Deux journées largement consacrées, par France Culture, au quarantième anniversaire de la création du défunt “Centre Universitaire Expérimental de Vincennes”, c’est beaucoup. C’est un honneur dont peu d’autres institutions françaises peuvent espérer bénéficier. Mais il s’agissait, on l’aura compris, d’un symbole. Vincennes a voulu incarner “l’Université critique“. Une institution publique, créée et financée par l’Etat “bourgeois”, et spécialement vouée à la “critique sociale” - et non à la production de cadres au service du “système” - voilà un beau symbole de libéralisme, en vérité. Il se trouve que, parmi les producteurs de France Culture, je suis le seul à avoir fait la première partie de mes (trop longues) études à Vincennes. J’y ai obtenu une licence et une maîtrise de lettres modernes. Plus récemment, j’ai même donné quelques cours à Paris VIII (sur la dissidence intellectuelle dans les démocraties populaires, en tant que chargé de cours). C’est donc avec une bonne dose de sympathie que je me suis prêté au jeu de la confession (dans le “Dock en Stock” de Jean Lebrun du mardi 13 janvier). Mardi 13, nous avons déplacé notre émission, “Du Grain à Moudre”, au Théâtre du Soleil, où avaient lieu les cérémonies du 40° anniversaire. Mercredi, à Saint-Denis, ville qui a accueilli ma vieille fac, après sa destruction, à la sauvette, en 1980.
Les deux fois, cela s’est mal passé. Des commandos, rôdés à ce genre de pratique, se sont chaque fois emparés du micro, après des travaux d’approche visibles à l’oeil nu. On rejouait “l’agitation” comme en 1968/74 : cela aurait pu éveiller chez moi quelque nostalgie. En vérité, j’ai été seulement exaspéré de voir l’émission prise en otage par des gens qui n’avaient rien à dire - mais très envie de le faire savoir.
D’abord, j’ai été déçu de ne pas pouvor réellement communiquer avec la Sainte-patronne, la véritable fondatrice, de Vincennes. Hélène Cixous souffrait d’une extinction de voix. Elle était absolument aphone. On dira que “quelque part”, cela lui allait bien. Elle est restée, comme dans mon souvenir de l’époque, une espèce de diva pâmée, sublime forcément sublime - quelque part entre Delphine Seyrig et Ingrid Caven. Paradoxal pour une féministe, de fait fondatrice des women’s studies françaises. Mais je regrettais d’autant plus son état que j’avais quelques questions précises à lui poser sur l’époque héroïque de la fondation.
Car dans un livre à paraître en mars, chez Flammarion, “Vincennes, une aventure de la pensée critique”, Bernard Cassen pose, en effet, une lueur troublante sur le recrutement des enseignants de Vincennes. Le directeur général du Monde Diplomatique (et ancien président d’ATTAC) y raconte à la première personne “comment le PC sauva Vincennes“. Certes, Cassen est connu pour sa vision quelque peu paranoïaque de l’histoire, sa manie - quasi-trotskiste - de la prise de contrôle : l’histoire d’ATTAC en témoigne. Pourtant, son témoignage est intéressant. D’après celui-ci, c’est lui-même, avec Pierre Dommergues, qui a été le véritable concepteur de Vincennes - présent y compris sur le terrain, aux côtés de l’architecte Paul Chaslin. “Je ne suis pas certain qu’Hélène Cixous soit une seule fois allée sur place, voir les bâtiments surgir du bois de Vincennes. Ce n’était pas une femme de terrain, ni une femme de dossiers. Une femme d’influence, oui.”
Et Cassen de raconter comment, évincés par Cixous, lui et Dommergues, à la fin de l’été 68, il a été réclamer le soutien de la direction du PCF. “Réponse : “On vous soutient, mais il faut faire nommer à Vincennes les profs suivants”, et il me tend une douzaine de noms… je n’ai pas le choix.” La “démarche fut efficace : le doyen [La Vergnas] savait lire entre les lignes. […] Entre diriger la Sorbonne et complaire à Hélène [Cixous], le choix avait peut-être été difficile, mais la raison l’emportait. [Las Vergnas conserverait le soutien du PCF pour son maintien au poste de doyen]. Ce ‘deal’ que nous étions seulement trois à connaître fut entièrement respecté et tous les profs de la liste furent nommés à Vincennes.”
Cela peut paraître anecdotique, mais je vois, moi, dans cette manoeuvre politicienne d’un été, le code génétique de ma vieille fac. En clair, il y avait d’un côté les “maos”- qui tenaient les AGs, de l’autre le PCF, qui tenait l’institution. Confession : moi qui, à l’époque, sans appartenir ni de près ni de loin à la GP, sympathisait avec les maos, je dois reconnaître, en effet que, sans les communistes, la fac n’aurait pas vu le jour, ni surtout survécu.
Il faut dire que les maoïstes étaient empêtrés dans une contradiction insurmontable : ils dénonçaient, derrière Althusser, l’Université en tant que telle : elle n’était qu’un  ”appareil idéologique d’Etat“, destiné à la reproduction de la “classe dominante” et de son idéologie. En même temps, elle les accueillait et les faisait vivre, eux, et leur propagande - meurtrière et primaire. Alain Badiou, dans ses textes de l’époque, appelait - je cite - à “la destruction des appareils scolaires au sens où Lénine exigeait que tout l’appareil [de l’Etat de classe “façonné par la bourgeoisie, bourgeois, en quelque sorte jusqu’à l’os“] soit détruit.” Dans le même texte (”Système scolaire et lutte de classes”, Que Faire n° 1, de février 1970), Badiou confessait à mots couverts le caractère paradoxal de sa propre situation d’enseignant décidé à détruire l’Université : “tout enseignant est l’agent d’un appareil scolaire déterminé et y remplit, bon gré, mal gré, des fonctions de pourvoyeur en idéologie dominante.”
Dans ce contexte intellectuel, prend tout son sens le fameux appel de Badiou à sécher ses propre cours (!) - durant lesquels il distillait pourtant, je peux en témoigner, un “marxisme-léninisme”, rigoureusement stalino-maoïste, d’un sectarisme scolastique qui n’aurait pas été accepté dans les “universités Lénine” des démocraties populaires. Mais il est vrai que les “pays d’Europe de l’Est” étaient “gangrenés” par le “révisionnisme” et que Badiou, lui, penchait, pour cette “Révolution Culturelle” - qui a coûté la vie à tant de millions de Chinois - et en particulier à tant d’excellents professeurs… Je cite le fameux dazibao de Badiou : “Auront leurs U.V. [unités de valeur donnant lieu à la licence] ceux qui auront condensé leur pensée philosophique dans un bombage ou dans une inscription murale, ceux qui ne sont jamais venus mais qui ont ainsi montré par leur absence un détachement louable des choses de ce monde et une méditation profonde.” Et Judith Miller était parfaitement conséquente, lorsqu’elle proclamait : “j’emploierai mon énergie à faire fonctionner l’université de plus en plus mal.” Elle ne l’était plus, lorsqu’elle protestait contre son éviction.
Une des alernatives à cette aporie : assumer cette “conquête de 68″, tout en proclamant la nécessité impérieuse de la détruire - fut de plaquer le paradigme de la “lutte des classes” sur le rapport entre étudiants (= prolétaires) et professeurs (= “propriétaires du savoir”). Comme la “bourgeoisie” était censée être ”propriétaire des moyens de production”, Bourdieu était appelé à la rescousse pour estampiller les professeurs comme détenteurs du  ”capital culturel“. Ce qui ne pouvait manquer d’affecter le concept de savoir lui-même, bientôt marqué d’un signe négatif. Faisant l’éloge de Deleuze, François Châtelet - qui était lui-même un puit de science ! - en arrive à dire : “il y a un excès de savoir qui tue le vivant dans la philosophie”; et de faire l’éloge de Deleuze, qui a si bien compris qu’à côté “d’une compréhension philosophique, par concepts”, il faut une autre, “par percepts”.
A Vincennes, on est ainsi passé parfois tout près d’une forme de nihilisme vitaliste, haïssant le savoir et ceux qui l’incarnent - qu’on rencontre surtout du côté… du fascisme. Si l’on ajoute le comportement ultra-violent de nos petits Gardes Rouges amateurs - les professeurs “raccompagnés” à l’arrêt de bus par des groupes vociférants, leur notifiant leur “interdiction de présence”, comme c’est arrivé à l’excellent Gisselbrecht, cette étudiante communiste, Véra, traînée par terre, sous mes yeux,  par un commando mené par une personnalité qui plastronne aujourd’hui à la télé, ce journaliste de Radio France, traîné dans le “bassin” pour y faire son autocritique publique en tant que “journaliste de la presse bourgeoise pourrie” - on voit combien l’historien allemand Götz Aly touche juste, lorsqu’il écrit que “1968 fut le rejeton tardif du totalitarisme européen“. Pour Aly, historien du nazisme et ancien leader étudiant maoïste, le culte de la personnalité (Hitler, Mao…), le culte de la jeunesse et du corps, la fascination par la “violence rédemptrice”, le mépris de la démocratie parlementaire sont des caractéristiques communes au nazisme et au mouvement de Mai 68 allemand. Ils expliquent comment, en Allemagne, d’anciens dirigeants de la Fraction Armée Rouge, comme Horst Mahler, peuvent, sans se renier, se retrouver aujourd’hui militer… à l’extrême-droite. J’espère bien que le livre d’Aly sur les “évènements” de Mai 68 en Allemagne - qui a fait couler beaucoup d’encre dans la presse de son pays - sera un jour publié en français… mais quelque chose me fait douter que ce soit jamais le cas. Certaines vérités restent interdites d’expression.
Certes, c’était là le problème d’une minorité d’étudiants. L’immense majorité était avide de savoir - et spécialement de ces “nouvelles disciplines“, telles que la psychanalyse, la linguistique, la géopolitique, les sciences de l’éducation, l’informatique - qui n’étaient enseignées alors qu’à Vincennes. Aujourd’hui encore, il y a plus de 20 000 étudiants à Saint-Denis, qui cherchent d’abord à acquérir des compétences et des savoir-faire négociables sur le marché du travail. Car “l’université critique” de 1969 vivait dans un contexte économique qui ignorait le chômage et dans lequel n’importe quel licencié trouvait aussitôt un job - ce qui n’est plus le cas. Reste qu’en ce qui me concerne, ce sont mes (excellents) profs du département de Lettres de Vincennes, qui m’ont inscrit en hypokhâgne, l’année suivante, en 1969, et qui, plus tard, m’ont fait accepter comme auditeur libre à l’ENS de Saint-Cloud pour y préparer le CAPES et l’Agreg auxquels Vincennes ne préparait pas… Mais mardi et mercredi, comme à l’époque des “maos”, ceux qui sont là pour étudier sont restés chez eux, le soir de l’émission. Ils savaient que l’on n’aurait pas l’occasion de discuter de leurs problèmes et que la salle serait bourrée de professionnels de la prise du pouvoir et de la confisquation de la parole, déterminés à imposer leur morne propagande. C’est à  eux tous, que j’adresse mes regrets d’avoir été incapable de faire se continuer une émission qui tentait de faire connaître leurs problèmes et leurs espoirs.
Reste que ces “nouvelles disciplines” elles-mêmes ont, à présent, un goût étrange. Ces “avant-gardes” joyeuses et conquérantes d’un temps sont devenues, quarante ans plus tard,  les tristes doxas du jour. La psychanalyse - qui ne nous parvenait que dans sa version lacanienne (imagine-t-on un département universitaire, mettons l’économie, où auraient enseigné la fille d’Alain Peyreffite, son gendre et son petit frère, comme ce fut le cas du clan Lacan à Vincennes) - la psychanalyse est devenue le langage de la presse-magazine, surtout féminine. Le structuralisme (voir l’excellente analyse de François Dosse, historien du mouvement et ancien étudiant de Vincennes dans Libé du 13 janvier) s’est imposé un peu partout dans les départements d’études littéraires et y a exercé de considérables dégâts (”tout est discours”, le texte littéraire ne doit bénéficier d’aucune prééminence particulière, il faut bannir l’auteur de son texte, l’histoire littéraire n’a rien à nous apprendre, etc….). La tentative d’infuser de la “scientificité” aux études littéraires (”narratologie”, “poétique”, etc.) a surtout dégoûté les amoureux de la littérature de poursuivre des études universitaires littéraires à l’Université.
Bref, quand je repense à mes années Vincennes, cela m’évoque ce poème de Czeslaw Milosz , dans “Enfant d’Europe” :
“Juz rodzi sie pokolenie smiertelnie powazne / Biorac doslownie co mysmsy przyjmowali smiechem” (”Déjà nous est née une génération mortellement sérieuse / Prenant au pied de la lettre ce que nous avions accueilli avec un sourire”).



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18 janvier 2009 à 20:37
Belle formule à propos des interruptions : “des gens qui n’avaient rien à dire mais avaient très envie de le faire savoir”. C’est bien le sentiment que j’ai eu à l’écoute d’une des émissions de la semaine dernière. L’intervenant qui vous donnait du “mon pote” et qui était persuadé de révolutionner l’enseignement était particulièrement pathétique et affligeant.
Tiens je profite de ce commentaire pour vous remercier de la qualité de vos émissions, et de vos interventions, “mon pote”.
18 janvier 2009 à 22:08
Et en plus Brice parle polonais ! Merci pour cette mise au point et ces précieux rappels sur un épisode paradigmatique de l’histoire intellectuelle française.
J’ai un point de désaccord avec vous : comment faites-vous de Vincennes “un beau symbole de libéralisme” ? Je soupçonne de l’ironie dans cette expression, mais pour vous faire mourir de sérieux je vous pose une question :
diriez-vous que le développement des bolcheviks symbolisait la libéralisation du régime tsariste, ou que la prospérité des SA prouvait que les libertés individuelles étaient respectées dans la république de Weimar ?
Là apparaît le problème jamais bien résolu par les démocrates de leurs relations avec les ennemis de la liberté.
Pour éviter ce sentier souvent parcouru j’aborderai une autre question soulevée par ce sujet : y a-t-il des institutions de la société ouverte du sein desquelles on doit exclure les procédures libérales ?
La famille en est certainement une : l’égalité de droit entre parents et enfants rend impossible l’éducation familiale. Elle fait disparaître le lieu principal où la personne humaine apprend peu à peu à faire usage de sa raison et de sa volonté à l’imitation et sous la vigilance de ses parents. Sans famille, pas d’humanisation.
