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La sĂ©rie noire continue : un lycĂ©en de 17 ans a de nouveau Ă©tĂ© poignardĂ©, ce matin, au lycĂ©e de Chennevières. Pour un regard, nous dit-on. Celui-ci ne mourra peut-ĂŞtre pas. A la diffĂ©rence de Hakim, 18 ans, poignardĂ© Ă mort au lycĂ©e du Kremin-BicĂŞtre, samedi et de Rachid, 16 ans, tuĂ© Ă coups de couteux deux ou trois jours plus tĂ´t au Centre commercial de Cergy. Ses agresseurs ont 16 et 17 ans. Que se passe-t-il, dans nos banlieues, pour que se produise cette hĂ©catombe ? Il y a bien des explications possibles, mais je voudrais citer ici l’essai publiĂ© il y a quelques temps dĂ©jĂ par David Robins, en Grande-Bretagne. Dans ce pays, en effet, les actes de violence entre adolescents, dans et hors des Ă©tablissements scolaires ont connu une hausse vertigineuse au cours des dernières annĂ©es et sociologues, Ă©ducateurs et responsables politiques s’arrachent les cheveux. Lire la suite »
La fin 2009 aura vu les humiliations s’accumuler pour notre pauvre petite ConfĂ©dĂ©ration des RĂ©publiques Marchandes de la Vieille Europe. Il y eut d’abord le mĂ©pris avec lequel Chinois et AmĂ©ricains ont reçu nos tentatives de leur faire signer un Accord international sur le climat qui les aurait contraints et placĂ©s sous surveillance. Deux choses dont ces grandes puissances, jalouses de leur souverainetĂ©, ne veulent pas entendre parler. La Chine, premier pollueur de la planète, on le sait, entend bien polluer bien davantage dans les prochaines annĂ©es pour assurer son rattrapage Ă©conomique. Elle considère les tentatives europĂ©ennes de l’y faire renoncer comme le dĂ©pit d’un mauvais joueur qui, furieux de perdre, prĂ©tendrait changer les règles du jeu en imposant aux meilleurs coureurs une vitesse limitĂ©e. Les partisans europĂ©ens de la dĂ©croissance auront bien du mal Ă convaincre un pays qui, au coeur de la crise, continue d’afficher un taux de croissance vertigineux - supĂ©rieur Ă 8%.
D’autres humiliations de dĂ©cembre ont affligĂ© les EuropĂ©ens, la plupart venues de cette Asie en plein essor. Lire la suite »
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est-il permis d
Je conçois la gĂŞne que provoque chez certains le fait que ce dĂ©bat se dĂ©roule Ă l’initiative du gouvernement dans un contexte politique particulier - la faiblesse prĂ©visible de la majoritĂ© UMP-Nouveau Centre, au second tour des Ă©lections rĂ©gionales. Mais il faut bien savoir que le dĂ©bat sur l’identitĂ© nationale a lieu, depuis 2 ou 3 ans, dans tous les pays d’Europe occidentale, exposĂ©s aux mĂŞmes questionnements : la mondialisation met en cause nos particularismes, nos “exceptionnalitĂ©s” ; des vagues d’immigration d’une ampleur dĂ©mographique exceptionnelle sont en train de mĂ©tamorphoser la composition de nos populations et les cultures auxquelles elles se rĂ©fèrent. Aux Pays-Bas, pour prendre un exemple, dans toutes les grandes villes, Amsterdam comprise, la majoritĂ© des habitants sera d’origine musulmane dans les douze ans qui viennent ; dĂ©jĂ , Rotterdam a un maire musulman, avec Ahmed Aboutaleb, fils d’imam. Dans certains quartiers de la ville (Feyenoord, Oude Westen, etc.), les femmes sont voilĂ©es de la tĂŞte aux pieds et leur regard ne doit jamais croiser celui d’un homme. Lire la suite »
“Le Fada de la Timone” me fait observer que mes article sur ce blog n’ayant gĂ©nĂ©ralement aucun rapport avec le programme de nos Ă©missions, avec Julie Clarini, les auditeurs sont ainsi privĂ©s d’un lieu de rĂ©actions et de dĂ©bat. C’est un argument auquel je suis sensible. Je vais donc essayer, Ă partir de maintenant, de laisser tous les soirs ou le lendemain matin au plus tard, un billet inspirĂ© par le sujet de l’Ă©mission Du Grain Ă Moudre, afin de donner la parole aux auditeurs. J’en profiterai, bien entendu, pour livrer ma petite idĂ©e. Qu’on n’attende pas systĂ©matiquement quelque chose de complet, ni de brillant. C’est un exercice exigeant et contrairement Ă la vision qu’ont de moi certains posts “accoudĂ© au comptoir de mon bar prĂ©fĂ©rĂ©…”, je dispose de très peu de temps libre pour des raisons de lieu de vie (très Ă©loignĂ© de Paris) et privĂ©es (familiales). Mais c’est vrai que certaines de nos Ă©missions auraient mĂ©ritĂ© un espace public de dĂ©bat - je pense, moi aussi, aux thèses iconoclastes de Dambisa Moyo (l’aide tue l’Afrique). Dont acte.
