J’en ai assez de lire des sottises dans la presse sur Woodstock et l’Ă©tĂ© 69. En aoĂ»t 2000, j’avais publiĂ© cet article dans L’Evènement du Jeudi, dont j’Ă©tais alors chef du service IdĂ©es. Je le soumets Ă la critique des lecteurs de ce blog.
Derniers instants de plénitude, un peu étouffants, avant que l’orage ne vienne emporter toutes les naïves illusions des sixties. Durant l’été 1969, le « mouvement » culmine, se gâte, tourne à l’aigre. Comme le héros de « More » de Barbet-Schroeder, le film de cet été-là , on sait qu’on va le faire, ce pas de trop vers le soleil – vers une révélation qui va nous brûler les yeux. Ce n’est plus un jeu. Nous (ma génération) allons, cet été-là , rompre avec le monde enchanté d’une enfance bien trop prolongée. En quelques semaines, l’histoire va nous faire basculer de Woodstock en Altamont. Du grand rassemblement pacifique des enfants-fleurs de la mi-août au déchaînement meurtrier des Hell’s Angels, lors du concert gratuit de la tournée californienne des Rolling Stones. Un bref moment, on pourra encore croire que les bons sentiments, l’authenticité, le goût de la fête et le parfum de l’aventure collective vont l’emporter sur le monde des Nixon (élu de justesse, fin 68). Mais très vite, tout ce qui avait semblé incarner une libération, une alternative, semble déboucher sur l’impasse ou sur la mort. Il n’y a plus d’espace pour la fantaisie ironique et désengagée : c’est pourquoi les Beatles, qui ont incarné l’esprit des sixties, ne lui survivront pas. Après s’être fourvoyés dans « l’album blanc », ils se retrouvent pour une dernière séance, en cet été 69, enregistrent « Abbey Road », avant d’officialiser leur rupture en 1970. En mai 1969, Paul a épousé Linda et John Yoko Ono. Le « bed-in pour la paix » auquel se livrent ces derniers, au Hilton d’Amsterdam, a un effet déplaisant. Les fans commencent à comprendre que la pop est aussi une affaire de marketing et d’égos boursouflés. Que le militantisme radical peut accoucher du n’importe quoi.
 Le premier homme sur la lune apparaĂ®t comme une trahison des idĂ©aux libĂ©raux de J-F Kennedy. En inaugurant le programme Apollo, en 1961, le prĂ©sident assassinĂ© avait promis : « Avant la fin de la dĂ©cennie, nous enverrons un homme sur la Lune. » C’était au temps de l’innocence amĂ©ricaine. Au temps oĂą le saxophoniste Stan Getz dĂ©couvrait la bossa nova. Il n’y avait alors encore au Vietnam que 15 000 « conseillers militaires » amĂ©ricains. Depuis, il y avait eu le free jazz. En 1968, malgrĂ© un engagement militaire amĂ©ricain qui culminait Ă 536 000 Gis, le Vietcong avait marquĂ© des points, lors de son offensive du TĂŞt. En 1969, l’AmĂ©rique doutait sĂ©rieusement de son droit moral Ă la victoire sur le communisme. Sur les campus, on Ă©tait passĂ© du pacifisme (”Paix au Vietnam !”) Ă l’alignement sur l’adversaire (”Vietcong vaincra !”). Et c’est dans ce contexte qu’est perçue la mission Apollo 11. Elle apparaĂ®t dorĂ©navant surtout comme un Ă©pisode de la guerre froide. Neil Armstrong laisse une plaque sur la Lune, portant l’inscription : « Nous sommes venus en paix pour toute l’humanité ». A cĂ´tĂ©, il plante une bannière Ă©toilĂ©e, afin que nul n’ignore au nom de quelle partie de l’humanitĂ©, il est venu « en paix ».         Â
En 68 déjà , on avait non seulement raté plusieurs révolutions, mais aussi laissé un certain nombre des nôtres sur le pavé. L’occupation du Quartier Latin, qui s’était terminée en queue de poisson, avait laissé un goût amer. Mais elle ne doit pas faire oublier l’écrasement du « Printemps de Prague » par les chars du Pacte de Varsovie, ni la « nuit de Tlatelolco », du 2 octobre 68, où plus de quarante étudiants mexicains furent tués par la police, ni les « événements de mars » en Pologne - dont le lycéen Adam Michnik fut l’un des leaders.
 Cette annĂ©e-lĂ , on nous avait tuĂ© Martin Luther King en avril. Le leader Ă©tudiant allemand Rudi Dutschke tombait, criblĂ© de balles, quelques jours plus tard, Ă Berlin. En juin, c’était au tour de Bob Kennedy. Et le 16 janvier 1969, l’Ă©tudiant en philosophie tchèque Ian Palach s’immolait par le feu place Wenceslas, pour protester contre l’occupation de son pays par les troupes du Pacte de Varsovie, au nom de “l’internationalisme prolĂ©tarien” et de “l’amitiĂ© entre les peuples”. Le temps initial de l’innocence, celui des bons et des mĂ©chants, durant lequel les gentilles Ă©tudiantes couvraient de fleurs les baĂŻonnettes de la Garde Nationale pour dĂ©noncer la guerre du Vietnam, Ă©tait terminĂ©. Il n’était plus question de tergiverser. Les militants, bardĂ©s de certitudes, exigeaient qu’on sacrifie enfin la contre-culture Ă la RĂ©volution. L’ombre de la violence, du terrorisme des « annĂ©es de plomb », planait au-dessus des tĂŞtes les plus chevelues. Dans « One plus one » de Godard, son suicide esthĂ©tique de 1969, les Stones, furieux et camĂ©s, rĂ©pĂ©taient « Sympathy for the Devil », tandis que, dans un cimetière de voitures, des militants des Black Panthers se passaient interminablement des mitraillettes en rĂ©citant des passages entiers de Mao. Non, l’heure n’était pas Ă la franche gaietĂ©.        Â
ProphĂ©tiques, les Doors chantent en 68 : « Summer’s almost gone » : Le matin nous trouva calmement pas prĂ©venus (unaware), / Midi fit brĂ»ler l’or dans nos cheveux… / L’étĂ© est presque enfui, l’étĂ© est presque enfui, / On a eu quelques bons moments, mais ils sont partis, l’hiver arrive, l’étĂ© est presque enfui ». Dans Easy Rider de et avec Dennis Hopper et Peter Fonda (1969), l’équipĂ©e sauvage de deux hippies motards Ă travers le Sud amĂ©ricain dĂ©bouche sur une sĂ©rie d’impasses et la mort. Quant Ă Dustin Hoffman, il a troquĂ© son charmant personnage d’étudiant dĂ©fiant le monde adulte au nom de l’amour libre (Le LaurĂ©at, 1966), pour celui d’un arnaqueur boiteux, survivant dans les slums de Manhattan, en compagnie d’un gigolo manqué : Macadam Cowboy. Oui, dĂ©cidĂ©ment, les sixties dĂ©chantent.Â
        Deux morts indiquent ce tournant dans l’esprit du temps. Brian Jones, le lutin blond des Rolling Stones, est dĂ©couvert noyĂ© dans sa piscine, le 3 juillet. Il est en cure de dĂ©sintoxication et sous contrĂ´le judiciaire. Sa vie de Rolling Stone lui est devenue insupportable. Il ne sait pas gĂ©rer son statut de star, quand celui-ci semble aller comme un gant Ă Mick Jagger, et que son compère Keith Richards affecte de le mĂ©priser avec une Ă©lĂ©gance de trompe-la-mort. Les autres Stones ne supportent plus les crises de jalousie de Brian, son incapacitĂ© Ă jouer sur le clavier des drogues, son manque de professionnalisme. Lors de l’enregistrement de leur dernier disque, « Beggar’s Banquet », en 68, Brian arrivait très en retard, s’asseyait dans un coin et pleurnichait. « Il est devenu inutile aux autres comme Ă lui-mĂŞme », tĂ©moigne le pianiste Nicky Hopkins, surnommĂ© « le 6° Rolling Stone ». Comme il lui est interdit de quitter la Grande-Bretagne, les Stones y Ă©taient bloquĂ©s. Or, par une des Ă©tranges coĂŻncidences de cet Ă©tĂ©-lĂ , les Stones avaient prĂ©vu un grand concert gratuit Ă Hyde Park, le surlendemain, 5 juillet. Vont-ils l’annuler ? C’est mal connaĂ®tre Mick Jagger. « Brian aurait voulu que le concert ait lieu », assure-t-il. Devant 300 000 jeunes Britanniques, une affluence encore jamais vue alors Ă un concert de rock, Mick ouvre le concert par la lecture d’un poème de Shelley dĂ©diĂ© Ă la mĂ©moire de Brian. The show must go on. DĂ©tail qui a son importance : ce sont les Hells’ Angels londoniens qui assurent la sĂ©curitĂ© du concert. On ne dĂ©plore pas d’incident majeur.       Â
L’étĂ© 1969, c’est celui des festivals. A la vĂ©ritĂ©, la plupart d’entre eux se passent mal. 150 000 spectateurs au Newport Festival, en juin, pour Ă©couter Jimi Hendrix (de plus en plus camĂ©) et Steppenwolf. La police a chargé : 300 blessĂ©s. MĂŞme scĂ©nario au Denver Pop Festival. Les mĹ“urs ont beaucoup changĂ© depuis l’évènement fondateur, Monterey 1967. L’humeur de cette annĂ©e est plus Ă l’émeute qu’au Peace and Love – contrairement Ă l’image reconstruite par les mĂ©dia depuis. Si l’on a tant cĂ©lĂ©brĂ© Woodstock, c’est surtout parce que c’est le seul festival pop de l’étĂ© qui se passe bien. Lors de leur mĂ©gatournĂ©e amĂ©ricaine de novembre 1969, les Stones sont accusĂ©s de vendre les tickets trop cher. Aussi, acceptent-ils de donner un concert gratuit. Ce sera Altamont, Livermore, le 6 dĂ©cembre 1969. La veille, très prĂ©cisĂ©ment, est sorti leur tout nouveau 33-tours. Son titre : « Let it bleed ». Faut que ça saigne… Oui, ça va saigner Ă Altamont, oĂą les Stones ont fait appel, pour assurer la sĂ©curitĂ© du concert, aux Hell’s Angels, comme Ă Hyde Park. Mais les Hell’s amĂ©ricains ne sont pas les Hell’s anglais. PayĂ©s en bière, ils vont charger le public Ă coups de cannes de billard, tandis que Mick Jagger doit interrompre Sympathy for the Devil. Un peu plus tard, les Hells’, qui menacent physiquement Jagger sur scène, poignardent Ă mort un jeune Noir de 18 ans, Meredith Hunter. Il y aura plusieurs autres incidents mortels lors des festivals de 1969. La pop a perdu son innocence. Et le « mouvement » a fait la preuve de son incapacitĂ© Ă s’auto-organiser. L’auto-gestion de la jeunesse en dehors des institutions et des contraintes du monde adulte n’est plus qu’un mythe.Â
