je me suis souvenu de cette histoire en entendant la France entiĂšre (ou presque) souhaiter la victoire d’Obama. De beaux hypocrites, oui.
12 novembre 2008 à 17:38
« Si donc, les Américains avaient voté en fonction de la couleur de leur peau, ils auraient élu McCain. »
Ce n’est pas parce que les mĂ©dias français ont « racialisĂ© » Ă outrance le vote Obama, que c’est une raison pour nier qu’il s’agissait d’un vote racial :
1. les Ă©lecteurs noirs ont votĂ© pour Obama Ă plus de 90 %. Ce dernier a Ă©galement bĂ©nĂ©ficiĂ© du vote massif des communautĂ©s musulmanes, d’habitude indiffĂ©rentes Ă la vie politique aux Ătats-Unis. Ajoutons encore que, dans divers bureaux de vote situĂ©s dans des zones Ă forte concentration noire, d’Ă©lecteurs blancs ont fait l’objet de tentatives d’intimidation, voire de menaces, et que des fraudes massives ont eu lieu (dans une interview, un Ă©lecteur noir n’hĂ©site pas Ă dĂ©clarer sans sourciller qu’il a votĂ© Ă plusieurs reprises) sans que personne ne se risque Ă soulever la question du racisme que pose ce vote massivement communautariste.
2. il y avait une pression Ă©norme des multiculturalistes, des policiers de la pensĂ©e, et autres « antiracistes » qu’on retrouve en masse dans les MSM pour exercer, au travers de ceux-ci, et de façon aussi rĂ©pĂ©tĂ©e qu’insidieuse, un chantage au racisme (Ă sens unique, bien Ă©videmment) sur la population amĂ©ricaine (blanche), l’accusant implicitement de racisme s’il ne votait pas “comme il faut”. Sous-entendu: pour le « candidat noir » (1).
(1) Bizarement, on retrouve Ă tout bout de champ les expressions « candidat noir » et maintenant « prĂ©sident noir » sous la plume de nombreux journaleux qui semblent oublier qu’Obama est mĂ©tis. Pourquoi pas « blanc » au fond ? Y aurait-il moins de blanc que de noir dans le cafĂ©-au lait ?
12 novembre 2008 à 21:22
La focalisation française sur la couleur de peau d’Obama a en effet quelque chose d’irritant, et je trouve votre critique d’autant plus salutaire qu’elle vient d’un journaliste.
Il me semble par ailleurs que ce surinvestissement mĂ©diatique de la question raciale illustre tout Ă fait la soumission de l’information Ă l’ordre spectaculaire. Pour reprendre les termes de l’analyse de Baudrillard, le message
est occulté au profit du signe.
L’espace public de discussion (qui est aujourd’hui l’espace mĂ©diatique, lui-mĂȘme dominĂ© par l’audiovisuel) est censĂ© ĂȘtre le lieu d’une construction sociale de sens, oĂč s’affrontent des analyses et des projets concurrents, entre lesquels le citoyen est appelĂ© Ă trancher (en tout cas dans une vision idĂ©ale de la dĂ©mocratie). Or l’information de masse tend Ă rĂ©duire ce processus Ă un pur spectacle, qui convient mieux d’ailleurs Ă ce que dĂ©sirent les masses elles-mĂȘmes (”on leur donne du sens, elles veulent du spectacle (…) on leur donne des messages, elles ne veulent que du signe” - Baudrillard, A l’ombre des majoritĂ©s silencieuses ou la fin du social).
La cĂ©lĂ©bration de la victoire d’un candidat Ă la peau noire participe tout Ă fait de cette obsession pour le signe. Si l’Ă©lection d’Obama a valeur d’Ă©vĂ©nement historique, pour les mĂ©dias, c’est bien parce que le signe -la couleur de peau- fait Ă lui seul sens. En lui-mĂȘme, en fin de compte, l’Ă©vĂ©nement est plus banal que ça : le 44e prĂ©sident des Etats-Unis est dĂ©mocrate, met fin au rĂšgne d’un prĂ©sident belliciste trĂšs dĂ©criĂ©, et il a la peau noire. Si la tĂ©lĂ©vision n’existait pas, cela aurait-il autant agitĂ© le monde mĂ©diatique? Ce buzz n’est-il pas essentiellement liĂ© au rĂšgne de l’image?