Pour ce qui concerne l’Ă©mission d’hier, consacrĂ©e au mode de scrutin des nouveaux “conseillers territoriaux”, voici ce que je peux dire. Lire la suite »
Un prof de fac dort en prison pour avoir défendu sa famille
Non classĂ© 48 commentaires »20 oct 2009
C’est, je crois, John Locke, qui a dit qu’un Etat qui cesse de garantir Ă ses concitoyens la sĂ©curitĂ© de leurs personnes et de leurs biens ne mĂ©ritait plus d’ĂŞtre obĂ©i. Que dire alors d’un Etat qui interdit aux citoyens de se dĂ©fendre eux-mĂŞmes ? On apprend ce soir par Le Parisien qu’un professeur d’universitĂ© demeurant Ă Juvignac près de Montpellier a Ă©tĂ© placĂ© en garde Ă vue pour avoir rĂ©sistĂ© Ă un malfaiteur qui menaçait de brĂ»ler vifs sa femme et leur fils de 13 ans, afin de leur soutirer de l’argent. CagoulĂ©, gantĂ©, et armĂ© d’un pistolet de calibre 9 mm, le malfaiteur, dĂ©jĂ condamnĂ© Ă trois reprises pour violences par la justice Ă 26 ans, avait Ă©té remis en libertĂ©. Lundi soir, il a fait coucher par terre les 3 personnes et les a arrosĂ©s d’essence. Ensuite, comme il frappait son Ă©pouse, le père de famille a eu l’immense courage de sauter au cou de l’agresseur armĂ©, a rĂ©ussi Ă le dĂ©sarmer et l’a Ă©tranglĂ©. Ce soir, ce hĂ©ros dort en prison. Le parquet a “ouvert une enquĂŞte judiciaire pour homicide volontaire”, destinĂ© Ă “vĂ©rifier l’Ă©tat de lĂ©gitime dĂ©fense”. Bref, comme trop souvent, les suspects sont les victimes.
Ce professeur mĂ©rite notre estime. Je lui exprime ma solidaritĂ©. Les juges, qui s’acharnent sur celles des victimes qui osent se dĂ©fendre, mais s’Ă©vertuent Ă relâcher pour on ne sait quelles raisons, des criminels qui rĂ©cidivent, comprennent-ils qu’ils sapent ainsi la relation de confiance qui devrait exister entre les citoyens et l’Etat qu’ils reprĂ©sentent ? Je collectionne depuis quelques temps des faits divers qui dĂ©montrent la fĂ©rocitĂ© de la justice envers ceux de nos concitoyens qui font preuve d’esprit civique en se portant au secours de victimes de violence ou se dĂ©fendent eux-mĂŞmes. S’agit-il de punir ceux qui mettent ainsi en Ă©vidence l’impĂ©ritie de l’Etat face Ă la sauvagerie qui monte ? De dĂ©sarmer l’instinct de rĂ©sistance et le sens de la solidaritĂ© qui sont des composantes de l’esprit civique ? Police et justice sont manifestement incapables de garantir Ă nos populations le minimum de sĂ©curitĂ© pour lequel elles paient leurs impĂ´ts. MalgrĂ© les promesses du pouvoir, les mouvements de menton Ă©lectoralistes de nos dirigeants et les dĂ©nĂ©gations de sociologues gauchisants, la violence contre les personnes ne cesse d’augmenter. Ce n’est pas une raison pour s’en prendre Ă ceux et Ă celles qui, n’Ă©coutant que leur courage, sont mis en situation de devoir se substituer Ă des institutions dĂ©faillantes.
