Nous avons consacré l’émission à la question des “jouets sexistes”. Ce qui m’a frappé, c’est le constant glissement de la question de l’égalité entre les sexes à  celle de la différence entre les sexes. L’idéologie “politiquement correcte” prend prétexte de la persistance d’inégalités entre hommes et femmes pour tenter constamment de subvertir les identités sexuelles. Ainsi de l’exemple donné au cours de l’émission de ce petit garçon qui réclame un déguisement de princesse. Le lui refuser, a-t-on dit, serait aller dans le sens de l’inégalité, du renforcement des préjugés culturels quant aux “genres”.
Je ne suis pas d’accord. On peut offrir à ses garçons des aspirateurs, des cuisinières, des appareils électro-ménagers, s’ils le réclament, parce que le partage des tâches ménagères est un idéal sensé et que les familiariser avec cet idéal est une bonne chose. Mais c’en est une autre de jouer avec leur identité sexuelle en construction. Et ici, la psychanalyse entre en contradiction avec l’idéologie qui veut que le genre ne soit que le produit d’une ”construction” sociale. Car la différence sexuelle est, aux yeux des freudiens, la base de tout principe de distinction, le fondement du principe de réalité lui-même. L’idée qu’on pourrait s’affranchir de son sexe - comme d’ailleurs de son âge - sous prétexte que sa persistance retarderait l’égalité désirée, constitue typiquement un fantasme de toute-puissance. Il rejoint le mythe moderne de l’homme auto-institué, délivré de toute autorité extérieure à lui-même, dont on devrait savoir maintenant le rôle qu’il a joué dans le déchaînement des pratiques totalitaires.
Il est vrai que si les hommes devenaient des femmes, la question de l’inégalité des sexes serait réglée… Et cela a peut-être constitué l’idéal implicite d’un certain archéo-féminisme. Mais je crois bien que l’on en n’est plus là . J’admire beaucoup Sylviane Agacinski d’avoir constamment insisté sur cette idée : “le contraire de l’égalité, ce n’est pas la différence, la dissemblance”. Ce sont les modèles identificatoires masculins qui permettent aux petits garçons d’accéder à leur virilité. Et celle-ci n’est pas contradictoire avec la tension vers l’égalité.
J’ai cité cet extrait d’un texte de Gilles Brougères, professeur en sciences de l’éducation, au cours de l’émission. Je le transcris ici, car il donne à réfléchir : “Le jeu des enfants est fortement marqué par la différence sexuelle. Selon que l’on est fille ou garçon, on ne joue pas de la même façon, ni avec les mêmes objets. Dés l’école maternelle, les comportements ludiques des filles et des garçons diffèrent. […] Il existe des jouets mixtes, surtout du premier âge, mais le gros des activités et objets ludiques est le lieu d’une très forte différence quant au sexe, qui surprend parfois par sa force et choque ceux qui militent pour une éducation qui ne serait pas basée sur l’a priori d’une différence d’intérêt ou de compétence liée au sexe. […] Surtout lorsque le jeu n’est pas entrepris à l’initiative d’un adulte.”
Après l’émission, l’une des intervenantes m’a parlé d’un projet de création d’une “bibliothèque non sexiste”. Il y a derrière l’idéologie “politiquement correcte” un fantasme d’épuration qui fait froid dans le dos. A quand l’autodafé général des romans d’amour, depuis “la princesse de Clêves” jusqu’à “Tendre est la nuit”, puisqu’aucun d’entre eux ne répond aux exigences de l’indifférenciation sexuelle actuellement exigée au nom de “l’égalité” ?



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26 décembre 2008 à 11:33
Jamais aucun sociologue n’a prétendu que le genre n’était qu’une construction sociale comme vous l’affirmez (ou alors citez vos sources)
De plus les recherches en sciences cognitives et en ethologie humaine n’ont pour l’instant apportées aucune preuve empirique d’une origine biologique des comportements de genre
Enfin les études anthropologiques montrent à l’envi que les différences de sexe sont d’une variabilité extrême à travers les âges et les lieux
C’est pourquoi en l’état actuel des connaissances la position scientifique la moins hasardeuse est d’affirmer que la socialisation culturelle joue un rôle déterminant dans la formation des identités sexuelles
Il y a sans doute d’autres facteurs mais pour l’instant ils sont en grande partie inconnus : en parler ne peut donc relever que de l’idéologie comme vous dites
Par contre se demander si des personnalités moins marquées sexuellement peuvent être construites afin d’émanciper davantage les femmes (notamment dans l’univers domestique)est un débat politique assez proche de la question de la démocratisation de l’éducation à toutes les catgéories sociales (puisque pour l’instant le genre reste une construction sociale faute d’explication plus satisfaisante)
Que vous esquiviez toutes ces données scientifiques est assez étonnant dans votre émission
Plus inquiétant est le fait que vous citiez les différences de jeu en maternelle comme une preuve allant à l’encontre des thèses de la construction sociale : ne savez-vous pas (par lecture des très nombreuses études à ce sujet ou même par votre propre expérience) que la socialisation sexuée commence dès la naissance ?