        Le 9 aoĂ»t 1969, Sharon Tate, l’une des plus jolies actrices d’AmĂ©rique, qui est enceinte de plus de huit mois du rĂ©alisateur polonais Roman Polanski, rĂ©unit quelques amis dans la maison qu’ils ont achetĂ©e, l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente Ă Los Angeles. C’est cette nuit-lĂ qu’a choisie le hippie dĂ©rangĂ© Charles Manson pour lancer son Apocalypse. Manson est, depuis 1967, une figure de Haight Ashbury, le quartier-gĂ©nĂ©ral des hippies californiens, au cĹ“ur de San Fransisco. Il a pris part à « l’étĂ© de l’amour », de 1967. A cette Ă©poque, des milliers de jeunes en rupture se sont installĂ©s en « communes » dans les belles maisons victoriennes de bois blanc de San Fransisco pour y expĂ©rimenter une vie plus digne d’être vĂ©cue. On y a dĂ©crĂ©tĂ© la mort des conventions, des tabous, de la possession, de l’argent. Les « Diggers », des hippies anarchistes, nourrissent ceux qui ont faim. L’AmĂ©rique est assez opulente pour nourrir ses enfants dĂ©viants. Ce sont les sixties optimistes. Mais dĂ©s 1969, “l’Ă©tĂ© de l’amour” connaĂ®t son automne : certaines filles se sont si bien “libĂ©rĂ©es” qu’elles finissent dans la drogue et la prostitution, maigres et hagardes sur les trottoirs de Los Angeles. A mesure que s’aggrave la violence policière, la contestation de l’ordre bourgeois se radicalise. Dans une AmĂ©rique assez pauvre en traditions rĂ©volutionnaires, s’improvisent toute sorte de thĂ©oriciens fous. Charles Manson est de ceux-lĂ . Il emmène sa « famille » dans le dĂ©sert, bourre ses adeptes d’acide et de thĂ©ories fumeuses. Son grand projet est de dĂ©clencher une guerre raciale qui mettrait l’AmĂ©rique haĂŻe Ă feu et Ă sang. Il suffit de commencer par assassiner quelques riches Blancs en vue et de faire accuser des Noirs. Dans le milieu de Sharon Tate, comme chez tous ceux qui sont « hype », on est dĂ©cidĂ© Ă ĂŞtre cool, ouvert Ă autrui. La mĂ©fiance, c’est ce qui gâte la vie du vieux monde. Les assassins de Manson laisseront quatre cadavres, cette nuit-lĂ . Puis, ils iront frapper ailleurs. L’affaire Manson crĂ©e un Ă©lectrochoc du cĂ´tĂ© hippie. Les meurtres qu’il a commanditĂ©s constituent une perversion si Ă©vidente des idĂ©aux du milieu lui-mĂŞme qu’il est difficile pour lui de ne pas s’y reconnaĂ®tre dans le miroir qu’il leur tend : le style de vie, tribal et en rupture, l’alliance drogues et rock’n roll, le mĂ©lange dĂ©tonnant de mysticisme satanique et de gauchisme primaire. La Famille de Manson est le fruit repoussant du mouvement.Â
         L’intelligentsia parisienne, toujours en veine d’une mauvaise cause, commence Ă se passionner pour la Grande RĂ©volution Culturelle ProlĂ©tarienne chinoise. A l’UniversitĂ© « expĂ©rimentale » de Vincennes, Alain Badiou, phare de la pensĂ©e maoĂŻste, enseigne en 1969 la « thĂ©orie prolĂ©tarienne de la connaissance ». Newton, savant « bourgeois » ? Jdanov et Lyssenko, pas morts, en tous cas. Ignorant Ă peu près tout de la rĂ©alitĂ©, comme Ă leur habitude, nos intellectuels ne savent pas que sur place, en Chine, l’ArmĂ©e dite « populaire » vient de mettre un terme Ă cette terrifiante orgie de meurtres, Ă la demande des Ă©lĂ©ments encore sains d’esprit du Parti communiste. Fin avril, lors du IX° Congrès, le terrifiant marĂ©chal Lin Biao a Ă©tĂ© promu successeur dĂ©signĂ© du Grand Timonier. Le comitĂ© central est passĂ© aux mains des militaires, qui y contrĂ´lent 46 % des sièges. Les gardes rouges qui ont survĂ©cu sont envoyĂ©s se faire « rééduquer par les masses », en allant ramasser du purin des les « écoles du 7 mai ». A la fin de 1971, nos amis maoĂŻstes parisiens recevront la consigne discrète d’arracher de leur exemplaire du « Petit livre rouge », la prĂ©face rĂ©digĂ©e par le successeur dĂ©signĂ©. Lin Biao vient d’être abattu sur la frontière mongole en tant que comploteur rĂ©visionniste. On est en plein Blake et Mortimer. Ca n’empĂŞchera pas les avant-gardistes de Tel Quel (Philippe Sollers, Julia Kristeva et Maria-Antonietta Macciocchi) de consacrer un numĂ©ro spĂ©cial de leur revue – la plus chic de la Rive Gauche – Ă la glorification philosophique du maoĂŻsme. On comprend ceux qui, ayant signĂ© une fois dans leur vie, de pareilles crĂ©tineries, prĂ©fèrent placer l’ensemble de leur Ĺ“uvre et de leur vie sous le signe de l’histrionisme et de la bouffonnerie…Â
        Cet Ă©tĂ©-lĂ , Robert Gigi, dessinateur de Scarlett Dream, qu’il a créée avec Claude Moliterni en 1965, reçoit le Prix International de la bande dessinĂ©e Ă Lucca-5, en Italie. AngoulĂŞme n’existe pas encore et ce sont les fiumetti italiennes qui dominent encore, d’une courte tĂŞte, la production de bĂ©dĂ© europĂ©enne pour adultes (un concept très rĂ©volutionnaire, Ă l’époque). Scarlett, une contre-espionne blondinette et sexy, ressemble Ă Marlène Jaubert, comme la Barbarella de Jean-Claude Forest lorgne vers Jane Fonda, avec laquelle elle finira par se confondre Ă l’écran en 1968. De leur cĂ´tĂ©, Jodelle (1966) et Pravda (1068) de Guy Pellaert empruntent leurs visages respectifs Ă Sylvie Vartan et Ă Françoise Hardy. Cette manière de jouer avec les icĂ´nes de la culture populaire, mi-rĂ©aliste, mi-onirique, et sans en dĂ©noncer « l’aliĂ©nation », comme s’y complairont les annĂ©es 70, est typique de l’esthĂ©tique du pop art : un jeu sur les surfaces, sur les Ă -plats de couleurs vives. Mais pas mal d’eau a coulĂ© sous les ponts en matière de morale publique. En 1964, la censure a fait interdire Barbarella pour des scènes dĂ©shabillĂ©es qui paraissent dĂ©jĂ bien innocentes en 69. C’est cet-Ă©tĂ© lĂ , en effet, que Guido Crepax publie, en Italie, « La Casa Matta », la première aventure de Bianca, sa nouvelle hĂ©roĂŻne, encore plus sexy que sa rĂ©gulière, Valentina. Comme dans un bad trip de LSD, la malheureuse enfant est violĂ©e par des fantĂ´mes de pirates, harnachĂ©e et dressĂ©e en cage comme un fauve, abondamment fessĂ©e et fouettĂ©e. Les fĂ©ministes de l’époque ne trouvent rien Ă redire. Pichard et Wolinski travaillent sur « Paulette », qui paraĂ®tra en feuilleton dans « Charlie » dĂ©s le dĂ©but de 1970 et y restera jusqu’en 79.Â
        La mode, c’est ce qui se démode. Celle de l’été 69 est marquée, plus encore que par Paco Rabbane, par le couturier Jean Bouquin. Cet athlète bouclé, qui doit tout aux hippies chic d’Ibiza, habille de falbalas et de robes indiennes les stars de l’époque : Johnny Hallyday et Brigitte Bardot. Dans son numéro de septembre, Lui livre une nouvelle série de nus de B.B., pris à Saint-Tropez par la photographe Sueva Vigeveno. Bardot, à laquelle Gainsbourg a consacré, comme à une idole païenne, l’hommage d’une chanson, l’année précédente (« Jusques en haut des cuisses / Elle est bottée / Et c’est comme un calice / A sa beauté »), n’a jamais été aussi émouvante. Gainsbourg, quant à lui, surfe sur la vague avec une formidable élégance. Il en incarne le cynisme tranquille et égotiste et décide de faire une star de la jeune Anglaise plate dont il est tombé amoureux l’année précédente. Leur hymne, « je t’aime, moi non plus », remporte un succès de scandale, grâce à l’opportune interdiction officielle de radio-Vatican.
       C’est vers 1969 que se produit ce phĂ©nomène, devenu banal aujourd’hui : les consommateurs petits-bourgeois s’alignent sur le style des avant-gardes. Les bourgeoises s’habillent en hippies. Les vieux se dĂ©guisent en jeunes. DĂ©s lors, la marginalitĂ© devient de rigueur, elle devient tendance. On entre dans cette Ă©trange Ă©poque - la nĂ´tre - qui soutient la dĂ©viance et tolère la norme, quand toutes les prĂ©cĂ©dentes avaient fait l’inverse. Et ce n’est pas sans rapport avec la radicalisation politique de “l’avant-garde” : pour conserver son originalitĂ©, son “avance”, il faut s’aventurer vers des domaines de plus en plus risquĂ©s, avec l’illusion, cette fois, de ne pouvoir ĂŞtre suivi. Mais comment faire, lorsque la mode cherche Ă vous rattraper ? D’oĂą l’obsession du thème de la “rĂ©cupĂ©ration” : nous sommes condamnĂ©s Ă la fuite en avant. Commence l’Ă©poque actuelle, avec ses gĂ©nĂ©rations de “parents” - qui prĂ©tend trouver ses rejetons d’autant plus “formidables” qu’elle Ă©prouve une peur panique de passer pour rĂ©trograde, insuffisamment cool et libĂ©réé ; et qui dĂ©cident de suivre ses enfants  plutĂ´t que de les prĂ©cĂ©der. DĂ©jĂ alors, en 1969, nous cherchons Ă les semer pour rester entre nous. BientĂ´t, les avant-gardes vont Ă©puiser leur potentiel subversif dans une institutionnalisation de la subversion, dont nous ne sommes toujours pas sortis (les “subversifs subventionnĂ©s”, dĂ©noncĂ©s par Philippe Muray)…
        Jean Bouquin, qui n’aura qu’une saison, signe aussi les deux cents costumes de « Hair », une comĂ©die musicale, dont la vedette est un jeune homme romantique et tout en boucle rĂ©pondant au nom de Julien Clerc. Hair est donnĂ© sans interruption, durant tout l’étĂ©, au théâtre de la Porte Saint-Martin. Ce n’est pas tant la nuditĂ© des acteurs dans certaines scènes qui fait de Hair un Ă©vĂ©nement bouleversant. A L’Alcazar, cet Ă©tĂ©-lĂ , la blonde Betty Mars et la brune Michèle Frascoli dansent en très petite tenue et personne ne s’en souvient plus. Sans compter qu’au Crazy Horse Saloon, en 1969, cela fait dĂ©jĂ dix-huit ans qu’Alain Bernardin tente d’élever le strip-tease Ă la dignitĂ© de l’art. Mais le nu du Crazy est tout d’artifice. Il est dans la suggestion, dans le montrĂ©/cachĂ©, dans les jeux de lumière, les projections colorĂ©es sur les corps. Hair, au contraire, livre les corps avec naturel et spontanĂ©itĂ©, en bloc. A poil. Ils apparaissent, de ce fait, Ă©trangement dĂ©sĂ©rotisĂ©s. Autant les spectacles du Crazy sont mĂ©ticuleusement rĂ©pĂ©tĂ©s, autant Hair est partiellement improvisĂ©. Hair, c’est la version bourgeoise du Living Theater et de ses fausses orgies vaguement politisĂ©es, parce que thĂ©oriquement vouĂ©es Ă la dĂ©saliĂ©nation, sous la triple invocation d’Antonin Artaud, d’Herbert Marcuse et de Wilhelm Reich. On s’efforce vainement d’y effacer les limites entre la scène et la salle, la vie et le spectacle. On y cĂ©lèbre tranquillement le mouvement de dĂ©sinhibition qui culmine alors. On s’y essaie Ă une sexualitĂ© dĂ©barrassĂ©e de tout sentiment du pĂ©chĂ©. « 69, annĂ©e Ă©rotique », peut-ĂŞtre, mais sexe = innocence. Beaucoup plus tard, certains participants comprendront que le nazisme aussi procĂ©dait aussi d’une formidable dĂ©sinhibition et que “sans tabous ni limites” Ă©tait aussi l’idĂ©ologie des meurtriers fous en uniformes noirs… Mais personne n’a pris le risque de traduire le livre de Götz Aly, “Unser Kampf”, publiĂ© l’an dernier en Allemagne. Cet historien, ancien dirigeant maoĂŻste, y trace un parallèle troublant entre les idĂ©aux de la gĂ©nĂ©ration gauchiste et celle de la Hitlerjugend, leurs parents. MĂŞme culte de la jeunesse et du corps, mĂŞmes prĂ©tentions Ă “l’authenticitĂ©” par-delĂ les conventions “bourgeoises”, mĂŞmes sombres exaltations collectives, mĂŞme aspirations Ă la “violence rĂ©demprice”… Oui, l’archĂ©ologue de la modernitĂ© enregistre, en cet Ă©tĂ© 1969, une tendance Ă la crispation, Ă la radicalisation. L’heure n’est plus aux fleurs dans les cheveux, mais aux mitraillettes. On sent qu’aux groupes anglais vont succĂ©der les groupes armĂ©s : Brigades Rouges et Bande Ă Baader. Il faut faire son choix et subir le mĂ©pris des militants, lorsqu’on se montre incapables d’adopter leur logique suicidaire. Le temps de la rĂ©volte hĂ©doniste et lĂ©gère est derrière nous. Voici s’avancer les annĂ©es de plomb : les annĂ©es 70, avec l’ombre portĂ©e du terrorisme. A l’Ă©tĂ© 69, les sixties ont la gueule de bois. Nous n’avons pas fini de rĂ©gler nos comptes avec nos illusions de jeunesse.