Je pense de même qu’on peut soutenir que le Code civil ne doit pas non plus s’appliquer dans les autres institutions éducatives, parce que le principe d’autorité est consubstantiel à l’éducation.
Laissons donc le libéralisme à la porte des universités, mais faisons-y prospérer les arts libéraux et les humanités, qui forment des hommes libres plus sûrement que les AG.
Enfin, je suis pour la liberté pédagogique complète - et donc pour l’existence d’universités maoïstes, musulmanes ou stoïciennes. A condition qu’on vote une nouvelle loi de 1905, séparant cette fois l’Université et l’Etat - le contribuable du madarinat.
18 janvier 2009 à 22:54
Cher Monsieur,
je viens d’écouter en différé lesdites émissions, et je dois bien admettre que la cacophonie est troublante. Pour autant, je regrette que l’on se préoccupe un peu trop de la forme pour mieux oublier ce qui est dit, fusse maladroitement. On devine les discours concernant des jeunes considérés comme des terroristes (le pseudo-mouvement anarcho-autonome), d’autre réactions concernant les sans-papiers etc…
J’avoue tout cela est bien difficile à entendre et à comprendre mais j’y vois une colère qu’on ne saurait ignorer sous prétexte qu’elle ne respecte pas les formes au risque de ne plus rien comprendre de notre réel. Il est dangereux de ne voir que ce que l’on veut bien voir, notre Président est l’incarnation de ce défaut et, de ce point de vu le premier d’entre nous. Pour revenir sur ces problèmes de formes, je vous citerai moi aussi Deleuze qui déclarait écrire pour les idiots, c’est-à -dire précisément pour donner voix aux idiots, à ceux qui n’ont pas de voix. Je comprends votre colère, mais votre rejet est, me semble-t-il trop rapide: sans doute n’avons-nous pas encore trouvé nos Foucault, nos Deleuze ou nos Lacan, sans doute les espoirs et les révoltes de notre génération sont-ils bien frustres
mais on ne saurait les inhumer sous des monument au Joli-Mai! C’est d’une autre manière tout autant une confiscation et une prise de pouvoir…
Très cordialement
E. R.
18 janvier 2009 à 23:44
Ce que je trouve embêtant, c’est surtout que la station semble devenir un genre de chambre d’échos aux diverses circulations d’idéologies. Nous devons constamment subir ces éternelles querelles (teintées de nostalgie) libéralo-communisto-mao-capitalo etc etc etc… Pourrions-nous en sortir, un peu, histoire de respirer? Un auditeur de France Culture est, en général, avide de connaissances, de découvertes. Il a l’oreille, sait reconnaître la qualité de mise en forme, sait quand on lui répète 36.000 fois la même chose, quand on le sature à coup de rixes répétitives. Ce que j’ai entendu, pendant l’opération Paris8, était du “France Culture” dans la version la plus caricaturale que l’on puisse imaginer. Pendant ces précieuses heures de débats idéologiques, de sempiternelle remise sur le tapis des mêmes thématiques politiques, on n’apprend rien, on ne découvre rien. Il faut, maintenant, aller chercher dans des horaires de très faible écoute, pour trouver des programmes originaux, surprenants, sans agenda politique, sans nostalgies de jeunesses parisiennes échevelées (car Jean Lebrun a dû avoir des cheveux, à une époque), soignés, professionnels, qui ne veulent pas remplir l’auditeur de débats et de paroles déjà mille fois entendues (je propose d’ailleurs au Grain à Moudre un sujet qui réunira toutes les thématique déjà moulues et remoulues : “L’identité nationale des OGM israélo-palestiniens dans l’université française face à la crise du capitalisme dans le milieu hospitalier”).
Je pense, modestement, que nous méritons mieux que ces sempiternelles querelles idéologiques, déjà mille fois débattues. Jean Lebrun a beau être fier de cette journée, fier de cette mise en danger, fier de ce grand moment d’amateurisme démagogique, mais de mon côté, j’ai honte d’avoir eu à subir une telle dégradation d’une radio jadis consacrée à la diffusion et la vulgarisation des connaissances. Je préconise le modèle anglo-saxon, qui attache beaucoup plus d’importance à la diffusion du savoir AVANT l’idéologie. Ecoutez la radio anglaise, et vous ne serez pas saturé de nostalgies soixante-huitardes, de maoisme à la petite semaine, de sursaut capitaliste. Il n’y a guère qu’à Paris qu’on songe aussi peu à se renouveler. Ne mérite-t-on pas mieux que ces sempiternelles soupes, mille fois refroidies et réchauffées? Ne mérite-t-on pas, à France Culture, un peu de nouveauté? Un peu de découverte? Un peu de formation intellectuelle?
Brice, on vous en conjure.
19 janvier 2009 à 21:39
J’ai vite compris qu’il n’y avait rien a espéré de cette émission et j’attendais , un peu curieux, sa coupure. Ce qui fut fait et ce fut très bien.
Merci pour vos émissions.
21 janvier 2009 à 11:13
j’hésitais à réagir à vos commentaires et à vos émissions sur Vincennes.Je regrettais un peu ,qu’à part Todorov,vous n’ayez pas eu davantage donné la parole à ceux qui ont “mal vécu” cette période et ce lieu (de ce point de vue ,à censier,le dogmatisme et les efforts pour “terroriser ” étient aussi présents mais moins institutionnels,c’était déjà ça:on était insulté ou molesté quand on refusait de voter à main levée les différents mots d’ordre qu’iune clique armée de barre de fer et “foulardée” qui faisait irruption dans les salles de cours )
Bref,j’aurais aimé avoir autre chose qu’un hommage” Vincennes pouvait supporter ,aujourd’hui ,quelques critiques.
Ce n’est pas vrai que la liberté de penser rêgnait dans ces lieux (ni dans les cours ni dehors dans les assemblées)
J’étais une jeune étudiante de 17-18 ans en philosophie et ce que j’ai vu de la lâcheté des enseignants,leurs reniements pour éviter des coups de ces barbares qui se disaient représentants de l’avenir révolutionnaire m’ont donné pour toujours le dégoût ,et des assemblées générales et de la pression collective contre les individus.Cela vaccine contre la dictature et H. Arendt dit des choses très justes sur le pouvoir et l’adhésion des intellectuels quand elle parle des amphi allemands dans la montée en puissance des étudiants nazis qu’elle avait du subir.
Je me souviens de professeurs dont j’admirais les livres qui en arrivaient à dire (pour plaire?!)que lire Kant était de” l’ordre de la perversion intellectuelle.(Quelle formation intellectuelle nous donnait-on alors?)
La bêtise arrogante du groupe qui vous a interrompu m’a donc rappelé de bien mauvais souvenirs !!!
Cela continue donc,je le savais en voyant mes propres élèves( à Rouen)affirmer ,le regard dur,des choses fausses (et surtout sottes) apprises par coeur .Ils sont prêts comme autrefois à couper des têtes s’ils le pouvaient et si la situation leur paraissait le justifier.
Cette certitude d’avoir raison,l’excitation que cela crée et surtout l’impression fabuleuse d’être important,cela doit être irrésistible à toutes les générations .
C’est de notre devoir à nous adultes de ne pas nous laisser intimider pour ne pas livrer une fois encore les jeunes gens à de telles situations .
La nostalgie complaisante de cette période post-soixante-huitarde est dangereuse .
J’attends de vous d’être ,avec l’audience qui est la vôtre,plus attentifs à ne pas tomber dans cette complaisance .
Je vous remercie de m’avoir lu.
Catherine,
21 janvier 2009 à 11:18
Pourquoi ne pas,avant votre émission faire un appel à vos auditeurs comme invité privilégié .Ce serait très intéressant que vous puissiez vraiment rencontrer votre public
Catherine
22 janvier 2009 à 21:47
Comme je n’arrive pas à accéder aux forums de France-culture (pourtant, je ne suis pas dans une zone blanche), je me vois contrainte d’écrire dans votre blog. J’ai trouvé déplorable l’affaire de Vincennes. J’ai eu l’impression que vous n’étiez pas à la hauteur et que Jean Lebrun était là , en quelque sorte, comme pompier. Mon impression est que les soi-disant intellectuels de gauche qui se renient (un phénomène très à la mode), ça n’ira qu’un temps…
Je vous écris à propos de l’émission de mercredi: ” La pub aime-t-elle la presse écrite? “. J’ai bondi lorsque vos deux invités - MM. Lévy et Weill - ont affirmé que les créateurs des journaux après la guerre n’étaient pas des entrepreneurs. D’autre part, à propos du portage aux Etats-unis, pour moi qui ai voyagé dans ces contrées avant le début des années 70, je sais (pour avoir été complètement sidérée du phénomène) qu’à cette époque, aux Etats-Unis et Canada, il y avait des journaux dans toutes les rues, posés dans un réceptacle dont on pouvait aisément les extraire. Les Américains déposaient sagement leur obole dans la fente destinée aux pièces, avant de se les approprier. Un truc qu’on n’aurait jamais pu voir en France évidemment. Pas assez disciplinés pour ça les Français! Pour cette émission, vous auriez dû inviter un ou des journalistes et ne pas laisser dire n’importe quoi à vos deux invités. Je suis toujours journaliste profesionnelle (pas retraitée), ex de la PQR que j’ai quittée en clause de cession. Ne parvenant pas à accéder aux forums, j’ai écrit, hier, à France-culture. Réponse aujourd’hui: on me conseille le forum du discours du Pape à Paris! Je suppose que France-culture (bien que service public) dispose d’un cabinet conseil chargé de filter les messages et de les échantillonner. J’ai dû être cataloguée ” petite dame de plus de 60 ans (j’ai eu effectivement 60 ans en juillet 2008) bretonne et donc catho (alors que je suis athéee) “. J’ai donc trouvé ce message totalement discriminatoire et si France-culture en est réduit à ça, c’est grave. Mon opinion était déjà que l’émission de 18 à 20 heures calque beaucoup trop la télé, avec toutes ses insuffisances. La preuve, quand on connaît le sujet (en l’occurrence, pour moi, la pub et la presse écrite).
23 janvier 2009 à 13:49
Hello,
certes, ils n’avaient peut-être que leur langue de bois à eux, pareil comme ceux, fut un temps, qu’on a commémoré ce jour-là . Pourtant, ils ont dévoilé par leur présence qu’on aime bien muséaliser et fêter les mouvements et les révoltes, mais on apprécie beaucoup moins si elles pointent leur nez dans un studio.
Et pour rajouter une couche on mets un peu de musique bien révoltée pendant la coupure du direct. Pourquoi ? Pour montrer sa compassion ? Par réflexe de jeunisme ? …
A méditer…
23 janvier 2009 à 18:45
C’est vraiment pénible, pour une fois qu’il se passe quelque chose aux milieux de vos consensus mondains et soporifiques, que vous coupiez les micros. Pensez à l’auditeur qui par paresse n’a pas coupé la radio au moment du générique de votre émission et qui pour une fois aurait peut-être eu du grain à moudre.
23 janvier 2009 à 18:59
Bonjour,
J’ai une question sur le fonctionnement de ce blog: vous arrive-t-il de vous prêter à l’exercice de répondre aux commentaires de vos lecteurs?
C’est tout l’intérêt (le seul?) de tenir un blog!
A vous lire,
23 janvier 2009 à 19:02
Pauvres Brice Couturier, pauvre Julie Clarini, victimes des méchants commandos… Je compatis de tout mon cÅ“ur.
Vous n’avez donc jamais songé qu’il y avait une solution simple, pour éviter ces désagréments: ne pas quitter la Maison de Radio France ? C’est pourtant simple, non ? Vous avez raison de vous “énerver”, Brice Couturier. Si vous pouviez dire à votre Direction que les auditeurs – quantité négligeable, certes – aussi en ont assez de ces happenings inutiles ? Mais quelle fièvre a pris France Culture de vouloir se délocaliser partout pour être vue ? A-t- on vraiment besoin de vous voir sur une scène ? Le travail radiophonique de FC était de bien meilleure qualité quand celle-ci n’était pas itinérante et ne vouait pas un culte au direct et au direct en public. Jean Lebrun a installé le concept de radio de comptoir (repris par ses épigones), dans le brouhaha le plus absolu. Divers producteurs se sentent apparemment obligés de créer des événements à tout moment, afin de sortir hors les murs.
Mais restez donc dans la Maison ronde et pensez aux auditeurs. Nous vous en serons reconnaissants. Ce sont des contenus maîtrisés qui ouvrent de nouvelles perspectives, pas ce mode de visibilité factice et dérisoire qui tient tant à cœur aux directions récentes.
Je suis heureuse de constater sur ce blog que les émissions de Paris8-saint-Denis (Vincennes, si l’on veut) recueillent de nombreux avis négatifs. Il faudrait que la Direction en tire quelques conclusions.
Bien cordialement,
Agathe
23 janvier 2009 à 19:09
Jeudi 23 janvier
quel délice de tomber sur des “rodeurs en comando” qui essaient de vous piquer votre micro !
France culture c’est notre radio à tous ! Vous devriez comme vous le suggère ci-dessus 2 personnes Catherine et Etienne avec beaucoup de tact et de finesse leur donner le micro mon chère Brice…
je vous salue !
ps : moi aussi je ne trouve pas le forum de l’émission “du grain à moudre” …
23 janvier 2009 à 19:12
Rapellons à Monsieur Couturier qu’un micro est difficilement “prit en otage” cette expression est un abus de langage cher à ceux qui nous gouvernent si mal…
Si quelque chose est prit en otage c’est bien l’opinion publique si mal relayée par une presse aux ordres et pratiquant l’auto-censure de peur de se faire virer…Faites votre travail messieurs…Et vous pourrez sortir de vos studios tranquillement!
Ce jour 23 janvier à 18,50h vous auriez sans doute pu lire un communiqué ou négocier une courte prise de parole sans risquer de perdre votre place puisqu’il semble que vous étiez otage…
Plaisanterie mise à part, je ne sais pas ce qui se passait sur place mais il m’a semblé que le “commando ” c’était des citoyens qui demandaient la libération des gamins de Tarnac ? Vous savez les terroristes…
Notre Président et MAM sur les traces de Bush , cela vous indiffère?
