Il se trouve que les premières réactions d’auditeurs aux confiscations de micro - effectuées par deux groupes distincts - lors des cérémonies d’anniversaire de Paris VIII (ex-Vincennes) sont arrivées ici, en réaction à un article qui n’avait rien à voir : j’y plaidais l’irresponsabilité dans le fait que lorsqu’on clique sur “articles précédents”, en bas de cette page, on n’obtient rien du tout….  Les choses ne se sont pas arrangées depuis sur ce dernier point, mais je préfère changer le titre de l’article, afin que toutes les contributions puissent être trouvées sur l’affaire “France Culture à Paris VIII”.
(ancien contenu : Plusieurs commentateurs de ce blog (notamment à propos de l’autisme) se plaignent que j’aurais censuré leur contribution. Tel n’est pas le cas. Simplement, ce blog connaît un dysfonctionnement. Quand vous cliquez, en bas de la page d’accueil, sur ‘billets précédent’, la plupart du temps, vous tombez sur la mention ‘page introuvable’. Cela m’arrive à moi aussi - et je n’y peux rien. Or, c’est dans ces “pages précédentes” que se trouve mon article sur l’autisme qui continue à donner lieu à des témoignages bouleversants et très révélateurs du désastre français en ce domaine. Je suis d’autant plus frustré par ce problème technique dont je vous prie de m’excusez, même s’il m’est impossible d’y remédier par moi-même. Je vais à nouveau demander de l’aide au service compétent à la radio.)



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14 janvier 2009 à 19:28
Bonsoir,
Simplement pour vous faire part de ma consternation suite à la prise en otage de votre émission d’hier par un jeune homme qui croit représenter une majorité. Ce jeune homme n’avait rien à dire, je n’ai rien compris à ce discours pseudo-libérateur-a-aliénant et blablabla…Il semblait bien gêné, mais il faut, dans le fond, être terriblement sans gêne pour, comme vous le précisiez, prendre la parole au nom de 500 personnes, s’imposer ainsi à une assemblée (et à des auditeurs, dont je fais partie, qui voulaient écouter une émission donnant la parole à des figures intellectuelles auxquelles on devrait montrer bien plus de respect…).
15 janvier 2009 à 11:11
Moi aussi, j’ai été consterné de voir notre émission prise en otage par des gens qui avaient simplement envie de parler pour ne rien dire. Le “format” de notre émission consiste en un échange de points de vue informés par la compétence de nos invités. Il s’agit notamment de faire se croiser et s’opposer des points de vue d’experts, afin 1°) de déminer idéologiquement des débats trop souvent construits par les mass média selon des lignes de clivage dépassés (ce que j’ai tenté, durant plusieurs étés dans mes “Contre-Expertises”), 2°) de rendre compte ainsi des évolutions en cours et des nouvelles fractures qui structurent - en réalité - le champ intellectuel.
C’est peut-être très ambitieux et même présomptueux, mais ce n’est pas compatible avec “la libre expression” de M. Tartempion ou la “prise de parole” sauvage de tel groupuscule.
15 janvier 2009 à 13:01
Plaignez-vous, plaignez-vous… moi je les ai au quotidien, les gugusses de « l’UFR zéro » ! Ce qui m’agace le plus, en réalité, c’est une certaine complaisance d’une partie du reste de la fac pour ce folklore. Cela étant dit, il faut quand même aussi dire que Paris 8 est assez loin de se réduire à cette — pénible ou aimable (c’est au choix, au gré de l’humeur) — caricature. Pas plus qu’elle ne se résumait, dans les années 70, aux (graves) incidents que Brice et les autres ont rappelés.
Je crois que Paris 8 a, encore aujourd’hui, un peu les (inévitables ?) défauts de ses qualités. Et je reste convaincu que, malgré ces défauts, on y est quand même toujours mieux qu’à Paris IV (exemple choisi parfaitement au hasard, bien entendu…), et on n’y travaille pas plus mal. Choisir d’y enseigner reste pour moi, peut-être pas « avant tout » mais certainement « aussi », un choix très explicitement « politique », au sens le plus noble de ce mot (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas des moments où ils me fatiguent un peu, les gauchistes…).
benjamin
15 janvier 2009 à 19:48
“Ce qui m’agace le plus, en réalité, c’est une certaine complaisance d’une partie du reste de la fac pour ce folklore”.
