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est-il permis d
Je conçois la gĂŞne que provoque chez certains le fait que ce dĂ©bat se dĂ©roule Ă l’initiative du gouvernement dans un contexte politique particulier - la faiblesse prĂ©visible de la majoritĂ© UMP-Nouveau Centre, au second tour des Ă©lections rĂ©gionales. Mais il faut bien savoir que le dĂ©bat sur l’identitĂ© nationale a lieu, depuis 2 ou 3 ans, dans tous les pays d’Europe occidentale, exposĂ©s aux mĂŞmes questionnements : la mondialisation met en cause nos particularismes, nos “exceptionnalitĂ©s” ; des vagues d’immigration d’une ampleur dĂ©mographique exceptionnelle sont en train de mĂ©tamorphoser la composition de nos populations et les cultures auxquelles elles se rĂ©fèrent. Aux Pays-Bas, pour prendre un exemple, dans toutes les grandes villes, Amsterdam comprise, la majoritĂ© des habitants sera d’origine musulmane dans les douze ans qui viennent ; dĂ©jĂ , Rotterdam a un maire musulman, avec Ahmed Aboutaleb, fils d’imam. Dans certains quartiers de la ville (Feyenoord, Oude Westen, etc.), les femmes sont voilĂ©es de la tĂŞte aux pieds et leur regard ne doit jamais croiser celui d’un homme.
Mais, comme je le disais, si le dĂ©bat sur l’identitĂ© nationale a lieu partout en Europe occidentale, il a lieu Ă l’initiative de la sociĂ©tĂ© civile ; il ne tombe pas d’un ministère, il ne relève pas d’une initiative tombĂ©e du sommet de l’Etat. Et mĂŞme, lorsqu’il survient Ă l’initiative du gouvernement, comme ce fut le cas en Grande-Bretagne, avec le “green paper” sur la gouvernance de Gordon Brown de 2007, qui se terminait par un appel Ă “travailler avec l’opinion publique pour dĂ©velopper une dĂ©claration britannique des valeurs”, c’est la sociĂ©tĂ© qui l’a pris en charge. La revue Prospect (intellos branchĂ©s centre-gauche) a consacrĂ© plusieurs numĂ©ros, fin 2007, aux “British values“.
En effet, afin d’accueillir de nouvelles populations dans nos creusets respectifs, il est nĂ©cessaire de faire le point sur ce que nous sommes, de dĂ©finir les principes sur lesquels nous ne pouvons pas transiger (comme l’Ă©galitĂ© hommes/femmes, la laĂŻcitĂ©, la libertĂ© de culte et d’expression), sous peine de nous renier nous-mĂŞmes. J’entends bien l’argument selon lequel l’identitĂ© nationale Ă©tant, comme toutes les autres, en constante Ă©volution, il serait dangereux de lui donner un contenu dĂ©finitif. Ce serai risquer de ”l’essentialiser”, voire de la “naturaliser”, prĂ©tendent certains.
C’est oublier Renan. Dans sa fameuse confĂ©rence Ă la Sorbonne du 11 mars 1882, Ernest Renan Ă©carte de la conception française de la nation toute dĂ©finition ethno-raciale ethno-linguistique - dont il soupçonne, non sans raison Ă l’Ă©poque, la culture allemande. Mais il ne se contente pas de dĂ©finir la nation comme un dĂ©sir de continuer Ă vivre ensemble - le fameux “plĂ©biscite de tous les jours”. Il explique aussi que le concept mĂŞme de nation est une invention de la France rĂ©volutionnaire. “C’est la gloire de la France d’avoir, par la RĂ©volution française, proclamĂ© qu’une nation existe par elle-mĂŞme. Le principe des nations est nĂ´tre.” Une nation inventrice du principe mĂŞme de l’idĂ©e de nation ne saurait refuser de dĂ©battre, deux siècles plus tard, de sa pertinence… Pour Renan, comme pour tous les thĂ©oriciens de la nation, celle-ci n’est pas seulement un projet, constamment rĂ©amĂ©nagĂ© en fonction des demandes du jour, mais “une famille spirituelle”, assis sur un hĂ©ritage partagĂ©, bref un peuple ; et pas seulement des populations, rĂ©unies sur un territoire par l’effet du hasard et s’ignorant mutuellement au nom de la “tolĂ©rance”. Les nations sont des “individualitĂ©s historiques”. Ce ne sont pas des zombies, de pures abstractions rĂ©duites Ă l’incantation de valeurs universelles. Si la France, “ce sont les valeurs universelles”, comme on l’entend dire, alors nous sommes l’ONU. Notre identité consiste à  n’en pas avoir. Absurde. Et hypocrite.
Et sur ce point, je suis frappĂ© de constater la convergence inattendue entre le directeur de LibĂ©ration et le Premier ministre… Laurent Joffrin Ă©crit dans LibĂ©ration du vendredi 4 dĂ©cembre : “il est Ă©vident que l’identitĂ© française existe, admirable ou dĂ©testable selon les Ă©poques et qu’il est lĂ©gitime d’en parler. A moins de considĂ©rer que la France est le seul pays au monde Ă ne pas avoir de personnalitĂ©, telle une zone blanche sur la carte de cette diversitĂ© culturelle qu’on cĂ©lèbre si souvent par ailleurs.” Et François Fillon, dans son discours de près de trois quart d’heure Ă l’Institut Montaigne, le mĂŞme jour : “On ne peut pas participer au dialogue entre les cultures en se prĂ©sentant comme “je ne suis personne“, ni accueillir l’immigrĂ© en lui disant : “bienvenue nulle part“. La France, qui se targue de son “exceptionnalitĂ©” dĂ©s lors qu’il s’agit de protĂ©ger sa culture du marchĂ© mondial, ou ses services publics “Ă la française” de la libĂ©ralisation imposĂ©e par Bruxelles, ne saurait prĂ©tendre en mĂŞme temps que l’adjectif “français” est sans contenu prĂ©cis… Le pays oĂą l’Etat est en charge de toutes choses - y compris de l’organisation du dĂ©bat sur l’identitĂ© nationale - ne saurait prĂ©tendre qu’il n’a rien de particulier, en somme.
C’est, je le crains, la tendance de ceux qui prĂ©tendent interdire ce dĂ©bat au motif que toute identitĂ© nationale serait par dĂ©finition “excluante”. Je remarque que les mĂŞmes n’Ă©prouvent pas les mĂŞmes scrupules face Ă “l’identitĂ© caraĂŻbe”, Ă Â ”l’identitĂ© maghrĂ©bine”, Ă “l’identitĂ© algĂ©rienne”, ou mĂŞme Ă une “identitĂ© noire” aussi mystĂ©rieuse que suspecte, puisqu’elle repose, elle, sur un critère racial.
En outre, les dĂ©bats qui ont lieu au Danemark, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, etc., ont mis en Ă©vidence une question essentielle : dans quelle mesure des politiques de redistributions aussi universelles et gĂ©nĂ©reuses que les nĂ´tres, en Europe, sont-elles longtemps compatibles avec la diversitĂ© culturelle des populations ? Le grand Ă©conomiste Alberto Alesina a montrĂ© qu’aux Etats-Unis, les politiques sociales les plus ambitieuses Ă©taient le fait des Etats les plus culturellement homogènes, comme le Massachusetts. Il a averti qu’il serait difficile de maintenir des politiques de redistribution coĂ»teuses, requĂ©rant un très haut niveau de prĂ©lèvements obligatoires, dans des pays dont les citoyens n’Ă©prouvent plus le sentiment de partager un hĂ©ritage et un destin communs. En niant et en combattant l’existence du sentiment national, on risque ainsi de saper le modèle social français lui-mĂŞme.
Enfin, je voudrais dire ma dĂ©ception personnelle face Ă l’Ă©chec, dĂ©sormais avĂ©rĂ©, de substituer progressivement au sentiment d’identitĂ© nationale des peuples d’Europe, un sentiment d’identitĂ© europĂ©enne. Il aurait Ă©tĂ© plus aisĂ© aux populations nouvelles de l’Europe de s’y agrĂ©ger, de le partager en contribuant Ă sa construction. Mais c’est l’Europe institutionnelle elle-mĂŞme qui a refusĂ© de donner corps et substance Ă son projet, lui prĂ©fĂ©rant - par peur de son ombre - une dĂ©finition purement procĂ©durale. Logique : si l’Europe doit demeurer un Zollverein, une union commerciale de petites rĂ©publiques marchandes, elle ne saurait se doter d’une identitĂ© culturelle. C’est seulement le jour oĂą le projet redeviendra politique, qu’un peuple europĂ©en pourra Ă©merger, et qu’une identitĂ© culturelle europĂ©enne renouvelĂ©e pourra (re)voir le jour. Les enfants issus de l’immigration, plus habituĂ©s que d’autres, aux Ă©changes entre Etats membres de l’UE, seront particulièrement nĂ©cessaires Ă ce futur dĂ©bat.



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6 dĂ©cembre 2009 à 19:08
Pourquoi autant louvoyer et ne pas poser clairement le problème ? Il n’est pas tant question d’identitĂ© nationale que d’islam.
7 dĂ©cembre 2009 à 7:00
Merci pour votre texte qui m’Ă©claire un peu sur ce dĂ©bat qui me paraĂ®t bien sombre. Par les mĂ©dias, je n’y vois que racisme et violance des propos donc je ne peux y adhĂ©rer. Par votre texte, je comprends bien mieux l’enjeu du dĂ©bat et me donne envie d’y participer.
7 dĂ©cembre 2009 à 10:47
La première chose Ă faire serait de ne pas confondre plus ou moins sciemment la question de l’identitĂ© française avec la question de l’identitĂ© nationale. “Nation” est dĂ©jĂ une rĂ©ponse Ă la question qu’on prĂ©tend (se) poser. D’une manière gĂ©nĂ©rale, ce genre de confusion me semble assez rĂ©vĂ©lateur de l’Ă©tat du “dĂ©bat” : ce sont justement la plupart des concepts qui sont manipulĂ©s qu’il faudrait commencer par essayer d’interroger. Ă€ commencer par celui d’identitĂ©. Je vois mal comment on peut sĂ©rieusement s’interroger sur l’identitĂ© française sans commencer par se demander ce que c’est que l’”identitĂ©”, d’oĂą vient ce concept-lĂ , sur ce que ce concept et les concepts qui lui sont liĂ©s signifient, sur ce qu’ils entraĂ®nent quant Ă la manière dont une question se pose. Est-ce que la question se pose vraiment en terme d’identitĂ© ? Pourquoi ? MĂŞme chose Ă propos des “valeurs”. C’est Ă croire que Nietzsche n’a toujours pas Ă©tĂ© lu par les personnes qui l’emploient.
Quant aux objectifs d’une telle interrogation, quels sont-ils ? Je ne veux pas dire par lĂ qu’elle en soi dĂ©nuĂ©e, mais au-delĂ des petits calculs Ă©lectoraux dont nous voyons partout les signes ostentatoires, il me semble que cette question lĂ mĂ©riterait aussi d’ĂŞtre posĂ©e, avant de s’amuser Ă jouer avec le feu. Je ne parle mĂŞme pas du sempiternel renvoie Ă “l’accueil de nouvelles populations dans nos creusets respectifs”, alors que la plupart des pays europĂ©ens se sont acharnĂ©s Ă adopter une politique sĂ©curitaire Ă courte-vue en la matière. L’”argument” me semble d’ailleurs curieux : si c’est vraiment cela qui rend ce “dĂ©bat” si nĂ©cessaire, comment diable avons-nous fait pour accueillir des personnes avant ce cher M. Besson et son ministère ? Serait-ce que nous avions alors une idĂ©e de l’identitĂ© française ? L’idĂ©e sous-jacente est-elle donc que nous l’avons oubliĂ©e ? Mais par quel phĂ©nomène ? Il faudrait que ceux qui utilisent ce genre d’arguments aillent jusqu’au bout de leur raisonnement.
En fait j’en vraiment ai marre de cette chasse au sorcières permanente sur le dos des immigrĂ©s, ou plutĂ´t de certaines “catĂ©gories” d’immigrĂ©s, que la question de l’identitĂ© française tourne toujours Ă leur Ă©nième mise sur la sellette et Ă des opinions du cafĂ© du commerce Ă leur Ă©gard, et au notre.
7 dĂ©cembre 2009 à 12:28
SĂ©parĂ©e de ma fratrie dans mon enfance, je sais qu’il est extrĂŞmement dur de quitter sa famille… On se retrouve Ă©cartelĂ© toute un vie,
entre une origine et un ailleurs. C’est un boullet qui reste au fond du coeur.
Je sais qu’Ă l’Ă©cole Gambetta de Carmaux, mes copines de classe (entre 1951 et 1960) portaient des noms espagnols, italiens, polonais ; en ce temps lĂ il fallait redresser la France, n’est-ce-pas ? “Produisez, produisez”, rĂ©pĂ©taient nos dirigeants.
Je sais que les hommes qui ont décapé les façades de mon immeuble, au chalumeau en plein mois de juillet, il y a un certain temps, avaient une peau très pigmentée ; les cadres, non pigmentés, contrôlant le travail montaient dans les échaffaudages en mocassins et pantalons à plis.
Je sais qu’en cours d’alphabĂ©tisation mes apprenantes thaĂŻlandaises, marocaines, argentines, ou autres, mariĂ©es Ă des Français voyageurs, font des mĂ©nages, des mĂ©nages, des mĂ©nages.
Grâce Ă elles depuis 6 ans je fais le tour du monde, sans billet d’avion.
Ma nouvelle voisine, enseignante au campus scientifique du coin, est BrĂ©silienne, “son compagnon”, cadre sup. bossant Ă Paris, est Marocain, il “descend” les samedis et dimanches.
Leur fillette, vient me voir, quand elle est seule. Un vrai rayon de soleil. La maman court après le temps. Elles ont chamboulé mes habitudes.
J’oubliais : un beau-frère Portuguais, un autre Italien.
MĂŞme les plantes de sous-bois ont besoin de soleil pour vivre.
7 dĂ©cembre 2009 à 13:17
et l’ identitĂ© des bi-nationaux vous en faites quoi ?
7 dĂ©cembre 2009 à 14:53
Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil!!!
Ahlalala! La dernière du jour: “L’identitĂ© nationale, ça n’existe pas!” dixit Patrick Weil…J’en ai parlĂ© Ă un ami chinois… il m’a dit qu’on Ă©tait plutĂ´t mal barrĂ©! Bon… En mĂŞme temps on devrait ĂŞtre habituĂ© en France, parce que les conneries profĂ©rĂ©es en toute impunitĂ© par ce groupe social aussi parasitique que celui des rebellocrates universitaires, c’est comment dire…une spĂ©cialitĂ© nationale quasi-atavique…peut-ĂŞtre mĂŞme que ça fait partie de notre identitĂ© nationale. En tout cas, l’intellectuel engagĂ© de gauche, conscience morale de son temps et sauveur de l’HumanitĂ©, ferraillant contre les hordes dĂ©ferlantes de la rĂ©action et du fascisme,dĂ©goulinant de confiture humanitaire, ça, on peut dire que ça fait partie de notre patrimoine, le vrai, le bon, ça sent le terroir, ça vient du quartier latin boudiou!… Allez quelques petits exemples pour se faire plaisir, quelques millĂ©simes:
1)Notre impayable Sartre national: “Le marxisme est l’horizon indĂ©passable de notre temps”. Bien jouĂ© Jean-Paul, allez recommence avec Ouragan sur le sucre, documentaire très impartial, dans la grande tradition intellectuelle française, sur ce grand dĂ©mocrate de Fidel Castro et son inestimable RĂ©volution socialiste menacĂ©e par les mĂ©chants “puritains du Nord” (les mĂ©chants et les gentils, ça aussi c’est une grande spĂ©cialitĂ© de l’Intellectuel français):”«Les Yankees ont une certaine idĂ©e de la dĂ©mocratie: elle subordonne — sinon dans la pratique, du moins dans la thĂ©orie — l’Ă©conomie Ă la politique… Castro et ses amis ont justement l’idĂ©e inverse.». Allez, on insiste pas…Requiescat in pace!
2) Alain Badiou ou encore mieux François Wahl, après un sĂ©jour de 3 semaines dans la Chine de la RĂ©volution culturelle, auprès des gentils organisateurs du Club Mao:”Les camps de travail n’existent pas en Chine!” Ben voyons, sympa pour les millions de petits paysans exterminĂ©s!!!
3)Que dire des furieux du droit à la différence dans les années 80? Julien Dray, vous savez le socialiste engagé qui collectionne les montres en luxe et peut-être plus, symbolise à lui tout seul le cynisme de la gauche, ce catéchisme résiduel pour la crouille progressiste!
4)Et notre cher Alain Minc et sa “mondialisation heureuse”, et Attali le magnifique avec ses niaiseries sur l’homme-nomade? Et que dire de notre inestimable Laurent Mucchielli avec son indĂ©passable :”il ne faut pas confondre insĂ©curitĂ© et sentiment d’insĂ©curitĂ©!”. Tout ça sans parler de nos chères sectes trotsko-altermachinchouettes d’obĂ©dience nĂ©o-bourdieusienne qui font la vie et la joie de nos campus!
5)Mais que tout le monde se rassure… “le niveau monte!”(Baudelot!)…A quand Diam’s Ă la PlĂ©iade?
Bref, comme je vous le disais, l’intellectuel engagĂ© Ă la con ou l’expert en tout, c’est une spĂ©cialitĂ© française…On les aime, on les adore…en plus on est premier sur le marchĂ© mondial…Vous savez pourquoi? Parce qu’on les Ă©lève en plein air, comme les poulets fermiers, avec amour et putain on les bichonne bordel!…On a mĂŞme tout un système de grandes Ă©coles pour ça:Normal Sup, L’EHESS… (Science po ou l’Ena sont plutĂ´t les incubateurs des futures larves du capitalisme mondial!)… Nous adorons surtout Normal Sup,vous savez l’Ă©cole bon chic bon genre oĂą l’on forme tous nos futurs rebellocrates universitaires, et oĂą seulement 6% de fils d’ouvriers sont admis (30% en 1930…Merci Philippe Meirieu!!)mais oĂą tous les fils de profs syndiquĂ©s pour la dĂ©fense du service public se retrouvent…parcontre! Vous pourrez y apprendre plein de choses en suivant les enseignements particulièrement pluralistes d’Alain Badiou ou de Daniel BensaĂŻd… Bref tous les outils pour devenir un parfait petit marquis de rebellocratie universitaire vous seront donnĂ©s clefs en main:Vous pourrez dĂ©sormais pratiquer cette spĂ©cialitĂ© nationale qu’est la subvertion…sous subvention!
Et vous en apprendrez des choses!…Par exemple que le communisme est toujours une hypothèse valable, qu’un autre monde est possible (mais lequel?), que le libĂ©ralisme c’est franchement pas bien parce que ça dĂ©truit les services publics et toutes nos politiques sociales (aussi, dispendieuses qu’inefficaces d’ailleurs!), que parler de nation c’est faire preuve d’intolĂ©rance et risquer de rĂ©veiller la bĂŞte immonde dont on sait que le ventre qui la porte est toujours aussi fĂ©cond…Que du bonheur quoi!Et vous savez quoi, vous terminerez fonctionnaire, pas belle la vie?!!Et comme les thĂ©ories de Gary Becker sur la famille et le mariage s’appliquent Ă merveille Ă nos milieux intellectuels et artistiques engagĂ©s (en gros mariage = maximisation du calcul coĂ»ts\avantages des capitaux culturels et Ă©conomiques des partenaires respectifs!), vous transmettrez toutes ces belles pratiques socio-culturelles nationales Ă votre progĂ©niture! C’est pas chouette la France?
Allez promis, je fais un deuxième post plus sĂ©rieux… oĂą je vous expliquerai pourquoi Weil n’a pas totalement tort!!
7 dĂ©cembre 2009 à 17:18
Alors c’est pas chouette la France? Le pays de la littĂ©rature par excellence…ça aussi ça fait partie de notre identitĂ© nationale!!! Rabelais, Montaigne,Voltaire, Baudelaire, Zola, Apollinaire, CĂ©line… et puis maintenant Bernard Henri LĂ©vy, Nicolas Rey, Philippe Djian, Marc LĂ©vy, Philippe Sollers, Catherine Millet et toutes cette incroyable pĂ©pinière de talents!!! Le pays des arts et des lettres je vous dis! A ce propos je ne rĂ©siste pas au plaisir de vous soumettre l’un des chefs d’oeuvre de la poĂ©sie française du dĂ©but du 21ème siècle (les nouveaux temps obscurs!), cette ode Ă la culture française de cette sublime poĂ©tesse actuelle… Diam’s
Ma France Ă moi!
Ma France Ă moi elle parle fort, elle vit Ă bout de rĂŞves,
Elle vit en groupe, parle de bled et déteste les règles,
Elle sèche les cours, le plus souvent pour ne rien foutre,
Elle joue au foot sous le soleil souvent du Coca dans la gourde,
C’est le hip-hop qui la fait danser sur les pistes,
Parfois elle kiffe un peu d’rock, ouais, si la mĂ©lodie est triste,
Elle fume des clopes et un peu d’shit, mais jamais de drogues dures,
Héroïne, cocaïne et crack égal ordures,
Souvent en guerre contre les administrations,
Leur BEP mĂ©canique ne permettront pas d’ĂŞtre patron,
Alors elle se démène et vend de la merde à des bourges,
Mais la merde ca ramène à la mère un peu de bouffe, ouais.
Parce que la famille c’est l’amour et que l’amour se fait rare
Elle se bat tant bien que mal pour les mettre Ă l’Ă©cart,
Elle a des valeurs, des principes et des codes,
Elle se couche Ă l’heure du coq, car elle passe toutes ses nuits au phone.
Elle parait faignante mais dans le fond, elle perd pas d’temps,
Certains la craignent car les mĂ©dias s’acharnent Ă faire d’elle un cancre,
Et si ma France Ă moi se valorise c’est bien sĂ»r pour mieux rĂ©gner,
Elle s’intĂ©riorise et s’interdit de saigner. Non…
C’est pas ma France Ă moi cette France profonde
Celle qui nous fout la honte et aimerait que l’on plonge
Ma France Ă moi ne vit pas dans l’mensonge
Avec le coeur et la rage, Ă la lumière, pas dans l’ombre.
Refrain(x2)
Ma France Ă moi elle parle en SMS, travaille par MSN,
Se réconcilie en mail et se rencontre en MMS,
Elle se déplace en skate, en scoot ou en bolide,
Basile Boli est un mythe et Zinedine son synonyme.
Elle, y faut pas croire qu’on la dĂ©teste mais elle nous ment,
Car nos parents travaillent depuis 20 ans pour le mĂŞme montant,
Elle nous a donné des ailes mais le ciel est V.I.P.,
Peu importe ce qu’ils disent elle sait gĂ©rer une entreprise.
Elle vit Ă l’heure AmĂ©ricaine, KFC, MTV Base
Foot Locker, Mac Do et 50 Cent.
Elle, c’est des p’tits mecs qui jouent au basket Ă pas d’heure,
Qui rĂŞve d’ĂŞtre Tony Parker sur le parquet des Spurs,
Elle, c’est des p’tites femmes qui se dĂ©brouillent entre l’amour,
les cours et les embrouilles,
Qui écoutent du Raï, Rnb et du Zouk.
Ma France Ă moi se mĂ©lange, ouais, c’est un arc en ciel,
Elle te dérange, je le sais, car elle ne te veut pas pour modèle.
Refrain x2
Ma France Ă moi elle a des halls et des chambres oĂą elle s’enferme,
Elle est drôle et Jamel Debbouze pourrait être son frère,
Elle repeint les murs et les trains parce qu’ils sont ternes
Elle se plait Ă foutre la merde car on la pousse Ă ne rien faire.
Elle a besoin de sport et de danse pour évacuer,
Elle va au bout de ses folies au risque de se tuer,
Mais ma France Ă moi elle vit, au moins elle l’ouvre, au moins elle rie,
Et refuse de se soumettre Ă cette France qui voudrait qu’on bouge.