Je veux bien croire que le candidat Obama soit celui du dĂ©passement des clivages communautaires, plutĂŽt que celui des minoritĂ©s. Mais n’est-ce pas, encore une fois, construire une fiction Ă partir d’un signe qui a valeur de symbole? Peut-on rĂ©ellement croire, Ă partir du rĂ©sultat de cette Ă©lection, que l’AmĂ©rique soit dĂ©finitivement rĂ©conciliĂ©e avec sa part maudite, que le rĂȘve amĂ©ricain est ressuscitĂ©, voire, pour les plus audacieux, qu’elle signe le triomphe la fraternitude humaine?
Je constate, pour finir, que les commentateurs de tout poil (journalistes et politiques), obnubilĂ©s par le taux de mĂ©lanine du prĂ©sident, sont moins regardants quant aux convictions du candidat en matiĂšre morale ou sociĂ©tale: quid de l’approbation de la peine de mort ou du port d’armes, qui, il n’y pas si longtemps, faisait la honte de l’AmĂ©rique aux yeux des bonnes consciences europĂ©ennes?
Je vous remercie pour la qualité de vos émissions, qui relÚvent le niveau du débat public.
13 novembre 2008 à 11:11
Câest ce quâon appelle de la science politique de comptoir: vous ĂȘtes Ă peine moins subtil que le rĂ©alisateur que vous dĂ©noncez (peut-ĂȘtre le seul point Ă sauver de votre post). Votre Ă©loge des Etats-Unis dâObama est tout aussi lourd que les attaques de Moore.
Quel sens donnez-vous par exemple Ă lâexpression « la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine nâest pas raciste »? Quâune majoritĂ© dâAmĂ©ricains ne lâest pas? Que moins de 30% le sont? 40%? Cela ferait dĂ©jĂ beaucoup, mĂȘme pour une minoritĂ©. Que les crimes Ă caractĂšres racistes nâexistent pas? Que les minoritĂ©s, en particulier les noirs, ne sont victimes dâaucune discrimination? Que si Mc Cain avait Ă©lu alors, la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine aurait « Ă©tĂ© raciste »??
Ce genre dâaffirmation gĂ©nĂ©rale nâa absolument aucun sens et aucun intĂ©rĂȘt, aussi peu que « la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine est raciste » ou « les Français ont voulu dĂ©livrer un message au chef de lâEtat ». La « sociĂ©tĂ© » est un de ces gros concepts employĂ©s sans mesure, qui font sĂ©rieux mais ne servent pas vraiment la comprĂ©hension des situations.
Le propos sur la mobilitĂ© sociale est tout aussi caricatural: on peut tout Ă fait admettre que la mobilitĂ© sociale est possible dans un pays sans pour cela suggĂ©rer que câest un cas gĂ©nĂ©ral et donc exemplaire, et sans pour autant oublier lâaugmentation des inĂ©galitĂ©s. On a parfois lâimpression que votre esprit fonctionne sur un mode binaire (tout lâun ou tout lâautre).
Les grandes dĂ©mocraties doivent ĂȘtre dĂ©fendues et critiquĂ©es sans caricature, câest le meilleur service et le meilleur hommage Ă leur rendre.