Salutations perplexes et citoyennes
ps) j’ajoute ma déception devant ces nouvelles émissions fourre tout, mixant tout, genre tristes “talk show télé , voyez…?
Que devient FC…Allons ! Courage “l’Elite”! résistez !
23 janvier 2009 à 23:01
Hé bé, encore du grabuge, aujourd’hui. On a encore dû subir les conséquences des choix de visibilité publicitaire de l’antenne… Il y a deux façons de faire de la radio : soigner son travail en studio, ouvrir des horizons en enrichissant son travail d’une bonne préparation, ou on se déplace quelque part histoire de planter deux bannières avec le logo de la station, inviter autour d’une table quelques spécialistes qui vont “euheffectivementer” pendant une heure, se faire interrompre par des militants violents et infantiles, et couper le programme.
Devinez quelle est l’option qui profite le plus aux auditeurs.
Tirez-en les conclusions nécessaires.
Yann
PS :Merci de ne plus nous exposer à ces exercices démagogiques télévisuels. Le rituel d’interruption deviendra aussi régulier que les intermittents du spectacle aux Césars.
24 janvier 2009 à 6:12
Et bien moi je suis peut etre reactionnaire mais j’ai trouve l’attitude des etudiants deplorables.
On vole la parole et la consquence c’est plus de parole du tout, on ne parle plus du tout de Paris 8 sauf en mal dans l’inconscient de l’auditeur. Silence radio, mission accomplie pour les commandos prises de parole. Par ailleurs les 2 interventions etaient lamentables, 0 pointe pour l’UFR-0.
24 janvier 2009 à 10:11
@ Monique, Catherine et les autres : si vous voulez que les auditeurs aient la parole, écoutez Europe 1 et RTL, et vous verrez ce que ça donne…
@ Brice : je regrette comme d’autres ici que vous n’ayiez pas de forum où les auditeurs puissent écrire leurs réactions pendant l’écoute, comme le fait Doze sur BFM (oups, mon masque tombe !).
24 janvier 2009 à 11:13
L’important, c’est que Jean Lebrun soit fier de ce genre de charivaris inaudibles. Il a une conception bien curieuse de la radio et de ses auditeurs.
24 janvier 2009 à 17:22
Bien sur que je réponds, Javi. Mais en général, j’attends qu’il y ait un nombre de réactions suffisant pour que se dégagent des points de vue identifiables. Dans l’affaire qui nous occupe - le même “commando” groupusculaire qui nous avait repérés à Saint-Denis, tentant de remettre ça, à Beaubourg, vendredi -, je constate que les avis sont partagés. Je vais tenter de répondre aux uns et aux autres.
1°) Pourquoi l’ultra-gauche bénéficie-t-elle à priori d’un préjugé favorable - malgré les abominations commises au nom de ses idées, de l’URSS au Cambodge des Khmers Rouges ? Comment parvient-elle encore à intimider des gens qui professent des opinions social-démocrates, voire libérales ? Ceux qui me reprochent d’avoir “censuré” le groupuscule “autonome”, de n’avoir pas “négocié avec ses membres un temps de parole” me feront-ils le même conseil lorsque les militants d’un quelconque groupuscule d’extrême-droite voudront, à leur tour, prendre les auditeurs à témoin de leurs démêlés avec la justice ? Au nom de quoi refuserions-nous la parole à ces derniers, alors que nous l’aurions complaisamment accordée aux premiers ?
2°) La raison pour laquelle j’aurais souhaité que l’antenne fut coupée à Vincennes, et plus tôt qu’elle ne l’a été, à Saint-Denis, c’est que je redoutais la création d’un précédent. “Puisque vous avez laissé parler ces gens-là , à Saint-Denis, qui mettent en cause la justice, pourquoi pas nous, les défenseurs des chimpanzés, des moutons qu’on égorge, ou des criminels de guerre… ?” Et,en effet, pourquoi non ?
3° Je suis un journaliste culturel et un universitaire. C’est le genre de métier pour lequel je me suis formé, au cours de 12 années d’études supérieures. Je n’ai les talents ni d’un animateur de foires, ni d’un dompteur de fauves. Ce n’est ni Julie ni moi qui décidons d’aller “à la rencontre des auditeurs”, mais notre direction, lorsqu’elle le juge nécessaire. Et alors, pourquoi pas ? Ni Julie ni moi, en effet, n’avons d’ambitions du genre télévisuel. Julie plus encore que moi déteste qu’on voit sa photo, qu’on sache à quoi elle ressemble physiquement. Nous sommes cependant tout à fait à notre aise au milieu de groupes d’auditeurs de France Culture. Evidemment. Ce sont des personne dont nous nous sentons proches, parce qu’elles partagent nos centres d’intétêt, apprécient, comme nous, la mesure et pratiquent le respect d’autrui. Nous n’aimons pas le genre “interview coup de poing”. Nous avons pour politique de laisser s’exprimer les invités, de les laisser développer leur argumentation. Nous travaillons nos dossiers par respect pour les auditeurs autant que pour nos invités.
4°) Alors, sommes-nous pour autant des “bobos socialos”, nous et toute la chaîne, comme nous l’ont crié les membres du groupuscule qui nous ont à nouveau pris le micro, vendredi ? En ce qui me concerne, je m’efforce depuis longtemps, en tant que journaliste, d’être toujours plus exigeant envers le porte-parole d’un point de vue dont je me sens le plus proche. Je n’aime pas le journalisme de propagande, l’information qui ne se distingue pas bien du commentaire - même subliminal. Je n’éprouve pas de haine envers les politiques, quel que soit le bord auquel ils appartiennent. Je n’ai pas tendance à les diaboliser. Peut-être parce que j’ai vécu pour des raisons professionnelles dans ce monde, à une époque de ma vie, et que j’ai pu constater que c’étaient, pour l’essentiel, des gens de bonne volonté, oubliant bien vite leurs violentes altercations lorsque les micros se ferment et que les tribunes se vident. je parle, bien entendu, des démocrates, des représentants des partis représentés au Parlement, parce qu’ils reconnaissent et acceptent les règles du jeu démocratique.
5° Oui, France Culture “est notre radio à tous”, Monique. Raison de plus pour refuser son arraisonnement par des militants dont la langue de bois pollue l’antenne.
24 janvier 2009 à 19:54
Bonjour Brice Couturier,
je lis avec attention, votre réponse. Merci de cette mise au point sincère.
Mais dans votre émission, et les précédentes à Saint-Denis, vous avez paru, France Culture, et les producteurs impliqués, en position de faiblesse face à ces braillards, quel que soit votre pouvoir de couper l’antenne et de la reprendre quand vous le jugez bon. Il est dommageable que France Culture se trouve ainsi fragilisée dans cette sorte d’événements assez inutile, tout comme il est regrettable que pour céder à cette mode (ou cette fantaisie éditoriale) de la “rencontre avec les auditeurs” (d’une poignée d’ auditeurs, pas “des” auditeurs, précisons-le), on prive tous les autres, assez légèrement, bien que contre votre gré, d’émission. Ce n’est pas l’idée que l’on est en droit de se faire d’une radio de service public. Donc, pour tous.
Vous abordez la question du militantisme. Ne croyez-vous pas que si France Culture était restée une chaîne culturelle, fidèle à sa mission de transmission des connaissances, elle resterait à l’écart de ces accusations répétitives ? Considérés soit trop à gauche, soit trop bobos, soit trop libéraux, vous êtes amenés à vous justifier sempiternellement.
Cependant;
1) comment pourrait-il en être autrement alors que les militants s’en donnent à cÅ“ur joie sur la chaîne ? Je pense à des émissions dont le contenu a de quoi sidérer parfois : celles de Ruth Stegassi, d’Aline Pailler (une tribune militante), les documentaires de Sonia Kronlund, et à présent Jean Lebrun, qui cultive depuis peu la nostalgie militante ? Certes, mais ce sont là des personnes civilisées, qui maîtrisent leur discours. Mais je vous en prie, ne dites pas que “la langue de bois militante” “pollue” France Culture “de l’extérieur”. Le vers est dans le fruit, et vous le constatez sans doute aussi.
2 ) comment pourrait-il en être autrement alors que la chaîne est devenue une chaîne de débat et de commentaire politique ? Voyez la prolifération des chroniques. Il est inévitable que le militantisme s’infiltre dans les contenus mêmes, alors que c elle-ci fait la part belle à l’opinion, à l’événement ou à la commémoration du moment, à la polémique la plus éphémère, et non à la construction de la connaissance ou à la culture. Tout est devenu idéologique sur France Culture, comme le signale Yann, me semble-t-il, plus haut, quels que puissent être votre sens de la déontologie ou votre respect des opinions d’autrui.
Il faudrait que la Direction de France Culture ait l’honnêteté, un jour, de ne plus ignorer le problème.
Cordialement,
Agathe, PAris.
PS. Quand la Direction vous impose des choix que vous contestez (par exemple un happening à saint-Denis), n’avez-vous pas le pouvoir de vous y opposer ? Je ne vous vois pas en bon petit soldat de la Direction.
24 janvier 2009 à 22:39
cher Brice,
une petite précision : sauf erreur de ma part, le syntagme « ultra-gauche » (récemment remis au goût du jour, comme on sait, par notre Ministre de la Peur de l’Intérieur…) désignait, il y a quelques dizaines d’années, disons la critique de gauche du communsime (les courants « conseillistes », la revue « Socialisme ou barbarie », par exemple, sans évidemment que ça se résume à cela). Je suis donc assez étonné de voir, sous votre plume, associé à l’URSS, au Cambodge, etc., ceux qui ont été les premiers à dénoncer le caractère totalitaire de ces régimes. (Disant cela, je sais bien hélas qu’à l’ultra-gauche il n’y avait pas que des Claude Lefort & Co, mais bon…)
J’aurais également deux ou trois remarques à faire sur certains raccourcis, à mon sens problématiques, de votre billet ci-dessus (je veux dire le billet de départ, par le commentaire). Mais ce sera pour une prochaine fois… pas le temps ce soir.
J’ai eu une pensée pour vous vendredi, quand le vilain-commando-qui-prend-les-micros-en-otage est venu vous embêter à nouveau. Très sincèrement, je compatis. Ce qui ne m’empêche pas d’avoir du mal à acquiescer à toutes vos justifications : au nom de quoi, de façon générale, devrait-on toujours, en toute occasion, se conformer aux « règles du jeu » en vigueur ? N’y a-t-il pas des cas où un changement politique ne pourra être obtenu qu’au prix d’une certaine transgression des règles ? Je ne dis pas du tout que ces groupuscules ont raison, en l’occurrence je suis plutôt d’accord avec vous sur le fait qu’ils en restent à un stade un peu infantile du militantisme — mais je n’arrive pas à penser que l’on puisse leur répondre avec des arguments massifs sur « ce qui est démocratique » et « ce qui n’est pas démocratique », comme si c’était un débat simple. (Ces propos vous proviennent d’un social-démocrate, d’un bobo socialo qui a une haine farouche de l’anti-parlementarisme, de l’anti-démocratisme, etc., je tiens à le préciser.)
bien cordialement,
benjamin
p.-s. pour Agathe : je tiens l’émissions « Les pieds sur terre » de Sonia Kronlund pour l’une des plus belles réussites qui soient. L’une de celles qui me font, plus que tout, penser combien est précieuse l’existence d’une radio telle que France Culture. Et, ne vous déplaise, je suis très fier que cette belle radio soit venue célébrer les 40 ans de ma belle fac, dont je suis également très fier… malgré ses gauchistes infantiles !
24 janvier 2009 à 23:23
À Benjamin,
je n’aurai pas le temps de vous expliquer pourquoi je trouve cette émission en général pathétique, mais si représentative finalement de la mauvaise conscience sociale de France Culture (dissiper le vilain soupçon d’élitisme, être au plus près de ceux qui souffrent, battre sa coulpe de toutes les façons possibles) . Un mélange de militantiste, de révolte adolescente, de nunucherie et de dolorisme compassionnel . Hélas, personnellement, ce n’est pas ce que je recherche en écoutant France Culture. Le “tous ensemble, tous ensemble… ouais ! ouais ! ” me fait fuir…. Mais ce n’est qu’un avis personnel, n’est-ce-pas ?
Votre fierté vous honore. Je suis intervenue plusieurs fois à saint-Denis dont je connais bien les conditions d’exercice car j’y ai beaucoup d’amis collègues. Et je le redis, votre fierté vous honore.
Bien cordialement,
Agathe
(en passant, je m’aperçois que mon précédent message est passablement illisible et truffé de fautes. La fin de la semaine est rude).
25 janvier 2009 à 0:20
Je souscris à Agathe sur toute la ligne : nous devons subir le glissement d’une radio de diffusion de connaissances à une radio d’opinions. De nombreux producteurs se présentent chargés d’opinions politiques très marquées, entreprennent de nous les faire connaître à grands renforts de didactisme, et entre ces producteurs engagés, nous devons subir la myriade de chroniqueurs, qui profitent de quelques minutes de tribunes pour nous faire connaître régulièrement leurs très prévisibles opinions. De découvertes, d’élargissements d’horizons, de nouvelles pistes de réflexion, d’éruditions partagées, point.
Concernant le format télévisuel mentionné plus haut, voilà qui a de quoi décontenancer. Les auditeurs de France Culture sont à l’écoute car ils tendent à fuir le média télévisuel grand public. Pourquoi vouloir à tout prix le reconstituer à la radio? Voilà une logique directoriale qui m’échappe, d’autant que les partis pris de ces déplacements, de ces “plateaux”, de ces “dispositifs” n’apportent rien de neuf, et sont très incommodants à l’écoute. Cela donne souvent l’impression que nous avons à faire à quelques décideurs qui ne prennent pas vraiment la mesure de ce que le medium radiophonique dans sa grande richesse peut proposer. Puisqu’il est souvent question de militance et de résistance politique, osons résister et faire oeuvre de militance pour une radio soignée, passionnante, originale, et non pas une station prostituée aux besoins démagogiques de quelques happy few chauves et bretons, et imbus d’eux-mêmes…
25 janvier 2009 à 13:13
Je présente mes excuses aux collègues de France Culture, critiqués ici par certains de nos auditeurs. Mais j’ai pour politique de ne pas censurer - sauf cas de racisme, haine inarticulée, propagande éhontée. Rarissimes sur ce blog, par bonheur.
