Encore une info qui est curieusement passée à la trappe, le mois dernier : le niveau des dépenses de protection sociale de la France, en pourcentage de PIB, est passé à 31,1% en 2006 (dernier chiffre connu) selon Eurostat. La moyenne européenne est de 26,9 %. Pour la première fois, la France se place donc devant la Suède (à 30,7%) et devient donc le pays européen qui consacre le pourcentage le plus élevé de sa richesse produite au financement de son système de protection sociale. Un fait objectif qui ne dérangera pas les tenants de la thèse de la “dérive néolibérale” qui “menacerait de démantèlement les acquis de l’Etat-providence”. Il est plus facile de répéter des slogans que de croiser des chiffres. Mais la vraie question, celle de la soutenabilité à moyen terme de cet ensemble de politiques, de plus en plus financées par l’emprunt, cette question-là , la seule qui vaille, ne sera pas soulevée. Elle est trop complexe pour nos idéologues.
juil 12



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13 juillet 2009 à 15:21
Je ne comprends pas très bien le raisonnement de Brice Couturier. D’après lui, il suffit qu’on dépense beaucoup d’argent dans « le social » pour être de gauche. La comparaison avec le régime suédois n’est pas pertinente, car les dépenses sociales de ce pays sont couvertes par des prélèvements correspondants. En France, on emprunte pour financer le système au lieu d’augmenter les impôts, ce qui est bien dans la ligne libérale. Simplement, l’orthodoxie voudrait que, ne voulant pas augmenter les ressources, on refusât d’augmenter les dépenses.
La Droite française a retenu la leçon de la Gauche : on augmente les dépenses sans toucher aux ressources. Autrefois on disait « le Boche paiera ». Aujourd’hui, on dit « après nous les déluge » ; traduction : « nos enfants paieront ». C’est ce qu’on a trouvé de mieux pour se faire élire (les enfants ne votent pas et le lobby des « cours d’école » – comme on dit la « rue arabe » – n’est pas encore opérationnel).
Les riches sont contents, car, non seulement on ne leur demande pas de payer, mais on leur emprunte à un taux confortable payé par les contribuables, qui, pour la plupart, ne bénéficient pas du bouclier fiscal (je rappelle que, contrairement à ce qu’on entend souvent dire, les gens qui ne paient pas d’impôt sur le revenu sont ceux qui paient le plus d’impôts à proportion de leurs revenus : un RMIste paie la même TVA que les autres sur tout ce qu’il achète. Or, la TVA constitue la moitié des recettes de l’Etat. Sans parler de la TIPP). Je rappelle que l’emprunt Baladur a rapporté huit cent millions aux investisseurs. Dit autrement, les pauvres paient aux riches le loyer de leurs prestations sociales. Vous en rêviez ; Sarkozy l’a fait.
Les pauvres, qui n’y voient que du feu (le capital culturel leur manque généralement tout autant que le capital financier) sont contents, car on leur verse des prestations. S’ils savaient ce qu’elles leur coûtent !
Au final, on vote Sarkozy d’une extrémité à l’autre du continuum socio-économique, des ouvriers spécialisés en recherche d’emploi (1) aux patrons du CAC40.
Moi, je dis bravo l’artiste.
Vous avez dit libéral ? Mais non, voyons… On appelle cela le « social-libéralisme ». « Social », puisqu’on maintient le système de protection sociale (« Je suis oiseau, voyez mes ailes »); « libéralisme » puisqu’on n’augmente pas les impôts (« Je suis souris, vivent les rats » (2)).
(1) Comment lire cela : « ouvriers spécialisés, en recherche d’emploi », ou bien « ouvriers, spécialisés en recherche d’emploi » ? Par les temps qui courent, je crains que la seconde lecture ne s’impose de plus en plus…
(2) La Fontaine, La Chauve-souris et les deux belettes.
14 juillet 2009 à 18:18
Je suis surpris qu’une prétendante à la philosophie comme Madame Sandra Laugier connaisse mal le français autant que l’anglais son utilisation du mot anglais “Care” dans le titre d’un livre en français relève de la fainéantise d’esprit ou de l’ignorance: “soin” aurait été tout à fait approprié. Honte aux éditeurs qui laissent passer une telle stupidité à moins que nous ayons affaire à un snobisme ridicule.Quant au contenu il semble être du même niveau. Demandons à cette dame de vivre un peu, tout simplement.
14 juillet 2009 à 18:31
L’idéologie consiste précisément à user d’une idée dans un biais déterminé par autre chose que cette idée, souvent des intérêts bassement matériels. Nous avons ici l’illustration de ce que M. Couturier appelle ainsi : prendre de l’incontestable pour un argument irrévocable - je passe sur le pléonasme “fait objectif” et l’usage de guillemets pour ridiculiser l’adversaire : ce sont des armes un brin vulgaires. Car l’augmentation des dépenses sociales n’est pas liée actuellement à une politique sociale (où ça !?) mais à l’augmentation des prestations chômage liée aux nombreuses pertes d’emploi actuelles. Il est un fait qu’en France les chômeurs reçoivent des aides non négligeables : heureusement que vous n’avez aucune responsabilité politique M. Couturier car si des ouvriers se risquent à des actions illégales pour sauver leurs emplois, qu’adviendrait-il si les chômeurs se voyaient tailler en pièce leurs droits ?
Je ne pose même pas la question de l’intérêt de ce post : on dirait un communauté de presse à la Frédéric Lefebvre.
Autre chose eût été de se poser la question du poids grandissant de la dette et des moyens de la résorber.
14 juillet 2009 à 20:15
“un fait objectif” “croiser des chiffres”, exercice périlleux…
cf le livre de Valérie Charolles (Et si les chiffres ne disaient pas toute la vérité ?) et l’excellente émission science et conscience
méfiance donc sur “le” chiffre qui fait état de la vérité économique… ça me parait plus complexe…
en revanche, la question me semble t il majeure est celle de la dette (et un chiffre unique ne résume pas la question de l’ampleur de la dette, ou plutot des dettes publiques) et par conséquent celle de la soutenabilité “des” politiques publiques (pas seulement sociales)
cet endettement pose des questions multiples de la pérénnité de l’organisation de l’Etat et des administrations (force est de constater que le gouvernement a beaucoup entrepris, réalisé quelques chantiers mais avance à un rythme sans doute insuffisant)
à la question du contenu des poliques publiques…
et du financement de la dette
enfin qu’appelez vous “nos idéologues” il faut les nommer !