Vos prises de position sont du même coup étranges : avez-vous si mal préparé votre émission que vous ignorez tout des problématiques sur le sujet ? Ou bien n’êtes-vous qu’un “conservateur”, comme vous dites, qui n’ose pas s’affirmer comme tel, à savoir un idéologue ?
30 décembre 2008 à 16:31
Ben Brice, je me demande si j’ai pas fait une grosse bétise le 24 au soir.
Tout d’abord ma belle mère s’est déguisée en père Noel, ce travestissement n’avait pas pour but une revendication féministe, mais j’ai quelques doutes maintenant
Et puis il y a eu les cadeaux, ma fille a eu un train électrique et des play mobiles. je l’ai pas fait exprès, mais je me dis maintenant que j’ai peut être intériorisé la pensée politiquement correct de l’indifférenciation des sexes.
Mais il y a pir : ce matin j’écoutais Brel (la chanson les Vieux) et j’avais sur le coin de mon bureau les “vieux” une des lettres de Daudé, et je surfais sur le site de la Halde quand je suis tombé sur la page 181 du rapport (ça s’appelle comme ça) sur les discriminations dans les manuels scolaires. Ronsard, mon dieu Ronsard devrait être retiré des livres scolaires.
Alors, j’ai paniqué j’ai commencé à regarder ma bibliothèque, je suis tombé sur les Frères karamazov qui n’avaient pas de soeur, sur les trois mousquetaires ou il n’y a pas de mousquetaires femme… j’ai commencé à tout mettre en carton. et puis, il y a avait ces bouquins que je n’avais pas touché depuis longtemps un gars qui s’appelle P Muray j’ai commencé à relire certains passages. Puis, j’ai rigolé tout seul et j’ai finalement joué au train électrique avec ma fille en écoutant les vieux de Brel
31 décembre 2008 à 18:21
Une assez longue fréquentation des “sciences sociales” m’a permis de constater que les théories prétendument définitives d’une époque (mettons celles de Bettelheim sur la “forteresse vide” de l’autisme (!), ou encore “l’autonomie relative de la superstructure” d’Althusser…) faisaient généralement ricaner la génération suivante.
Cela m’a également permis de constater que la frontière entre les dites “sciences” et l’idéologie pure et simple était loin d’être parfaitement étanche… Mais le recours au jargon scientifique cherche un effet d’intimidation (”si mal préparé votre émission”, “idéologie”, “conservateur”…) qui est désormais sans effets sur moi.
Mais je me permettrais simplement de relever les contradictions internes, surtout lorsqu’elles sautent aux yeux. Relisez-vous, mon cher savant, et vous verrez que vous avez écrit à quelques lignes d’intervalle : “Jamais aucun sociologue n’a prétendu que le genre n’était qu’une construction sociale comme vous l’affirmez” et : “pour l’instant le genre reste une construction sociale faute d’explication plus satisfaisante”.
“Aucun sociologue”, sauf vous, et en tant qu’hypothèse “provisoire”, à ce qu’il semble….
Par ailleurs, je note que vous vous gardez bien de répondre à la question que je posais, qui portait sur la différence entre égalité des sexes et identité sexuelle.
31 décembre 2008 à 18:37
Je ne vais pas multiplier les citations, il suffit de chercher sur Google pour en lever à foison. La première venue fera l’affaire :
- “Autrement dit, le genre révèle la construction « sociale, historique, sociologique et culturelle de ce qu’est (ou devrait être) une femme ou un homme, le féminin ou le masculin » (Béatrice Borghino, “genre et sexe, quelques éclaircissements”, 2003).
- “Jamais aucun sociologue n’a prétendu que le genre n’était qu’une construction sociale, comme vous l’affirmez” (Girard)…
3 janvier 2009 à 21:30
Bonjour, bonsoir M. Couturier,
Je suis aussi d’accord avec le fait que différence et égalité ne sont pas deux choses incompatibles. Aussi il semble que l’égalité la plus valorisante pour la femme, n’est pas celle qui méprise les spécificités féminines, comme celle d’avoir des enfants, en valorisant les valeurs qui vont mieux avec le corps masculin. Ceci est plutôt porté vers la valorisation masculine et fait perdre leur temps aux femmes pour avoir une égalité qui peut leur être attribuée sans ceci ; elles peuvent essayer longtemps de nous battre à la natation ou en réflexion théorique, mais tout ce qu’elles ont le droit d’avoir c’est la déception et il est donc injuste de les encourager à rechercher ce manque d’épanouissement et donc de bonheur. Enfin je ne pense pas que c’est en les empêchant d’essayer d’avoir des réflexions théoriques comme les nôtres que nous ferons avancer les choses (elles doivent avoir la liberté de le faire), comme ce n’est pas en les empêchant de nager qu’elles pourront être convaincues qu’elles nagent moins vite; mais il faut être honnête devant le résultat.
