C’est, je crois, John Locke, qui a dit qu’un Etat qui cesse de garantir Ă  ses concitoyens la sĂ©curitĂ© de leurs personnes et de leurs biens ne mĂ©ritait plus d’ĂȘtre obĂ©i. Que dire alors d’un Etat qui interdit aux citoyens de se dĂ©fendre eux-mĂȘmes ? On apprend ce soir par Le Parisien qu’un professeur d’universitĂ© demeurant Ă  Juvignac prĂšs de Montpellier a Ă©tĂ© placĂ© en garde Ă  vue pour avoir rĂ©sistĂ© Ă  un malfaiteur qui menaçait de brĂ»ler vifs sa femme et leur fils de 13 ans, afin de leur soutirer de l’argent. CagoulĂ©, gantĂ©, et armĂ© d’un pistolet de calibre 9 mm, le malfaiteur, dĂ©jĂ  condamnĂ© Ă  trois reprises pour violences par la justice Ă  26 ans, avait Ă©té remis en libertĂ©. Lundi soir, il a fait coucher par terre les 3 personnes et les a arrosĂ©s d’essence. Ensuite, comme il frappait son Ă©pouse, le pĂšre de famille a eu l’immense courage de sauter au cou de l’agresseur armĂ©, a rĂ©ussi Ă  le dĂ©sarmer et l’a Ă©tranglĂ©. Ce soir, ce hĂ©ros dort en prison. Le parquet a “ouvert une enquĂȘte judiciaire pour homicide volontaire”, destinĂ© Ă  “vĂ©rifier l’Ă©tat de lĂ©gitime dĂ©fense”. Bref, comme trop souvent, les suspects sont les victimes.

Ce professeur mĂ©rite notre estime. Je lui exprime ma solidaritĂ©. Les juges, qui s’acharnent sur celles des victimes qui osent se dĂ©fendre, mais s’Ă©vertuent Ă  relĂącher pour on ne sait quelles raisons, des criminels qui rĂ©cidivent, comprennent-ils qu’ils sapent ainsi la relation de confiance qui devrait exister entre les citoyens et l’Etat qu’ils reprĂ©sentent ? Je collectionne depuis quelques temps des faits divers qui dĂ©montrent la fĂ©rocitĂ© de la justice envers ceux de nos concitoyens qui font preuve d’esprit civique en se portant au secours de victimes de violence ou se dĂ©fendent eux-mĂȘmes. S’agit-il de punir ceux qui mettent ainsi en Ă©vidence l’impĂ©ritie de l’Etat face Ă  la sauvagerie qui monte ? De dĂ©sarmer l’instinct de rĂ©sistance et le sens de la solidaritĂ© qui sont des composantes de l’esprit civique ? Police et justice sont manifestement incapables de garantir Ă  nos populations le minimum de sĂ©curitĂ© pour lequel elles paient leurs impĂŽts. MalgrĂ© les promesses du pouvoir, les mouvements de menton Ă©lectoralistes de nos dirigeants et les dĂ©nĂ©gations de sociologues gauchisants, la violence contre les personnes ne cesse d’augmenter. Ce n’est pas une raison pour s’en prendre Ă  ceux et Ă  celles qui, n’Ă©coutant que leur courage, sont mis en situation de devoir se substituer Ă  des institutions dĂ©faillantes.

Aux derniĂšres nouvelles, le professeur est mis en examen pour homicide volontaire. On croit rĂȘver. J’ai mis dans les commentaires la pĂ©tition qui circule sur le net pour demander la fin des poursuites contre ce professeur hĂ©roĂŻque.