Aux dernières nouvelles, le professeur est mis en examen pour homicide volontaire. On croit rĂŞver. J’ai mis dans les commentaires la pĂ©tition qui circule sur le net pour demander la fin des poursuites contre ce professeur hĂ©roĂŻque.
J’ai eu la chance de passer plusieurs annĂ©es de ma vie dans des bibliothèques. Dans la “crypte” du Saint-Antony’s College d’Oxford, puis Ă la Bodleian, la bibliothèque principale de la mĂŞme ville, ainsi qu’Ă la Narodowa de Varsovie. Je m’en souviens avec Ă©motion, comme l’occasion de rencontres avec des esprits Ă©minents, de renvois Ă d’autres lectures, d’Ă©merveillements et de dĂ©couvertes. A l’Ă©poque, je me disais qu’il faudrait plusieurs vies et la connaissance d’une dizaine de langues au moins, pour pouvoir avaler le minimum des connaissances Ă partir desquelles on cesse d’ĂŞtre un idiot parmi les autres… Je continue Ă lire, mais chez moi, mais selon un toutre autre rythme. Et je viens de tomber sur ces passages de mon cher (et trop tĂ´t disparu) W.G. Sebald, que je m’empresse de confier aux lecteurs de ce blog qui, comme moi, ont Ă©tĂ© dĂ©couragĂ©s par la Très Très Grande Bibliothèque François Mitterrand.
” … jusqu’Ă ce bâtiment Ă la monumentalitĂ© inspirĂ©e par la volontĂ© du prĂ©sident de laisser une trace pĂ©renne de son passage, et qui… tant par ses dimensions extĂ©rieures que par son agencement interne, est un endroit qui vous rebute d’emblĂ©e et va dĂ©finitivement Ă contre-courant de tout vĂ©ritable lecteur. […]”
“Une fois gravies les quatre douzaines de marches aussi raides qu’Ă©troites, opĂ©ration qui mĂŞme pour les visiteurs assez jeunes ne va pas sans danger, vous voici sous une esplanade couverte de madriers striĂ©s, dĂ©limitĂ©e aux quatre coins par les tours de vingt-deux Ă©tages de la Bibliothèque et couvrant la surface approximative de neuf terrains de football, qui, littĂ©ralement parlant, vous en impose et vous Ă©crase. Et les jours oĂą les bourrasque, ce qui n’est pas rare, rabattent la pluie sur ce parvis que rien n’abrite, on croirait ĂŞtre maloncontreusement fourvoyĂ© sur le pont du Berengaria ou de tout autre gĂ©ant des mers…”
“La première fois que je me retrouvai sur le pont promenade de la Très Grande Bibliothèque, je mis un certain temps Ă dĂ©couvrir l’endroit d’oĂą les visiteurs, par un tapis roulant, sont acheminĂ©s un Ă©tage plus bas, vers un sous-sol qui est en rĂ©alitĂ© un rez-de-chaussĂ©e. Cette descente - après qu’on vient juste d’accĂ©der pĂ©niblement Ă la hauteur du plateau - m’est d’emblĂ©e apparue comme une aberration Ă l’Ă©vidence imaginĂ©e pour dĂ©concerter et rabaisser le lecteur…”
“Si la requĂŞte dĂ©passe un tant soit peu les limites de l’habitude, il vous faut, comme aux bureaux du TrĂ©sor Public, tirer un numĂ©ro et patienter une demi-heure ou plus qu’un autre employĂ© de la Bibliothèque vous prie d’entrer dans une cabine sĂ©parĂ©e oĂą vous ĂŞtes autorisĂ©, comme s’il s’agissait d’une affaire extrĂŞmement douloureuse qui exige la confidentialitĂ© la plus absolue, Ă prĂ©senter votre demande et Ă recevoir les instructions affĂ©rentes…”
“Les nouveaux bâtiments de la Bibliothèque qui, tant par leur implantation que par leur rĂ©glementation interne Ă la limite de l’absurde, s’attachent Ă exclure le lecteur en faisant de lui un ennemi potentiel, sont la manifestation presque officielle du besoin de plus en plus affirmĂ© d’en finir avec tout ce qui entretient un lien vivant avec le passĂ©.”