Cordialement
Serge l’Eternel
5 janvier 2009 à 19:12
“L’idée qu’on pourrait s’affranchir de son sexe - comme d’ailleurs de son âge - sous prétexte que sa persistance retarderait l’égalité désirée, constitue typiquement un fantasme de toute-puissance. Il rejoint le mythe moderne de l’homme auto-institué, délivré de toute autorité extérieure à lui-même, dont on devrait savoir maintenant le rôle qu’il a joué dans le déchaînement des pratiques totalitaires.”
Le nazisme, dont vous ne contesterez pas je pense la nature totalitaire, n’était-il pas fondé entre autres sur le “Fürherprinzip”, c’est à dire sur l’obéissance au chef ? On chercherait en vain dans ce principe l’exaltation de la liberté individuelle et de “l’absence d’autorité extérieure” dont vous parlez.
D’autre part, pour en revenir au sujet, la différence dont parle Freud est seulement culturelle et non universelle. Afin de vous convaincre de ce fait, je ne puis que vous conseiller la lecture de ce texte canadien rédigé par les “Indiens” d’Amérique du Nord, qui donne un son de cloche bien différent de celui de Freud :
http://www.2spirits.com/personnesbispirituellesfrancais.pdf
6 janvier 2009 à 0:10
mon cher Brice,
je commence par vous féliciter, Julie et vous, pour deux de vos émissions récentes (et pour toutes les autres, bien entendu), qui m’ont beaucoup intéressé : celle du 25 (les jouets) et celle du 26 (le Flurkistan). (J’ajoute, en passant, d’une parenthèse : une des raisons de la qualité particulière de ces deux numéros, c’est que vous n’avez pas invité, comme vous le faites parfois, par choix ou par obligation, des parties violemment en contradiction, mais des gens raisonnables ayant un dialogue raisonnable (à quoi aurait ressemblé l’émission sur le Flurkistan si vous aviez fait signe à Michel Le Bris ? Réponse : à votre émission de mars sur le grand-méchant-nouveau-roman… Chacun ses goûts, mais en tout cas j’ai préféré la version la plus récente). Je ferme cette parenthèse, un peu hors sujet.)
Maintenant, sur les jouets etc. : deux ou trois petites choses me dérangent dans votre argumentation. Tout d’abord, quant au « constant glissement » entre la question de l’égalité des sexes et celle de la différence sexuelle : vous avez tout à fait raison de souligner que ce sont deux questions différentes, et je crois que tout le monde était d’accord avec vous sur ce point-là . Mais, pour différentes qu’elles sont, elles n’en sont pas moins complètement entremêlées, inextricablement. Le « glissement » ne provient donc pas tant d’un manque de vigilance critique de vos invités, que d’une nécessité plus profonde, qui demande à être pensée et élaborée très précautionneusement. Plus peut-être que ne le permet un débat à la radio d’une heure. Donc : d’accord avec vous pour essayer de penser ces deux questions comme étant bel et bien deux questions, mais pas d’accord pour croire naïvement qu’on peut les séparer à si bon compte.