15 juillet 2009 à 9:23
Pour l’émission d’hier, au sujet du sens de la justice et du masculin, il faut considérer que si on n’est pas assez proche de ce sens, on est irresponsable et on ne mérite (doit) donc pas d’assumer des responsabilités ; ainsi on se trouve dans la position des enfants relativement aux adultes (parents), qui assument les responsabilités dans la famille, la femme doit donc être un minimum responsable pour bien assumer son rôle de mère. Ceci même si la femme va moins loin dans la compréhension, car comprendre par la pensée permet d’inventer, ce que la femme fait moins relativement à ce que les faits ont prouvé ; ainsi la femme va moins haut en responsabilité, car a moins de vrais réponses (« répondre » vient du latin « respondere », comme « responsable »). Autrement il faut considérer que prendre soin est une responsabilité, et au-dessus d’un certain stade l’expérience de son sexe peut aider à mieux préparer ceux qui ont le même grâce à une meilleure compréhension, à ce sujet on peut lire mon ouvrage disponible par l’intermédiaire de ce site : http://Eternel-Energy.tripod.com . Aussi pour la femme le mieux semble de faire chaque chose en son temps : les enfants pendant que c’est possible, puis autre chose ensuite (je vous aurais bien conseillé mon blog à ce sujet, s’il n’y avait pas le fait que je vais en changer). Enfin j’ai trouvé l’émission plutôt bien.
15 juillet 2009 à 10:30
Au sujet « de la soutenabilité à moyen terme de cet ensemble de politiques », dont il est sujet dans l’article, on peut espérer que cela ne va pas ressembler à l’ENS pendant la période 1939-45 ; car voici ce qu’on trouve dans « Rue d’Ulm, chroniques de la vie normalienne » par Alain Peyrefitte, dans le message intitulé « A l’école pendant l’occupation ou les occupations à l’école » de François Crouzet :
« … J. Carcopino, quand il avait été ministre de Vichy, avait obtenu pour les normaliens les rations des travailleurs de force. Grâce au ciel, car on se demande ce qu’auraient donné les rations ordinaires !… » .
15 juillet 2009 à 10:43
Il est curieux que ce que j’écrive vous fâche, Saturnin, car je pose précisément la question qui vous semble digne d’intérêt : le financement d’une politique sociale aussi coûteuse est-il soutenable ? Dans la mesure où elle est de plus en plus payée par de la dette (dont la charge reposera sur les générations futures) et non par des prélèvements - lesquels ont peut-être atteint un seuil maximal, cat très supérieur à celui de nos voisins européens…
Je répète qu’il est intéressant que la France soit devenue le pays d’Europe qui consacre le plus fort pourcentage de son revenu national à ses politiques sociales. L’argument selon lequel la hausse du chômage serait responsable de ce fait, Bardamu, ne tient pas : que je sache, l’Espagne, la Grande-Bretagne et pas mal d’autres pays européens ont vu leur niveau de chômage doubler, ce qui n’est pas le cas de la France.
Les chiffres ne seraient-ils recevables que lorsqu’ils confortent nos opinions et préjugés ? Suspects et discutables, dans les autres cas ?
Moi, j’ai fait mienne la devise de Naipaul : “répéter ce que tout le monde croit savoir ne présente aucune espèce d’intérêt”.
15 juillet 2009 à 20:41
cher Brice
je ne suis pas faché bien au contraire, j’ai peut être rédigé un peu vite mon message
simplement je trouvais votre post un peu risqué compte tenu de sa brièveté et de l’évocation d’une seule donnée. L’auteur que je cite m’a quelque peu impressionné par son argumentaire même si au fonds je n’y adhère que difficilement
sinon sur les principes, avec tous les mails que je vous envoie vous connaissez mes convictions profondes et je n’ai fait que radicaliser la position que vous exprimez en l’élargissant à toutes les politiques publiques :
- jusqu’à quand l’Etat va t il pouvoir soutenir sa politique de versement de dotation et compensations de toutes sortes aux collectivités territoriales (sujets un peu technique mais passionnant),
- jusqu’à quand l’Etat va t il supporter des politiques de sécurité intérieure très ambitieuses (cf la LOPSI et la loi sur les gendarmes),
- jusqu’à quand l’Etat va t il pouvoir supporter une non politique de l’éducation nationale avec des budgets surréalistes en comparaison aux résultats obtenus,
- jusqu’à quand l’Etat peut il soutenir une politique de défense (cf les restructuraiton en cours, sous évaluées dans les médias),
- jusqu’à quand l’Etat va t il pouvoir garantir un statut d’emploi à vie aux fonctionnaires
- jusqu’à quand l’Etat va t il pouvoir maintenir une organisaiton de ses services obsolète (cf sujet technique et sous évalué dans les médias mais des réformes d’ampleur ont été amorcées avec courage)
- jusqu’à quand l’Etat va t il pouvoir maintenir un système fiscal moribond (cf les débats sur la taxe professionnelle, par ailleurs désolé kenique mais vous avez oublié la fiscalité locale, la fiscalité des entreprises, votre schéma n’est pas complet mais qui est en capacité aujourd’hui de savoir exactement qui paie quoi en matière de fiscalité ?)
…
voilà Brice, je ne suis pas faché
en tout cas continuez de secouer les idées reçues et les tabous, moi ça me fait du bien !
a+
16 juillet 2009 à 9:54
Pour l’importance de l’inventivité, on peut trouver dans « Rue d’Ulm, chroniques de la vie normalienne » par Alain Peyrefitte, dans le message d’Alain Touraine, « D’hier à demain », au sujet de l’ENS :
« …Elle (l’école) doit rester attachée à sa vocation : la formation par la recherche, pas seulement, certes, à la recherche, mais d’abord à celle-ci, qui lui donne un champ d’action de plus en plus vaste dans un monde où la connaissance intervient dans un nombre croissant de domaines. »
Au sujet de pluridisciplinarité qui permet une compréhension étendue, donc des responsabilités étendues (et qu’on trouve aussi dans mon ouvrage) ; on trouve dans le message, « L’Ecole Normale Supérieure et la pluridisciplinarité » de Jean Audouze :
« …D’ailleurs, les pays anglo-saxons savent bien encourager leurs étudiants à suivre des enseignements de plusieurs disciplines. C’est le cas des campus américains, où un même étudiant peut (et est encouragé à ) étudier à la fois la chimie et les sciences politiques… »
Autrement relativement au fait qu’on laisse entendre que les hommes empêchent les femmes de réussir, il y a quelque chose qui va dans l’autre sens, dans le message « L’Ecole et les sévriennes » de René Peyrefitte :
« Si l’on met en garde contre elle (la sévrienne qui était l’étudiante à l’ENS des filles quand il n’y avait pas de mixité, avant 1985) le jeune conscrit, c’est qu’elle affectionne particulièrement cette proie : elle le suit quelque temps à la trace, puis l’aborde sous prétexte de notes diverses à échanger, enfin s’agrippe à lui, absorbe lentement le contenu du malheureux, l’abandonnant seulement quand elle a été reçue, et lui recalé à ses certificats de licence. Mais un normalien averti échappe sans peine à la poursuite, et la sévrienne isolée est généralement considérée comme inoffensive. On peut voir, l’été, au-dessus de la grande porte de l’Ecole, dépassant le rebord du toit, des têtes à l’affût, des bras armés de bombes à eau ou de seaux à incendie : si la victime reçoit un paquet d’eau particulièrement bien placé, si elle prend aussitôt un air particulièrement étonné et penaud, il y a toutes chances pour que ce soit une sévrienne. »
16 juillet 2009 à 9:55
Relativement à l’émission d’hier, le problème avec les taxes pour l’environnement, c’est qu’on a le droit à l’ambiance catastrophe pour les justifier, même s’il ne fait pas très chaud en moyenne.
