L’Union EuropĂ©enne a Ă©tĂ© magnifiquement thĂ©orisĂ©e comme “post-moderne” par Robert Cooper, dans “La fracture des nations” (DenoĂ«l 2006). Post-moderne, parce qu’elle entendait rompre avec la logique “moderne” : celle qui naĂ®t avec les traitĂ©s de Westphalie et culmine dans le principe des nationalitĂ©s, entre “printemps des peuples” de 1848 et TraitĂ©s de Versailles et de Trianon, au lendemain de la I° Guerre Mondiale. La logique “moderne”, c’est celle , celle des Etats-nations, imposant leur souverainetĂ© Ă un territoire, regroupant plus ou moins un peuple, en tous cas une nation. L’UE, diagnostiquait Cooper, a renoncĂ© de fait Ă travailler Ă la constitution d’un “super Etat-nation”. Celle-ci n’aurait Ă©tĂ© que la projection sur un espace plus large des caractĂ©ristiques d’une formule politique - l’Etat-nation. Formule politique, dont l’Europe est, en effet, l’inventrice et qui lui a permis de remiser les formes “empire” et “tribus”. qui, hier, encore, dominaient partout. En Europe, seuls, les Français, relevaient Cooper, ont rĂŞvĂ© d’une “Europe-puissance”, d’un super-Etat europĂ©en. Parce qu’ils y voyaient le moyen de relayer leurs propres ambitions nationales , dont ils ont de moins en moins les moyens ; mais les dirigeants français ont fini par comprendre qu’il n’entrait pas dans l’intention des autres (des Allemands en particulier) de jouer le rĂ´le de force d’appoint pour les ambitions française.
Non, l’UE, expliquait Cooper, ne rĂŞve pas d’un empire, elle travaille Ă crĂ©er une interdĂ©pendance de plus en plus contraignante entre des Etats-nations, les amenant ainsi Ă renoncer progressivement Ă nombre des attributs classiques de leur souverainetĂ© au profit d’un système de relations stables et rĂ©gulĂ©es par le contrĂ´le mutuel et par droit. Adieu contrĂ´le des prix, adieu contrĂ´le des changes, adieu contrĂ´le des mouvements de population, fin des barrières douanières nationales, adieu monopoles publics… Plusieurs d’entre nous ont mĂŞme renoncĂ© Ă leur souverainetĂ© monĂ©taire pour adopter l’euro, ce qui a eu pour consĂ©quence des pressions de plus en plus fortes Ă harmoniser les politiques budgĂ©taires et donc fiscales elles-mĂŞmes. De proche en proche, selon la mĂ©thode du “spill-over“, parfaitement thĂ©orisĂ©e par les Pères Fondateurs, l’essentiel de ce qui constitue le pouvoir souverain des Etats aurait Ă©tĂ© ainsi “transvasĂ©” au bĂ©nĂ©fice de l’Union. Or justement, celle-ci a Ă©tĂ© conçue comme une “machinerie“, une “gouvernance“, dont la politique est largement absente. L’Union a d’innombrables politiques” (policies), elle se garde de faire “de la politique” (politics). Petit Ă petit, tout se trouvait heureusement rĂ©gulĂ© par un système de normes contraignantes. L’ancienne politique laissait place Ă une forme de pilotage automatique.
C’est Zaki LaĂŻdi qui a le mieux dĂ©veloppĂ© les idĂ©es de Cooper. Dans “La norme sans la force” (Presses de Sciences Po, 2008), il montre avec luciditĂ© comment les EuropĂ©ens ont “transformĂ© le refus de la puissance en vertu”. L’UE a voulu être une “puissance normative”, afin de limiter au maximum l’espace du conflit - dont elle se mĂ©fie. Elle a refoulĂ© la politique au profit du commerce, censĂ© pacifier les moeurs et crĂ©er des interdĂ©pendances. Elle est gĂ©rĂ©e selon le principe de la recherche laborieuse du compromis qui ne lèsera personne. Ce n’est pas par hasard qu’elle a refusĂ© la logique de la “politisation”, qui implique l’existence d’une majoritĂ© qui dĂ©cide : ce qui est recherchĂ©, c’est le consensus, mĂŞme au prix d’une rĂ©duction des objectifs au plus petit commun dĂ©nominateur. A l’extĂ©rieur, elle s’est voulue “soft power“, ne misant jamais sur la force, mais sur l’attractivitĂ© de son magnifique marchĂ© intĂ©rieur, prodigieusement civilisĂ©. Du coup, elle apparaĂ®t aujourd’hui comme un nain militaire. Et surtout, elle a cherchĂ© Ă entraĂ®ner le reste du monde dans sa logique d’interdĂ©pendance gĂ©nĂ©ralisĂ©e et de gestion des diffĂ©rends Ă©ventuels par le droit international. C’est pourquoi les foules europĂ©ennes avaient fait de W Bush, incarnation du “hard power” amĂ©ricain, leur adversaire de prĂ©dilection.
Notre problème, c’est que, dans un premier, cela a marchĂ©. C’est l’Europe qui a gagnĂ© la Guerre Froide contre l’URSS et non pas l’OTAN. C’est l’irrĂ©pressible dĂ©sir de faire partie du “club” et de profiter de ses avantages (la paix, la prospĂ©ritĂ©, le libre marchĂ©, la libre circulation intĂ©rieure) qui a poussĂ© les peuples polonais, hongrois, tchèque ou slovaque Ă renverser leurs dictateurs communistes locaux. Selon une logique de cercles concentriques, on a vu cette sĂ©duction opĂ©rer sur des peuples de plus en plus nombreux : Ukraine, GĂ©orgie, Turquie, Maghreb… Or, cette tendance Ă l’extension universelle (l’Europe refuse d’assumer des frontières prĂ©cises, elle se prĂ©tend ouverte Ă tous ceux qui partagent ses valeurs) a fini par Ă©nerver la Russie de Poutine, qui agit selon une toute autre logique - celle, “moderne”, pour le coup, des rapports de puissance, des rapports de force. La Russie a marquĂ©, contre la petite GĂ©orgie, un vĂ©ritable coup d’arrĂŞt Ă l’expansion europĂ©enne. Elle menace Ă nouveau l’Europe, en prĂ©venant qu’elle pourrait bien couper les approvisionnements de gaz en juin, si l’UE ne paye pas la facture de l’Ukraine.
