Deux journĂ©es largement consacrĂ©es, par France Culture, au quarantième anniversaire de la crĂ©ation du dĂ©funt “Centre Universitaire ExpĂ©rimental de Vincennes”, c’est beaucoup. C’est un honneur dont peu d’autres institutions françaises peuvent espĂ©rer bĂ©nĂ©ficier. Mais il s’agissait, on l’aura compris, d’un symbole. Vincennes a voulu incarner “l’UniversitĂ© critique“. Une institution publique, créée et financĂ©e par l’Etat “bourgeois”, et spĂ©cialement vouĂ©e Ă la “critique sociale” - et non Ă la production de cadres au service du “système” - voilĂ un beau symbole de libĂ©ralisme, en vĂ©ritĂ©. Il se trouve que, parmi les producteurs de France Culture, je suis le seul Ă avoir fait la première partie de mes (trop longues) Ă©tudes Ă Vincennes. J’y ai obtenu une licence et une maĂ®trise de lettres modernes. Plus rĂ©cemment, j’ai mĂŞme donnĂ© quelques cours Ă Paris VIII (sur la dissidence intellectuelle dans les dĂ©mocraties populaires, en tant que chargĂ© de cours). C’est donc avec une bonne dose de sympathie que je me suis prĂŞtĂ© au jeu de la confession (dans le “Dock en Stock” de Jean Lebrun du mardi 13 janvier). Mardi 13, nous avons dĂ©placĂ© notre Ă©mission, “Du Grain Ă Moudre”, au Théâtre du Soleil, oĂą avaient lieu les cĂ©rĂ©monies du 40° anniversaire. Mercredi, Ă Saint-Denis, ville qui a accueilli ma vieille fac, après sa destruction, Ă la sauvette, en 1980.
Les deux fois, cela s’est mal passĂ©. Des commandos, rĂ´dĂ©s Ă ce genre de pratique, se sont chaque fois emparĂ©s du micro, après des travaux d’approche visibles Ă l’oeil nu. On rejouait “l’agitation” comme en 1968/74 : cela aurait pu Ă©veiller chez moi quelque nostalgie. En vĂ©ritĂ©, j’ai Ă©tĂ© seulement exaspĂ©rĂ© de voir l’Ă©mission prise en otage par des gens qui n’avaient rien Ă dire - mais très envie de le faire savoir. Lire la suite »



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