Ma France Ă moi, c’est pas la leur, celle qui vote extrĂŞme,
Celle qui bannit les jeunes, anti-rap sur la FM,
Celle qui s’croit au Texas, celle qui Ă peur de nos bandes,
Celle qui vénère Sarko, intolérante et gênante.
Celle qui regarde Julie Lescaut et regrette le temps des Choristes,
Qui laisse crever les pauvres, et met ses propres parents Ă l’hospice,
Non, ma France Ă moi c’est pas la leur qui fĂŞte le Beaujolais,
Et qui prĂ©tend s’ĂŞtre fait baiser par l’arrivĂ©e des immigrĂ©s,
Celle qui pue le racisme mais qui fait semblant d’ĂŞtre ouverte,
Cette France hypocrite qui est peut ĂŞtre sous ma fenĂŞtre,
Celle qui pense que la police a toujours bien fait son travail,
Celle qui se gratte les couilles Ă table en regardant Laurent Gerra,
Non, c’est pas ma France Ă moi, cette France profonde…
Alors peut ĂŞtre qu’on dĂ©range mais nos valeurs vaincront…
Et si on est des citoyens, alors aux armes la jeunesse,
Ma France Ă moi leur tiendra tĂŞte, jusqu’Ă ce qu’ils nous respectent.
Alors c’est pas chouette la France? En tout cas ça risque de le devenir…dans 20 ans!
7 dĂ©cembre 2009 à 17:39
Allez un dernier pour le plaisir! Je signale d’ailleurs que les fautes dans les paroles ne sont pas de mon fait!
Laisse-moi kiffer la vibe avec mon mec
Laisse-moi kiffer la vibe avec mon mec
J’ai pas de temps Ă perdre dans des prises de tĂŞte
Pourquoi tu m’observes, pourquoi tu me regardes ?
Tu veux mon mec ou quoi ? j’te mets en garde,
On touche pas à ça, on baisse les yeux
T’as cru t’avais du style dans ton peau de pĂŞche bleu
Mais meuf j’ai le mĂŞme, on a toutes le mĂŞme
Car on va toutes se ruiner chez H&M
J’sais que je suis pas une bombe latine
Ni que je suis pas une blonde platine
J’sais que tu veux pas que j’t'Ă©gratigne
Tu galères ? bein viens j’te prĂ©sente le DJ derrière les platines
J’sais que j’suis pas une bombe latine
Ni une blonde platine, DJ! {x2}
{Refrain: x2}
Laisse-moi kiffer la vibes avec mon mec (hin hin)
J’suis pas d’humeur Ă ce qu’on me prenne la tĂŞte (laisse-moi kiffer)
J’ai mes soucis donc s’il-te-plaĂ®t arrĂŞte (hin hin)
Laisse-moi kiffer la vibes avec ceux que j’aime (non non non non)
J’suis pas d’humeur Ă ce qu’on me saoule, DJ
Y a de la foule donc mets-nous un son d’fou
Pourquoi tu fais genre, j’te vois venir
Avec tes belles jambes tu te crois tout permis
Mais baisse les yeux, trouve-toi un autre mec c’est mieux
Laisse tomber le mien sérieux
Rien que tu ris, rien que tu teases
Rien qu’ tu te prends pour Alicia Keys
Y a trop de coquines, trop de pâles copies
De stars qui se la pĂŞtent entre copines
Trop de minettes qui veulent se faire remarquer
Trop de fillettes qui font les belles à peine débarquées
Moi,
J’sais que j’suis pas une bombe latine
Ni une blonde platine, DJ! {x2}
{au Refrain, x2}
J’suis pas d’humeur Ă ce qu’on me prenne la tĂŞte non
Ni d’humeur Ă ce qu’on drague mon mec
Tu connais ni mon histoire ni mes problèmes
Cherche-toi un motard ou un mec open
Fais pas le mannequin,
J’imagine dĂ©jĂ la tĂŞte que tu dois avoir le matin
Donc reste sage, ne me teste pas
Laisse-moi kiffer la vibe ne me stresse pas
Tu fais la meuf “in”,
Mais nous on le sait que t’as pompĂ© ton style sur BeyoncĂ©
J’suis pas une bombe latine
Mais moi le DJ passe mon vinyl sur ses platines
J’sais que j’suis pas une bombe latine,
Ni une blonde platine, DJ! {x2}
Alors c’est pas chouette la France? Diagnostic de CornĂ©lius Castoriadis, qui nous manque tellement:”La culture contemporaine est, en première approximation, nulle”…”on insiste toujours sur la dĂ©liquescence de notre système Ă©conomique et social, mais malheureusement jamais sur le dĂ©labrement plus fondamental de nos infrastructures culturelles!”
7 dĂ©cembre 2009 à 20:18
Deuxième paragraphe du texte de Brice Couturier:
“Mais il faut bien savoir que le dĂ©bat sur l’identitĂ© nationale a lieu, depuis 2 ou 3 ans, dans tous les pays d’Europe occidentale, exposĂ©s aux mĂŞmes questionnements : la mondialisation met en cause nos particularismes, nos “exceptionnalitĂ©s” ; des vagues d’immigration d’une ampleur dĂ©mographique exceptionnelle sont en train de mĂ©tamorphoser la composition de nos populations et les cultures auxquelles elles se rĂ©fèrent. Aux Pays-Bas, pour prendre un exemple, dans toutes les grandes villes, Amsterdam comprise, la majoritĂ© des habitants sera d’origine musulmane dans les douze ans qui viennent ; dĂ©jĂ , Rotterdam a un maire musulman, avec Ahmed Aboutaleb, fils d’imam. Dans certains quartiers de la ville (Feyenoord, Oude Westen, etc.), les femmes sont voilĂ©es de la tĂŞte aux pieds et leur regard ne doit jamais croiser celui d’un homme.”
Al-Katz, vous exagĂ©rez, Brice Couturier va vite au coeur du “problème”. Il y a la mondialisation, puis les particularisme et très vite l’islam. Mettre sur le mĂŞme plan l’Ă©lection d’un maire musulman (et “fils d’imam” en plus!!) et les femmes en burqa qui n’ont pas le droit de regarder le regard d’un homme, ça vous pose tout de suite correctement le dĂ©bat. Ça permet vraiment de bien distinguer les diffĂ©rents plans de la questions, et puis au moins on est sĂ»r qu’on ne discutera pas dĂ©centralisation / centralisation(dĂ©solĂ© Hoel) ou RĂ©volution / Empire/ RĂ©publique.
Pour le reste, entièrement d’accord avec l’idĂ©e que les intellectuels c’est vraiment des cosmopolites de gauche qui ne comprennent vraiment pas le peuple et qui ne font que se voiler la face devant les progrès inquiĂ©tants des fondamentalismes (on se demande mĂŞme s’ils n’en sont pas les agents… s’ils ne les appellent pas de leurs voeux, tant leur complaisance est aveuglante).
Quel magnifique dĂ©bat, en plus, rien ne va plus, Diam’s ne vaut pas le Johnny et la Sylvie Vartan des sixties, c’est sĂ»r.
Quant Ă France Culture…
7 dĂ©cembre 2009 à 20:30
@A.Haye
Je crois que l’on a bien compris, depuis le temps, ce (ceux)que vous n’aimait pas. Mais, en fait, je serais intĂ©ressĂ© de savoir ce (ceux) que vous aimez. En fait, c’est quoi, votre France Ă vous?
7 dĂ©cembre 2009 à 20:39
DĂ©solĂ©: ce (ceux) que vous n’aimez pas.
Il serait bien de pouvoir “Ă©ditĂ©” son propre post, mais ce blog ne semble pas en avoir les capacitĂ©s techniques.
8 dĂ©cembre 2009 à 14:27
La situation de la France: Etats-Nation impossible, Europe improbable!
Un petit texte très utile de Jean-Claude Chesnais:
L’Europe ou l’illusion de la grandeur.
A l’occasion du Traité de Maastricht (1992), il était annoncé à cors et à cris que l’Union Européenne avait vocation à être la « première puissance mondiale ».
I) La fausse puissance
Malgré les divisions politiques, la récession économique, l’enlisement démographique, l’émiettement linguistique (20 langues officielles) et surtout l’impuissance militaire (cf les exterminations ethniques en Yougoslavie et la guerre civile algérienne), cette rhétorique n’a pas cessé. En 2000, au sommet de Lisbonne, on pérorait toujours sur la « puissance mondiale » (et le modèle d’organisation pour la planète ! ) ; on allait même jusqu’à annoncer que les pays membres s’engageaient à faire de l’Union Européenne « l’économie la plus compétitive et la plus dynamique du monde en 2010 ». En 2002, la voix de la Commission européenne se faisait entendre à nouveau, par l’intermédiaire d’Eurostat, qui classait l’Union Européenne au rang de la « troisième puissance démographique mondiale », derrière la Chine et l’Inde, comme si ces deux ensembles n’étaient pas les plus anciennes civilisations millénaires unifiées. Comme si, à l’époque, l’Union, encore réduite à Quinze, n’était pas distancée, en population, par l’ALENA, l’ASEAN et l’APEC !
Jetons un coup d’œil rapide sur les effectifs de population. En 2005, le nombre d’habitants de l’UE-25 est de 454 millions ; il a augmenté de 76 millions depuis 1960 ; aux Etats-Unis, en, 2005, la population franchit le cap des 300 millions, elle s’est accrue, dans le même temps, de 119 millions. A l’horizon 2050, la taille démographique de l’UE-25 sera retombée autour de son niveau de 1960 (400 millions), c’est-à -dire en deçà de celle des Etats-Unis à eux seuls.
II) La montée des Etats-Unis
A eux seuls, nous l’avons dit, les Etats-Unis seront plus peuplés que l’Union Européenne à 25, certains experts allant même jusqu’à annoncer un chiffre d’un demi-milliard d’hommes. Il y aura aussi une différence capitale : l’âge des habitants ; d’un côté de l’Atlantique, la « vieille Europe », où domineront les retraités et les préretraités, le conservatisme, la torpeur et le pacifisme (âge médian : 53 ans) ; de l’autre, le pays jeune, innovant, accueillant (âge médian : 36 à 40 ans). Le poids démographique de l’UE-25 dans le monde passera de 1/8e en 1960 à 1/20e en 2025.
Le contraste des mentalitĂ©s est dĂ©jĂ lĂ . Les EuropĂ©ens sont entrĂ©s dans une phase de torpeur, de pessimisme ; les AmĂ©ricains ont gardĂ© leur goĂ»t de l’avenir, leur patriotisme, leur foi religieuse, leur volontĂ© de renouvellement, de recherche de la diversitĂ© par l’immigration. Leur pays dispose de nombreux atouts : une triple façade : atlantique, asiatique, amĂ©ricaine ; une nation universelle oĂą toutes les sociĂ©tĂ©s sont reprĂ©sentĂ©es dans l’immigration, figurent dans les « minoritĂ©s ethniques », d’oĂą un rĂ©seau d’influence potentiel couvrant toute la planète. Avec un budget de dĂ©fense de près de 500 milliards de dollars, les Etats-Unis peuvent mener, oĂą que ce soit, au moins deux guerres Ă la fois ; ce budget est supĂ©rieur Ă celui cumulĂ© des huit puissances suivantes : (Royaume-Uni, France, Russie, Chine, etc…). La puissance culturelle et le rayonnement linguistique sont Ă©galement sans Ă©quivalent, ils fascinent les Ă©lites et les classes moyennes du monde entier. Plus de la moitiĂ© de l’immigration des pays du Sud lors du demi-siècle est allĂ©e vers les Etats-Unis : quoi de plus Ă©loquent que ce vote avec les pieds ?
III) Elargissement, affaiblissement
La fécondité européenne (1,4) est la plus basse du monde avec celle du Japon (1,3) et des îles chinoises (0,9). Malgré le rôle de l’immigration dans le freinage du tassement démographique en Europe, la population est entrée en phase de stagnation, avant de décroître plus ou moins rapidement : le nombre de jeunes en âge d’avoir des enfants (20 à 40 ans) commence à reculer. Les conséquences de ce déclin programmé seront lourdes en termes de puissance économique, militaire, politique (CIA, 2001). Contrairement à l’idée courante, le passage de 15 à 25 membres, politiquement souhaitable, n’a pas renforcé, mais affaibli économiquement l’ « union », car les nouveaux membres sont plus vieillis et plus pauvres ( la fécondité s’est effondrée depuis la « transition » vers l’économie de marché), quarante ans de bureaucratie socialiste y ont étouffé le dynamisme ; la réunification allemande est bien plus coûteuse et longue que prévu.
IV) Comparaison avec l’ALCA et l’ASEAN
La véritable nature de l’UE est celle qui était affichée à son départ : une communauté économique ; sa géométrie n’a cessé de varier pour aller de 6 à 25 et peut-être 30. Il convient de raisonner de la même manière sur les autres ensembles transnationaux. L’ALCA (Association de Libre Commerce des Amériques) qui, malgré la réticence du Brésil, devrait bientôt voir le jour, comptera près de 850 millions d’habitants ; l’ASEAN (Association des Nations d’Asie du Sud Est), elle aussi appelée à un élargissement durant la prochaine décennie, en direction de la Chine, de l’Inde et du Japon, devrait dépasser sensiblement le cap des 3 milliards en 2015. Or la Chine et l’Inde sont les deux géants milliardaires (1,3 et 1,1 milliards d’habitants), en pleine renaissance économique. Depuis que la libéralisation économique y est entamée, les taux de croissance macroéconomique y sont les plus élevés de la planète (7 à 10 %), atteignant les records coréens et ceux du Japon d’avant 1973 (même si les risques de surchauffe, surtout en Chine, ne sont pas à écarter).
V) L’Europe à 25 et son pourtour musulman à 25, de 1950 à 2050
Rien n’est plus parlant que le parallèle entre l’UE-25 et sa pĂ©riphĂ©rie musulmane Ă 25, menĂ© par P. Demeny (2003). Le contraste en nombre est violent et plus fort encore en structure. Ainsi, en 1950, sur son territoire actuel, l’UE comptait 350 millions d’habitants et l’arc musulman proche (Afrique du Nord, Asie de l’Ouest), 163 millions soit 2,2 fois moins. Cinquante ans plus tard, la population europĂ©enne n’avait augmentĂ© que de 100 millions, alors que le voisin du Sud s’était accru de plus de 220 millions (soit une multiplication par … 2,4 !). De 2000 Ă 2050, on assistera Ă une perte dĂ©mographique de cinquante millions d’habitants dans l’UE-25, cependant que l’arrière-pays musulman enregistrera un gain de 700 millions : sa population devient alors trois fois supĂ©rieure Ă celle de l’UE-25.
Surtout, l’inversion de la pyramide des âges, déjà sensible au milieu du XXe siècle en Europe, se confirme et s’amplifie, au point qu’en 2050, les générations majoritaires sont celles de plus de 55 ans et que la jeunesse est minoritaire. Toute autre est l’allure de la structure par âges de la population musulmane dont les jeunes prédominent nettement et qui vont continuer à croître malgré la baisse de la fécondité en cours, ceci du fait de l’élan incorporé dans la pyramide des âges : en 2050, les jeunes de 25 ans seront 5 à 6 fois plus nombreux que leurs homologues européens (graphique 1, annexe).
VI) La faillite du monde arabe
Or le rapport du PNUD (2002) a souligné, depuis les années 1970, la faillite du monde arabe, incapable de générer la prospérité et la liberté. Malgré la rente pétrolière, dans les 22 pays concernés, la croissance économique est faible (avec de fréquentes chutes de niveau de vie, comme en Arabie Saoudite) ; en raison de la montée des nouvelles générations, le chômage s’est accru, la paupérisation s’est aggravée, le système de santé s’est délabré, quant à l’enseignement, il est plus théologique que classique ou professionnel ; on assiste à une fuite des cerveaux et des capitaux. Ce sont donc des foyers d’instabilité qui se créent, d’autant que la population se concentre dans les villes où manquent les logements, les infrastructures, les équipements et l’emploi, d’où des sources de mécontentement et des foyers d’instabilité politique, qui rendent les jeunes vulnérables à la propagande guerrière. Certes, la Malaisie, l’Indonésie, la Turquie sont plus orientées vers la démocratie et le développement. Mais le fossé est grand par rapport à la démocratisation en Europe du Sud, puis en Europe de l’Est, en Amérique Latine, en Asie du Sud-Est et surtout en Inde. La paupérisation de ces pays et de l’Afrique est d’autant plus frappante que, à l’échelle mondiale, de 1981 à 2001, l’extrême pauvreté a été divisée par deux.
La dérive, le repli identitaire du monde arabo-musulman va jusqu’à une volonté de croisade, souvent activée par l’existence de régimes autoritaires générant la frustration des jeunes, majoritaires ; le diagnostic d’esprits aussi différents que Bernard Lewis ou Samuel Huntington (1996) est clair. L’islamisme peut aller jusqu’à souhaiter la destruction de nos valeurs ; la civilisation occidentale est perçu comme décadente, molle et impie, seulement soucieuse de biens matériels. Les attentats terroristes ont, entre autres, pour vocation de repartir à la conquête d’espaces perdus, comme l’empire ottoman, voire l’Andalousie, fût-ce au prix de l’extinction, de l’élimination physique des « athées » ; du reste, l’assassinat d’un non-musulman n’est pas considéré comme un crime, car il ne fait pas partie de l’umma : c’est Allah qui arme le bras, c’est lui qui glorifie et réserve une place comme martyr au paradis.
Globalement, les islamistes exploitent donc un vide, des frustrations. Dans la plupart des pays, l’Islam est divisé entre la tradition et la volonté de modernisation, surtout chez les jeunes instruits et les femmes. Les prochaines décennies seront difficiles : d’après le Conseil Musulman de Grande-Bretagne, il existe déjà 1,5 milliard de musulmans, dépassant de loin toute autre confession (surtout si l’on s’en tient à une définition stricte : le nombre de pratiquants réguliers, même dans les pays nouveaux de la diaspora ; en France, il y a de plus en plus de pratiquants musulmans que de catholiques, en Angleterre, de même, les Anglicans sont dépassés ; en Italie, dans une ville comme Bologne, ancienne cité pontificale, où les églises ont la dimension de cathédrales, on ne rencontre plus que de vieilles dames habillées de noir). Dans toute l’Europe (y compris la Russie), la croissance de la population musulmane est forte, et ce groupe social est encore marginalisé, surtout privé des biens essentiels, souvent par refus d’activité ou de mixité.
VII) L’islam politique est vivace, la modernisation douteuse et fragile
L’idée que l’islam politique est déjà derrière nous, que le terrorisme appartient au passé est illusoire, tant elle sous-estime le décalage économique, politique et culturel avec l’Occident (conception théocratique de l’existence). La ligue Arabe prévoit que, à l’horizon 2015, le nombre de jeunes chômeurs atteindra 50 millions au lieu de 15 millions aujourd’hui. Mais la grande majorité des intellectuels d’Europe occidentale refuse de voir les réalités (Kagan, 2004). Les Etats-Unis ont mis en place une politique de sécurisation forte, indispensable, mais dénoncée en Europe ; chez eux, il existe un seul Ministère Fédéral de l’immigration et de la naturalisation, qui est en charge d’un territoire de 9 millions de km2. Les responsables de la sécurité savent qu’il y a une nucléarisation et un développement rapide des armes de destruction massive au Proche-Orient, aux portes de l’Europe : en Iran bien sûr, mais aussi en Arabie Saoudite, en Syrie, en Egypte, en Algérie et même sans doute en Turquie.
VIII) Menaces pour la sécurité et irénisme
L’Europe a une vision irénique, bureaucratique, molle, elle est sans défense, incapable de prendre des décisions ; elle est prête à se soumettre, lorsque la décision est prise (loi sur l’interdiction du port du voile islamique par les femmes dans les écoles publiques), la France, par exemple, a été menacée d’attentats terroristes. Le chantage n’a pas cessé ; la souveraineté nationale est en jeu.
Qui ose dire que les Palestiniens et les Saoudiens ont pratiqué des pogroms anti-juifs dès les années 1930, puis encouragé la Shoah, avant de se tourner vers le KGB ? La position méritoire d’Oriana Fallaci, annonçant que l’Europe devient une « province de l’Islam », désireux de convertir l’humanité par la force, devrait au moins de figurer dans les débats, plutôt que d’être occultée, au nom du « politically correct ».
IX) Entrée de la Turquie : la facture
Venons-en au cas turc, dont le pays n’a qu’un petit appendice européen, aujourd’hui entièrement islamisé. On comprend l’intérêt des milieux d’affaires allemands et turcs. On comprend l’intérêt de nombreux leaders de Bruxelles, qui raisonnent en termes de puissance : 70 millions d’habitants supplémentaires (bientôt près de 100 millions), cela amène au demi-milliard et cela casse le couple franco-allemand, pour lui substituer un couple turco-allemand, ceci en catimini (sans référendum). Sur le plan politique, la Turquie serait, du fait de sa population, prépondérante en poids électoral. Le paradoxe n’est pas mince quand on sait que, dans leur immense majorité, les habitants de la Turquie ne se sentent pas « Européens ».
On se garde bien de dire le coût pour le contribuable : la facture s’élève à 15 milliards d’euros par an. Surtout, l’héritage musulman que le régime laïc mis en place par Atatürk a voulu éradiquer est toujours en place : qu’on se contente d’observer les résultats des élections ou des sondages. Avec plus de 40 % des voix, le parti islamiste est, de loin, le parti le plus important du pays. Les militaires, garants de la laïcité, sont en position fragile. Les dernières élections turques (novembre 2002) ont consacré la victoire électorale du parti démo-islamiste.
Quant Ă Romano ProdiLes nouvelles prioritĂ©s de l’Union europĂ©enne Ă©largie, quand il annonce que les conditions sont remplies pour l’admission de la Turquie, il a oubliĂ© toute sa rigueur de professeur : en Turquie, le taux brut de scolarisation n’est que de 60 % ; au lieu de 88 % en moyenne dans les nouveaux pays membres ou candidats (Bulgarie, Roumanie) ; et le PIB en paritĂ© de pouvoir d’achat est deux fois moindre. Quid du Kurdistan et du respect des droits de l’homme ? Quid, plus encore, du monde turcophone, pour qui l’obtention de la nationalitĂ© turque est aisĂ©e ? Enfin, il est un rĂ©vĂ©lateur discret et soigneusement dissimulĂ© : quand l’URSS s’est dĂ©membrĂ©e, les autoritĂ©s soviĂ©tiques se sont efforcĂ©es de la reconstituer sous le manteau de la CEI, sans succès. Peu après, la Turquie menait une diplomatie tout azimuts dans les cinq Ă©tats turcophones d’Asie centrale, avec l’idĂ©e de former une… CEI turque !
Ajoutons un élément important : l’absence d’intégration des Turcs dans la société allemande, mesurée à l’aune des mariages mixtes : 2 % (Todd, 1994). Les observateurs notent que la troisième génération revient à ses racines. L’Allemagne est sur une pente descendante, elle a perdu sa fierté ; la Turquie est une puissance montante qui, selon certaines stratèges, au lieu de venir troubler le semblant d’ordre européen, devrait prendre une place plus conforme à sa nature : servir de modèle au monde musulman dans sa région.
X) L’islamisation des périphéries ou des villes en Europe occidentale
Contrairement à une mode intellectuelle encore récente, selon laquelle, il existait un pacte implicite entre les Etats-Unis et le monde musulman pour affaiblir et isoler l’Europe, il est clair que l’Europe représente le droit sans la force, c’est-à -dire l’utopie politique, la vision Kantienne de la paix permanente. Divisée et sans volonté de recours à la force, elle est, en réalité, nue face à ce que le « politiquement correct » interdit d’appeler par son nom : « le choc des civilisations » (Huntington). Tous les grands pays d’Europe occidentale voient des quartiers et parfois des villes entières devenir majoritairement musulmans ; on voit alors se développer des ghettos hostiles impénétrables (zones grises), qui bourgeonnent comme des enclaves extraterritoriales et souvent refusent de se soumettre à la loi du pays d’accueil (lorsque, nous l’avons vu, la France a interdit le port du voile islamique dans les écoles publiques, elle a été menacée d’attentats terroristes). L’islamisation, mais aussi l’africanisation de l’Europe sont inscrits dans les tendances démographiques (Chesnais, 1995).