Ensuite, sur l’argument — rapportée de Sylviane Agacinski — que vous donniez dans l’émission, selon lequel le « désir » de son fils de jouer aux trains et aux voitures, ne venant pas de l’éducation reçue de sa mère, serait alors nécessairement « spontané », me paraît quand même un peu faiblard… Comme l’est du reste tout recours naïf au « spontané », ce qui revenait souvent, sous ce nom ou sous un autre, dans votre discours. Si l’on croit faire pièce au concepts massifs de « conditionnement », d’« aliénation », etc., grâce à des concepts aussi massifs de « spontanéité », « liberté », etc., à mon avis on reste très loin des enjeux réels de la question. Je ne suis pas en train de défendre la vieille thèse de « l’aliénation », je suis juste en train de dire que votre exemple ne démontre pas grand’chose : le fils Agacinski, il ne vivait pas dans une bulle isolée, seul avec sa môman, donc dans sa crèche il devenait un individu « socialisé » et, comme tel, se construisant, y compris du point de vue de son identité sexuelle, etc. (Et, à un niveau « psychanalyse de comptoir », on explique tout aussi aisément le schéma du fils faisant exactement ce que sa mère ne prévoyait pas qu’il ferait…) C’est du reste l’exemple symétrique de celui des Barbies, qui fait s’arracher les cheveux à tous les féministes : ils ont beau ne pas en offrir à leurs petites filles, celles-ci finissent par en réclamer. Est-ce là l’expression de leur « désir spontané », ou bien, au moins pour une part, l’influence (que l’on juge bonne ou mauvaise, c’est une autre question) des copines de classes ? Je vous laisse juge, moi j’ai ma petite idée là -dessus…
Enfin, et je finirai avec ça : l’argument du « politiquement correct », dont vous usiez à l’envi, me laisse toujours un petit arrière-goût bizarre. D’une part, ce n’est pas très fair play — et ça frise même, pour tout dire, le point Godwin… — de prétendre que vos adversaires (dans le débat, s’entend) féministes ont un fantasme « d’épuration » et ne sont pas loin de « l’autodafé ». — Ceci ne prétend en rien excuser certains excès (lesquels appartiennent plus au passé qu’au présent, d’ailleurs, à mon avis) des féministes, mais on peut au moins commencer par essayer de comprendre que cette position sans doute trop radicale est d’abord et avant tout une réaction à quelques siècles, quelques millénaires de domination masculine (et ce n’est pas fini, hélas, loin s’en faut). — D’autre part, sur le politiquement correct « en lui-même » : je crois que Derrida a dit ce qu’il fallait là -dessus, mieux que je ne saurais le faire, et assez en tout cas pour qu’on évite de continuer de se servir de ce « concept » sans d’immenses précautions. Je vous renvoie donc à tel extrait, que j’avais pris la liberté de mettre en ligne sur mon site il y a quelques mois :
http://www.tache-aveugle.net/spip.php?article219
(Et puis, au passage, j’invite tout le monde à lire ou relire le très court livre intitulé « Éperons », du même Derrida, précisément au sujet de « la femme » (avec des guillemets). C’est pas facile de tout y comprendre, mais très très stimulant déjà …)
bien cordialement
(…malgré ces quelques objections critiques, bien amicales je vous en assure)
benjamin
6 janvier 2009 à 0:19
(post-scriptum :
ouah ! j’avais juste lu en diagonale avant, mais en fait l’ami « Serge l’Éternel » il n’y va pas avec le dos de la main morte :
« elles peuvent essayer longtemps de nous battre à la natation ou en réflexion théorique, mais tout ce qu’elles ont le droit d’avoir c’est la déception et il est donc injuste de les encourager à rechercher ce manque d’épanouissement et donc de bonheur. »
Je crois qu’on va laisser la natation à Serge, pour ce qui est de la réflexion théorique je préfère encore Agacinski, Sarah Kofman, et quelques autres… Je m’en veux d’être aussi « injuste », bien entendu, mais bon.)
7 janvier 2009 à 16:19
Pour M. Benjamin, je ne sais pas comment prendre votre plaisanterie, mais à titre d’information pour ce qui est des grands inventeurs il y a eu des émissions à la radio (une autre que celle-ci) qui cherchaient les grandes inventrices mais qui n’en trouvait pas (après appel aux auditeurs). Aussi vous devriez aller vous renseigner sur moi sur mon site :
http://eternel-energy.tripod.com
Enfin quand on est un professionnel du domaine de la théorie (ce que je suis) on est très bien renseigné sur le sujet, il est dommage qu’il y est autant de désinformation, il est simple de voir le résultat d’une course de natation, mais la mise à jour des grands théoriciens est bien moins honnête, cf. Descartes, Galilée ; ceci sûrement parce que l’évidence de la chose n’est pas là pour que ceux qui profitent des anciennes théories soient poussés au second plan, comme pour ceux qui profitaient des anciens records en sport. Enfin il y en a assez des calomniateurs qui veulent faire croire que les femmes en font autant ou que nous sommes fous, je suis sûrement plus psychologue que fou.
