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Obama, l’anti-Michael Moore

Non classĂ© 24 commentaires »
10 nov 2008

Je ne fais pas partie des EuropĂ©ens qui estiment avoir le droit de voter aux Etats-Unis, sous prĂ©texte “d’hyper-puissance”. Je ne crois pas Ă  la thèse de “l’Empire”, dont nous ne serions qu’une province. J’estime le droit de vote liĂ© aux droits et aux devoirs de la citoyennetĂ© - qui comporte, entre autres, le fait de payer des impĂ´ts pour l’entretien de l’Etat et l’Ă©ventualitĂ© d’aller se faire tuer Ă  la guerre pour la dĂ©fense de son pays… Je me demande quelle serait la rĂ©action de ces journalistes qui, ici, ont fait une campagne maladroite et tapageuse en faveur d’Obama,  si les AmĂ©ricains venaient nous indiquer pour qui nous devons voter… Mais, c’est vrai, je fais partie de cette Ă©crasante majoritĂ© d’EuropĂ©ens qui ont souhaitĂ© la victoire de Barack Obama. Je dis EuropĂ©ens, car il faut savoir que les Ă©lites asiatiques prĂ©fĂ©raient son rival (voir l’article de Dominique MoĂŻsi sur Project Syndicate). Cependant, les rĂ©action des mĂ©dia français Ă  cette victoire m’embarrassent. Parce qu’ils me semblent en ”racialiser” Ă  outrance le sens. Au lieu d’y voir la preuve 1° que la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine n’est pas raciste, contrairement Ă  ce qu’on nous chante sur tous les tons, 2° que la mobilitĂ© sociale, liĂ©e au “rĂŞve amĂ©ricain” y est une rĂ©alitĂ© incontestable, 3° que, dans la concurrence des modèles qui se joue, en ce moment, la dĂ©mocratie libĂ©rale, la sociĂ©tĂ© ouverte peuvent encore marquer des points face Ă  ses concurrents autoritaristes - tant dans les versions russe que chinoise.

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L’espace de la gauche de gouvernement se rĂ©trĂ©cit de jour en jour

Non classĂ© 6 commentaires »
31 oct 2008

La gauche fait mine de se gausser du “virage idĂ©ologique” qu’aurait accompli Sarkozy, dĂ©sormais en campagne internationale pour une “refondation” et une rĂ©gulation mondiale du capitalisme. Elle l’accuse de “rĂ©vision dĂ©chirante” lorsqu’il fustige le “capitalisme de court terme” et les spĂ©culateurs, lorsqu’il se bat pour un gouvernement Ă©conomique de la zone euro. Je n’y vois, moi, aucun reniement. Mais je crois comprendre que cet Ă©nervement tĂ©moigne du sentiment d’Ă©touffement qu’Ă©prouve la gauche de gouvernement, dont l’espace politique ne cesse de se rĂ©trĂ©cir. Or, il n’est pas sain pour la dĂ©mocratie que la partie de l’opposition qui a vocation Ă  gouverner soit coincĂ©e entre la majoritĂ© au pouvoir et des forces politiques purement contestataires.

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hypocrites saupoudrages

Non classĂ© 4 commentaires »
16 oct 2008
“De fait, beaucoup de riches citoyens français occupent aujourd’hui des positions privilĂ©giĂ©es au coeur mĂŞme de l’Etat-providence. Cela explique pourquoi ils tiennent tant Ă  le maintenir”, Ă©crit l’Ă©conomiste social-dĂ©mocrate canadien Timothy B. Smith dans son excellent essai, “La France injuste”. “Surtout ne touchez Ă  rien !”, entend-on protester aussitĂ´t qu’il est question de faire preuve d’un peu plus de justice - ou simplement de rĂ©ajuster les budgets sociaux en fonction des problèmes nouveaux. Nous en avons Ă  nouveau la preuve avec cette montĂ©e en dĂ©fense des maires de communes,  - tant de gauche que de droite - menacĂ©es de ne plus toucher la fameuse DSU (Dotation de SolidaritĂ© Urbaine). Comme la PPE (Prime Pour l’Emploi), la DSU appartient Ă  cette catĂ©gorie de mesures de redistribution des revenus qui a Ă©tĂ© dĂ©tournĂ©e de son sens par l’assouplissement exagĂ©rĂ© des critères d’attribution, mais que la logique des avantages acquis semble interdire dĂ©sormais de remettre en cause. Lire la suite »