Rien de comparable aux Etats-Unis, il est vrai plus Ă©loignĂ©s des zones d’instabilitĂ© et d’extrĂŞme pauvretĂ©. L’immigration, plus forte, plus diversifiĂ©e, Ă dominante hispanique (la minoritĂ© hispanique a franchi le seuil de 40 millions, dĂ©passant de loin la minoritĂ© noire, dès 2003). En croissance Ă un rythme voisin de 4 % par an, dĂ©jĂ majoritaires dans certains Etats très peuplĂ©s (dont la Californie), les Latinos ne menacent aucunement l’ordre public. Ils sont en voie d’assimilation ; nombre d’entre eux parlent un mauvais…Espagnol ; le bilinguisme n’est plus, au XXIe siècle un obstacle majeur Ă l’intĂ©gration (les nouvelles gĂ©nĂ©rations europĂ©ennes sont, le plus souvent, trilingues) ; au fond, les Latinos sont chrĂ©tiens et massivement europĂ©ens.
XI) Déficience des statistiques européennes
A l’échelle européenne, tout se passe comme s’il y avait une conspiration du silence. Eurostat ne publie quasiment aucun élément sur l’origine des migrants. C’est la politique de l’autruche, qui contraste avec le détail, la finesse, la volonté de savoir qui règnent aux Etats-Unis. Dans ce pays, l’appartenance religieuse figure parmi les toutes premières informations publiées dans l’Annuaire Statistique. Le « Connais-toi toi même », principe de bon gouvernement, est refusé par le vieux continent, ce qui peut amener à la construction de scénarios extrêmes. On peut raisonnablement penser que dans les principaux pays occidentaux (Allemagne, France, Royaume-Uni), l’ordre de grandeur de la fraction musulmane est compris entre 5 et 10 % ; mais les chiffres les plus divers circulent sur chaque pays séparément et sur l’UE globalement. La proportion des musulmans n’a rien à voir avec celle, bien connue, des Etats-Unis (1 %), qui ne devrait guère augmenter compte tenu du choc créé par les attentats du 11 septembre 2001. La faiblesse politique de l’Europe, la longueur des frontières maritimes (plus perméables à l’immigration clandestine) devraient faciliter la poussée de la ceinture musulmane. L’Italie, à elle seule, plongée en pleine Méditerranée, a douze kilomètres de frontières à contrôler, pour elle-même et pour l’espace commun. Entendons-nous bien. Il ne s’agit pas d’ériger une forteresse, illusoire, mais de garder la maîtrise sur un phénomène structurel très puissant (lors des dix dernières années, des pays méditerranéens comme l’Italie, la Grèce et l’Espagne ont vu affluer chacun environ un million de migrants clandestins). Par ailleurs, pour leur propre gouvernement, tous les responsables gagnent à savoir la composition ethnique, la localisation géographiques et les autres caractéristiques des immigrants.
XII) Une vision extrĂŞme : des Etats bi-nationaux
Certains experts, comme Kurt (2003), vont jusqu’à imaginer que, à long terme, les nations européennes se scinderont en deux : la partie européenne, laïque, riche, vieille, faible et la parti anti-européenne, islamique, pauvre, remuante. D’où l’apparition, d’ici quelques décennies, d’Etats bi-nationaux. Dernière religion révélée, l’islam prétend détenir la vérité : « notre Dieu (Allah) est grand », « c’est le plus grand » ; la démocratie n’est pas nécessaire car les lois divines sont parfaites (d’où l’inutilité d’un Parlement). L’entité étrangère, l’umma de l’Islam s’oppose à l’entité colonisée, l’Europe, qu’elle finit peu à peu à dominer.
XIII) Le drame de l’Afrique :
vers une importante recrudescence de la mortalitĂ© ordinaire Les perspectives de l’Afrique sont encore plus sombres ; d’après les calculs des Nations-Unies (2003) qui, pourtant, tiennent compte de la mortalitĂ© par SIDA, le continent devrait atteindre 2 milliards d’habitants en 2050. Or, il est en paupĂ©risation continue depuis un quart de siècle. La guerre ou les troubles civils touchent près d’un pays sur trois, la corruption atteint des sommets, les infrastructures sont Ă l’abandon ; les pays qui, longtemps servaient de modèle, comme la CĂ´te d’Ivoire ou le Zimbabwe, sont Ă la dĂ©rive. Les plus peuplĂ©s, comme le Nigeria, le Congo-ZaĂŻre ou l’Ethiopie, sont dans une situation politique et Ă©conomique fragile, une grande partie de la population vivant au bord de la famine ; au NigĂ©ria, pays producteur de pĂ©trole, le n°1 en population, la situation Ă©conomique s’est dĂ©tĂ©riorĂ©e au point que vers 2000, le niveau de vie par habitant mesurĂ© en ParitĂ© du Pouvoir d’Achat Ă©tait cent fois infĂ©rieur Ă celui de l’AmĂ©ricain moyen. On se dirige vraisemblablement vers un scĂ©nario de remontĂ©e massive de la mortalitĂ© : non seulement les PEV (Programmes Elargis de Vaccination) lancĂ©s par l’OMS avec le concours de l’UNICEF sont de moins en moins appliquĂ©s, mais les budgets de santĂ© publique diminuent, quand ils ne sont pas dĂ©tournĂ©s par les responsables ; on assiste Ă une privatisation de la mĂ©decine : nombreux sont les Ministres de la santĂ© qui annoncent qu’ils vont crĂ©er des « cliniques privĂ©es », qui, bien sĂ»r, attirent les meilleurs mĂ©decins, quand elles ne dĂ©pouillent pas les structures publiques de leurs Ă©quipements et mĂ©dicaments. Autrement dit, seules certaines Ă©lites urbaines aisĂ©es pourront se soigner et la très grande majoritĂ© de la population sera laissĂ©e Ă l’abandon. Autant d’élĂ©ments qui devraient encourager l’émigration. Pourtant les chiffres seront dĂ©jĂ accablants : en 2002, le poids de l’économie sub-saharienne dans le PIB mondial, mesurĂ© en paritĂ© du pouvoir d’achat est de…2,4 % seulement.
XIV) L’inversion de la pyramide des âges
Dans certains pays européens, la population âgée pourrait, vers 2030, égaler voire dépasser la population active, en décrue constante. Or, une population vieillie est portée à ne voir que son pré-carré (les Européens ne s’intéressent guère à ce qui sort de leurs frontières), à refuser de s’engager pour de grandes causes (le SIDA a fait 20 millions de morts, mais qui s’en soucie en dehors des fondations privées américaines, notamment la fondation Bill Gates ?) ; elle s’enferme dans une idéologie de la paix perpétuelle. Les défis humanitaires, voire militaires risquent de reposer de plus en plus sous la responsabilité des Etats-Unis, ceci d’autant que l’accumulation des déficits sociaux va faire exploser la dette publique qui pourrait, vers 2030, dans des pays comme l’Allemagne et la France, être deux à trois fois supérieure au PIB (au lieu du critère recommandable de 60 %). Contrairement à l’idée commune, ce n’est pas l’augmentation des dépenses de retraites qui pourrait être le principal facteur d’aggravation, car il existe un curseur, un mécanisme autorégulateur (l’âge de la retraite, ou plutôt la durée cotisée), mais les dépenses de santé, tirées par différents lobbies (professions médicales, industries pharmaceutiques, collectivités territoriales, etc.) et surtout par une croissance exponentielle des coûts de dépendance (entre 2000 et 2050, le nombre de personnes de plus de 80 ans sera multiplié par cinq à dix).
Mais l’inversion de la pyramide des âges, c’est surtout la chute de l’investissement, par manque de raison d’investir (en logement, en équipement et en infrastructure : la baisse du nombre de jeunes ménages) et le passage à une mentalité de renoncement, de vote dépensier (très tôt, la majorité des bulletins de vote, déposés dans les urnes sera celle des retraités et préretraités, dont on peut penser qu’elle sera portée à taxer la population active).
XV) L’efficacité de la politique de l’enfance
La basse fécondité n’est pas une fatalité. L’esprit dominant veut que rien ne peut être fait pour redresser la fécondité et la ramener près de l’équilibre ; or les mêmes experts admettent qu’en sens inverse, toute politique de limitation des naissances est assurée de succès. Ce présupposé ne résiste pas à l’analyse. Tout comme dans les pays pauvres, il existe une demande latente de planning familial, dans les pays riches, il existe une demande latence de soutien familial. Il existe, en effet, trois Europe de la fécondité : l’Europe « atlantique », avec des indicateurs conjoncturels de fécondité proche du remplacement des générations (1,6 à 1,9) : France, Royaume-Uni, Benelux, pays nordiques ; l’Europe germanique (Allemagne, Autriche, Suisse) : 1,3 à 1,4 enfants en moyenne par femme ; l’Europe périphérique du Sud et de l’Est : 1,1 à 1,2 enfants par femme.
Or ce découpage correspond précisément à l’effort public déployé en faveur des jeunes parents : là où les dépenses sociales consacrées à l’enfance sont de l’ordre de 1 % du PIB voire moins (Italie, Espagne, Etats Baltes, Russie), la fécondité est la plus basse du monde ; inversement, là où elles dépassent 4 % du PIB, la fécondité se trouve dans la première catégorie. On connaît l’effort, exceptionnel, de la Suède qui, dès 1974, a mis en place le congé parental, pour l’étendre à 18 mois, à une hauteur quasi-équivalente du salaire antérieur et qui, parallèlement, a installé sur tout son territoire un réseau de places de garde sans équivalent au monde et un système de « flexitime », lui aussi, unique. Après avoir culminé vers 1990 et baissé ensuite, sous la pression des autorités bruxelloises (la Suède, dans la perspective de l’entrée dans l’Union et de l’adoption supposée de l’Euro) était considérée comme trop dépensière ; elle a dû restreindre son train de dépenses sociales, surtout familiales, limitant les recrutements dans la fonction publique, d’où un double effet négatif sur la natalité : baisse du niveau de vie des jeunes familles, augmentation du chômage des jeunes. A la fin des années 1990, avec le renoncement à l’euro et la relance de la politique socio-économique, la fécondité est revenue à son niveau structurel. Les autres pays scandinaves ont adopté des dispositifs similaires et les trois dimensions principales du coût de l’enfant (argent, espace, temps) sont prises en considération.
L’Europe germanique, honteuse de son passé nazi (politique nataliste, eugéniste, raciste et anti-féministe) ne va guère au-delà de la compensation monétaire partielle. Quant à l’Europe méridionale et orientale, elle est frappée par un fort taux de chômage et de paupérisation des jeunes, l’absence de politique de logement pour les familles, l’inexistence de prestations familiales et de déductions fiscales quand il ne s’agit pas, pour les pays de l’ex-sphère soviétique, du choc de la conversion à l’économie de marché (déstabilisation économique, laïcisation des esprits).
Un autre facteur confirme l’efficacité des politiques de fécondité : l’écart entre le nombre désiré et le nombre réel d’enfants, très stable pour la moyenne et pour chacun des pays pris individuellement à l’occasion des trois enquêtes d’Eurobaromètre en 1979, 1989 et 2001 (TESTA, 2002). Le désir d’enfant est là : 2,1 enfants en moyenne par femme, mais le nombre effectif est de 1,4 seulement ; cet écart exprime l’idéal non accompli, la marge de manœuvre politique pour revenir à l’équilibre ; dans chaque pays, les enquêtés énumèrent les facteurs qui les empêchent les jeunes couples de réaliser leur projet familial. L’écart entre le nombre souhaité et le nombre réalisé est faible (moins de 0,5) là où il existe quelques mesures de soutien aux jeunes parents et à l’activité féminine ; il est, par contre, maximal (1 environ) là où la politique familiale est inexistante. Il s’agit donc de rétablir les conditions d’un libre choix du nombre d’enfants, autrement dit d’une volonté politique.
XVI) L’illusion migratoire : l’importation de bébés
Il est difficile de prévoir l’importance et l’intégration des vagues migratoires à venir, mais ce que l’on peut d’ores et déjà prévoir, c’est le creusement du déficit démographique interne et des déséquilibres internationaux par rapport à l’arc musulman et à l’ Afrique noire qui fera de l’immigration un facteur décisif de la dynamique démographique et de la recomposition du paysage social et religieux. La coopération transméditerranéenne (Maghreb, Egypte, Turquie) est essentielle pour créer une zone tampon entre l’Europe et la grande périphérie ; les pays concernés deviennent des pays de transit pour les migrants plus lointains, mais cette coopération technique, commerciale (libre échange) est encore trop faible ; l’Europe reste mal préparée à une immigration majoritairement islamique et le discours sur la société multiculturelle, très en vogue, encore récemment, par exemple aux Pays-Bas, a été un échec flagrant, entraînant un éclatement social et une radicalisation politique ; la leçon a été comprise. On ignorait tout bonnement que le mot Islam désigne à la fois la religion et la civilisation et qu’il ne suffit pas que la fécondité baisse ou que l’instruction féminine monte pour affirmer que la modernité est là .
Surtout, seul le redressement démographique est la réponse au déficit démographique. Le déficit se manifeste par le creusement de la base de la pyramide des âges ; c’est par le comblement de ce creux qu’il se répare. Il n’existe donc pas d’autres solutions que le relèvement de la natalité, sauf à supposer le recours massif à une importation de nouveau-nés et jeunes adoptés, qui ne tardera pas à être dénoncée, à juste titre, comme une nouvelle traite.
ConsidĂ©rons l’incidence de l’immigration Ă partir d’une Ă©tude de cas (figure 2), le plus rĂ©aliste possible : celle de l’Allemagne, Ă©tudiĂ©e sur la pĂ©riode 2000-2050. La fĂ©conditĂ© Ă venir est supposĂ©e constante au niveau des trois dernières dĂ©cennies (1,4 enfants en moyenne par femme) et l’immigration nette future Ă©quivalente en moyenne Ă ce qu’elle a Ă©tĂ© au cours du demi siècle 1950-2000 (220 000 par an). MalgrĂ© l’apport migratoire, en 2050, le dĂ©ficit de population est d’autant plus profond qu’il s’agit d’âges jeunes. La rĂ©ponse politique est immĂ©diate et sans appel : Ă dĂ©faut de mesures de relèvement de la fĂ©conditĂ©, le rééquilibrage de la pyramide des âges suppose une immigration…massive…d’enfants…sans leurs parents. Autant dire une utopie.
XVII) La transition migratoire, un mécanisme économique universel
L’immigration n’est qu’un remède économique partiel aux insuffisances de main-d’œuvre sectorielle, qui s’amplifient avec la sous-fécondité. C’est le phénomène, universel, de la transition migratoire : des pays, qui, longtemps, du fait de leur forte fécondité, étaient des bassins d’emploi pour les pays plus riches et inféconds, deviennent à leur tour des pays d’immigration lorsque leur fécondité chute. Le cas le plus manifeste est celui des pays d’Europe du Sud (Italie, Espagne, Portugal, Grèce), depuis les années 1990 : leur taux d’immigration nette est le plus élevé de la zone euro. Le même mécanisme est à l’œuvre en Asie orientale (Japon, Corée du Sud, Taiwan, Thaïlande, etc.) et les premiers signes se manifestent dans plusieurs régions occidentales de l’ex-sphère soviétique et dans les pays proches de la rive sud de la méditerranée. Le Mexique lui même, gros fournisseur de main-d’œuvre aux Etats-Unis (en 2003, les remises des migrants ont contribué pour 13 milliards de dollars à la balance des paiements) reçoit des migrants en provenance des pays plus féconds et plus pauvres de son Sud (Amérique Centrale : Guatemala, Nicaragua, Amérique du Sud : pays andins).
L’énorme poussée urbaine à venir, l’augmentation du chômage visible, la mécanisation et la mise aux normes internationales vont occasionner une mobilité sans précédent : pour la Chine, l’OMC prévoit que la modernisation d’une agriculture et d’une industrie « improductives », devrait chasser de leur emploi un nombre de paysans de 150 millions et d’ouvriers de 50 millions. D’où des menaces pour la stabilité politique, déjà ébranlée par des inégalités extrêmes (plus fortes qu’en Inde), et d’où une pression migratoire que les réseaux de passeurs ne se priveront pas d’exploiter.
XVIII) La mesure de la xénophobie
Mais il faut être conscient de la difficulté à absorber l’immigration ; l’opinion est réactive ; dans tous les pays, quels qu’ils soient (Eurobaromètre, 1997), l’opposition est la même. Un tiers des enquêtés se déclarent « ouvertement racistes », un tiers « plutôt racistes » et un tiers indifférent. La classe politique craint la montée des partis nationalistes et ne s’avance qu’avec une extrême précaution, sur un terrain qui ne fâche pas : l’immigration qualifiée.
XIX) Pour des quotas universalistes reflétant les besoins nationaux
Dans plusieurs pays universalistes, dont la France, le mot « quota » évoque la fermeture, alors qu’il s’agit précisément du contraire : la diversification, l’universalisation, donc l’ouverture à des pays qui échappent à la sphère d’influence ou à l’emprise de la diplomatie. Bien conçue, l’immigration est une composante de l’enrichissement des pays d’arrivée (Suisse, Luxembourg, Etats-Unis, etc.), des pays de départ (Portugal, Irlande) et des immigrants eux-mêmes ; elle doit s’inscrire dans l’universalisme dont prétend se revendiquer la France, donc s’ouvrir au monde confucéen, au monde hindou, où l’économie est en pleine effervescence, où l’éthique du travail et les diasporas renforcent les chances de réussite de l’immigration. Au sein de l’UE-25, l’immigration concernera, chaque année, à moyen terme, un à deux millions de personnes en quête de survie et se dirigeant vers des secteurs délaissés, bien connus, des économies riches : BTP, hôtellerie, restauration, café, sécurité privée, services à la personne (garde d’enfants et de personnes âgées), personnel médical et paramédical, domesticité, services de nettoyage, etc.
Bien que très coûteuses pour les migrants (2000 à 5000 dollars), les filières sont, aujourd’hui comme hier, souvent prédominantes (l’expérience montre que l’immigrant illégal d’aujourd’hui est le résident permanent de demain).
Compte tenu de la gamme des besoins, les employeurs sont de toute nature : entrepreneurs, collectivités, institutions, particuliers. Chacun y trouve son compte, d’où l’hypocrisie sociale qui règne sur le sujet, comme sur le travail « noir ».
En fait, pour faire reculer la xénophobie et réconcilier les décideurs avec l’opinion publique, il faut mettre en place une politique qui relève de la subsidiarité et qui a fait sa preuve en Amérique du Nord et en Australie. C’est notamment le cas du Québec, qui a une autonomie de décision sur ce plan : le pays a une quinzaine de bureaux d’immigration dans le monde, tous chargés de recruter les futurs migrants, en fonction des besoins évalués sur cinq ans, modulables, en tenant compte de la nécessité de soutenir la francophonie.
XX) Et l’esprit d’entreprise ?
Chacun sait que la France souffre d’une pĂ©nurie de PME-PMI, en particulier par rapport Ă l’Italie du Nord ; c’est l’un des pays oĂą le secteur public est le plus lourd et oĂą l’initiative privĂ©e est la plus pĂ©nalisĂ©e. Surtout, mesurĂ© en Ă©quivalent temps plein, l’emploi n’a pas variĂ© depuis…1896. Des mesures spĂ©cifiques devraient ĂŞtre prises pour re-dynamiser l’économie, comme cela se pratique couramment en Australie ou aux Etats-Unis. L’admission des jeunes entrepreneurs, crĂ©ateurs d’emplois, protĂ©gĂ©s contre les corporatismes et exemptĂ©s, au moins temporairement, d’une fiscalitĂ© dĂ©vorante est impĂ©rative ; c’est aussi l’entrĂ©e des dĂ©tenteurs de capitaux qu’il faudrait encourager, plus facile Ă dire qu’à faire dans un pays comme la France, foncièrement conservateur, rentier, et opposĂ© Ă la rĂ©ussite financière individuelle, surtout quand elle vient de l’étranger (non francophone)
8 dĂ©cembre 2009 à 14:40
@Alain Machefert,
Ma France Ă moi, elle est morte en 40!
MĂŞme De Gaulle disait lui-mĂŞme qu’il Ă©tait comme le pĂŞcheur âgĂ© du “vieil homme et la mer” d’Hemingway…qu’il n’avait ramenĂ© qu’un squelette!
Ma France Ă moi, c’est vraiment pas celle de Diam’s, ça s’est sĂ»r! C’est plutĂ´t celle de Charles PĂ©guy, mort des les premiers jours de la Première Guerre Mondiale d’une balle dans la tĂŞte alors qu’il Ă©tait restĂ© debout au milieu de ses hommes pendant plus d’une de deux heures sous le feu nourri des allemands.Pour PĂ©guy, un officier de la France pouvait tomber, jamais se coucher.J’aurai aimĂ© connaĂ®tre ces temps plus aristocratiques!
8 dĂ©cembre 2009 à 15:12
Je rejoindrais ce que disent Romain et Al-Katz, le texte de Brice Couturier est “minable”.
“Al-Katz, vous exagĂ©rez, Brice Couturier va vite au coeur du “problème”. Il y a la mondialisation, puis les particularisme et très vite l’islam.”
C’est exactement ça.
“Aux Pays-Bas, pour prendre un exemple, dans toutes les grandes villes, Amsterdam comprise, la majoritĂ© des habitants sera d’origine musulmane dans les douze ans qui viennent ; dĂ©jĂ , Rotterdam a un maire musulman, avec Ahmed Aboutaleb, fils d’imam. Dans certains quartiers de la ville (Feyenoord, Oude Westen, etc.), les femmes sont voilĂ©es de la tĂŞte aux pieds et leur regard ne doit jamais croiser celui d’un homme.””
Un “maire musulman” ???!!
Qu’est ce que ça veut dire un “maire musulman” ? Parle-t-on de maire chrĂ©tien ou juif ?
Petit cadeau de Wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ahmed_Aboutaleb
Ahmed Aboutaleb
Ahmed Aboutaleb , nĂ© Ă Beni Sidel au Maroc) le 29 aoĂ»t 1961) est un politicien nĂ©erlandais, membre du Parti du travail (PVDA). Ancien secrĂ©taire d’État aux Affaires sociales, il est maire de Rotterdam depuis le 5 janvier 2009.
Il est nĂ© Ă Beni Sidel dans le Rif marocain1 Ă€ la mort de son grand père, avec sa mère et ses cinq frères et soeurs, il quitte le Maroc Ă 15 ans, en octobre 1976, pour rejoindre son père, ancien imam de son village et qui avait Ă©migrĂ© Ă La Haye oĂą il travaille comme agent d’entretien1. « La migration c’est sans pitiĂ©, terriblement difficile ; cela exige un prix incroyablement Ă©levĂ© » dira-t-il lors d’une interwiew en 2005.
En 1987, il obtient un diplĂ´me d’ingĂ©nieur Ă©lectronicien1.
Échevin de la ville d’Amsterdam nommĂ© hors conseil communal en 2004, Ă©lu en mars 2006 avec 46.217 voix de prĂ©fĂ©rence, soit plus que la tĂŞte de liste, et reconduit dans ses fonctions.
Il a jouĂ© un rĂ´le d’apaisement intercommunautaire de premier plan dans les mĂ©dias et sur le terrain après l’assassinat du cinĂ©aste Theo van Gogh.
DĂ©but fĂ©vrier 2007, son nom figurait parmi les six probables futurs ministres travaillistes du nouveau gouvernement en formation, pour le poste de ministre du Logement et de l’IntĂ©gration, mais en fin de compte il a Ă©tĂ© nommĂ© le 13 fĂ©vrier secrĂ©taire d’État aux Affaires sociales dans le gouvernement de Jan Peter Balkenende.
En tant qu’Ă©chevin de l’enseignement, il a introduit un système Ă©quivalent Ă celui de la “carte scolaire” en France, afin de favoriser la mixitĂ© sociale dans les Ă©coles primaires communales.
Il s’est par ailleurs prononcĂ© dans une interview en avril 2006 pour la suppression des allocations sociales aux femmes qui refusent d’Ă´ter leur burqa: “Personne ne veut d’une travailleuse en burqa. Dans ce cas je dis: enlève ta burqa et cherche du travail. Si tu ne le veux pas: c’est bien, mais alors pas d’allocation de chĂ´mage.”.