Du coup, c’est l’histoire qui fait retour, cette histoire dont l’Europe croyait ĂŞtre sortie. Et dont elle espĂ©rait aussi faire sortir les autres. C’est que pour nous, EuropĂ©ens, “faire l’histoire” est un fardeau que nous avons dĂ©jĂ supportĂ© et qui a failli nous Ă©craser : les rĂ©volutions, la colonisation, deux guerres mondiales, la guerre totale, la Shoah… par combien de dizaines de millions de morts paye-t-on le privilège d’ĂŞtre les agents Ă©lus de l’Histoire ? Je suis très frappĂ© que LibĂ©ration ait publiĂ©, cette semaine, une tribune intitulĂ©e “l’Europe doit ĂŞtre prĂŞte Ă la guerre“. Son auteur, Peter Van Ham, y dĂ©veloppe l’idĂ©e selon laquelle l’Europe gère fort bien ses problèmes internes avec son système normatif, mais qu’elle est absolument dĂ©munie face aux menaces de son voisin russe. Et d’invoquer la fin de l’empire romain, battu par des barbares qui ne lui Ă©taient “pas culturellement supĂ©rieurs”, mais “parce que les Romains ne croyaient plus qu’ils devaient se battre pour eux-mĂŞmes, pour leur culture. Ils avaient perdu le courage et la foi.” L’Europe, Ă©crit-il encore, est “attentionnĂ©e et nourricière”. C’est une mère. Elle se veut “gentille”, ouverte Ă l’autre, accueillante. Mais sa gentillesse peut ĂŞtre interprĂ©tĂ©e comme un simple aveu de faiblesse. Cette idĂ©e me rappelle les propos tenus par Gianni Vattimo, Ă un colloque de l’UNESCO : “l’Occident est dĂ©sormais trop sceptique pour ĂŞtre capable d’une lutte Ă mort” - dont sont capables, par contre, ses adversaires. Du coup, concluait Vattimo, mieux vaut “une Ă©laboration consciente et volontariste d’une civilisation du dĂ©clin”. Cela s’applique parfaitement Ă notre Europe Ă©puisĂ©e.
Alors que je rĂ©digeais cet article, je suis tombĂ© sur un article publiĂ© par la revue Esprit, qui sort aujourd’hui. Nicole Gnesotto, son auteur, y dĂ©veloppe la mĂŞme idĂ©e :”l’Europe a cherchĂ© Ă incarner une certaine fin de l’histoire”, mais “le choc va ĂŞtre brutal.” Mais dans son article, “”L’Europe : anomalie ou nĂ©cessitĂ©,” Nicole Gnesotto fait remonter plus loin que moi le choc de l’histoire. “Sortie de l’histoire depuis son origine“, l’UE “s’est retrouvĂ©e en effet totalement dĂ©semparĂ©e pour comprendre, penser, accepter et peut-ĂŞtre influencer les deux rĂ©volutions majeures de cette fin de siècle : la chute du totalitarisme soviĂ©tique, puis l’Ă©clatement de la mondialisation.” Je ne suis pas de cet avis. Pour moi, l’Europe a Ă©tĂ© - malgrĂ© elle, peut-ĂŞtre - un acteur historique Ă l’Ă©poque des rĂ©volutions anti-communistes de 1989. C’est après qu’elle a jouĂ© les belles endormies.
HervĂ© Juvin, dans un article remarquable - et Ă mes yeux, proprement effrayant - de la revue Le DĂ©bat (mai aoĂ»t 2009), explore le modèle politico-conceptuel de l’après-crise. A ses yeux, la mondialisation s’est traduite par un “abandon” du politique au profit du marchĂ© et du droit. Le recul de l’Etat, du politique et de toutes les institutions s’est traduit par une montĂ©e de l’hĂ©donisme consumĂ©riste - et qu’est-ce que l’Union europĂ©enne est d’autre qu’un grand marchĂ©, merveilleusement protĂ©gĂ© par un droit minutieux ? “Nous avons laissĂ© se dĂ©faire nos sociĂ©tĂ©s”, Ă©crit-il, en laissant le “libĂ©ralisme des moeurs” post-68 dissoudre “les formes et les structures qui liaient l’individu et le collectif.”La crise financière a Ă©tĂ© provoquĂ©e par la perte de toute mesure, de toute dĂ©cence, de toute limite. Il s’agit donc d’abord d’une crise morale, qui doit provoquer un sursaut de “retour au rĂ©el“. Par quoi il entend l’existence de “communautĂ©s qui se savent et se prĂ©fèrent” (les Etats-nations), “la maĂ®trise des sociĂ©tĂ©s par elles-mĂŞmes, d’abord par la maĂ®trise des Ă©changes qui les lient.” “Refonder la sĂ©paration qui assure son identitĂ© et son autonomie Ă une sociĂ©tĂ© humaine”. Couronnant le tout, il rĂ©clame une refondation de l’autoritĂ© de l’Etat, qui doit imposer sa rationalitĂ© aux marchĂ©s. Contre la “dĂ©mesure”, les limites de la dĂ©cence et de l’autoritĂ©. Contre les “espaces virtuels” de la finances mondialisĂ©e, des territoires sous protection, mais fermĂ©s sur eux-mĂŞmes (strict contrĂ´le de l’immigration et protectionnisme commercial). Et Juvin d’aller jusqu’Ă l’Ă©loge de la finance islamiste, en tant que “planète sĂ©parĂ©e”, “rĂ©gie par la charia” ! Pour pas mal de commentateurs, en effet, l’Ă©tanchĂ©itĂ© des banques islamistes les aurait protĂ©gĂ©es de la contamination par les “actifs toxiques” - mais quel Ă©trange modèle ! Contre “l’abandon” aux Ă©quilibres automatiques du marchĂ© et aux rĂ©gulations par le droit, on entend monter un appel de plus en plus pressant au “retour en force du politique”. Tel est bien le fond de l’air du temps. Une mutation idĂ©ologique est en cours. Elle se traduira bien vite dans les sondages et dans les urnes. Personnellement, elle m’inquiète, mĂŞme si j’en comprends les causes.
On l’a vu lorsque la crise a frappĂ© : les stratĂ©gies de recapitalisation des banques et de nettoyage de leurs bilans ont Ă©tĂ© purement nationales. La Commission a fait mine de coordonner des plans de relance qui ont Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©s Ă un niveau purement national. Les stratĂ©gies budgĂ©taires sont en train d’entrer en contradiction : les Allemands ont commencĂ© Ă menacer les Français Ă mots couverts de sanctions s’ils contribuaient Ă miner l’euro par leurs dĂ©ficits structurels (budgĂ©taire et commercial). Or c’est la monnaie unique qui nous protège des dĂ©valuations que nous auraient inĂ©vitablement valu les dĂ©ficits en question. L’Europe est en train de se dissoudre sous nos yeux. Comme l’Ă©crit Jean-Marc Vittori, dans Enjeux-Les Echos dejuin, “L’Europe telle que nous l’avons bâtie depuis plus d’un demi-siècle a disparu au second semestre 2008.” “En rĂ©alitĂ©, chacun a agi dans son coin. Londres a nationalisĂ© ses banques, Berlin a niĂ© le problème avant d’ouvrir les vannes en grand. Paris a garanti les prĂŞts. Et toutes ces initiatives ont Ă©tĂ© coiffĂ©es d’un grand chapeau europĂ©en qui n’a trompĂ© personne. Dans la crise, l’Europe des nations a dĂ©finitivement vaincu l’idĂ©e d’une Europe fĂ©dĂ©rale.”
Pour nombre de membres de ma gĂ©nĂ©ration, reconnaissons-le, l’idĂ©al de l’intĂ©gration europĂ©enne, qui faisait logiquement suite Ă l’engagement anti-totalitaire, a Ă©tĂ© l’horizon intellectuel des 20 dernières annĂ©es. C’est la raison pour laquelle, personnellement, j’ai animĂ©, sur France Culture, ces Ă©missions consacrĂ©es Ă l’Europe, “DĂ©sir d’Europe”, puis “Cause Commune”. Aujourd’hui, alors que nous assistons - pour dire vite - au passage d’un moment “kantien” Ă un un moment “schmittien“, cet idĂ©al europĂ©en me semble aussi sympathique que dĂ©suet. L’Europe est menacĂ©e aujourd’hui par la Russie. Elle le sera demain plus encore par un Iran nuclĂ©aire et ses clients terroristes. Le temps des palabres et des “rĂ©gulations automatiques” est terminĂ©. Des masses de chĂ´meurs en colère vont bientĂ´t dĂ©filer, dans nos rues en rĂ©clamant aux Etats la protections sociale auxquels ils pensent avoir droit. Ce n’est pas l’Europe qui peut la leur garantir.



