“Le Fada de la Timone” me fait observer que mes article sur ce blog n’ayant gĂ©nĂ©ralement aucun rapport avec le programme de nos Ă©missions, avec Julie Clarini, les auditeurs sont ainsi privĂ©s d’un lieu de rĂ©actions et de dĂ©bat. C’est un argument auquel je suis sensible. Je vais donc essayer, Ă partir de maintenant, de laisser tous les soirs ou le lendemain matin au plus tard, un billet inspirĂ© par le sujet de l’Ă©mission Du Grain Ă Moudre, afin de donner la parole aux auditeurs. J’en profiterai, bien entendu, pour livrer ma petite idĂ©e. Qu’on n’attende pas systĂ©matiquement quelque chose de complet, ni de brillant. C’est un exercice exigeant et contrairement Ă la vision qu’ont de moi certains posts “accoudĂ© au comptoir de mon bar prĂ©fĂ©rĂ©…”, je dispose de très peu de temps libre pour des raisons de lieu de vie (très Ă©loignĂ© de Paris) et privĂ©es (familiales). Mais c’est vrai que certaines de nos Ă©missions auraient mĂ©ritĂ© un espace public de dĂ©bat - je pense, moi aussi, aux thèses iconoclastes de Dambisa Moyo (l’aide tue l’Afrique). Dont acte.
Pour ce qui concerne l’Ă©mission d’hier, consacrĂ©e au mode de scrutin des nouveaux “conseillers territoriaux”, voici ce que je peux dire.
D’abord, on peut dĂ©plorer un manque de logique, de la part du gouvernement, dans l’ordre de prĂ©sentation au Parlement des 4 projets de loi destinĂ©s Ă rĂ©former en profondeur l’organisation des collectivitĂ©s territoriales. Pourquoi avoir commencĂ© par une “tĂŞte d’Ă©pingle” (GĂ©rard Courtois, du Monde) - le mode d’Ă©lection des conseillers territoraux ? Avant de dire comment on va les Ă©lire, n’aurait-il pas Ă©tĂ© plus logique de discuter des compĂ©tences des deux assemblĂ©es, rĂ©gionale et dĂ©partementale, dans lesquelles les nouveaux conseillers siègeront ? Pour des raisons de calendrier, nous a rĂ©pondu ValĂ©rie Rosso Debord. Afin d’ĂŞtre en mesure d’Ă©lire les nouveaux conseillers territoriaux en 2014, il faudrait dĂ©s maintenant dĂ©terminer par la loi la fin du mandat des conseillers gĂ©nraux et conseillers rĂ©gionaux qui vont ĂŞtre Ă©lus en 2011 et raccourcir leur mandat, de 6 Ă 4 ans. Seule, le peut une loi organique votĂ©e dĂ©s cette annĂ©e.
D’oĂą ma critique, portant sur le fond de cette restructuration. Il n’est que trop vrai que le “mille-feuille français”, engendrĂ© par une dĂ©centralisation menĂ©e de manière chaotique s’est rĂ©vĂ©lĂ© source de gaspillage. Sans compter l’extraordinaire prolifĂ©ration de la fonction publique territoriale, qui embauche deux Ă trois fois plus vite que les administrations centrales ne suppriment de postes de fonctionnaires partant en retraite, nous avons actuellement près de 4 000 conseillers rĂ©gionaux, Ă©lus dans nos 96 dĂ©partements et 4 DOM ; nous Ă©lisons par ailleurs 1 880 conseillers rĂ©gionaux. Ces deux assemblĂ©es ont des compĂ©tences qui se recoupent. Elles perdent beaucoup de temps et d’argent Ă traiter des mĂŞmes problèmes et Ă s’en disputer la rĂ©solution. Il Ă©tait urgent d’en supprimer l’une. La commission Balladur suggĂ©rait de privilĂ©gier les deux Ă©chelons de l’intercommunalitĂ© et de la rĂ©gion. Le courage politique aurait consistĂ© Ă supprimer les conseils gĂ©nĂ©raux. Le système retenu consiste Ă maintenir les deux assemblĂ©es, mais Ă y faire siĂ©ger alernativement 3 000 conseillers territoriaux.
L’idĂ©e est de rapprocher ces nouveaux Ă©lus de leur circonscription d’Ă©lection, le canton. Fort bien. LĂ oĂą la polĂ©mique Ă©clate, c’est lorsque le projet de loi entre dans les dĂ©tails du mode de scrutin. Primo, le système est complexe. Ce qu’a sanctionnĂ© le Conseil d’Etat dans un avis. Il s’inspire manifestement du système allemand, repris Ă son compte par le rapport du Doyen Vedel en 1993. Il combine, en effet, des Ă©lĂ©ments de scrutin uninominal majoritaire (pour l’Ă©lection de 80 % des conseillers territoriaux) et de reprĂ©sentation proportionnelle dans le cadre de listes dĂ©partementales (pour les 20 % restants). On voit bien la logique : le scrutin majoritaire permet de dĂ©gager des majoritĂ©s stables et d’assurer ainsi la cohĂ©rence et la continuitĂ© de l’action politique ; la reprĂ©sentation proportionnelle est plus dĂ©mocratique, qui permet la reprĂ©sentation des minoritĂ©s et en particulier des petits partis. Mais pourquoi avoir retenu l’Ă©lection Ă un seul tour - qui a fait bondir la gauche, Laurent Fabius parlant mĂŞme de “hold up Ă©lectoral” ?
Certes, la gauche a payĂ© cher, l’an dernier, le fait de s’ĂŞtre prĂ©sentĂ©e en ordre dispersĂ© aux Ă©lections europĂ©ennes de l’an dernier - qui ont lieu Ă un tour. Certes encore, on sait le prĂ©sident de la RĂ©publique prĂ©occupĂ© par l’absence d’un “rĂ©servoir de voix” au second tour entraĂ®nĂ© notamment par le rĂ©alignement du MoDem. La droite ayant peu ou prou rĂ©alisĂ© son unitĂ© - hormi le Front National, bien sur -, elle peut s’imaginer aujourd’hui en situation de l’emporter plus facilement sur un seul tour que sur deux (oĂą la gauche a l’habitude de rĂ©aliser son union).