Vous cĂ©dez Ă la tendance journalistique actuelle qui consiste Ă assĂ©ner des conclusions « historiques » et dĂ©fintives dĂšs le lendemain des Ă©vĂšnements. On attend plus de finesse de France Culture. Je suis dâaccord avec un intervenant sur un prĂ©cĂ©dent post (au sujet du libĂ©ralisme) pour penser que vos propos souvent sensationnalistes ont plus leur place sur dâautres stations. Vous attirez sans doute de nouveaux auditeurs qui pensent que le niveau est plus relevĂ© quâailleurs, mais vous faites baisser celui de la chaĂźne⊠Le titre de votre Ă©mission dâhier est symptomatique: « la repentance favorise-t-elle lâintĂ©gration? ». Comme si la rĂ©ponse nâĂ©tait pas dĂ©jĂ dans une question aussi caricaturale. Vous me direz peut-ĂȘtre, câest la mode, quâau moins vous « lancez le dĂ©bat » ou « donnez un coup de pied dans la fourmiliĂšre », comme votre invitĂ©e qui croyait hier sincĂšrement que ses positions (respectables mais trĂšs banales et parfaitement audibles) brisaient de vĂ©ritables tabous et Ă©taient victimes dâune omerta gĂ©nĂ©ralisĂ©e.
PS: Un conseil: arrĂȘtez de vous faire peur avec Michael Moore et le Monde diplomatique. Vous lâavez dit: la guerre froide est terminĂ©e.
PS supplĂ©mentaire :Je reposte ici, j’ai par erreur envoyĂ© ma remarque sur un mauvais sujet (celui sur le libĂ©ralisme auquel je fais rĂ©fĂ©rence).
13 novembre 2008 à 15:04
Hello
Super ton article, suis pratiquement OK sur tout. NĂ©anmoins il me semble que tous les mĂ©dias français ne sont pas aussi focalisĂ©s sur l’aspect racial, et heureusement. ce qui est frappant aussi, c’est le profil de l’homme (fealing extraverti) comme jean-Paul II ou Dalai lama. Nos leaders politiques occidentaux sont plus souvent des pragmatiques ou des “thinking” , Ă +
13 novembre 2008 à 21:15
J’aimerais savoir? Philippe S., en quoi mes propos sont “sensationnalistes”. Vous avez des exemples ? Il m’arrive de me trouver ennuyeux, ardu, en contradiction avec les idĂ©ologies ambiantes, mais “sensationnaliste”, non vraiment, je ne vois pas.
14 novembre 2008 à 8:23
@Philippe S.
Vous avez raison avec Margaret Thatcher : “there is no such thing as society”… Donc le commentaire “la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine n’est pas raciste” est un peu lĂ©ger.
Mais je suis en dĂ©saccord avec le reste de votre lecture de l’article. Et je ne vois pas oĂč Brice C. fait de la “science politique de comptoir”. Je reste donc interdit devant vos reproches.
Peut-ĂȘtre attendez-vous trop d’un blog. L’Ă©laboration spĂ©culative d’un cours magistral serait ici bien indigeste.
En rĂ©alitĂ© Brice Couturier fait son mĂ©tier : du journalisme, et du bon. Il se fait - sans le vouloir peut-ĂȘtre - le porte-parole d’une partie de l’opinion française et rĂ©percute une analyse tenant compte de ses vues. Cette opinion a effectivement peur de Michael Moore et Le Monde Diplomatique !
Sur le point prĂ©cis de la mobilitĂ© sociale, je conteste qu’on ne puisse faire aucun jugement sur la question. Les rĂšgles de droit qui rĂšgnent dans un groupe humain Ă©tendu peuvent permettre ou empĂȘcher la variation des positions relatives de revenu des individus au cours du temps. Certes la statistique est d’une aide mineure pour le savoir, comme souvent en sciences sociales. Mais on peut le dire en examinant les lois et les rĂ©glements qui ont cours dans ce groupe.
14 novembre 2008 à 22:32
Cher Brice,
FĂ©licitation pour cette belle analyse que je trouve trĂšs intĂ©ressante et rigoureuse, j’avoue partager le point de vue exprimĂ©.
Je n’y vois rien de “sensationnel” et ne comprend pas trop Philippe S… Quand au style, il me convient et je n’ai pas trop envie de retrouver ici des articles de la revue française de sciences politiques !