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6 juin 2009 à 16:31
Si on lit “Sexus Politicus” on apprend que l’Europe a un problème moral (ce qui nous fait construire sur de la boue), mais certains problèmes actuels et d’autres que l’on peut anticiper font qu’un besoin d’union se fait sentir ; cependant quand on Ă©tudie la fĂ©dĂ©ration on apprend que l’Europe n’est pas prĂŞte pour passer Ă la vitesse supĂ©rieure.
8 juin 2009 à 13:31
Bonjour,
Tout d’abord, fĂ©licitations et merci Ă Julie Clarini et Ă vous-mĂŞme pour la qualitĂ© de votre Ă©mission quotidienne.
Je suis assez sceptique face Ă l’idĂ©e selon laquelle “l’Europe croyait ĂŞtre sortie de l’histoire” ou de “cette histoire”. Pour le coup, je m’Ă©tonne que le raisonnement que vous dĂ©veloppez table sur cette idĂ©e largement reçue alors que vous me semblez habituellement avoir plutĂ´t tendance Ă remettre en question ce genre d’idĂ©es largement admises, surtout lorsqu’elles sont un peu trop faciles. Sur le fond, en effet, l’expression est quand mĂŞme assez Ă©trange. Tout d’abord j’Ă©prouve quelques rĂ©ticences face Ă un discours qui parle de l’Europe comme d’un individu ou d’un sujet, qui serait d’une telle nature qu’il serait, qui plus est, susceptible d’avoir une “croyance”. Je ne conteste pas qu’on puisse parler de l’Europe comme d’une entitĂ©, mais au fond, est-ce qu’on va vraiment au fond des choses et est-ce qu’on rend vraiment compte de ce qui se passe en posant le problème dans un vocabulaire de ce genre ? On peut, au moins, en douter, ce que vous ne semblez Ă©tonnement pas trop faire dans cet article.
Il y a Ă©galement une sorte d’ambivalence ou d’ambiguĂŻtĂ© dans l’Ă©noncĂ© du diagnostic voire de l’accusation : lorsqu’on dit de l’Europe qu’elle croyait ĂŞtre sortie de l’Histoire ou que “l’Europe a cherchĂ© Ă incarner une certaine fin de l’histoire”, de quelle histoire parle-t-on au juste ? Est-ce de l’Histoire elle-mĂŞme ou de “cette Histoire” comme vous l’Ă©crivez par moment ? Ce flottement me semble quoiqu’il en soit rĂ©vĂ©lateur du fait que cette idĂ©e-lĂ prĂ©suppose justement ce qui est en question - une interprĂ©tation de l’Histoire Ă partir du concept fondamental d’État-Nation - au lieu de voir l’Europe comme une invitation Ă remettre en question (je ne dis pas “Ă rejeter sans autre forme de procès”, bien entendu) ce qu’on tient pour un, voire pour le concept fondamental de son interprĂ©tation de l’Histoire. Pour le dire autrement, si l’on part du concept d’État-Nation, il est facile d’en venir Ă l’idĂ©e commune d’une “sortie de l’Histoire” en voyant tout ce qui, de l’Europe, ne cadre pas avec cette grille de lecture lĂ . Mais au lieu de s’en tenir Ă cette lecture lĂ , on pourrait peut-ĂŞtre, aussi, voir le phĂ©nomène Europe comme une illustration du caractère problĂ©matique de la grille de lecture dont on est parti.
9 juin 2009 à 14:42
“L’Europe est en train de se dissoudre sous nos yeux. Comme l’écrit Jean-Marc Vittori, dans Enjeux-Les Echos dejuin, “L’Europe telle que nous l’avons bâtie depuis plus d’un demi-siècle a disparu au second semestre 2008.” … Dans la crise, l’Europe des nations a dĂ©finitivement vaincu l’idĂ©e d’une Europe fĂ©dĂ©rale.””
Ca reste Ă voir !
L’Europe avance cahin-caha, lentement mais surement.
Le paradoxe c’est que ceux qui sont sensĂ©s faire avancer l’Europe sont aussi ceux qui ont le moins envie de le faire, Ă savoir les Etats-Nations et les politiques qui les dirigent. Car l’approfondissement de l’Europe ne peut se faire que par l’affaiblissement des Etats-Nations et de leur dirigeants. Or on n’a jamais vu des “entitĂ©s” politiques se dĂ©faire volontairement de leurs pouvoirs.
Les politiques Ă la tĂŞte des dĂ©partements sont les derniers Ă souhaitĂ© la disparition des dĂ©partements. Il en est de mĂŞme pour les Etats-Nations. C’est leurs faiblesses individuels qui les obligent Ă s’unir et Ă construire l’Europe. Et cette faiblesse individuelle est leur prĂ©sent et leur avenir. La construction europĂ©enne ne pourra donc que se poursuivre.
Et l’abstention n’est pas une invitation Ă moins d’Europe mais Ă plus d’Europe. Et le parti qui arrive le mieux Ă incarner une volontĂ© europĂ©enne en tire les fruits , en l’occurrence les Verts.
L’Europe n’est pour l’instant pas encore une fĂ©dĂ©ration. Mais personne ne peut prĂ©tendre prĂ©dire l’avenir et affirmer qu’elle ne le sera jamais. Elle ne peut qu’avancer, et avancer vers une forme de fĂ©dĂ©ralisme, sous peine de s’affaiblir.
L’article “remarquable” (?) de HervĂ© Juvin, dans la revue Le DĂ©bat, me semble Ă première vue l’article d’un “souverainiste” qui voudrait voir la rĂ©alitĂ© prendre la forme de ses dĂ©sirs.
9 juin 2009 à 18:37
Bonjour,
Emission très riche et comme souvent, brillante…
Quelqu’un pourrait-il retrouver la citation d’Heiner Muller, de mĂ©moire :
la guerre serait le dernier refuge de l’humanitĂ© ?
merci,
L
10 juin 2009 à 23:40
Vous voulez que je vous corrige orthographe et style de mon (mal fichu) post ci-dessus, M. le modérateur ? (sous 48h.. ?)
11 juin 2009 à 9:49
Relativement à l’émission d’hier, pour ma part en tant que cartésien et considérant la philosophie de l’homme machine de Descartes : c’est plutôt une extension du corps humain qui améliore nos capacités, telle que l’exosquelette déjà utilisé par l’armée des USA ; mais pas le remplacement d’une partie du corps, ce qui généralement aide le handicap, mais ne surpasse pas les capacités du corps humain au quotidien (considérant son adaptabilité). Autrement considérant la perfection du corps, je ne pense pas que la femme de manière générale perde son rôle incontournable relativement à la reproduction de l’humanité si on considère l’utérus artificiel, aussi l’inventivité masculine ne semble pas non plus menacée par l’intelligence artificielle.
11 juin 2009 à 13:16
Oui, allez-y Henri Bennisty, je conserve votre post, le temps que vous le corrigiez. Mais faites-le. C’est très intĂ©ressant !