Non, les libéraux ne se cachent pas sous la table

Non classĂ© 23 commentaires »
8 oct 2008

J’ai dĂ©jĂ  dit ici-mĂŞme l’admiration et l’amitiĂ© que j’Ă©prouve pour Jacques Julliard. Sa chronique est toujours le premier article sur lequel je me prĂ©cipite dans le Nouvel Obs. Pourtant, son Ă©ditorial du 25 septembre, “Mais oĂą sont passĂ©s les libĂ©raux ?” m’avait quelque peu agacĂ©. Et le fait que son hebdo en remette une couche sous le mĂŞme titre , cette semaine, m’Ă©nerve franchement. “Il ne fait pas bon, par les temps qui courent, cĂ©lĂ©brer les vertus de l’Ă©conomie de marchĂ© et la libertĂ© d’entreprise. […] Que disent ces dĂ©fenseurs de toujours ? Rien, […] les vrais, les jusque-boutistes, les idĂ©ologues. OĂą sont-ils passĂ©s ? Sous la table. Aux abonnĂ©s absents, en attendant des jours meilleurs”, Ă©crit ainsi Carol Barjon. Et Ă  l’appui de sa thèse, la journaliste de L’Obs produit une interview d’Alain Madelin, prĂ©sentĂ© comme une sorte de dernier des Mohicans, pathĂ©tique survivant d’une vague aujourd’hui Ă©chouĂ©e, qui “n’en dĂ©mord pas”, malgrĂ© l’Ă©vidence des faits. Or, il est parfaitement erronnĂ© que les “libĂ©raux” “se cachent sous la table”. Toute la presse Ă©conomique publie leurs analyses. Leurs articles foisonnent sur les blogs des think tanks qu’ils animent. Il suffirait d’avoir la curiositĂ© de les lire. Et Ă©ventuellement l’ouverture d’esprit suffisante pour en rendre compte. En outre, ce que disent ces Ă©conomistes libĂ©raux est au moins aussi intĂ©ressant pour comprendre la crise financière et tenter de la juguler que le choeur des pleureuses de la “crise finale du capitalisme” - qui seront déçus dans leur attente, une fois encore, une fois de plus depuis cent-cinquante ans…. Mais il est d’usage, dans les mĂ©dias, de se contenter de caricaturer les positions qu’on ne comprend pas, Ă  partir de partis-pris idĂ©ologiques simplistes. Aussi, le “libĂ©ralisme” y est-il ordinairement pris dans un sens Ă©trange, sans rĂ©el rapport avec ce qu’il proclame, mais censĂ© conforter les idĂ©es toutes faites des lecteurs français. Lire la suite »