GOD
18 novembre 2008 à 14:21
“La sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine nâest pas raciste, contrairement Ă ce quâon nous chante sur tous les tons”.
Si on veut entendre par là que les Etats-Unis sont un ensemble d états démocratiques unis par une constitution fédérale dans laquelle il n y a pas trace de racisme, on acquiesce.
Mais il paraßt aussi certain qu il y a une proportion non négligeable de la population américaine qui éprouve des sentiments racistes vis-à -vis des noirs, des latinos ou des asiatiques. Que ces groupes discriminés vivent dans une société qui ne se définit pas comme raciste ne change pas grand chose dans leur quotidien et dans leurs aspirations légitimes.
On a pu voir les messages implicites, et parfois explicites, des troupes drainées par la Gouverneur de l Alaska.
Mais que les USA aient permis Ă M. Obama d ĂȘtre sur une estrade pour annoncer un jour de mai 2008 qu il serait le candidat dĂ©mocrate est un indice sĂ©rieux de basculement d une autre partie de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine.
Cependant, ce jour là , le candidat a pris soin de préciser que sa présence sur cette estrade était trÚs improbable, faisant ainsi allusion à ses origines sociales modestes, à la puissance du clan Clinton et aussi à la couleur de sa peau.
Car il faut se souvenir qu un Clinton lui-mĂȘme avait peu de temps auparavant dĂ©clarĂ© “sotto vocce” que le tour d un noir n Ă©tait pas encore venu.
18 novembre 2008 à 16:27
M. Couturier,
Pour complĂ©ter mon commentaire prĂ©cĂ©dent sur “la preuve que la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine nâest pas raciste, contrairement Ă ce quâon nous chante sur tous les tons”, voici un lien renvoyant Ă un article du New York Times dont j ai cru comprendre que vous ĂȘtes un lecteur.
Il y est dit en substance que le problĂšme de la race aux USA est en quelque sorte “dans une zone grise”.
http://www.nytimes.com/2008/11/18/science/18tier.html?8dpc#
Cela dit, j apprécie sincÚrement votre travail à France Culture en compagnie de Mme Clarini et votre blog.
19 novembre 2008 à 10:15
J’ai voulu te laisser un commentaire sur ton blog mais rien Ă faire pour qu’il le prenne (je ne sais pas oĂč est l’incompatibilitĂ©).
Le voici:
Brice, j’aime beaucoup ton article. Obama a Ă©tĂ© Ă©lu (votant aux Etats-Unis, j’en suis ravie) parce qu’il est tout simplement trĂšs intelligent, moderne et tech-savy. Son arrivĂ©e sur la scĂšne politique rend aussi anachronique the “arguing style” des baby boomers - et leur fait dĂ©couvrir la puissance du “Millennial Marketing.”
Au fait, j’ai aussi commencĂ© un blog:
http://www.facebook.com/l.php?u=http://delbourg-delphis.com%2F
Je t’embrasse,
Marylene
19 novembre 2008 à 23:07
juste un dĂ©tail: la Russie a dĂ©jĂ eu un dirigeant Caucasien:Joseph (Iossif) Vissarionovitch Djougachvili dit Staline, (russe : ĐĐŸŃĐžŃ ĐĐžŃŃаŃĐžĐŸĐœĐŸĐČĐžŃ ĐжŃгаŃĐČОлО ;) gĂ©orgien.
Je crois aussi que l’AmĂ©rique dĂ©crite par Michael Moore existe aussi: Mme Sarah Palin n’en est-elle pas une digne reprĂ©sentante ?