11 juin 2009 à 13:22
Oui, Lisztfr, pendant qu’avait lieu la discussion, lancĂ©e par Julie Clarini, sur la tribune de Peter Van Ham parue dans LibĂ©ration, je suis tombĂ© sur une interview de Heiner MĂĽller, parue dans Lettre Internationale (Hiver 1990-91). Il disait que “la guerre est le dernier refuge de ce que l’on qualifie d’humain, car la guerre est le contact, la guerre est le dialogue, la guerre est temps de libertĂ©”. Comme quoi, ĂŞtre un grand intellectuel ne met pas Ă l’abri des plus stupides paradoxes…
12 juin 2009 à 3:05
Petite devinette, après l’Ă©mission sur le discours d’Obama au Caire… De qui cette citation peut-elle bien ĂŞtre?
“Normativement, l’Occident, dans sa prĂ©tention Ă l’universalitĂ©, tient pour Ă©vident que les peuples du monde entier devraient adhĂ©rer aux valeurs, aux institutions et Ă la culture occidentale parce qu’elles constituent le mode de pensĂ©e le plus Ă©laborĂ©, le plus lumineux, le plus libĂ©ral, le plus rationnel, le plus moderne (…) la croyance occidentale dans la vocation universelle de sa culture a trois dĂ©fauts majeurs : elle est fausse, elle est immorale et elle est dangereuse. […] L’impĂ©rialisme est la consĂ©quence logique de la prĂ©tention Ă l’universalitĂ©.”
Indice: non ce n’est pas Mme Esther Benbassa (que nous apprĂ©cions beaucoup par ailleurs!)
13 juin 2009 à 0:47
Brice,
(mon post sur le post-humain/Stiegler/etc.)
je le corrigerais si je l’avais gardĂ© en mĂ©moire, mais comme il ne s’affiche pas, je n’en ai plus de trace.
Quid de l’envoyer Ă mon email (nom.prenom ci dessus suivi de @ gmail.com, je ne fais pas plus clair pour ne pas etre spammĂ©)
Comme je l’avais Ă©crit Ă chaud, pas facile de le rerĂ©diger… DĂ©solĂ©. Help ?!
Merci
14 juin 2009 à 15:07
Bonjour Brice
Au sujet de l’émission d’aujourd’hui sur le “post-humain”, — certes l’ex-ministre tient la route à un niveau honorable,
– certes vous avez comme souvent pu faire des rappels heureux de philo que je connais mal (Heidegger, ontologie, …), m’arrêtant plus volontiers à des Todd, Aglietta et quand même Stiegler (voir ci-dessous).
J’ai néanmoins été surpris de l’absence de deux “fils” sur ce thème du post-humain, liés à la technique tout deux :
(i) brièvement, le fil “cyber” revu 2009, qui dénomme sous le vocable “singularity” le moment d’émergence de l’équivalent d’une conscience dans les machines (ordinateurs). Ca ne me fait pas vraiment flipper, mais c’est amplement informé, je pense, dans une sphère “geek”, qu’on juge hâtivement a-philosophique.
(liens autour de cela ou se distingant de cela
http://brainmeta.com/index.php?p=consciousness-singularity
« The singularity is near » Par Ray Kurzweil (Publié par Viking, 2005 ISBN 0670033847, 9780670033843 652 pages)
(ii) Le fil de la Technique comme extériorisation de l’humain, en gros à la {Stiegler + Leroi-Gourhan + Simondon + etc }. Cette extériorisation le dépasse.
Avec cela en tête, bien des passages de l’émission étaient assez vains. l’effet Pastorius ? Oui, vous m’amputez, me remplacez le bras par une pile solaire et une perceuse, je risque de battre des menuisiers contraints à percer à la vrille ; donc la prothèse c’est + ou -. Le handicap est formellement « moins », mais, dans le domaine neuronal, les personnalités du haut du spectre autistique (je vous ai écrit une fois sur l’autisme, pour attaque les psychanalystes bien trop influents en France, après le film de Bonnaire, fin de la parenthèse) dévoilent des fonctionnements du cerveau qui, sans guère contribuer à leur bonheur, sont hors de portée de vous et moi.
Pour ce que j’en ressens : le langage est le premier milieu associé (extérieur à l’humain biologique) transmis par la “transduction” avec un support de mémoire. Leroi-Gourhan laisse entendre que le Geste fut premier, et que la transmission du savoir relatif à l’outil appela la parole. Et que le néo-cortex pris son essor sur cette rampe de lancement là . (D’autres animaux ont de grands néo-cortex, et les petits ont besoin des parents pour l’éducation, mais pas en relation avec des objets de “synthèse”, seulement en relation avec un milieu naturel tel qu’il est, donc extériorisation légère d’un langage associé à un destin subi. On vient de voir un retour à l’équilibre des champs d’oiseaux qui avaient « culturellement déviés », une fois laissé dans la nature, dans Nature de Juin je crois).
Nous humains avons un langage complexe, il est tissé dans la “protention et la rétention”, ce qui est « logique », une fois que les objets techniques nous prolongent, par l’usage ou par la possession. Seul les bébés humains pleurent tard, je ne crois pas que les autres mammifères atteignent un degré comparable (discussion bienvenue). C’est aussi le rire qui se tisse là . Ainsi les “humeurs” (heureux/ stressés) sont partagées avec les animaux, mais seuls les embryons des rires et pleurs sont là , car tout cela dépend de l’extériorisation : la complexité de la propriété (plus compliqué que la sociologie basée sur le mâle dominant, sans vouloir non plus réduire cette dernière), l’évitement des désirs, leur “liaison” et sublimation dirait Stiegler, qui ne se fait que dans une sphère qui dépasse l’individu (d’où l’insistance Stieglerienne et Simondonienne sur l’individuation psychique et collective, sur les rétentions primaires, secondaires et tertiaires) .
Dans ce cadre, la question du post-humain est bien celle de l’esprit, question qui a vaiment affleuré lors des dernières minutes de l’émission. C’est à coup de surenchère dans les extériorisations et dans les méfaits “pharmacologiques” (poison/soin) qu’elles engendrent, que se joue l’avenir, et son volet post-humain, si on prend pour référence en gros (et sans que ce soit mal) la définition de l’humain du temps des Lumières (et peut être que chez Montaigne, il y a moins de présupposés à ce sujet).
La solitude est alors à l’aune de ce qu’offre l’extériorisation technique.
Aujourd’hui, après le parlé (voir Stiegler sur le sophisme), l’écrit, la radio et la télé, c’est le web qui “grammatise” le monde, bien plus que je ne l’aurais imaginé quand je soudais des microprocesseurs il y a 30 ans. Y compris dans les grands data centers qui tentent de mettre en oeuvre une des grandes stratégies des “industries de l’esprit” : capter et exploiter les données individuelles. Sans malice, pas plus que le capitalisme de Weber. Simplement, une fois qu’on a trouvé l’industrie du « one size-fits-all », c’est la ligne de plus grande pente, qui avalera les singularités des amateurs, sauf isolation improbable de ce dernier (comme les musiciens de Buena Vista Social Club, tenus à l’écart du cycle médiatique jusqu’en 200x).
En résumé, l’enjeu des techniques de soi et des industries des technologies de l’esprit me semble donc tout à fait crucial dans le destin humain, et tout à fait pertinent s’agissant du post-humain.