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10 aoĂ»t 2009 à 18:10
C’est un joli texte.
On se demande cependant si vous regrettez le dĂ©senchantement ou l’enchantement qui l’avait prĂ©cĂ©dĂ©.
14 aoĂ»t 2009 à 18:33
Belle synthĂ©se (comme d’habitude). On espère vous rĂ©-entendre très prochainement Ă l’antenne. AmitiĂ©s.
15 aoĂ»t 2009 à 19:17
Bonjour,
Votre article m’a incidemment fait penser Ă ceci:
“L’AmĂ©rique n’a jamais Ă©tĂ© innocente. C’est au prix de notre pucelage que nous avons payĂ© notre passage, sans un regret sur ce que nous laissions derrière nous. Nous avons perdu la grâce et il est impossible d’imputer notre chute Ă un seul Ă©vĂ©nement, une seule sĂ©rie de circonstances. Il est impossible de perdre ce qui manque Ă la conception.
La nostalgie de masse fait chavirer les tĂŞtes et les coeurs par son apologie d’un passĂ© excitant qui n’a jamais existĂ©. Les hagiographes sanctifient les politiciens fourbes et trompeurs, ils rĂ©inventent leur geste opportuniste en autant de moments d’une grande portĂ©e morale. Notre ligne narrative ininterrompue se dissout dans le flou, laissant de cotĂ© toute vĂ©ritĂ©, toute sagesse rĂ©trospective. Seule une vraisemblance impitoyable, sans soucis de consĂ©quences, peut redonner la vision nette de cette ligne dans toute sa rectitude (…)”.
C’Ă©tait… du James Ellroy (avant-propos Ă American Tabloid, 1995), histoire de “plomber”, malgrĂ© une synchronisation des sujets imparfaite, un peu plus l’ambiance :) et de partager, en partie, votre Ă©nervement actuel.
Cordialement.
LQ
16 aoĂ»t 2009 à 5:57
Un parfum de souvenirs … 1969 ? Que c’est loin et proche Ă la fois. Oui, merci de nous redonner ce texte. Mais bien loin de la dĂ©sillusion, c’est de l’Ă©nergie que j’ai puisĂ©e dans ces semaines “dĂ©braillĂ©es”. Au fait, que savons-nous de l’implication de la jeunesse de la population laborieuse des gens du nord de la France ? L’agitation ou l’effervescence ne sont-elles pas l’apanage de grandes villes, comme Paris, Aix, Lyon, etc. !
Ă€ suivre …
17 aoĂ»t 2009 à 0:10
Cher Brice,
Faisant partie de cette gĂ©nĂ©ration pour qui Mai 68 ou Woodstock ne sont que les manifestations puĂ©riles d’une population qui, dĂ©couvrant la libertĂ© comme un enfant un nouveau jouet, s’empresse de l’user et d’en abuser juste pour voir s’il peut se casser… Ce qui serait fort dommage.
Faisant partie de cette génération, écrivais-je, je ne me laisserai pas aller à ce genre de provocations méprisantes et elles-même un chouilla puériles.
Non, le but de mon message est un service pour les lecteurs de votre blog qui seraient nostalgiques au point de regretter les billets que vous aviez Ă©crit “avant”…
Ceux qui sont relayés à la page 2 (et aux suivantes). Un erreur technique nous envoie vers cette page :
http://franceculture-blogs.com/bricecouturier/bricecouturier/page/2/
Hors, vos anciens billets se trouvent ici :
http://franceculture-blogs.com/bricecouturier/page/2/
Mince diffĂ©rence, mais s’il y en a que ça intĂ©resse, voici une piste pouvant expliquer cette erreur :
Tout d’abord, on notera que le problème vient de la rĂ©pĂ©tition dans la première adresse de la mention “bricecouturier\”, il s’agit en rĂ©alitĂ© du dossier sur lequel se trouve votre blog sur le serveur de Radio France (et plus prĂ©cisĂ©ment France Culture).
Ainsi sommes-nous sur France Culture, dans le blog de Brice Couturier, et voudrions-nous nous envoyer vers la page 2 du blog de Brice Couturier qui se trouverait lui-mĂŞme sur le blog de Brice Couturier (celui de France Culture).
Pas trop mal Ă la tĂŞte ? Continuons joyeusement.
Lorsque ce blog a Ă©tĂ© mis en place par les techniciens de Radio France, ils n’en ont certainement pas apprĂ©hendĂ© la valeur, il n’Ă©tait qu’un vulgaire numĂ©ro sur leur “to-do” list. Aussi cherchent-ils Ă gagner du temps dans la confection des blogs.
Pour cela, quoi de mieux que l’automatisation ?
Ainsi prĂ©fère-t-on crĂ©er un programme qui crĂ©era et adaptera des liens relatifs (aller vers /page/2) plutĂ´t que s’embĂŞter Ă taper Ă chaque fois l’adresse complète (http://franceculture-blogs.com/bricecouturier/page/2/).
Il y a fort Ă parier qu’un grain un peu trop zĂ©lĂ© dans cette machine bien huilĂ©e a cru bon de rajouter “bricecouturier/” et demander ainsi “aller vers /bricecouturier/page/2″.
Il suffit pour lui, comme pour nous en attendant, de supprimer cette dévastatrice double-mention pour profiter des anciens articles de ce blog.
Il y a peut-être des complots, mais il y a certainement des erreurs, bien humaines, comme un texte bien trop long, et un ton bien trop assuré.
Bonne continuation !
17 aoĂ»t 2009 à 11:48
Hou la la … Mais non, mais non : pas difficile d’accès !
Je trouve toujjours le blog très facilement, par google, puis brice couturier
Ch
17 aoĂ»t 2009 à 15:11
Vous n’avez donc pas de bouton “favoris” dans vos navigateurs ?
18 aoĂ»t 2009 à 14:06
Remarque pertinente, cher monsieur Kenique !
Selon quels critères, un blog est considĂ©rĂ© comme “favori” ? A y rĂ©flĂ©chir …
Ch.
18 aoĂ»t 2009 à 16:16
Il n’y a pas de critère. Lorsqu’un site me plaĂ®t (blog ou autre) je le mets dans mes favoris (dans “Explorer” ou “Orange”, cliquer sur “favoris”), ce qui me permet de m’y rendre directement, sans repasser par le chemin qui m’y a menĂ©.
20 aoĂ»t 2009 à 11:13
MĂŞme si cela n’a aucun lien avec le sujet du blog, j’aimerais vous faire part de ma dĂ©couverte d’un des derniers livres de Jacques Ellul, “Islam et judĂ©o-christinisme”, terriblement prophĂ©tique et inquiĂ©tant. Je l’ai lu dernièrement et je suis encore assez perturbĂ© Voici un lien:”http://livres.lexpress.fr/critique.asp?idC=8524&idR=12&idTC=3&idG=8″ ou encore un de ces articles:
“Non Ă l’intronisation de l’Islam en France
Article de Jacques Ellul
“Ce n’est pas une marque d’intolĂ©rance religieuse : je dirais “oui”, aisĂ©ment, au bouddhisme, au brahmanisme, Ă l’animisme…, mais l’islam, c’est autre chose. C’est la seule religion au monde qui prĂ©tende imposer par la violence sa foi au monde entier.
Je sais qu’aussitĂ´t on me rĂ©pondra : ” Le christianisme aussi ! ”
Et l’on citera les croisades, les conquistadors, les Saxons de Charlemagne, etc. Eh bien il y a une différence radicale.
Lorsque les chrétiens agissaient par la violence et convertissaient par force, ils allaient à l’inverse de toute la Bible, et particulièrement des Evangiles. Ils faisaient le contraire des commandements de Jésus, alors que lorsque les musulmans conquièrent par la guerre des peuples qu’ils contraignent à l’Islam sous peine de mort, ils obéissent à l’ordre de Mahomet.
Le djihad est la première obligation du croyant. Et le monde entier doit entrer, par tous les moyens, dans la communauté islamique.
Je sais que l’on objectera : “Mais ce ne sont que les ’intĂ©gristes’ qui veulent cette guerre.”
Malheureusement, au cours de l’histoire complexe de l’Islam, ce sont toujours les “intĂ©gristes”, c’est-Ă -dire les fidèles Ă la lettre du Coran, qui l’ont emportĂ© sur les courants modĂ©rĂ©s, sur les mystiques, etc.
DĂ©clarer sĂ©rieusement qu’en France l’adhĂ©sion de “certains musulmans” Ă l’intĂ©grisme est le rĂ©sultat d’une crise d’identitĂ© est une dĂ©sastreuse interprĂ©tation.
L’intégrisme en Iran, en Syrie, au Soudan, en Arabie Saoudite, maintenant en Algérie est-il une réaction à une crise d’identité ?
Non, l’intĂ©grisme est seulement le rĂ©veil de la conscience religieuse musulmane chez des hommes qui sont musulmans mais devenus plus ou moins “tièdes”.
Maintenant, le rĂ©veil farouche et orthodoxe est un phĂ©nomène mondial. Il faut vivre dans la lune pour croire que l’on pourra “intĂ©grer” des musulmans pacifiques et non conquĂ©rants. Il faut oublier ce qu’est la rĂ©manence du sentiment religieux (ce que je ne puis dĂ©velopper ici). Il faut oublier la rĂ©fĂ©rence obligĂ©e au Coran. Il faut oublier que jamais pour un musulman l’Etat ne peut ĂŞtre laĂŻque et la sociĂ©tĂ© sĂ©cularisĂ©e : c’est impensable.
Il faut enfin oublier comment s’est faite l’expansion de l’Islam du VIe au IXe siècle. Une étude des historiens arabes des VIIe et IXe siècles, que l’on commence à connaître, est très instructive : elle apprend que l’islam s’est répandu en trois étapes dans les pays chrétiens d’Afrique du Nord et de l’Empire byzantin. Dans une première étape, une infiltration pacifique de groupes arabes isolés, s’installant en paix. Puis une sorte d’acclimatation religieuse : on faisait pacifiquement admettre la validité de la religion coranique. Et ce qui est ici particulièrement instructif, c’est que ce sont les chrétiens qui ouvraient les bras à la religion soeur, sur le fondement du monothéisme et de la religion du Livre, et enfin lorsque l’opinion publique était bien accoutumée, alors arrivait l’armée qui installait le pouvoir islamique — et qui aussitôt éliminait les Eglises chrétiennes en employant la violence pour convertir.