Entre les murs de nos collèges

Non classĂ© 15 commentaires »
30 sept 2008

Personne n’a jamais prĂ©tendu que le film tirĂ© par Laurent Cantet du roman de François BĂ©gaudeau Ă©tait un documentaire, rĂ©ellement tournĂ© dans une vraie classe de collège, avec un vrai prof. MĂŞme les “Ă©lèves” sont devenus des acteurs, qui jouent peut-ĂŞtre leur propre rĂ´le, mais un rĂ´le quand mĂŞme. D’ailleurs, si telle avait Ă©tĂ© l’intention du rĂ©alisateur, on aurait pu mettre en question les moments retenus, les intentions sous-jacentes, etc. Mais “Entre les murs” mĂ©rite le respect pour avoir eu le courage de lever un certain nombre de tabous. Tabous qui interdisaient, il y a peu, de dire que le roi est nu. Oui, notre système d’enseignement - le “collège unique”, en particulier - a fait faillite. Oui, l’Ă©cole est en concurrence dĂ©loyale avec une certaine “culture jeune”, marquĂ©e au coin du mĂ©pris d’autrui et du nihilisme, de la fascination pour le “fast money” des dealers, de l’esthĂ©tisation de la violence, du mĂ©pris des institutions du monde adulte et de ses règles. Une soirĂ©e devant les clips proposĂ©s par certaines chaĂ®nes de tĂ©lĂ© spĂ©cialisĂ©es dans ce commerce permet de comprendre que les profs, malgrĂ© leur dĂ©vouement et leur expertise, n’ont aucune chance dans ce duel inĂ©gal. Sans parler de certains jeux vidĂ©o ultra-violents qui enseignent Ă  tuer en torturant ses victimes.

Nous avons invitĂ© lundi 22 septembre, Ă  l’Ă©mission, les auteurs de deux bouquins extraordinairement rĂ©vĂ©lateurs sur la vie quotidienne dans les collèges de banlieues. Il faut lire “Tombeau pour le collège” de Mara Goyet (Flammarion) et “Tableau noir” de Iannis Roder (DenoĂ«l) pour avoir une petite idĂ©e du monde dans lequel nous prĂ©cipitons nos enfants d’âge scolaire. Ce que dĂ©crivent ces deux enseignants de collège est stupĂ©fiant. On y dĂ©couvre un monde adolescent structurĂ© par une vision du monde essentiellement violente : tout y est rapport de force ; il faut menacer l’autre si l’on veut obtenir le “respect” ; celui/celle qui ne joue pas ce jeu est un “bouffon”, une “victime” - un terme terriblement dĂ©prĂ©ciateur dans cet univers. Mara Goyet : “Le mot victime est devenu une insulte. ‘T’es une victime’, se lancent-ill. Chaque fois, cela me fait froid dans le dos. Et cela me scandalise de la part d’individus dont la plainte est devenue le fonds de commerce.” Lire la suite »

Que peut l’UE post-moderne face Ă  la volontĂ© de puissance russe ?

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31 août 2008

Ernst Bloch avait inventĂ© un mot pour dĂ©signer l’interaction, à une mĂŞme Ă©poque, d’acteurs procĂ©dant Ă  partir de principes relevant de conceptions historiquement diffĂ©rentes.  ”Non-contemporĂ©anitĂ©“. Le prĂ©sident estonien, Toomas Hendrik Ilves rĂ©sume fort bien le conflit en cours entre l’Union europĂ©enne et la Russie : “Le problème est que nous vivons dans notre Europe post-moderne oĂą tout le monde est beau et gentil. Et nous nous retrouvons avec une grande puissance du XIX° siècle. L’Europe n’est pas prĂŞte pour ça. […] Nous, c’est post-moderne. Avec la Russie, c’est prĂ©-moderne.” (Le Monde, 29 aoĂ»t 2008) Lire la suite »

Pourquoi Ă©dulcorer un pouvoir dont on peut s’emparer ?