16 juillet 2009 à 16:35
P.-S. : Pour l’histoire des sévriennes, elle rappelle celle d’André-Louis Debierne et de Marie Curie, que j’ai rapportée récemment ; et il n’y a pas qu’eux. Enfin il semble qu’il est vrai que pour draguer les filles, c’est aussi mieux chaque chose en son temps.
18 juillet 2009 à 6:17
Il est tôt et je suis paresseuse aussi je laisse cette ligne pour vous dire : bravo!!! Analyse pertinente. Tout ou presque est dit. Comment le capitalisme restera longtemps le chaos que nous connaissons,nous ne le savons pas. Entre la TVA et le loto, les deux mamelles de la France, les “pauvres” sont ou bien taxés comme il n’est pas permis ou bien titillés par l’appât du gain (qu’ils n’auront jamais), titillés aussi par l’espoir (cette bêtise) et l’envie folle d’être riche et CAPITALISTE.
Merci encore,
A Ostende je tire au stand.
18 juillet 2009 à 6:20
A Kenique toujours : les riches capitalistes ont toujours une longueur d’avance pour trouver des techniques afin de se faire entretenir par les riches, n’est-ce pas? Depuis… Toujours?
18 juillet 2009 à 10:16
Au sujet de l’émission d’hier, la dette est lourde il est vrai et si on considère les pensions, elle semble l’être encore plus d’après ce qu’on lit dans « Familles je vous aime » de Luc Ferry ; car on y trouve que la dette au moment de l’écriture de cet ouvrage paru en 2007 était de plus de 2000 milliards d’euros si l’on compte les pensions, et qu’il fallait donc déjà considérer la chose très sérieusement. Cependant pour ce qui concerne l’emprunt d’Etat, il y a un certain nombre de préjugés négatifs au sujet du fait de gagner de l’argent avec des intérêts bancaires, ce qui risque de freiner certains ; ainsi je propose un extrait des conseils moraux de mon ouvrage pour mieux éclairer la chose, car il est vrai cela n’est pas forcément très moral.
Extrait :
Prêter :
L’utile et juste vertu : pour aider à faire des choses vertueuses avec suffisamment de garanties pour le retour, sans oublier le fait qu’il faille compenser les dégâts qui ont pu se produire sur ce qui a été prêté et ceci au prix en vigueur. Autrement pour les intérêts, il faut prendre en compte les frais de gestion, le risque de l’utilisation contre les intérêts du préteur, aussi la motivation pour compenser le malaise psychologique venant de la possibilité du non retour, si rien n’est fait pour assurer que ceci ne peut pas se produire. Enfin le fait d’avoir un capital uniquement pour prêter de l’argent est acceptable, si cela est bien fait, donc en ayant la fonction de personne du droit, en vérifiant la moralité des demandeurs et de leur demande ; aussi il peut être bon d’encourager la vertu par certains avantages croissants pour le maintien d’un bon ordre social.
L’inutile et injuste vice : pour alimenter le vice, et/ou sans bonnes garanties de retour, ce qui pousse à des actions graves pour récupérer son bien, qui peuvent anéantir la vie d’une personne et de son entourage, alors que la garantie de ne pas devoir en arriver à ceci est préférable ; à moins qu’on soit vicieux au point d’être pervers, ce qui peut aller jusqu’à vouloir faire une marge supplémentaire sur la revente des biens de compensation de non récupération, mais ici on risque la haine de personnes qui n’ont plus grand chose à perdre. Enfin pour les intérêts il est mauvais de trop en demander en se rémunérant au-dessus du mérite de sa fonction et des risques encourus, et d’avantager le vice.
18 juillet 2009 à 10:31
Kenique pose une question vraiment intéressante. Est-ce vraiment de la politique sociale le fait d’augmenter les dépenses dites sociales, notamment par le biais de l’emprunt ? N’est-ce pas au contraire un moyen de signer l’arrêt de mort du modèle social à la française en arguant que ce modèle social endette exponentiellement l’Etat et les citoyens, et donc que donc ce modèle doit disparaître ?
Autrement dit, ce n’est pas parce que la FRANCE dépense beaucoup pour la protection sociale que c’est réellement une politique de protection sociale.
De plus, le social, c’est pas simplement d’augmenter ou de restreindre les prestations sociales. C’est permettre aux gens par exemple un rééquilibrage des rapports entre ceux qui ont l’argent, le pouvoir et les salariés. C’est donc entre autre la question de la sécurité de l’emploi, de la possibilité de la formation choisie par le salarié pour évoluer dans sa carrière, la possibilité pour lui d’avoir un véritable statut protégé de pressions du monde du travail (juguler le stress, autonomie des tâches, reconnaissance de la compétence, une carrière protégée de notation arbitraire de l’employeur etc…). Le terme flexisécurité a été récupéré pour faire croire que la flexibilité est nécessaire dans la société et qu’elle est compensée par des droits notamment à la formation. Or un système est soit flexible, soit stable (mais ça c’est un autre débat). Tout ceci rejoint donc la question des prestations sociales entre 2 emplois.
Peu de médias se sont faits le relais que c’est précisément ce modèle social français qui a permis à la FRANCE de mieux résister à la crise (au moins pour un temps) grâce à un système plus stable, moins soumis aux quatre vents du capitalisme. Donc la FRANCE a aussi un intérêt à ne pas le détruire actuellement complètement. Car l’allocataire consomme et donc fait aussi marcher la machine économique. Petit filet de sécurité. Certes fragile.
Et que je sache ni l’ESPAGNE ni la GRANDE BRETAGNE ont le même modèle social français et que donc bien évidemment que le nombre de chômage en FRANCE fait aussi exploser les dépenses sociales : la problématique des prestations sociales dans ces pays est donc bien différente que celle de la FRANCE.
