Encore un dĂ©bat qui a lieu chez les autres, mais pas chez nous. J’ai trouvĂ© dans la revue intellectuelle britannique Prospect, Ă  quelques mois d’intervalle, deux articles dont les auteurs s’interrogeaient sur les effets probables de la crise dans le domaine de la culture. Le hasard fait qu’ils s’appellent tous deux Toby. En dĂ©cembre, c’Ă©tait Toby Young, qui revenait sur les thèses Ă©noncĂ©es il y a quarante ans par son père dans son fameux essai, “The Rise of Meritocracy”, pour diagnostiquer une victoire par K.O. des cultures de masse sur la haute culture, en tous cas chez les moins de 45 ans. En ce mois de mars, Toby Mundy constate, lui, la montĂ©e en puissance de la presse sĂ©rieuse - parce que les gens ont besoin d’une information qui prenne de la hauteur.

Et chez nous, qui sortira le mieux son Ă©pingle du jeu ? Les Ă©lites de la compĂ©tence - malgrĂ© leur incapacitĂ© Ă  prĂ©voir et Ă  empĂŞcher la catastrophe en cours ? Ou plutĂ´t l’esprit de dĂ©rision qui prend pour cible ces mĂŞmes Ă©lites, parce que c’est facile et qu’elles sont Ă  terre ? Le besoin de comprendre ce qui se joue favorisera-t-il un regain d’intĂ©rĂŞt pour le savoir et l’Ă©tude ? Peut-on rĂŞver d’une rĂ©habilitation de la culture humaniste traditionnelle, parce que les diverses branches de l’expertise ont dĂ©finitivement manquĂ© le coche et n’offrent aucun horizon de sens ? Ou la crise va-t-elle, au contraire, achever la culture littĂ©raire et humaniste, en en faisant l’ultime passe-temps de quelques retraitĂ©s ? Lire la suite »