fév 21
Il arrive que l’on loupe complètement une Ă©mission. C’est le sentiment que j’ai Ă©prouvĂ© en sortant du studio 167 mercredi dernier. C’Ă©tait pourtant un sujet que je prĂ©parais depuis plus d’un mois, alertĂ© par Nicolas VĂ©ron (jeune et brillant Ă©conomiste, membre du think tank bruxellois Brueghel). Sur le plateau, le climat Ă©tait excellent, dĂ©tendu - grâce en particulier Ă l’humour et Ă la sympathie contagieuse de Jean-Paul Fitoussi (le prĂ©sident de l’OFCE). Et nous jouissions, en outre, du prestige et de l’expĂ©rience d’un ancien ministre des Finances, Jean Arthuis (actuel prĂ©sident de la très redoutĂ©e Commission des Finances du SĂ©nat). Et cependant, je le rĂ©pète, j’ai eu le sentiment que, par ma faute, l’Ă©mission Ă©tait largement passĂ©e Ă cĂ´tĂ© d’un sujet les plus sĂ©rieux du moment. Il aura Ă©tĂ© question de toute sorte de choses, des agences de notation, des spĂ©culateurs, des causes de la crise, mais pas de la sortie de crise et des risques que celle-ci comporte. Car personne ne peut croire que la mise sous perfusion de l’Ă©conomie, qui a dĂ©butĂ© en 2008, peut se prolonger indĂ©finiment. Les affaires islandaise, irlandaise, de DoubaĂŻ, grecque ont valeur d’avertissement. Demain, l’Espagne, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis eux-mĂŞmes, pourraient bien se retrouver incapables de faire face aux intĂ©rĂŞts des dettes gigantesques, accumulĂ©es par leurs Etats pour soutenir leurs Ă©conomies et tenter d’apurer les comptes de leurs banques. Au point qu’on peut se demander si, avec la crise qui se termine, n’est pas en train de s’en ouvrir une autre, peut-ĂŞtre plus destructrice encore de richesses et d’emplois. Il va donc falloir, Ă un moment prochain, commencer Ă fermer les vannes du crĂ©dit, faire face aux intĂ©rĂŞts des emprunts - alors mĂŞme que les banques sont encore mal “purgĂ©es” et que l’Ă©tat du malade, l’Ă©conomie des vieux pays industriels, Ă peine remis, pourrait bien ne pas rĂ©sister Ă l’arrĂŞt du traitement de choc. Lire la suite »



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