Le taux d’endettement ne devient un problème que s’il excède le moyen de le financer, comme dans tout budget. Bp d’Etats occidentaux fonctionnement sur l’endettement.La différence porte sur les objets de cet endettement. FILLON nous disait que les caisses de la FRANCE sont vides en début de mandat SARKOZY et ils ont débloqué par la suite en période dite de crise des sommes exponentielles pour les banques notamment. Sans compter le coût des réformes…Donc que veut dire exactement endettement ?
On vit dans une société à hypothèque, du simple particulier à l’Etat ! C’est le système du capitalisme. SARKOZY reproduit ce système : il a endetté la Mairie de NEUILLY quand il y était (il y avait eu un audit de la Cour des Comptes),il a laissé sur le carreau les finances du parti de l’UMP après cette même méthode de gestion, et il fait de même avec l’argent de l’Etat français.
Or c’est précisément ce système trop axé sur l’endettement qui a été à l’origine, sans doute, de la crise actuellement : la richesse d’un particulier repose sur l’endettement (donc il n’est pas du tout enrichi), et la vraie richesse ne se diffuse plus dans la société. Or ce sont tous les acteurs économiques, dont les ménages, qui font fonctionner la machine économique. Le paradoxe de la politique SARKOZY est de dire que l’efficacité économique repose sur une économie libéralisée alors que ce système a généré la crise actuelle et donc de l’inefficacité économique. C’est ce que l’on retrouve dans l’idée de l’emprunt national lancée par SARKOZY : il souhaite un emprunt de la FRANCE mais il ne sait pas sur quoi et nomme une commission pour y réfléchir ! C’est comme si un particulier va voir une banque pour dire “je veux un emprunt”, mais “je ne sais pas sur quoi”. Après, on nous dit que le comportement des français mérite d’être revu….On n’est pas sorti de la crise ! Mais bon, il parait que ce sont des élites compétentes, efficaces et spécialisées dans la gestion de crise, avec des résultats rapides et probants, qui sont au pouvoir…
18 juillet 2009 à 12:17
Pour répondre au chapeau de BC, les 3 termes, dépenses sociales élevées, déclin qualitatif de l’Etat providence et triomphe du néo-libéralisme ne sont pas incompatibles.
Il suffit de mettre en place un service public à moitié privatisé, à la fois dégradé ET plus couteux, le tout financé par l’emprunt. Sorte de compromis entre les libéraux du PS et de l’UMP.
Le fait de ne pas supprimer les services publics mais de les dégrader volontairement est d’ailleurs une recommandation d’un cahier de l’OCDE célèbre, “La faisabilité politique de l’ajustement” (1996!)
http://gfenlyonnais.free.fr/site_gfenlyonnais/Actualite/lettres_infos/lettre_octobre_08/OCDE.pdf
18 juillet 2009 à 17:02
Pour draguer les filles, je fais bien comme il faut, chaque chose en son temps; mais pour discuter sur internet, il semble qu’il y ait de l’attente. Ainsi ce n’est pas toujours facile la drague. Autrement si on se permet la même marge d’erreur que certains avec les résultats de Meitner, ou Franklin (cf. un de mes commentaires précédents) ; il se trouve que bien réfléchi, je dois être champion du monde de sprint, car Bolt est bon certes, mais par temps humide, je devrais le battre. En outre, je crois que je dois être meilleur que Zidane au football. Enfin non je préfère m’abstenir que de raconter des choses pareilles, ou juste pour plaisanter. (C’était la chronique de la vie cartésienne :-) .)
21 juillet 2009 à 17:07
On peut trouver dans « Rue d’Ulm, chroniques de la vie normalienne » par Alain Peyrefitte, dans le message de Anatole France « Les normaliens critiques » (au sujet de la profession de critique) :
« Pour écrire il faut penser, et aujourd’hui on n’apprend plus guère à penser qu’à l’Ecole normale (ENS). Je ne dis pas qu’on y enseigne à penser grandement ; c’est une tout autre question et il faudrait examiner au préalable si jamais école enseigna les grandes pensées. Je m’en tiens à ce point qu’il y a un art de penser et que les professeurs de la rue d’Ulm enseignent les principes de cet art, comme les professeurs de l’Ecole des beaux-arts enseignent les éléments de la peinture et de la sculpture. Je ne crois pas que cela puisse être contesté. Il est malheureusement tout aussi certain que les jeunes gens n’apprennent plus rien de pareil au lycée.
Un bachelier d’aujourd’hui ne sait ni apprendre ni réfléchir ; un normalien le sait un peu. Il est prêt à écrire proprement cinquante lignes sur un livre ou sur une comédie. Quand une place est vacante dans un journal, il la prend. Que sert de gémir ? Pour la lui disputer, il faut être aussi habile. » (Issu de « La vie littéraire, 5ème Série.—La critique et l’Ecole normale, 23 janvier 1887, Paris, Calmann-Lévy, 1949, pp. 1 et 2.) Ainsi la valeur du baccalauréat était déjà critiquée à l’époque (ici régression du niveau), cependant il semble que la pensée développée ne viennent vraiment que plus tard, car il n’y a pas de penseurs qui ont eu de grandes pensées avant 25 ans, il semble.
22 juillet 2009 à 9:11
Pour l’émission d’hier, au sujet d’abréger les souffrances du malade, je pense qu’il faudrait trouver un compromis et laisser à partir d’un âge (80 ans par exemple) le malade choisir de les abréger ou non ; tout en ayant réfléchi et validé la chose sur papier à un âge plus jeune. Enfin une pensée pour Descartes et son travail en médecine.
22 juillet 2009 à 10:48
C’est bizarre.
A chaque fois que je veux aller sur le blog de Brice Couturier, je tombe sur celui de Serge L’Eternel…
22 juillet 2009 à 16:58
P.-S. : Relativement au message sur l’ENS il est toujours bon de préciser que l’alcool , le tabac, la drogue, et les excès du sexe ne sont pas les amis du penseur. Enfin pour kenique : je ne suis pas Brice Couturier qui se fait passer pour un autre, histoire de laisser des commentaires sans être identifié ; je suis vraiment Serge l’Eternel qui fait des remarques personnelles.
22 juillet 2009 à 20:28
… Et Serge, l’Eternel qui monopolise la conversation : gênant ou barbant …
Oui, pourquoi ne pas créer votre blog personnel Monsieur l’Etenel ? Ce serait une bonne idée, il me semble.