Il est clair pour moi que la stratégie actuelle de lutte écologique telle qu’on la présente (A la Yann Artus Bertrand et à la Home) ne résoudra pas grand chose, et d’ailleurs fera l’objet d’un “mai 68″ de débarras par une prochaine génération excédée de notre suffisance par un biais ou l’autre : c’est notre bêtise qui nous pèsera en premier, notre incapacité à créer des “moments fraternités” (en gros…) et à exploiter les technologies du web pour vivre une frugalité par l’ambition de l’esprit qui COMPREND son milieu (post-écologie, car l’autre écologie, l’écologie du monde naturel tel qu’il est, celle de Darwin au fond, ne demandait rien à personne, la biodiversité faisait le boulot et y arrivait, avec des excès dinosauriens bien enterrés, mais un résultat chouette, oui, Yann Artus Bertrand, mais la moraline façon « Home » est son propre poison, là est l’écueil de cette décennie)
C’est idéalement en faisant advenir une telle compréhension de son existence de la vie quotidienne qu’on passera un cap dans le respect de la planète.
Cela n’est pas contradictoire avec des lois et règlements, mais au même niveau que l’obligation d’apprendre à lire : belle réussite où esprit et grammatisation se sont rencontrés, et qui nous a déjà livré pourtant à tant d’heures de solitude, mais nous a assuré que quelque part des esprits avaient élevés des choses que nous pouvions, dans un milieu associé, (au sens de Stiegler) élever à notre tour.
C’est une pareille révolution, un vivre-en-lisant-dans-le-monde (je vous le fais à la Heidegger ? Welt-lesenden-sein ?) qui nous mettra en position de sage de la planète, pas le déluge d’information (avec beaucoup de guillemets sur information) qui nous est déversé.
Je ne vous aurai sûrement pas convaincu, et d’ailleurs aucun forum ne réalise un dialogue qui s’élève bien longtemps, preuve de la difficulté d’”harnacher” (to harness) ces technologies de mémoire nouvelles pour nos esprits, et de la vanité des ambitions sous-jacentes aux phrases ci-dessus.
Mais ce tourniquet là est connu : l’homme pense ses propres faiblesses et sa relativité.
Merci d’avoir lu jusque là .
Si vous invitez un Stiegler un jour, ca sera intéressant, mais je ne sais pas très bien sur quel pied cela danserait en terme de thématique. Dissociation et association en face de Généreux ou de Gauchet ? Good luck, Brice, bous tissez bien des milieux associés, qu’un maximum de gens en profite !
15 juin 2009 à 12:14
Pour poursuivre la discussion sur le MĂŞme et l’Autre, voici un texte d’un doctorant sociolinguiste qui publie sur Mediapart, et dont les interventions, toujours pertinentes, ne suscitent pas beaucoup le commentaire sur le site mediapart, pour des raisons “sociolinguistiques” que tout un chacun peut deviner.
“Manuels scolaires et histoire de France: entre mythes et idĂ©ologies”
http://www.mediapart.fr/club/edition/minorites-en-tous-genres/article/140609/manuels-scolaires-et-histoire-de-france-entre-m
“On ne trouve naturellement plus aujourd’hui, en primaire comme en secondaire, d’allusion Ă nos ancĂŞtres les Gaulois, du moins pas sous cette forme. Par contre, il me semble que les manuels français, qui ne font en cela que reflĂ©ter l’état actuel de la sociĂ©tĂ© française sur ces questions, traduisent un sĂ©rieux problème dans la reprĂ©sentation de l’Autre, et en particulier l’Autre pĂ©riphĂ©rique, qu’il soit linguistique, religieux ou simplement Ă©loignĂ©.”
Ce qui est vrai des manuels scolaires est aussi vrai des medias, en autre de france-culture, et de ses auditerus : “Ă©lites intellectuelles”, “enseignants”, universitaires”.
L’Autre linguistique
“J’ai voulu montrer ici que la France (et ses Ă©lites intellectuelles, car les manuels sont faits par des enseignants et des universitaires), dans ses mythes officiels, Ă©tait toujours dans un rapport Centre dominant – PĂ©riphĂ©rie dominĂ©e, et que son rapport Ă l’étranger (au sens large) Ă©tait toujours trouble malgrĂ© les changements intervenus ces vingt dernières annĂ©es.”
17 juin 2009 à 9:31
Relativement à l’émission d’hier, je sais qu’aux USA, il y a une banque de sperme pour les génies, mais ceci est fait pour être sûr qu’ils se reproduisent car malheureusement, ils ne le font pas plus que la moyenne et possiblement moins selon ce qu’on peut lire. Aussi en France aucun effort est fait pour assurer ceci, on serait plus propice à les mettre dans des conditions défavorables ; par exemple selon l’épigénétique (sujet intéressant), il est mieux de faire des enfants à l’âge de la performance pour transmettre certaines spécificités. Ainsi il ne faut pas s’étonner de la fuite des cerveaux. Enfin pour la France ceci est peut-être dû à une mauvaise influence du catholicisme relativement à certains préjugés, bien que cette religion ait changé.
19 juin 2009 à 8:37
Juste un avis Ă©manant d’un bĂ©otien : pourquoi s’Ă©tonner de tant d’abstention dans cette Ă©lection, comme dans les Ă©lections françaises (oĂą il y en a trop peu, Ă mon sens)? L’idĂ©e mĂŞme de laisser tous les pouvoirs Ă des gens pendant de si longues pĂ©riodes sans aucune possibilitĂ© d’influer sur leur travail me hĂ©risse.C de l’infantilisme. Nous allons tous Ă l’Ă©cole jusqu’Ă 16 ans mini, nous savons Ă peu près lire et Ă©crire, nous avons des mĂ©dias pour nous “informer” : alors pour quoi ne pas instaurer dans la constitution le rĂ©fĂ©rendum d’initiative populaire avec un pouvoir exĂ©cutif ? Étonnamment, personne n’en veut, des Verts Ă l’UMP en passant par PS, Modem, etc…Puisque la sociĂ©tĂ© nous a “payĂ©” une Ă©ducation nous permettant d’avoir des connaissances qui, elles, nous aident Ă rĂ©flĂ©chir et que cette sociĂ©tĂ© a laissĂ© se crĂ©er des mĂ©dias qui devraient aussi par les infos qu’ils nous apportent, nous aider Ă rĂ©flĂ©chir, il faut assumer tout cela et donner la possibilitĂ© aux Ă©lecteurs quand ils le veulent de reprendre le pouvoir de dĂ©cision! C bien sur un risque Ă prendre, mais il faut le prendre. Les Ă©lus ne devraient ĂŞtre lĂ que pour faire ce que les Ă©lecteurs leur “disent” de faire, n’ĂŞtre que des techniciens de la machine qui sert Ă “gĂ©rer” cette sociĂ©tĂ© au service de ceux qui par leurs impĂ´ts issus de leur travail,les paient et ne veulent qu’une chose : vivre mieux. Les journalistes les appellent les dirigeants de nos pays, administrations, etc… Mais pourquoi ĂŞtre dirigĂ©s par des gens que nous choisissons et payons nous mĂŞmes, alors que nous sommes instruits et informĂ©s? C’est impossible, ce sont les Ă©lecteurs qui doivent ĂŞtres les dirigeants : si nous choisissons et payons les Ă©lus,c pour qu’ils aboutissent Ă ce que nous voulons et selon les modalitĂ©s que nous choisissons. Dans le cas contraire, le rĂ©fĂ©rendum, qui n’Ă©tant pas facile Ă organiser, nĂ©cessite rĂ©flexion et recul ce qui est un obstacle aux rĂ©actions Ă©pidermiques, le rĂ©fĂ©rendum, donc, nous servirait Ă “redresser la barre” selon nos souhaits.