Il est nommé le 16 octobre maire de Rotterdam et prendra ses fonctions en janvier 2009 succédant au libéral Ivo Opstelten .
Notes et références
↑ a, b et c “Ahmed Aboutaleb, totalement nĂ©erlandais” [archive] de Jean-Pierre Stroobants, Le Monde, 6 juillet 2009.
Sources
(nl) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en néerlandais intitulé « Ahmed Aboutaleb » (voir la page de discussion).
Le nouveau gouvernement nĂ©erlandais comptera un ministre travailliste d’origine marocaine
“et puis au moins on est sĂ»r qu’on ne discutera pas dĂ©centralisation / centralisation(dĂ©solĂ© Hoel) ou RĂ©volution / Empire/ RĂ©publique.” Romain
ET oui !
Pourtant le seul intĂ©rĂŞt du dĂ©bat serait de remettre en question le centralisme jacobin (comment un pays jacobin hostile Ă toute culture fĂ©dĂ©raliste peut-il participer Ă la construction europĂ©enne qui est par essence une construction “fĂ©dĂ©rale” ? Ce qui bloque dans la construction de l’Europe c’est la crispation des Etats (Etats-nations) sur leurs petites prĂ©rogatives. L’Etat est un organisme qui a tendance Ă se perpĂ©tuer dans son ĂŞtre, il est donc difficile de le dĂ©passer, surtout dans le cas français - Mais l’Europe avance quand mĂŞme, presque miraculeusement, trop lentement mais sĂ»rement, par la “force des choses”)
Entre un discours de droite crispé sur des positions nationalistes (et souvent anti-musulmanne) et un discours de gauche complètement inconsistent, on est pas sorti de la caverne.
Parler d’ “identitĂ© française” est un peu bizarre parce que l’idĂ©e d’identitĂ© implique deux choses dont on dit qu’elles sont ou non “identiques”. A=A
“L’identitĂ© française” = “L’identitĂ© française”
Si on devait dĂ©finir le “particularisme” français rapidement, et nĂ©anmoins de manière exacte et pertinente, on dira qu’il s’agit d’un royautĂ©/rĂ©publique/empire francilien qui s’est Ă©tendu, Ă©tendu, Ă©tendu (comme la Rome antique), en cherchant Ă rĂ©duire l’Autre conquis Ă Lui-mĂŞme, en le rendant IDENTIQUE Ă lui mĂŞme (on appelle ça en mĂ©chant français : l’assimilation (dĂ©testable assimilation).
On ne va pas demander aux politiciens français, ni Ă leurs journalistes, ni Ă ce qui reste d’intellectuels, de mettre ce genre de considĂ©ration au coeur de leurs dĂ©bats. Autant demander au pape de renoncer Ă croire en Dieu.
8 dĂ©cembre 2009 à 18:01
On peut aussi penser que ce “Grand dĂ©bat sur l’identitĂ© nationale” retarde d’une Ă©poque, celle oĂą la modernitĂ© pouvait paraĂ®tre encore relativement solide, comme diraient certains : http://yannickrumpala.wordpress.com/2009/11/14/%c2%ab-identite-nationale-%c2%bb-un-debat-en-retard-d%e2%80%99une-epoque/
8 dĂ©cembre 2009 à 18:04
A. Haye comme on vous comprend. Une bonne guerre. Qu’il est difficile de mesurer son hĂ©roĂŻsme et sa virilitĂ© par nos temps dĂ©mocratiques et pacifiques, c’en est rageant.
Curieux toutefois que ceux qui ont vraiment vĂ©cu la pĂ©riode “aristocratiques” que vous regrettez en aient rarement gardĂ© la mĂŞme nostalgie que vous.
Enfin, l’important, c’est que notre “grand dĂ©bat” progresse.
8 dĂ©cembre 2009 à 20:36
C’est l’attitude de PĂ©guy qui Ă©tait noble, pas la guerre! PĂ©guy avait comme il le disait lui-mĂŞme une “mystique” de la France!
8 dĂ©cembre 2009 à 22:06
@ Hoel
Ça veut rien dire, t’as raison, “un maire musulman”. Par contre, et quoiqu’il ait pu dire, Ă©crire ou filmer, assassiner Theo Van Gogh (tiens, un autre cadeau de Wiki, lis le mode opĂ©ratoire, ça vaut le dĂ©tour http://fr.wikipedia.org/wiki/Theo_van_Gogh_(r%C3%A9alisateur) ) encagouler des femmes de quartiers d’Amsterdam, ou envahir des trottoirs Ă Barbès, voire bloquer une rue, pour faire une prière en enquiquinant le citoyen lambda avec des dogmes (ça c’est cadeau du Tube : http://www.youtube.com/watch?v=9G775EL2CS4 ) ça finit par signifier quelque chose.
S’il faut verser dans la dĂ©finition : ma France est laĂŻque ; ma gĂ©nĂ©ration n’a fait ni les guerres mondiales ni les guerres coloniales et elle en a plus qu’assez de s’excuser de ce qu’elle n’a pas commis en se faisant en prime insulter par une couineuse plumitive, mal Ă©levĂ©e et vendue Ă la manière de paquets de lessive.
8 dĂ©cembre 2009 à 23:23
@LB
Je suis d’accord avec vous. Ce dĂ©bat est un combat d’arrière-garde.
Je suis Français, nĂ© en Charente-Maritime, habitant les Etâts-Unis depuis 1993, aprĂ©s des rĂ©sidences en Suisse, Italie et Allemagne. Une de mes filles est nĂ©e en Suisse. L’autre a maintenant la double nationalitĂ© franco-amĂ©ricaine. En ce qui me concerne, je ne suis que “rĂ©sidant” et je me considère un “citoyen du monde”. Mais j’adore la culture française et grâce Ă Internet, je beneficie des trĂ©s bonnes Ă©missions de France Culture.
Dernière anecdote. Fin Novembre, j’ai assistĂ© Ă Seattle Ă la finale du championnat amĂ©ricain de foot (soccer) entre Salt Lake City et Los Angeles. Il y avait 45,000 spectateurs et mon voisin,supporter de LA, Ă©tait…Irlandais, habitant Los Angeles. Et ce 3 jours aprĂ©s le mĂ©morable France-Irlande ! Finalement nous avons parlĂ© ..rugby.
En fait, il faut se rendre compte que les flux migratoires ne sont plus uniquement Sud/Nord. Je rencontre un grand nombre d’europĂ©ens habitant aux USA, et notamment beaucoup de Français, travaillant pour Microsoft ou autre Google. Et ils ont l’intention de rester. Cette tendance ne va que s’accentuer. La “globalisation” en fait.
Et puis, pour renforcer ce cĂ´tĂ© “dĂ©passĂ©” du dĂ©bat, il est intĂ©ressant de noter le retour de Ernest Renan, un grand progressiste et tellement moderne !! A ce sujet, je voudrais prĂ©ciser Ă B. Couturier et M. Sorel que citer Renan n’est pas sans pĂ©rils, tant certains de ses Ă©crits Ă©taient pour le moins contestables (racisme, Ă©litisme, etc..).
Tiens, c’est intĂ©ressant, mon filtre anti-spam est Camus. Je me demande ce qu’il penserait du dĂ©bat !
9 dĂ©cembre 2009 à 18:00
1) D’abord sur le fait d’etre “citoyen du monde”… Eh les gars!…Il va falloir redescendre de vos petits nuages… Vous savez, les bourdieusiens adorent faire de l’auto-socio-analyse, afin (soi-disant!) de purger le travail du sociologue de toute rĂ©fĂ©rence subjective, de garantir sa position de surplomb par rapport Ă la rĂ©alitĂ© sociale et, accessoirement, de disqualifier tout discours contraire Ă leurs vues comme Ă©tant socialement dĂ©terminĂ©! Et bien les gars, faites votre auto-socio-analyse (cette version contemporaine de l’auto-critique lĂ©niniste!)…Qui ĂŞtes-vous ou plutĂ´t qui sommes-nous, socialement, culturellement, historiquement?… Et bien je vais vous le dire mes chers citoyens du monde, vous ĂŞtes avant tout de petits occidentaux gâtĂ©s, nĂ©s après la seconde guerre mondiale, dans une pĂ©riode de confort Ă©conomique et de stabilitĂ© sociale plutĂ´t exceptionnelle Ă l’Ă©chelle de l’Histoire!N’oubliez jamais que nous ne sommes que de vulgaires nabots juchĂ©s sur des Ă©paules de gĂ©ants et que nous prenons pour des acquis voire des dus (les droits de l’homme, la sĂ©curitĂ© sociale…) ce qui n’est que le fruit instable d’une longue maturation historique et des luttes cruelles qui l’ont accompagnĂ©e! Mais ĂŞtre citoyen du monde, c’est du cosmopolitisme d’aĂ©roport!Allez dire aux chinois, aux arabes, aux russes, aux indiens et bien d’autres qu’ils sont des citoyens du monde! Ils vont s’esclaffer!L’idĂ©e d’une sociĂ©tĂ© civile mondiale, ou pire d’une dĂ©mocratie-monde (mĂŞme Kant n’aurait pas osĂ©!) relève non seulement du dĂ©ni de rĂ©alitĂ©, mais plus encore du wishful thinking! N’oubliez jamais qu’une police, une armĂ©e (française ou amĂ©ricaine!) vous protège, que ce que vous ĂŞtes tous vous le devez Ă une certaine civilisation composĂ© de nations historiques et culturelles!MĂŞme votre façon de concevoir une “citoyennetĂ© du monde” et la gauchisme culturel qui imprègne beaucoup de vos post sont des sous-produits de la culture judĂ©o-chrĂ©tienne (voir RenĂ© Girard ou Zlavoj Zizek!)… En tout cas vous me faites penser aux mots très durs d’Ortega y Gasset sur les hommes de masse (que je rĂ©serverai plutĂ´t, Ă l’instar de Lasch, Ă ces nouvelles Ă©lites mangĂ©riales aussi pimpantes et branchĂ©es, que migrantes et vagabondes selon les exigences du marchĂ© mondial!):”bĂ©nĂ©ficiant de possibilitĂ©s illimitĂ©s, affirmant les droits du trivial, sans aucune sensibilitĂ© pour les grands devoirs historiques (…) l’homme de masse n’est que l’enfant gâtĂ© de l’Histoire!”
La narcissisation contemporaine des rapports sociaux et des acteurs, c’est quand mĂŞme une rĂ©alitĂ©, et quand j’entends certains d’entre vous je ne peux que le constater aisĂ©ment! Enfin quoi, vous vivez comme ça d’une façon perpĂ©tuellement flottante et contractuelle, sans aucune fidĂ©litĂ© Ă un quelquonque hĂ©ritage historique, culturelle et nationale…Vous ĂŞtes citoyens…vous avez des droits d’accord mais aussi des devoirs! non?
Dois-je vous rappeler les mots de Rousseau:”MĂ©fiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher loin de leur pays des devoirs qu’ils dĂ©daignent accomplir chez eux.
Tel philosophe aime les Tartares pour ĂŞtre dispensĂ© d’aimer ses voisins.”
Votre citoyennetĂ© mondiale, c’est une citoyennetĂ© de lotopophages aux ventres pleins!
9 dĂ©cembre 2009 à 18:03
de lotophages (pas lotopophages!) pardon!
9 dĂ©cembre 2009 à 19:52
Très heureux Mr Haye de vous voir faire du Bourdieu. Effectivement, nos conceptions intellectuelles, nos visions du monde sont en partie produites par nos positions et nos trajectoires sociales. On peut toujours insulter Bourdieu ou affecter de le mĂ©priser (mais il y a tant de grands intellectuels aujourd’hui que son Ă©toile pâlit), reprendre ses analyse reste le meilleur hommage qu’on puisse lui rendre.
Fort de cette belle dĂ©couverte, A. Haye, je vous propose de poursuivre le raisonnement. En tant qu’individus nous avons chacun une conception particulière de notre identitĂ©, qui est de l’ordre de l’intimitĂ©. Cette conception est bien entendu influencĂ©e par notre position sociale, comme vous le dites très bien, mais aussi l’action d’acteurs multiples qui cherchent Ă influencer (Etats, mais pas seulement, d’autres organisations, les partis politiques, nos proches participent…) cette perception, et c’est bien normal. Elle restera cependant toujours très individuelle: certains pensent que la dimension nationale de l’identitĂ© a peu d’importance (Ă l’Ă©chelle de l’histoire il est vrai que la nation est une construction très rĂ©cente et on comprend qu’elle ne soit pas l’alpha et l’omega aux yeux de certains), pour d’autres c’est l’identitĂ© religieuse qui domine, pour d’autres encore l’identitĂ© nationale ou l’identitĂ© partisane (on pense aux communistes). Pour la plupart tout cela se mĂ©lange Ă des doses variables.
Exiger de ces individus qu’ils respectent des règles de droit Ă©dictĂ©es de manière dĂ©mocratique, qu’ils soient de bons citoyens, c’est une chose. Vouloir influencer dans un sens ou dans l’autre les mentalitĂ©s par des commĂ©morations, des dĂ©cisions politiques, des dĂ©clarations, pourquoi pas, cela s’est toujours fait, de Gaulle, Mitterrand ont pu en abuser, mais ont toujours su garder une distance, une retenue dans les termes, qui mĂ©nageait une place aux convictions individuelles. Ils ont pu dĂ©fendre une « idĂ©e de la France » (sous entendue: cette idĂ©e leur Ă©tait personnelle), mais n’ont jamais eu la prĂ©tention de s’Ă©riger en juges de l’ « identitĂ© nationale », qui va beaucoup plus loin, car elle a une dimension normative, englobante. Vous en ĂŞtes ou non.
Vouloir mettre tout le monde d’accord en dĂ©finissant, Ă l’issue d’un « dĂ©bat », une identitĂ© nationale d’en-haut, vouloir savoir (« exprimez-vous! ») ce que les gens mettent derrière « français » et distribuer les bons points et les mauvais, c’est tout autre chose. Personnellement, ma conception de l’identitĂ© nationale ou non ne regarde que moi, et rien ne vous dit, Mr Haye, que je respecte moins nos aĂ®nĂ©s que vous, qui enrĂ´lez les morts pour bâtir votre petite statue de rĂ©sistant et de combattant des temps de paix.
D’ailleurs on sent bien que ce dĂ©bat n’aboutira jamais Ă la dĂ©finition d’une « identitĂ© nationale », car ce serait trop risquĂ©, et les bases lĂ©gales seraient impossibles Ă trouver (sauf Ă rompre avec les principes dĂ©mocratiques).
Le fait est que l’expression « identitĂ© nationale » ne sera en fait jamais prise pour vĂ©ritable objet de dĂ©bat (car on verrait bien qu’il y en a autant que d’individus) mais qu’elle servira Ă faire passer des « messages », voire Ă faire passer des lois discutables au nom de cette identitĂ© nationale Ă jamais floue.
On voit bien comment Brice Couturier « glisse » d’une phrase Ă l’autre de ce qui pose problème (la burqa) Ă ce qui n’en pose pas (le fait que le maire de Rotterdam soit musulman), ou l’inverse, en faisant semblant de poser une question, d’ouvrir un dĂ©bat, de briser les tabous (le nouveau moyen de dire des idiotie: briser des tabous, ĂŞtre politiquement incorrect). On voit comment Mr Sarkozy demande aux musulmans d’ĂŞtre « discrets » (???), comme ça, au passage (ceci dit en tant qu’anticlĂ©rical un peu bornĂ©, je rĂŞverais qu’il Ă©tende sa prescription aux autres religions). On voit comment, dans un discours sur l’identitĂ© nationale, il dĂ©plore la brèche morale ouverte par les 35h. Quel temps de travail correspond Ă notre identitĂ© nationale: 39h? 40H? Plus? Quels efforts ne ferait-on pas pour son pays?
On voit enfin comment ceux qui mettent en doute ce dĂ©bat sont accusĂ©s plus ou moins directement d’ĂŞtre des gens sans attache (allez dire ça Ă StĂ©phane Hessel!), voire mĂŞme des gens complaisants envers d’autres identitĂ©s (”algĂ©rienne, maghrĂ©bine, noire”, comme par hasard, selon Mr Couturier) alors que rien ne le permet.
VoilĂ ce qui est scandaleux pour l’intelligence et pour le droit.
9 dĂ©cembre 2009 à 22:51
@A.Haye
Je suis toujours impressionné par votre érudition, moins par vos interprétations, en général, assez négatives.
Ainsi, mes rĂ©fĂ©rences pour un “Citoyen du monde” sont plus celles de Diogène de Sinope, que celles des lotophages et le concept de “l’oubli” qui y est sous-jacent.
RĂ©fĂ©rence Ă Diogène, donc, pour qui, nous n’avons pas Ă accepter de facto toutes les conventions qui nous sont plus ou moins imposĂ©es.
Pour moi, les frontières n’ont aucune valeur. Elles sont arbitraires et peu conformes aux rĂ©alitĂ©s culturelles.
On a vu d’ailleurs beaucoup de ces fabrications explosĂ©es (Yougoslavie, Union Sovietique, Tchecoslovaquie, etc..) et d’autres en “tension” (Irlande du Nord, Belgique,Catalogne, Pays Basque, Quebec, Tibet,Iraq, etc..).
Et puis le “nomadisme” n’est pas une chose nouvelle. Je crois que c’est une question de tempĂ©rament. Contrairement Ă ce que vous pensez, je fais beaucoup d’introspection et j’essaye de comprendre, autant que faire ce peut, mes motivations. Ainsi, je ne pense pas que mon “nomadisme” soit une fuite ou la possibilitĂ© d’un “oubli” (locophage), mais plutĂ´t une soif de dĂ©couverte. Et autant j’adore les voyages brefs, ils ne permettent pas de rĂ©ellement dĂ©couvrir d’autres cultures. Donc j’habite un pays un certain temps et j’apprends sa langue.
Vous voyez, c’est une approche plus “positive” que vous ne l’insinuez.
Bien sur, je suis le fruit de ce que vous mentionnez. Mais, moi, je vis ici et maintenant. Je vis avec mon Ă©poque. Je ne veux pas reconstruire un passĂ© qui n’a probablement pas existĂ©. Je n’ai pas choisi mon Ă©poque, mais je profite de ses avantages, notamment technologiques. Et je choisis lĂ oĂą j’abite. Partout oĂą je passe, je respecte les lois et coutumes des pays traversĂ©s. Je paye des impĂ´ts, donc je participe au financement des services collectifs (ArmĂ©e, police, Ă©coles, etc..).
Ma conception de citoyen du monde n’a rien Ă voir avec un gouvernment mondial. Au contraire, je suis plutĂ´t pour les fĂ©deralismes, plus proches des rĂ©alitĂ© locales. Ainsi, je ne comprends pas pourquoi la Suisse, autre pays fictif, vient de voter, au plan national, une loi qui aurait pu ĂŞtre votĂ©e au niveau cantonal. Ainsi les cantons francophones ont votĂ© “non” et les cantons germaniques, “oui.” Ce qui est frappant dans ce cas, c’est que beaucoup de ceux qui ont votĂ© “oui” n’auraient pas vu de minarets dans leurs villages, de toute façon.
Ceci est ma conception du monde. Vous avez la vĂ´tre, et c’est bien ainsi.
10 dĂ©cembre 2009 à 20:37
hé hé formidable M haye
fascinante Diam’s avec sa nouvelle coiffe, citĂ©e comme rĂ©fĂ©rence par une intervenante dans l’esprit public sur france culture, et admirĂ©e par Ali Badou Begbeider et consorts sur canal
on en est lĂ …
au fait qu’est devenue l’exilĂ©e berlinoise ?
dans l’ensemble d’accord avec vous, inutile d’abonder je vais vous paraphraser
un point cependant pour ma part, je pensais aussi que ma France Ă moi Ă©tait morte en 1940, maintenant j’en suis Ă 1793
11 dĂ©cembre 2009 à 8:36
“C’est oublier Renan. Dans sa fameuse confĂ©rence Ă la Sorbonne du 11 mars 1882, Ernest Renan Ă©carte de la conception française de la nation toute dĂ©finition ethno-raciale ethno-linguistique - dont il soupçonne, non sans raison Ă l’époque, la culture allemande.”
Vous rigolez, je suppose ! La france est l’exemple par excellence de la nation ETHNO-LINGUISTIQUE. Je n’ai ps besoin de faire un dessin.
La france utilise sa langue comme instrument de domination et l’impose par la force aux populations qu’elle domine.
11 dĂ©cembre 2009 à 9:29
Cadeau !
http://langues-de-france.blogspot.com/
JournĂ©e des droits de l’enfant ? Et la langue ?
Il est dans l’air du temps de cĂ©lĂ©brer des journĂ©es internationales pour faire prendre conscience Ă l’ensemble de l’humanitĂ© des problèmes spĂ©cifiques qu’elle doit rĂ©soudre. Hier, c’Ă©tait la journĂ©e des droits de l’enfant, droits hĂ©las trop souvent bafouĂ©s, qui permet de rappeler l’existence de la Convention internationale des droits de l’enfant (ONU, novembre 1989).
Or, l’article 30 de ce document signĂ© et ratifiĂ© par l’ensemble des pays membres de l’ONU, Ă de rares exceptions près, doit attirer notre attention :
“Dans les États oĂą il existe des minoritĂ©s ethniques, religieuses ou linguistiques ou des personnes d’origine autochtone, un enfant autochtone ou appartenant Ă une de ces minoritĂ©s ne peut ĂŞtre privĂ© du droit d’avoir sa propre vie culturelle, de professer et de pratiquer sa propre religion ou d’employer sa propre langue en commun avec les autres membres de son groupe.”
Cet article est contestĂ© par la France, quels qu’en soient les gouvernements, sous prĂ©texte qu’il n’y aurait aucune minoritĂ© linguistique ou culturelle prĂ©sente sur son territoire. Il est bien connu en effet que tout le monde parle français en France depuis VercingĂ©torix! L’alsacien, le basque, le breton, le catalan, le corse, les crĂ©oles, le flamand, les langues de PolynĂ©sie, de Nouvelle-CalĂ©donie ou de Guyane ou encore l’occitan, par exemple, n’ont jamais Ă©tĂ© parlĂ©s par des citoyens français, et c’est une vĂ©ritĂ© absolument incontestable qu’il n’y a aucune minoritĂ© ethnolinguistique dans le beau pays de France!
Certes, le lĂ©gislateur s’abritera habilement derrière la notion d’Ă©galitĂ©, amalgamĂ©e avec celle d’uniformitĂ©, ou encore derrière celle d’indivisibilitĂ© de la RĂ©publique (qui serait pourtant dĂ©sormais “dĂ©centralisĂ©e”) pour justifier qu’il n’y aurait aucune minoritĂ© linguistique ou culturelle dans la douce France chère Ă Charles TrĂ©net, mais on comprend très bien l’embarras que suscite l’article 30 chez nos gouvernants car il met le doigt sur l’objectif de la politique linguistique française : priver les enfants des minoritĂ©s ethnolinguistiques de leur langue propre au profit du seul français. ReconnaĂ®tre pleinement cet article 30, ce serait discrĂ©diter tous les efforts consacrĂ©s depuis des siècles Ă la disparition des autres langues que le français, et mettre l’accent sur l’absence de volontĂ© officielle de protĂ©ger ces langues, encore aujourd’hui pratiquement exclues du système Ă©ducatif, des mĂ©dias, de la vie publique, c’est-Ă -dire de tous les domaines susceptibles de leur rendre une vitalitĂ© confisquĂ©e par le seul français.
Bien sĂ»r, lorsque le dernier locuteur du breton ou de l’occitan s’Ă©teindra, il n’y aura plus de minoritĂ© Ă reconnaĂ®tre, et sans doute le lĂ©gislateur français n’aura plus la moindre rĂ©serve sur l’article 30 de cette Convention, mais est-ce vraiment ce que nous voulons ?