Et ce n’est pas près de cesser : je suis professeur dans le secondaire en Seine-Saint-Denis. Une poignée d’imbéciles, de cancres écervelés (ou d’élèves manipulés ?)a encore bloqué l’établissement ce jeudi 15, soit-disant pour manifester contre la réforme Darcos. Connaissant le profil des agitateurs, le prétexte, car c’en est un, me ferait sourire s’il ne me désespérait pour ce qu’il révèle de la mentalité d’une partie de notre jeunesse. Une partie, ai-je bien dit, car il me désespère aussi pour la caricature qu’il donne de celle-ci et notamment des jeunes gens des banlieues : j’ai aussi beaucoup d’élèves formidables, sérieux, curieux, consciencieux, qui auraient bien voulu venir en cours aujourd’hui et les autres jours de “blocus” [sic] d’avant Noël… Par manque de courage, ils ont rebroussé chemin, sachant ou croyant leur désir d’apprendre aberrant et craignant des représailles de leurs autres camarades, à un âge où le groupe est l’étalon des conduites quotidiennes. Au passage, l’analyse de Mme Delsol, dans le Figaro du 22 décembre sur les mouvements lycéens et étudiants, s’avère particulièrement intéressante pour qui veut comprendre la mentalité d’une partie de la jeunesse et sa tendance à légèrement confondre force et droit. On a la jeunesse que l’on mérite…
15 janvier 2009 à 22:01
Le plus triste, dans l’histoire, c’est que France Culture prête le flanc à ce genres d’évènements. Comme la station semble prendre goût à ces déplacements “sur le vrai terrain où ça se passe” (perso, je trouve que l’intérêt pour l’auditeur est nul, la différence avec le studio étant le bruit de fond façon halles aux poissons, où, dans le cas d’hier, invectives, injures et interruptions). La même chose était arrivée à A. Finkielkraut pendant la kermesse de commémoration à Mai 68. La même situation s’était répétée : prise en otage de l’antenne par des gens qui n’ont rien à faire de France Culture, n’ont aucun respect pour qui que ce soit, et profitent du fait que FC soit une antenne à couverture nationale pour dévider leurs écheveaux à clichés. J’aimerai autant que France Culture travaille à nous concocter des sujets originaux, en studio, travaillés, plutôt que de nous imposer des autoroutes monothématiques sur le terrain, avec ces débordements qui font terriblement amateur (pardon, ce n’est pas vous qui êtes en cause mais la direction de la station). J’espère, en tout cas, que ces incidents vont faire réfléchir les forces vives de la station.
16 janvier 2009 à 3:46
Monsieur,
j’écris après avoir entendu le débat sur l’identité nationale.
Je suis comme vous sans doute très fier de mon héritage culturel, de la révolution française et de la rédaction des Droits de l’Homme et de l’Abolition de l’Esclavage et la mise à bas des privilèges… fier de l’élan universaliste et généreux qui anima et anime toujours une partie de notre culture etc… Pourtant, j’en suis venu à être extrêmement méfiant sur les utilisations de ces thématiques: la volonté de M. Sarkozy de créé un musée de l’histoire de France me paraît généreuse, positiviste et… douteuse comme le furent les expositions universelles ou les expositions coloniales en leur temps. Ce pouvoir ne reculera devant rien pour exalter sa puissance et son “rayonnement” et les nombreux parallèles qui ont déjà été fait avec le Second Empire me paraissent chaque jour un peu plus pertinent.
Bien sûr on peut regretter l’ignorance et le mépris de la République que l’ont croit pouvoir déceler chez certains jeunes tentés vers le “repli identitaire”.