20 novembre 2008 à 13:34
Oui, avec quelle lassitude on a entendu rĂ©pĂ©ter “le premier prĂ©sident noir”… J’ai souvent l’impression que souvent nos mĂ©dias et nos compatriotes ne comprennent rien aux Etats-Unis: si Obama avait Ă©tĂ© un candidat de minoritĂ©, il n’aurait JAMAIS Ă©tĂ© Ă©lu dans un tel pays, il n’aurait pas Ă©tĂ© plus loin que Jesse Jackson. Cette ignorance donne lieu aussi bien Ă l’antiamĂ©ricanisme qu’ Ă l’Obamania. A titre personnel je suis assez fier d’avoir suivi Obama et cru sa victoire possible pendant quatre ans, et d’avoir aussi prĂ©dit ce plaisant revirement de l’antiamĂ©ricanisme s’il Ă©tait Ă©lu en 2008.
Monsieur Couturier en dĂ©cembre 2007 vous aviez rĂ©alisĂ© une Ă©mission sur La Fayette que j’aimerais beaucoup entendre - je ne crois pas que ce soit possible mais Radio France / France Culture devrait garder ses archives accessibles plus longtemps voire toujours, quitte Ă les rendre payantes aprĂšs un certain temps… (enfin je trouve ;) Bravo en passant pour votre Ă©mission que je trouve, comment dire… miraculeuse !
21 novembre 2008 à 2:47
Je suis Ă cĂŽtĂ© du probmĂšme, mais Brice Couturier a citĂ© Malaparte en moulant du grain et j’aimerais pouvoir en informer ma fille qui a du mal Ă joindre les deux bouts.
Merci d’avance.
22 novembre 2008 à 15:30
Je n’ai pas saisi l’allusion ci-dessus. Si quelqu’un peut m’Ă©clairer…
En ce qui concerne Obama, je m’aperçois que dans son fameux discours de Philadelphie, rĂ©flexion gĂ©niale sur la DĂ©claration d’IndĂ©pendance de 1787, le nouveau prĂ©sident amĂ©ricain dĂ©clarait lui-mĂȘme, aprĂšs avoir Ă©voquĂ© la multiplicitĂ© de ses origines, “for as long as I live,I will never forget that in no other country on Earth is my story even possible”. Comme on chante dans les clubs country, “only in America”…
23 novembre 2008 à 11:45
Je vous remercie pour votre intelligente et trĂšs pertinente analyse que je partage entiĂšrement. Comme vous, la fiĂšvre des français sâenflammant pour lâĂ©lection de Barack Obama au motif que lâAmĂ©rique avait su dĂ©fier le racisme dont on lâaccable (un peu facilement) mâa terriblement agacĂ©e, sans pourtant mâen Ă©tonner. Nous-mĂȘmes en France nâavons encore pas appris Ă dĂ©passer nos clivages concernant la couleur de peau ou de race, et le prouvons en mettant systĂ©matiquement celle-ci en avant lorsquâune personnalitĂ© noire (ou maghrĂ©bine ou asiatique, âŠ) accĂšde Ă un poste important ou obtient une mĂ©daille quelconque. Nous nâavons pas de leçon Ă donner Ă lâAmĂ©rique sur ce point, mais bien plutĂŽt Ă en recevoir.
Merci Ă©galement dâavoir remis Ă sa juste place Michael Moore, ce trublion vocifĂ©rant quâexalte notamment une certaine gauche « bien-pensante » (mais combien dâautres qui auraient trop peur de sâaffirmer en sâopposant) et qui rĂ©cemment, mettait publiquement en garde notre pays au prĂ©texte que notre politique dâimmigration avait des relents de nazisme et autres Ă©normitĂ©s du genre. Au lieu de fustiger ce quâil considĂšre comme les dĂ©rives de la France, que ne sâintĂ©resse-t-il donc au traitement infligĂ© par la Chine aux rĂ©fugiĂ©s Nord-CorĂ©ens et Ă ceux que la CorĂ©e du Nord exĂ©cute ou emprisonne dans des camps, pour avoir voulu fuir le rĂ©gime et tenter de survivre loin de chez eux. A ce sujet, je recommande lâexceptionnel documentaire dâAlexandre Dereims « Han, la prix de la libertĂ© ». Il est facile dâattaquer un pays oĂč la libertĂ© dâexpression permet tout et nâimporte quoi plutĂŽt que de se risquer Ă dĂ©noncer les misĂšres criantes dâun autre, oĂč la plus anodine des critiques conduit directement au peloton dâexĂ©cution.