25 janvier 2009 à 14:04
Vous avez raison, Brice Couturier. Je me permets toutefois de préciser que je ne critique pas une personne, mais une ou des émissions. Or celles-ci, en tant que productions de l’esprit, sont soumises à la critique. Il faudrait veiller à ne pas confondre personne et émission et s’interdire ainsi toute critique. Ce sont sans doute des avis rapides, très subjectifs, et qui sembleront bien excessifs, je le conçois, à propos d’émissions dont il est permis de contester et le fond et la forme. Mais cela ne porte que sur l’émission. Il semble difficile à France Culture de critiquer une émission sans que l’on nous accuse immédiatement de critiquer les personnes, dans un amalgame significatif. J’ai le plus grand respect pour les personnes mais je peux aussi détester leur travail et le trouver bâclé, creux, ou indigne de cette chaîne. Lorsque nous évoquons une personne, nous évoquons son travail. Serait-il à l’abri de tout avis critique ?
Je vous adresse mes excuses si mon propos vous a paru déplacé et vous remercie néanmoins de l’avoir publié. Je précise que je ne me prive pas de dire personnellement aux producteurs de ce que je pense de leur travail. J’essaierai de m’en tenir sur votre blog à votre seule émission.
Cordialement,
A.
25 janvier 2009 à 15:42
votre témoignage cher Brice est utile et précieux.
Néanmoins, affirmer tout de go que Mai 68 est une résurgence du fascisme n’est peut être pas très malin : l’effet ne justifie pas la cause (que des maoïstes finissent à l’extrême droite ne signifie pas qu’être d’extrême gauche est la même chose que l’autre extrême). S’il faut en venir là pour rejeter l’héritage de 68, c’est tout à fait regrettable.
Par ailleurs, je ne vois pas pourquoi il faudrait faire le partage entre les bons et les méchants, les élèves studieux et les agités de l’autre. Cela relève d’une facilité intellectuelle et d’un confort que je ne vous connaissez pas - voyez sur ce point le dernier billet de Jean Lebrun sur son blog beaucoup plus attentif que vous à la fébrilité de la société.
Dire qu’il y a des méchants, c’est toujours pointer du doigt le mal et partant, s’en dédouaner : si les méchants sont les autres, on est forcément les bons (même si on ne le dit pas) puisqu’on nomme le mal.
Pour terminer, d’accord avec votre remarque jointe à celle de Clarini sur l’ombre des producteurs radio : vous êtes d’abord des voix, vous ne valez que par ce que vous dites, c’est un challenge de tous les jours et un espace pour l’imaginaire. J’ai par exemple reconnu l’autre jour dans une librairie un de mes producteurs préférés grâce à sa voix, j’étais délicieusement troublé.
25 janvier 2009 à 15:46
J’ai oublié : critiquer comme vous le faites Badiou est philosophiquement nul. Qu’il tienne des positions politiques aberrantes est une chose, cela n’engage pas sa philosophie (le problème est qu’il produit en parallèle à son oeuvre philosophique des opuscules de vulgarisation comme son livre sur Sarkozy qui ne brillent pas d’intelligence). Un philosophe vaut par ses textes, pas par ses tracts. Que vous ne lisiez pas la philosophie n’engage que vous, autant le taire dans ce cas.
25 janvier 2009 à 19:31
Cher Thierry David, je viens de parcourir le dernier opuscule de Badiou “Second manifeste pour la philosophie” et j’avoue ne pas souscrire à la “coupure épistémologique” que vous tentez d’introduire entre Badiou-philosophe et Badiou-maoïste. Il est rare de voir un philosophe se citer lui-même de manière aussi complaisante et compulsive. Son système intellectuel me paraît, sous des apparences extravagantes, finalement assez simple. Une espèce de platonisme du pauvre (les Idées sont éternelles), corrigée par un matérialisme vulgaire (mais toutes les Idées ont un lieu de naissance qui les origine). Ce ne serait pas dramatique si, au fil des pages, on ne découvrait, à nouveau, des attaques en règle contre “le démocrate, comprenons le sophiste, soit, justement, l’homme de la liberté des opinions, et même de leur réversibilité”. Finalement c’est assez cohérent, pour un homme qui a toujours idéalisé des régimes dictatoriaux et sanguinaires, de confondre les opinions démocratiques avec une forme de laisser-aller intellectuel.
26 janvier 2009 à 10:13
“Dire qu’il y a des méchants, c’est toujours pointer du doigt le mal et partant, s’en dédouaner : si les méchants sont les autres, on est forcément les bons (même si on ne le dit pas) puisqu’on nomme le mal.”
Ah bon. Alors, attaquer “W” pour Guantanamo, c’est se débarrasser du “mal” - qui est en nous, comme en chacun - sur une espèce de bouc-émissaire. Ce n’est pas exactement ce que disent les gens qui défendent les points de vue que vous professez… Quant à Hitler et à la SS, les forces démocratiques qui les ont combattues les armes à la main (mon père, entre autres) ne valaient finalement guère mieux, c’est ça ?
Désolé, moi, je crois à l’existence du Mal - et du Bien. Lisez Primo Levi, Chalamov, Alexander Wat, Barbara Skarga (”Une absurde cruauté”), …, tous les intellectuels rescapés d’un de ces enfers concentrationnaire ou autre, où mène le relativisme moral prêché par les idéologues totalitaires, vous verrez que le Mal existe. Le désir d’avilir et de torturer son prochain, de le “détruire” - et non pas simplement de le tuer. Et j’ai même en idée qu’une bonne part de la philosophie vise précisément à définir la nature du Bien. Et non à en nier l’existence.
26 janvier 2009 à 13:36
Difficile de ne pas penser aux “Bourgeois” de Jacques Brel en écoutant Brice Couturier éructer face à l’écervelé qui lui a pris le micro. L’émission de Vincennes était amusante et révélatrice de certaines trajectoires intellectuelles typiques. En 30-40 ans le glissement de gauche à droite s’est fait doucement, tranquillement, mais inexorablement. Toutefois j’entends encore souvent dans les propos de B. Couturier ce ton un peu dogmatique, cette tendance à simplifier les arguments des uns et des autres, ce goût des petites querelles de fac (untel n’aime pas bidule qui lui reproche d’avoir évincé truc) et un certain manque d’humour qui lui donnent un air de famille avec l’étudiant (?) qui a coupé l’émission. A la différence de Thierry David, je ne suis pas du tout surpris par le manichéisme de Couturier, et par son vocabulaire qui vient en réalité de la période de la guerre froide. Tout cela relève d’une forme d’intimidation. Je ne crois pas que Mr David soit relativiste, il pointe simplement le fait que les pires crimes ont justement été commis au nom d’un “Bien” absolu contre un “Mal” absolu. Renoncer à ces anathèmes d’une autre époque n’empêche absolument pas, au contraire de lutter pourdes valeurs démocratiques, par des moyens démocratiques. Merci d’ailleurs à Julie Clarini, îlot de mesure au milieu de ce happening improbable (belle et forte phrase de conclusion), et à la plupart des autres intervenants qui ont su donner une image plus juste du Vincennes d’hier et d’aujourd’hui.
Ceci dit pas de panique Brice Couturier, faisons un peu de science fiction. Dans 30 ans beaucoup des types de « l’UFR zéro » défendront le monde tel qu’il va, comme vous, comme d’autres intellectuels de France Culture (Finkielkraut, Adler, par exemple, vous vous excuserez auprès d’eux), passés de la critique radicale et sectaire des années 60-70 (proximité plus ou moins forte avec les maoïstes, comme vous le confessez) à l’éloge tout aussi assuré, mais en termes plus châtiés (et chiffres à l’appui bien sûr) des fameuses « réformes nécessaires ». C’est à dire, entre autres, la promotion - mâtinée des légers bémols de rigueur - de l’immigration choisie, de l’activation des chômeurs, de l’identité nationale, d’une gestion managériale de l’Etat (comme si les entreprises privées étaient des espaces de rationalité économique, fantasme de bien des gens qui n’ont jamais quitté le public) ou encore de la rétention de sûreté. Comme vous à Vincennes et A. Finkielkraut à Science Po, ceux de l’UFR zéro qui auront « réussi » se feront chahuter par les plus « radicaux » des futurs étudiants à l’occasion d’une journée spéciale Mai 68 ou Vincennes. Comme vous ils les couvriront de leur mépris. Rendez-vous en 2038!
D’accord aussi avec Yann et Agathe (merci à elle pour avoir su trouver les mots pour dire ce qui me gênait depuis un moment): c’est vrai que les thèmes de pas mal de débats font un peu réchauffés en ce moment: syndicats et crise, protectionnisme et crise, modèle français et la crise (Ah! Le modèle français), Islam radical, délinquance des jeunes…
Quant à la défense des producteurs de la chaîne par Brice Couturier, je la trouve infantile. Il va de soi qu’on critique ici ce que disent et font des personnes et non ce qu’elles sont, ce qui est la base de toute critique d’une production publique.
26 janvier 2009 à 18:29
Une courte chanson de Brassens illustre bien la fiction d’Aude, le “boulevard du temps qui passe”. Pour ceux qui ne la connaissent pas, je ne résiste pas à coller ici les couplets de cette chanson :
A peine sortis du berceau
Nous sommes allés faire un saut
Au boulevard du temps qui passe
En scandant notre “Ça ira”
Contre les vieux, les mous, les gras
Confinés dans leurs idées basses.
On nous a vus, c’était hier
Qui descendions, jeunes et fiers
Dans une folle sarabande
En allumant des feux de joie
En alarmant les gros bourgeois
En piétinant leurs plates-bandes.
Jurant de tout remettre à neuf
De refaire quatre-vingt-neuf
De reprendre un peu la Bastille
Nous avons embrassé, goulus
Leurs femmes qu’ils ne touchaient plus
Nous avons fécondé leurs filles.
Dans la mare de leurs canards
Nous avons lancé, goguenards
Force pavés, quelle tempête
Nous n’avons rien laissé debout
Flanquant leurs credos, leurs tabous
Et leurs dieux, cul par-dessus tête.
Quand sonna le cessez-le-feu
L’un de nous perdait ses cheveux
Et l’autre avait les tempes grises.
Nous avons constaté soudain
Que l’été de la Saint-Martin
N’est pas loin du temps des cerises.
Alors, ralentissant le pas
On fit la route à la papa
Car, braillant contre les ancêtres
La troupe fraîche des cadets
Au carrefour nous attendait
Pour nous envoyer à Bicêtre.
Tous ces gâteux, ces avachis
Ces pauvres sépulcres blanchis
Chancelant dans leur carapace
On les a vus, c’était hier
Qui descendaient jeunes et fiers
Le boulevard du temps qui passe.
26 janvier 2009 à 18:41
@Aude :
Alors là , comme on dit si joliment en anglais : “it’s the oven calling the kettle black” ! Accuser Brice Couturier de conservatisme ! C’est un comble.
Autant que je puisse en juger il est philosphiquement un libéral - précisément pas un conservateur.
Je sais que cette affirmation peut étonner, mais c’est bien le cas. Quand on se réclame du libéralisme, on invoque des principes qui empêchent de figer les situations relatives des hommes. Ca peut être du point de vue du revenu, de la géographie, de la position sociale, ou de plein d’autres choses.
En un sens c’est un point commun qu’ont les libéraux avec les socialistes. Là où ils se séparent, c’est au sujet des moyens de bouleverser ces situations relatives. Le libéralisme préférera des principes généraux et abstraits - “rule of law”, le socialisme se confiera à des décisions particulières et discriminatoires - “rule of men”.
Peut-être que cette précision vous fera revoir votre jugement…?
27 janvier 2009 à 2:01
moi ce que j’en dis :
Autant que je puisse en juger, Brice Couturier est, sur de nombreux sujets, le prototype même du « conservateur sympathique ». Sympathique donc, mais conservateur. Ou encore (c’est au choix) : conservateur donc, mais sympathique.
(Ceci étant dit le plus amicalement possible, juste pour le plaisir de lancer une petite pique à quelqu’un que j’estime et apprécie, à défaut d’être tout le temps en accord avec lui…)
27 janvier 2009 à 3:20
Certains commentaires exprimant leur opinion sur différentes émissions de France Culture et leurs producteurs m’interrogent. J’écoute presque toutes les émissions grâce au podcast depuis Salt Lake City ! (Merci Internet) Et je dois dire que , parfois, je bouille ! Certains producteurs m’exaspèrent, mais je continue de les écouter parce qu’ils me font découvrir certains aspects d’un problème, ou une autre manière de voir. Par example, je ne rate aucune émission d’Alain Finkielkraut. Il invite des gens “différents”, sur des sujets parfois ignorés ailleurs. C’est dur, souvent, mais c’est une méthode que j’aime bien. Brice Couturier est aussi un producteur “difficile” pour moi car je n’aime pas son style agressif, même si je pense qu’il se force un peu pour être sûr qu’il y ait du grain à moudre !.
Je me rappelle aussi l’émission avec Renaud Camus sur ce sujet des programmes de France Culture et , en fait, ce qu’il cherchait, c’etait un France Culture à lui, avec uniquement des programmes pour lui, avec des intellectuels proches de lui, etc.. Je pense qu’il est diificile de contenter tout le monde et je trouve que France Culture offre une tres belle palette de programmes variés.
En tant qu’auditeur libre (podcast) je décide de ce que je veux écouter ou pas.
Pour conclure sur ces émissions “live”, je pense qu’il y en a un peu trop, presque toutes les semaines en fait. Ceci dit, j’ai pris grand plaisir à entendre les réactions “réacs” de nos amis sus-mentionnés pour les anniversaires de 68 et de Vincennes. Un peu d’humour, quand même !
27 janvier 2009 à 10:31
(Ce que cherchait en réalité Renaud Camus, on ne le sait que trop bien… Mais on ne va pas rouvrir ce dossier, je suppose. En tout cas, le parallèle me trouble un peu.)
27 janvier 2009 à 12:03
Je n’ai aucune sympathie particulière pour Badiou mais qu’un producteur de France Culture écarte ses thèses d’un revers de main en assurant n’avoir fait que “parcourir” son essai me dérange. On peut quand même exiger sur cette belle chaîne que des journalistes culturels qui affichent autant d’années d’études au compteur “lisent” tout simplement les livres dont ils rendent compte, ce pour quoi ils sont si précieux. Cela prend certes plus de temps, mais la critique n’en est que plus convaincante.