Ch
23 juillet 2009 à 9:21
Au lieu de faire des remarques désobligeantes Chantal Collet, vous pourriez peut-être participer avec des remarques intelligentes ; personne ne vous empêche de faire des commentaires. Aussi pour l’instant mon activité blog est en vacances, ainsi j’ai plus de temps pour participer à celui des autres.
23 juillet 2009 à 9:23
Comme complément au sujet de certaines substances, voici un extrait du règlement de l’ENS de 1862 (à la même période que le message d’Anatole France), quand l’administrateur était le célèbre Louis Pasteur :
Art. 21. –L’introduction de toute arme et de poudre à tirer, même en artifice, est interdite, aussi bien que celles de tabac à fumer, du vin et des liqueurs fortes.
23 juillet 2009 à 9:36
Au sujet de l’émission d’hier, le Zimbabwe avec Mugabe montre que l’influence européenne est importante pour le niveau de vie en Afrique ; mais il faut que les africains réussissent aussi par eux-mêmes pour convaincre le reste du monde.
23 juillet 2009 à 16:56
pour Chantal Collet : votre manière de réagir négativement quand je relate de choses morales me rappelle quelqu’une assez immorale qui avait comme pseudonyme “Chantou”. Ainsi vous n’auriez pas eu un blog chez Orange.fr?
24 juillet 2009 à 11:30
A Pierre.
Merci pour l’info (post n°16). Je me suis rendu à l’adresse indiquée. Impressionnant.
Si j’ai bien compris, l’explosion des dépenses publiques, notamment sociales, peut être une stratégie politique, recommandée dans ce texte par l’OCDE, pour les rendre tellement inacceptables qu’elles puissent provoquer un consensus, au moins majoritaire, pour un “ajustement” (c’est le mot employé. Il signifie une réduction drastique et une privatisation des services rendus). L’argument de Brice Couturier selon lequel une importante dépense publique contredirait la thèse d’une dérive néo-libérale ne tient donc pas, même s’il reste à prouver que les 31,11% sont effectivement le fruit d’une stratégie de dérégulation ou celui d’un laxisme bon enfant dont tout le monde se moquerait éperdument. “Toujours plus” dirait François de Closets…
24 juillet 2009 à 18:35
dépenses de protection sociale …
quelqu’un peut-il expliquer ce que c’est ?
options de réponses : les cotisations sociales, qui seraient une partie des prélèvements obligatoires. Ce ne son pas des dépenses, mais le fruit de la participation de chacun à un système assurantiel organisé par l’état (voir R.Castel)
autre options: si on élimine le cas précédent, ce serait les différents déficits produit par le système assurantiel précédemment cité, qui seraient comblés annuellement par l’état ( donc l’impôt). Outre que je suppose que ces déficits ne représentent pas les proportions citées, je reprendrai le fond des arguments de Kenique pour les justifier(vieillisement, chômage, etc) .
C’est vraiment le message du Candide : je peux comprendre le concept de prélèvements obligatoires, les notions de secours par le budget de l’étatpour combler les déficits ( loi juppé de 1997), mais que signifie la notion de dépenses sociales ? Avant toute discussion, idéologique ou pas, ce serait à préciser …
Merci pour vos réponses
25 juillet 2009 à 13:05
@kenique
J’ai aussi lu le lien de Pierre, mais je n’ai pas trouvé de recommandation de l’OCDE pour faire exploser les dépenses publiques dans le but de provoquer un “ajustement”… Etes-vous sûr d’avoir bien lu le texte ?
Si oui, il faudrait faire de Gorbatchev et des dirigeants des pays communistes européens des agents du libéralisme. Ca sent le grand guignol de la théorie du complot…
26 juillet 2009 à 14:49
BC est le type de gobo pret à se faire mere porteuse pour faciliter l’intégration des seropo sans papier , c’est le pire des pocaontas ; il a perdu sa vie à faire croire à tout le monde qu’il s’agissait d’accepter l’immigration pour régler le probleme des retraites : le ralongement du temps de cotisation à 67 ans mesure la sagacité des penseurs gobos !
26 juillet 2009 à 16:59
@ Jan Laarman
Il ne s’agissait pas d’un “copier-coller”, mais d’une extrapolation. Mon propos est dans le droit fil de la liste de coups tordus préconisés par l’OCDE, même s’il n’y figure pas explicitement.
Le fait est que diminuer les recettes fiscales (paquet fiscal, suppression de la taxe professionnelle, TVA à 5,5% pour les restaurateurs, etc.) et augmenter les charges (emprunt à 4,5%, par exemple, taux très supérieur à celui du marché) ne peut que créer un déséquilibre de plus en plus insupportable.
Nos politiques ne sont pas (tous) des imbéciles. Ils savent tout cela. La théorie du complot tient peut-être du Grand-Guignol, mais lorsque je lis sous la plume du rapporteur de l’OCDE, Christian Morrisson :
“le classement des mesures de stabilisation en fonction du risque politique ne relève, ni de l’efficacité, ni de la justice ; il résulte de rapports de force entre les groupes d’intérêt touchés par l’ajustement”
je me demande comment vous appelez cela. De la démocratie bien comprises ? Moi, j’appelle cela de la manipulation. Et quand un groupe d’individus s’entendent pour manipuler les autres, si ce n’est pas un complot, j’aimerais savoir comment vous appelez cela. Ce n’est pas tous les jours qu’on trouve sur un blog l’occasion d’enrichir son vocabulaire.
Le problème, c’est que tout le monde donne dans le panneau. A la lecture d’un tel texte, nous devrions tous être dans la rue. Or tout est calme. Il y a bien des “mobilisations” ici et là , mais lorsque huit cent cinquante personnes sont licenciées chez Alcatel-Lucent, à part ceux qui sont concernés, personne ne bouge. Vous avez raison, M. Morrisson, ça marche !
En fait, depuis Robespierre, on sait qu’il n’y a pas besoin de complot pour dominer un peuple. Il suffit de ne reculer devant rien. Ahmadinejad l’a compris, comme, avant lui, Robespierre en 1793, puis les Versaillais en 1871, les bolcheviques en 1917 puis, en plus industriel, Staline de son côté, les Nazis du leur, les Soviétiques en 1956 à Budapest et en 1968 à Prague, et les Communistes chinois à Tien An Men. Un régime qui exécute ses opposants d’une balle dans la nuque et envoie à leurs familles la facture de la munition a de beaux jours devant lui.
Louis XVI a refusé de faire tirer sur la foule ; on sait ce que cela lui a rapporté…
En fait, vous avez raison. Les libéraux ne complotent pas. Ils agissent. Ils ont ruiné le monde, mais je ne vois pas ce qui pourrait les arrêter.
Obama ?