Utopiste, populiste, poujadiste? D’avance merci :-)
19 juin 2009 à 9:20
Pour l’Ă©mission d’hier, relativement au nuclĂ©aire, j’aurais bien des recherches Ă faire pour optimiser la chose et diminuer les dĂ©chets ; mais il faudrait que le CNRS rende ceci possible, ou les USA. Enfin ceci est pour le progrès et non les verts et leurs immoralitĂ©s.
20 juin 2009 à 9:39
Relativement à l’émission d’hier, quand on lit « Les quakers en Amérique du Nord » de Pierre Brodin, on trouve que le pacifisme utopique des quakers leur a apporté beaucoup de problèmes, et qu’ils ont dû eux-mêmes modérer la chose pour leur propre existence. Aussi si c’est pour se laisser envahir et devenir comme les grecs après la prise de Constantinople par les turcs, il est sûr que pour ce qui est du confort de vie, il vaut mieux résister. En outre avec le risque qu’une bombe atomique tombe sur Paris par exemple, il vaut mieux se méfier, ce qui est une des principales raisons pour lesquelles, je ne suis pas attiré par cette ville. Autrement pour ce qui est de la construction du masculin, il est certain que pour ce qui est de la différence de présence de matière blanche dans le cerveau (importante pour l’inventivité), on ne pourra pas faire changer les choses par l’éducation. Enfin pour ce qui est de l’instinct féminin, on peut lire dans « L’asservissement des femmes » de J. S. Mill livre important pour la libération de la femme :
« L’opinion générale des hommes veut soi-disant que la vocation naturelle de la femme soit le mariage et la maternité. Je dis « soi-disant », car si l’on en juge d’après les faits, d’après l’ensemble de la constitution actuelle de la société, on pourrait en déduire qu’ils ont une opinion diamétralement opposée. En effet, on pourrait croire que, pour les hommes, la prétendue vocation naturelle des femmes est ce qui rebute le plus leur nature, dans la mesure où ils semblent considérer que, si elles étaient libres de faire autre chose, si d’autres modes de vie ou d’autres moyens d’occuper leurs temps et leurs facultés susceptibles de leur plaire leur étaient offerts, il n’y en aurait pas assez qui accepteraient leur condition dite naturelle… »
Ainsi il faut comprendre que la femme étant portée naturellement à la famille, il n’y a pas de raison de résister à sa liberté. Mais si cela n’est pas naturel, c’est un argument important de la libération de la femme qui disparaît, ce qui affaiblit cette avancée.
20 juin 2009 à 22:24
Bon j’ai fait un gros flop avec ma devinette! Bon c’Ă©tait Huntington, le penseur le plus critiquĂ© du monde occidental tout en y Ă©tant sĂ»rement le moins lu dans le texte.
21 juin 2009 à 18:12
je suis impardonnable, car j’aurais pu le deviner, que c’Ă©tait Huntington. Je l’ai lu dĂ©s ses premiers articles dans Foreign Affairs. Lorsque je vivais en Pologne, dans les annĂ©es 90, c’Ă©tait l’auteur le plus commentĂ© dans le domaine des relations internationales. Et c’est vrai qu’en France, il a Ă©tĂ© caricaturĂ© et que ses critiques en parlaient souvent comme s’ils ne l’avaient pas lu… Parfois, les exercices de “dĂ©nonciation des thèses d’Huntington”, prĂ©alables Ă toute discussion sur les questions internationales prenaient une allure “orwellienne”. Il fallait le dĂ©noncer, sans jamais expliquer ce qu’il avait dit vraiment. Un peu comme les tĂ©lĂ©visions du monde communiste, qui avaient l’habitude de dĂ©noncer les propos des dirigeants occidentaux, sans jamais les rapporter.
Or, en rĂ©alitĂ©, Huntington mettait en garde contre l’illusion (partagĂ©e par Clinton et par Bush) selon laquelle l’Occident Ă©tait l’universel. “ce n’est pas parce que les Russes boivent du coca-cola qu’ils sont devenus amĂ©ricains”. Mais vous savez que dans la communautĂ© universitaire amĂ©ricaine (il Ă©tait pourtant un soutien du parti dĂ©mocrate toute sa vie), il a fini ostracisĂ© Ă©galement.
J’apprĂ©cie toujours beaucoup vos commentaires, A.Haye. Merci d’honorer ce blog de vos contributions.
21 juin 2009 à 21:53
“ce n’est pas parce que les Russes boivent du coca-cola qu’ils sont devenus amĂ©ricains”. C’est vrai que c’est Ă ce genre de raisonnement lumineux qu’on peut apprĂ©cier toute la profondeur d’une pensĂ©e! C’est en effet bien moins “stupidement paradoxal” que la citation d’Heiner Muller… On sait Ă prĂ©sent qu’”ĂŞtre amĂ©ricain” ne se rĂ©duit pas Ă boire du coca. Gloire Ă Huntington!
Est-ce parce qu’on Ă©coute france-culture qu’on est cultivĂ©?
22 juin 2009 à 20:47
A propos de l’Ă©mission “Le capitalisme est-il moral ?”:
Je n’ai pas tout entendu, mais je sais enfin clairement ce que veulent les “socio-dĂ©mocrates libertaires” d’Attac.
J’ai peut-ĂŞtre l’air naĂŻf, mais je n’avais jamais entendu aussi clairement une expression de la philosophie politique d’un de leurs membres : coopĂ©ratives, libertĂ© politique sans libertĂ© Ă©conomique. Je me sens moins bĂŞte !
Mais quelqu’un peut-il m’expliquer comment on arrive Ă supprimer la libertĂ© Ă©conomique (en bref : le droit de propriĂ©tĂ© et la libertĂ© contractuelle) tout en garantissant la libertĂ© politique (je crois qu’on entend en gĂ©nĂ©ral par lĂ les libertĂ©s dites “fondamentales” : libertĂ© de circulation, d’expression, de vote, d’opinion, etc).
Dit autrement, est-ce qu’on ne fait pas de la libertĂ© politique une coquille vide en limitant fortement le choix des moyens pour exercer ses libertĂ©s fondamentales ?
Il me semble en effet que les libertĂ©s Ă©conomiques servent Ă se procurer les moyens que chacun juge bon pour exercer des activitĂ©s qui ne sont pas directement orientĂ©es vers l’acquisition de ces moyens.
Par exemple, l’acquisition d’une voiture (fruit de la libertĂ© Ă©conomique) est le moyen privilĂ©giĂ© par la plupart des Français pour aller en vacances (rĂ©sultat de la libertĂ© de circuler et de disposer de son temps). Il me semble assez vraisemblable qu’interdire ou limiter fortement la libertĂ© d’acquĂ©rir le moyen de transport de son choix rendrait la libertĂ© de circuler assez insignifiante.
On pourrait trouver des rĂ©futations semblables Ă propos de domaines tels que le logement, l’enseignement, la culture, etc.
Quelqu’un pourrait me donner son avis ?
22 juin 2009 à 22:52
Bonsoir,
Je voulais juste rĂ©agir Ă l’emission de ce soir sur l’ammoralitĂ©/immoralitĂ© du capitalisme.