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18 juil 2008

« Les hommes de parti, quelques pures que leurs intentions puissent être, répugnent toujours à limiter la souveraineté. Ils se regardent comme ses héritiers, et ménagent, même dans la main de leurs ennemis, leur propriété future. » (Benjamin Constant).
VoilĂ  pourquoi la majoritĂ© du PS refusera, en Congrès, les rĂ©formes constitutionnelles proposĂ©es par le gouvernement. MĂŞme s’il se trouve que nombre de ces rĂ©formes sont rĂ©clamĂ©es Ă  corps et Ă  cris depuis des annĂ©es par la gauche libĂ©rale. Pourquoi l’opposition contribuerait-elle Ă  rogner les pouvoirs exorbitants de l’exĂ©cutif, alors qu’elle sait qu’elle a de bonnnes chances de l’emporter dans moins de 4 ans ? A-t-on vu que l’auteur du “Coup d’Etat permanent” ait renoncĂ© en quoi que ce soit aux prĂ©rogatives ahurissantes accordĂ©e au prĂ©sident de la RĂ©publique, une fois Ă©lu ? Le pouvoir de nomination, en particulier, est, dans notre pays, scandaleux. On a vu l’usage qu’en ont fait et Mitterrand et Chirac en fin de mandat pour caser ou remercier leurs amis.

Je suspends ce blog pour la durée des vacances. Bon repos à tous.

Plus de réformes, moins de com !

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11 juil 2008

La campagne de communication lancĂ©e par le gouvernement pour tenter de redresser l’image dĂ©sastreuse produite par le « paquet fiscal » de la rentrĂ©e 2007 aura donc coĂ»tĂ© 4,3 millions d’euros aux finances publiques. En pure perte. Voir les sondages. La gauche est parvenue Ă  imposer l’idĂ©e qu’il s’agissait uniquement d’une sĂ©rie de mesures en faveur des plus aisĂ©s (bouclier fiscal, rĂ©duction de l’assiette de l’ISF, droits de succession). Le gouvernement et sa majoritĂ© n’ont n’a pas su convaincre du bien-fondĂ© de leur thèse, selon laquelle la majoritĂ© des rĂ©ductions d’impĂ´ts profiterait davantage aux classes moyennes (heures supplĂ©mentaires dĂ©fiscalisĂ©es et achat du premier logement). Tant pis pour eux. C’est une affaire de force de conviction et de talent politique. Exactement comme lorsque Laurent Fabius est arrivĂ© Ă  convaincre de nombreux Ă©lecteurs de la menace d’une forte augmentation de la TVA (« TVA sociale ») entre les deux tours des lĂ©gislatives de 2007. MĂŞme si c’était inexact. Quoiqu’il en soit, ce n’est pas aux contribuables de financer les opĂ©rations de propagande d’un gouvernement qui ne parvient pas Ă  convaincre. Lire la suite »

Ingrid Betancourt et les guerres asymétriques

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7 juil 2008

Ce qu’il y a de frappant, dans la libĂ©ration d’Ingrid Betancourt par l’armĂ©e colombienne, c’est qu’elle apporte une dĂ©monstration a contrario de la sottise de la plupart des thĂ©ories de la “guerre asymĂ©trique”. Pour eux, puisqu’on ne saurait gagner face Ă  une guĂ©rilla, il ne resterait qu’Ă  nĂ©gocier et Ă  payer la rançon. Quitte Ă  renforcer ainsi le prestige et les moyens matĂ©riels de l’adversaire. Ils ont tout faux. La preuve. Lire la suite »

souverainisme et multiculturalisme québécois

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2 juin 2008

Nous rentrons du QuĂ©bec. Les deux Ă©missions que nous avons diffusĂ©es sur place, les contacts qui les ont prĂ©cĂ©dĂ©es et suivies, m’ont amenĂ© Ă  remettre en cause une vision de la sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise qui, comme celle de beaucoup de Français, datait de la RĂ©volution tranquille des annĂ©es 60. Et je me suis aperçu que, sur nombre de problèmes, nos amis du QuĂ©bec, qui rencontrent en gros les mĂŞmes problèmes que nous, avaient pris une certaine avance.