Je me range à l’opinion de votre interlocuteur qui disait que l’histoire ne saurait être abordé que de manière critique. On peut se rassurer en s’accrochant à nos vieux idéaux (certes très nobles) mais chaque jour, la “grandeur de la France” est entâchée par le sort réservé aux “sans-papiers”, aux “sans-domicile fixe” etc… Que vaut alors concrètement notre universalisme s’il met au ban de l’humanité tant de gens?
Veuillez me pardonner, Monsieur, mes propos maladroits, je voulais simplement attirer votre attention sur l’utilisation politique de nos générosités.
Cordialement
E. R.
P.S. Ne publiez pas ce message s’il vous plaît. Merci
16 janvier 2009 à 10:36
Cette émission m’a atterré. La suivante m’a aussi consterné : peut-être qu’une séance “participative” était prévue à l’avance, mais je me suis demandé tout au long de l’écoute si elle n’était pas une concession faite aux agitateurs qui s’étaient signalés la veille. La compétence des invités n’était pas flagrante - ce qui est souvent le cas quand un syndicaliste est à table.
Plus profondément, j’ai compris quel est le problème posé par les expériences du type “Paris VIII Vincennes”. C’est l’extension de la barbarie à l’Université.
Car une fois de plus la douce chaleur de la tribu remonte à la mémoire de faibles esprits romantiques. Les bienfaits de la société ouverte sont déclarés inhumains. Une frénésie fusionnelle s’empare de l’intelligence et démolit toute spéculation. Saisis par la nostalgie d’un monde puéril sans limites, maîtres et élèves mettent à bas les traditions scientifiques à l’origine de la prospérité de leurs sociétés.
Dans ce jeu de quilles la complicité des anciens est la plus blâmable.
16 janvier 2009 à 19:04
Ayant écouté quelques une des émissions que France Culture est venue enregistrer « chez nous », j’ai vu apparaître des cas assez nettement différents, par exemple :
1) Brice très fâché, et l’émission qui ne va pas à son terme ;
2) Laurent Goumarre qui parvient tant bien que mal à faire son émission, mais avec un peu d’agitation ;
3) François Noudelmann (qui n’était pas en direct, ok, je reconnais) qui accueille très aimablement les interventions, celles de « l’UFR zéro » notamment mais pas seulement, et l’émission se déroule très bien.
Moralité :
1) Brice, franchement, je comprends un peu votre agacement ; mais cela vaut-il le coup de se fâcher ainsi ? Il faut bien que jeunesse se passe, non ? Votre avis serait-il le même, si vous estimiez que les revendications de ces « alternatifs » étaient très intelligentes, et non totalement puériles ? Quelle certitude intérieure vous assure que vous n’êtes pas aujourd’hui dans la situation qui était celle de ceux que vous critiquiez alors, en 68 et à la création de Vincennes ? Je ne dis pas du tout qu’ils ont raison, je ne dis pas du tout que vous êtes « un vieux réac coincé », j’essaye juste de comprendre leur point de vue, et de comprendre que, de leur point de vue, ils n’ont pas si tort que ça, non ? Je comprends l’agacement, l’accablement même du producteur d’émission radio ; mais l’ancien « gauchiste » n’a-t-il pas une once de sympathie pour ces gesticulations, quelque maladroites qu’elles soient ?
2) Si j’avais été là , peut-être j’aurais vanné et sifflé aussi Julie Coudry, et en tout cas ça m’a bien fait marrer qu’elle se fasse « chahuter ». Vraiment, c’était difficile à imaginer à l’avance, que la meilleure amie de Valérie Pécresse ne serait pas accueillie à bras ouverts ? (Ce n’était pas bien méchant, et ça ne fait pas de mal de se faire chahuter — moi-même j’aime bien, parfois, en AG, jouer au social-traître (que je suis)…)
3) Noudelmann, ok, avait la chance à la fois de jouer à domicile et de ne pas être en direct, mais il a eu l’intelligence : 1. de ne pas inviter Finkielkraut ou Glucksmann pour discuter des philosophies de Paris 8 ; 2. de gérer les « intempestifs » autrement que sur le mode du conflit.