Laissez-moi rire…
Relisez le papier de Christian Morrisson. Il montre bien que, lorsqu’on accède au pouvoir, il faut agir dans les six premiers mois. Nous y sommes. Pouvez-vous me citer une réalisation significative ? Aucune réaction aux événements d’Iran. Les gros yeux à Netanyahou qui s’en fout éperdument. Un plan de protection sociale généralisé dont le Congrès ne veut pas. Interdiction des bonus immédiatement remplacés par des augmentations de salaire. Sans parler de la situation américaine (et britannique) face à la pandémie. C’est le moment d’acheter des action « Kleenex ». Les obamaniaques n’auront bientôt plus que leurs yeux pour pleurer. Vous connaissez le dernier mot d’un sénateur : « il s’agit de savoir s’il est résolu ou résolument irrésolu… ». Obama, c’était le dernier espoir des braves gens. La dernière digue se lézarde. Qu’y aura-t-il après…
Vous vous rappelez le Programme commun ?
Je hais les optimistes. A force de nous faire croire à l’avenir radieux, ils sont arrivés à ce beau résultat qu’on ne croit plus à rien. Il suffit d’observer ce que sont devenus le parti communiste et le parti socialiste.
Mais où avais-je la tête. Bezancenot et Cohn-Bendit vont nous arranger cela en deux coups les gros. Vous allez voir ce que vous allez voir. Grâce aux éoliennes, on va bientôt régler le problème israélo-palestiniens, le terrorisme islamique, le sida en Afrique. Et on va tous s’enrichir grâce à la croissance zéro.
Je souhaite un bon anniversaire à tous ceux qui sont nés le 27 juillet comme moi. Ce fut ma première erreur. Cela dit, la vie ne vaut pas la peine de ne pas être vécue. Le suicide est une illusion. On croit aller au néant alors qu’on y est déjà .
Quand je pense qu’il y en a pour croire que Dieu n’existe pas. Comme si un merdier aussi élaboré pouvait être le fruit du hasard. On sent une intelligence, un savoir-faire, une volonté de nuire sans commune mesure avec ce qu’on peut trouver sur terre.
Quoique.
26 juillet 2009 à 17:51
le texte intégral de Christian Morrison
http://www.oecd.org/dataoecd/24/23/1919068.pdf
à étudier d’un peu plus près …
27 juillet 2009 à 10:12
Il faut toujours se reporter au texte intégral. Cela dit, je ne vois pas où est le problème.
« A étudier d’un peu plus près », écrivez-vous. C’est un vieux truc qu’on utilisait déjà du temps des sophistes pour déstabiliser son interlocuteur. Je vous serais reconnaissant de bien vouloir nous dire ce qu’il y a dans le texte intégral qui viendrait ruiner mon commentaire. Je l’ai lu et relu trois fois la plume à la main. J’avoue que je ne vois pas. Je ne suis finalement peut-être pas aussi intelligent que je le croyais jusqu’à hier soir. Merci de bien vouloir ajouter la lumière de votre phare à celle de mon quinquet. En tout état de cause, n’allez pas citer la phrase suivante pour réfuter mon propos :
« en effet, si l’on pensait que le seul objectif de ces recherches est d’indiquer les moyens d’éviter les troubles en cas d’ajustement, on interpréterait mal notre démarche. Il est clair que, parmi les premiers objectifs d’un gouvernement, doit figurer celui de concilier l’ajustement et l’équité ; mais il est conforme à une démarche scientifique de distinguer les problèmes et de les traiter l’un après l’autre. »
J’avoue que, en lisant cela, j’ai été pris d’un fou rire à mi-chemin entre Homère et Rabelais. On a voulu nous rappeler là , au milieu d’un texte de quarante-deux pages consacré à la description des techniques efficaces permettant de faire avaler des couleuvres aux petites gens, que si on les roule dans la farine, ce n’est pas dans un autre but que leur bonheur.
Conseil pour conseil, je pense que, à ce stade, vous feriez bien de vous reporter à un autre texte intégral : Naomi Klein, « La Stratégie du choc ». D’autant plus que vous êtes sûrement assez malin pour me démontrer que cela n’a aucun rapport.
J’attends.
28 juillet 2009 à 18:52
Cher Kenique (jusqu’Ã quand les pseudonymes ?),
Bon anniversaire - sincèrement ! Si je savais où vous l’envoyer je vous offrirais “Atlas shrugged” de Ayn Rand. Peu importe que vous soyiez ou non d’accord finalement avec ses idées, vous appréciriez sûrement sa vive intelligence et son talent pour raconter une histoire. Je dis ça juste parce que je suis au milieu de ses 1100 pages, et que je brûle de partager mon enthousiasme. Ca vous réconforterait, car vos derniers messages laissent voir un peu de lassitude, et ça me fait de la peine.
Pour ce qui est de Morrisson, il écrit dans le fil de Gracian ou de Machiavel : il conseille le prince. C’est un bon dépucelage politique, mais ça pique au yeux au début…
Cordialement,
Jan
29 juillet 2009 à 16:27
Ce n’est pas un surnom ; c’est ainsi qu’on m’appelle depuis que ma petite-fille m’a inventé ce nom lorsqu’elle avait deux ans. Maintenant, elle en a cinq, et elle est la seule à m’appeler « Dominique », parce que, maintenant, elle est grande…
Merci pour le conseil de lecture. Je ne suis pas las ; je suis en colère. Que deux cent vingt ans après la Révolution (Quand on met une majuscule, on sait de quoi on parle) des privilégiés continuent de se goberger pendant que des gens n’ont pas de quoi nourrir correctement leurs enfants, cela me révolte. Qu’il y ait des riches ne me gêne pas. Ce qui me scandalise, c’est qu’il y ait des gens qui gagnent plusieurs centaines de fois le SMIC alors que certains n’ont même pas UNE FOIS le SMIC pour entretenir leur famille. Alors, quand je lis sous la plume d’un éminent représentant de l’OCDE, c’est-à -dire des pays RICHES, qu’il faut donner aux pauvres DES VILLES (ceux des campagnes ne sont pas dangereux ; ils peuvent crever) de quoi les calmer, je suis en colère. D’autant plus que, apparemment, tout le monde a l’air de trouver cela normal. L’autre qui trouve que je n’ai pas « étudié » le texte d’assez près. De qui se moque-t-on ? Il signe « de bordeaux ». Je ne puis m’empêcher de penser à la chanson de Brassens :
« C’est le Duc de Bordeaux qui va la tête basse
« Car il ressemble au mien, comme deux gouttes d’eau.