Nous commençons à assister à ce processus en France (les autres pays européens se défendent mieux). Mais c’est du rêve éveillé que de présenter un programme de fédération islamique en France, pour mieux intégrer les musulmans. Ce sera au contraire le début de l’intégration des Français dans l’islam.
La seule mesure juridique valable, c’est de passer avec tous les immigrĂ©s un contrat comportant : la reconnaissance de la laĂŻcitĂ© du pouvoir, la promesse de ne jamais recourir au djihad (en particulier sous forme individuelle — terrorisme, etc.), le renoncement Ă la diffusion de l’islam en France. Et si un immigrĂ©, beur ou pas, dĂ©sobĂ©it Ă ces trois principes, alors, qu’il soit immĂ©diatement rapatriĂ© dans son pays.”
*********************
Article paru dans l’hebdomadaire Réforme le 15 juillet 1989. Jacques Ellul, juriste, historien, théologien, sociologue, est décédé en 1994. De son vivant, il a publié plus de 600 articles et 48 livres, traduits dans une douzaine de langues, dont plus de la moitié en anglais. De 1953 à 1970 il fut un membre du Conseil National de l’Eglise Protestante Réformée de France. Professeur d’Histoire et de Sociologie des Institutions, à l’Université de Bordeaux, son oeuvre inclut des études sur les institutions médiévales d’Europe, l’effet de la technologie moderne sur la société contemporaine, ainsi que la théologie morale.
Enfin une dernière rĂ©fĂ©rence, glacante, Michel Onfray dans l’Ă©mission Ce soir ou jamais, Ă propos de l’islam et de l’Occident, voici un lien:”http://www.dailymotion.com/video/x81dh9_onfray-fallait-pas-linviter-et-la-m_news”.
Faites-moi part de vos réactions. Merci.
21 aoĂ»t 2009 à 20:55
eh bien M Haye, l’extraordinaire faiblesse des arguments de M Ellul me fait tout simplement froid dans le dos, j’en reste sans voix tant cela me parait grotesque. S’en est mĂŞme attristant eu Ă©gard Ă ce que cet auteur a Ă©crit par ailleurs sur d’autres sujets.
voilĂ plus de 15 ans que je m’intĂ©resse Ă l’Islam et personnellement je prĂ©fère feuilleter l’ouvrage paru sur Massignon chez Bouquins rĂ©cemment, relire Alain Corbin Schuon et Goldzier, me plonger dans la lecture des ouvrages de M. Jambet et Seddik et Ă©couter le discours exigeant mais argumentĂ© de M. Meddeb.
25 aoĂ»t 2009 à 7:04
Article paru dans l’hebdomadaire Réforme le 15 juillet 1989 ?
20 ans dĂ©jĂ !!! J. Ellul Ă©crivait dans l’ère du temps. Fort heureusement pour ceux qui s’intĂ©ressent Ă un islam Ă©clairĂ©, nous avons d’autres lecture Ă notre disposition. J’Ă©coute M.Meddeb avec un vif intĂ©rĂŞt. J’espère que l’Ă©misssion sera diffusĂ©e aux mĂŞmes heures cette annĂ©e …
25 aoĂ»t 2009 à 7:23
Eté 1969 : la gueule de bois des sixties ?
Pour moi, ce fut le plus bel Ă©tĂ© de la dĂ©cennie : voyages et rencontres. Mille dĂ©couvertes loin des habitudes ordinaires : Une plĂ©nitude de vie, Ă oser. Pour aujourd’hui encore ? sĂ»rement !!!
A 40 ans de distance, il me semble que j’ai utilisĂ© la magie du moment, sans me brĂ»ler les ailes. Je n’ai pas cru cru que les bons sentiments, l’authenticitĂ©, le goĂ»t de la fĂŞte et le parfum de l’aventure collective pouvait l’emporter sur le monde qui Ă©tait le mien.
Sans doute un atavisme de gens de la terre qui admettent la lenteur des saisons et patientent en attendant “la rĂ©colte”. Aujourd’hui, telle amie qui a fait “la fĂŞte”, cet Ă©tĂ©-lĂ , sans craindre des lendemains, use le temps avec beaucoup d’alcool Ă l’appui. En rĂŞvant Ă la vie de Marguerite Duras ….
27 aoĂ»t 2009 à 17:00
J’avais signalĂ© que mon activitĂ© blog Ă©tait en vacances, mais maintenant je peux inviter ceux qui le veulent Ă venir sur mon blog amĂ©ricain international Ă l’adresse suivante :
http://eternal-cartesian.blogspot.com/
Cependant si Chantal collet a besoin de passer ses nerfs sĂ»r quelqu’un, elle peut peut-ĂŞtre essayer un autre blog.
Autrement au sujet de l’Islam, il est facile de ne pas vouloir accepter la violence de leurs mĂ©thodes quand on ne les a pas subies. Cependant ayant Ă©tĂ© victime de ces mĂ©thodes pendant que je faisais mes Ă©tudes, je tiens Ă signaler qu’il faut vraiment se mĂ©fier ; mĂŞme s’il faut Ă©viter les excès et ne pas rĂ©pondre Ă la bĂŞtise de certains par la bĂŞtise.
28 aoĂ»t 2009 à 12:30
Un très bel article qui permet de demander des comptes à la contre-culture et aux tables de lois érigées alors.
Evoque ce fascinant essai de Joseph Heath et Andrew Potter : la Révolte consommée : http://ceciiil.wordpress.com/2009/08/18/toute-revolte-consommee/
30 aoĂ»t 2009 à 8:32
Le backlash contre culturel neo libĂ©rale contre l´esprit de libertĂ© des 60/70….ca, ca a Ă©tĂ© une grande bouffe d´énergie vitale!.
Il est temps de dépasser l´anemie créative qui découle de se vampirisme mentale.Ces petits jeunes m´ont l´air bien blafards!
1 septembre 2009 à 7:02
@apolline : Bravo pour votre créativité littéraire ! Brûlons nos manuels de grammaire et nos Bescherelle ! Et que vivan le Ministère de la Culture et les FROCs ! http://www.objectifliberte.fr/2009/07/a-la-decouverte-des-fonds-regionaux-donanisme-culturel.html
@le directeur des programmes de FC : pourquoi me priver de cinq minutes de mon Ă©mission de radio prĂ©fĂ©rĂ©e ? Je trouvais que 45 minutes ne suffisaient pas Ă ces dĂ©bats, mais maintenant il n’y en a plus que 40 !
1 septembre 2009 à 10:14
Entièrement d’accord ! J’entends encore Pierre Chevalier inviter les auditeurs Ă Ă©couter “l’heure du dĂ©bat” selon son expression après “Sur les docs”. L’annĂ©e dernière, premier coup de serpe. Et rebelote cette annĂ©e et que quatre jours par semaine si j’ai bien compris ! Julie et Brice ont bien du mĂ©rite d’animer un dĂ©bat en si peu de temps. Aurait-on oubliĂ© Ă France Culture que le temps est nĂ©cessaire Ă l’Ă©laboration de la pensĂ©e, de sa formulation etc. ?
1 septembre 2009 à 10:26
Les Fonds RĂ©gionaux d’Onanisme Culturel!… C’est vrai que c’est assez ahurissant!
1 septembre 2009 à 17:31
mr cassandre couturier vous filiez un mauvais coton en aout tout de mort perte detestation et vous n’avez pas change en septembre !!! et surtout toujours tres reac
1 septembre 2009 à 21:58
Oui, oui, je compte sur votre optimisme vigilant - et progressiste - pour ne me rien laisser passer, cette année !
1 septembre 2009 à 22:08
On cite souvent ce proverbe (chinois si mes informations sont exactes): “quand le doigt montre la lune, l’imbĂ©cile regarde le doigt”. Et si l’important dans les “sixties” n’Ă©tait ni les idĂ©es ni l’Ă©thos de ces annĂ©es mais seulement ce qu’elles ont rĂ©alisĂ© : grosso modo et pour ĂŞtre très schĂ©matique la sortie du monde d’avant la libĂ©ration des moeurs ? De ce point de vue il n’y aurait rĂ©trospectivement pas de pertinence Ă commenter (en bien ou en mal) les conceptions ou les pratiques de ces annĂ©es mais seulement d’identifier qu’elles furent la voie de passage d’un monde d’hier Ă celui d’aujourd’hui.
2 septembre 2009 à 8:57
La question qui mĂ©riterait d’ĂŞtre posĂ©e - et qui, curieusement ne l’est jamais - c’est : en quoi le “monde d’aujourd’hui” est-il nĂ©cessairement meilleur, ou encore supĂ©rieur, au “monde d’hier” ? Notre Ă©poque, qui prĂ©tend tout mettre en question, se garde bien de questionner ce jugement de valeur. Pourquoi cette arrogance du prĂ©sent envers tout ce qui l’a prĂ©cĂ©dĂ© et dont il croit pouvoir se faire le juge ? Sommes-nous meilleurs citoyens que les soldats de l’An II ? Sommes-nous capables d’Ă©difier des monuments qui sont encore lĂ , Ă nous narguer de leur splendeur, 21 ou 22 siècles après leur construction, comme les Romains ? Notre culture (Beigbeider, Delerm, Angot and co) est-elle rĂ©ellement supĂ©rieure Ă celle du XIX° siècle (Baudelaire, Delacroix, Berlioz, etc.) ? Eblouit-elle le monde comme elle le fit alors ?
La “libĂ©ration des moeurs”, dites-vous. En quoi nos vies sentimentales, voire sexuelles, sont-elles rĂ©ellement plus riches et plus intenses que celles que vĂ©curent nos ancĂŞtres sous la RĂ©gence, par exemple ?
Pour moi, cette supĂ©rioritĂ© du prĂ©sent est bien loin d’aller de soi. Et je redoute d’avance le jugement que nos successeurs ne manqueront pas de porter, dans moins d’un siècle, sur ce que nous sommes en train de faire et de vivre aujourd’hui.
2 septembre 2009 à 14:35
Sur les consĂ©quences inattendues du multiculturalisme (ou plutĂ´t sur la politique de l’autruche qui l’entoure), je vous propose plusieurs liens Ă proprement parler renversants.
Voici deux scènes carrément orwelliennes:
- http://www.bivouac-id.com/2009/07/28/angleterre-un-foulard-islamique-complete-l%E2%80%99uniforme-des-policieres/
Je crois qu’on a touchĂ© le fond lĂ ! On peut se demander si la Grande Bretagne, Ă terme, vu son modèle multiculturaliste radical et son modèle Ă©conomique purement financier et dĂ©sindustrialisĂ©, verra la fin du 21è siècle. Pour complĂ©ter cette première info, je rajouterai qu’une infirmière de confession chrĂ©tienne en service gĂ©riatrique s’est vue licenciĂ©e parce qu’elle avait proposĂ© Ă un patient (consentant en plus!) de faire une petite prière pour soulager ses souffrances. Lorsqu’on sait que le NHS (National Health Service) vient de pondre une directive obligeant les infirmières Ă tourner 5 fois par jour les lits des patients musulmans (sans mĂŞme qu’ils en fassent la demande d’ailleurs!) en direction de la Mecque, je pense qu’on peut ĂŞtre navrĂ©.