Mais qui peut prĂ©dire 5 ans Ă l’avance l’Ă©tat des forces politiques dans un pays comme la France ? Tous les gouvernements qui ont voulu tripatouiller le système Ă©lectoral pour tenter de conserver le pouvoir s’y sont brĂ»lĂ©s les doigts. Rappelons le cas le plus Ă©norme de l’histoire rĂ©cente : pour les Ă©lections lĂ©gislatives de 1986 qu’il savait perdues, François Mitterrand avait imaginĂ© de diviser la droite en faisant entrer massivement le Front National Ă l’AssemblĂ©e Nationale. ReprĂ©sentation proportionnelle intĂ©grale. Puisque vous allez gagner, on va vous offrir une Chambre sans majoritĂ© ! Certes, le FN a obtenu par ce moyen 35 Ă©lus, mais la droite a obtenu une majoritĂ© claire sans lui. Le prĂ©sident de la rĂ©publique actuel devrait mĂ©diter ce prĂ©cĂ©dent, lorsque d’aucuns lui suggèrent de modifier le mode de scrutin en prĂ©vision de l’Ă©chĂ©ance de 2012…
Le système des partis est en partie “contraint” par la donne institutionnelle. En clair, les diverses forces politiques s’organisent en vue du cadre dans lequel on les fait entrer. Qui dit reprĂ©sentation proportionnelle dit Ă©clatement des grands partis en sensibilitĂ©s multiples, nĂ©cessitĂ© de laborieux compromis pour dĂ©gager des gouvernements. Qui dit scrutin majoritaire dit exĂ©cutifs stables, mais peu dĂ©mocratiques. Qui dit scrutin Ă deux tours dit bipolarisation obligatoire, sous peine de disparaĂ®tre. Qui dit scrutin Ă un tour implique un système bipartisan. A bien observer les pays europĂ©ens qui avaient fait un tel choix, le Royaume-Uni et l’Allemagne en particulier, on voit qu’il est en train de mordre la poussière - FDP, Verts et de die Linke font autant de voix que CDU et SPD, les Libdems britanniques font jeu presque Ă©gal avec les deux partis dominants. Il paraĂ®t impossible de l’imposer Ă un pays aussi divers que la France. Mais est-ce bien la volontĂ© du prĂ©sident de la RĂ©publique ?



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29 octobre 2009 à 17:42
Pour mettre les pieds dans le plat en remettant en question une Ă©vidence dont il n’est jamais question, si cette modification du mode de scrutin pose problème cela tient, au fond, Ă la nature mĂŞme du scrutin actuel, qui est par principe pervers. Pour soulever le problème contre lequel nous ne cessons de nous heurter encore et encore dans les mots dans laquelle quelqu’un l’a dĂ©jĂ formulĂ© il y a bien longtemps :
“Le peuple Anglais pense ĂŞtre libre ; il se trompe fort, il ne l’est que durant l’élection des membres du Parlement ; sitĂ´t qu’ils sont Ă©lus, il est esclave, il n’est rien. Dans les courts moments de libertĂ©, l’usage qu’il en fait mĂ©rite bien qu’il la perde.”
Tant que nous nous dĂ©saisissons des responsabilitĂ©s qui devraient ĂŞtre, en tant que citoyens, les nĂ´tres, au profit (dans tous les sens du terme) de reprĂ©sentants, il est dans la suite logique des choses que ces “reprĂ©sentants” s’arrange pour conserver un pouvoir que nous leur avons abandonnĂ©.
Alors pour le demander une bonne fois : pourquoi l’idĂ©e mĂŞme de “reprĂ©sentation” n’est-elle jamais remise en question ?
29 octobre 2009 à 22:21
J’aime beaucoup l’approche de Mathieu, car elle dĂ©passe, et de loin, le système Ă©lectoral, pour aller au fond des choses, c’est Ă dire, la signification de l’Ă©lection.
En fait, toutes les dĂ©mocraties ont des systèmes assez differents, avec leurs qualitĂ©s et leurs dĂ©fauts. (Majoritaire/proportionel, un tour/deux tours, presidentiel/legislatif, etc..)En fait, s’il y en avait un de parfait, tout le monde l’adopterait.
Ce qui m’interesse beaucoup plus que ce “comment”, c’est le “pourquoi faire” et ses limites.
Donc la question de Mathieu me semble pertinente. Je ne pense pas que l’on puisse se passer de “reprĂ©sentation” pour de simples raisons de compĂ©tences, de logistiques, etc. mais je crois que le rĂ´le du citoyen/Ă©lecteur ne doit pas s’arrĂŞter Ă une simple Ă©lection, puis laisser les Ă©lus faire ce qu’ils veulent. Il doit y avoir un pouvoir de contrĂ´le. Les Grecs avaient inventĂ© “l’ostracisme”, qui permettait de “banir” un politicien dĂ©mĂ©ritant. Certains Etats Americains ont aujourd’hui le système du “recall”, qui permait de remplacer un Ă©lu avant la fin de son mandat.
D’autre part, il y a le problème de la “dictature de la majoritĂ©”, comme l’avait bien pointĂ© Tocqueville. Quel contre-pouvoir pour les minoritĂ©s? C’est dans ce domaine qu’il faut le plus rĂ©flĂ©chir. Des pistes: les micro-rĂ©sistances de Deleuze, les universitĂ©s populaires, les associations, etc.. Je sais trĂ©s bien que ces pistes ont leur propres dangers, mais il faut bien faire quelque chose (Legalement).
29 octobre 2009 à 23:31
Pour rĂ©pondre Ă l’objection d’incompĂ©tence, je dirais deux choses. D’abord, il me semble que l’argument se retourne contre ceux qui l’emploient pour justifier la nĂ©cessitĂ© d’une reprĂ©sentation politique : en admettant l’hypothèse d’une incompĂ©tence, si les citoyens ne sont pas assez compĂ©tents pour se gouverner par eux-mĂŞmes, en quoi pourraient-ils bien ĂŞtre assez compĂ©tents pour contrĂ´ler ceux qui sont censĂ©s l’ĂŞtre ? Nos “reprĂ©sentants” n’ont-ils pas dĂ©jĂ eux-mĂŞmes suivi ce raisonnement depuis longtemps ? Autrement dit, un contrĂ´le digne de ce nom ne suppose-t-il une compĂ©tence au moins Ă©gale Ă ce qu’il prĂ©tend contrĂ´ler ?
Ensuite, je ne crois pas que l’hypothèse d’une incompĂ©tence des citoyens soient vraie. Pourquoi des citoyens qui ont une expĂ©rience dans tel ou tel mĂ©tier seraient-ils donc moins compĂ©tents que des “reprĂ©sentants” qui ne l’ont pas et qui passent, par exemple, d’un ministère Ă l’autre ? Sincèrement je ne vois pas. Et puis, il me semble que la compĂ©tence a bien plus de chances d’ĂŞtre au rendez-vous lorsqu’on est plusieurs que lorsqu’on est seul.
Après tout, les citoyens, qui vivent au quotidien et depuis des dizaines d’annĂ©es les effets des politiques qu’on leur applique ne sont-ils pas les mieux placer pour savoir ce qui ne va pas et ce quelles seraient les mesures les plus adaptĂ©s ? Ne sont-ils pas les mĂŞmes Ă mĂŞme d’en dĂ©battre ensemble et de trouver des compromis sur les politiques Ă conduire ? C’est un drame pour nous-mĂŞmes que nous nous privions de cette immense ressource, et c’est vraiment bien triste que nous nous tenions en si faible estime. Nous avons tous Ă©coutĂ© de telles personnes, et elles sont vraiment très très nombreuses, qui savent de quoi elles parlent, que ce soient des infirmiers, des sage-femmes, des enseignants, des journalistes, des chercheurs, des ouvriers, etc. Comment diable contester qu’ils aient une compĂ©tence rĂ©elle qui mĂ©rite non seulement d’ĂŞtre “prise en compte”, mais de s’exercer ?