12 dĂ©cembre 2009 à 10:05
“DĂ©finition ethno-linguistique” et germanitĂ© : Renan avait bien sur en tĂŞte le cas de l’Alsace et de la Lorraine, de culture et de langue germanique, qui cependant dĂ©siraient majoritairement faire partie de la nation française. A l’Ă©poque, le mythe de la “race pure” germanique, qui remontait Ă Tite-Live et dĂ©bouche sur le droit du sang, Ă©tait utilisĂ© par le nationalisme allemand contre la conception française de la nation (droit du sol et dĂ©finition civique de la nationalitĂ©). L’Allemagne contemporaine n’en est plus lĂ . Et Alain Dieckoff a montrĂ© que les dĂ©finitions française et allemande de la nation Ă©taient sans doute moins caricaturales que la prĂ©sentation qu’en a faite Renan.
12 dĂ©cembre 2009 à 12:02
ça c certain Renan lui mĂŞme Ă©volue dans ses positions, et les relectures contemporaines de Fichte Discours Ă la nation allemande montrent qu’il n’y a pas forcĂ©ment eu deux camps deux conceptions hermĂ©thiques l’une Ă l’autre
cf les discours des politiques et intellectuels pendant la première guerre mondiale Ă©galement…
la notion de “race” n’a pas non plus le mĂŞme sens suivant les auteurs et les Ă©poques…
12 dĂ©cembre 2009 à 13:23
A Haye, dans la poursuite d’une prĂ©cĂ©dente discussion je sais pas si tu as Ă©coutĂ© A Meddeb aux matins de FC il y a qq jours, extrĂŞmement intĂ©ressante analyse (encore en Ă©coute sur FC)
12 dĂ©cembre 2009 à 15:11
A Hoel : je me doute bien que Wikipedia, summum du politiquement correct, fait de Ahmed Aboutaleb, maire de Rotterdam, un portrait sans aspĂ©ritĂ©s. Je vous conseille de lire ce qu’en dit un Français installĂ© sur place, oĂą il a Ă©tĂ© un temps correspondant de LibĂ©ration, Sylvain Ephimenco. Il discute notamment le fait que, Ă la demande du maire, le Zuidplein Theatre rĂ©serve dorĂ©navant les 5 premières rangĂ©es aux femmes, afin qu’elles ne se mĂ©langent pas avec les hommes. Est-ce acceptable ? Quelle sera la prochaine innovation municipale ?
12 dĂ©cembre 2009 à 16:06
Bonjour M.Saturnin! Je viens de le voir par internet!On ne peut qu’ĂŞtre d’accord…pareil avec Bidard…mais des musulmans agrĂ©gĂ©s de philosophie ou professeur de littĂ©rature comparĂ©e, respectivement un français de souche et un patricien franco-tunisien dans la tradition de Bourguiba, ça ne fait pas l’Islam! MalgrĂ© toutes nos bonnes volontĂ©s, il y a le tragique!
12 dĂ©cembre 2009 à 16:14
Deux références majeures sur la question:
Enyo (pseudonyme!), “L’Islam, l’Occident et la guerre au 21è siècle”, Odile Jacob, 2008. Je pense qu’il s’agit d’un collectif d’intellectuels et de responsables militaires ou du renseignements qui se cachent derrière ce pseudonyme!Très, très bon livre qui sort du politiquement correct.
2)Hamid Zanaz, professeur de philosophie Ă la facultĂ© d’Alger, “L’impasse islamique: les religions contre la vie”… coup de tatane rondement menĂ© contre l’islam, dont il pense (non sans raison!) que l’islamisme n’est que la logique philosophique pure! Très courageux, surtout lorsque l’on sait qu’il vit en AlgĂ©rie, et non dans le quartier latin. La façon dont il explose les dĂ©biles de l’islamo-gauchisme demeure salutaire…mĂŞme si je ne partage pas toutes ses opinions, notamment son athĂ©isme radical, j’ai beaucoup d’admiration pour ce type.
14 dĂ©cembre 2009 à 21:14
trop radical pour moi…
comme la référence à Fallaci trop proche des thèses eurabia portées par des idéologues (cf Mme delcambre dont on peut voir les délires sur certaines videos avec le père Samuel).
La difficultĂ© avec la thèse du choc des civilisations, c’est que cela devient une prophĂ©tie autorĂ©alisatrice. Une analyse que l’on partage ou pas devient un des Ă©lĂ©ments de la boite Ă outils idĂ©ologique de certains qui Ă mon sens dĂ©fendent une idĂ©ologie de l’exclusion et ont trouvĂ© dans l’islam un bouc Ă©missaire.
La difficultĂ© majeure est que cela brouille considĂ©rablement le dĂ©bat qui du coup devient suspect lĂ ou il ne devrait pas l’ĂŞtre et Ă l’inverse permet Ă certains d’avoir une audience qu’il est dangereux de leur offrir.
D’ou mon malaise dans le dĂ©bat…
concernant l’Europe sur laquelle BC revient dans la conclusion de son post et que tu Ă©voques dans tes posts, par curiositĂ©, Coudenhove-Kalergi ça Ă©voque quoi pour toi un doux reveur ou un visionnaire (je parle pas de l’embleme qu’il imaginait… et encore moins je crois de son Ă©garement temporaire vers l’Italie) ?
14 dĂ©cembre 2009 à 22:41
“DĂ©finition ethno-linguistique” et germanitĂ© : Renan avait bien sur en tĂŞte le cas de l’Alsace et de la Lorraine, de culture et de langue germanique, qui cependant dĂ©siraient majoritairement faire partie de la nation française. A l’Ă©poque, le mythe de la “race pure” germanique, qui remontait Ă Tite-Live et dĂ©bouche sur le droit du sang, Ă©tait utilisĂ© par le nationalisme allemand contre la conception française de la nation (droit du sol et dĂ©finition civique de la nationalitĂ©). L’Allemagne contemporaine n’en est plus lĂ . Et Alain Dieckoff a montrĂ© que les dĂ©finitions française et allemande de la nation Ă©taient sans doute moins caricaturales que la prĂ©sentation qu’en a faite Renan.
Brice Couturier
Je dois reconnaître que le français a une grande capacité à tourner les choses à son avantage ! Je ne vais pas pouvoir analyser chaque élément de ce paragraphe avec toutes ses connotations tendancieuses. Mais je vais dire ceci :
Renan donnait une dĂ©finition de la «Nation» qui Ă©tait «politiquement correcte» avec la «Nation française» (il faudrait dire «françaisement» correct.) (pas fou, le Renan !) Choisir le «droit du sang», c’Ă©tait dire au revoir Ă l’Alsace, Ă la Loraine, et Ă un certain nombre d’autres territoires. L’Etat français n’avait donc aucun intĂ©rĂŞt Ă faire ce choix, sous peine de se voir rĂ©duit Ă une peau de chagrin.
(Quand on sait que Goethe et quelques autres intellectuels allemands ont fait des sĂ©jours Ă l’UniversitĂ© de Strasbourg, on ne peut qu’ĂŞtre Ă©tonnĂ© de constater qu’Ă Strasbourg, aujourd’hui, l’allemand, ou l’alsacien, n’est plus une langue vernaculaire.)
Si les Allemands ont eu leur mythe de la «race pure», ils ne sont pas les seuls, les Francs/Français ont eu aussi de tels mythes (et les Bretons aussi !). C’est quelque chose d’assez universel.
Les Français ont en partie (mais pas complètement, avec quand mĂŞme le fameux mythe «gaulois» : tous les français descendaient des Gaulois, jusqu’aux SĂ©nĂ©galais et aux Indochinois ! - Si les français avaient envahi la planète Mars, ils auraient enseigner aux Martiens que, eux aussi, Ă©taient descendant des Gaulois ! et leur auraient imposĂ© le français - ce qui montre dĂ©jĂ que la «conception française de la nation» est sacrement ambiguĂ«) les Français, donc, ont en partie cessĂ© d’avoir recours Ă de tels mythes lorsque leur a poussĂ© des ailes «universalistes» (ça commence sous l’Ancien RĂ©gime)
Avant la notion de «race», c’est la notion de «peuple» que les Allemands (avec Herder) ont mis en avant, Ă la fin du XVIIIème siècle, pour s’opposer Ă l’ «Universalisme» français.
L’«Universalisme» français, qu’on trouve formulĂ© par exemple dans le cĂ©lèbre et fameux discours de Rivarol, n’est qu’une rĂ©actualisation de l’ «Universalisme» romain. La «citoyennĂ© française» n’est rien d’autre que la reprise de la «citoyennetĂ© romaine» (ça n’a rien de rĂ©volutionnaire, et c’est plutĂ´t d’esprit colonialiste)
«Le temps semble ĂŞtre venu de dire le monde français, comme autrefois le monde romain, et la philosophie, lasse de voir les hommes toujours divisĂ©s par les intĂ©rĂŞts divers de la politique, se rĂ©jouit maintenant de les voir, d’un bout de la terre Ă l’autre, se former en rĂ©publique sous la domination d’une mĂŞme langue. Spectacle digne d’elle que cet uniforme et paisible empire des lettres qui s’Ă©tend sur la variĂ©tĂ© des peuples et qui, plus durable et plus fort que l’empire des armes, s’accroĂ®t Ă©galement des fruits de la paix et des ravages de la guerre !» Rivarol, 1784 (contrairement Ă ce qu’on pourrait croire, Rivarol Ă©tait royaliste)
On croirait lire du Alain-Gérard Slama, non ???!!!!!
L’arrogance française vient de cette volontĂ© d’ĂŞtre le nouvelle empire romain et d’imposer sa langue au monde entier.
Les Allemands ont rĂ©agi Ă cette prĂ©tention et Ă la domination française en Europe en rĂ©cusant la supĂ©rioritĂ© française et en mettant sur un pied d’Ă©galitĂ© tous les peuples, petits et grands.
Pour les Allemands, chaque peuple avait son propre «gĂ©nie». Pour les français, seuls les français avaient du «gĂ©nie», et les autres n’avaient plus qu’Ă se soumettre.
Que les français viennent vanter jusqu’Ă aujourd’hui leur «gĂ©nĂ©reuse» citoyennetĂ© française qu’ils auraient voulu voir rĂ©pandu dans le monde entier (empĂŞchĂ©s ou doublĂ©s dans cette ambition par ces autres mĂ©chants que sont les anglais, et par une certaine rĂ©sistance de certains peuples mal assimilĂ©s), ça prĂŞte un peu Ă sourire, non ?
La «conception française de la citoyenneté» est donc pour le moins ambiguë et perverse. A-t-elle rendu les français imperméables au racisme ?
Jules FERRY - Discours prononcé à la Chambre des députés : le 28 juillet 1885
« Les fondements de la politique coloniale »
M. Jules Ferry. Messieurs, je suis confus de faire un appel aussi prolongĂ© Ă l’attention bienveillante de la Chambre, mais je ne crois pas remplir Ă cette tribune une tâche inutile. Elle est laborieuse pour moi comme pour vous, mais il y a, je crois, quelque intĂ©rĂŞt Ă rĂ©sumer et Ă condenser, sous forme d’arguments, les principes, les mobiles, les intĂ©rĂŞts divers qui justifient la politique d’expansion coloniale, bien entendu, sage, modĂ©rĂ©e et ne perdant jamais de vue les grands intĂ©rĂŞts continentaux qui sont les premiers intĂ©rĂŞts de ce pays.
Messieurs, il y a un second point, un second ordre d’idĂ©es que je dois Ă©galement aborder, le plus rapidement possible, croyez-le bien : c’est le cĂ´tĂ© humanitaire et civilisateur de la question.
Sur ce point, l’honorable M. Camille Pelletan raille beaucoup, avec l’esprit et la finesse qui lui sont propres ; il raille, il condamne, et il dit : Qu’est ce que c’est que cette civilisation qu’on impose Ă coups de canon ? Qu’est-ce sinon une autre forme de la barbarie ? Est-ce que ces populations de race infĂ©rieure n’ont pas autant de droits que vous ? Est-ce qu’elles ne sont pas maĂ®tresses chez elles ? Est-ce qu’elles vous appellent ? Vous allez chez elles contre leur grĂ© ; vous les violentez, mais vous ne les civilisez pas.
VoilĂ , messieurs, la thèse ; je n’hĂ©site pas Ă dire que ce n’est pas de la politique, cela, ni de l’histoire : c’est de la mĂ©taphysique politique… (Ah ! ah ! Ă l’extrĂŞme gauche.)
Voix Ă gauche. Parfaitement !
M. Jules Ferry…. et je vous dĂ©fie – permettez-moi de vous porter ce dĂ©fi, mon honorable collègue, monsieur Pelletan –, de soutenir jusqu’au bout votre thèse, qui repose sur l’Ă©galitĂ©, la libertĂ©, l’indĂ©pendance des races infĂ©rieures. Vous ne la soutiendrez pas jusqu’au bout, car vous ĂŞtes, comme votre honorable collègue et ami M. Georges Perin, le partisan de l’expansion coloniale qui se fait par voie de trafic et de commerce.
[…]
Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement qu’en effet les races supĂ©rieures ont un droit vis-Ă -vis des races infĂ©rieures… (Rumeurs sur plusieurs bancs Ă l’extrĂŞme gauche.)
M. Jules Maigne . Oh ! vous osez dire cela dans le pays oĂą ont Ă©tĂ© proclamĂ©s les droits de l’homme !
M. de Guilloutet. Cest la justification de l’esclavage et de la traite des nègres !
M. Jules Ferry. Si l’honorable M. Maigne a raison, si la dĂ©claration des droits de l’homme a Ă©tĂ© Ă©crite pour les noirs de l’Afrique Ă©quatoriale, alors de quel droit allez-vous leur imposer les Ă©changes, les trafics ? Ils ne vous appellent pas ! (Interruptions Ă l’extrĂŞme gauche el Ă droite. – Très bien ! très bien ! sur divers bancs Ă gauche.)
M. Raoul Durai, Nous ne voulons pas les leur imposer ! C’est vous qui les leur imposez !
M. Jules Maigne. Proposer et imposer sont choses fort différentes !
M. Georges Perin. Vous ne pouvez pas cependant faire des échanges forcés !
M. Jules Ferry. Je rĂ©pète qu’il y a pour les races supĂ©rieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races infĂ©rieures… (Marques d’approbation sur les mĂŞmes bancs Ă gauche – Nouvelles interruptions Ă l’extrĂŞme gauche et Ă droite.)»
«Races supĂ©rieures», «races infĂ©rieurs»…………………
Ce qui distingue le racisme allemand du racisme français, c’est que le racisme français est «assimilateur». Enfin, jusqu’Ă un certain point…
Car ça n’a pas empĂŞchĂ© l’antisĂ©mitisme de prospĂ©rer aussi en france, jusque dans les Ă©lites. Et ça n’a pas empĂŞchĂ© des racismes ciblĂ©s, entre autres, sur les Italiens, il me semble, ou sur les Arabo-musulmans - (Les Ritals, les Bougnouls, les Boches, …)
Une question qu’on peut se poser c’est pourquoi les Arabo-musulmans ne seraient pas «assimilables» par l’irrĂ©sistible «Universalisme» français. C’est quand mĂŞme un aveu de faiblesse. Un coup de fatigue ? Un dĂ©but d’indigestion ? Le couscous qui se rĂ©vèle incompatible avec la cuisine française ? Quand on a eu la volontĂ© d’assimiler le monde entier, caler devant quelques petits millions d’individus, ça dĂ©note, et ça dĂ©tonne, au regard des ambitions initiales (serait-ce la marque du dĂ©clin ?).
LA «CONCEPTION FRANçAISE DE LA NATION» EST SURTOUT, CE EN QUOI ELLE EST INTOLéRABLE ET INACCEPTABLE, UN «DROIT EXCLUSIF DU FRANCOPHONE», LES ALLOPHONES éTANT CONTRAINTS DE GRé OU DE FORCE DE SE «FRANCOPHONISER», LA FRANCE JOUANT DE SON ADMINISTRATION ET DE SA PUISSANCE CULTURELLE DE FAIT POUR Y PARVENIR.
Pour moi, l’ «impĂ©rialisme culturel» n’est pas anglo-saxon, il est français (alors quand j’entends les français vanter la francophonie et hurler contre la domination anglo-saxonne, je mesure le degrĂ© très Ă©levĂ© de l’ «hypocrisie» française.)
La caractĂ©ristique majeure du français, c’est son hypocrisie.
Albert Camus - La dĂ©mocratie n’est pas la loi de la majoritĂ© mais la protection de la minoritĂ©.
La france n’est pas une dĂ©mocratie puisque la majoritĂ© a dĂ©truit systĂ©matiquement les langues minoritaires.
14 dĂ©cembre 2009 à 22:42
«A Hoel : je me doute bien que Wikipedia, summum du politiquement correct, fait de Ahmed Aboutaleb, maire de Rotterdam, un portrait sans aspĂ©ritĂ©s. Je vous conseille de lire ce qu’en dit un Français installĂ© sur place, oĂą il a Ă©tĂ© un temps correspondant de LibĂ©ration, Sylvain Ephimenco. Il discute notamment le fait que, Ă la demande du maire, le Zuidplein Theatre rĂ©serve dorĂ©navant les 5 premières rangĂ©es aux femmes, afin qu’elles ne se mĂ©langent pas avec les hommes. Est-ce acceptable ? Quelle sera la prochaine innovation municipale ?»
1 - L’Islam n’est pas au centre de mes prĂ©occupations et ne m’obsède pas comme il semble obsĂ©der certains, en particulier A.Haye (mais ce n’est qu’une impression qui n’a peut-ĂŞtre aucun rapport avec la vraie rĂ©alitĂ©). Les Hollandais sont de toutes façons mieux placĂ©s que moi pour savoir ce qu’ils ont Ă faire.
2 - La fiabilitĂ© de Wikipedia est naturellement Ă remettre en cause en permanence. La fiabilitĂ© des journalistes, fusent-ils «correspondant de LibĂ©ration» (disons mĂŞme «surtout s’ils sont ou ont Ă©tĂ© correspondants de LibĂ©ration») AUSSI.
3 - «Politiquement correct» ? Qu’est-ce que ça veut dire ? S’agit-il de l’insulte ultime des temps post-moderne ? Le «politiquement correct», c’est toujours l’autre, Ă ce qui semble.
«Politically correct», c’Ă©tait en quelque sorte refuser le point de vue unilatĂ©ral des WASP, des dominants, donc, aux USA. Si ĂŞtre «politiquement INcorrect», c’est se mettre du cĂ´tĂ© des dominants pour mieux Ă©craser les dominĂ©s, alors je n’en suis pas.
Mais dans un pays jacobin comme la france, ĂŞtre «politiquement correct», c’est plutĂ´t ĂŞtre jacobin, ĂŞtre conforme Ă l’idĂ©ologie dominante. Dans les partis, dans les mĂ©dias, Ă france-culture, la norme, c’est le jacobinisme, non ? Le «politiquement correct», en france, c’est le respect de la norme dominante jacobine, alors que le «politically correct» aux EU s’attaquait Ă la norme Wasp, pour devenir ensuite la nouvelle norme.
Comme se dire «politiquement incorrect» est très tendance et que tout le monde veut l’ĂŞtre, rĂ©servant le «politiquement correct» Ă l’autre, lĂ , cet imbĂ©cile, en fait ça ne veut pas dire grand-chose.
4 - Ce blog donne l’impression d’ĂŞtre enveloppĂ© d’un certain parfum finkielkrautien. Vous citez Sylvain Ephimenco. Sylvain Ephimenco, lui, apparemment, propage la pensĂ©e finkielkrautienne aux Pays-Bas, si j’en crois ce blog :
Sylvain Ephimenco: Écho de Finkielkraut aux Pays-Bas
http://totolepsycho.blog.lemonde.fr/2005/11/24/2005_11_sylvain_ephimen/
Lien: Le Monde.fr : La voix “très dĂ©viante” d’Alain Finkielkraut au quotidien “Haaretz”.
HĂ©las. La voix d’Alain Finkielkraut dans ‘Haaretz’ n’est pas la seule “très dĂ©viante” dans la presse Ă©trangère. Sylvain Éphimenco, arrivĂ©, il y a environ 25 ans, aux Pays-Bas comme correspondant de ‘LibĂ©ration’, s’est converti, depuis quelques annĂ©es, en super-Hollandais. En publiant (en nĂ©erlandais) ses commentaires dans le quotidien d’origine calviniste “Trouw”, il Ă©peronne ses nouveaux compatriotes chaque semaine Ă se mĂ©fier de leurs nouveaux proches voisins immigrĂ©s musulmans. Il y en a un bon 300.000 (d’origine turque et marocaine-berbère, pour la plupart) sur une population de 16 millions. Je me suis occupĂ© de son article du 12 novembre dans mon blog en nĂ©erlandais “In Europa Thuis”.
Ephimenco a besoin de 8 demi-colonnes du journal, pour arriver a la conclusion souhaĂ®tĂ©e, c’est Ă dire, que les jeunes rĂ©voltĂ©s des banlieues sont motivĂ©s par une haine ethno-islamique. Ils seraient tĂ©lĂ©guidĂ©s par les “300.000″ islamistes qu’on trouverait en France, et… Ephimenco se rĂ©fère plusieurs fois Ă Finkielkraut. Ce dernier est prĂ©sentĂ© au public nĂ©erlandais comme une source objective (”philosophe”).
Comme Alain Finkielkraut, Éphimenco prend pour tĂ©moin sa propre jeunesse, dans son cas celle d’immigrĂ© “pied-noir” dans les citĂ©s de France après l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie. Tout comme le papa de Finkielkraut, les Ephimenco auraient fait partie d’une communautĂ© sans rancune, sans rĂ©bellion, prĂŞts Ă accepter n’importe quel boulot et ils se seraient comportĂ©s en citoyens-modèle de la RĂ©publique.
Un public hollandais, depuis toujours mal renseignĂ© sur ce qui se passe en France, presque 45 ans après les faits, pourrait y croire. Sylvain, aveuglĂ© par son nouveau nationalisme, y croĂ®t probablement lui-mĂŞme. En tant que nĂ©ophyte sur sabots de bois, il a naturellement tendance Ă chercher les extrèmes les plus intĂ©gristes d’une hollanditĂ© mythique. Nul ne doute que les Éphimenco, fraĂ®chement arrivĂ©s en France, aient Ă©tĂ©, comme la grande majoritĂ© des immigrĂ©s des citĂ©s d’aujourd’hui d’ailleurs, des citoyens-modèle. Il est aussi Ă supposer, que les Éphimenco n’ont pas participĂ© aux excès des colons en AlgĂ©rie contre la majoritĂ© arabe. Les terroristes de l’OAS, en lutte contre la RĂ©publique, complotant des coups d’État, essayant d’assassiner le prĂ©sident de la RĂ©publique, n’Ă©taient certainement pas en majoritĂ© dans les citĂ©s qui hĂ©bergeaient les fugitifs d’AlgĂ©rie. Mais ils s’y cachaient. Ils jouaient avec les loyautĂ©s communautaires des rĂ©fugiĂ©s. Tout comme les groupuscules d’Islamistes de la France actuelle.
Avoir fait la distinction nĂ©cessaire entre la grande majoritĂ© paisible et bien intentionnĂ©e des anciens colons de l’AlgĂ©rie et, de l’autre cĂ´tĂ©, la minoritĂ© bruyante des rancuniers, c’est Ă l’honneur des citoyens français de l’Ă©poque. La grande majoritĂ© des Français de 2005 saura faire une distinction, autant nĂ©cessaire, entre une rĂ©bellion aveugle et dĂ©sespĂ©rĂ©e d’une partie de la jeune gĂ©nĂ©ration des citĂ©s, et l’Islamisme extrĂ©miste.
Mais, en attendant, les xĂ©nophobes de tous les pays s’accrocheront au message de Finkielkraut. En inventant des mythes sur le dos de leur parents, afin de se sur-intĂ©grer dans les communautĂ©s de leur choix.
15 dĂ©cembre 2009 à 10:55
Reductio ad finkielkrautem : Sylvain Ephimenco cite Alain Finkielkraut, donc son tĂ©moignage est invalidĂ© de facto. Il est trop assimilĂ©, trop hollandais. Et moi qui cite son tĂ©moignage suis renvoyĂ© ipso facto dans les cordes…
Trop facile. Car se focaliser sur des personnes - dĂ©crĂ©tĂ©es “Grand Satan”, on ne sait pas quel oukase - Ă©vite de rĂ©pondre Ă des arguments : oui ou non, est-il acceptable, dans un pays d’Europe, que les hommes et les femmes soient sĂ©parĂ©es au théâtre (Ă la piscine, etc.), comme elles le sont Ă la mosquĂ©e ?
