Nous avons donc passĂ© la semaine Ă  la plus grande maison d’arrĂŞt de France, Ă  l’occasion d’une invitation en bonne et due forme de l’administration pĂ©nitentiaire adressĂ©e Ă  notre radio, France Culture. Qu’en aurais-je retenu ? Très peu de choses relevĂ©es sur place : l’administration a fait en sorte que nous ne croisions que très exceptionnellement des dĂ©tenus. L’architecture de Fleury est telle que la grille d’une “tripale” ne peut ĂŞtre ouverte que lorsque les deux autres sont fermĂ©es. Lorsque les dĂ©tenus rentraient de promenade, nous attendions de notre cĂ´tĂ©. Peu de regards Ă©changĂ©s.  Ni Julie Clarini, ni moi, n’avons de goĂ»t pour le voyeurisme. La proximitĂ© du crime, la menace du danger, ne provoquent pas, chez nous, d’excitation malsaine. En outre, nous n’avons travaillĂ© que dans la D2, refaite Ă  neuf, moins sordide que les autres. Notre prĂ©sence est donc restĂ©e très extĂ©rieure, nous n’aurons entr’aperçu que la surface des choses.  Nous avons eu de nombreux contacts avec des surveillants ; suffisamment pour constater que ce sont des gens jeunes, appartenant aux deux sexes, comportant une bonne reprĂ©sentation de la diversitĂ© ethnique (pas mal de Noirs), sĂ©rieux, calmes, attentifs, (j’en ai vu se faire insulter avec une patience d’ange…) , bref lĂ  aussi, très Ă©loignĂ©s de l’idĂ©e qu’on se fait des “gardiens”. Mais sur la vie quotidienne des dĂ©tenus, je n’ai pas le sentiment d’avoir appris grand chose. Beaucoup par contre, grâce Ă  mes lectures et encore plus grâce Ă  nos invitĂ©s de ces quatre Ă©missions…  dans les taxis qui nous ramenaient Ă  Paris.

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