Par rapport Ă la question de la logistique, je dirais qu’un gouvernement vĂ©ritablement dĂ©mocratique impliquerait bien sĂ»r des transformations et des ajustements. Mais quel genre de gouvernement n’en implique pas ? Et surtout, sont-ils vraiment plus difficiles ou plus lourds qu’un gouvernement reprĂ©sentatif ? Et en valent-ils moins le coup, au final, alors que l’enjeu est que la politique soit tout autre chose qu’une activitĂ© que l’on estime rĂ©servĂ©e “Ă d’autres” que nous-mĂŞmes ?
Est-ce que chacun ne pourrait pas, ne voudrait pas prendre le temps nĂ©cessaire Ă exercer ses devoirs de citoyens au lieu de se contenter de payer des responsables pour le faire Ă sa place ? Nous pourrions ĂŞtre dĂ©dommagĂ©s pour cette charge, comme on l’est lorsqu’on est, par exemple, dĂ©signĂ© pour faire parti d’un jury. LĂ aussi, pourquoi estimons-nous que n’importe lequel d’entre nous est assez compĂ©tent pour participer Ă l’Ă©laboration d’un verdict susceptible de dĂ©cider de l’existence d’un de ses concitoyens, et mĂŞme de plusieurs, alors qu’on persiste Ă croire que nous ne serions pas compĂ©tents pour prendre part ensemble Ă l’Ă©laboration de telle ou telle politique ?
Au fond je pense que c’est surtout une question de responsabilitĂ©, d’ĂŞtre ou de nous porter Ă la hauteur de la responsabilitĂ© qui est la nĂ´tre au lieu de s’en exempter sur d’autres que nous-mĂŞmes.
31 octobre 2009 à 11:26
En fait, ce blog fonctionne plutĂ´t comme un forum et c’est bien ainsi.
Certaines Ă©missions de France-Culture ont un espace de commentaires, mais, chaque jour, cet espace est fermĂ© pour l’Ă©mission de la veille et ouvert seulement pour l’Ă©mission du jour. Pour ceux qui, comme moi, refusent l’esclavage de l’horaire et sont des adeptes du pod-casting, c’est inutilisable. De plus, on ne peut pas limiter Ă vingt-quatre heures le temps de rĂ©agir et de dialoguer sur des questions d’actualitĂ©. Il est Ă©vident que l’affaire du professeur de Juvignac n’est pas teminĂ©e. On a parlĂ© pendant deux mois et demi des dĂ©penses sociales, etc.
Je m’en suis ouvert aux propriĂ©taires de ces sites, mais je n’ai jamais obtenu la moindre rĂ©ponse.
Je vous en prie, Brice Couturier, ne changez rien. Ou alors, faites carrĂ©ment un forum, genre “C dans l’air”, oĂą chaque Ă©mission (quotidienne comme la vĂ´tre) fait l’objet d’un “fil”, sans pour autant qu’Yves Calvi Ă©prouve le besoin de pondre un Ă©ditorial Ă chaque fois. Cela pourrait Ă©viter le mĂ©lange des genres, qui semble gĂŞner “le fada de la timone” et qui, pourtant, fait le charme de toute conversation Ă bâtons rompus.
Et puis, imaginez qu’on soit tenu de rester dans le sujet. OĂą, alors, Hoel pourrait-il placer ses couplets sur la Bretagne et les langues rĂ©gionales, qui donnent Ă ce blog une si forte cohĂ©rence ? Sans eux, percevrait-on avec la mĂŞme acuĂŻtĂ©, le lien qui unit toutes les questions abordĂ©es ici ?
31 octobre 2009 à 17:08
@Mathieu
J’ai un peu de mal Ă vous suivre car je ne sais pas de quel niveau de reprĂ©sentation nous discutons: local, rĂ©gional, national? Je pense que votre approche de la responsabilitĂ© et de la participation directe de chacun est de moins en moins applicable, plus on s’Ă©loigne du local. Un petit exemple, extrème, l’arme nuclĂ©aire. Qui deciderait de l’utiliser? La reprĂ©sentation et donc la dĂ©lĂ©gation n’est pas parfaite mais je ne vois pas comment y echapper.
@Kenique
Je suis plutĂ´t favorable Ă cette nouvelle formule, qui n’empĂŞche nullement de “dĂ©border” mais qui permet de rester, plus ou moins, sur un sujet.
Par contre je suis d’accord avec vous, Brice Couturier n’est pas obligĂ© d’avoir une opinion sur tout et donc nous n’avons pas besoin d’une intro systĂ©matique.
1 novembre 2009 à 23:21
Pourquoi changer la formule actuelle du blog?Elle me paraĂ®t plutĂ´t complète et souple Ă la fois, avec un fil conducteur (les Ă©ditos de M.Couturier) et des possibilitĂ©s de digressions. Ce blog a l’air de bien marcher, pourquoi le modifier? Franchement?
2 novembre 2009 à 9:37
@Alain
Je pense que votre question soulève un problème très important (un de ceux que l’Ă©laboration d’une Europe politique repose Ă nouveau d’ailleurs) : l’extension du pouvoir dans l’espace implique-t-elle une distance de plus en plus grande entre l’instance qui l’exerce et le niveau sur lequel il est exercĂ© ?
Par rapport au gouvernement reprĂ©sentatif, je pense qu’il est fait plutĂ´t partie du problème que de ce qui serait susceptible de contribuer Ă lui apporter une solution, ou au moins, une rĂ©ponse. L’idĂ©e de reprĂ©sentation politique non seulement entĂ©rine cet Ă©cart entre gouvernĂ©s et gouvernants, mais contribue, par principe, Ă le creuser puisqu’elle distingue par principe les uns des autres. C’est pour cette raison lĂ qu’il me semblait que la seule manière d’essayer “d’en sortir” Ă©tait de reposer le problème au niveau fondamental oĂą il se situe, et non au niveau des consĂ©quences, aussi importantes soient-elles.
Il faudrait vraiment interroger cette dimension pour essayer de voir quelle est, au juste, ce que j’appellerai la gĂ©omĂ©trie du pouvoir politique. Ce qui me frappe c’est que de la monarchie de droit divin, au moins, jusqu’au gouvernement reprĂ©sentatif moderne, le pouvoir a toujours Ă©tĂ© vertical. Dans cette perspective lĂ , qu’il aille de haut en bas ou de bas en haut, que le mouvement ascendant fonde ascendant fonde le mouvement ascendant ou l’inverse, il est frappant de remarquer que le gouvernement reprĂ©sentatif se situe dans une continuitĂ© (dĂ»t-elle en passer par un renversement) et non dans une rupture vis-Ă -vis de la tradition politique occidentale. On touche lĂ Ă une dimension fondamentale qu’il nous faudrait interroger.
Je pense que si nous le faisons, nous tombons sur une autre question, Ă quelque chose qui est prĂ©supposĂ© par cette gĂ©omĂ©trie du pouvoir politique : pourquoi l’autoritĂ© du pouvoir doit-elle ĂŞtre reçue, confĂ©rĂ©e ? C’est Ă cette question lĂ que le gouvernement reprĂ©sentatif rĂ©pond, en fondant l’autoritĂ© du pouvoir sur le libre consentement de ceux sur lesquels il s’exerce. Le pouvoir a mĂŞme tellement besoin de ce fondement qu’il doit perpĂ©tuellement se le rĂ©assurer par l’Ă©lection, et Ă prĂ©sent quasi quotidiennement par le sondage de l’opinion. Le problème est que la carence dont le pouvoir est entachĂ© demeure (nĂ©cessairement) et que le gouvernement reprĂ©sentatif est du coup profondĂ©ment ambigĂĽe : il ne peut fonder et lĂ©gitimer l’autoritĂ© du gouvernement par le consentement ou l’assentiment qu’en dĂ©possĂ©dant continuellement les citoyens de ce pouvoir de se gouverner par eux-mĂŞmes.