Je ne connais pas Ephimenco, sinon parce qu’il lui arrive d’Ă©crire en français. Mais j’ai eu l’occasion de lire et d’entendre d’autres tĂ©moignages sur ce qui arrive aux Pays-Bas. Notamment, de la part de Paul Scheffer, cet ancien dirigeant social-dĂ©mocrate, en charge des politiques d’immigration, qui a Ă©tĂ© le premier Ă tirer le signal d’alarme et qu’on a essayĂ© de faire taire, Ă l’Ă©poque. Et je ne prends pas non plus Ayaan Hirsi Ali pour une cinglĂ©e. (Le plus comique, c’est quand elle se fait traiter de “raciste”, elle qui est noire, parce qu’ellle critique violemment le sort rĂ©servĂ© aux femmes dans l’islam traditionnel, mais passons).
“Un bon 300 000 immigrĂ©s d’origine musulmane sur une population de 16 millions”, Ă©crivez-vous. Je cite Caroline Fourest dans “La dernière utopie” : “Selon une Ă©tude gouvernementale (hollandaise), en 2010, Amsterdam, Rotterdam et La Haye seront des villes Ă majoritĂ© musulmane”. (p. 206) Revoyez vos chiffres.
En rĂ©alitĂ©, aux Pays-Bas, une fracture divise en profondeur la sociĂ©tĂ© entre aveugles volontaires ou idiots utiles - qui s’en tiennent aux slogans du “multiculturalisme par pilliers” et ceux qui ont des yeux pour voir.
Les premiers sont ceux qui, comme le libĂ©ral Ivo Opstelten ont exigĂ© du peintre Chris Ripke qu’il efface (!) le commandement “Tu ne tueras point !” (gig zult niet toten) qu’il avait peint sur les murs de son atelier, le lendemain de l’assassinat de Theo Van Gogh en pleine rue ; au motif que cela risquait d’indisposer les habituĂ©s de la mosquĂ©e voisine !
Dans la deuxième catĂ©gorie, on compte, figurez-vous, nombre d’intellectuels d’origine immigrĂ©e. Et ils ne sont pas les derniers Ă tirer la sonnette d’alarme quant aux dangers - bien rĂ©els - de l’islamisation. Connaissez-vous Ehsan Jami, crĂ©ateur du ComitĂ© central des ex-Musulmans ? Il a qualifiĂ© l’islam de “religion arriĂ©rĂ©e”. Il est très liĂ© au brillant philosophe laĂŻc nĂ©erlandais d’origine iranienne Afshin Ellian. Il a aussi Ă©tĂ© rouĂ© de coups en pleine rue par des barbus revanchards. Ce sont eux, les “racistes” ? Comme Ayaan Hirsi Ali ?
L’islam n’est pas une “race”. Ce n’est qu’une religion. C’est pourquoi la notion “d’islamophobie” est une imposture. Ou alors, il faudrait inventer la christianophobie, etc. Et en tant que religion, et comme toutes les autres, il doit rendre des comptes pour ce qui se commet en son nom.
15 dĂ©cembre 2009 à 11:02
TrouvĂ© sur le site de l’UPJF :
Sylvain Ephimenco, journaliste franco-hollandais, vit Ă Rotterdam depuis 12 ans. Il a Ă©tĂ©, pendant 20 ans, correspondant de LibĂ©ration en Hollande et est fier de ses rĂ©fĂ©rences de gauche. « MĂŞme si je n’y crois plus maintenant », dit-il en nous accueillant dans sa maison qui donne sur un petit canal de Rotterdam. Non loin de lĂ se trouve la mosquĂ©e Al-Nasr de l’imam Khalil al Moumni, qui, au moment de la lĂ©galisation du mariage gay, a dit que les homosexuels Ă©taient des « malades pires que des porcs ». De l’extĂ©rieur, on voit que la mosquĂ©e, construite par les premiers immigrĂ©s marocains, a plus de 20 ans. Moumni a Ă©crit une brochure qui circule dans les mosquĂ©es hollandaises, “Le chemin du musulman”, dans lequel il explique qu’il faut couper la tĂŞte aux homosexuels et « l’accrocher au bâtiment le plus haut de la ville ». A cĂ´tĂ© de la mosquĂ©e Al-Nasr, nous nous asseyons dans un cafĂ© rĂ©servĂ© aux hommes. En face, il y a un abattoir halal musulman. Ephimenco a Ă©crit trois essais sur la Hollande et l’islam ; aujourd’hui c’est un Ă©ditorialiste connu du quotidien chrĂ©tien de gauche, Trouw. Il a la meilleure perspective pour comprendre une ville qui, peut-ĂŞtre plus qu’Amsterdam elle-mĂŞme, incarne la tragĂ©die hollandaise.
« Il n’est pas vrai du tout que Wilders recueille des voix dans les banlieues ; tout le monde le sait mĂŞme si on ne le dit pas », nous confie-t-il. « Aujourd’hui, les Ă©lecteurs de Wilders sont des gens cultivĂ©s, mĂŞme si, au dĂ©but, c’était la Hollande des classes modestes, des tatouĂ©s. Beaucoup d’universitaires et de gens de gauche votent pour lui. Le problème, ce sont tous ces voiles islamiques. Derrière chez moi, il y a un supermarchĂ©. Quand je suis arrivĂ©, il n’y avait pas un seul voile. Aujourd’hui, Ă la caisse, il n’y a que des musulmanes en tchador. Wilders n’est pas Haider. Il est de droite mais aussi de gauche, c’est un Hollandais typique. Ici, il y a des horaires rĂ©servĂ©s aux femmes musulmanes Ă la piscine. VoilĂ l’origine du vote pour Wilders. Il faut arrĂŞter l’islamisation, la folie du théâtre. A Utrecht, il y a une mosquĂ©e oĂą les services municipaux sont sĂ©parĂ©s pour les hommes et les femmes. Les Hollandais ont peur. Wilders s’oppose au Frankenstein du multiculturalisme. Moi qui Ă©tais de gauche et qui aujourd’hui ne suis plus rien du tout, je dis que nous avons atteint la limite. J’ai senti que les idĂ©aux des Lumières Ă©taient trahis par cet apartheid volontaire, je sens que, dans mon cĹ“ur, les idĂ©aux d’Ă©galitĂ© entre hommes et femmes et de libertĂ© d’expression sont morts. Ici, la gauche est conformiste et la droite a une meilleure rĂ©ponse au multiculturalisme fou ».
15 dĂ©cembre 2009 à 11:39
Bonjour
J’apprends au terme de ce dĂ©bat sur l’identitĂ© nationale que en tant que maghrĂ©bin je suis au mieux “un français pas commeles autres” au pire “un mauvais français”. Merci Ă Monsieur Sarkozy et Ă M Eric Besson et j’espère que cela va leur faire perdre des voix d’attiser la haine entre français juste avant les Ă©lections.
15 dĂ©cembre 2009 à 20:49
très franchement, je ne suis pas certain que l’UPJF (si on parle de la mĂŞme UPJF) soit une source d’information pertinente… contester le communautarisme en puisant sur un site hyper communautariste, il y a quelque chose qui m’Ă©chappe
j’aimerais savoir donnez vous une pertinence Ă la notion d’eurabia ?
16 dĂ©cembre 2009 à 18:26
M. Couturier,
Je trouve votre Ă©mission très intĂ©ressante, je l’Ă©coute tous les jours et vous formez avec Julie Clarini un tamdem original.
Je vous Ă©cris pour vous signifier que j’ai Ă©tĂ© quelque peu choquĂ©e par certains propos tenus par Odon Vallet lors de l’Ă©mission du 14 dĂ©c. laquelle concernait le parcours scolaire et professionnel des enfants d’immigrĂ©s. Dire que les jeunes d’origine africaine se trouvent en faible nombre dans les filières d’Ă©lite parce que leurs ancĂŞtres ne connaissaient pas l’Ă©criture est une thĂ©orie culturaliste fumeuse. Et d’autant plus erronĂ©e que l’Afrique sub-saharienne a bien connu l’Ă©criture, notamment les Ă©critures haoussa, pulaar entres autres, en Afrique centrale le bantou. Mais aussi l’Ă©criture arabe, comment pensez-vous qu’Ă©crivaient les Ă©tudiants Ă l’universitĂ© de SankorĂ© au XVe siècle ? Dois-je aussi rappeler que la première Ă©criture avant la phĂ©nicienne, la chinoise est l’Ă©criture Ă©gyptienne et saoudienne laquelle est une Ă©criture kĂ©mite soit noire africaine ? Je suis enseigante et suis confrontĂ©e aux difficultĂ©s en français de mes Ă©lèves, dois-je me dire alors que leurs difficultĂ©s sont dues au fait que leurs ancĂŞtres gaulois, germains et latins n’ont pas Ă©tĂ© Ă l’origine de l’Ă©criture ?
Autre ineptie (pourtant j’apprĂ©cie M. Vallet qui a Ă©crit un formidable lexique des religions !), dire que le service public français Ă©tait gĂ©nĂ©reux avec les immigrĂ©s et leurs enfants qu’il emploie Ă foison. Les emplois qu’ils occupent comme l’a dit Odon Vallet sont des emplois de conseillers, de personnels de service, de l’Assistance publique, des mĂ©tiers qui dans l’Ă©chelle des rĂ©munĂ©rations occupent les places les plus basses, merci bien !
Concernant l’injonction gouvernementale Ă dĂ©finir l’identitĂ© nationale, il me semble que les prĂ©occupations des Français sont ailleurs. Des emplois qui se rarĂ©fient, des salaires qui stagnent ou sont Ă la baisse, l’instruction scolaire qui se dĂ©lite, des retraites trop faibles pour une partie des retraitĂ©s … entre autres !
16 dĂ©cembre 2009 à 21:37
non vraiment un du grain Ă moudre sur le “thèse eurabia” avec C Fourest, Bat Yeor ou un de ses disciples, Taguieff (pour lui demander son avis avec les similitudes des thĂ©ories du complot et puis j’aimerais savoir ce qu’il en pense) et Justin Vaisse ou Jablonka pour le dĂ©montage de cette thèse
ça serait vraiment pas mal
il y a un glissement sur de nombreux blogs et sites internet avec un attrait pour cette thèse qui se diffuse très largement
et ce glissement pour ma part je l’estime comme très grave (cf le site riposte laique)
une radicalisation qui est le meilleur service rendu aux islamistes qui n’attendent qu’une chose s’inscrire dans un choc des civilisations ou une thèse eurabia
et pour la gauche aveugle, hop on repart sur les thèses racistes et victimaires de toute critique du communautairsme ou de fait objectif (ceux dont vous parlez)
tout cela est redoutable
non ?
pour Ehsan Jami ok il a Ă©tĂ© agressĂ© ok c’est scandaleux mais pour ce monsieur Mahommet c’est Hitler ou Ben Laden rien que ça, très franchement c’est dĂ©magogique et pas intĂ©ressant
16 dĂ©cembre 2009 à 22:16
bon j’ai l’impression de me parler Ă moi mĂŞme, c’est dĂ©jĂ pas si mal
voici un lien vers un article de PA Taguieff
http://www.surlering.fr/article.php/id/5315/rc/taguieff
je sais pas ce qu’il fait sur le site de Dantec mais l’article est pile poile dans le thème initial de cette page et vraiment intĂ©ressant.
16 dĂ©cembre 2009 à 22:18
Bonsoir.
Ne pourrait-on pas tomber sur un PGCD du genre de celui-ci :
est notamment français celui qui accepte librement les règles Ă©tablies pour tous. Cela permettrait de comparer tel chanteur exilĂ© en Suisse Ă tel balayeur de Paris qui VEUT payer des impĂ´ts, tel chef d’Etat qui prĂ©fère Mickey comme tĂ©moin de son mariage Ă tel slameur qui s’exprime en français, tel rĂ©fugiĂ© espagnol mort pour la France sous la torture Ă tel breton tortionnaire au nom de la France Ă©ternelle, etc.
Force est d’admettre que refuser en bloc les règles d’un groupe, c’est refuser le groupe.
16 dĂ©cembre 2009 à 23:31
Saturnin, bonsoir.
Après avoir parcouru le lien de Taguieff (surtout la fin) et wikipedia sur Eurabia, on a l’impression que le tourniquet de la pensĂ©e engendre, autour du rejet de l’essentialisme, un trou noir, qui nous empeche de dĂ©cliner des chemins positifs…
/Citation/
“prĂ©fĂ©rer ce qui exalte l’esprit et non ce qui l’humilie”, c’est une bribe de souvenir d’une citation de J.E. Bencheikh dans un article dans Le Monde de 1993.
A la lumière de la socio/biologie, le vertige me semble soluble dans un peu de Bernard Stiegler (l’individuation collective) peut ĂŞtre dĂ©barrassĂ©e de sa charge derridienne. Et dans la mĂ©taphore biologique. L’identitĂ© gĂ©nĂ©tique (des ĂŞtres pluricellluaires) ne se construit que dans un système Ă la fois fermĂ© et ouvert, qui a eu besoin des virus pour Ă©voluer et qui a besoin des bactĂ©ries pour vivre. Le monde psychique/identitaire propre Ă l’humain, permis par des supports de mĂ©moire (tel la langue mais aujourd’hui rebrassĂ© plus que jamais par des supports d’ordre technique), n’est un monde qui exalte l’esprit que s’il a constitutĂ© non pas un extĂ©rieur et un intĂ©rieur sĂ©parĂ©, mais une hiĂ©rarchie d’Ă©lĂ©ments du plus stable au moins stable, la variabilitĂ© de chacun Ă©tant la source de (mĂ©ta)stabilitĂ© des autres, et ce dans une vision spatio temporelle (ce qui varie maintenant et ici crĂ©e des fonctions, des intellections qui stabiliseront plus tard d’autres facettes de l’individu).
Certes, admettre ceci, c’est renoncer Ă des Ă©noncĂ©s simples, ou ne les lire que si l’on sait qu’il y a d’immenses rĂ©serve derrière, chez un Braudel ou un Eco, etc.
Je suis surement aller trop vite trop loin en voulant vous passer l’image mental,mais en gros il n’y a pas Ă choisir entre construire et dĂ©construire, il y a les flux des constructions et dĂ©constructions entre Ă©chelles de taille et de temps.
Bloguement vĂ´tre
17 dĂ©cembre 2009 à 0:17
«Reductio ad finkielkrautem : Sylvain Ephimenco cite Alain Finkielkraut, donc son témoignage est invalidé de facto. Il est trop assimilé, trop hollandais. Et moi qui cite son témoignage suis renvoyé ipso facto dans les cordes…
Trop facile.»
Le fait est qu’il y a des journalistes plus fiables que d’autres, et un journaliste qui Ă©pouse les thèses de Finkielkraut sur l’Islam peut lĂ©gitimement susciter la circonspection.
Cela ne veut pas dire que tout ce qu’il dit est faux, et tout ce qu’il dit n’est certainement pas faux. C’est plutĂ´t dans l’interprĂ©tation des faits que ça doit poser problème.
«”Un bon 300 000 immigrĂ©s d’origine musulmane sur une population de 16 millions”, Ă©crivez-vous. Je cite Caroline Fourest dans “La dernière utopie” : “Selon une Ă©tude gouvernementale (hollandaise), en 2010, Amsterdam, Rotterdam et La Haye seront des villes Ă majoritĂ© musulmane”. (p. 206) Revoyez vos chiffres.»
Ce ne sont pas mes chiffres. Vous devriez donner les votres !
Vous citez ceux de Caroline Fourest. Ils sont Ă vue d’oeil très très très très invraisemblables.
«Dans la deuxième catĂ©gorie, on compte, figurez-vous, nombre d’intellectuels d’origine immigrĂ©e. Et ils ne sont pas les derniers Ă tirer la sonnette d’alarme quant aux dangers - bien rĂ©els - de l’islamisation. Connaissez-vous Ehsan Jami, crĂ©ateur du ComitĂ© central des ex-Musulmans ? Il a qualifiĂ© l’islam de “religion arriĂ©rĂ©e”.»
Toutes les religions sont «arriérées» puisque dieu est mort. Et toutes les religions ont leurs extrémistes.
La religion chrĂ©tienne, Ă©tant en dĂ©clin en Europe, a peu ou pas d’extrĂ©mistes visibles.
L’Islam s’est figĂ© dans les pays arabes pendant des siècles, et certains en font une religion «malade». Mais est-ce que la religion juive est moins «malade», en IsraĂ«l, je n’en suis pas sĂ»r. Et le christianisme aux Etats-Unis n’est pas une sinĂ©cure : meurtres d’ «avorteurs», refus des thĂ©ories darwiniennes.)
La «laïcité» a aussi ses extrémistes et ses mauvais idéologues.
Je reviens aux «journalistes». Il existe de très bon journalistes, qui font un travail d’enquĂŞte remarquable sur tel ou tel sujet. Ils ont comme tout le monde leurs idĂ©es mais ces idĂ©es ne viennent pas dĂ©naturer leurs enquĂŞtes. C’est très rarement eux qui sont mis sur le devant de la scène. Et d’ailleurs il n’y tienne pas forcĂ©ment, pourvu que leurs enquĂŞtes soient diffusĂ©es. On pourrait les appeler «vrais» journalistes.
Et puis il y a les pseudo-journalistes, qui sont rĂ©gulièrement sur les plateaux tĂ©lĂ© ou sur les ondes radio, qui sont des idĂ©ologues et qui adaptent les faits Ă leurs idĂ©ologies, qui sont capables de parler de tout et n’importe quoi. Pour reprendre une formule : c’est à ça qu’on les reconnaĂ®t, au fait qu’ils parlent de tout et n’importe quoi. Ce sont des parleurs, des bonimenteurs, des «causeurs», pour reprendre le nom d’un site bien nommĂ©.
Quand on Ă©crit un livre intitulĂ© : “La dernière utopie”, on ne fait pas du journalisme, mais de l’idĂ©ologie.
Naturellement, les pseudo-journalistes sont «politiquement incorrects».
17 dĂ©cembre 2009 à 9:15
Brice, citer comme source l’UPJF dĂ©cribilise complètement votre propos
17 dĂ©cembre 2009 à 11:56
Cher Brice, vos billets sont rares mais prĂ©cieux. Dans le tohu-bohu stupide qu’on lit ou entend sur ce dĂ©bat(le comble Ă©tant Braouezec qui vient en parler pour dire qu’il refuse d’en dĂ©battre…peut-ĂŞtre un coco Ă©levĂ© chez les jĂ©suites?) votre opinion claire et toujours indiffĂ©rente au politiquement correct, rĂ©conforte sur le genre humain. La lecture des commentaires est moins passionnante. Pour sĂ©parer le bon grain de l’ivraie, il faut du temps et du courage. Je me demande si “commentateur de blog” ne devient pas un mĂ©tier Ă plein temps pour certains… et que c’est long parfois! ce qui se conçoit bien s’exprime brièvement!
17 dĂ©cembre 2009 à 18:58
es mauvaises questions ne peuvent donner lieu à de bonnes réponses. La question de l’identité nationale me semble faire partie de celles-là . Je me réfère en la matière à une situation qui me paraît exemplaire, celle de la Nouvelle Calédonie et de ce que disait le Kanak Jean-Marie Tjibaou dans un contexte particulièrement tendu :
“Le retour Ă la tradition est un mythe. Aucun peuple ne l’a jamais vĂ©cu. La recherche d’identitĂ©, le modèle, pour moi, il est devant soi, jamais en arrière. C’est une reformulation permanente. L’identitĂ© elle est devant nous.”
Ce qui m’amène à dire que la seule question qui vaille aujourd’hui est celle-ci : Quelle société, quel pays, quelle France voulons-nous vraiment construire ensemble ? Quel projet de société nous rassemble ?
Pasteur Claude Baty
Pdt de la Fédération Protestante de France
17 dĂ©cembre 2009 à 19:48
Brice Couturier écrit :
“L’islam n’est pas une “race”. Ce n’est qu’une religion. C’est pourquoi la notion “d’islamophobie” est une imposture. Ou alors, il faudrait inventer la christianophobie, etc.”
Il y a quelque chose dans ce raisonnement que je ne comprends pas. Comment passez-vous de la prĂ©misse Ă la conclusion ? Je ne sache pas que la phobie soit uniquement liĂ©e au concept de “race”… et je ne vois mĂŞme pas pourquoi elle pourrait l’ĂŞtre…
D’autre part, la dernière incise me semble vraiment curieuse : si la notion d’islamophobie est vraiment une imposture, elle l’est en elle-mĂŞme, et je ne vois donc pas ce qu’une invention, en l’occurrence celle de la christianophobie, pourrait bien y changer…
Mais si vous avez besoin, personnellement, d’inventer une forme de phobie Ă l’Ă©gard du christianisme pour admettre l’existence d’une phobie Ă l’Ă©gard de l’islam, vous pouvez d’ores et dĂ©jĂ vous Ă©pargnez la peine de l’inventer : la phobie du christianisme existe dĂ©jĂ .
17 dĂ©cembre 2009 à 21:37
sur les termes du dĂ©bat concernant l’islam,
ils ont à mon avis abouti à une recomposition intéressante :
- certains s’engageant dans la dĂ©fense d’un multiculturalisme sans limite en viennent Ă se trouver aux cotĂ©s des radicaux islamistes pour dĂ©fendre les mĂŞmes principes d’un droit Ă la diffĂ©rence, d’un droit au respect fondĂ© sur une victimisation permanente.
Cela correspond Ă une partie de la gauche, leur posture est Ă peut prĂŞt celle (en pire) des communistes de l’entre deux guerres, “ceux qui ne sont pas avec nous sont des fascistes”, aujourd’hui des islamophobes, c’est Ă dire des xĂ©nophobes. Pour eux le terme islamophobie est un terme magique un vocable idĂ©ologique qui Ă©crase tout sur son passage. Dans leur bouche l’islamophobie est Ă©gale Ă l’antisĂ©mitisme. Au passage l’antisĂ©mitisme est marginalisĂ©… Ce discours est redoutable car il est simple, comme le discours des communistes de la belle Ă©poque.
- et puis il y a en a d’autres qui se sont engagĂ©s contre les islamistes, mais pas seulement, leur croisade Ă eux est carrĂ©ment contre l’islam, elle est mĂŞme parfois suspecte de xĂ©nophobie, elle peut aussi ĂŞtre l’expression d’un communautairsme qui par un jeu de miroir ne peut qu’ĂŞtre hostile Ă un autre communautarisme. C’est une auberge espagnole mais qui utilise des argumentaires communs, des techniques communes parfois. Ceux lĂ , sont en train d’ĂŞtre le fruit d’un Ă©trange mĂ©lange., On les trouve Ă l’extrĂŞme droite, Ă droite de la droite mais aussi Ă gauche chez certains laics radicaux ceux qui prĂ©fèrent le petit père Combes Ă Briand. Ce mĂ©lange lĂ , cette convergence de discours alors mĂŞme que les objectifs ne sont pas les mĂŞmes moi elle m’inquiète. Ce qui est terrible c’est que certains d’entre eux sont “”islamophobes”" au sens d’un rejet total d’une “communautĂ©” de dĂ©claration permanente d’un rejet du musulman qui ne peut ĂŞtre acceptĂ© que par le renoncement de sa religion.
L’hostilitĂ© entre ces deux camps hĂ©tĂ©rogènes et la diffusion de leur vocabulaire ou thèse est tragique car elle est autorĂ©alisatrice. Que les communautaristes ou mĂŞme certains modĂ©rĂ©s continuent Ă ignorer les problèmes d’intĂ©gration et la thèse eurabia sera de plus en plus complexe Ă dĂ©monter ; que les eurabiens continuent Ă diffuser leurs idĂ©es et le terme islamophobie prendra du sens.
Ces positions sont redoutables car elles Ă©crasent les discours des modĂ©rĂ©s qui par dĂ©finition tiennent le discours de la complexitĂ© et qui sont accusĂ©s d’ĂŞtre dĂ©faitistes.