Deuxième lien, en France, grand pays de la libertĂ© et des Lumières, je crois que Baudelaire disait qu’en France ce qui est embĂŞtant c’est que tous les français se prennnent pour Voltaire.Il avait tort… en France tout les français se prennent pour Voltaire avec l’Eglise catholique, et dans un futur proche avec les juifs aussi (ah non c’est seulement les mĂ©chants sionistes qui, comme tout le monde le sait volent les organes des palestiniens morts, boivent le sang des enfants goys, sont responsables du 11 septembre, du sida qu’ils ont fabriquĂ© en laboratoire pour tuer les africains, du capitalisme globalisĂ© qui affame les peuples du Tiers-Monde et aussi du rĂ©chauffement climatique…! Si les juifs et la CIA n’existaient pas,je me dis qu’ils faudraient quand mĂŞme les inventer! Voici le lien donc, une deuxième scène orwellienne, on remarquera les interventions de tĂŞte Ă Clarke, qui symbolise Ă elle seule ce que l’esprit des sixties signifie Ă terme:
http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article37#
En ramenant ces anecdoctes, aux Ă©volutions dĂ©mographiques et gĂ©opolitiques Ă venir d’ici deux ou trois dĂ©cennies, je me dis qu’il y a de quoi avoir peur, et lorsque je pense Ă mes enfants je me dis qu’en 2020-2030, non seulement ils haĂŻront ma gĂ©nĂ©ration mais encore plus leurs grands-parents. Je pense qu’ils refuseront de payer leurs retraites, si nos systèmes de cotisation existent encore, et Ă vrai dire on ne pourra guère le leur reprocher. Quand je pense aux sixties, je me dis qu’une gĂ©nĂ©ration entière, choyĂ©e par l’Histoire, (pas de guerre majeure, une croissance Ă©conomique sans prĂ©cĂ©dant, la stabilitĂ© des mondes anciens et du judĂ©o-christianisme, les libertĂ©s dĂ©mocratiques…) a rĂ©ussi Ă dilapider plus de 2000 ans d’une sĂ©dimentation historique complexe envers laquelle nous n’avons dĂ©sormais plus que mĂ©pris voire (et c’est le plus triste lorsque je le constate avec mes petits neveux!) qu’une ignorance crasse. Petite prĂ©cision quand mĂŞme sur les libertĂ©s dĂ©mocratique dans le monde d’avant 68, il ne s’agissait pas de la licence actuelle c’est sĂ»r! La libertĂ© a parfois un autre sens plus Ă©levĂ© que regarder du porno et sniffer des rails de cocks, n’en dĂ©plaise Ă notre Begbeider national, le bobo qui dĂ©couvre que la garde Ă vue c’est pas cool!
Je crois profondĂ©ment que l’Europe (les Etats-Unis aussi mais moins car il leur reste quelque chose: il y a la-bas des populos capable de mourir pour leur Constitution!)est Ă bout de course. On palabre sur sa puissance Ă venir, sur sa construction spĂ©cifique et unique dans l’Histoire, ses systèmes sociaux, son pacifisme et son souci de la norme… J’aime bien Jean Marc Ferry, mais j’ai l’impression qu’il faut qu’il revienne un peu sur Terre et quitte de temps en temps le gentil monde cĂ©leste des bĂ©atitudes kantiennes. En vĂ©ritĂ©, pour l’Europe post-moderne, la citation de PĂ©guy s’applique pleinement: “les kantiens ont les mains purs parce qu’ils n’ont pas de mains”. Nous ne rĂ©sisterons pas aux chocs gĂ©opolitiques Ă venir, ça c’est clair, j’ai trop fait de relations internationales et de gĂ©opolitiques pour qu’on me raconte des sornettes et je dirai mĂŞme que c’est trop tard. Les indicateurs Ă©conomiques, dĂ©mographiques, militaires et technologiques mondiaux sont lĂ et comme le soulignait le politologue Peter Van Ham dans un de ses derniers articles, “l’Europe prĂ©sente tous les signes de la dĂ©cadence”. Mais moins qu’une situation gĂ©opolitique de plus en plus prĂ©caire, qu’on peut toujours par des politiques appropriĂ©es tempĂ©rer voire renverser, l’Europe n’a pas vraiment envie d’ĂŞtre, elle est plus que jamais gagnĂ©e par la lassitude et le vide, ses Ă©lites et mĂŞme ses peuples savent bel et bien, mĂŞme inconsciemment, qu’il ne sont plus capables de la moindre volontĂ©. Quand des nations entières sont devenues Ă©trangères Ă leurs principes fondateurs, autour desquels elles s’organisaient et prenaient historiquement cohĂ©rence, alors elles s’effondrent lentement (relisez Hegel ou RenĂ© Grousset)et si elles sont conquises de l’extĂ©rieur c’est toujours qu’en leur sein elles s’Ă©taient dĂ©truites elle-mĂŞmes. Il suffit que je regarde mes Ă©lèves tenir des meetings altermondialistes lors des dernières grèves universitaires oĂą l’on pouvait voter Ă main levĂ©e dans des AG bondĂ©es de non-Ă©tudiants, et d’imbĂ©ciles heureux, non seulement la fin du capitalisme, la paix sur la Terre, l’amour entre les peuples (donc la fin d’IsraĂ«l bien sĂ»r!), pour comprendre que notre destin en tant que civilisation n’est autre que l’extinction et la panveulerie bĂ©ante.Nous ne sommes pas capables de dĂ©fendre les principes de l’Occident moderne, et nous le serons de moins en moins… C’est pas grave, on fera de grandes parades Ă Paris au nom de l’Amour, de la Justice et pour lutter contre toutes les discriminations, pour Ă©pouser le monde en quelque sorte et s’offrir Ă lui une dernière fois dans une sorte pulsion maladive et christique: voyez comme nous sommes gentils et tolĂ©rants, voyez comme nous sommes de doux zombies post-modernes, voyez comme nous avons liquidĂ© jusqu’Ă la moindre trace de substance historique et culturelle pour nous croire encore une fois universels. Et effectivement le monde viendra Ă nous… et ce que je sais c’est que ce monde n’aura pas fait woodstock… We are the world, we are the children… nous sommes les derniers des hommes surtout, avec comme disait Nietzsche, leurs petits plaisirs du jour et leurs petits plaisirs de la nuit. Après Woodstock et les sixties, on pouvait rire de tout (sauf de l’Islam bien sĂ»r, religion de paix et de tolĂ©rance forcĂ©ment!), Ah, ah, on va mourir de rire vous verrez!
En dĂ©finitive je dirai que les plus grands hommes de l’Histoire europĂ©enne contemporaine furent sans doute Chamberlain et Daladier, nous sommes plus que jamais leurs petits-enfants.
2 septembre 2009 à 16:17
Bonne question, Brice. Je vois deux critères dans l’esquisse : la perfection morale et les travaux de l’esprit humain.
A l’Ă©gard du premier il est par principe impossible de porter un jugement : une sociĂ©tĂ© (ou une Ă©poque) n’est pas un sujet moral, elle n’a pas de volontĂ©, pas de libertĂ©, elle ne choisit pas entre son bien et son mal. “There is no such thing as society”.
Il faudrait plutĂ´t qualifier la moralitĂ© des membres de cette sociĂ©tĂ©, ou des contemporains de l’Ă©poque. Mais une barrière Ă©pistĂ©mologique bloque vite notre recherche de ce cĂ´tĂ©-lĂ : qui sonde les reins et les coeurs avec des statistiques ?
Reste des considĂ©rations très gĂ©nĂ©rales et très vagues, inconclusives. Par exemple : la pornographie envahit les navigateurs internet de 2009, alors qu’elle Ă©tait forcĂ©ment limitĂ©e par les techniques d’impression et de diffusion de 1720 ; nĂ©anmoins la mort violente a connu une rĂ©gression considĂ©rable en deux siècles. Quelle Ă©poque faut-il alors prĂ©fĂ©rer ?
Quant au second critère - les rĂ©alisations de l’esprit - j’ai aussi du mal Ă former une conclusion.
Certes les beaux-arts et les lettres sont bien souvent minables. Mais les arts appliquĂ©s et les techniques montrent une fertilitĂ© prodigieuse ! Je pense en premier lieu au nombre d’humains que l’esprit humain rĂ©ussit Ă faire vivre sur Terre : lĂ doit ĂŞtre notre premier Ă©tonnement. MĂ©decine, agriculture, architecture, tĂ©lĂ©communications, ponts et chaussĂ©es, chimie, je ne peux nommer tous les fruits du gĂ©nie de notre espèce. AssurĂ©ment il n’y a rien eu de pareil avant ça.
On me rĂ©torquera qu’il y a une hiĂ©rarchie dans les travaux de l’esprit, et que ces arts-lĂ ne sont pas de l’ordre supĂ©rieur. Certes, et c’est pour ça que mon Ă©merveillement est fortement tempĂ©rĂ© par la lecture d’AmĂ©lie Nothomb.
Mais la perfection du menuisier est de bien poser ses fenĂŞtres, pas d’enseigner la mĂ©taphysique. Alors je mets en garde nos successeurs de juger notre Ă©poque, mĂŞme si j’adore ce que tu Ă©cris sur ta jeunesse !
2 septembre 2009 à 23:51
Dans mon prĂ©cĂ©dent commentaire il s’agissait simplement de suggĂ©rer que les annĂ©es soixante avaient Ă©tĂ© la modalitĂ© de passage d’un Ă©tat de la sociĂ©tĂ© Ă un autre, aucunement de porter un jugement de quelque nature que ce soit sur les mĂ©rites comparĂ©s d’hier et d’aujourd’hui ou sur la valeur intrinsèque des dites annĂ©es. Pour rĂ©pondre Ă vos question, mais hors du champ que vous semblez vouloir prĂ©dĂ©terminer pour ce faire, je dirai qu’il me semble que les ĂŞtres humains du dĂ©but du vingt-et-unième siècle veulent vivre conformĂ©ment Ă la manière actuelle et qu’il est dès lors nĂ©cessaire d’organiser pratiquement les choses afin que cela soit le cas - quiqu’on pense par ailleurs de la dite manière.
3 septembre 2009 à 8:03
Bonjour M.Couturier,
Mon dernier post aurait-il Ă©tĂ© censurĂ©? Je peux tout Ă fait le comprendre d’ailleurs car je reconnais qu’il est d’une violence assez crue et que certains sujets sont devenus obsessionnels pour moi depuis ma lecture d’Ellul. MĂŞme si vous ne le publiez pas (ça n’est pas grave en soi, il n’Ă©tait pas totalement pertinent, je l’ai Ă©crit d’une traite sans le relire comme un coup de rage face Ă l’histoire de Jacky Roberts et Ă ce que j’estime ĂŞtre le dĂ©clin programmĂ© et servile de l’Occident moderne), j’aimerais que vous rĂ©pondiez juste Ă une question: ai-je forcĂ©ment tort?
3 septembre 2009 à 8:10
J’ai juste pris le temps de le lire. Je ne censure que le racisme, la propagande ouverte et les fous avĂ©rĂ©s. Rassurez-vous, vous n’entrez Ă mes yeux dans aucune de ces catĂ©gories. Quant Ă la montĂ©e de l’esprit munichois en Europe occidentale, Ă la dĂ©mission collective qui se dissimule derrière les apparences de l’ouverture et de la tolĂ©rance - comme c’Ă©tait dĂ©jĂ le cas entre 1933 et 1944, dans ce pays - c’est un constat que je partage. Et je suis un lecteur de Ellul depuis longtemps. J’apprĂ©cie en particulier “Trahison de l’Occident”, dont j’ai l’impression qu’il n’a pas Ă©tĂ© rééditĂ© Ă la Petite Vermillon, comme plusieurs autres de ses essais.
3 septembre 2009 à 12:41
“Trahison de l’Occident” est rééditĂ© chez Princi Negue, disponible Ă la FNAC, 15,20€ (livraison gratuite sous 4 Ă 8 jours)
3 septembre 2009 à 16:05
Bravo Haye !