Au cĹ“ur de la manière dont le pouvoir politique est pensĂ©, et par consĂ©quent des formes qu’il prend, il semble donc y avoir… un Ă©trange dĂ©faut, un manque, et comme un “dĂ©faut de conception” si j’osais dire. Si l’autoritĂ© doit ĂŞtre confĂ©rĂ©e au pouvoir, cela signifie que par lui-mĂŞme, en lui-mĂŞme, il ne l’a pas. La question est : Pourquoi ? Qu’est-ce que cette singulière absence signifie ? Y a-t-il une manière de concevoir le pouvoir dans laquelle il puisse fonctionner dans une autre logique et quelle forme de gouvernement entraĂ®ne-t-elle ? A minima, je pense qu’on peut, au moins, d’ores et dĂ©jĂ conclure qu’il ne peut s’agir du gouvernement reprĂ©sentatif.
2 novembre 2009 à 20:57
gardez votre blog tel qu’il est Brice et gardez votre franc parlĂ©
au fait je vais écouter avec attention la rediffusion des émissions sur Leszek Kolakowski (A voix nue), peut être parlerez vous de lui dans un prochain post, non ?
2 novembre 2009 à 21:55
Je vois que la formule du blog inspire plus que la question du système électoral et je reste donc sur ce thème.
Je voudrais tout d’abord remercier Brice Couturier pour offrir une tribune ouverte aux auditeurs de France Culture.C’est rare. Je ne partage pas souvent ses points de vue, mais c’est cela qui m’interesse, une diffĂ©rence d’opinions. Les contributions des auditeurs, souvent bien documentĂ©es, m’apprennent souvent quelque chose, en faisant rĂ©fĂ©rence Ă des livres ou des articles, ou bien en offrant des “angles” diffĂ©rents .
Je n’en attendais pas moins des auditeurs de France Culture !
Donc, en fait, la formule du blog m’importe assez peu. Le contenu, le billet introducteur de B.C. et les contributions des auditeurs est ce qui est le plus important Ă mes yeux, et surtout de maintenir un certain niveau d’honnĂŞtetĂ© intellectuelle Ă ce blog.
4 novembre 2009 à 14:27
“Et puis, imaginez qu’on soit tenu de rester dans le sujet. OĂą, alors, Hoel pourrait-il placer ses couplets sur la Bretagne et les langues rĂ©gionales, qui donnent Ă ce blog une si forte cohĂ©rence ? Sans eux, percevrait-on avec la mĂŞme acuĂŻtĂ©, le lien qui unit toutes les questions abordĂ©es ici ?”
Merci de penser Ă moi !
Lévi-Strauss est mort. Sa pensée vit-elle ?
On peut lire ou entendre ici et lĂ que LĂ©vi-Strauss, en bon anthropologue qu’il Ă©tait, Ă©tait le contraire d’un truc-bidule-centriste (europĂ©ano-centriste, franco-centriste, ethnocentriste, …) qu’il s’intĂ©ressait Ă l’Autre, aux autres cultures, etc, etc, etc.
Qu’il souhaitait que puisse ĂŞtre prĂ©servĂ©es les langues des AmĂ©rindiens et qu’il y avait contribuĂ©.
On entend ça aussi sur france-culture.
Sans sentiment D’HYPOCRISIE et de LâCHETĂ©, naturellement.
Ben, oui, quoi. Where is the problème ? C’est bien, c’est formidable quelqu’un qui se soucie de la culture des autres et qui est peinĂ© de les voire en danger, d’en voir mĂŞme disparaĂ®tre.
Rendre hommage, oui, mais appliquer dans le réel ses idées belles et généreuses, il y a un «univers».
Il n’y a guère sur france-culture que Catherine ClĂ©ment qui a une attitude cohĂ©rente (en disciple de LĂ©vi-Strauss) en demandant que la Charte europĂ©enne des langues minoritaires soit appliquĂ©e en france. (Ce qui ne serait qu’un minimum, tout en restant insuffisant).
LĂ©vi-Strauss faisait aussi partie de l’AcadĂ©mie française, institution très rĂ©publicaine (et très Villers-CotterĂŞtsienne), qui ne voulait pas voir les langues «rĂ©gionales» inscrites dans la belle Constitution française, la mention de ces langues devant sans doute dĂ©figurer cette belle Constitution (et peut-ĂŞtre permettre de rattifier la Charte).
Constitution pas très «universelle» en fait, elle ne dit rien des langues amĂ©rindiennes, comme c’est bizarre. Mais oĂą se cache donc l’universalisme français ?
Sur le monde on peut lire :
«LĂ©vi-Strauss va très loin dans le relativisme culturel. Mais cette ouverture d’esprit a permis de mettre en question notre propre système de valeur qui prĂ©tend Ă l’universalitĂ©. Or, on ne peut ĂŞtre ethnologue sans se poser la question de l’universalitĂ©.»
Il n’y a apparemment que les ethnologues Ă se la poser.
Puisqu’il y avait possibilitĂ© de dire ce qu’on croyait ĂŞtre l «identitĂ© française» sur le site du ministre du problème en question j’y est proposĂ© ma propre analyse (synthĂ©tiquement) (mais elle n’a pas Ă©tĂ© acceptĂ©, Dieu seul sait pourquoi) :
«Depuis la RĂ©voluton française, encore plus que sous la monarchie (ou peut-ĂŞtre seulement autant mais de façon plus volontariste), l’identitĂ© française s’est rĂ©sumĂ©e Ă l’identitĂ© de la bourgeoisie française qui, dĂ©tenant dès lors le pouvoir, Ă chercher systĂ©matiquement Ă dĂ©truire toutes les autres langues et cultures pour faire un pays et un empire Ă sa seule image.» Ca me parait ĂŞtre la meilleure approche de l’identitĂ© française actuelle, qui marche sur des cadavres.
Sur le site, il y a une biographie, avec «Le cheval d’orgueil» ! En fait «Marc’h ar Lorc’h». Le livre n’appartient Ă l’ «identitĂ© française» que dans sa traduction française !!
Le roi «Mark» avait des oreilles de cheval !
TRAITĂ© DE LISBONNE
L’article 1 bis mentionne
«L’Union est fondĂ©e sur les valeurs de respect de la dignitĂ© humaine, de libertĂ©, de dĂ©mocratie, d’Ă©galitĂ©, de l’État de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant Ă des minoritĂ©s. Ces valeurs sont communes aux États membres dans une sociĂ©tĂ© caractĂ©risĂ©e par le pluralisme, la non-discrimination, la tolĂ©rance, la justice et l’Ă©galitĂ© entre les femmes et les hommes. » (La France avait Ă plusieurs reprises, dans le passĂ©, tentĂ© de faire disparaĂ®tre cette mention de l’article).