Cordialement
Serge l’Eternel, philosophe cartésien et président du conseil cartésien
8 janvier 2009 à 0:33
Cher Serge (ou M. Serge, si vous y tenez),
pourquoi parlez-vous d’une « plaisanterie » ? Pourquoi n’aurais-je pas le droit de préférer sérieusement Sylviane Agacinski, Sarah Kofman, et quelques autres, au bref aperçu que vous nous donnez de votre rationalité (à mon sens assez peu cartésienne) ? Pour dire les choses très sérieusement, et sans chercher à polémiquer, je me bornerai à ceci : à l’évidence nos présupposés diffèrent, assez radicalement. De mon point de vue : votre comparaison entre la natation et la philosophie me semble tout à fait spécieuse, et fleure bon un certain biologisme, dont les conséquences m’effraient. Je pense que vous êtes un machiste assez caricatural, et vous, vous pensez probablement que je suis un relativiste bien-pensant, perclus d’idéologie, un « calomniateur » peut-être même, etc. So what ? À vrai dire, cela ne va pas m’empêcher de dormir, et probablement vous non plus. Vous n’êtes pas seul dans votre genre, ni moi dans le mien. Autant en rester là , non ? Je doute vraiment que l’un d’entre nous parvienne à faire entendre raison à l’autre dans un délai… raisonnable. (Et qui plus est, étant probablement un peu « fou » moi-même, je redoute un peu de me confronter à quelqu’un qui dit être « sûrement plus psychologue que fou »…)
bien cordialement,
benjamin
p.-s. : si je vous ai mal compris, et que vous me trouvez là encore « injuste », je serai très heureux — je dis ça très sincèrement — de jeter un Å“il à l’ouvrage que vous annoncez sur votre site, si vous voulez bien m’en faire parvenir un exemplaire électronique par mail (mon adresse électronique : benjamin*AT*tache-aveugle.net).
8 janvier 2009 à 16:30
Cependant, ce qui risque d’intéresser M. Couturier, un débat a ses règles et quand un fait est présent et véridique, il faut l’accepter sinon on est dans une situation d’irréfutabilité inacceptable dans un débat, et si la personne ne veut pas accepter la chose, elle perd donc l’argumentation. Cf. Karl Popper dans « Conjectures et réfutations », livre utilisé souvent comme référence. Aussi si vous comprenez le machisme négativement, vous insulté la vérité, ce qui n’est pas très sage.
9 janvier 2009 à 13:38
J’avoue qu’en ce qui me concerne, toute extrapolation globalisante à partir des performances sportives m’apparaît totalement aberrante. J’ai déjà entendu ce genre de raisonnement en ce qui concerne les appartenances ethniques… Les meilleurs coureurs à pied et basketteurs du monde sont Noirs, par exemple, et les meilleurs joueurs de ping-pong asiatiques, les Blancs, meilleurs nageurs, etc. Faut-il en déduire une supériorité intellectuelle ? Vous voyez bien, cher “Eternel”, qu’on ne saurait appliquer ce genre de raisonnement aux différences sexuelles. D’ailleurs, les résultats comparés des filles et des garçons aux différents niveaux de notre système d’enseignement aurait plutôt tendance à plaider dans le sens de la supériorité féminine…
9 janvier 2009 à 16:49
M. Couturier, je trouve que vous vous emballez un peu, car ce qui me semble important, c’est le fait qu’on peut parler des résultats sportifs plus facilement que des résultats intellectuels. Aussi il y a un problème assez important c’est la confusion entre la mémoire, ce que l’ordinateur possède et qui lui permet d’être bon en français, en mathématiques…grâce à des logiciels ; et la pensée qui est rarement exprimée clairement avant l’âge de 25 ans chez les génies, et permet des constructions théoriques et la compréhension des choses en reconstruisant leur « être ». Ainsi ce qui ressort des résultats scolaires (corrompus comme par la relation de professeur à élève entre H. Arendt et Heidegger) n’est pas un rapport à la pensée, mais plus à la mémoire ; et il est loin d’être aussi clair que vous le prétendez (relativement aux hommes et aux femmes), d’ailleurs le livre de Serge Ginger que j’ai cité pour la psychanalyse plus haut exprime tout le contraire ; aussi relativement à ma profession, j’ai visité beaucoup d’équipes de recherche aux USA et dans le reste de l’Europe et il en ressort que les pays qui ont plus de prix Nobels dans le domaine de la théorie, ont des équipent beaucoup plus masculines que celles de la France . Aussi la recherche française est une des plus mal classées en Europe, et les universités aussi, alors tout ce qu’on peut en déduire, c’est que se sont les hommes qui sont devant normalement.
Voici un article que j’ai fait paraître sur mon blog :
Le sens premier de l’intelligence dans le petit Larousse (ou Robert) est la faculté de comprendre par la pensée. Donc avoir une grosse mémoire n’est pas être intelligent, mais comprendre par la pensée de manière cohérente ce qui ne nous a pas été expliqué (théorisation) est être intelligent. Autrement c’est aussi être capable de faire ce qu’un ordinateur ne peut pas faire avec tous les logiciels de mathématiques, mécanique, physique, chimie, langues… Il n’y a donc pas par définition plus intelligent qu’un créateur intellectuel (non sensuel car dans ce cas il s’agit de flatter les sens), ce que l’éducation comme elle est organisée actuellement est incapable de bien détecter ; ainsi un tel créateur pourrait se trouver chez les techniciens s’il n’était pas bon en français. Grosse erreur car comment un potentiel théoricien peut-il être considéré comme un mauvais penseur car il trouve la langue française trop mal faite ou/et que sa mère n’a pas eu le temps de lui faire assimiler l’orthographe quand il était jeune ? Ainsi il faut au moins avoir l’honnêteté de laisser en place un ascenseur social qui fonctionne. Socrate n’a pas écrit de livre mais est tout de même considéré comme un des plus grands penseurs ! En France il pourrait être technicien et se faire voler ses créations par un patron corrompu et incompétent ! Et encore on pourrait lui demander de faire le travail bénévolement, genre esclave, et de dire qu’il n’est pas le créateur qu’il est, genre menteur.