3 septembre 2009 à 22:27
Ainsi, J Ellul est il en quelques posts couvert de louanges oubliĂ© l’article mis en ligne sur ce blog
je ne reviens pas sur la production importante de cet auteur dans le domaine du droit (c’est dans le cadre de ma formation de juriste que j’ai croisĂ© cet auteur pour la 1ère fois) ni dans le domaine philosophique (la technique, la propagande…). Bien Ă©videmment il s’agit d’un auteur majeur. C’est aussi un grand homme un “Juste”
Mais J Ellul s’est aussi aventurĂ© sur le terrain de l’Islam et Ă mon avis s’y est Ă©garĂ©.
Il publie plusieurs textes :
- “Islam et judĂ©o-christianisme” ou il fustige la fascination pour l’islam manifestĂ©e par certains intellectuels et chrĂ©tiens. J Ellul “dĂ©construit” un discours ambiant favorable Ă l’islam et un faux oecumĂ©nisme. La dĂ©monstration est brillante. Mais elle va plus loin et bascule un peu vite vers un constat d’infĂ©rioritĂ© de l’islam et surtout une impossible conciliation un impossible dialogue, une incompatibilitĂ© irrĂ©ductible. Cet ouvrage est Ă©ditĂ© en 2004 après sa mort au moment ou d’autres auteurs publient dans des revues intellectuelles des articles soulignant les diffĂ©rences radicales entre islam et les autres monothĂ©ismes et surtout tendant Ă dĂ©montrer l’impossibilitĂ© d’un dialogue.
- M Ellul a Ă©galement rĂ©digĂ© des introductions aux ouvrages de Mme Bat Yeor. Ces textes sont pour moi extrĂŞmement rĂ©ducteurs sur la notion de djiahd, et la rĂ©fĂ©rence Ă la notion de dimmitude de l’occident profondĂ©ment gĂ©nante. N’oublions pas que Mme Bat Ye’or est l’auteur (après la mort de Ellul) de Eurabia : l’Axe euro-arabe un ouvrage mĂ©diocre et fantasmagorique avec un arrière gout de thĂ©orie du complot sur la prophĂ©tique main mise de l’islam sur l’occident. On y trouve un parfum de choc des civilisations cher Ă M Lewis et M. Huntington.
- L’article citĂ© sur ce blog est pour moi attristant. Il y est question d’”intĂ©gration de la France dans l’islam” et les thèmes dĂ©veloppĂ©s dans les textes citĂ©s prĂ©cĂ©demment y apparaissent. Pour ma part, je trouve ce texte très faible, aucune rĂ©fĂ©rence particulière, aucune nuance possible. Bien Ă©videmment, on pourra s’envoyer Ă la figure quantitĂ© d’auteurs de livres d’articles d’Ă©vènements historiques, mais pour ma part les quelques ouvrages que j’ai lu me conduisent Ă ĂŞtre particulièrement déçu par la faiblesse de propos sans concession.
Quant Ă la conclusion de cet article, “La seule mesure juridique valable, c’est de passer avec tous les immigrĂ©s un contrat comportant : la reconnaissance de la laĂŻcitĂ© du pouvoir, la promesse de ne jamais recourir au djihad (en particulier sous forme individuelle — terrorisme, etc.), le renoncement Ă la diffusion de l’islam en France. Et si un immigrĂ©, beur ou pas, dĂ©sobĂ©it Ă ces trois principes, alors, qu’il soit immĂ©diatement rapatriĂ© dans son pays.” elle est je le rĂ©pète grotesque, Ă moins qu’il ne s’agisse d’une plaisantirie de mauvais gout. Malheureusement un juriste de la dimension de Ellul s’Ă©gare dans une mesure profondĂ©ment discriminatoire. On s’y rĂ©fère Ă l’immigrĂ© (donc au français immigrĂ© comme Ă l’Ă©tranger), on y parle d’une mesure propre Ă une catĂ©gorie de personne sĂ©lectionnĂ©e sur la base de la religion, on y parle d’engagement juridique Ă ne pas faire le djihad (ce qui signifie dĂ©finir le djiahd comme forcĂ©ment non spirituel), et on y parle d’interdiction de rĂ©pandre une religion. Je prĂ©fère ne pas insister sur le caractère infame de cette proposition mais noter que l’auteur ne propose rien d’autre que la dimmitude aux musulmans en territoire non musulman, la boucle est bouclĂ©e.
7 septembre 2009 à 2:51
En matière de religion, il est douteux que quiconque puisse prĂ©tendre Ă l’absoluĂŻtĂ©. Pour s’en convaincre il suffit de revenir Ă une simple donnĂ©e d’expĂ©rience toujours vĂ©rifiĂ©e Ă l’Ă©chelle de l’humanitĂ© : il y a tant d’avis Ă ce sujet, souvent divergents et mĂŞme contradictoires. Pourquoi dès lors vouloir en privilĂ©gier arbitrairement un hors tout Ă©lĂ©ment factuel ou logique contraignant Ă l’accord gĂ©nĂ©ralisĂ© comme cela existe dans quelques autres domaines? Il me paraĂ®trait plutĂ´t opportun de plaider en faveur du respect scrupuleux du principe selon lequel pour ce qui est incertain il est illĂ©gitime de convoquer l’absolu pour lui faire endosser de ses propres convictions. Pour ne pas s’ĂŞtre conformĂ© Ă ce principe Ă propos de l’Islam, Ellul (mais il n’est pas le seul, loin s’en faut) a certainement commis une erreur Ă©lĂ©mentaire.
7 septembre 2009 à 22:23
@ M Haye
très intéressant votre dernier post.
Ma rĂ©action sur l’article de M Ellul n’a pas pour objet de contester toute critique de l’islam bien au contraire je suis attachĂ© Ă une critique rigoureuse et surtout constructive mais qui ne peut partir du postulat qu’islam et modernitĂ© sont incompatibles.
sinon un article glanné sur la toile :
Islamophobie chimérique, christianophobie réelle, anti-islamophobie criminelle de M. TAGUIEFF : http://www.surlering.fr/article.php/id/5292
la fin de l’article est très intĂ©ressante
7 septembre 2009 à 23:03
Cher Saturnin,
Je crois que vous y allez dĂ©finitivement un peu fort! “La dhimmitude aux musulmans en territoire non musulmans”, c’est vraiment de la mauvaise foi!! Qu’un immigrĂ© (musulman ou non d’ailleurs!) respecte les lois de la RĂ©publique et la laĂŻcitĂ©, (bah voui le djihad c’est plutĂ´t contraire aux lois de la RĂ©publique!), c’est quand mĂŞme pas la mer Ă boire! Qu’un immigrĂ© non respectueux de ces principes soit expulsĂ©, c’est pas pousser mĂ©mĂ© dans les orties non? Quand Ă la question du prosĂ©lytisme, bah voui… qu’on expulse les SA vocifĂ©rants du Tabligh et les nazillons wahhabites, je trouve ça…comment dire… plutĂ´t salutaire!
Savez-vous vraiment ce qu’est la dhimmitude, ou le fait d’ĂŞtre juif, chrĂ©tien tout simplement d’ĂŞtre laĂŻc (c’est encore pire!) en terre d’Islam!Non?! Voulez-vous que je vous cite quelques faits divers, M.Saturnin? Allez donc voir le site d’Human Rights Watch,ou d’AED dĂ©tresse? Parce qu’en Iran, en Irak ou en Arabie Saoudite, ce sont des vies humaines qui sont en jeu! En Egypte, les coptes sont victimes de pogroms et vivent cachĂ©s, leurs filles doivent mĂŞme se voiler de la tĂŞte aux pieds pour ĂŞtre en sĂ©curitĂ©! En Irak, les nazillons islamistes tuent des prĂŞtres et font exploser des Eglises….Enfin bref, la liste serait malheureusement trop longue sans parler des mĂŞme des gens de culture musulmane qui, s’Ă©loignant un peu trop de l’exĂ©gèse mahomĂ©tane sont Ă©galement brimĂ©s! Il faudra un jour se poser la question des deux poids, deux mesures…(n’en dĂ©plaise Ă toutes nos cohortes de collabos multiculturalistes et au grand mamamouchi Vincent Geisser!)et surtout d’une libertĂ© de culte que les musulmans possèdent ici, et que les autres confessions ne possèdent pas lĂ -bas! Quand je pense que mĂŞme dans les pays du Maghreb, qui ne sont pourtant pas les pays arabes les plus islamistes, le simple fait que quelques hypothĂ©tiques dizaines de Kabyles se soient convertis au christianisme devienne une affaire d’Etat, je me dis qu’il y a … comment dire… du chemin Ă faire, non?
Sans vouloir vous offenser, M.Saturnin, (j’aime bien ce que vous Ă©crivez d’habitude!)mais posez-vous la seule vraie question qui vaille, la double question nieztschĂ©enne: Qui parle?Et d’oĂą? Nous sommes de gentils petits occidentaux, de culture judĂ©o-chrĂ©tienne plus ou moins affadie, gavĂ©s de droits sociaux et enfiĂ©vrĂ©s par l’Ă©galitĂ© dĂ©mocratique! C’est bien mignon de s’intĂ©resser Ă l’Islam depuis quinze ans, (et comme toute grande culture religieuse, l’Islam le mĂ©rite amplement d’ailleurs) mais n’oubliez pas que votre insatiable appĂ©tit de culture religieuse, votre goĂ»t prononcĂ© pour l’exotisme, peut-ĂŞtre votre recherche dĂ©bridĂ©e d’un sens plus spirituel Ă cette vie occidentale si grotesque et si matĂ©rialiste , ne demeure seulement possible in fine… que dans ce vulgaire Occident dĂ©cadent et capitaliste. D’ailleurs c’est assez Ă©trange, tout le monde dĂ©teste l’Occident (Ă commencer par ses enfants pourris-gâtĂ©s du genre les Ă©tudiants alter-machinchouettes engagĂ©s!)mais tout le monde veut y aller!
Bon M.Saturnin, comme je vous apprĂ©cie, je ne vous ferai pas l’offense de vous cataloguer dans ce groupe sans cesse croissant des tartuffes post-modernes, qui agitant leurs bouches en cul de poule, prennent leur voix de grosses Mme Verdurin pour nous pondre des sommets d’intelligence humaine du genre “L’Islam, religion de paix et de tolĂ©rance!” (plus jdanovien comme propagande, je crois quon meurt!) sans parler des “Quelle grande spiritualitĂ©!C’est fantastique! C’est important l’ouverture Ă l’autre afin d’Ă©viter le repli sur soi, la frilositĂ© et les discours de haine!”. Bah voui, le racisme c’est pas bien! Sauf que l’Islam, c’est pas une race…(Ah bon, on m’aurait menti Ă l’insu de mon plein grĂ©!?)c’est une idĂ©ologie rĂ©trograde et fondamentalement anti-moderne qui a besoin d’une sacrĂ© bonne taloche, et d’une critique radicale! En gros on attend toujours le Nietzsche de l’Islam et, malheureusement je crois qu’on va attendre longtemps!
Dernière précision, M.Saturnin, dans quel pays un peu plus de 15000 ex-musulmans convertis au christianisme doivent-ils se cacher pour être en sécurité, et se terrer dans des hangars secrets pour satisfaire leurs nouveau culte ou tout simplement se réunir? HaHaHa?
a)L’Arabie Saoudite
b)La France
c)L’Iran
Hahaha?Alors M.Saturnin? Vous ne savez pas? Bingo, la France oĂą mĂŞme l’Eglise catholique ne baptise guère les gens de culture musulmane qui lui demandent le sacrement pour cause de…comment dit-on? Ah oui, dialogue des religions (en dĂ©cryptĂ©, la trouille!)!
Bah voui, dans les pays a) et c) ils sont tuĂ©s, arrĂŞtĂ©s ou torturĂ©s, et expulsĂ©s après!Mais, nous mourrons moins idiots ce soir car nous savons maintenant grâce Ă M.Saturnin qu’il en serait de mĂŞme en France si l’on Ă©coutait vraiment… Jacques Ellul!!!