Article 2 .3
« … Elle respecte la diversité de sa richesse culturelle et linguistique et veille à la sauvegarde et au développement du patrimoine culturel européen. »
L’article 6 donne une force contraignante Ă la Charte europĂ©enne des droits fondamentaux, qui dans ses articles 21 et 22 protège les minoritĂ©s nationales de toutes discriminations, ou politiques d’assimilation forcĂ©e.
Vive l’Europe !!! Vive Lisbonne et son traitĂ© !!!
(Filtre anti-spam : lisbonne !!!)
4 novembre 2009 à 14:39
“Marc’h al Lorc’h” eet pas “Marc’h ar Lorc’h” !
5 novembre 2009 à 4:53
“citation “:
l’Ă©mission du 22/09/09, de L.G.,
http://tinyurl.com/y9rrgpb
citée ,ce jour,par Didier Goux
dans “blogueurs assocĂ©s”
http://www.marianne2.fr/L-identite-nationale-vu-par-les-blogueurs-associes_a182666.html
5 novembre 2009 à 4:55
C’est,22/09/08
5 novembre 2009 à 8:40
grain Ă moudre du 04/11/09
http://tinyurl.com/yg5fhyt
http://lefadadelatimone.blogspot.com/
8 novembre 2009 à 20:28
bon j’ai fait un bide tant pis pour moi!
excellente votre émission sur Leszek Kolakowski (A voix nue), vraiment captivant en particulier la dernière
commenter cette Ă©mission reviendrait Ă faire de la parapharse donc je n’en dis pas plus
mais bon quand mĂŞme la non Ă©dition d’une partie de l’oeuvre de cet auteur en france et l’incapacitĂ© de l’universitĂ© de l’accueillir demeurent pathĂ©tiques
9 novembre 2009 à 19:41
@Saturnin
J’ai Ă©coutĂ© les 5 Ă©emissions consacrĂ©es Ă Leszek Kolakowski et je suis bien incapable de me faire une opinion sur la “philosophie” de L.K., si ce n’est qu’il n’Ă©tait plus Marxiste ! Malheureusement, les Ă©missions ne sont pas archivĂ©es et je ne peux plus les réécouter. Mais je crois que les questions de B.C. sont restĂ©es plus historico-politiques que philosophiques, donc je ne suis pas sĂ»re qu’une réécoute m’aiderait. Peut-ĂŞtre pourriez-vous m’Ă©clairer: En quoi croyait-il?
17 novembre 2009 à 10:25
Comme il n’y a pas de commentaires pour “Le grain en moudre”, je prĂ©cise (Ă©mission du lundi 16 nov.) qu’en France “Regina coeli”(ou caeli) ne se dit (ou chante) pas en prononciation restituĂ©e (rĂ©guina coĂ©li) mais Ă l’ancienne (regina chĂ©li, ou redgina tchĂ©li): http://www.youtube.com/watch?v=yzMa0qzwagA&feature=related
+ cf. wikipedia : “Regina CĹ“li, ou encore Regina Cæli, est une antienne mariale, prière chrĂ©tienne dĂ©diĂ©e Ă la Vierge Marie. C’est l’un des quatre hymnes marials du catholicisme. Son titre - en fait les deux premiers mots du texte - signifie «Reine du Ciel» en latin. Son origine remonte au XIIe siècle. Cette prière est chantĂ©e du jour de Pâques jusqu’au jour de la PentecĂ´te. Elle est courte, et elle a quatre rimes plates, un allĂ©luia en refrain et elle se termine par un orĂ©mus ou une invocation (…)
La prière du Regina Caeli remplace la prière de l’AngĂ©lus durant tout le temps pascal (de la nuit de Pâques Ă la PentecĂ´te), Ă 7h00 (ou 8h00), 12h00 et 19h00.”
17 novembre 2009 à 15:27
Je viens seulement d’écouter l’émission de mardi 10 novembre sur la vaccination. Je suis très perplexe. Avant de réagir, j’ai attendu de l’avoir réécoutée.
Il y a trois choses dont on aurait dû parler et auxquelles on n’a même pas fait allusion.
1) – M. Ameisen a dit qu’il se ferait vacciner pour protéger sa mère, une femme de quatre-vingt-quinze ans. L’auditeur moyen se sera posé la question de savoir pourquoi ne pas vacciner sa mère. La raison pour laquelle il est utile, pour M. Ameisen de se faire vacciner, c’est que, non seulement le vaccin ne protège pas à  100% (environ 70% pour les vaccins contre les grippes saisonnières), mais de plus la protection est d’autant plus mauvaise qu’on est plus âgé. C’est la raison pour laquelle, bien qu’on propose gratuitement la vaccination tous les ans aux personnes de plus de soixante-cinq ans, il en meurt néanmoins plusieurs milliers chaque hiver. L’idée de se faire vacciner pour protéger les autres, et, notamment, les personnes à risque, est donc, de ce fait, d’autant plus pertinente. Je m’étonne que cet argument n’ait pas été mentionné.
2) – Pas un mot du bilan hémisphère sud. Au cours de l’été, la grippe a sévi, comme chaque année, dans cette partie du monde. Trois pays connaissent des conditions comparables aux nôtres : l’Afrique du Sud, l’Australie et l’Argentine. Les données concernant l’Afrique du Sud ne sont pas fiables, mais concernant l’Australie et l’Argentine, on sait des choses très intéressantes. Intéressantes parce que surprenantes (Or on sait que la connaissance va de pair avec l’étonnement. Ce matin, le soleil s’est levé : ce n’est pas une information). Dans ces deux pays, il y a eu moins de morts que d’habitude du fait de la grippe, tous virus confondus. Comme si ce nouveau virus, non seulement était moins mortel que les virus saisonniers, mais aussi concurrençait victorieusement ces derniers. Donnée d’autant plus étonnante (donc d’autant plus instructive) que le nombre de malades a été plus important que d’habitude. Par ailleurs, les vieux sont moins touchés que les jeunes, ce qui est également inhabituel. On voit bien que ce genre d’information bouleverse complètement le calcul bénéfice/risque qui doit (ou devrait) présider à toute décision dans un tel domaine. C’est pour cela que le problème de la prévention ne se pose absolument pas comme au mois d’avril. Je ne suis pas du tout UMPiste, mais j’ai aimé entendre quelqu’un dire que le ministère de la santé avait fait son boulot. Lorsque les 94 millions de doses de vaccin ont été commandées, on ne savait pas tout cela, et, de plus, on pensait qu’il faudrait peut-être deux injections. Que n’aurait-on pas entendu si Mme Bachelot avait tranquillement attendu de voir venir ! D’autant plus que ces vaccins ne sont ni livrés ni payés et que, le cas échéant, il sera facile de les décommander : l’Ukraine ou la Biélorussie nous le demandent à genoux…
3) – M. Ameisen se présente comme immunologue. Je suppose qu’il a entendu parler des maladies auto-immunes. Pas besoin d’avoir fait dix ans d’études médicales pour savoir quels risques font courir les adjuvants aux gens qui en sont atteints. Personnellement, j’ai un psoriasis modéré qui risque de flamber sous l’action d’un adjuvant dont la fonction est précisément de « booster » la production des anticorps. S’il s’agissait de se prémunir contre une grippe H5N1 présentant un taux de mortalité de 50%, je prendrais peut-être le risque, mais devant ce qui, jusqu’à présent, se présente comme une « grippette » dont, de plus, le taux d’attaque chez les vieux est plutôt faible, on comprendra que j’hésite. J’aurais aimé avoir l’avis d’un immunologue sur ce point. Et je ne suis pas le seul, car les maladies auto-immunes concernent des millions de gens en France, dont certains sont traités avec des… immunodépresseurs, comme les greffés, c’est-à -dire des substances dont l’action est exactement inverse de celle des adjuvants !!!