Certes, ces propos sont placĂ©s dans la bouche d’un hĂ©ros-narrateur (Jacques Austerlitz) et d’un employĂ© accablĂ© de la dite Très Grande Bibliothèque. Mais j’y ai reconnu ma propre exaspĂ©ration lorsque, rentrant d’Oxford, en 1998, j’ai imaginĂ© pouvoir poursuivre Ă Paris mes journĂ©es de lecture… J’ose espĂ©rer, sans trop y croire, que les choses ont pu changer Ă la Très Grande Bibliothèque, oĂą j’ai renoncĂ© Ă me rendre depuis une dizaine d’annĂ©es…
Ces extraits sont tirĂ©s de : W.G. Sebald : “Austerlitz”, traduit par Patrick Charbonneau et publiĂ© en 2002 par les splendides Ă©ditions Actes Sud.
J’en ai assez de lire des sottises dans la presse sur Woodstock et l’Ă©tĂ© 69. En aoĂ»t 2000, j’avais publiĂ© cet article dans L’Evènement du Jeudi, dont j’Ă©tais alors chef du service IdĂ©es. Je le soumets Ă la critique des lecteurs de ce blog.
Derniers instants de plénitude, un peu étouffants, avant que l’orage ne vienne emporter toutes les naïves illusions des sixties. Durant l’été 1969, le « mouvement » culmine, se gâte, tourne à l’aigre. Comme le héros de « More » de Barbet-Schroeder, le film de cet été-là , on sait qu’on va le faire, ce pas de trop vers le soleil – vers une révélation qui va nous brûler les yeux. Ce n’est plus un jeu. Nous (ma génération) allons, cet été-là , rompre avec le monde enchanté d’une enfance bien trop prolongée. En quelques semaines, l’histoire va nous faire basculer de Woodstock en Altamont. Du grand rassemblement pacifique des enfants-fleurs de la mi-août au déchaînement meurtrier des Hell’s Angels, lors du concert gratuit de la tournée californienne des Rolling Stones. Un bref moment, on pourra encore croire que les bons sentiments, l’authenticité, le goût de la fête et le parfum de l’aventure collective vont l’emporter sur le monde des Nixon (élu de justesse, fin 68). Mais très vite, tout ce qui avait semblé incarner une libération, une alternative, semble déboucher sur l’impasse ou sur la mort. Il n’y a plus d’espace pour la fantaisie ironique et désengagée : c’est pourquoi les Beatles, qui ont incarné l’esprit des sixties, ne lui survivront pas. Après s’être fourvoyés dans « l’album blanc », ils se retrouvent pour une dernière séance, en cet été 69, enregistrent « Abbey Road », avant d’officialiser leur rupture en 1970. En mai 1969, Paul a épousé Linda et John Yoko Ono. Le « bed-in pour la paix » auquel se livrent ces derniers, au Hilton d’Amsterdam, a un effet déplaisant. Les fans commencent à comprendre que la pop est aussi une affaire de marketing et d’égos boursouflés. Que le militantisme radical peut accoucher du n’importe quoi.
Encore une info qui est curieusement passĂ©e Ă la trappe, le mois dernier : le niveau des dĂ©penses de protection sociale de la France, en pourcentage de PIB, est passĂ© Ă 31,1% en 2006 (dernier chiffre connu) selon Eurostat. La moyenne europĂ©enne est de 26,9 %. Pour la première fois, la France se place donc devant la Suède (Ă 30,7%) et devient donc le pays europĂ©en qui consacre le pourcentage le plus Ă©levĂ© de sa richesse produite au financement de son système de protection sociale. Un fait objectif qui ne dĂ©rangera pas les tenants de la thèse de la “dĂ©rive nĂ©olibĂ©rale” qui “menacerait de dĂ©mantèlement les acquis de l’Etat-providence”. Il est plus facile de rĂ©pĂ©ter des slogans que de croiser des chiffres. Mais la vraie question, celle de la soutenabilitĂ© Ă moyen terme de cet ensemble de politiques, de plus en plus financĂ©es par l’emprunt, cette question-lĂ , la seule qui vaille, ne sera pas soulevĂ©e. Elle est trop complexe pour nos idĂ©ologues.



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