Pour corriger les dysfonctionnements et les injustices de notre sociĂ©tĂ©, il convient d’abord d’en avoir une vue exacte et prĂ©cisĂ©ment mesurĂ©e. C’est pourquoi les politiques sociales, traditionnellement de la compĂ©tence des sociologues, seraient en train de passer aux mains des Ă©conomistes, comme le constate François Dubet, pour le dĂ©plorer, dans son dernier livre, “le travail des sociĂ©tĂ©s”. Or, notre connaissance de la rĂ©alitĂ© sociale est trop souvent faussĂ©e par les slogans, non pas du jour, mais bien plutĂ´t de la veille. Dans un pays oĂą les dirigeants politiques ont de plus en plus tendance Ă  rĂ©agir aux mouvements d’opinion, plutĂ´t qu’en fonction d’un plan d’ensemble, cela donne parfois de piteux rĂ©sultats. Notre politique sociale a souvent pĂŞchĂ© de vouloir corriger les problèmes d’hier, plutĂ´t que ceux d’aujourd’hui - comme nos gĂ©nĂ©raux perdaient les guerres du moment, pour s’ĂŞtre longtemps prĂ©parĂ©s Ă  la dernière…. Ainsi, les mĂ©dia vont rĂ©pĂ©tant que, dans notre pays, “les inĂ©galitĂ©s de revenus explosent”, ou encore que “le partage de la valeur ajoutĂ©e s’est dĂ©gradĂ© au dĂ©triment des salaires”. Qu’en est-il exactement ? Le rapport Cotis, qui vient de paraĂ®tre, remet les pendules Ă  l’heure. C’est sur la base des indications qu’il fournit que des nĂ©gociations sociales informĂ©es et honnĂŞtes pourront s’ouvrir, afin que le poids de la crise ne pèse pas prioritairement sur les plus faibles. Car les principales victimes de la crise sont et surtout seront, comme d’habitude, ceux que l’on n’entend pas.

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