Dites-moi, M Saturnin, si on vous mettait en face de Mina Ahadi, la fondatrice du “Conseil allemand des anciens musulmans” (menacĂ©s de mort en Allemagne!)dont la famille entière fut exterminĂ©e par la RĂ©volution iranienne, ou de Walfa sultan, ou de Ayan Hirsti Ali, ou de Talisma Nasreen,ou du magnifique Ă©crivain Boualem Sansal, que leur rĂ©pondrez-vous? Que “la faiblesse de leurs arguments vous fait tout simplement froid dans le dos” peut-ĂŞtre?
Un dernier mot…il y a dans le monde des gens, pas une petite minoritĂ© du tout, plus particulièrement les islamistes, pour qui l’Europe est une terre…comment dire?… prometteuse! Et, comme l’Histoire ne se termine pas toujours bien (eh oui il faudrait que les occidentaux rĂ©apprennent le sens du Tragique!), je terminerai par deux citations.Une première de Bernanos, mĂŞme si je ne l’utilise pas dans le vĂ©ritable sens de l’auteur:
” Et il y a des mots dangereusement vidĂ©s de leur substance, comme par exemple celui de dĂ©mocratie. Regardez les choses en face ! Si vous ĂŞtes trop lâches pour regarder ce monde en face afin de le voir tel qu’il est, dĂ©tournez les yeux, tendez les mains Ă ses chaĂ®nes.”
Une dernière enfin, d’Edouard Daladier, acclamĂ©s par la foule Ă sa sortie de l’avion, juste après la signature des accords de Munich:”Ah les cons! S’ils savaient!!”
7 septembre 2009 à 23:06
Je n’avais pas lu votre dernier post Saturnin, avant de publier le mien!Je suis un peu polĂ©mique, c’est vrai, comme d’habitude, vous ne m’en voudrez pas!?!
8 septembre 2009 à 10:12
Pour l’Ă©mission d’hier : Pour draguer les jeunes femmes, il y a aussi un problème, car si certaines font des Ă©tudes Ă un certain niveau ; on peut comme pour la “jeune sportive” nommĂ©e se poser une question au sujet des hormones. Car mĂ©dicalement il est reconnu qu’il risque d’y avoir des problèmes comportementaux et que pour la reproduction (ce que je cherche) cela peut poser un problème.
8 septembre 2009 à 20:19
@ M. Haye
Mais non je ne vous en veux pas, tout cela est intéressant et stimulant !
Vous remarquerez que nous étions chacun devant notre ordi à la même heure sur ce blog qui devient addictif
Quelques éléments de réponse :
- sur ma conclusion : ok j’y vais un peu fort, je concède. C’est vrai que l’une des ficelles de Shopenhauer dans l’Art d’avoir toujours raison ne marche pas toujours !
- Mais je ne concède pas sur la conclusion de M. Ellul.
Il s’adresse bien Ă une catĂ©gorie de personne, qui pour passer un contrat doit dĂ©cliner sa religion et qui de surplus s’engager sur des choses dont il n’est pas Ă©vident qu’elle soit reprĂ©sentative de ce qu’est l’islam. Il s’agit d’une mĂ©canique discriminatoire.
L’application des principes républicains et des règles fixées par notre Etat de droit suffisent, pas la peine de créer des régimes spéciaux. Tout immigré doit si je me rappelle bien signer un contrat d’accueil et d’intégration dans lequel il s’engage à respecter les principes républicains avec la sanction de la reconduite à la frontière à la clef, ça me semble suffisant.
- Je maintiens aussi que certaines positions nous conduisent dans l’impasse ou le conflit : la tendance Ă la confusion entre islam et islamisme, le postulat de l’incompatibilitĂ© entre islam et modernitĂ©, la dissociation totale entre islam et les autres monothĂ©ismes. On pourrait en discuter des heures, ce serait passionnant mais j’ai la faiblesse de penser que les trois monothĂ©ismes sont des religions abrahamiques, que l’islam peut entrer dans la modernitĂ© Ă condition de se rĂ©former. Bref, ma position sur l’islam est influencĂ©e par les Ă©crits des orientalistes d’hier (Massignon Corbin Goldzier…) qui ont montrĂ© la richesse de la philosophie islamique et d’un patrimoine intellectuel impressionnant. Pour ce qui est de la situation actuelle, les positions exprimĂ©es par M Meddeb sur la maladie de l’islam me sĂ©duisent Ă©normĂ©ment.
- Ce que vous dénoncez dans votre premier paragraphe est juste mais je pense que M. Ellul commet un anachronisme en reprenant la notion de dimmitude et que Mme Bat Yor l’a instrumentalisé de façon très dangereuse. Les faits dont vous faites état et dont M Taguieff fait une analyse brillante sont le fait d’islamistes et d’une surenchère des pouvoirs en place pour calmer les islamistes. Je ne peux souscrire à l’idée que cette situation est le fait de l’islam, je constate qu’elle est le fait d’islamistes qui gangrènent l’islam. Vous constatez d’ailleurs aisément (et ce n’est pas une façon pour moi d’introduire un relativisme quelconque) que ces islamistes s’en prennent aussi aux musulmans modérés, à l’islam traditionnel trop impur à leurs yeux et aux minorités islamiques (l’islam n’est pas un, il est composé d’une multitude de courants doctrinaires). Pour les chrétiens d’orient vous avez raison, c’est d’ailleurs une tragédie ignorée en France.
- Sur votre deuxième paragraphe : excellent M. Haye vous ne pouviez pas mieux décrire mes propres contradictions, à une différence prêt : ma critique de la post modernité ne s’inscrit absolument pas dans la ligne des altermondialistes ou de la contestation niaise de l’occident, du capitalisme… Même si j’en viens à me noyer dans les ouvrages de Léo Strauss, je défends la démocratie libérale, cet empire du moindre mal dans lequel nous vivons et qui vaudra toujours mieux que les rêveries de vos étudiants.
- Je poursuis sur votre troisième paragraphe, comme l’indique mon dernier post, je ne me situe pas vraiment parmi les tartuffes. A la vérité, je ne supporte pas le discours islamophile de quelques uns de nos grands penseurs. Ces derniers ont parfaitement réussi leur coup puisque critiquer l’islam et condamner les foules islamistes devient impossible. Pourquoi ? parce que comme l’explique brillamment Taguieff ces tartuffes nous opposent l’antiracisme cette idéologie post moderne ce communisme du XXI siècle.
D’autres croulant sous le poids de la dette de l’occident, surévaluent dans une mauvaise foie hallucinante certains faits. Par charité je ne citerai pas ce spécialiste éminent de l’Iran qui quelques jours avant les élections vante la démocratie iranienne et dit que la fraude là bas c’est du niveau de la fraude à la chaussette estimant au passage que l’occident est un peu donneur de leçon, ben voyons.
Enfin, une troisième catĂ©gorie de personne est celle qui par peur du dĂ©veloppement de la xĂ©nophobie ou de conflits ressassent en tremblant les mĂ©rites de Cordoue et de l’apport de l’islam Ă l’occident. Leur gene est si forte qu’ils sombrent dans l’anachronisme et ce risque Ă la description d’un passĂ© idĂ©alisĂ©.
Face Ă ces attitudes, la rĂ©action peut ĂŞtre rude, cf M Ellul. Je pourrais aussi citer l’ouvrage de Gouguenheim Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l’Europe chrĂ©tienne. AgacĂ© par un battage mĂ©diatique permanent sur la transmission des savoirs grecs, il a voulu s’engager dans la dĂ©fense de l’idĂ©e selon laquelle l’occident aurait su conserver ce patrimoine et que finalement l’apport des musulmans Ă©tait plus faible qu’on ne le pense. Malheureusement, l’ouvrage est truffĂ© d’erreurs et de contre sens assez graves, dès lors la thèse s’effondre comme un château de cartes. Pour moi, ce type de rĂ©action est en pure perte et ne fait qu’alimenter l’islamophilie, d’ou ma critique. Critique qui est d’autant plus forte qu’elle repose sur une dĂ©ception compte tenu de la qualitĂ© de ces auteurs. Si nous sombrons dans la dĂ©magogie ou l’invective, les tartuffes l’emporteront. Par ailleurs, la convocations des rĂ©publicains jacobins Ă©pris de laicisme ne me semble pas non plus une bonne rĂ©ponse, surtout lorsqu’ils font l’Ă©loge d’idĂ©ologies et de personnages peu recommandables (cf le prĂ©sident de la commission parlementaire sur le voile intĂ©gral)
Finalement M. Haye, je crois que nous cheminons dans la même direction certes par des sentiers différents, mais dans le même sens.
Pour se détendre, je vous glisse 2 autres liens vers des articles de M. Murray
http://www.nouveau-reac.org/docs.htm#MP
celui sur le communautarisme et l’autre sur le pacifisme sont fabuleux.
au plaisir M. Haye
10 septembre 2009 à 6:13
Merci infiniment pour le lien proposé : une lecture à méditer !
http://www.nouveau-reac.org/docs.htm#MP
Ch
11 septembre 2009 à 9:52
Merci pour l’Ă©mission du 10 09 09 entendue en partie en voiture, avec Shmuel Trigano et Daniel Lindenberg mais hĂ©las impossible Ă réécouter cette fois sur le site de France Culture. Roland (Suisse)
11 septembre 2009 à 12:11
Merci pour cette analyse et ce tableau retrospectif de cette Ă©poque de transition qu’est la fin des sixties. Je ne trouve pas cet article rĂ©actionnaire que ce soit dans la tournure d’esprit ou dans votre propos… Certaines idĂ©es fortes sont amenĂ©es de façon subtiles explicitant des Ă©lĂ©ments qu’une personne de ma gĂ©nĂ©ration a pu percevoir de façon intuitive sans vraiment savoir se les formuler. Très bien Ă©crit, informatif et plein d’humour avec cette conscience lucide que nos annĂ©es actuelles sont tout de mĂŞme un produit de ces pĂ©riodes de transition.
12 septembre 2009 à 10:58
Bonjour M.Saturnin,
Je suis content que vous ne m’en vouliez pas.
Si vous en avez le temps, allez lire le livre d’Enyo (un pseudonyme sous lequel se cacherait un haut responsable du Renseignement d’un pays europĂ©en!): “Anatomie d’un dĂ©sastre: l’Occident, l’Islam et la guerre au 21ème siècle” (ed.DenoEL) et faites-moi part de vos rĂ©actions.
Bonne semaine!
14 septembre 2009 à 11:14
Bonjour, il est impossible d’Ă©couter l’emission du 10 septembre que ce soit en podcast ou par real player, et ce depuis plusieurs jours.
Sera t’il possible de l’Ă©couter prochainement?
16 septembre 2009 à 8:44
Je sais. Nous avons reçu une trentaine de mails d’auditeurs se plaignant de cette dĂ©faillance. C’est très dommage, car le dĂ©bat entre Daniel Lindenberg et Shmuel Trigano Ă©tait passionnant. L’affaire est remontĂ©e jusqu’Ă la direction de la chaĂ®ne qui a fait tout son possible pour que nos Ă©missions soient Ă nouveau podcastables. Dites-moi si vous rencontrez encore des difficultĂ©s Ă ce sujet. Merci.
16 septembre 2009 à 14:50
Faut-il pendre les libéraux ?
Oui bien sĂ»r puisque ce sont des idĂ©ologues et que depuis que j’Ă©coute vos Ă©missions j’ai compris que ces gens-lĂ Ă©taient la source de tous nos maux
J’ai bon ?
16 septembre 2009 à 15:28
L’application France Culture sur iPhone dĂ©cèle effectivement un podcast datĂ© du 10/09 mais elle ne parvient pas Ă le tĂ©lĂ©charger.