Nos visions du QuĂ©bec juxtaposent deux visions qui sont contradictoires entre elles. Nous adhĂ©rons Ă  la fois Ă  celle des souverainistes du Parti QuĂ©bĂ©cois, pour qui la situation est caractĂ©risĂ©e par l’antagonisme entre un “petit peuple” francophone - trop longtemps opprimĂ© et encore dominĂ© par une majoritĂ© anglophone -, et Ă  celle du multiculturalisme, pour laquelle doivent coexister dans l’harmonie des populations dont les modes de vie et mĂŞme les valeurs fondamentales peuvent et doivent diverger les unes des autres, pour l’enrichissement mutuel des diffĂ©rences. En fait, ces deux idĂ©ologies, qui ont Ă©galement le vent en poupe, ne sont pas conciliables, comme on le constate sur place.

Le souverainisme quĂ©bĂ©cois, indĂ©pendantiste ou pas, s’appuie sur une vision “moderniste” de l’Etat-nation, qui rentre en symbiose avec la nĂ´tre, issue de la RĂ©volution de 1789. Elle suppose qu’un peuple a le droit de se constituer en nation et que celle-ci a pour devoir de former et de renforcer un Etat qui lui corresponde, l’unifie et l’exprime sur la scène de l’histoire. D’oĂą le fait que le Parti QuĂ©bĂ©cois est classĂ© Ă  gauche, alors mĂŞme qu’il est nationaliste. Mais il est aussi favorable au renforcement de l’Etat, centralisateur, homogĂ©nisateur de la sociĂ©tĂ©. Et c’est lĂ  qu’il se heurte au multiculturalisme, qui est une idĂ©ologie de la post-modernitĂ©. Le PQ accuse le multiculturalisme d’ĂŞtre l’instrument manipulĂ© par Ottawa, par le Canada anglophone, pour mieux noyer le “petit peuple” francophone du QuĂ©bec dans un magma de minoritĂ©s, afin de l’affaiblir et de le rĂ©duire Ă  n’ĂŞtre bientĂ´t plus qu’une de ces “minoritĂ©s” auxquelles on concède des droits folkloriques, pour mieux la priver du droit civique Ă  la formation d’un Etat sĂ©parĂ©, qui n’est reconnue qu’aux peuples.

C’est dans ce contexte qu’il faut aborder la question de la “sortie de religion” qui revĂŞt, au QuĂ©bec, un aspect d’autant plus spectaculaire qu’elle s’est effectuĂ©e en une douzaine d’annĂ©es. Le catholicisme y Ă©tait enracinĂ© en tant que religion civique, ciment identitaire du “petit peuple”, noyĂ© dans un ocĂ©an antglo-saxon et protestant. C’est cette Eglise qui avait offert ses structures, ses rĂ©seaux de bienfaisance et son système Ă©ducatif, en guise d’Etat, aux QuĂ©bĂ©cois, leur permettant par lĂ -mĂŞme, de ne pas disparaĂ®tre. De nombreux intellectuels quĂ©bĂ©cois estiment que, en parvenant Ă  construire un Etat puissant, socialisant, le QuĂ©bec a prĂ©cipitĂ© ainsi la chute de l’Eglise civique. Car cet Etat, en se  substituant Ă  l’Eglise catholique, l’a rendue politiquement inutile. Et il n’a pas perçu le risque que lui faisait courir le multiculturalisme, nouvelle “religion politique” officielle de la FĂ©dĂ©ration canadienne.

On lira avec intĂ©rĂŞt le Manifeste pour un QuĂ©bec lucide qui, bien que lancĂ© Ă  pĂ©tition il y a presque trois ans, montre que les problèmes Ă©conomiques, dĂ©mographiques et sociaux du QuĂ©bec sont pratiquement les mĂŞmes que les nĂ´tres. Ce Manifeste m’Ă©voque Ă©trangement les “vekhis” russes (”Jalons”), qui ont succĂ©dĂ© Ă  la rĂ©volution ratĂ©e de 1905 : soyons rĂ©alistes et amĂ©liorons d’abord notre situation Ă©conomique, dĂ©veloppons notre sociĂ©tĂ©, menacĂ©e par les dĂ©fis de la mondialisation, avant de songer Ă  de nouvelles tentatives d’Ă©mancipation radicale.