Ceci aussi pour répondre à Alain Machefert: ce que je redoute personnellement, et ce que semblent dénoncer pas mal d’auditeurs, c’est moins les prises de positions idéologiques des uns ou des autres que les ravages d’une certaine forme de “fast thinking” sur ma radio préférée.
27 janvier 2009 à 13:10
J’en profite pour rendre grâce à Brice Couturier, suite aux excuses formulées à ses collègues, dont nous critiquions les émissions. Il est en effet très ardu de critiquer le travail d’un producteur, à France Culture, sur les multiples supports interactifs (blogs, forums) proposés aux auditeurs. La sanction est immédiate, en général : censure, même si le propos est argumenté, courtois et construit.
Pour faire écho à Agathe et Aude, le sentiment que l’on ressent, à l’écoute de France Culture, est celui d’un pré carré dont le périmètre se réduit petit à petit. La politique et la morale sont maintenant prescriptrices (??) de la majorité des contenus, et il est de moins en moins facile d’être surpris en écoutant la radio. Le perpétuel débat entre capitalisme libéral et communisme révolutionnaire, la sempiternelle redite de cette question étouffe toute créativité et liberté de contenu. Je profite de l’occasion pour signaler ce que propose aujourd’hui, par exemple, l’équivalent anglais de France Culture, et vous pourrez mesurer la distance qui sépare notre station, soumise à un contrôle éditorial par la seule profession journalistique (d’où l’obsession actualitaire), de la station albyonne, beaucoup plus diverse dans son recrutement (chercheurs, écrivains, comédiens, producteurs non journalistes etc.). Aujourd’hui, on peut donc tomber sur :
- une histoire de la Grande Bretagne pendant l’âge glaciaire
- un feuilleton sur la Sécession, l’Union et Lincoln par un chercheur
- un documentaire sur Darwin par son arrière arrière petite fille
- un exercice de mise en rapport entre l’oeuvre de Robert Burns et la crise économique
- la lecture d’un roman de Ian McEwan
- les “connections créatives” entre 5 auteurs victoriens
- un documentaire sur Maxwell Knight, un naturaliste de la BBC qui a inspiré le personnage de “M” dans James Bond
- un documentaire d’un écrivain voyageur sur les règles de conduite tacites gouvernant le “top deck” des bus londoniens
Qu’avait-on pour ouvrir la journée, sur France Culture? Besancenot aux matins, une histoire de la gauche extra-parlementaire à la Fabrique de l’histoire… D’un côté, nous avons une radio qui explore tous les champs rendus possibles par la technique radiophonique, et de l’autre, une radio utilisée comme centre de conférences et débats politiques.
Je pense que nous méritons mieux.
(merci de votre patience en me lisant)
27 janvier 2009 à 22:43
Romain: Tout à fait d’accord sur le “fast-thinking” mais je pense qu’il se limite aux emissions qui essayent de “coller” à l’actualite. De plus. certains invités des Matins sont très intéressants et pas du tout “fast thinking” (Je pense à JC Ameisen sur Darwin, par example).
Alors, il reste le “cas” Du grain a moudre. J’ai dejà mentionné sur ce blog, que la forme de l’émission ne permettait pas une analyse approfondie des sujets traités et qu’en fait, elle serait plus adaptée à France Inter qu’à France Culture.
Yann: Quel est le site internet de cette radio anglaise? BBC?
Egalement, je pense que les émissions de la journée sur Frqnce Culture sont plus proches de ce que vous indiquez sur cette station anglaise. (Histoire, sciences, littérature, etc.)
28 janvier 2009 à 1:44
Je crois rêver en lisant l’essentiel des messages ci-dessus. La paranoïa des traumatismes mal digérés par Brice qui trouve des oreilles compatissantes pour entendre ses plaintes, et des voix “endoctrinées” forcément pour épouser sa cause… Heureusement que tous ces gens se disent socialistes et justifient de leur appartenance politique leur critique des gauchistes et des petits jeunes mal élevés sinon on pourrait croire, par erreur bien entendu, avoir à faire aux ressentiments nostalgiques ressassés d’une vieille droite maurrassienne.
Mais nous sommes doublement rassurés, nous avons à faire à d’éminents intellectuels, des “universitaires” qui nous rappellent nos plus brillants philosophes d’il y a 20 ans, Bernard Henri Levy, Alain Finnkelkraut et leur brillante défaite de la pensée. Ceux-là mêmes qui doivent faire rétrospectivement rougir de honte Heidegger, Hegel, Shopenhaouer, ou encore Kant … d’avoir ainsi pu usurper, sans le vouloir, le titre de Philosophe à de tels illustres penseurs de la modernité.
La France est sauvée, nos intellectuels universitaires contemporains pensent … et en bons français, s’il vous plaît, à deux pas du café du commerce.
J’espère que notre héros courageux se remettra de tant de malheurs accumulés. On compte sur sa vigilance pour maintenir un peu de cet ordre moral qui nous manque. Un jour comme le titre de philosophe, d’intellectuel, d’universitair… gardien de la morale commune,ça finira bien par se vendre.
28 janvier 2009 à 13:10
@ Alain Machefert : oui, c’est celle-ci :
http://www.bbc.co.uk/radio4/
Les émissions de la journée de France Culture sont souvent limitées pour deux raisons : formats peu originaux (soit table ronde, soit invité), et prééminence de l’actualité (culturelle, politique, économique etc.). La radio anglaise a plus de liberté, et a tendance à fuir ce que France Culture met en avant : le décryptage de l’actualité à tous les étages (la grille n’est pas confiée aux seuls journalistes). On est ainsi surpris à chaque fois lorsqu’on allume la radio, et ce à toutes les heures (ce qui est rarement le cas à France Culture, où il est possible de deviner à l’avance le thème de telle ou telle émission). On ne subit pas, également, les tournées promotionnelles de tel auteur/réalisateur qui fait le tour de la grille.
France Culture a beaucoup à apprendre de sa consoeur… (même si celle-ci est généraliste, alors que France Culture peut se permettre de ne se consacrer qu’à des contenus culturels).
Pour finir, les Matins d’aujourd’hui recevaient A. Comte Sponville (d’accord, c’est un philosophe de classe terminale), qui pestait contre la pauvreté intellectuelle du seul traitement de l’actualité immédiate et politique, chose que France Culture a à coeur de mettre en valeur le plus possible (FC a un prime time de radio généraliste d’actualité).
Nous méritons mieux…
28 janvier 2009 à 19:57
Ce soir à 18h30 sur France Culture, deux voix inconnues à la radio, en partenariat avec un magazine exigeant mais peu diffusé, sur un sujet encore jamais traité (enfin traité, mais une heure plus tard sur France Inter), dans un format dont l’originalité déstabilise franchement l’auditeur. La crise donc, analysée par Chérèque et Thibault, interrogés autour d’une table par deux animateurs, sous le haut patronnage du Nouvel Observateur.
Les grincheux (Agathe, Aude, Yann et consort) qui regrettent le manque d’imagination et d’exigence dans le choix et le traitement des sujets pourront aller se recoucher.
J’exagère: lundi, c’est l’Arménie, à moins que l’actualité “n’impose” son agenda dans la journée (un regain de tension à Gaza par exemple). Je propose d’ores et déjà : “Barack Obama peut-il régler les problèmes du Proche Orient?” Avec Antoine Sfeir, Denis Lacorne et (pourquoi pas?) Alexandre Adler. Hubert Védrine? Il aura été invité le matin par Ali Baddou et ne pouvait décommander le Grand Journal ce soir là .
28 janvier 2009 à 21:31
Très fort et grandement vraisemblable! La divination de la grille de France Culture est en passe de devenir une science exacte. On intéresse la partie?
28 janvier 2009 à 22:14
Merci Yann.
Je commnence le téléchargement sur itunes de certaines émissions.
En ce qui concerne le “prime time”, FC suit une pente, glissante, d’attraction d’audience. Ayant vue l’évolution de la TV, avec les Perses ou les Frères Karamazov en prime time dans les annees 60/70, et maintenant les “reality show”, il y a de quoi s’inquièter.
28 janvier 2009 à 22:33
Je pense que vous trouverez votre bonheur. C’est une radio exigeante. Par ailleurs, elle permet une grande ouverture sur la culture américaine, et ce sans passer par le prisme parisien, ce qui est très rafraichissant. Il y avait par exemple l’autre jour un documentaire sur les “Three Stooges”, qu’il aurait été dommage de ne pas connaître! (demandez à n’importe quel amerluche s’il connait…)
29 janvier 2009 à 12:40
Merci Romain, cela fait du bien de vous lire les uns et les autres, on se sent tout d’un coup moins seule à pester dans son coin. Tout devient si prévisible que l’on peut en effet composer la programmation de la semaine sans trop épuiser son imagination à la tâche. La course à l’audience semble avoir commencé il y a bien longtemps, quoi qu’en disent les directions successives de FC. D’où l’inexorable franceinterisation- téléramisation de France Culture, qui réduit la “diversité” à un pur slogan d’actualité. Mais soyons juste, cela concerne surtout les tranches de plus forte audience, envahies par la ritournelle du magazine et du débat d’idées.
Désolés, M. Couturier, d’avoir, avec d’autres auditeurs, fait dévoyer ce fil, mais ainsi vont les discussions de blogs et il n’est pas si facile de se faire entendre.
Cordialement à tous,
Agathe
29 janvier 2009 à 15:22
Ne soyez pas désolée, Agathe. A moi aussi, Romain donne à réfléchir. Je vais essayer de tenir compte de ses critiques pour imaginer des débats un peu moins convenus et prévisibles. Mais quoique jouissant d’une grande liberté - bien supérieur à celle que j’ai connu dans la presse écrite, honnêtement - nous avons aussi à respecter un cahier des charges. Et celui-ci précise que nous devons éclairer l’actualité à travers des débats d’experts ou d’acteurs. On ne peut pas non plus imposer les idées qui nous passent par la tête, même si nous n’en manquons pas.
En tous cas, l’échange que j’ai eu ici avec Thierry David aura des suites dans l’émission. Puisque je consacrerai celle de mercredi prochain à traiter de l’existence du Mal.
Preuve en tous cas que je m’efforce de répondre à l’attente des auditeurs. C’est l’idée que je me fais du service public : servir le public, en toute indépendance, impartialité, équilibre.
Merci à tous de vos critiques, même à ceux qui me prennent pour un vieux con, ayant renié ses idéaux de jeunesse. A mes yeux, il n’est rien de pire qu’un hippie à cheveux gris (en catogan), qu’un branché vieillissant, qu’un vieux révolutionnaire incapable de reconnaître les abominations engendrées par les (pauvres, mais attirantes) idées professées, par défi, dans sa jeunesse.
29 janvier 2009 à 16:10
Ne vous inquiétez pas Brice, ce n’est pas tellement ce qui ressort des interventions (ni de la chanson de brassens). Peu des messages ici adressés sont de cette eau-là , la plupart ont trait à une tendance générale de FC, à la part de sa teneur en culture, à sa dérive événementielle, etc. Je crois qu’en outre, si ce fil prend cette tournure, c’est qu’il semble que votre blog soit un canal réel, et vraisemblablement le seul sérieux, de communication entre nous - disparate groupe d’auditeurs vaguement mécontents - et un acteur de cette radio, vous.
Vous être de plus le seul à tenir votre blog correctement, à répondre régulièrement (la “radio à l’envers” s’y essayait encore l’année dernière mais avec force xyloglossie, et il à l’air au point mort).
Bref, par votre sérieux et votre écoute, qui semblent des brèches dans le mur acoustiquement bien isolé de FC, passent des bruits, c’est tout à votre honneur.
29 janvier 2009 à 18:38
Tout à fait d’accord avec les trois précédents intervenants. Mon petit trait d’humour était bien entendu caricatural (mais il faut dire que le sujet sur l’Arménie m’avait alléché, d’où ma déception). La réduction de votre horaire (d’une heure à 45 mn) ne vous sert pas non plus (impression parfois que la fin du débat arrive un peu vite alors qu’il vient vraiment de se lancer et que beaucoup reste à dire: cf celui sur la 1ère Guerre Mondiale ou celui avec Laurence Fontaine, qui étaient fort intéressants, et pour le coup déconnectés de toute actualité récente).
Merci en tout cas de vous exposer aux critiques des auditeurs, sans jamais les censurer, et de vous faire ainsi, heureusement ou malheureusement, le réceptacle pour toute la station des frustrations d’auditeurs exigeants mais râleurs.
29 janvier 2009 à 19:54
Idem : merci à Brice Couturier de permettre librement ces conversations. De fait, de mémoire de participant assidu (mais rarement chanceux) aux diverses interactivités de ce site, il est très rare de trouver des interlocuteurs de cette qualité, ainsi qu’un producteur d’émission répondant d’aussi bonne grâce aux diverses interventions. La conversation sur l’évolution de France Culture s’est naturellement amorcée suite à cette question : pourquoi a-t-on besoin d’exposer France Culture à de tels déplacements (Paris8), et sont-ils vraiment utiles? J’espère que la direction lira nos réponses à ce sujet, car ce blog est bien le seul lieu où une conversation intelligente s’est engagée à ce sujet.
Pour revenir à la question des thèmes répétitifs et actualitaires présentés sur France Culture (y a-t-il une crise du sujet à FC?), il est intéressant de comparer avec le mode de fonctionnement britannique. Au contraire de notre fonctionnement par grille, avec ses rendez-vous quotidiens, les émissions hors prime-time de la radio anglaise fonctionnent par “séries” hebdomadaires : une émission revient une fois par semaine pendant deux, trois, quatre mois, puis cède sa place à une autre, revient, repart etc. Cela permet un plus grand renouvellement, les producteurs peuvent se ressourcer, s’essayer à de nouveaux projets, revenir enrichis de leurs expériences, et explorer de nouveaux contenus. Cela permet aussi d’éviter que des formules d’émissions s’épuisent, ou que l’on ait l’impression, à l’écoute quotidienne, que tout a déjà été dit, et que l’on vogue sur un certain assoupissement routinier. On n’annonce jamais en effet de “nouvelle grille”, car la grille se renouvelle quotidiennement, et on découvre de nouveaux rendez-vous auxquels on a le temps de s’attacher. Certains “piliers” de grille restent inamovibles et assurent une forte identité à la station.