Très intĂ©ressant dĂ©bat entre 2 belles personnalitĂ©s qui, sans s’en rendre compte, avaient finalement des approches parfaitement complĂ©mentaires (mĂŞme si contradictoire en apparence).
Car ils partageaient le constat: le capitalisme est immoral (intrinsèquement pour l’un, dans ses effets sociaux et sur l’environnement pour l’autre), il faut faire quelque chose.
Travailler Ă dĂ©gager des formes naissantes, sans gage de rĂ©ussite, de rĂ©forme complète du capitalisme, donc une ou des alternatives ou fixer des limites externes Ă ce capitalisme que l’on sait fondĂ© sur l’Ă©goisme (ce qui n’est pas une notion de morale mais d’injustice), ce sont deux façons de prendre en compte le meme problème (de manière politique ou Ă©conomique).
Et en effet, Ă l’Ă©chelle de l’entreprise, l’Ă©conomie sociale et solidaire, les formes coopĂ©ratives, les systèmes de mutualisation,… porte intrinsèquement deux volontĂ©s qui apparaissent contradictoires mais complĂ©mentaires:
- nĂ©gocier avec le(s) pouvoir(s) politique(s) des “limites non marchandes au marchĂ©” et fixer des limites externes au capitalisme (SCOP, SCIC, Mutuelles, certaines associations;
- tenter de changer le capitalisme, le rĂ©former, le refonder en profondeur, passer Ă un autre système, le travail sur les alternatives (qui est d’ailleurs un stimulant des rĂ©formes): SEL, RERS, autoproduction accompagnĂ©e, jardins solidaires, associations…
Nous vivons en effet une époque à la fois inquiétante et passionnante.
23 juin 2009 à 9:20
Au sujet de l’émission d’hier, certes le capitalisme est à modérer (ce n’est pas vraiment moral ou immoral, c’est comme l’argent, cela dépend de ce qu’on en fait), mais à gauche on trouve le problème du bonheur du plus grand nombre qu’il soit mérité ou non. Ainsi prendre aux gens qui méritent pour le bonheur de ceux qui ne méritent pas, non ; même si prendre à ceux qui ne méritent pas ne soit pas un problème, surtout si c’est pour donner à ceux qui méritent. Autrement le culte du don de soi pour les gens intelligents qu’on peut trouver chez Hitler (cf. Mein Kampf) qui était socialiste ou chez les communistes : au secours ; on ne jette plus les jeunes vierges dans les volcans. Enfin cela vient peut-être de l’antiquité pendant laquelle on trouvait des esclaves plus intelligents que leurs maîtres et qui même affranchis devaient rester humbles, pourtant c’était plus une fatalité qu’un don de soi (cf. « De la démocratie en Amérique » de Tocqueville, ou l’histoire d’Epictète) ; ainsi il faut savoir évoluer, comme au sujet des vierges et des volcans.
23 juin 2009 à 13:05
Il est dommage que les dĂ©bats soient si conformistes et si peu “dĂ©rangeants”.
On ne peut certes pas faire la “rĂ©volution” tous les jours mais une fois le conformisme installĂ© et bien rodĂ©, il semble difficile de s’en Ă©carter ne serait-ce que temporairement.
Les invités viennent faire la promotion de leur dernier livre, pourquoi pas.
Le capitalisme est-il moral ? Ben, ça dĂ©pend de ce qu’on entend pas “capitalisme”, et par “moral” !!
Ah ? Bon !
Le “jacobinisme” et-il moral ?
24 juin 2009 à 10:14
Pas grand chose Ă Ă©crire pour l’Ă©mission d’hier.
24 juin 2009 à 14:54
“Comme David Bell l’a remarquĂ© rĂ©cemment, alors qu’« environ la moitiĂ© des thèses consacrĂ©es Ă l’histoire de la France dans les universitĂ©s nord-amĂ©ricaines se concentrent sur l’empire », les questions coloniales continuent Ă ĂŞtre marginalisĂ©es dans les nouveaux traitements de l’histoire de France, mĂŞme dans ceux qui sont dus Ă de grands spĂ©cialistes [13]”
Est-ce étrange, ou symptomatique ?
Liberté, égalité, fraternité… empire
http://www.laviedesidees.fr/Liberte-egalite-fraternite-empire.html#nb13
24 juin 2009 à 15:48
Et Charles-AndrĂ© Julien, titulaire de la chaire d’histoire coloniale Ă la Sorbonne dans les annĂ©es 50?…
Et Tora? Et Blanchard? Et notre impayable Mme BenBassa? Il ne faut pas tout le temps prendre les conneries de la vie des idĂ©es (le politburo mĂ©diatique de l’EHESS!!) au sĂ©rieux, ni mĂŞme l’EHESS d’ailleurs…
26 juin 2009 à 9:37
Relativement Ă l’Ă©mission d’hier, au sujet des musulmans :
Il semble qu’à force d’être trop vicieuse l’Europe ait motivé les musulmans pour s’en prendre à nous, car malgré l’Euro fort et le Dollars faible, c’est chez nous qu’ils achètent le plus les industries : Arcelor, et maintenant c’est l’Arabie Saoudite qui avec tout ce que lui rapporte le pétrole cher veut acheter BASF(Allemagne) après avoir acquis DSM(Hollande), et Huntsman Europe. Bien qu’il y a certains achats aux USA mais moins importants que BASF (Cf. Newsweek, « Breaking the curse of oil » 23 juin 2008). Aussi si pour l’ampleur du réchauffement climatique on n’est pas sûr, pour l’enrichissement de certains pays on l’est ; il faudrait donc être plus moraux pour donner moins d’excuses à certains et consommer moins de pétrole pour un meilleur avenir. Sinon les dames pourraient avoir à changer plus leurs habitudes qu’avec les efforts que des européens pourraient leur demander (il y a des limites) ; notez que l’inquisition espagnole a eu lieu à cause de l’or sud-américain (Cf. De l’esprit des lois, livre XXI / 22, de Montesquieu).
P.S. : Pour l’Euro ce n’est pas simple il faut trouver l’équilibre entre protéger nos industries et favoriser l’export.
27 juin 2009 à 8:51
@Serge :
Votre post est bourrĂ© de bizarreries, ce qui n’est pas habituel chez vous !
- M. Mittal n’est pas musulman, mais hindouiste.
- Au ch.22 du livre XXI Montesquieu ne dit pas un mot de l’Inquisition espagnole, ni de ses rapports avec la conquĂŞte des Indes occidentales, et Ă raison : elle a plutĂ´t Ă voir avec la Reconquista dans la pĂ©ninsule ibĂ©rique et la volontĂ© purificatrice des Rois Catholiques.
- Adam Smith a Ă©crit tout un livre pour montrer les erreurs des mercantilistes - et Montesquieu Ă©tait dĂ©jĂ sur la piste dans ce livre XXII : 1°) un pays s’empoisonne Ă accumuler de la monnaie, ce simple “signe”. Et 2°) c’est vanitĂ© essentialiste que de croire qu’une entreprise possède une “nationalitĂ©”. Elle est une association contractuelle d’hommes (employĂ©s et propriĂ©taires) dont la raison sociale ne s’Ă©loigner très longtemps de la simple recherche du profit apatride (hĂ© hĂ©) sous peine de faillite. Dès qu’une entreprise entre dans des jeux politiques, elle est assurĂ©e de devoir rapidement tendre sa sĂ©bille au contribuable pour Ă©ponger ses dettes : voir Bull, CrĂ©dit Lyonnais, EADS, GM et alii.
