Certains de nos intervenants lors de l’Ă©mission d’hier ont dĂ©plorĂ© que le dĂ©bat d’origine gouvernementale sur l’identitĂ© française ait Ă©tĂ© “polluĂ©” par celui qui a lieu autour des conclusions de la Commission parlementaire sur la burka et le niqab. Loin de considĂ©rer que l’un de ces dĂ©bats nĂ©cessaires ait contribuĂ© Ă  “polluer” l’autre, j’estime pour ma part qu’il s’agit bien du mĂŞme dĂ©bat. Notre pays a Ă©laborĂ©, au cours des siècles, un certain type de civilitĂ© qui repose, en particulier, sur la libre circulation des femmes dans l’espace public, sur leur participation Ă  la formation de l’esprit public (les “salons” des XVII° et surtout XVIII° siècles), sur un certain habitus de l’Ă©change entre les sexes qui repose sur une culture de la sĂ©duction (le marivaudage), couronnĂ©e, un peu plus tard, avec le fĂ©minisme universaliste français, par un idĂ©al de l’Ă©galitĂ© complète entre hommes et femmes. La coutume archaĂŻque de cloĂ®trer les femmes dans des espaces Ă  elles rĂ©servĂ©es au sein du foyer, qui suppose qu’elles ne sauraient s’exposer aux regards des autres hommes que voilĂ©es et/ou Ă©troitement contrĂ´lĂ©es dans leurs dĂ©placements par un des hommes du clan, cette coutume est profondĂ©ment Ă©trangère Ă  nos moeurs et Ă  notre culture. Faut-il tenter de la bannir par voie de loi ou de règlements ? C’est une autre affaire. Mais voyons l’Ă©tat du dĂ©bat politique Ă  ce jour.

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