PS : oui, il n’y a rien de pire que le cri du catogan gris au fond des bois. Ca me tire des larmes.
29 janvier 2009 à 23:30
Je me joins aux auditeurs pour complimenter Brice pour son ouverture d’esprit.
Sa reflexion sur le “vieux con” est trés intéréssante. Je dois être dans la même tranche d’âge que Brice (J’ai 55 ans) et je suis toujours aux aguets pour essayer d’éviter ce phémomène du “vieux con”.
Alors autant je suis d’accord avec lui qu’il faut assumer son âge et évoluer, je me demande si l’on doit passer d’un radicalisme à l’autre. Example: Andre Glucksmann. Lors de l’anniversaire de Vincennes, un intervant a rappellé le chemin parcouru par Glucksman, du maoisme à Sarkozy. Et de rappelller également que ses actes de violences commis à l’époque étaient maintenant remplaçés par une violence verbale (Soutien a la seconde guerre en Irak, etc).
Cet exemple montre que les opinions, les combats changent mais que les profils psychologiques (dans ce cas l’attrait de l’excés) ne changent pas.
Alors, plutôt que le vieux révolutionnaire aux cheveux gris ou le vieux réactionnaire aux cheveux grix, je préfère le vieux sage….aux cheveux gris, qui essaye de comprendre son temps, sans trop de dogmes et autres certitudes.
Et c’est là que je compte sur France Culture pour être un élément de découvertes, de surprises.
Je prends donc acte des “ouvertures” de Brice pour de futures émissions. Je comprends très bien l’idée de coller à l’actualite mais je pense que le choix des invités est essentiel pour garantir que des voix différentes soient entendues.
A suivre donc!
30 janvier 2009 à 13:31
damned, trop tard pour intervenir, ce diable de Brice a encore été sauvé par ses auditeurs !
31 janvier 2009 à 16:16
Pour rebondir sur la prévisibilité de la programmation, à France Culture, il est intéressant de noter la présence d’un nouveau rendez-vous intitulé “La Controverse du Progrès”, et qui remplace la Fabrique de l’Histoire tous les derniers vendredis du mois. Quel en est le concept : un débat de science politique entre deux personnalités en vues, sponsorisé par Libé. Je vous jure que ce n’est pas une brillante intuition de Romain, c’est une véritable émission. Cela veut dire que la direction pense qu’une telle émission, tant par sa thématique que son format, s’imposait sur France Culture. Je n’ai jamais vu format plus usé, idée plus ressassée que ce projet de “controverse du progrès”, et qui continue de transformer France Culture en un centre de débats/conférences citoyens. Ces débats sont rediffusés sur Dailymotion, ce qui est très symbolique. France Culture est en passe de devenir le parent pauvre de la télévision. Il y a tant de merveilleux programmes possibles sur France Culture. Pourquoi choisit-on systématiquement la voie de la facilité, de la redite, du ressassement. C’est à désespérer.
4 février 2009 à 20:51
“puit de science”, “confisquation” c’est de la morphosyntaxe stalino-maoiste à la sauce Vincennes…
5 février 2009 à 3:47
L’anti-spam est “seine”. Ne pourriez vous pas garder ce mot pour le blog de Jean Lebrun avec qui les débats étaient réellement vivants, intéressants et démocratiques… grâce à son immense talent, si peu reconnu de beaucoup… J’oubliais… sa grande culture, son amour des gens et de la liberté… Que fait France Culture, à qui je dois ma survie?
5 février 2009 à 10:04
Quel “anti-spam” ? Quelle Seine ? Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Je ne suis pas l’auteur de “ce mot”. Désolé.
5 février 2009 à 10:42
Marie-Christine est une groupie de ce cher vieux marin qui tient le blog intitulé “quai de seine”, et elle ne supporte pas que l’antispam automatique utilise ce même mot pour valider nos contributions (y a-t-il un copyright sur le mot Seine?). Je crois, personnellement, qu’elle projette beaucoup de ce qu’elle a besoin dans le personnage de ce producteur breton. Il était difficile, en effet, de considérer ses émissions brouillonnes et démagogiques (illusion à tout prix du dialogue participatif instrumentalisé pour l’effet de foire)(ça ne servait pas à grand chose, par exemple, d’aller se jeter sur un membre du public lorque son portable se mettait à sonner pour en faire un happening) comme de vrais moments de radio. Ce producteur n’est plus sur les ondes, mais il sévit encore par ses choix.. La preuve : Paris8, dont il est décisionnaire, qu’il essaie de tourner en victoire radiophonique. C’est assez triste. Surtout pour les groupies.
6 février 2009 à 6:32
Quand les auditeurs envoient des messages, ils doivent taper un mot qui sert de filtre anti-spam. Hier quand j’ai vu Seine, je n’ai pu faire autrement que de penser au nouveau blog de Jean Lebrun. Ayant écouté cette émission et bien d’autres, je souhaite apporter du mieux que je peux un soutien à Jean Lebrun bien contraint à avoir à défendre sa personne, ses idées, sa profession…
Mais la Seine coule pour tout le monde, le soleil brille pour tous et donne quelquefois la même couleurs aux gens… Espérons qu’il ne nous crame pas un jour…
En tout cas, ce n’est pas lui qui avait mis le feu au rideau d’une université strasbourgeoise, l’année dernière..et hier, c’était chaud à Strasbourg…
LÃ l’anti-spam est:”maths”!
6 février 2009 à 9:13
Ecoutez, si vous avez des comptes à régler avec Jean Lebrun - qui se trouve devenu l’un des mes supérieurs hiérarchiques - j’aimerais autant que vous alliez le faire sur son blog plutôt que sur le mien.
6 février 2009 à 19:07
Revenant sur le sujet du Grain à Moudre, aujourd’hui à Beaubourg, je trouve le bruit de fond des émissions publiques *très* désagréable et tout à fait antiradiophonique. Pourquoi devons-nous subir cette ambiance de hall de gare? En quoi un débat est-il différent dans cette ambiance d’échos et d’interpellations lointaines? Un déplacement ne se voit pas à la radio, et il ne recueille “sonorement” que les inconvénients.
9 février 2009 à 4:37
à Oreste: n’importe quoi!
à bricecout:si le N°58 m’est adressé, sachez que je n’ai fait que répondre à vos interrogations du N°55.
Restons en là !
9 février 2009 à 22:40
Bonjour Brice. Je suis en train d’écouter votre émission consacrée au “politique après la crise” (merci le podcast) et comme vous n’y consacrez pas de billet, je me permets d’utiliser ce fil pour vous dire que c’est Paul Thibault qui a raison sur la question de la déréglementation financière.
Certes le secteur bancaire est hyper-réglementé, mais les innovations financières des trois dernières décennies n’ont eu de cesse de contourner la réglementation. Un seul exemple: la loi bancaire américaine interdit à un opérateur d’emprunter plus de la moitié de ses actifs, ce qui limite la spéculation. Cette règle ne s’applique pas aux hedge funds qui investissent massivement sur les marchés dérivés. Le fameux fonds LTCM qui fit faillite en 1998 détenait environ 100 milliards d’actifs pour une mise de fonds réelle qui oscillait entre 1 et 4 milliards de dollars (vous pouvez vous reporter à l’essai en anglais du journaliste Roger Lowenstein). Il y a la règle et ses nombreux détournements (sièges au Caïman, hedge funds, pressions politiques sur les organismes de vérification, les agences de notation, etc).
A propos de Mathieu Laine : lorsque les journalistes, les économistes ou les avocats convoquent les arguments d’autorité et évoquent la certitude absolue d’avoir raison, on peut parier sans se tromper que c’est à ce moment précis qu’ils nous induisent le plus sûrement en erreur. C’est le syndrome J-M Sylvestre: parler de l’économie sur un mode normatif comme s’il s’agissait d’une vérité révélée qui ne souffre aucune contestation. Un comportement qui ravale l’économie au rang de catéchisme imbécile qu’il faut asséner à grands coups de marteau.
Je tiens à préciser qu’en écrivant cela je ne pense pas à vous, cher Brice, bien au contraire. C’est même la première fois de ma vie que je suis autant admiratif d’un journaliste audio-visuel (mais peut-être est-ce parce que vous êtes également universitaire?). Encore bravo pour vos émissions, continuez, nous avons besoin de vous.
11 février 2009 à 22:12
Monsieur Brice Couturier,
Je fais partie de vos fidèles auditrices. Mais quand on est satisfaite … pourquoi le dire ?
Bien sûr, l’épisode Paris VIII m’a agacée. Pas assez pour imaginer le concert de klaxons réprobateurs depuis le 9 janvier. C’est vrai que j’aurai voulu que ce “type” d’anniversaire évoque la vie et les défis à vaincre pour les étudiants d’aujourd’hui. D’autant que les quelques professeurs avec qui j’ai travailés ont toujours exprimé une exapération pour l’historique du lieu.
Reparlons de la grille de FC. La radio aurait quitté son parc de confidentialité, glissant vers une médiocrité contestable ? Je trouve - presque toujours- beaucoup d’intérêt aux diverses émissions. Et j’apprécie l’ouverture d’esprit et de curiosité que j’en attends. Tant mieux, si FC se confronte au grand vent du dehors, avec le sérieux du travail des diverses collaborations rencontrées.
Pour avoir supporté des profs à l’université qui étaient surtout satisfaits de s’entendre eux-mêmes, je n’ai pas envie de subir pareil pensum dans ce qui est un loisir, une source d’informations en tous genres.
FC devrait se hisser au cursus des intellectuels des “bacs + 19″ : pitié pour les autres oreilles, moins aguerries au langage savant …
Pour plus ou autrement, l’érudition recherchée peut se compléter ailleurs. Parfois, je m’y emploie …
Mais en définitive, nul doute que vous ferez votre miel des diverses contributions du blog. S’il vous plaît, gardez surtout coeur dans votre tache au fil des jours. Et sachez que Je me régale beaucoup à saisir la pertinence des débats menés, avec la complicité de Julie Clarini, bien sûr.
A vous lire encore dans la suite des jours. Cordialement
Ch.
12 février 2009 à 12:43
Comme ce fil a débouché sur un débat autour de la programmation de France Culture et les pratiques de la station, j’en profite pour signaler l’existence du blog de Radiofrance, intitulé “Demain Radio France”, et qui contient une rubrique “La Culture à Radio France”. Les contributeurs ont des avis très informés sur la station, et soulèvent ensemble la question de l’omniprésence de l’actualité dans la grille. Espérons que M. Patino lira tout cela attentivement, et que ces avis nourriront sa réflexion… Voici le lien :
http://www.demainradiofrance.fr/debate/2044
Merci.
Yann
12 février 2009 à 19:34
Excusez-moi, mais ce soir, il y a encore un sujet sur la mémoire du communisme. C’est dur quand même. Faut se mettre à notre place. A force de creuser les mêmes sillons, on va finir par percer la croûte terrestre!
13 février 2009 à 11:51
J’écoute régulièrement Du grain à moudre depuis quelques mois et la thématique des émissions me laissait souvent dubitatif (le “mal dans l’histoire” c’était le ponpon)sans parler des invités, souvent des politiques un peu médiatique, sans doute parce que les experts font mal à la tête
Bref je m’interrogeai sur les idées politiques de Brice Couturier : il prétend en gros être un “libéral” alors que sa rhétorique est souvent conservatrice (c’est hélas le problème principal des libéraux)
Mais à la lecture des réactions à “la prise d’otage” de Vincennes j’ai enfin compris où l’on était dans cette émission : ches les demi-savants qui n’osent pas s’affirmer de droite
14 février 2009 à 7:10
Julien s’interroge sur le blog “demainradiofrance :” Est ce qu’on pourrait d’abord s’accorder sur le mot culture ?
Et pourra- t-on un jour vraiment battre cette fatalité qui destine forcément la culture à l’élite ?
N’est-ce d’ailleurs pas sa raison d’être ? ”
Il me semble avoir trouvé à FC beaucoup d’ occasion d’être dérangée ou poussée vers ce que j’aurai négligé dans mon ouverture au monde : les aspects de la poltique, l’intérêt pour les nouvelles technologies, les débats d’idées, les critiques de films, l’invitation pour les expos de peinture, etc. La lecture ? … je suis une dévoreuse du texte écrit, en tous genres. Mais en général le roman d’aujourd’hui me tombe des mains. Très peu ou plutôt pas de télé, reléguée dans une pièce de l’étage … Bref ! je suis accroc à FC et j’en réclame encore.
Ch.
PS. Une demande … comment ou avec quoi capter une émission en Italie ou en Autriche. Un auditeur peut-il me répondre ? Merci
20 février 2009 à 21:19
Je suis content de pouvoir revenir sur ces émissions, qui offre matière à réflexion.
20 février 2009 à 22:25
En effet, si l’intervention de l’étudiant de l’UFr 0 du prmeier soir était assez consternante dans son incapacité à l’improvisation, j’ai été bien plus choqué par ce qui s’est passé le deuxième soir.
En effet, une étudiante (je suppose) a pris la parole, cette fois pour délivrer un authentique message poltique sur la politique d’immigration de la France. Or, c’est cette intervention, certes intempestive mais non vide de sens que vous avez coupé et non celle de la veille qui ne présentait aucun intérêt pour l’auditeur.
Or, empêcher la diffusion d’une déclaration à caractère ouvertement politique, cela porte un nom, celui de censure.
Et là , votre éthique démocratique trouve vraiment ses limites. Et votre distance critique également.
A bien y réfléchir, ce genre d’incident se produit extrêmement rarement, aussi bien à la radio qu’à la télé. Et plutôt qu’une scène rabattue, il me semble avoir entendu une situation assez inouïe.
Car l’espace médiatique n’a rien d’un domaine public, il est réservé à un nombre très restreint d’individus qui ont l’immense privilège de l’organiser et qui se font un devoir de garder une parfaite maîtrise de leurs prérogatives (parfois très prosaïquement en défendant leur micro.) La première d’entre elles étant par exemple, pour le présentateur, le pouvoir absolu de distribuer le droit de parler à ses “invités.” Et donc de décider qui a droit de parler dans les médias ou non, et donc incidemment de ce qu’on a le droit d’y dire. Ou non. Ce soir là , la décision fut immédiate.