Enfin actuellement que peut devenir un technicien en termes de pensée (peu créatif mais avec de la mémoire) qui est bon en français ?… (Pourtant le fruit de l’esprit créatif devrait revenir à l’esprit créatif.)
9 janvier 2009 à 17:08
P.S.
Ce dont j’ai relaté, explique possiblement que les hommes se développent mieux professionnellement que les femmes.
10 janvier 2009 à 11:06
Pour ne pas paraître trop négatif relativement aux femmes que j’estime en tant qua telle (je ne leur demande pas de devenir des hommes), je voudrais ajouter cet article venant de mon blog :
La mixité est un des pires fléaux pour la liberté de la femme actuellement, car si nous avions des institutions uniquement féminines, ce cadre aurait l’avantage de laisser les performances féminines s’exprimer avec moins de contrainte masculine, les femmes pourraient ainsi prouver leurs compétences par l’intermédiaire de médias qui seraient les leurs. Elles pourraient même élire l’équivalent d’une présidente pour gérer leurs institutions. Autrement on doit remarquer qu’il y a toujours une bande d’obsédés misogynes qui veulent avoir les femmes à portée de contrainte, pour assouvir leurs fantasmes sexuels ; j’ai lu plusieurs fois après y avoir pensé que souvent ceux qui paraissent les plus féministes (au-delà du raisonnable) sont les plus machistes. Ceci sachant que certains grâce à la corruption prennent les emplois des meilleurs qu’eux, et étendent leur perversion relativement aux femmes entre autres, en empêchant des gens qui méritent plus de se reproduire, de le faire autant tout en répandant une éducation plus vertueuse. Ceci signe la dégradation d’un pays.
10 janvier 2009 à 22:22
Cela m’amuse : la veille on tire à boulets rouges sur la psychanalyse (voir les billets sur l’autisme) ; le lendemain on la convoque en position d’autorité pour justifier la problématisation classique des supposées identités sexuelles… Quant aux sciences humaines et sociales (parmi lesquelles la psychanalyse est de plus en plus contestée ou tout au moins relativisée), certes encore très imparfaites mais en constante évolution, il me semble qu’un esprit éclairé doit quand même les préférer aux simples préjugés hérités d’une tradition dont rien ne prouve qu’elle soit beaucoup plus qu’arbitraire.
2 février 2009 à 6:24
Ce qui est bien, avec l’argument de la natation, c’est que c’est à peu près aussi rigoureux que l’attitude des français qui sont convaincus qu’ils sont supérieurs à la planète entière sous prétexte que leur équipe a gagné une coupe du monde de foot. Non Monsieur l’Eternel, les français ne sont pas supérieurs aux autres en foot : seuls quelques uns d’entre eux se sont illustrés sur un terrain de foot. De la même manière, je pense que pas mal de monde serait intéressé par une petite longueur effectuée par vous même dans un bassin de taille olympique, non seulement pour voir à quoi ça ressemble, un cerveau aussi bien constitué dans un speedo, mais aussi pour voir ce que valent vos qualités hydrodynamiques spécifiquement masculines face à celles d’une quelconque femme entrainée à ce genre d’exercice. On découvrirait sans doute que, certes, parce que ça vous arrange, vous aimez à pratiquer l’induction sur le genre masculin, en regardant les performances des meilleurs, et en vous rangeant soigneusement vous même dans la catégorie des meilleurs, par simple ressemblance, mais vous le savez bien, comparaison n’est pas raison, et dans une piscine, vous n’êtes pas simplement du même sexe que tel ou tel champion, vous êtes juste un individu qui comme quasiment tout le monde, serait bêtement ridicule face à une femme entrainée.
Bref, le genre de généralisation dont vous faîtes preuve vous rend trop content de vous pour que ce soit intellectuellement honnête.
De manière plus générale, si je suis capable d’entendre les arguments de ceux qui s’inquiètent de voir mélangées les questions portant sur l’égalité et celles qui portent sur la différence, il me semble tout de même que, souvent, elles consistent à tenter de sauver quelque chose qui tient d’abord à coeur avant que d’être le fruit d’une réflexion, et je crains que ce ne soit pas là une démarche tout à fait méthodique.