Comment un tel flou, entretenu par l’émission en question, ne produirait-il pas cette inquiétude qui aboutit légitimement à un refus de 80% des Français de se faire vacciner, ce qui est probablement une mauvaise chose ? Aujourd’hui, les gens veulent comprendre et non se contenter d’obéir aux injonctions des experts (qui d’ailleurs ne sont pas d’accord entre eux, ça aide…), ce qui prouve que, malgré tout le mal qu’on en dit, l’Education Nationale n’a pas si mal fait son travail. En tout cas, c’est un bon début…
Mais, si le nombre de morts grimpe, cela risque de provoquer une panique et un engorgement des centres de vaccination, comme au Canada ou aux Etats-Unis (1000 morts dont 100 enfants… Je rappelle que la grippe fait, aux Etats-Unis 30 000 Ă 40 000 morts par an sans faire bouger personne). Simplement parce qu’on aura complètement oubliĂ© de comparer la situation actuelle Ă la situation habituelle. J’ai beau « fouiller » le Net, je n’arrive pas Ă savoir combien la grippe fait de morts les autres annĂ©es au 15 novembre, ce qui ne me permet pas de savoir si les 32 morts actuellement recensĂ©s en France mĂ©tropolitaine (dernier bulletin de l’INVS au 10 novembre) constituent un nombre important ou dĂ©risoire. Il est pourtant Ă©vident que la dĂ©cision Ă prendre dĂ©pend directement de cette apprĂ©ciation.
On a annoncé dix fois plus de morts que d’habitude, c’est-à -dire 50000. C’est à peine la moitié de ce qu’on déplore à cause du tabac et de l’alcool. Je ne vois, dans ces domaines, aucune panique…
Tout est relatif. Les chiffres absolus n’ont aucun sens. Quand les journalistes le comprendront-ils, ou, s’ils le comprennent, quand cesseront-ils de nous prendre pour des imbéciles ?
18 novembre 2009 à 20:09
@ Kenique
Quelques observations concernant votre post précédent:
Je crois que dans ce domaine de la grippe H1N1, comme dans celui du changement climatiue, nous nous trouvons confrontĂ©s Ă la question: qui croire? Comme vous, j’essaye de me tenir informer sur ces sujets, mais les avis des “experts” sont, plus ou moins, divergents.
Je pense que les differents acteurs jouent leur rĂ´le dans ces domaines: les politiques agissent en prenant des mesures qui minimisent les risques, les scientifiques en donnant leur avis, les industriels en essayant de maximiser leurs profits.
Je crois qu’il nous appartient donc de jouer notre propre rĂ´le de citoyen et de suivre nos “intuitions”. Je dis “intuitions” car la simple “raison” me semble dĂ©passer du fait de ces fameux avis contradictoires.
A ce stade des problèmes, mon “intuition” est que la grippe H1Ni n’est pas assez grave pour que je me fasse vacciner. Mais devant cette attitude individuelle, je comprends que les gouvernements prennent des mesures collectives et les dĂ©cisions de R. Bachelot me semblent justifiĂ©es.
Sur le climat, je suis complétement agnostique, mais il me semble que réduire la pollution, toutes choses égales par ailleurs, devrait être un objectif en lui-meme. Je soutiens donc les objectifs de Kyoto/Copenhague.
En ce qui concerne la manipulation des chiffres, je suis tout Ă fait d’accord avec vous, mais il me semble que cette manipulation ne se limite pas aux seuls journalistes: politiques, scientifiques, industriels s’en livrent Ă coeur joie.
Petit exemple dans l’industrie pharmaceutique. Si vous prenez mon produit A , vous rĂ©duisez votre risque de mourir de la maladie X de 50% ! Mais ce que l’on ne mentionne pas est que le risque initial de mourir de la maladie X est de 2 sur 1 million. Avec le produit A, le risque descend Ă 1 sur 1 million. Donc le chiffre d’amĂ©lioration de 50% est Ă la fois mathĂ©matiquement correct et particulièrement impressionnant; mais le risque originel est statistiquement nĂ©gligeable, surtout en considĂ©rant les effets secondaires du produit X.
Tant qu’aux politiques, ……
22 novembre 2009 à 21:38
Dans l’émission “Les retours du dimanche” du 15 novembre, Hervé Gardette a indiqué que l’on faisait la queue dans la banlieue de Stockholm pour se faire vacciner contre la grippe A(H1N1).Les Suédois ont été les premiers au début des années 70 à généraliser le port de la ceinture de sécurité. En France, une part de l’opinion voyait dans son obligation une atteinte à la liberté individuelle, et utilisait aussi quelques anecdotes où le port de la ceinture aurait été néfaste pour appuyer sa contestation. Les Suédois sont soucieux de santé publique et savent limiter leur individualisme quand l’intérêt collectif est en jeu. Il est vrai que l’on entend régulièrement de beaux esprits en France considérer avec condescendance l’hygiénisme nordique.
Il a été bien expliqué dans l’émission qu’il y avait des vaccinations uniquement à but et effet de protection individuelle et d’autres comportant aussi une action au niveau de la collectivité: la vaccination contre la grippe saisonnière relève du premier cas, celle contre la grippe A(H1N1)v du second. Le débat actuel s’inscrit, comme il a été dit aussi, dans un contexte récurrent de réticence voire de contestation des vaccinations en général. Ce débat n’est pas spécifiquement français. Dans le très répandu Traité de médecine interne étatsunien le “Harrison”, on peut lire: « De façon ironique, les efforts faits pour augmenter la sécurité vaccinale et les modifications de la politique vaccinale ont conduit à une plus grande crainte des effets indésirables potentiellement associés à la vaccination », et aussi : « Les sites internet tenus par (des associations contre les vaccinations) apparaissent habituellement dans les dix premiers de la liste identifiée par les moteurs de recherche ». Les sites médicaux comportant le label HONcode sont à privilégier.
Des adjuvants sont utilisés pour plusieurs vaccins dont l’anticoquelucheux acellulaire. L’un des deux vaccins antigrippe A(H1N1) utilise le squalène présent depuis plusieurs années dans un vaccin contre la grippe saisonnière, réservé aux personnes de plus de 65 ans, avec des effets généraux rares. Les adjuvants, outre leur effet positif sur l’immunisation, peuvent permettre de maintenir cette immunité en cas de mutation limitée du virus. Le vaccin sans adjuvant, qui n’a obtenu son autorisation de mise sur le marché que le 16 novembre, sera réservé aux femmes enceintes, aux nourrissons de 6 à 23 mois, aux patients en état d’immunodépression ou porteurs de maladies dites de système. La campagne de vaccination étatsunnienne qui fit apparaître un risque possible de syndrome de Guillain Barré utilisait un vaccin à virus entier inactivé, ce qui n’est pas le cas des vaccins actuellement disponibles.