« S’il ressemblait au vôtre, on dirait quand il passe :
« Ah le joli garçon que le Duc de Bordeaux (bis) »
Je sais : c’est bas. Il faut lire cela comme c’est écrit : « cum grano salis ».
Je ne me plains pas. J’ai tout ce qu’il faut. Pas plus, mais pas moins. Je devrais donc vaquer à mes petites affaires. Mais comment être heureux dans un pareil merdier ? Surtout lorsqu’on voit ses petits-enfants aller, pleins d’insouciance, vers l’abîme ?
Entendons-nous bien. Je ne suis pas tenté par un retour en arrière. Pourtant, j’ai assez de mémoire pour me rappeler que tout était beaucoup plus simple il y a cinquante ans, même si on était moins riches. Les épreuves que nous subissions avaient un caractère exceptionnel. Il y a eu la guerre, mais un jour elle a été finie. Il y a eu la décolonisation, notamment la guerre d’Algérie, où tant de mes camarades ont laissé leur vie, mais un jour cela s’est terminé. J’ai failli crever d’une septicémie en 1946, de la « grippe asiatique » en 1957, de la tuberculose en 1958. A chaque fois, j’ai senti le vent du boulet, mais je m’en suis sorti et je suis toujours là . Au moins, entre ces différents moments critiques, il y avait des pauses. C’est cela qui caractérise la période actuelle. Le souci est permanent. Il n’y a plus de pause. Je pense que c’est en partie pour cela que chacun rentre dans sa coquille. Nous ne voulons pas voir les malheurs du monde, car ils nous submergent. Cela n’arrête pas.
« On licencie dans l’usine d’à côté ? En quoi cela me concerne-t-il ? Il sera toujours temps de manifester ou de faire grève lorsque ce sera mon tour ».
Les patrons ont lu Morrisson (et Machiavel, et Gracian…). Ils ne font pas l’erreur de licencier tous en même temps. Dans « Horace », Corneille aussi leur a expliqué comment faire. L’un après l’autre. Pas tout le même jour…
« O fortunatos sua si bona norint agricolas » (Virgile, Géorgiques, IV)
(« Heureux les paysans s’ils se rendent compte de leur richesse »)
Remplacez « paysans » par « fonctionnaires » (je ne sais plus comment on dit cela en latin…) et vous verrez combien Virgile reste d’actualité…
Je n’ai évidemment rien contre les fonctionnaires. Ce serait stupide. Au moins, eux, ont réussi, depuis longtemps, à régler le problème de la parité des salaires hommes/femmes à poste équivalent. Il n’en reste pas moins que, aujourd’hui, ce sont les seuls à jouir d’un peu de sérénité (Les retraités aussi, d’ailleurs, dont je suis) au moins sur le plan matériel, ce qui n’est pas peu. Qu’ils n’oublient pas, tout de même, que ce sont les contribuables, et non les salariés en tant que tels, qui paient leurs retraites. Je suis retraité. Je ne cotise plus au régime de l’assurance vieillesse et, par suite, je ne contribue plus au paiement des retraites des salariés du secteur privé. En revanche, je continue de payer des impôts sur lesquels sont payés les retraites des fonctionnaires qui, eux, n’ont jamais cotisé pour moi. Y aurait ti pas un blème ?
29 juillet 2009 à 16:36
Erratum :
Au début du texte (post n°35) il faut lire “ce n’est pas un pseudonyme”, car, justement, C’EST un surnom.
Le lecteur (s’il y en a) aura rectifié de lui-même…
30 juillet 2009 à 19:20
deuxième erratum (décidément)
En me relisant (il faut bien que quelqu’un le fasse), je me suis aperçu que j’avais mal cité Virgile. Il faut lire :
“O fortunatos NIMIUM sua si bona norint agricolas”
(TROP heureux, les paysans, s’ils se rendent compte de leur richesse)
J’en profite pour revenir sur ce que je disais des fonctionnaires. J’entends dire que 70% des salariés de France-Télécom sont des fonctionnaires et que 83% de ces mêmes salariés craignent pour leur emploi (l’un d’eux vient de se suicider). Là , je crois qu’on touche le fond. Je les croyais à l’abri ; ils sont peut-être à l’abri du licenciement, mais pas à l’abri de l’angoisse. Décidément, j’avais raison. Il n’y a pas de pause.
(je n’aime pas avoir raison, car je suis pessimiste)
Ce que j’aime, sur ce blog, c’est qu’on peut s’y promener tout nu : il n’y a personne…
2 août 2009 à 9:31
Tout était plus simple … il y a 50 ans ? Non, pas vraiment !!! Les gens du peuple trimaient durement pour un salaire qui leur permettait tout juste de faire face aux dépenses plus qu’ordinaires. L’hiver, il y avait de jolis dessins de givre sur les fenêtres. Seuls, ceux qui avaient une bicyclette circulaient avec un peu d’autonomie. L’école ? C’était prioritairement pour les nantis. Etc … etc …
Bien sûr, les arguments qui vont dans votre sens, monsieur Kénique, ne manquent pas. Mais qu’espérer pour la petite fille de 5 ans ? Sûrement tout à la fois votre endurance et votre ténacité pour surmonter, comme vous, les épreuves que vous redoutez pour elle.
De toutes façons, pas un parent ni une “quelconque autorité” d’adulte n’évitent les difficultés d’assumer sa vie. N’est-ce pas ?!
C’est ce que je me dis à moi-même pour goûter au mieux l’existence donnée. Et la vivre avec tous les possibles, à construire quand même. D’autres que moi théorisent avec justesse et habileté… Pourquoi pas ?
J’aime l’idée du micro-crédit qui permet entreprendre soi-même. Et de garder le coeur léger !
Bonne journée de dimanche. Ch
PS. A l’attention de Mr Serge L’Eternel, je n’utilise jamais de pseudonyme … mais mon patronyme “Collet” est des plus courant. Lorsque je vous croiserai, je me présenterai …
3 août 2009 à 16:58
J’ai bien écrit que, il y a cinquante ans, tout était plus SIMPLE, mais pas que tout était plus FACILE. La vie était plus dure certes (aucun étudiant n’accepterait de vivre dans les conditions où j’ai vécu à l’époque. Moi et tant d’autres. Le givre sur les fenêtres d’une chambre pas chauffée, je connais. En février 1956, il a fait 20° au dessous de zéro. Le vin gelait dans mon placard !!!) mais l’horizon était ouvert. Il y avait toutes les raisons de penser qu’on allait s’en sortir.