Voilà pourquoi je ne peux pas adhérer au discours qui ne distingue plus entre islam et islamisme ou qui établit une césure totale entre les deux.
Les choses sont complexes, de grace ne choisissons pas les chemins les plus courts.
N’oublions pas non plus la majoritĂ© modĂ©rĂ©e des musulmans, on ne peut pas leur demander de rendre compte des dĂ©rives de certains, on ne peut pas les enfermer dans un qualificatif gĂ©nĂ©ral de communautĂ© musulmane qui constituerait un bloc unique transeuropĂ©en.
Cette religion (et ce n’est pas seulement une religion) est complexe parsemĂ©e d’Ă©coles diffĂ©rentes, de pratiques diffĂ©rentes. La qualifier globalement d’arriĂ©rĂ© quelle dĂ©faite de la pensĂ©e.
Croyez bien que mes propos ne sont pas une stratĂ©gie d’Ă©vitement de questions fondamentales (le voile m’interesse moins par exemple que l’essor du commerce halal très peu Ă©voquĂ©)
voilĂ je me plante peut ĂŞtre mais bon c’est mon sentiment actuel
18 dĂ©cembre 2009 à 13:19
D’accord avec vous, Matthieu et Saturnin. VoilĂ pourquoi Ă mon avis le cadre du dĂ©bat sur l’identitĂ© nationale est loin d’ĂŞtre celui qui convient pour discuter des dĂ©rives sectaires de certains musulmans. Ces dĂ©rives sectaires existent, mais il faudrait les mesurer avec plus de … mesure qu’Ă travers des articles de presse ou des impressions personnelles (j’ai vu ceci, j’ai vu cela), sans que cela n’empĂŞche d’en tenir compte.
Ces dĂ©rives sectaires, il faut surtout les traiter en tant que telles, dans le cadre du droit Ă©ventuellement, mais aussi dans le cadre de l’Ă©ducation, de l’action sociale. On n’a pas besoin de se rĂ©fĂ©rer Ă une “identitĂ© nationale” pour s’inquiĂ©ter du port de la burqa et vouloir le limiter. La rĂ©fĂ©rence aux droits de l’homme, aux règles de vie en sociĂ©tĂ© (identification) me suffisent.
Reste la question des moyens de lutte contre ces dĂ©rives: il n’y a pas comme le dit Brice Couturier, d’un cĂ´tĂ© ceux qui voient et de l’autres les aveugles (discours binaire) mais il peut y avoir des dĂ©saccords, parmi ceux qui voient très bien le problème, sur les manières de rĂ©pondre Ă ces dĂ©rives sectaires.
La frĂ©quentation de l’histoire Ă tendance Ă me faire penser que les groupes ne s’intègrent Ă un modèle idĂ©ologique (dĂ©mocratie y compris) que s’ils pensent (Ă tort ou Ă raison) y avoir intĂ©rĂŞt, pouvoir s’y Ă©panouir. Gambetta a conquis les paysans Ă la RĂ©publique dĂ©mocratique en leur promettant le progrès social et la prospĂ©ritĂ©, pas en leur disant: “il faut, c’est bien, c’est beau la dĂ©mocratie”. A l’inverse, quand les difficultĂ©s Ă©conomiques se firent sentir, l’adhĂ©sion aux dĂ©mocraties devint partout en Europe plus fragile. Les AmĂ©ricains l’avaient bien compris en 1947 (mieux qu’en 2001). Utiliser des symboles, des interdits, la coercition, ça peut bien sĂ»r ĂŞtre utile (je sais que la dĂ©mocratie se dĂ©fend aussi comme ça), mais contre-productif si c’est fait de manière brutal.
Et puis on ne peut pas à la fois vouloir adapter la France à un modèle libéral qui atomise socialement et économiquement les citoyens consommateurs, et espérer, par des mots et des lois recréer les liens disparus.
Pour finir sur l’islamophobie: la distinction me semble simple. Si Mr Couturier avait Ă©crit “le maire de Rotterdam, qui est musulman, a pris telle ou telle mesure qui tĂ©moigne de sa volontĂ© d’imposer une conception rĂ©trograde de sa religion dans l’espace public”, je l’aurais suivi sans problème, et il n’aurait pas s’agit d’un discours islamophobe.
Mais il se trouve qu’il a Ă©crit: “Aux Pays-Bas, pour prendre un exemple, dans toutes les grandes villes, Amsterdam comprise, la majoritĂ© des habitants sera d’origine musulmane dans les douze ans qui viennent ; dĂ©jĂ , Rotterdam a un maire musulman, avec Ahmed Aboutaleb, fils d’imam. Dans certains quartiers de la ville (Feyenoord, Oude Westen, etc.), les femmes sont voilĂ©es de la tĂŞte aux pieds et leur regard ne doit jamais croiser celui d’un homme.”
OĂą il semble que c’est en soi le fait d’ĂŞtre musulman qui est un problème, qui ne peut aboutir qu’Ă la diffusion de la burqa. La technique consistant Ă Ă©liminer les conjonctions logiques par la simple juxtaposition des faits n’empĂŞche pas de voir la ficelle (”je n’ai jamais dit que tous les musulmans Ă©taient favorables Ă la burqa”), car elle a dĂ©jĂ Ă©tĂ© maintes fois employĂ©es par d’autres. L’essentiel est de semer le trouble dans les esprits, de provoquer les associations souhaitĂ©es.
19 dĂ©cembre 2009 à 22:35
Bien vu Romain. J’ajouterais que les “ficelles” de Brice Couturier sont bien souvent de “gros cables.” !!!
20 dĂ©cembre 2009 à 17:09
J’ai Ă©coutĂ© votre Ă©mission jeudi dont le thème Ă©tait “doit-on interdire ..etc”. Je ne sais pas si vous vous ĂŞtes rendu compte mais pendant plus d’une heure vous n’avez essentiellement parlĂ© que de musulman et d’Islam. N’Ă©tait prĂ©sent aucun des horribles Besson, Hortefeux, Sarko ..etc. Il y avait un philosophe, une Ă©ditorialiste du monde un reprĂ©sentant des musulmans (on peut d’ailleur se demander excatement pourquoi il Ă©tait lĂ , plus que tout autre) plus l’animateur et pourtant vous avez passez 90% du temps Ă parler d’Islam et des musulmans !! Sur un sujet qui n’est mĂŞme pas tendancieux (ce n’Ă©tait pas de l’identitĂ© nationale) !!
21 dĂ©cembre 2009 à 9:54
“L’islam n’est pas une “race”. Ce n’est qu’une religion. C’est pourquoi la notion “d’islamophobie” est une imposture. Ou alors, il faudrait inventer la christianophobie, etc. Et en tant que religion, et comme toutes les autres, il doit rendre des comptes pour ce qui se commet en son nom.”
Ma formulation vous dĂ©plaĂ®t, alors je l’explicite.
Nos sociĂ©tĂ©s occidentales, qui ne croient plus en grand chose et n’excluent a priori aucune opinion dans leur relativisme, ont cependant en commun une valeur assez apprĂ©ciable : la condamnation du racisme. Ce qui n’est pas rien. Car, comme l’Ă©crivait Albert Memmi en 1982, “c’est le racisme qui est naturel et l’antiracisme qui ne l’est pas : ce dernier ne peut ĂŞtre qu’une conquĂŞte longue et difficile, toujours menacĂ©e, comme l’est tout acquis culturel.” Les guerres “inter-ethniques” qui Ă©clatent pĂ©riodiquement Ă travers le monde sont lĂ pour dĂ©montrer la vĂ©racitĂ© de cette affirmation.
On peut discuter de l’assimilation du racisme ou plus gĂ©nĂ©ralement du rejet de l’autre Ă une maladie mentale - ce que dĂ©signe le suffixe “phobie” (dans judĂ©ophobie, homophobie, etc.) Mais je crois qu’il est lĂ©gitime de considĂ©rer - avec Sartre, par exemple - le racisme comme une forme de perversion. C’est en ce sens que l’antisĂ©mitisme (ou “judĂ©ophobie”) est un dĂ©lire, une maladie de l’esprit. Comme, d’ailleurs, la haine de “l’Egyptien”, telle qu’elle s’est rĂ©cemment manifestĂ©e Ă Paris Ă propos d’un match de foot contre l’AlgĂ©rie. Parce qu’il vise un peuple, et non une religion. D’ailleurs, la religion juive pas plus que la chrĂ©tienne ne sont Ă l’abri de la satire voltairienne : il est tout Ă fait loisible et licite de critiquer le sacrifisme d’Abraham, ou de se moquer de MoĂŻse ou de David, comme de traiter JĂ©sus-Christ de “crapaud de Nazareth”, comme l’a fait Antonin Artaud.
Quand je dis que “l’islamophobie” est une imposture, je pointe le fait que l’islam est, comme le christianisme, le zoroastrisme ou la secte Moon, une croyance religieuse. Et non pas un peuple, ni une nation. Il est donc lĂ©gitime, dans nos pays qui ont en commun la rĂ©fĂ©rence au rationalisme anti-clĂ©rical des Lumières de mettre en question de manière irrĂ©vĂ©rencieuse ses dogmes.
VoilĂ pour les points sur les i, puisqu’apparemment, il en est besoin.
21 dĂ©cembre 2009 à 11:44
bricecout dans votre post vous ne condamnez pas l’islam en tant que religion, en tant que système de pensĂ©e, mais vous pointez du doigt les musulmans, c’est fort diffĂ©rent. Le passage citĂ© par Romain est clair lĂ -dessus. Je suis voltairien moi aussi, et athĂ©e, et très laĂŻc, je veux limiter la place de la religion et son influence dans la sociĂ©tĂ©, mais je ne me dis pas que la prĂ©sence grandissante des musulmans en Occident est un problème, pas plus en tout cas que celle des chrĂ©tiens ou des autres religions (voilĂ ce qui nous sĂ©pare). Si vous voulez dire que l’islam en tant que religion est particulièrement incompatible avec nos valeurs, je veux bien entendre vos arguments, mais j’ai du mal Ă voir en quoi elle le serait moins que les autres monothĂ©ismes. En tout cas je ne lis rien de tel dans vos remarques.
Les antisĂ©mites du dĂ©but du 20ème aussi s’en prenaient aux juifs souvent en se servant des AskhĂ©naze très pratiquants, et souvent très orthodoxes, se ghetoĂŻsant et ghettoĂŻsĂ©s - par les juifs intĂ©grĂ©s eux-mĂŞmes la plupart du temps, qui en avaient honte - venus rĂ©cemment d’Europe de l’est. Leur critique Ă©tait Ă la fois une critique de la religion juive, des juifs pratiquant (de certains), mais elle servait en plus, bien sĂ»r, Ă laisser penser que tout juif, y compris les non-pratiquants, Ă©tait par dĂ©finition inassimilable (cosmopolites, etc.). C’Ă©tait un racisme, une perversion comme vous dites, mais appuyĂ©e sur la religion.
21 dĂ©cembre 2009 à 22:26
Romain écrit :
“OĂą il semble que c’est en soi le fait d’être musulman qui est un problème”
Ce qui est un problème, c’est de “croire”. Et, malheureusement, il n’y a pas que les Musulmans, qui croient, il y a aussi les soi-disant “scientifiques” du GIEC, ce qui est beaucoup plus grave. Les Musulmans, c’est comme les ChrĂ©tiens et les Juifs : on s’en mĂ©fie spontanĂ©ment. Les Scientifiques, c’est diffĂ©rent. Emplis d’admiration pour les progrès rĂ©alisĂ©s au cours des deux derniers siècles, on a tendance Ă les croire sur parole. Surtout quand ils ont l’air d’ĂŞtre tous d’accord (le fameux “consensus”, cher Ă Jouzel et consorts…). Il faut en passer, des heures, sur internet, pour trouver des informations sur les critiques que leurs “Ă©vidences” soulèvent partout dans le monde, sans que les journalistes français en disent mot, nous prĂ©sentant Claude Allègre comme seul de son avis (très discutable au demeurant). Nietzsche avait bien raison : “le pire ennemi de la vĂ©ritĂ©, ce n’est pas le mensonge, c’est la conviction”. Quand je rencontre une certitude, je change de trottoir. Les Musulmans, et, plus gĂ©nĂ©ralement, les croyants, constituent sans doute un danger pour la dĂ©mocratie, qui est le rĂ©gime de l’incertitude, du provisoire, du compromis constamment rĂ©visable, bref, de l’intelligence, mais, pour l’instant, nous ferions mieux de nous mĂ©fier de la nouvelle Inquisition, en congrès Ă Copenhague ! Provisoirement, je m’intĂ©resse moins Ă la burqa qu’Ă la taxe carbone. Sans compter la suite. J’ai l’impression qu’on va droit dans le mur et que nos dirigeants n’ont pas l’air de voir le mur.
P.S. : au moment de poster ce message, écrit voilà quelques jours, je respire : ils ont vu le mur !
22 dĂ©cembre 2009 à 14:58
Dans la petite ville minière de mon enfance, un recensement à la charnière des années 50 et 60 dénombrait une vingtaine de nationalités. La présence d’Africains était anecdotique, celle de musulmans, alors que la décolonisation n’était pas achevée, plus notoire. Ce qui unifiait l’essentiel de la population était d’abord la profession: au fond de la mine, les différences ethniques ou religieuses s’effaçaient car tous étaient confrontés aux mêmes pénibilité et risque du travail. Dans un industrie minière très hiérarchisée, un autre élément structurant était, osons ce gros mot, la classe sociale. Il y avait les mineurs, la maîtrise - les porions -, les ingénieurs; chacun se regroupant au sein de syndicats particuliers. À cette époque de plein emploi, on voyait peu de “ chômeurs professionnels “, de ceux qui rechignent à se lever tôt. Travaillaient même aux Houillères des personnes handicapées, ou peu futées, qui constituaient par exemple au sens propre les lampistes. C’est-à -dire une population qui, actuellement, n’a pas une productivité jugée adaptée, que l’on fera bénéficier d’une allocation adulte handicapé en la stigmatisant néanmoins comme assistée. Mais au moment de la crise économique des années 30, cette belle solidarité avait été mise à mal: les Polonais, immigrants les plus nombreux après la Grande Guerre, avaient été l’objet d’une hostilité, certains expulsés, bien que bons catholiques romains.
Depuis la fin des régimes communistes (au moins en Europe), et la mise au rebut de Marx l’analyste comme de Marx le prophète, il n’y a plus de problèmes sociaux, uniquement des populations qui ne s’adaptent pas, surtout pour des raisons ethniques ou religieuses, à notre société quasi parfaite. D’ailleurs, l’idéologie protestante, qui serait à l’origine du développement du capitalisme, nous l’a appris, la réussite est une distinction de Dieu, inversement l’échec une punition pour celui qui le subit (pour sa dernière tenue, le port de sa Rollex est conseillé: Dieu reconnaîtra plus facilement les siens). Dans les années qui suivaient la douloureuse décolonisation algérienne, un confrère, qui avait passé son enfance au Liban avec un père enseignant, m’expliquait déjà que la position prépondérante des maronites dans ce pays démontrait bien la supériorité du christianisme sur l’islam.
Avant l’islam dernière religion révélée, le christianisme qui l’a précédé de plusieurs siècles, prétendait aussi détenir la vérité, et dès qu’il a été choisi par le pouvoir séculier, il a été imposé aux derniers païens, et a justifié les mesures discriminatoires prises pendant près de 15 siècles à l’égard des Juifs, cette population qui refusait d’admettre que le christianisme était l’accomplissement de leur religion. Si les Palestiniens commettent des pogroms depuis 1930, les Européens les ont précédés d’au moins 1000 ans. Les faits sont tragiquement semblables pour ceux qui les subissent, mais les motivations sont radicalement différentes. Dans le premier cas, il s’agit d’un conflit territorial comme il s’en produit depuis les débuts de l’humanité, de l’autre, des conséquences d’élucubrations théologiques et (ou) d’un sentiment paranoïaque de complots sans équivalents ailleurs par sa prégnance et sa durée. Parmi les mesures discriminatoires les plus constantes prises à l’encontre de la population juive par l’Europe chrétienne, on note la réduction de son importance par l’interdiction du prosélytisme, la conversion forcée ou l’expulsion, l’interdiction des manifestations extérieures de leur religion avec notamment celle de la construction de nouvelles synagogues . Autre mesure récurrente: l’imposition du port d’un vêtement distinctif. Aujourd’hui, au contraire, c’est l’interdiction du port d’un tel vêtement par des musulmanes qui est envisagée. Dans un sketch de Robert Dhéry, un portier de grand hôtel expliquait à un collègue tous les bienfaits qui l’attendait « le jour de la liberté ». À chaque évocation, le collègue ne manifestait aucun enthousiasme et répliquait en décrivant sa situation présente qu’il jugeait satisfaisante. Excédé, son interlocuteur rompait la conversation par un tonitruant: « le jour de la liberté, tu feras ce qu’on te dira! ».
En sifflant la fin de la lutte des classes, on espérait peut-être instaurer une société irénique, mais la zone de conflits s’est déplacée sur le plan ethnique et religieux. Des deux côtés de la zone, des hommes politiques et des idéologues en semblent satisfaits ne doutant pas de tirer profit de ce combat douteux, malgré son aspect régressif.
22 dĂ©cembre 2009 à 15:57
@Kenique
Je vous suis sur le danger des certitudes et des convictions.
Mais je ne vous suis pas sur l’appellation “pseudo-scientifiques” des membres du GIEC car ce sont des scientifiques, qu’ils se trompent ou non.
Vincent Courtillot, un scientifique qui conteste les origines “humaines” du changement climatique, a bĂ©nĂ©ficiĂ© de pas mal de temps d’antenne. Je l’ai entendu/vu deux fois ces derniers temps: Science publique du 11 DĂ©cembre (Archives FC) et sur FR3, un dĂ©bat de “Ce soir ou jamais.”
D’autre part, je n’ai pas compris ce qu’est ce “mur” dont vous parlez
22 dĂ©cembre 2009 à 18:33
Attention Ă ce que vous Ă©crivez, Monsieur Machefer, je n’ai jamais parlĂ© de “pseudo-scientifiques” (du grec “pseudein”, qui signifie “mentir”) mais de “soi-disant scientifiques” (ce qui veut dire qu’ils se disent eux-mĂŞmes scientifiques) ce qui n’est PAS DU TOUT la mĂŞme chose. Je n’ai insultĂ© personne ; j’ai seulement rappelĂ© justement, que lorsqu’on se prĂ©tend scientifique (ce que sont beaucoup des membres du GIEC, mais pas tous) ou, plus exactement, lorsqu’on prĂ©tend s’exprimer en cette qualitĂ©, on Ă©vite d’afficher trop bruyamment des certitudes intempestives. Pour des scientifiques ils ne se conduisent pas comme tels (ce que prĂ©cisĂ©ment, je regrette), mais comme des croyants, d’oĂą mon intervention dans le cadre d’un sujet oĂą il Ă©tait question de religion.
Par ailleurs, les media, comme toujours thurifĂ©raires de la pensĂ©e dominante, se gardent bien d’inviter des climato-sceptiques. Ils en invitent un, Monsieur Courtillot, pour que chacun soit bien convaincu que tout le monde est d’accord, sauf un. Des appels Ă une rĂ©flexion plus poussĂ©e sur la prĂ©tendue responsabilitĂ© humaine dans le prĂ©tendu rĂ©chauffement climatique ont Ă©tĂ© signĂ©s par des milliers de chercheurs Ă travers le monde et, malheureusement, Monsieur Courtillot n’est peut-ĂŞtre pas le mieux placĂ© pour les reprĂ©senter, vu le caractère rĂ©cent de son intĂ©rĂŞt pour les questions climatiques.
Quand on entend Monsieur Jouzel dire que l’optimum mĂ©diĂ©val a eu une très faible incidence sur le climat global et que, en tout Ă©tat de cause, il n’a touchĂ© que l’Europe du nord et l’AmĂ©rique du nord, et que personne ne trouve le moyen de le ridiculiser, on voit bien qu’on n’a pas invitĂ© les bonnes personnes.
Quoi qu’il en soit, entre Al Gore, Yann Arthus Bertrand, Nicolas Hulot et Vincent Courtillot, le scientifique, c’est Courtillot. Les autres sont des bateleurs (il n’y a pas de sot mĂ©tier). Cela dit, Jouzel est aussi un scientifique, et mĂŞme de haut niveau, mais cela ne l’empĂŞche pas de dire des bĂŞtises lorsqu’il veut juger “au-dessus de la sandale”. C’est un glaciologue, pas un historien du climat. Lorsqu’il parle de l’optimum mĂ©diĂ©val, il est comme moi, il rĂ©pète ce qu’il a lu. La diffĂ©rence entre lui et moi, c’est que, apparemment, ses lectures sur le sujet remontent Ă un passĂ© qui commence Ă s’Ă©loigner sĂ©rieusement. Un vrai scientifique, Ă la question concernant ce point, aurait rĂ©pondu qu’il n’en savait rien. Un simple honnĂŞte homme de mĂŞme (j’ai dit “honnĂŞte homme”, pas “homme honnĂŞte”, ne me lisez pas de travers, s.v.p.).
Ce que j’entends par “le mur” ?
Pour moi, mais ce n’est qu’une attitude personnelle, lorsque je n’ai pas les moyens de tout faire, je commence par faire ce que je suis sĂ»r de rĂ©ussir. Quand je dis qu’on va dans le mur, je fais allusion Ă ce projet absurde de financer la lutte contre les Ă©missions de gaz Ă prĂ©tendu effet de serre en sĂ©questrant le dioxyde de carbone, alors qu’on n’a mĂŞme pas les moyens de donner Ă manger et Ă boire de l’eau potable Ă des centaines de millions de gens. Je vous rappelle que le dĂ©ficit de la France sera cette annĂ©e de 8% du PIB, que la dette dĂ©passera les 80% du PIB, que, mĂŞme en France, des gens meurent de faim et couchent dans leurs voitures, et on parle d’investir des milliards dans la lutte contre un phĂ©nomène dont rien de prouve pour l’instant qu’il soit contrĂ´lable. On ferait mieux de se prĂ©parer Ă s’y adapter et, surtout, Ă Ă©conomiser ce qu’il reste de combustibles fossiles en attendant qu’on maĂ®trise la fusion nuclĂ©aire. En attendant, on fait de belles promesses aux potentats africains. Des milliards dont personne n’a le premier sou, qu’il va donc falloir emprunter aux investisseurs (aux Chinois ?), qui vont encore se sucrer aux frais du contribuable. Mais on n’augmentera pas les impĂ´ts, promis, jurĂ©, crachĂ©… Ah si… juste une petite taxe carbone… La ficelle n’est-elle pas assez grosse pour que vous la voyiez ?
Je me rĂ©jouis donc de voir que la plupart des Ă©tats prĂ©sents au sommet de Copenhague se soient montrĂ©s rĂ©servĂ©s (c’est le moins qu’on puisse en dire) face aux propositions gĂ©nĂ©reuses (?) d’une Europe complètement exsangue. Ils ont vu le mur.
(Heureuse idĂ©es d’avoir pensĂ© Ă organiser un sommet sur le rĂ©chauffement climatique Ă la mi-dĂ©cembre au-dessus du 70ème parallèle !!!).
22 dĂ©cembre 2009 à 19:37
@Kenique
Merci d’avoir rectifier mon “lapsus clavis”.
Sur le fond, je suis d’accord avec vous. Je vois trop de gens se prĂ©cipiter vers ce nouveau “credo” du rĂ©chauffement pour causes humaines, y compris le nouveau “converti”, Nicolas Sarkozy. Cela redonne la main aux politiques, qui ont perdu pas mal de pouvoir sur d’autres terrains, notamment Ă©conomiques. Et puis il y a des voix Ă prendre, de l’argent Ă gagner (Al Gore a massivement investi dans les industries “vertes”).
Comme beaucoup d’autres croyances, celle-ci me parait trop anthropomorphique pour ĂŞre honnĂŞte !
22 dĂ©cembre 2009 à 20:21
Brice, merci pour cette mise au point bienvenue
22 dĂ©cembre 2009 à 23:19
lisez monsieur Couturien
l’impasse islamique , le religion contre la vie n de hamid zanaz , prĂ©face de Michel Ofray, vous allez trouver unautre approche de l’islam
1 janvier 2010 à 11:00
Bonne année !