26 novembre 2009 à 20:31
Bonjour, je vous laisse ce commentaire pour vous remercier de vos Ă©missions. ce sont de vĂ©ritables portes ouvertes sur la connaissance qui permettent Ă des gens normaux, n’appartenant pas Ă une Ă©lite intellectuelle ou financière de s’informer sur la vie des idĂ©es. Merci vraiment Ă vous et Ă votre Ă©mission qui et une bouffĂ©e d’air frais chaque soir. A titre plus personnel, je voulais vous tĂ©moigner tout le plaisir que l’on a Ă vous entendre, vos connaissances, vos idĂ©es sont vraiment agrĂ©ables dans un monde oĂą l’expression des convictions se fait de plus en plus rare. Longue vie au grain Ă moudre et merci encore de mettre Ă portĂ©e de tout le monde, des plus jeunes notamment (dont je suis) les grands thèmes de notre temps.
27 novembre 2009 à 20:17
Madame X au “syndrome respiratoire sĂ©vère” post-coquelucheux depuis l’enfance, est donc un “sujet Ă risques” : vaccin contre la grippe dite rĂ©gulière chaque annĂ©e en octobre, depuis des annĂ©es, “pneumo 23″ tous les 3-4 ans. Cette semaine son gĂ©nĂ©raliste vient de lui donner une ordonnance demandant au centre vaccinal, une vaccination H1N1 avec un vaccin fragmentĂ©, sans adjuvant. Il lui a donnĂ© deux masques FFP2 pour le temps d’attente au centre, en aoĂ»t la pneumologue de l’HP lui avait dĂ©conseillĂ© vivement les lieux publics fermĂ©s : cinĂ©, etc…
Madame X croise les doigts, pour écouter (et lire) France Culture longtemps encore. Bonsoir.
1 dĂ©cembre 2009 à 22:44
il m’est impossible d’Ă©couter vos Ă©missions par le site web de france-culture car vos fichiers audios sont en extension “.ram”. Avez vous un conseil, une procĂ©dure ? J’ai bien tĂ©lĂ©chargĂ© votre logiciel qui permet un Ă©coute mais par directement par le web ce n’est pas possible. Merci cordialement
2 dĂ©cembre 2009 à 20:20
Mathieu, vous l’interprĂ©tez comment le rĂ©fĂ©rendum de dĂ©mocratie directe en Suisse au regard de ce que vous avez dĂ©veloppĂ© dans vos posts sur la compĂ©tence des citoyens et la critique de la reprĂ©sentation ?
un pays plein de vertues ou Mme Delcambre pourrait être élue par acclamation (autre élément de démocratie directe)
un bel exemple des vertus de la démocratie directe que de faire passer des lois discriminatoires sans problème ni contre pouvoir,
fort heureusement dans un rĂ©gime reprĂ©sentatif doublĂ© d’un Etat de droit c’est quasi impossible
4 dĂ©cembre 2009 à 20:25
Bonjour Ă Brice Couturier et aux intervenants.
Beaucoup de questions au sujet du dĂ©bat sur l’identitĂ© nationale:
Dans “le dĂ©bat sur le dĂ©bat” je n’ai toujours pas compris quel Ă©tait le but final des “consultations” sur l’identitĂ© nationale. On discute beaucoup du contenu du dĂ©bat (stigmatisation des immigrĂ©s), de son instrumentalisation, mais pas des rĂ©sultats auxquels il doit aboutir.
Quelqu’un de vos intervenants ou vous-mĂŞme sait-il Ă quoi va aboutir ce dĂ©bat? Une loi? Une dĂ©claration orale? Mais avec quel poids juridique? Une dĂ©finition avec une liste de critères? Mais cette dĂ©finition aura-t-elle pour vocation Ă s’incarner dans une loi? Sinon quel sera le statut de ce texte?
Qu’arrivera-t-il Ă ceux (citoyens français ou non) qui ne respecteraient pas un ou plusieurs de ces critères? Comment fera-t-on pour vĂ©rifier concrètement qu’une personne adhère bien Ă l’identitĂ© nationale dĂ©finie?
Si tel n’est pas le but du dĂ©bat, alors quel est-il??
Existe-t-il un texte officiel, des déclarations qui permettraient de le savoir?
Je pense que connaĂ®tre le but auquel l’Etat veut aboutir permettrait de discuter plus clairement.
4 dĂ©cembre 2009 à 20:37
Pour finir et exprimer une opinion plus personnelle je dois dire que j’ai trouvĂ© la position de Malika Sorel assez inquiĂ©tante (mais je pense qu’elle ira loin car elle sait parfaitement utiliser la rhĂ©torique qui a fait le succès de Sarkozy). A chaque fois qu’un contradicteur contestait le bien fondĂ© du dĂ©bat, elle utilisait prĂ©cisĂ©ment l’argument de l’identitĂ© nationale, suggĂ©rant Ă mots Ă peine couverts, qu’ĂŞtre contre le dĂ©bat, ce n’est pas ĂŞtre un “vrai” Français (car les “vrais” Français, c’est Ă dire une majoritĂ© de sondĂ©s (et les autres??) sont pour le dĂ©bat semble-t-il). Par ailleurs, Ă travers ses dĂ©clarations et la dĂ©claration de plusieurs hommes politiques comme Nicolas Sarkozy sur les 35h (”qui ont ouvert une brèche morale”), la protection sociale, on comprend assez facilement que tout ce qui relève d’une politique de gauche se trouve non seulement critiquĂ© (ce qui est parfaitement normal venant de gens de droite), mais exclu de l’identitĂ© nationale.
Par oĂą l’on voit qu’au-delĂ des dĂ©nĂ©gations sur le caractère restrictif et excluant de la notion, celle-ci se trouve bien rĂ©utilisĂ©e, y compris contre des Ă©lus de la Nation comme Braouezec, de manière très problĂ©matique.
Bonne soirée
5 dĂ©cembre 2009 à 10:15
“un bel exemple des vertus de la dĂ©mocratie directe que de faire passer des lois discriminatoires sans problème ni contre pouvoir,
fort heureusement dans un rĂ©gime reprĂ©sentatif doublĂ© d’un Etat de droit c’est quasi impossible”
Parce qu’en france il n’y a pas de lois discriminatoires ?
Les langues minoritaires y sont superbement discriminĂ©es (c’est peu dire) depuis deux siècles (sans parler du colonialisme et des guerres qui l’ont accompagnĂ©, et de Vichy, produits d’un rĂ©gime reprĂ©sentatif doublĂ© d’un Etat de droit !)
Quant au dĂ©bat sur l’identitĂ© nationale, inviter 2,5/3 jacobins pour un dĂ©bat, et vous aurez des rĂ©ponses de jacobins !
La france, c’est l’Etat français.