De fait, dans une situation analogue, le niveau de vie des gens est très supérieur à ce qu’il était. Le pouvoir d’achat du salaire minimum a triplé. Mais, d’une part, ce pouvoir d’achat est grevé par des obligations consuméristes qui n’existaient pas (Qui, à l’époque, avait le téléphone chez soi ? Qui, aujourd’hui, peut se passer d’un téléphone portable, voire d’un ordinateur et même d’une voiture ?), d’autre part, la fameuse “mobilité” a introduit des angoisses qu’on ne connaissait pas autrefois. Il y a cinquante ans, lorsque vous entriez chez Renault ou chez Michelin, vous étiez sûr (peut-être à tort, d’ailleurs) d’y rester jusqu’à la retraite. Aujourd’hui, même les fonctionnaires craignent pour leur emploi.
Mais le pire n’est encore pas là . Ce qu’on peut craindre pour nos enfants et qui n’a rien à voir avec les épreuves que nous avons connues, c’est la catastrophe écologique. Ne dramatisons pas. Nous ne connaîtrons probablement pas les hivers canadiens (-50° !!!) que nous vaudra la disparition du Gulf Stream, mais d’autres les connaîtront. Leurs fenêtres n’ont pas fini de givrer. Sans parler de l’empoisonnement des nappes phréatiques, l’accumulation des métaux lourds dans l’organisme, etc. La question n’est pas « cela va-t-il se produire ? », mais « quand ? ». L’idée-même qu’il n’y aura JAMAIS d’accident majeure dans une centrale nucléaire française relève de la bêtise pure et simple.
Non, décidément, je hais les optimistes. C’est à cause d’eux que nous en sommes là . Tous ces gens qui ne croient plus en Dieu (en quoi ils n’ont probablement pas tort), mais qui, incapables de vivre sans conviction, croient en l’AVENIR !!!
Comme aurait dit Daladier, acclamé à son retour de Munich : « Les cons ».
6 août 2009 à 10:29
combien va vers les “thinktanks”,les “coachs”,les firmes d´émbauche, recyclant les délocaliser pour le “free market” à 4 sous pour les “relooker” ,meme les surdiplomer “get´s trained” à écrire des CV,combien pour les “trainings”,des murs,des call center,d´interphones, de self defences des “go betweens” bueaucrates se protégant de la moutarde qui monte au nez des pauvres,que certains pense trop pauvre d´esprits pour faire du fric sur le dos des autres.ca fait monté la note de la brioche des “bonnes oeuvres”, messieur,dames.
7 août 2009 à 13:43
Vous avez déjà comparé Amazon.fr avec Amazon.com au niveau des commentaires ?
Un exemple, avec Le Maître et Marguerite de Boulgakov :
http://www.amazon.fr/maître-Marguerite-Mikhaïl-Boulgakov/dp/226613437X/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1249648654&sr=1-1
http://www.amazon.com/Master-Margarita-Mikhail-Bulgakov/dp/1442133171/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1249648305&sr=1-1
Les commentaires dépassent difficilement une page sur A.fr, comme c’est le cas ici. Sur Amazon.com : 36 pages !
De là à en faire une mesure de l’activité intellectuelle !
La richesse d’Amazon.com, en particulier dans les commentaires qu’on y trouve, ajouter à la richesse bibliographique dans tous les domaines, donne finalement une image en totale opposition avec ce qu’on peut parfois et régulièrement entendre sur france-culture concernant la vie intellectuelle aux Etats-Unis.
7 août 2009 à 14:00
petite suite :
Il est rare de trouver sur Amazon.fr des discussions sur la traduction, et il n’y a souvent qu’une seule traduction disponible (parfois des traductions “revues” de vieille traduction)(quand ce n’est pas des traductions de l’anglais de livre dont l’original n’est pas en anglais !).
Pour le livre de Boulgakov, on trouve 4 traductions en anglais :
“There are four translations of “The Master and Margarita” presently available Two of them, those by Mirra Ginsburg and Michael Glenny, are based upon a 1966 censored Russian version of the novel, while the later, Burgin/O’Connor and Pevear/ Volokhonsky translations are based upon the final uncensored version. Additionally, the latter two translations contain useful endnotes (footnotes would have been preferable) that explain references to people, places and things in the Moscow of the Thirties.”
http://www.amazon.com/Master-Margarita-Mikhail-Bulgakov/product-reviews/1442133171/ref=dp_top_cm_cr_acr_txt?ie=UTF8&showViewpoints=1
7 août 2009 à 19:10
Juste une question à Hoel :
Quel rapport y a-t-il entre son message et le niveau des dépenses sociale françaises ?
J’adore Boulgakov, mais, franchement, je ne vois pas ce qu’il vient faire ici…
7 août 2009 à 20:17
Et moi, j’adore ce qu’écrit Kenique !
Un pessimisme aussi lucide, dans une langue aussi parfaite, ça mérite mieux que ce modeste blog. Bon sang, écrivez vos mémoires.
10 août 2009 à 14:29
“J’adore Boulgakov, mais, franchement, je ne vois pas ce qu’il vient faire ici…”
C’est vrai, on ne parle pas de Boulgakov par ici. On ne parle pas de littérature. Ni de cinéma. Ni de peinture. Je me demande de quoi on parle. Ah, pardon, de “dépenses sociales”, de “post-modernité”, de “multiculturalisme”.
24 septembre 2009 à 17:40
il y a quelques mois Jean de kervasdoue nous disait qu’il y avait beaucoup trop d’infirmieres aujourd’hui trop de medecins.
28 septembre 2009 à 17:27
raisonnement de BC intenable.
Le néolibéralisme est en marche, cela se voit dans de nombreux faits.
la dépense sociale ne donne pas le niveau de non-néolibéralisme !
Si encore le mode de comptage était comparable ?
1 décembre 2009 à 21:15
“Mais la vraie question, celle de la soutenabilité à moyen terme de cet ensemble de politiques”
La seule chose qui n’est pas soutenable c’est que M Couturier fasse des émissions de radio au lieu de parfaire son éducation politique en Sibérie
7 janvier 2010 à 16:14
Et oui, il y a encore des gens qui rêvent de déporter en camp de concentration ceux qui ont le malheur de ne pas penser comme eux, la preuve ci-dessus. On voit ce qui serait arrivé à notre libre pays si, par malheur, ils s’étaient emparés du pouvoir.
7 janvier 2010 à 20:25
Fichtre, M. Couturier, nous frémissons d’effroi en pensant à ce à quoi vous avez échappé (de justesse je présume)…:-) Mais, plutôt que de d’endosser sans doute un peu facilement le rôle pas follement original de la vigie persécutée par les méchants fanatiques (à une époque où décidément on ne risque pas grand-chose), n’aurait-il pas été plus judicieux de simplement rappeler M. Brunulphe Amandzone au respect serein des règles élémentaires du débat d’opinions?