Quand on exerce un tel contrôle sur les accès, il ne faut pas s’étonner que certains entrent par effraction. Il est donc inévitable, quand l’occasion s’en présente, qu’une tentative dérisiore de prise de contrôle, qui ne menace en rien la répartition des pouvoirs, ait lieu. Nous avons en quelque sorte assisté à une expérience de démocratie directe à la radio, une auditrice décidant elle-même de ce qu’il fallait porter à la connaissance des auditeurs. N’est-ce pas ce que vous faites tous les jours?
Vous prétendez servir le service public (et je ne doute pas de votre bonne foi) mais vous ne supportez manifestement pas que le public se serve lui-même.
Le succès d’internet tient d’ailleurs au fait qu’il ne souffre pas du même déficit démocratique, pour des raisons historiques assez évidentes.
En espérant que vous lirez dans cette analyse autre chose qu’une attaque personnelle, je tiens à vous assurer que je continuerai à guetter le sujet de vos émissions et les discours de vos invités, car certains retiennent mon attention et éveillent mon intérêt.
21 février 2009 à 10:01
La radio du service public a-t-elle vocation à accueillir sur ses ondes (et à imposer à ses auditeurs) toute “déclaration à caractère ouvertement politique”, William Tell ?
Encore une fois, je vous pose cette question : si demain, un groupuscule de militants d’extrême-droite s’empare d’un micro pour lire une “déclaration politique” de leur eau, trouverez-vous convenable qu’on leur laisse la liberté de le faire jusqu’au bout ?
Sinon, pourquoi et au nom de quoi considérez-vous comme normal de réserver ce privilège aux seuls militants d’extrême-gauche ? Ont-ils des droits qui leur seraient réservés à eux seuls ? Vous voyez bien que ça ne tient pas debout !
23 février 2009 à 12:26
Mais cher Brice les gens d’extrême-droite sont les ennemis de la démocratie alors que ceux d’extrême-gauche en sont les défenseurs, tout le monde sait ça
Donc, oui, ils ont donc des droits réservés à eux seuls
23 février 2009 à 15:03
Et voilà , c’est dit. Les “gens d’extrême-gauche” avouent revendiquer des “droits pour eux seuls”. Je vous remercie de votre franchise. De votre cynisme. Que je ne partage pas. Les Khmers Rouges, le Guépéou, les gardiens de camps qui torturaient les déportés, les gardes rouges, etc. furent-ils des “défenseurs de la, démocratie” ? Ou ses assassins ? Moi, je ne pratique pas le double standard moral. “Aux miens, tous les droits, à ceux d’en face, aucuns”, j’appelle cela une revendication totalitaire.
23 février 2009 à 19:14
Parce que vouloir sensibiliser l’opinion publique au sort des exilés “sans-papiers”, c’est nécessairement une position d’extrême gauche? Qui, de ce fait, doit se voir interdire d’antenne? Au nom de je ne sais quelle équivalence formelle avec l’extrême droite?
Mais, M. Couturier, si un “groupuscule d’extrême droite” tenait le même discours, ça ne me dérangerait pas qu’il le fasse jusqu’au bout. Le fait est que les penchants les plus radicaux des discours desdits groupuscules (d’extrême droite) sont souvent punis par le législateur, et sans doute pas pour faire plaisir à l’extrême gauche(sur le sujet de l’immigration, on imagine assez ce que ça donnerait )
Au passage, je pense que vous n’avez pas saisi l’ironie de la réponse de Goupe qui doit se ranger à votre avis, et n’est donc pas “franchement cynique”
Ce que je constate surtout, c’est que vous avez censuré un propos qui critiquait durement la politique d’immigration du gouvernement, car vous ne vouliez sans doute pas assumer la responsabilité de sa diffusion sur les ondes d’une radio publique. Le problème n’est donc pas exactement (loin s’en faut) celui que vous posez.
Je remarque vous ne répondez sur le reste, notamment sur la question du privilège non pas de la liberté d’expression de tel ou tel mais de sa distribution dans les médias par tel et tel.
Merci, en tout cas, d’avoir pris le temps de me répondre.
24 février 2009 à 11:28
Finalement j’ai changé d’opinion : ce ne serait pas mal d’entendre des gens tenir des propos racistes à l’antenne, tout le monde serait ainsi édifié de la ressemblance criante entre ces gens-là et les va-nu pieds de Vincennes, dont les appels aux meurtres étaient très clairs à l’écoute
24 février 2009 à 21:53
M. Goupe, je ne pense que nous ayons entendu la même chose… Mais vous me paraissez peu soucieux de l’exactitude des faits, à moins que l’idéologie que vous prônez n’altère considérablement votre perception des choses…
24 février 2009 à 22:30
Quant à vous, William Tell, vous êtes un jésuite. Si je vous lis bien, vous êtes d’accord pour que l’on laisse l’extrême-droite s’emparer du micro à égalité avec l’extrême-gauche… à condition qu’elle tienne le même discours (”tenait le même discours”). Ce qui est, bien sur, invraisemblable. Et vous évacuez d’avance une autre hypothèse au motif que son discours serait puni par la loi. Ce qui est inexact. Que je sache, les opinions d’extrême-droite ne sont pas interdites en tant que telles. Ma question conserve donc sa pertinence et vous l’esquivez, parce que vous n’avez pas la réponse.
Mais je vous repose ma question : pourquoi serait-il légitime de laisser un groupuscule d’extrême-gauche - j’insiste d’extrême-gauche, et même d’ultra-gauche, d’après un responsable socialiste présent sur les lieux : ces gens-là nous ont d’ailleurs insultés, à Beaubourg, en traitant France Culture de “radio bobos, radio socialo” - s’emparer de l’antenne, et illégitime d’accorder le même droit aux gens situés symétriquement à l’autre bord extrême de l’échiquier politique ?
Moi, je suis d’accord avec Groupe sur la profonde équivalence entre les discours des deux extrêmes : la même intolérance, la même violence, le même refus du verdict du suffrage universel, le même mépris des procédures de la démocratie libérale, de la pluralité des opinions, du libéralisme politique et de la social-démocratie. Oserais-je ajouter : des formes surprenantes d’antisémitisme, qui paraissent divergentes, mais qui convergent, en profondeur.
25 février 2009 à 21:38
J’aurai dû mettre des smileys visiblement car mon commentaire était ironique
Qu’on puisse accepter sans broncher l’affirmation selon laquelle les discours d’extrême-gauche sont les mêmes que ceux d’extrême-droite (soit des appels aux meurtres dans mon post) montre bien à quel point nos sociétés sont liées par leur histoire au racisme et au fascisme (ce que les travaux de Bauman, Traverso et même Paxton montrent abondamment)puisqu’elles mettent sur le même plan des discours que tout oppose, il s’agit de faire oublier cette parenté comme avec le concept de totalitarisme
Se faire traiter de bobos ou de socialo peut sans doute être perçu comme insultant mais comment comparer cela à une insulte raciste sans diminuer la gravité de celle-ci ?
La “profonde équivalence” entre ces discours politiques peut en fait s’appliquer à tous les discours : intolérants les démocrates qui tiennent les discours homophobes à l’occasion du Pacs, violents les républicains qui envahissent l’Irak et reconnaissent qu’ils ont menti sur les raisons du conflit, mépris des procédures démocratiques les sociaux-démocrates qui ratifient un traité rejeté par les citoyens , mépris du pluralisme le centre-droit transalpin ou la démocratie russe
Tous les mouvements politiques ont leurs adversaires (les étrangers, les minorités, les fonctionnaires, les gauchistes, les capitalistes…)
Certains le reconnaissent d’autres non et c’est cela qui fait peur à ceux qui ont oublié que la démocratie n’est qu’une forme de gestion des conflits et qu’en tant que telle elle n’a qu’une alternative : évoluer vers la disparition de ces conflits ou disparaître elle-même
25 février 2009 à 22:13
Le libéral que vous prétendez être considére donc que s’indigner du sort des “sans-papiers” et de l’indifférence massive de la population à leur égard est un discours qui ne peut être tenu que par des gens ” d’extrême gauche” ; c’est -à -dire d’une minorité “intolérante, violente, etc.” - bigre!
J’ai bien peur que vous ne me fassiez un procès d’intention M. Couturier, vous m’avez catalogué “extrême gauche” et vous voudriez absolument me faire avouer que dans le fond je suis un esprit totalitaire, parce que évidemment “l’extrême gauche” même si elle est légion, procède du même esprit maléfique, “totalitaire” dont “l’extrême droite” et “l’ultra gauche” (on n’a plus de mots assez forts pour le dire!) ne sont que des avatars.
S’il faut chercher des comparaisons avec d’anciens ordres religieux, j’ai bien peur de vous imaginer siégeant dans certains tribunaux…
Votre “échiquier politique” est dans le fond assez réducteur et manichéen, les partis du milieu sont menacés des deux côtés par les groupuscules antidémocratiques qu’ils sont les seuls à empêcher de se rejoindre pour plonger le pays dans le chaos ou la Terreur. Les plus démocratiques se trouvent au centre, non?
Si les mobiles qui ont pu vous poussez à censurer un propos qui critiquait ouvertement le gouvernement dans votre deuxième émission sont assez faciles à saisir, je remarque que vous ne me répondez jamais sur le fond, à savoir la légitimité du pouvoir que vous donne votre rôle de présentateur, de choisir qui a droit d’antenne ou non.
Ce n’est pas une attaque personnelle, mais je pensais que vous auriez des réflexion intéressantes sur cette question générale… Car c’est, convenz-en, un débat moins stéréotypé que celui de la “symétrie des extrêmes” qui n’a la forme d’un argument que pour ceux qui en sont convaincus (dont vous êtes, je l’ai bien compris, n’y revenons pas; mais vous savez aussi bien que moi que la réalité est bien plus complexe que vous ne la présentez.)
26 février 2009 à 13:32
je crois par ailleurs que “la critique du gouvernement” s’exprime assez régulièrement dans le cadre de notre émission, sans que soit attribué un espace particulier à quiconque réclame un micro pour la relayer.
Contrairement à ce que vous écrivez, ce n’est donc nullement au motif de cette contestation que j’ai demandé l’interruption de la lecture d’un interminable tract de propagande par des gens qui s’étaient emparés du micro. J’en aurais fait tout autant avec des gens qui auraient prétendu interrompre notre émission pour lire un tract favorable au gouvernement.
Et vous le savez fort bien.
1 mars 2009 à 21:14
Si vous voulez continuer à faire votre votre émission, vous devez donc vous ingéniez à plaire à une seule personne, votre “directeur”, qui juge au nom de la chaîne et des auditeurs si oui ou non vous avez respecté votre cahier des charges?
Reconnaissez que cela n’est pas très rassurant quant à l’indépendance et à la liberté d’exercice du journaliste. Cette sujétion à celui qui décide de la reconduction ou non de votre contrat… Le statut d’agent titulaire serait en effet préférable!
Soyons francs, ce n’est pas parce que vous risquez de perdre votre emploi “comme tout le monde” que vous pouvez faire l’économie d’une réflexion sérieuse sur le pouvoir peu partagé dont vous disposez. Et pourquoi vous, alors? Comment avez-vous été choisi? Par qui? Et pourquoi les animateurs de Radio france passent-ils si facilement d’une station à l’autre? Et que dire des présentateurs et chroniqueurs inamovibles?
La “neutralité idéologique” comme la fameuse “objectivité” est une fable que se racontent peut-être les journalistes pour se donner bonne conscience mais à laquelle une faible partie du public croit encore. Si on y a jamais cru…
Vos “goûts personnels” sont justement très sensibles dans la manière dont vous présentez les débats, dans le ton que vous employez avec tel ou tel, dans votre façon de laisser un intervenant en couper un autre ou non, etc.
Tout animé que vous êtes de “nobles principes”, vous ne pouvez quand même pas faire votre travail en ignorant superbement les critiques qui ont été produites sur la “fabrique” de l’opinion ou les pratiques endomgames du monde journalistique.
Quant à la lecture d’un “tract favorable au gouvernement”, il me semble que nous en entendons plus qu’à notre tour sur votre chaine et ailleurs en vertu de ce fameux “équilibre du temps de parole” qui ne compte même pas les interventions du président lui-même…
Et dire que vous m’avez traité de jésuite!
1 mars 2009 à 22:36
J’ai le même genre de “pouvoir” qu’un responsable administratif quelconque, et dépends, comme lui, de mon directeur, en effet - qui représente en l’occurence l’intérêt du public et des contribuables. Vous préférez quoi ? Le système soviétique de la nomenklatura ? Un référendum auprès des auditeurs ? Ca ne me déplairait pas : notre émission a fait monter les courbes d’audience sur ce créneau horaire, comme c’était déjà le cas, avec l’ancien horaire.
La différence avec un job de fonctionnaire, c’est que je ne dispose d’aucune sécurité de l’emploi. Ce qui est parfaitement logique. D’ailleurs, je suis hostile à l’emploi à vie. Cela crée une violente inégalité entre les salariés exposés au risque de perdre leur emploi et les autres. En tant qu’animateurs et journalistes, notre métier est particulier. Pas question de devenir propriétaires de nos émissions, de nos créneaux horaires. Il faut renouveler constamment, épouser les attentes du public. Je suis hostile par principe aux rentes de situation.
Pour le reste, comme un fonctionnaire lambda, j’occupe cette fonction parce que j’ai été jugé qualifié pour le faire. Dans mon cas, j’ai commencé à Radio Nova en 1983. J’y présentais le journal entièrement seul, à 13 h, au milieu des années 80. C’était un tour de force, puisque je m’efforçais à la neutralité politique, tout en travaillant pour le Groupe socialiste du Sénat en tant qu’assistant de groupe… J’ai rejoint France Culture en 85, appelé par Laure Adler, qui avait remarqué mon travail à Nova. Elle m’a formé à ce métier. J’avais déjà une bonne expérience de la presse écrite (je l’ai prouvé en exerçant, par la suite, la rédaction en chef de deux magazines). Pour l’heure, avec GM Bénamou, on était en train de lancer Globe. Mais c’est Laure Adler qui m’a expliqué les exigences qui étaient celles d’une radio comme la nôtre. Avec dureté, parfois. Bref, j’ai appris un métier. L’art du débat, je l’ai appris dans la presse écrite : en tant que chef du service ‘idées’ de L’Evènement du Jeudi, j’en ai monté beaucoup. C’est pourquoi Jean Daniel m’a embauché au Monde des Débats, en 2001, en tant que rédacteur en chef adjoint. Durant l’été 2002, j’ai créé l’émission de débats “Contre-Expertise” sur France Culture, qui a connu un succès ahurissant. C’est pourquoi il n’était pas invraisemblable que David Kessler pense à moi quand il a décidé de créer une émission quotidienne de débats, pour la grille de rentrée 2006.