Quant Ă le podcaster sur le site internet de France Culture, je dois avouer ne l’avoir pas trouvĂ©.
16 septembre 2009 à 20:01
effectivement, très bonne émission Monsieur Couturier
vraiment très intéressant
voici un lien qui permet d’Ă©couter l’Ă©mission
http://www.controverses.fr/blog/blog_trigano.htm
effacez mon post si ça pose problème
17 septembre 2009 à 14:22
Sans podcast, l’Ă©mission sur la Nouvelle Afrique a fait l’effet d’un grand coup de pied dans la termitière ! Bravo Ă Brice et Julie pour le choix de leur invitĂ©e principale, cette jeune Africaine Ă la pensĂ©e si vigoureuse !
On souriait en entendant (!) le reprĂ©sentant de l’Agence Française pour le DĂ©veloppement se tortiller de gĂŞne sur son siège…
Continuez Ă rafraichir notre regard sur l’Afrique : il faut lire ou Ă©couter Kofi Akosah-Sarpong, Hicham El Moussaoui, NoĂ«l Kodia, Oasis Kodila Tedika, ou encore Mamadou Koulibaly (prĂ©sident de l’AssemblĂ©e Nationale ivorienne : http://www.youtube.com/watch?v=AMhxfClNP2k&feature=player_embedded)…
23 septembre 2009 à 6:01
Sur l’Ă©mission d’hier (”X et fils d’X”) :
Elle m’a bien instruit car je n’avais jamais pris le temps de rĂ©flĂ©chir au sens du mot “mĂ©rite”.
Mais je suis restĂ© sur ma faim parce que vous n’avez pas abordĂ© un point qui pourtant semble essentiel Ă mes yeux.
Voici : la faillite de l’Education Nationale, c’est dĂ©sormais bien connu, se fait d’abord au dĂ©triment des classes populaires et des classes moyennes.
Cet effondrement de la transmission des savoirs renforce la domination des familles qui ont une forte tradition culturelle et scientifique domestique. Les enfants peuvent donc compter sur leurs parents pour leur apprendre Ă lire Ă la maison (j’en ai plein d’exemple chez mes amis jeunes parents), puis l’âge avançant stimulent constamment leurs rejetons par des lectures, des instructions, des aides pour les devoirs, quand ils ne leur fournissent pas ces nouveaux prĂ©cepteurs dĂ©fiscalisĂ©s - soutiers du navire en pĂ©ril arrondissant leurs fins de mois chez Acadomia…
Alors que l’Instruction Publique attĂ©nuait fortement l’avantage domestique des enfants de familles cultivĂ©es, le collège unique et ses avatars valide l’hypothèse dĂ©jĂ Ă©mise ailleurs sur ce blog que la bourgeoisie prospère dans une social-dĂ©mocratie…
Alors vous comprendrez qu’un de vos invitĂ©s d’hier soir m’a profondĂ©ment affligĂ© lorsqu’il a ressassĂ© une fois de plus l’avantage qu’il y aurait Ă cesser de transmettre des contenus pour y substituer des “compĂ©tences”.
Pff, pauvre fossoyeur.
23 septembre 2009 à 22:46
Au sujet de l’Ă©mission du 23 sept. sur Foucauld, je signale aussi la contribution de Jean-Marc Mandosio dans un des chapitres de “L’or et le Sable” aux Ă©ditions de l’EncyclopĂ©die des Nuisances, ouvrage qui piquera peut-ĂŞtre la curiositĂ© des lecteurs de ce blog, et oĂą l’auteur mène une quĂŞte sans concession pour les discours sans cohĂ©rence.
24 septembre 2009 à 18:32
Pour M. Caudron, c’est l’UniversitĂ© de REIMS champagne Ardennes, en toute logique (!) (pas RENNES)
Sinon, désolé pour Foucault (ci-dessus) mal orthographié.
25 septembre 2009 à 7:35
Le débat d’hier sur la Sinistre Sécu m’a plongé dans un abyssal découragement.
Le seul moment où j’ai aperçu un peu de lumière et de raison critique fut quand vous avez cherché à interrompre les mantras de vos invités sur la « solidarité », en rappelant que c’est ma génération et celle de mon fils qui paiera pour les inconséquents baby-boomers qui se frottaient le ventre dans votre studio.
Mais sinon, on se croyait Ă Radio-Place de Fontenoy.
Par exemple, faisons un sort Ă l’Ă©nhaurme mensonge de KervasdouĂ© : une assurance privĂ©e EST MOINS CHERE que le pillage des URSSAF. Je le sais bien moi-mĂŞme : j’ai fait le test en demandant un devis Ă un assureur (Ă©tranger) qui remplace au premier euro ma CPAM et ma mutuelle du bâtiment. Prix : 1670 € par an, toute ma vie (l’âge de première souscription dĂ©termine la prime pour le restant de mes jours). J’ai regardĂ© mes fiches de salaire et j’ai calculĂ© ce que coĂ»tent les cotisations-maladie : plus de 6000 € par an, sans compter la mutuelle !!! MĂŞme un smicard aurait intĂ©rĂŞt Ă cotiser dans le privĂ© ! C’est vraiment le prix de la « solidaritĂ© » ? Non, non et non : il y a un immense gâchis dans notre système de santĂ© qui mĂ©rite qu’on s’en dĂ©barrasse.
Autre mensonge qu’il serait temps de rectifier : la santé n’est PAS un bien tellement spécial qu’il nécessiterait d’être entièrement dans les mains du gouvernement. La preuve ? L’alimentation est au moins aussi spéciale pour la vie humaine ; mais (presque) personne ne réclame d’épiceries ou de restaurant d’état. Soit dit en passant, le même argument vaut pour l’électricité et le gaz. L’opinion tient que ces énergies sont trop importantes pour être totalement abandonnées au libre marché, mais (presque) personne ne veut de pompes à essence d’état. Quelle est donc la différence entre mon chauffage et le carburant pour aller au travail ?
Et qu’on arrête d’ériger l’organisation de la santé aux Etats-Unis en repoussoir. D’abord aucun libéral ne le regarde comme particulièrement désirable : les employeurs confisquent le libre choix de l’assurance à leurs salariés, et le système Medicare/Medicaid engloutit des sommes considérables (644 milliards de $ en 2007). Mais au final seuls 5 millions d’Américains ne sont couverts d’aucune manière que ce soit (ça fait moins que les 6 millions de Français qui n’avaient rien avant la création de la CMU). Je tiens mes calculs à la disposition de qui veut…
Quant Ă l’alliance objective des affreux assureurs privĂ©s et des syndicats propriĂ©taires en faillite de la Sinistre SĂ©cu, c’est de la myopie. Pas besoin d’attendre l’apocalypse budgĂ©taire pour avoir un libre marchĂ©. Il suffirait d’une bonne Ă©quipe d’avocats pour faire appliquer devant les tribunaux français les directives europĂ©ennes de mise en concurrence des prestations d’assurance-maladie, comme ça existe ailleurs dans l’UE. Et ca rĂ©glerait une bonne fois pour toutes les histoires de pouvoir d’achat des salariĂ©s, en rendant les 2/3 des cotisations URSSAF Ă ceux qui les ont gagnĂ©s par leur travail.
VoilĂ donc pourquoi je dis que vos invitĂ©s ressemblaient Ă des moines tibĂ©tains machouillant des mantras incohĂ©rents. Ils accomplissent une sorte de culte obscur, mais ils ne tiennent sĂ»rement pas de discours raisonnable. Renvoyez-les donc dans leurs couvents…
26 septembre 2009 à 11:56
J’adooooooooore quand Julie Clarini dit “contrEverse”.
Gzemple : “demain, les contrEverses du progrès”
Reste plus qu’Ă lui apprendre que le mot c’est controverse.
Heu qui mais qui mais qui va s’en charger ?
Mais oui bon sang : Hep Camy !!! Au pied !!! Dis-moi ma grosse, tu veux te rendre utile hmmmmmm ?
Allez va donc y dire. Oui c’est bien camy, lĂ , lĂ , sage sage saaaaaaaaage
(brr en plus elle pue dites-donc - oqp savon)
26 septembre 2009 à 17:53
Et pourtant pour rĂ©ussir sa scolaritĂ©, il faut bien que l’Ă©lève acquiert des compĂ©tences Ă l’issue d’un contenu d’apprentissage.
Qu’est-ce qui coince donc ?
26 septembre 2009 à 20:07
Chère Chantal,
Certes, l’acquisition des contenus a pour fin la maĂ®trise de compĂ©tences. Mais l’invitĂ© de Brice Ă©tait moins subtil : il voulait apparemment en finir avec les contenus pour donner immĂ©diatement des compĂ©tences. C’est cette fatale prĂ©tention qui “coince”. Ca ressemble Ă l’autre sur FC mercredi dernier qui ressortait la vieille lune totalitaire : supprimer les notes pour supprimer toute sĂ©lection… Affligeant.
En passant, je ne vois vraiment pas comment transmettre une compĂ©tence (la division / critiquer) sans contenu (les chiffres / l’histoire des idĂ©es, par exemple) !
26 septembre 2009 à 20:28
… des notes ou une quelconque gratification. il faut un gain comme motivation : on en reparle dans un autre post.
J’ai Ă©galement ricanĂ© Ă l’Ă©coute du syndicaliste. Avant d’envisager la suppression de la sĂ©lection, il faut dĂ©fendre la nĂ©cessitĂ© d’intĂ©resser l’Ă©lève Ă ce qu’il doit apprendre.
Quelle gageure dans le quotidien d’un Ă©colier !
28 septembre 2009 à 17:48
Quelle blague ce ferroutage. Pensez qu’un train rempli de remorques = 1 minute de camions sur l’A1 !
Bonne chance les Grenelleux, et vivement les poids-lourds géants de 25m/60t !
29 septembre 2009 à 17:40
Je viens encore d’Ă©teindre france culture, ne supportant pas la manière dont vous coupĂ© la parole a vos invitĂ©s parce que vous n’etes pas d’accord avec eux, vous prenez 3 longues minutes pour expliquer votre point de vue qui souvant, ne casse pas des briques, voir carrement le l’enfonsage de porte ouverte (comme lĂ pour dire que les passeurs sont des gros mĂ©chants alors que visiblement, votre invitĂ©e qui connait le sujet et les faits que vous relatez, voulais dire quelque chose de plus fin, mais on ne saura jamais quoi grace a votre brillante intervention) et ne laisser pas la personne en face rĂ©pondre. A chaque fois je pense la mĂŞme chose : vous rendez une Ă©mission qui pourrait ĂŞtre tres interessante insupportable.
Je ne sais plus a quel Ă©poque, vous etiez absent de l’Ă©mission. Quel plaisir ! Mais laisser Julie Clarini la faire seule ! PitiĂ© !
17 octobre 2009 à 20:02
Je continuerai Ă couper la parole Ă quiconque me dira encore qu’il ne faut pas appeler les choses par leurs noms, sous prĂ©texte de “stigmatisation”. La novlangue politiquement-correcte ne vise qu’Ă dissimuler les faits. Je rĂ©pète : un “passeur” reste un passeur. Et j’ajouterais, pour aggraver mon cas, qu’Ă mes yeux, un immigrĂ© illĂ©gal ne devient pas un “sans-papiers” du seul fait d’avoir posĂ© le pied dans le pays de son choix. Il le devient, par contre, si ayant trouvĂ© un travail, il y paye des cotisations sociales, voire des impĂ´ts, contribuant ainsi au bien-ĂŞtre national.
Vous n’ĂŞtes pas le premier qui voudrait me faire taire, mais le service public a vocation Ă l’impartialitĂ©, au pluralisme, Ă la pluralitĂ© des points de vue, un idĂ©al que j’entends bien continuer Ă dĂ©fendre.
18 octobre 2009 à 14:25
Ouf ! Merci pour la réponse.
Ch.