1 janvier 2010 à 16:15
“il est nĂ©cessaire de faire le point sur ce que nous sommes, de dĂ©finir les principes sur lesquels nous ne pouvons pas transiger (comme l’égalitĂ© hommes/femmes, la laĂŻcitĂ©, la libertĂ© de culte et d’expression), sous peine de nous renier nous-mĂŞmes.”
Selon vous, il existerait un danger de perte de nos valeurs? Cette manière de poser le dĂ©bat ressemble Ă s’y mĂ©prendre Ă celle de la libertĂ© d’expression prĂ©tendument remise en cause au moment des caricatures de Mahomet. Ou avez-vous constatĂ© un risque ? Y-a-t-il un dĂ©pĂ´t de projet de loi en ce sens? Des personnes l’ont-il fait progresser Ă travers d’un lobbying ? Je ne vois rien d’autre que des dĂ©clarations, certes lĂ©gitimes, mais sans fondements ni arguments. Vous parlez d’un maire dans une grande agglomĂ©ration. Certes, mais ce maire renie-t-il les lois de la rĂ©publique ?
La libertĂ© d’ETRE va avec la libertĂ© de s’exprimer. Notre histoire, notamment le colonialisme montre Ă quel point nous sommes toujours enclin Ă exiger, recevoir mais jamais donner, tolĂ©rer, partager et surtout unir et non diviser.
Si on souhaite pointer du doigt les manipulations exercĂ©es sur les femmes voilĂ©es, il faut aller jusqu’au bout: montrer et dĂ©monter les classiques techniques de manipulation dont la population est Ă la cible quotidiennement, y compris les techniques qu’utilisent les politiciens, les professionnels des medias, de la publicitĂ©. Ainsi, par l’Ă©ducation, pourrait-on inviter la population Ă plus de conscience via Ă vis des outils qui les manipulent. Qu’il s’agisse du prĂ©dicateur de banlieue ou du journaliste qui doit vendre son journal et les messages de ses annonceurs. La vĂ©ritĂ© a une caractĂ©ristique particulière : elle est entière ou n’est pas. Quand on s’y engage, on doit le faire jusqu’au bout, sinon la propagande est vite dĂ©masquĂ©e, le message rejetĂ© engendrant le repli sur soi ou le repli communautaire.
Bien Ă vous
1 janvier 2010 à 18:42
bonne année Kenique et la bande
1 janvier 2010 à 23:53
Je ne sais pas si elle sera bonne mais elle sera sĂ»rement “intĂ©ressante” et donnera du grain Ă moudre!!
Bonne année, donc.
3 janvier 2010 à 16:03
“la libertĂ© d’expression prĂ©tendument remise en cause au moment des caricatures de Mahomet”, Ă©crivez-vous, Grandais. J’ai du mal Ă vous suivre. Pour vous, les menaces de mort et les incendies d’ambassades et de consulats par des foules dĂ©chaĂ®nĂ©es ne constituent en rien des remises en cause de la libertĂ© d’expression ? Hier encore, l’un des caricaturistes danois n’a Ă©chappĂ© Ă la hache d’un censeur que grâce Ă la porte blindĂ©e de sa salle de bains. Oui, les “remises en cause de la libertĂ© d’expression” se font Ă la hache, dorĂ©navant. Tout un symbole. A tout prendre les lĂ©gères peines de prison du XIX° Ă©taient bien prĂ©fĂ©rables.
6 janvier 2010 à 18:12
vous vous prĂ©tendez modĂ©rateur. je vous ai encore entendu hier soir Ă propos de dĂ©croissance. vous y avez une fois encore embouchĂ© les trompettes les plus enrayĂ©es d’une pseudo-alternative le progrès vs la bougie. vous avez comme d’habitude caricaturĂ© les opinions de ceux qui ne vous ressemblent pas. vous n’ĂŞtes pas un modĂ©rateur, vous ĂŞtes partial. moi aussi, mais je ne me revendique d’aucune impartialitĂ©. il Ă©tait alors normal que vous alliez servir la soupe au doriot de pacotille qui se croit ministre d’une administration qui n’est que le croupion d’une police qui dĂ©considère la rĂ©publique qu’elle doit servir. mais tout cela ne vous gĂŞne pas, car vous trouverez toujours ici ou lĂ un personnage en mal de reconnaissance sociale soucieux de se faire entendre sur les ondes publiques que vous occupez. du grain Ă moudre, non, des idĂ©es que vous passez Ă la moulinette libĂ©raliste, sur le mode de l’incantation alors que vous savez bien que vos idĂ©es basĂ©es d’abord sur l’enrichissement personnel et la glorification de l’Ă©goĂŻsme nous mènent dans le meilleur des cas Ă l’impasse, dans le pire au prĂ©cipice.
concernant vos propos que j’Ă©coute sur la route du retour d’une prison oĂą je rends visite Ă ces damnĂ©s que vos amis font expulser Ă la fin de leur peine [ cela s’est passĂ© fin mars 2009 ], je les apprĂ©cie Ă leur juste valeur, surtout quand vous parlez de l’Ă©tranger que vous ne semblez connaĂ®tre qu’au travers du prisme dĂ©formant des salles de rĂ©ception des grands hĂ´tels ou des rencontres que l’on peut faire, un verre Ă la main, au cocktail de l’ambassadeur du coin. savez-vous cher monsieur comment s’est rĂ©ellement dĂ©roulĂ©e la nomination d’aboutaleb ? de mon point de vue, vous n’en avez aucune idĂ©e. vous ne savez pas qu’il s’agit d’un poste administratif dont la vacance est rendue publique, que les candidats doivent envoyer leur cv et une lettre de motivation Ă un comitĂ© de sĂ©lection, puis que le candidat retenu est nommĂ© par la reine. ah, vous le saviez ? que ne l’avez-vous Ă©crit ?
je ne me fais Ă©videmment aucune illusion sur l’usage que vous ferez non pas de ce commentaire mais plutĂ´t de cette opinion, c’est pourquoi je prends la prĂ©caution de la publier sur mon blog.
7 janvier 2010 à 16:19
C’est ça, ma vie se passe dans les grands hĂ´tels et les ambassades… Sachez, cher monsieur michon, que j’habite en grande banlieue, que j’y rentre par le bus, le mĂ©tro, le train et le car, tous les soirs et je n’ai pas l’honneur de frĂ©quenter les lieux dont vous parlez. Vous devez me confondre avec un autre.
Notre Ă©mission est un lieu de dĂ©bats contradictoires. Si vous voulez entendre les sombres prĂŞches de vos amis, sans que quiconque ne soit admis Ă leur opposer les arguments du simple bon sens, il y a d’autres adresses, je ne vous retiens pas.
10 janvier 2010 à 18:22
Brice dit :
“L’islam n’est pas une “race”. Ce n’est qu’une religion. C’est pourquoi la notion “d’islamophobie” est une imposture. Ou alors, il faudrait inventer la christianophobie, etc.”
On a pas inventĂ© la christianophobie, mais on a la “judĂ©ophobie” que l’on appelle “antisĂ©mitisme”. Les juifs ne sont pas plus un peuple que les musulmans : plusieurs langues, plus origines gĂ©ographiques, plusieurs cultures etc.
Bref, dans votre histoire, si l’islamophobie n’existe pas, le CRIF et Cie seront ravis d’apprendre que l’antisĂ©mitisme n’existe pas non plus !
C’est marrant, je ne vous connaissais pas sous ce jour d’affolĂ© Ă la mode Fourest, vous avez dĂ» trop vous attarder sur les ouvrages de cette dernière. C. Fourest est un auteur aussi douteux que ceux auxquels elle s’attaque, elle vous a embobinĂ© dans l’idĂ©e du pĂ©ril de l’islam radical et conquĂ©rant ? Jetez donc un oeil au monde diplo de ce mois-ci : c’est justement sur la renaissance du mythe de l’islam conquĂ©rant.
En attendant, j’entends parler de Burkas mais je n’en ai vu ni ici en province, ni Ă Paris dans quelque quartier que ce soit !
11 janvier 2010 à 14:51
“On a la judĂ©ophobie”, cher WB, parce que le peuple juif est un peuple et qu’il existe des antisĂ©mites bien dĂ©cidĂ©s Ă lui interdire l’existence - y compris sous la forme d’un Etat-nation. “L’islamophobie”, tout comme la “christianophobie” sont des impostures, en effet, parce que ni les musulmans ni les chrĂ©tiens ne sont des peuples.
12 janvier 2010 à 5:44
Justement non… Un peuple je le rĂ©pète doit avoir une langue commune, une culture, ou mĂŞme une simple proximitĂ© gĂ©ographique et une volontĂ© de vivre ensemble (prenons la Suisse par exemple). Cela n’existe pas dans le judaĂŻsme, tout historien, tout sociologue sĂ©rieux vous le dira.
Le cas d’IsraĂ«l entretient la confusion dans les esprits, c’est vrai. Mais il faut se souvenir que les sionistes ont créé une langue de toute pièce, ils ont aussi remis au goĂ»t du jour le mythe d’un peuple qui serait restĂ© “un” malgrĂ© les multiples migrations au cours des derniers millĂ©naires. Le rĂ©sultat de cet propagande est IsraĂ«l qui est un “Etat-nation” très problĂ©matique, Ă cause du “nationalisme juif” qui a sous tendu sa crĂ©ation de toute pièce.
La notion de “nationalisme juif”, c’est ça l’imposture. IsraĂ«l n’est pas un État juif… D’ailleurs tous les travaux dĂ©mographiques dĂ©montrent que d’ici Ă 50 ans, les juifs seront minoritaires dans ce pays ! Si les juifs Ă©taient un peuple, les pratiquants de cette religion s’empresseraient d’Ă©migrer dans ce pays : ce n’est pas le cas. Les israĂ©liens fuient leur pays car si ils rĂ©sident Ă l’Ă©tranger et ne rentrent que pour les fĂŞtes, il ne peuvent pas ĂŞtre appelĂ©s tous les quatre matins, pour aller se trimballer avec une mitraillette dans le dĂ©sert. EmbrigadĂ©s depuis le berceau, leur amour de la patrie a des limites…celles du bon sens.
Quant Ă votre argument posant que les juifs seraient un peuple parce qu’il y a des antisĂ©mites… A mon avis je pense que l’on peut aussi trouver un paquet de gens qui extermineraient volontiers les musulmans (l’ex-ministre de la dĂ©fense israĂ©lien Lieberman ?). Idem un paquet de gens extermineraient volontiers les chrĂ©tiens (prenons les islamistes).
Qui fait le peuple ? Le peuple ou ses ennemis ? SĂ»rement les deux (les israĂ©liens ont créé les palestiniens) mais bon faut pas pousser… Encore une fois je suis Ă©tonnĂ© de vous voir colporter une telle contre-vĂ©ritĂ©.
13 janvier 2010 à 0:54
Savez-vous pourquoi l’europĂ©en moyen (le monsieur Jourdain postmoderne!) dĂ©teste autant IsraĂ«l (c’est-Ă -dire secrètement les juifs!) et cela malgrĂ© toute la rhĂ©torique facile et hypocrite concernant la distinction entre antisionisme et antisĂ©mitisme?
VoilĂ Ă mon humble avis quelques raisons secrètes et inavouĂ©es de l’Europe dĂ©mocratique (JC Milner):
1) Lorsque nous Ă©tions encore capable d’identification collective et d’enracinement dans une communautĂ© socio-historique (les nations!), nous leur reprochions d’ĂŞtre des apatrides universalistes et cosmopolites…voire Maurras par exemple.Maintenant nous ne sommes plus rien, ou plutĂ´t nous voulons justement ne rien ĂŞtre. l’Europe n’est plus dĂ©sormais que cet empire mou de la procĂ©dure libĂ©rale et des des droits de l’homme, qui se croit encore universel en se dĂ©substantialisant si radicalement qu’Ă chacune de ses extensions (en termes de compĂ©tences ou de gĂ©ographie)elle s’efface toujours un peu plus, cachant sa faiblesse en s’inventant un gentil petit monde post-westphalien et social-dĂ©mocrate oĂą tout le monde devrait ĂŞtre de gentils petits dĂ©mocrates libĂ©raux! Sauf les vilains juifs d’IsraĂ«l (et aussi les mĂ©chants amĂ©ricains surtout les rĂ©publicains…)…parce que prĂ©cisĂ©ment les juifs d’IsraĂ«l sont encore capable de se dĂ©finir et de dĂ©fendre leur territoire, et en plus la torah Ă la main les cons! Et ça l’Europe postmoderne ne le supporte plus! Les juifs d’IsraĂ«l ont la volontĂ© de vivre et d’affronter le monde tel qu’il est, surtout pour eux, tragique et plein de menaces. C’est Ă©galement pour ça que nous dĂ©testons de plus en plus les Etats-Unis, parce qu’ils n’ont pas peur d’ĂŞtre eux mĂŞmes, de faire usage de leur puissance en fonction de leurs intĂ©rĂŞts( pas toujours très intelligemment je le concède!), et surtout parce qu’au fond nous demeurons jaloux de leur vigueur! Car enfin…il faudra bien un jour se l’avouer, quel Etat, dans la situation d’IsraĂ«l, c’est-Ă -dire entourĂ© de dictatures et de masses arabo-musulmanes cherchant sa destruction, ne serait pas belliqueux et agressif? Et mĂŞme si les colonies israeliennes devraient lĂ©gitimement cesser et ĂŞtre rĂ©trocĂ©dĂ©es, le Hamas ou le Hezbollah n’ont rien Ă nĂ©gocier, entièrement vouĂ©s qu’ils sont Ă la destruction de l’”entitĂ© sioniste”!
De mĂŞme, la haine ou l’hostilitĂ© Ă IsraĂ«l permet Ă la crouille europĂ©enne de se dĂ©douaner Ă bon compte des crimes qu’elle a commis il n’y a pas si longtemps!
Et puis je rajouterai, pour la polĂ©mique, qu’au fond des choses, mais vraiment au fond, très secrètement,sans oser se l’avouer, nous haĂŻssons IsraĂ«l pour ne pas froisser nos futurs maĂ®tres…mais si, rĂ©flĂ©chissez bien!
L’Europe n’est rien, et ne mĂ©rite que le mĂ©pris pour sa veulerie…Entre l’Europe et les Etats-Unis, les deux composantes de l’Occident moderne, il y a quasiment autant de diffĂ©rences qu’entre l’empire romain d’Occident et d’Orient vers le milieu du VĂ©me siècle ap JC… Les Etats-Unis nous survivront!
13 janvier 2010 à 11:45
Il est malheureux de constater que des personnes se comportant correctement dont les parents sont d’origine étrangère, français et se comportant correctement, subissent des discriminations liées au laxisme des autorités face à l’extrême montée de la violence dans notre pays.
13 janvier 2010 à 16:50
Les ArmĂ©niens aussi sont un peuple, WB, mais ils n’Ă©migrent pas tous Ă Erevan et leur Etat, tout rĂ©cent qu’il soit, n’est ni “problĂ©matique”, ni provisoire, comme vous le sous-entendez en ce qui concerne IsraĂ«l. Il y a des peuples sans Etat, comme les Kurdes aujourd’hui ; il y a des Etats qui regroupent plusieurs peuples (les empires) ; il y a des Etats qui reconnaissent plusieurs langues (comme la Suisse). La coĂŻncidence d’un seul peuple, d’une mĂŞme culture et d’un Etat sur un mĂŞme territoire est une particularitĂ© assez rare Ă l’Ă©chelle de l’histore. Ce n’est pas parce qu’elle correspond Ă l’expĂ©rience historique française qu’il faut gĂ©nĂ©raliser.
Quant au “nationalisme juif” sous la forme du dĂ©sir de crĂ©er un Etat juif, elle n’est ni rĂ©cente (fin XIX° siècle, Herzl), ni “problĂ©matique”, elle non plus. Je relève d’ailleurs que les mĂŞmes qui critiquent “l’artificialitĂ©” et le caractère “rĂ©cent” - et donc problĂ©matique - de cette identitĂ© juive-israĂ©lienne, n’hĂ©sitent pas Ă reconnaĂ®tre comme parfaitement lĂ©gitime le nationalisme palestinien, qui est autrement plus rĂ©cent…
13 janvier 2010 à 19:24
“Les ArmĂ©niens aussi sont un peuple”
Euh… Quel rapport avec les armĂ©niens ? Oui je les armĂ©niens sont un peuple, assurĂ©ment. Ils disposent d’une langue propre. Leur Ă©tat n’est pas rĂ©cent du tout par contre, oui ce fut une rĂ©publique soviĂ©tique, oui il y eut indĂ©pendance Ă la chute du bloc soviet. Mais avant cela les armĂ©niens Ă©taient en ArmĂ©nie depuis plus de 1500 ans…(basons nous sur la langue, et donc la culture).
“Ce n’est pas parce qu’elle correspond Ă l’expĂ©rience historique française qu’il faut gĂ©nĂ©raliser.”
Bien sĂ»r qu’il y a plusieurs peuples dans un pays, mĂŞme en France. C’est Ă coup de mythes et d’Ă©cole publique que l’on a gommĂ© cela en France.
“Quant au “nationalisme juif” sous la forme du dĂ©sir de crĂ©er un Etat juif, elle n’est ni rĂ©cente (fin XIX° siècle,”
L’idĂ©e de crĂ©er un État juif a en effet pris de l’essor au 19 ème : je ne sais pas Ă quelle Ă©chelle vous vous placez, moi je trouve cela plutĂ´t rĂ©cent. La particularitĂ© d’IsraĂ«l c’est donc que tout a Ă©tĂ© construit en moins d’un siècle : langue, mythe fondateur, population… Au 19ème il n’y avait rien de tout cela. C’est un cas unique Ă la problĂ©matique exacerbĂ©e par le phĂ©nomène de la Shoah.
Vous relevez que “les mĂŞmes qui critiquent l’artificialitĂ© (…) de cette identitĂ© juive-israĂ©lienne n’hĂ©sitent pas Ă reconnaĂ®tre comme lĂ©gitime le nationalisme palestinien” : je pense que cette remarque ne s’adresse pas Ă moi qui vous ai signalĂ© que la conscience palestinienne n’a pu naĂ®tre que “grâce” aux israĂ©liens…
Je suis toujours étonné de constater à quel point il est rare que les gens aient une conception un tant soit peu équilibrée vis à vis de tous ces faits. Le débat ne se résume pas à des positions passionnelles pro/anti palestiniens ou israéliens. En évitant de vouloir mettre les gens dans des boîtes, vous y verriez plus clair.
Si toutefois comme vous en ĂŞtes convaincu, les juifs sont un peuple avant d’ĂŞtre une religion, je vous invite Ă vous interroger sur ce que signifie le terme “État juif”. Est-ce la manifestation du dĂ©sir d’ĂŞtre un pays “mono-ethnique” (en vous laissant apprĂ©cier tout ce que sous-tend et sous-entend cette expression) ?
14 janvier 2010 à 16:19
“La coĂŻncidence d’un seul peuple, d’une mĂŞme culture et d’un Etat sur un mĂŞme territoire est une particularitĂ© assez rare Ă l’échelle de l’histore. Ce n’est pas parce qu’elle correspond Ă l’expĂ©rience historique française qu’il faut gĂ©nĂ©raliser.”
I suppose I have to laugh. Who made the french : God, the Earth, the Rain ?
14 janvier 2010 à 20:54
curieuse discussion sur les phobies
s’agissant de la judĂ©ophobie,
c’est un terme qui succède Ă l’antisĂ©mitisme. Pourquoi ? parce que l’antisĂ©mmitisme a Ă©voluĂ© et pris d’autres formes. le terme judeophobie dĂ©veloppĂ© par PA Taguieff semble adaptĂ©. Les juifs sont en effet mĂŞme si on utilise pas le terme peuple un “groupe” qui a Ă©tĂ© et demeure la proie d’un haine farouche fondĂ©e sur des fantasmes. Phobie est un peu gĂ©nant car il y a un cotĂ© pathologique, mais personne n’a trouvĂ© mieux… Je crois que Poliakov dĂ©finit l’antisĂ©mistime comme “l’animositĂ©” vis Ă vis des juifs dĂ©finis comme un peuple auquel “on” attribue des faits fantasmĂ©s. Taguieff transforme le terme car l’antisĂ©mitisme a pris d’autres formes dans notre mode post moderne. franchement quel est le problème ? Ă vouloir se refuser Ă utiliser un terme que recherche t on ? et alors comment qualifier la haine vis Ă vis des juifs ????
sur Israel, ben oui c’est un Etat juif puisqu’il s’est créé sur la base d’un mouvement national, le sionisme (qui avait on l’oublie Ă l’origine un aspect religieux). Evidemment, cette nation a ses mythes, comme nous… Si on s’interesse au monde universitaire israĂ©lien, on y trouvera la “nouvelle histoire” qui justement rĂ©flĂ©chit sur ces mythes ou sur le sionisme. très franchement, notre post colonialisme a cotĂ© c’est rien…
et puis, s’il y a une sociĂ©tĂ© qui s’interroge sur ses fondements son devenir… c’est bien Israel ! L’enjeu aujourd’hui est justement de savoir si Israel se crispera sur son identitĂ© juive au sens religieux et/ou culturel (malheureusement en oubliant sa composante arabe non juive) ou se laicisera au sens d’un Etat neutre mais n’est ce pas risquer de “”"dissoudre”"” la composante juive dans un Ă©quilibre dĂ©mographique dĂ©licat ?
sur le fait qu’on critique plus facilement Israel parce que nous savons dans notre for intĂ©rieur que nous aurons de nouveaux maitres. La M haye ça va loin
personnellement je suis extremement critique vis Ă vis de la politique suivie par les gouvernements israĂ©liens mais je suis un soutien Ă l’existence d’Israel ; et ce n’est pas en m’imaginant soumis Ă de nouveaux maitres ! simplement parce que je pense que les palestiniens sont un peuple qui a droit Ă un Etat et qui est aujourd’ui soumis Ă une politique coloniale inacceptable
en revanche, ce qui est très grave ce sont deux mouvements opposĂ©s : des instances communautaristes qui soutiennent Israel sans le critiquer et qui font l’Ă©quation extrĂŞmement dangereuse juif français = soutien automatique Ă Israel, qui sortent des drapeaux IsraĂ©liens quand il y a un acte antisĂ©mite en France ; et puis de l’autre cotĂ© (sans faire une Ă©quivalence!), des structures Ă l’extrĂŞme gauche qui instrumentalisent le conflit entre Israel et la Palestine… (ce soir je rentre dans ma banlieue multiculturelle et subit la lecture d’autocollants dans mon mĂ©tro favori qui rappelle que “Palestine vaincra” collĂ© par de jeunes gauchistes qui ne savent pas placer Israel sur une carte et excitent avec succĂ©s le malaise identitaire des jeunes musulmans français).
on en revient toujours aux dangers du communautarisme…
14 janvier 2010 à 21:48
Bonjour Saturnin! Un petit coucou des Etats-Unis, de Charlottesville plus précisément!
14 janvier 2010 à 22:17
ah M haye est en fait américain
saturnin.coincoin@laposte.net
7 fĂ©vrier 2010 à 21:51
De faire croire que l’identitĂ© d’une nation s’administre ? En l’auscultant Ă coup d’instruments dont la fiabilitĂ© est complètement douteuse ?
Si le gouvernement veut faire quelque chose en faveur de l’identitĂ© nationale qu’il ratifie “Charte europĂ©enne des langues rĂ©gionales ou minoritaires”.
LĂ sont les racines de Français, et s’il faut ajouter l’Arabe dialectal ou le Wolof Ă la liste des patois Français, que l’on ne se gène pas.
11 fĂ©vrier 2010 à 5:16
Moi, je pense qu’il y a des differentes tipes de nationalisme, celui qui ne marche pas c’est Ă dire un fanatisme, et celui qui on accepte bien d’ĂŞtre francais, allemand, mexicaine, etc. Walt Whitman,le poĂ©te universel lasse a l’ecart la nationalitĂ© et cependant il est fier d’ĂŞtre americain malgrĂ© les conditions de cet temps lĂ .