Donc, oui, ma présence à FC ne m’apparaît pas spécialement usurpée. Ce n’est pas sur la base de nos opinions politiques que nous sommes recrutés, mais sur celle d’un savoir-faire.
Au fait, pouvez-vous me donner une liste des ces journalistes de notre station qui, d’après vous, “passent si facilement d’une station à l’autre” ? Ce serait un réel soulagement pour moi, de savoir que le chômage ne me menace plus. J’y ai passé tant de mois ! Pas vous, j’imagine.
La neutralité idéologique est au coeur de la notion de service public. Ce n’est pas une fable. Mais je conçois que ceux qui rêvent d’une presse de propagande (assujettie à leur cause, bien entendu) n’y croient pas. Mais qu’ils se méfient : la neutralité est contestée aussi par le bord opposé… Et les appels à la partialité pourraient aussi venir du camp d’en face… Moi, j’ai connu la “télé du général”, où l’opposition n’était pas la bienvenue. Ayant vécu en Pologne, je sais ce que représente des média entièrement soumis au contrôle politique des dirigeants de l’Etat. C’est sans doute pourquoi impartialité, neutralité, équilibre me sont si chers. Vous ne croyez pas à la neutralité idéologique, donc vous êtes contre le service public. La neutralité idéologique, c’est aussi le fait que le facteur ne peut pas vous refuser votre courrier, même si le journal auquel vous êtes abonné lui déplaît. La neutralité idéologique fait que le percepteur ne peut pas vous rajouter des impôts si vous pratiquez une religion qui n’est pas celle que professe l’Etat - comme c’est la cas ailleurs.
En ce qui concerne l’égalité de traitement entre majorité et opposition politique, je conçois qu’il y ait parfois des choses à redire sur certaines radios, y compris celles du service public. Mais pas dans le sens que vous indiquez, comme nous le fait régulièrement remarquer le CSA - qui y veille. Renseignez-vous.
PS. C’est la dernière fois que je me livre au pénible exercice de l’auto-justification du métier que j’exerce.
2 mars 2009 à 6:43
Mais cette notion de démocratie libérale dont vous vous revendiquez et qui ne vous faisait pas trouver absurde le financement des retraites par les placements financiers, n’est rien moins que de l’idéologie.
Vous avez l’honnêteté de le revendiquer, et au titre de cet esprit partisan vous ne faites pas passer pour analyse objective, “réaliste” votre subjectivité. En cela vous êtes un démocrate.
Mais ce qu’il y a d’agaçant, c’est la coïncidence de cette opinion, avec un courant de pensée dominant, jusqu’aux débuts de la crise financière actuelle, lequel ne se présentait pas comme opinion justement mais comme vérité à imposer aux français concernant l’analyse de la réalité sociale et économique et les décisions collectives à prendre.
Cette opinion, fabriquée par les think-thank doctrinaires d’extrémistes libéraux et d’aventuriers opportunistes y trouvant leur intérêt, affectait le pouvoir politique à droite comme à gauche, et s’imposait dans certains grands journaux (par contagion, adhésion spontanée et subjective peut-être mais jamais assumée comme telle, toujours présentée au contraire comme “la réalité” simplement décrite et martelée par ceux qui detenaient le pouvoir politique, celui de la plume ou du micro (Minck, J.M. Colombani et Le Monde pour ne prendre qu’un exemple). Ceux qui témoignaient du danger réel de ces options (et les prophètes que vous feignez de chercher aujourd’hui étaient légions en 2002-2003) étaient taxés par de bien-pensants libéraux comme de dangereux gauchistes à faire taire, à quoi s’employaient une partie des médias, ayant de la démocratie, de son centre et de ses extrêmes, une vision trop simpliste pour être honnête.
4 mars 2009 à 9:11
Réponse au post 80 de Brice Cout.
(Mon précédent post a disparu dans les limbes du web car j’avais oublié de remplir un champ, or si on revient en arrière, on perd tout ce qu’on a écrit.)
Certes à part N. Demoran, je ne pourrais pas vous citer beaucoup de noms d’animateurs passant d’une station à l’autre de R.F. (d’ailleurs, je ne prétends pas tous les connaître, et encore moins leur parcours.) En fait, je pensais surtout aux « reconversions » des stars du petit écran, que l’arrivée de PPDA sur le service public a récemment illustré (quel salarié ne rêverait d’un parcours professionnel aussi sécurisé?) Mais le profil des journalistes de F.C. ne leur permet pas aisément de suivre le chemin inverse (passer du public au privé), ce qui est fort dommage.
Concernant la neutralité idéologique, il me semble que le marchand de journaux a en kiosque des titres de tous bords politiques et ce quelles que soient les siennes propres. Et que dire de la diffusion des livres, disques, films etc qui n’est pourtant assurée par le service public. Pensez-vous que les vendeurs aient été sensibilisés à la défense de la « neutralité idéologique »?
En revanche, l’opinion selon laquelle la « flexibilité » (entendre l’insécurité de l’emploi) est seule garante d’une adaptation à la « demande » relève, elle aussi, d’une rhétorique idéologique. Or celle-ci, plus que tout autre, par son caractère dominant menace actuellement la démocratie.
Je m’explique. Le préjugé qui veut qu’un salarié fera plus efficacement son travail sous l’emprise de la peur (de perdre son emploi et d’être exposé au risque de la déchéance sociale) repose sur une vision hyperdisciplinaire et antidémocratique des rapports humains. Son équivalent politique est l’autoritarisme, voire une forme de totalitarisme. Diriger par la crainte, exiger toujours plus de sacrifices et d’investissement personnel pour « réussir », « être les meilleurs », « vous offrir le meilleur service », etc. n’est-ce pas l’idéologie dans laquelle nous vivons? (Bien plus difficile à identifier comme telle que celles que l’histoire a condamné.) Le salarié conçu comme un petit soldat de l’entreprise et non le travail comme facteur d’émancipation individuelle. (Il suffit d’en discuter avec des salariés.)
Changer d’idéologie n’empêche pas de reproduire les mêmes erreurs ( adhérer à une représentation du monde qui stimule le sentiment d’impatience de l’étudiant et la quitter pour celle qui conforte la satisfaction d’une carrière réussie, c’est toujours poser des Å“illères sur son esprit critique…)
Je préfère donc que les enseignants, les chercheurs et les juges aient la garantie de leur emploi car cela aide à l’indépendance de leur travail vis-à -vis de tout intérêt privé, ce qui est dans l’intérêt du plus grand nombre.
Et je ne pense pas que la radio du service public puisse juger la qualité de ses émissions à l’aune de l’audimat, sinon tous vos confrères avec vous-mêmes devrez conclure que le travail de F.C est minable comparé à ce que font RTL ou NRJ, par exemple.
Une petite question pour terminer. Considérez-vous que « l’auto justification » fasse partie de vos devoirs envers vos auditeurs?
En tout cas, j’invite vraiment vos confrères à tenir leur propre blog, car cela ouvre un espace de dialogue très intéressant.
P.S : A quand une émission sur le pouvoir des médias avec mettons, L. Joffrin et un animateur du site acrimed?
5 mars 2009 à 9:10
Réponse : jamais. Parce que Laurent Joffrin dirige un journal de gauche, Libération, et que le site Acrimed est également un site de gauche, quoiqu’un peu plus radical. De même que je n’organiserais pas non plus un débat entre, mettons, un des contributeurs du site Polémia (droite radicale) et le directeur du Figaro. Parce qu’il me semble que le débat intellectuel ne saurait se dérouler au sein d’un seul et même camp. Les électeurs de droite, comme ceux des différentes familles de la gauche, ont le droit de voir leur point de vue représenté.
Ca aussi, ça correspond à l’idéal d’impartialité et de neutralité qui est celui du service public.
Convaincu ?
5 mars 2009 à 22:10
Pourquoi pas les inviter tous les quatre alors?
5 mars 2009 à 23:02
Quant à laisser parler l’extrême droite (comme vous l’évoquez dans vos posts 69 et 75 ) si vous y tenez, Brice Couturier… Pourvu qu’après on se donne les moyens de revenir de manière critique sur les propos tenus (et que la justice fasse son travail s’il y a lieu…); je pense que la liberté d’expression implique que l’on laisse s’exprimer les opinions que l’on entend combattre.
Je vous ferai par ailleurs perfidement observé qu’au nom de « l’équilibre du temps de parole » que vous prônez (post ) vous auriez dû inviter des membres représentatifs de l’extrême droite puisque vous en avez reçu de l’extrême gauche, ou alors peut-être avez-vous omis de nous le rappeler?
J’avais surtout trouvé symptomatique que votre ligne de défense consiste de prime abord à me demander de me mettre à votre place (« et que devrais-je faire si… ») alors que, selon moi, c’est précisément votre légitimité à l’occuper que les étudiants de paris 8 contestaient par leur coup de force.
Pour le reste, je ne doute pas que vous ayez censuré l’intervention en question pour de bonnes raisons, mais quel censeur ne pense pas ainsi? Il est simplement curieux de ne pas vouloir reconnaître l’acte de censure pour ce qu’il est. Vous avez fait ce que la - ou votre - situation vous commander de faire. Mais c’est l’analyse de cette situation-là qui intéresse.
Car cette obsession de « l’équilibre du temps de parole » n’est-elle pas elle aussi un « formatage idéologique » dangereux pour les journalistes? Cela vous contraint à faire entrer de force des individus dans des catégories qui nient en quelque sorte leur liberté d’expression, c’est-à -dire le droit de parler en leur nom propre et non à telle ou telle enseigne politique. On a l’impression que pour vous, c’est toujours le parti qui parle, et non le citoyen dont le point de vue peut toujours excéder une appartenance revendiquée ou supposée.
6 mars 2009 à 7:30
… Pour un combat de boxe “encadrée” ? … Bigre !
Vous n’êtes pas fatigué des joutes oratoires, dignes des jeux de cirque de la Rome ancienne ?
Ch.
6 mars 2009 à 9:33
Bravo, William Tell, cette fois-ci enfin vous avez placé vos flèches, que la mauvaise foi égarait, au coeur de la cible ! Puisque nous invitons fréquemment des représentants intellectuels de l’extrême-gauche, pourquoi pas d’extrême-droite ? Franchement, c’est une question que je ne cesse de me poser. Et en toute franchise, je n’ai pas de réponse. Pour l’instant, nous ne l’avons jamais fait. La personnalité la plus à droite que nous ayons reçue est sans doute Ivan Rioufol - éditorialiste musclé du Figaro, mais qui appartient à la droite républicaine, à la fraction droitière de la majorité présidentielle, pas à l’extrême-droite. Cela m’a valu des mails indignés, insultants et même menaçants. Qui, bien sur, ne me dissuaderont en aucune façon de recommencer.
Alors, oui, pourquoi pas des invités à droite de la majorité ?
Les jours où nous sommes, nous aussi, tentés par le jésuitisme, nous nous en tirons en feignant de croire qu’il “n’y a pas de vrais intellectuels de ce côté-là ”. Mais c’est inexact. Il y en a même pas mal. Mon ouverture d’esprit va jusqu’à la lecture régulière de “La Nouvelle Revue d’Histoire” et du site Polémia. Donc je les connais. Et je trouve même souvent leurs analyses fort intéressantes. Qu’est-ce qui me retient de leur donner la parole ? Je ne sais pas. Faudrait-il, comme vous le suggérez, “revenir de manière critique sur les propos tenus” ? Mais alors, pourquoi laisser passer certaines énormités, lorsqu’elles sont le fait d’invités d’extrême-gauche ? Encore une fois, je n’ai pas de réponse et les avis de nos auditeurs à ce sujet m’intéressent au plus haut point.
Quant à mon “obesssion de l’équilibre du temps de parole”, je vous signale qu’il ne s’agit pas seulement d’une question d’éthique et de déontologie, mais d’une affaire pratique : le CSA, chargé par la loi de veiller à ce fameux équilibre, nous a fait savoir qu’il n’était pas respecté sur notre antenne - au détriment des formations politiques de la majorité. Nous devons donc faire un effort pour le respecter mieux. Ce qui me paraît parfaitement républicain.
9 mars 2009 à 7:12
Oui, plus justement “jésuitisme” ! car le jésuite est un membre de l’ordre religieux fondé en 1594 par Ignace de Loyola. Je pensais que le terme ne s’utilisait qu’en adjectif. Mais alors pourquoi ne pas utiliser le terme de “hypocrite” ?
On rétorquera qu’il est indélicat de taxer un interlocuteur des noms dévastateurs du grand Larousse, tels que menteur, déloyal, etc… et j’en passe.
A propos, voilà un souvenir lointain qui pourrait s’ajouter au blog sur l’hyperinflation.
Je travaillais déjà avant 1968. Beaucoup de bruits certes ! Mais je me souviens de l’atmosphère printanière quand la crainte d’une guerre civile a enflé. Vite, on a fermé mon école de quartier et renvoyé chez eux écoliers et maîtres. Ce fut un temps de vacances anticipées.
Les augmentations de salaires ont été faramineuses … mais les chaises achetées après le beau mois de mai 68 avaient augmenté de 25%.
Moi, pour une fois, j’avais le temps de regarder la vie et … moi-même dans ce temps-là . Anecdote oubliée, vraiment ?
Bonne journée aux lecteurs du site. Ch
9 mars 2009 à 22:00
Bricecout,
Taxer son interlocuteur de “mauvaise foi”, est-ce un argument de “bonne foi”? Vous êtes décidément très tourné vers les milieux religieux (que je respecte, je préfère le dire tout de suite, mais qui ne brillent pas toujours par leur capacité au débat ni par leur ouverture d’esprit)
Je vous rappelle juste que j’avais déjà répondu dans le même sens dès mon post 72. Et que c’est vous qui tenez absolument à poser le débat sur cette balance-là . C’est plus commode, en effet.
Je récuse pour ma part l’idée que les deux extrêmes pèsent le même poids, parce que c’est votre balance même et la manière dont elle fonctionne qui me semble faussée. Mais votre instrument de mesure, lui, vous refusez de l’examiner.