Et, accessoirement, il me semble bien que l’enjeu de notre époque soit, précisément, la manière dont l’homme va pour de bon prendre en mains sa propre direction, c’est à dire sa propre production technique et spirituelle sans pour autant sombrer dans le totalitarisme. Sloterdijk a posé la question dans ses règles pour le parc humain, tout le monde a fait mine de s’en émouvoir, mais pendant que ça bavarde dans les salons littéraires, ça bosse dur dans les laboratoires, et les purs esprits ne voient pas que, de toutes façons, l’homme a ce pouvoir désormais, et qu’on n’a jamais vu ce genre de pouvoir être remis dans un tiroir pour la simple raison que ça contredirait la “nature” (nature qui n’est d’ailleurs rien d’autre que ce qui est, et les biotechnologie sont, qu’on le veuille ou non). Je crains dès lors qu’une partie des discussions entrelues ici appartiennent à un monde qui, qu’on le veuille ou non, est déjà plus ou moins révolu. Nous avons juste la chance de nous trouver à cet endroit où le chevauchement des paradigmes permet à ceux de l’ancien monde de jouer le rôle des gardiens du temple. Mais on sait bien que l’humanité avance, aussi, en détruisant les temples, surtout ceux qui se croyaient éternels (n’y voyez pas de jeux de mots sur les patronymes de certains, d’ailleurs, rien n’est éternel que le mouvement, n’est ce pas ? (et encore…))
2 février 2009 à 6:52
“Mon commentaire est en attente de modération”
Franchement, à partir du moment où on laisse passer des propos tels que “en empêchant des gens qui méritent plus de se reproduire” (M. Leternel, il y a quelques posts), je crois que mes propos n’ont rien à craindre d’une quelconque censure, et on en viendrait presque à le regretter… …
2 février 2009 à 10:19
De manière générale, je n’aime pas la censure. Elle conforte les gens dans l’idée que le “politiquement correct” règne en maître et qu’un “totalitarisme soft” interdit un certain nombre d’énoncés - qui prolifèrent pourtant aux comptoirs des bistrots, dans les transports en commun, en famille devant la télé, etc.
Je ne laisse pas passer les propos racistes, antisémites, révisionnistes et/ou paranoïaques, ni les proclamations idéologiques du type tract militant. Je reconnais que “Serge l’Eternel” a l’air quelque peu délirant. Et je ne vois pas bien comment son “cartésianisme” peut l’amener à de pareilles conclusions sur la supériorité masculine. Mais vous savez, à certaines heures de grande écoute, on peut en entendre d’autres, qui ne valent pas mieux et dont personne ne semble plus s’émouvoir… Alors pourquoi ne pas le laisser s’exprimer ?
2 février 2009 à 15:04
“De manière plus générale, si je suis capable d’entendre les arguments de ceux qui s’inquiètent de voir mélangées les questions portant sur l’égalité et celles qui portent sur la différence, il me semble tout de même que, souvent, elles consistent à tenter de sauver quelque chose qui tient d’abord à coeur avant que d’être le fruit d’une réflexion, et je crains que ce ne soit pas là une démarche tout à fait méthodique”
Moi, ce qui me frappe, au contraire, c’est la contradiction interne inaperçue d’une idéologie dominante qui, d’un côté, noie ce poisson en refusant l’identité (sexuelle, etc.) sous prétexte que les différences (de genre) produiraient des inégalités, et de l’autre, valorise lourdement ces mêmes différences, aussitôt qu’elles revêtent un caractère ethno-culturel (Obama est devenu, très vite, “le premier président noir des Etats-Unis”). D’un coup, certaines identités (qui sont, excusez-moi, tout aussi “construites” que celles des genres ou des appartenances nationales et donc mauvaises par définition, puisque sources supposées de rejet et/ou d’inégalités), se trouvent, au contraire, sur-valorisées, figées, essentialisées. C’est tout le problème de ce double langage qui juge condamnable la limitation apportée par le sexe, et appelle à s’en affranchir, mais exalte, au contraire, un truc aussi accessoire que le taux de mélanine dans le sang, comme si cela devait permettre de définir un individu et l’enfermer définitivement dans une essence intransgressible…
5 février 2009 à 15:30
Héhé, j’adore :)
Alors, comme ça, on serait en train d’exalter la couleur noire sous pretexte qu’on verrait en Obama un président noir ? Ca me semble relever d’une analyse un peu faible de “ce qui se passe”, tellement faible, et de la part d’esprit suffisamment puissants qu’on en viendrait presque à penser que c’est fait expres.