Malika Sorel. Essayiste Membre du Haut Conseil Ă l’intĂ©gration - JACOBINE
Patrick Braouezec. Député de Seine Saint Denis - DEMI OU TROIS QUART JACOBIN
Sami Naïr (au téléphone). Ancien député européen
Conseiller d’Ă©tat - JACOBIN
C’est quoi Conseiler d’Etat ? Ca a l’air bien comme poste, non ?
Quand Sami NaĂŻr dit que l’identitĂ© de la france c’est la rĂ©publique, qu’est-ce qu’il entend pas rĂ©publique ?
Une république jacobine, manifestement.
5 dĂ©cembre 2009 à 10:33
“Pour finir et exprimer une opinion plus personnelle je dois dire que j’ai trouvĂ© la position de Malika Sorel assez inquiĂ©tante (mais je pense qu’elle ira loin car elle sait parfaitement utiliser la rhĂ©torique qui a fait le succès de Sarkozy). A chaque fois qu’un contradicteur contestait le bien fondĂ© du dĂ©bat, elle utilisait prĂ©cisĂ©ment l’argument de l’identitĂ© nationale, suggĂ©rant Ă mots Ă peine couverts, qu’être contre le dĂ©bat, ce n’est pas ĂŞtre un “vrai” Français (car les “vrais” Français, c’est Ă dire une majoritĂ© de sondĂ©s (et les autres??) sont pour le dĂ©bat semble-t-il).”
C’est vrai qu’on peut entendre un nombre Ă©normĂ©ment considĂ©rable de bĂ©tises quand a ce qu’ĂŞtre français, et Malika Sorel y a Ă©tĂ© de sa petite contribution
(”ĂŞtre contre le dĂ©bat, ce n’est pas ĂŞtre Français car les “vrais” Français sont pour le dĂ©bat” !!!????)
Ce qui est aussi bĂŞte et risible que de dire que l’identitĂ© française se trouve dans les services publiques, la sĂ©curitĂ© sociale et le rĂ©gime de retraite !!!????
Ou dans la rĂ©publique, comme le dit Sami Nair : Vichy, NapolĂ©on, Louis xiv, Versaille, ce n’est pas la france ????!!!!!!
Quand Ă Malika Sorel, j’ai cru comprendre qu’elle Ă©tait plus vilpiniste que sarcosiste - et chevènementiste (comme Sami Nair, en somme).
5 dĂ©cembre 2009 à 15:33
Hoel je crois que nous sommes bien d’accord sur les bĂŞtises qu’engendre un tel “dĂ©bat”… Les Jacobins vont dire que la France c’est la centralisation, les anti-jacobins vont dire que c’est au contraire la dĂ©centralisation (et pour preuve, c’est dans la constitution, on imagine mal une disposition constitutionnelle ĂŞtre anti-identitĂ© française!!), les nostalgiques de l’Empire vont se voir refouler hors de l’identitĂ© française, de mĂŞme que ceux qui auraient une apprĂ©ciation nĂ©gative de la rĂ©volution française (j’imagine le grand historien rĂ©cemment disparu Pierre Chaunu apprenant de la bouche de Mr Besson qu’un bon Français doit forcĂ©ment admirer l’oeuvre de la rĂ©volution…). Quant aux Ă©normitĂ©s des intervenants (comme s’il n’y avait qu’en France qu’on dĂ©battait, comme si la centralisation Ă©tait un trait uniquement français (?), comme la rĂ©publique, les discussion de comptoir (et oui, cf Malika Sorel!).
MĂŞme si je suis rĂ©publicain de gauche et plutĂ´t jacobin, je trouve stupide de faire d’opinions politiques des Ă©lĂ©ments de dĂ©finition officielle (car c’est l’Etat qui s’en charge, c’est l’Etat qui encadre tout cela). D’oĂą ma question dĂ©sespĂ©rĂ©ment sans rĂ©ponse (24): what’s the point? A quoi ce dĂ©bat doit-il aboutir??
5 dĂ©cembre 2009 à 20:44
@Romain
Les objectifs du dĂ©bat sont ainsi prĂ©cisĂ©s sur le site officiel du “Grand DĂ©bat”:
“Les objectifs du grand dĂ©bat sur l’identitĂ© nationale :
Eric BESSON, Ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire a ouvert lundi 2 novembre 2009 un grand débat sur l’identité nationale.
L’organisation de ce débat constitue l’un des engagements souscrit par le Président de la République lors de la campagne présidentielle, repris dans la lettre de mission qu’il a adressée, avec le Premier Ministre, à Eric BESSON, le 31 mars 2009.
Ce débat répond aux préoccupations soulevées par la résurgence de certains communautarismes, dont l’affaire de la Burqa est l’une des illustrations. Au moment même où l’Union européenne franchit une nouvelle étape de son intégration, et où la crise économique et financière internationale démontre combien la mondialisation rend l’avenir des Nations interdépendant, il a pour objectif d’associer l’ensemble de nos concitoyens à une réflexion de fond sur ce que signifie, en ce début de 21ème siècle, « être Français ».
Ce débat doit tout d’abord favoriser la construction d’une vision mieux partagée de ce qu’est l’identité nationale aujourd’hui. Il doit aussi faire émerger, à partir de propositions mises en débat par les différents participants, des actions permettant de conforter notre identité nationale, et de réaffirmer les valeurs républicaines et la fierté d’être Français.
Le calendrier du débat :
Ce grand dĂ©bat se dĂ©roulera sur trois mois, Ă compter du lundi 2 novembre 2009, et jusqu’au 31 janvier 2010, et se clĂ´turera le 4 fĂ©vrier 2010 par un colloque sur l’identitĂ© nationale, au cours duquel le Ministre prĂ©sentera la synthèse des travaux. “”
Je ne serais pas surpris de voir le gouvernement prendre des dĂ©cisions en se basant sur certains rĂ©sultats du dĂ©bat. La mention spĂ©cifique de la Burqua en est un signe. En fait, ce “dĂ©bat” est un mini-rĂ©fĂ©rendum.
Et puis, quand il sera fini en FĂ©vrier 2010, je propose d’en organiser un autre avec comme sujet: Pourquoi il y a t’il quelque chose plutĂ´t que rien? (Leibniz).
Cela devrait “divertir” les Français jusqu’en 2012.
6 dĂ©cembre 2009 à 10:34
“construction d’une vision mieux (???) partagĂ©e (????)”: grosse difficultĂ© juridique, elle ne pourra s’imposer en vertu de la libertĂ© de conscience (on peut ĂŞtre juridiquement citoyen français, sans “philosophiquement” se sentir français, ou adhĂ©rer aux principes de la RĂ©publique)
“faire Ă©merger (…) des actions”: oui, mais encore…
“rĂ©affirmer les valeurs rĂ©publicaines” donc une partie de la rĂ©ponse est dans la question: ĂŞtre Français c’est ĂŞtre rĂ©publicain, et tant pis pour les autres.
Merci Alain de m’avoir fait suivre ces Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse, mais je les connaissais et je les trouve très très flous.
Vous pensez Ă Leibniz, je pense Ă Musil et Ă l’Action parallèle de l’Homme sans qualitĂ©s. Ceux qui l’ont lu doivent savoir de quoi je parle.
Bon dimanche