23 novembre 2008 à 15:57
Je crois qu’Yvon fait allusion Ă l’Ă©mission (trĂšs intĂ©ressante) avec Laurence Fontaine, au cours de laquelle vous avez citĂ© Malaparte et vous avez avec Mme Fontaine fait un Ă©loge de la dĂ©brouillardise, de l’intelligence, de l’aptitude Ă utiliser le marchĂ© des plus pauvres quand on les laisse sans filet de protection (ou plus lĂąche qu’aujourd’hui). Filet de protection qui, en les “assistant”, brimerait dans nos Etats providences, leur initiative individuelle et aboutirait Ă l’inverse de l’effet recherchĂ©. Point de vue que ne semble pas partager Yvon, et qui correspond en tout point Ă une des formes de la rhĂ©torique rĂ©actionnaire (au sens de : hostiles depuis deux siĂšcles aux politiques dites “progressistes” de redistribution et d’aide) identifiĂ©es par l’AmĂ©ricain Albert Hirschman. C’est l’argument de l’effet pervers: vous croyez aider les pauvres, vous les enfoncez. A ce sujet d’ailleurs, une rĂ©flexion toute personnelle: on utilise souvent le terme d’assistanat au sujet des politiques publiques Ă destination des plus pauvres. Ne croyez-vous pas que l’on devrait parler d’”assistanat d’Etat” en le distingant de l’assistanat “privĂ©”, et en n’oubliant pas que ceux qui ont rĂ©ussi n’ont souvent (statistiquement) pas eu besoin de cet Etat (ou moins besoin)? Ils ont eux aussi Ă©tĂ© “assistĂ©s”, car tous nous le sommes, mais de maniĂšre moins avouĂ©e, par leurs familles, leur hĂ©ritage culturel, leurs rĂ©seaux dĂ©jĂ constituĂ©s Ă leur naissance. Ce n’est pas une honte, mais autant le reconnaĂźtre. A mesure que les possibilitĂ© d’assistanat “privĂ©” diminue (avec le recul dans l’Ă©chelle sociale), n’est-il pas normal d’accroitre l’assistanat “public”? Si ce n’est pour les fameux adultes “non mĂ©ritants qui ne font rien pour s’en sortir”, au moins pour leurs enfants, qui n’y sont pour rien. D’ailleurs Laurence Fontaine s’est Ă plusieurs fois fĂ©licitĂ© d’aller Ă l’encontre de l’”idĂ©ologie ambiante”. Je ne trouve pas que les idĂ©es qu’elle dĂ©fend soient si minoritaires que ça. Il me semble que depuis les annĂ©es 80 un consensus nouveau s’est mis en place sur l’idĂ©e de responsabilitĂ© individuelle”. Elle est contestĂ©e (plus en Europe qu’aux Etats-Unis) mais elle est assez en vogue, non?
Pour finir: votre enthousiasme “obamaniaque” fait plaisir Ă voir, mais il s’accompagne d’une petite erreur: la DĂ©claration d’indĂ©pendance date du 4 juillet 1776 (fĂȘte nationale). C’est la Constitution qui a Ă©tĂ© adoptĂ©e en 1787. Du coup, Ă quel texte fait allusion B.O?