bon après, moi ce que j’en (re)dis : toujours mieux ça que la nécrose de la vieille Sorbonne…
bien amicalement,
benjamin
16 janvier 2009 à 19:17
(Et quant à ceux qui ne voient pas la différence entre les responsabilités qui incombent à des universitaires et celles qui incombent à des petits lycéens, ceux qui parlent de « prise en otage » pour un petit happening radiophonique gentillet, ceux qui analysent Paris 8 comme « l’extension de la barbarie à l’Université », etc. : mes pauvres, retournez lire vos Figaros, et n’oubliez pas à l’occasion de re-voter Sarkozy, pour qu’il mette fin à toute cette chienlit… Mais prenez des forces : nous ne nous laisserons pas faire si facilement ! — Bon, plus sérieusement : s’il faut vraiment choisir son camp, moi je sais quand même toujours où est le mien… même s’il n’est pas tous les jours facile à assumer. Mais les réactions crispées en face aident, justement, à assumer nos (fatigants) gauchistes. Et donc, au moins pour ça : merci !)
16 janvier 2009 à 20:35
Julie Clarini déclarant ne pas savoir qui est arthur H dans l’émission daujourd’hui me semble symptomatique du décalage dont on parle tant:intelectuels d’une part et reste du monde de l’autre . .Je trouve triste qu’on puisse nous faire croire qu’il y ait un camp à choisir: soit “La Princesse de Clèves” (de Madame de La Fayette bien sur) soit Arthur H(fils de Jacques bien entendu)Deux oeuvres majeures pour moi.
Au plaisir de vous entendre,de vous lire et de m’énerver à vos côtés ou contre vous.
17 janvier 2009 à 3:38
Je pense surtout que Brice Couturier et Alain Finkielkraut avant lui lors des 40 ans de Mai 68 ont montré qu’ils n’avaient aucun sens de l’humour. Car ces “manifestations” étaient quand même préevisibles ! Pour Finkielkraut, j’avais même cru un instant à un gag organisé.
Alors un peu de “foutoir” lors de ces anniversaires me parait compréhensible et même souhaitable.
Moi, en tout cas, j’ai bien ri, surtout de la colère, un peu vieux “machin” de B.Couturier et A.Finkielkraut.
J’ai 55 ans et j’espère avoir “mieux” vieilli.
Esperons qu’ils réagiront mieux en 2018 et 2019 !
8 mars 2009 à 20:46
J’aime beaucoup vos émissions en général, mais par pitié, n’utilisez pas le mot otage pour une prise de micro ! Cela me fait penser aux usagers des transports en commun “pris en otage” par les grévistes. Un peu de rigueur sémantique à la fin. Allez dire à la famille Betancourt que votre émission a été prise en otage, s’ils ont de l’humour ils vous riront au nez, dans le cas contraire, vous risquez bien de prendre leur poing dessus (votre nez). Je suis un peu agacé, pour ne pas dire courroucé par ces abus perpétuels de langage. A part ça, vous faites un très bon travail en duo. Continuez.
15 juillet 2009 à 18:31
Bonjour Brice,
Je redécouvre votre blog, mais avant de m’attarder sur le fond, je laisserai ce message pauvre culturellement, mais, je l’espère, riche d’enseignement dans un domaine que vous maitrisez un peu moins…
Lorsque l’on clique sur “billets précédents”, la page qui s’ouvre le fait sur une adresse erronée, d’où l’erreur :
“http://franceculture-blogs.com/bricecouturier/bricecouturier/page/2/”
La bonne adresse étant :
“http://franceculture-blogs.com/bricecouturier/page/2/”
Il y a fort à parier qu’il s’agisse d’un entretient mineur à fournir de la part de l’administrateur du site, à savoir retirer la mention “/bricecouturier” du lien…
A bientôt, pour des nouvelles plus intéressantes.
Lucas, un ancien stagiaire.