27 juin 2009 à 8:55
@Serge
En tout cas vous avez raison en battant le rappel Ă plus de raison critique climatologique ! Je suis bien d’accord : le jour oĂą la fraude du IPCC sera exposĂ©e, le plus grand malheur sera que toutes les sciences souffriront du discrĂ©dit jettĂ© sur un poignĂ©e de prĂ©tentieux.
27 juin 2009 à 9:53
Pour Jan : J’ai bien vĂ©rifiĂ© pour M. Mittal et il semble bien qu’il est un musulman d’Inde. Aussi dans ce chapitre Montesquieu relate de Philippe II et si on vĂ©rifie, on trouve que l’inquisition existait sous son règne.
27 juin 2009 à 22:08
@Serge :
Bon, ça devient à la limite du ridicule, tout ça !
- Mittal est classĂ© parmi les “Hindu Indians” dans Wikipedia en anglais, et pas parmi les “Muslim Indians”… si vous acceptez cette source !
- L’inquisition existe depuis le XIIème siècle; est-ce que Du Guesclin combattait pour elle ?
28 juin 2009 à 9:43
Pour Jan :
Au sujet de Mittal, c’est possible car il est difficile d’avoir beaucoup d’informations Ă son sujet, mais on relate de lui dans des informations concernant des musulmans, donc, rien de ridicule. Autrement pour l’inquisition je ne comprends pas cette obstination, car si elle a commencĂ© au XIIème sciècle, elle a continuĂ© jusque la fin du XVIIIème sauf en Espagne oĂą cela c’est encore prolongĂ©.
28 juin 2009 à 10:45
P.-S. : Pour les autres compagnies ce sont celles qui apparessent dans l’article de Newsweek, mais il est possible de vĂ©rifier.
28 juin 2009 à 12:24
P.-S.2 : Je dois avouer que j’ai Ă©crit ceci il y a assez longtemps et rapidement pendant des vacances (le prix du pĂ©trole a Ă©voluĂ© bien qu’il remonte), aussi pour Huntsman Europe c’est seulement une partie qui a Ă©tĂ© achetĂ©e, mais l’article n’Ă©tait pas très clair ou c’est la situation de Huntsman qui a Ă©voluĂ©e. Enfin pour Montesquieu cela devrait ĂŞtre juste. DĂ©solĂ©!
30 juin 2009 à 9:40
Pour l’Ă©mission d’hier : le refus de l’opposition (constructive) est une des causes du non-progrès.
1 juillet 2009 à 13:31
La burqa ? Un “phĂ©nomène” vestimentaire qui induit une prise en main musclĂ©e de messieurs les fondamentalistes …
J’ai apprĂ©ciĂ© le choix des invitĂ©s du jour. Mais pourquoi si peu de prĂ©sence Ă l’antenne de votre part, monsieur Brice Couturier. J’aurais apprĂ©ciĂ© des questions plus pointues pour relancer le dĂ©bat … Et pas seulement l’approbation par Julie Clarini de la critique du costume des religieuses cloĂ®trĂ©es. Un argument tout Ă fait vide de sens par rapport Ă ce qui nous prĂ©occupe.
Qui me prĂ©occupe ? Oui, Ă cause d’un jeune neveu converti Ă l’islam dont le discours et les applications du Coran nous fait trembler.
Ch.
3 juillet 2009 à 9:37
Pour l’émission d’hier, s’il est vrai que cela est trop facile d’avoir l’air de savoir en utilisant des propos qu’on ne comprend pas venant d’internet, au sujet des compilations de propos et du philosophe travaillant seul, il ne faut pas oublier des ouvrages comme « Méditations touchant la première philosophie dans lesquelles l’existence de Dieu et la distinction réelle entre l’âme et le corps de l’homme sont démontrées » (titre exacte) de Descartes complété des objections et réponses issues : de l’équivalent d’une correspondance par courrier, donc de l’accumulation des propos de différentes personnes.
3 juillet 2009 à 15:53
Monsieur Serge l’Eternel,
EspĂ©rez-vous ĂŞtre compris en vous exprimant avec une phrase de 8 lignes … sans ponctuation !
Ch.
3 juillet 2009 à 16:56
Pour Chantal Collet : il y a des virgules et un deux points, en outre le titre de l’ouvrage de Descartes est assez long, aussi c’est dans le style de cet auteur de faire des longues phrases; vous pouvez essayer de lire le “Discours de la mĂ©thode pour bien conduire sa raison, et chercher la vĂ©ritĂ© dans les sciences” pour vĂ©rifier. Enfin le choix du style de ponctuation est plutĂ´t personnel, et n’est donc pas vraiment critiquable.
3 juillet 2009 à 17:19
P.-S. : Les grandes pensées portent aux grandes phrases.
4 juillet 2009 à 9:31
Il n’y a pas d’exclusion entre la rigueur d’une expression et sa lisibilitĂ©, me semble-t-il !
Mais aucune polĂ©mique de ma part. Je voudrais seulement avoir davantage de plaisir et d’intĂ©rĂŞt Ă lire les participants de ce blog.
Ch.
4 juillet 2009 à 10:38
Pour Chantal Collet : Je dois avouer que votre remarque est plutĂ´t petite (ou mesquine), et pas constructive.
4 juillet 2009 à 22:29
D’une part, la “burqua” est introuvable en France, d’autre part ce “dĂ©bat” est l”exemple type du faux problème de sociĂ©tĂ©, instrumentalisĂ© Ă des fins politiques et amplifiĂ©s par des mĂ©dias en quĂŞte de sensationnel, on aimerait plutĂ´t sur votre antenne une analyse des enjeux de ce “dĂ©bat.”
6 juillet 2009 à 9:33
Pour le voile intĂ©gral, il est vrai qu’il est un peu trop intĂ©gral, mais les femmes qui le portent devraient au moins essayer le bleu-blanc-rouge, cela ferait plus Islam de France.
13 janvier 2010 à 10:10
Y-a t-il de la censure sur France culture ? HĂ©las, je crois que oui, car l’Ă©mission du grain Ă moudre du vendredi 8 janvier n’est pas rĂ©ecoutable et tĂ©lĂ©chargeable : il Ă©tait question tout simplement de la dĂ©finition de la dĂ©mocratie, pour une fois, pourrait on dire d’ailleurs qu’on en parle, et les extraits de discours de P.Seguin dĂ©montrait que ce mot n’a plus de sens dans un espace fĂ©dĂ©raliste […]Ă l’heure actuelle. On censure sur France culture ? oui, hĂ©las
20 janvier 2010 à 20:16
l’Ă©mission grain Ă moudre du 8 janvier consacrĂ© Ă Seguin a Ă©tĂ© censurĂ© : il avait le tort de dĂ©clarer que le fĂ©dĂ©ralisme europĂ©en Ă©tait Ă l’opposĂ© de la dĂ©moncratie dans un de ces discours! C’est grave ce qui se passe sur france culture On ne peut plus la rĂ©ecouter et la tĂ©lĂ©charger
22 janvier 2010 à 18:13
Cette emission est toujours en réecoute sur les archives du Grain à moudre. Bizarre, votre idée de censure ! Par qui? Un complot?