23 novembre 2008 à 18:13
J’admire ton esprit, cher Brice, ton attention aux medias a qqch de vivifiant… Mais je ne suis pas d’accord avec le “gros balourd de Michael Moore”, dont j’adore les films… (l’itw de Charlton Heston, la visite de Flint…Il y a des scĂšnes d’anthologie dans les films de Moore). Quand Paul Krugman (NYTimes) a reçu le Prix Nobel d’economie,j’ai pensĂ© Ă la Palme d’Or dĂ©cernĂ©e Ă Cannes Ă MMoore…
25 novembre 2008 à 13:40
M. Couturier,
Vous écrivez le 22 novembre:
“En ce qui concerne Obama, je mâaperçois que dans son fameux discours de Philadelphie, rĂ©flexion gĂ©niale sur la DĂ©claration dâIndĂ©pendance de 1787, le nouveau prĂ©sident amĂ©ricain dĂ©clarait lui-mĂȘme, aprĂšs avoir Ă©voquĂ© la multiplicitĂ© de ses origines, âfor as long as I live,I will never forget that in no other country on Earth is my story even possibleâ”.
Je ne crois pas que ces propos de B. Obama signifient que la discrimination raciale ait disparu aux USA. Mais que ce pays ait progressé, et probablement comme aucun autre sur terre, oui, cela est un fait avéré et qui s est vérifié à travers le résultat de l élection du 4 novembre dernier.
28 novembre 2008 à 8:33
Message sans lien avec Obama :
Cher Brice,
Pourquoi consacrez-vous 2 Ă©missions de suite sur la rĂ©forme de l’audiovisuel ? Ca intĂ©resse peut-ĂȘtre les ultra-spĂ©cialistes, mais alors qu’est-ce que c’est ennuyeux pour les autres…
A vrai dire j’avais Ă chaque fois l’impression que Julie Clarini se comportait en porte-parole d’un syndicat de journalistes de Radio-France. Ce n’est pas vrai pour vous, plutĂŽt en retrait pendant ces Ă©missions (j’ai le prĂ©jugĂ© favorable indĂ©crottable Ă votre Ă©gard !).
Le plus excĂ©dant Ă la vĂ©ritĂ©, c’est que les partisans d’un “financement pĂ©renne” de l’audiovisuel d’Ă©tat invoquent en permanence le “pluralisme”. Bayle, Voltaire, et la tradition de pensĂ©e libĂ©rale font au contraire du dĂ©sengagement de l’Ă©tat des moyens d’expression une des conditions de ce fameux pluralisme, n’est-ce pas ?
30 novembre 2008 à 7:38
Cher Monsieur,
je viens juste de dĂ©couvrir votre site trĂšs intĂ©ressant ! je vous donne juste mon point de qui m’est entiĂšrement personnel, Obama et sa couleur de peau, sa rĂ©ussite pour certains c’Ă©tait attendu, pour d’autre c’Ă©tait impossible qu’un noir puisse devienir PrĂ©sident. Le racisme n’a pas de base il Ă tendance Ă disparaĂźtre et c’est tant mieux !
il me semble que le raciste n’est pas l’histoire d’une simple couleur de peau mais aussi de ses origines. personne ne peut dire vraimant oĂč commence et quand s’arrĂȘtera le racisme, n’est-il pas vrai?
Je vous invite à naviguer sur mon blog, pour découvrir un fait divers hors du commun.
3 dĂ©cembre 2008 à 0:04
Je partage tout Ă fait la critique de Philippe S., en particulier concernant l’Ă©quivalence caricaturale entre l’AmĂ©rique d’Obama et celle de Moore…
La partie la plus dĂ©licieuse de la conversation demeure l’autocritique de Brice couturier “ennuyeux” (soit…), “ardu” (difficile d’expliquer simplement ma pensĂ©e complexe…), “en contradiction avec les idĂ©ologies ambiantes” (mon dĂ©faut majeur, c’est d’ĂȘtre original)!
Monsieur Couturier, combien vous ĂȘtes attendrissant !
(Et nous sommes de plus en plus nombreux en effet à vous écouter avec beaucoup de plaisir)
21 dĂ©cembre 2008 à 8:46
“pas raciste” en parlant de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine? Brice Couturier nous avait habituĂ©s Ă moins d’outrance…
Quant Ă Obama, “attendre et voir” (pour un pas utiliser un angliscisme dont j’ai horreur)