Alors, mettons les points sur les i : ce qui est exalté, ce n’est pas la noirceur, pour la simple raison que même le plus simple benet sait que dans la population noire comme dans les autres, il y a des qualités diverses et variées, et que selon la volonté ou les arrangements des uns et des autres on trouvera des êtres follement intelligents, des idiots du village, des connards, des illuminés, des inspirés etc etc… Par contre, ce qui est célébré, c’est le fait qu’une personne de peau noire soit parvenue à ce poste là . Mais ça signifie que ce n’est pas la peau noire qui est soudainement mise sous les projecteurs, mais l’aptitude d’un peuple à passer par dessus la couleur de la peau.
Il en va des noirs comme de tous les autres stigmatisés : en dehors de quelques gros pleins d’être, ils réclament précisément à ne plus être définis par ce qui les stigmatise. Mais on ne peut pas comme ça les regarder narquoisement en se disant que, quand même, ces stigmatisés aiment bien leurs propres stigmates : 1 - ceux sont les autres qui définissent les stigmates (le noir ne ferait pas grand cas de sa couleur si celle-ci n’était pas un facteur socialement défavorisant, idem pour celui qui n’est pas heterosexuel etc. 2 - On le sait, on ne sort pas des déterminismes sociaux en les niant. Ainsi, il faut bien que les stigmatisés prennent à bras le corps l’image qui est construite sur eux, à leur propos, et qu’ils la dépassent. C’est ainsi que les noirs vont s’appeler entre eux “niger”, que les gays vont surinvestir l’image de folle qu’on a construite sur leur dos. 3 - Ce n’est qu’ensuite qu’on peut larguer le stigmate pour prendre vraiment son envol.
Bref, un certain nombre de personnes fêtent actuellement l’évènement que constitue cette élection. Evidemment, si ceux qui le fêtaient le plus étaient blancs, on verrait moins à redire, mais ce ne sont pas ceux qui ressentent le plus nettement l’importance de ce qui a eu lieu. Pourtant, ce sont bien les blancs qui ont franchi un pas, puisque ce sont eux qui, collectivement (même si ce n’est certainement pas unanime), ils ont changé ce qu’ils étaient. Pour les noirs, finalement, il ne s’est rien passé de spécial, ils n’ont pas changé, ils sont toujours les mêmes. Et pourtant, quelque chose de massif a eu lieu, qui les concerne au plus haut point : leur noirceur n’est plus si importante que ça. Que quelques uns aient le sentiment de perdre là ce qui les définissait, c’est statistiquement inévitable. Mais on ne peut pas prendre ces quelques uns comme règle, car le principe essentiel de ce qui a lieu ici est tout autre, il me semble.
1 avril 2009 à 16:06
Juste pour rappeler à BriceCout (message n°20)que les noirs n’ont pas de mélanine dans le sang, mais sous la peau. N’aviez-vous pas remarqué que la langue des noirs est rose ?
Par ailleurs, Obama a un père noir et une mère blanche ; ce n’est pas un noir (ou alors pourquoi pas un blanc ?) ; c’est un mulâtre.
Je sais ; cela n’a aucun intérêt, mais si cela devait suffire pour s’abstenir, ce blog se réduirait à peu de choses.
Ah ! encore une chose. Vous écrivez que vous faites barrage aux paranoïaques (mesage n°19). Merci de le dire. On ne s’en était pas aperçu… Cela dit, ne changez rien. Sans eux les blogs seraient bien tristes !
27 avril 2009 à 20:23
Bonjour à toutes,
Bonjour à tous,
Au départ je souhaitais rebondir
(DIR DIr Dir dir etc.)
Sur la notion d’identité européenne
Je ne trouve pas le topic
Avant de partir je tourne la molette de la souris
Et paf !
Identité sexuelle
C’est marrant (Non, d’ailleurs)
Ce besoin de regrouper le vivant et les choses
Les humains par exemple
En ce qu’ils ont d’identiques
A la seule condition de ne pas considérer
Ce qu’ils ont en commun
D’être humains, par exemple
Nous serions identiques uniquement
Au sein de ce qui nous différencie d’autre identiques
Fruits d’autres appariements
Si l’on posait le postulat du tout
(Passé, futur, partout, animal, végétal, minéral
singularités de Hawking comprises,
particules particulières de Penrose inclues)
Il faudrait passer assez tôt au concept
D’INDIVIDUalité
EGALITE SEXUELLE ?
Est-il concevable que
Tant que nous catégorisons une identité sexuelle
L’égalité est impossible ?
Par exemple
Serons nous egaUX (Mais pas égaLLES, dans ce langage)
Lorsque je ne débuterai plus par
“Bonjour à toutes,
Bonjour à tous,”
Finalement, nous ne sommes pas si loin de ma question informulée
Quant à l’identité Européenne
p.s.
Pourtant, sur sa carte d’identité (ID card)
Il n’est question que de soi
Comme quoi…