jan 21
Jeudi 17 janvier, 19h30. L’animation de la cour de l’Institution des Chartreux à Lyon me surprend énormément. Deux files d’attente sont organisées entre places réservées et non réservées et la lenteur de leur progression s’explique par le très grand nombre de personnes s’étant déplacé pour assister à l’émission-débat que nous organisons avec le Nouvel Observateur et la collaboration de la Villa Gillet.
Je reste plusieurs minutes à observer les allées et venues, les rires, les quelques échanges qui me parviennent, je suis étonnée aussi par la diversité du public, les générations se confondent, se mélangent.
Certes Daniel Cohn-Bendit sera là - et il attire toujours les foules - certes, Luc Ferry lui portera très certainement la contradiction.
Mais effectivement, Que reste-t-il de Mai 68 ? c’est le thème choisi pour ce Grain à moudre spécial, coanimé par Brice (Couturier) et François Armanet du Nouvel Observateur et qui annnonce son ambition, avoir, quarante ans après, la tentation de l’inventaire de ce mouvement.
Née avant 1968, mais trop jeune pour avoir la mémoire de cette année-là , j’ai grandi dans les suites - les conséquences, les transgressions, les paradoxes - de ce mouvement, et, à cette heure-là , ce jeudi, je dois avouer que - bien que l’opération s’annonce comme un succès - je suis très sceptique sur ce que je dois attendre d’un tel débat et les enseignements que je pourrai en tirer. J’ai toujours en mémoire les commémorations précédentes, où dans mon souvenir, les différences, ou plutôt les opppositions étaient toujours présentes, les pro et anti 68 s’affrontaient, mettaient en face l’une de l’autre deux types de sociétés qui avaient du mal à se comprendre.
Nous sommes tous réunis dans une salle de l’Institution des Chartreux, en attendant l’heure. On peut croiser, dans les corridors, les élèves internes avec leurs plateaux-repas, et je les entends dire qu’ils n’ont pas eu l’autorisation d’aller au débat, car c’est complet. Effectivement, les responsables de la Villa Gillet nous confirment qu’après qu’Ali Baddou, dans les Matins, ait fait une dernière annonce, leur standard a réellement explosé. Je suis perplexe. 68 intéresse donc toujours à ce point ?
Avec une demie-heure de décalage sur l’horaire prévu, trente minutes nécessaires pour organiser l’installation du public dans la salle, et après avoir tenté de dissoudre l’anxiété de Brice, nous entrons dans une arène digne des AG de l’époque. Une chaleur impressionnante en plein hiver, des spectateurs-auditeurs au coude à coude sur leur chaise, des centaines de paires d’yeux tournés vers l’estrade oû s’installe le quatuor, face à eux.
Brice explique que nous allons enregistrer l’émission et surtout essayer de respecter son format, soit 55 minutes, à l’issue desquelles le débat avec la salle commencera. Il passe la parole à François Armanet pour la première question. Ils devaient en poser au total huit. Mais la vivacité de ton, les saillies humoristiques de Dany le rouge, les réponses plus posées et argumentées de Luc Ferry leur interdiront de les poser toutes.
Les deux types de sociétés qui se sont affrontées en 68 - représentées aujourd’hui par Daniel Cohn-Bendit et Luc Ferry - s’entendent … sur certains points comme la sexualité, la famille, certes toujours pas sur l’éducation. Mais entendre Daniel Cohn-Bendit reconnaître et regretter certaines erreurs commises à l’époque, comme le slogan “élections, pièges à cons“, écouter Luc Ferry préférer la famille choisie par amour à la famille choisie par convention, tout comme s’opposer aussi sur la culture (livre versus image), ça valait le coup. Ma génération devrait se sentir mieux, car ce débat légitime les contradictions que tous ceux de mon âge ont du affronter.
Le débat avec la salle est lancée au bout d’une heure. Certains se plaignent de ne pas avoir le micro tellement les questions, les témoignages sont nombreux. Je me retourne vers les techniciens tout en haut de la salle, et je fais un signe à Laurent, le chargé de réalisation pour lui demander s’il continue l’enregistrement. Il me répond oui, et tant mieux, car toutes ces interventions pourraient faire l’objet de boni sur le site intenet.
Mais … tout le monde s’accorde sur la qualité des interventions du public, et il est envisagé d’en faire une seconde émission spéciale Grain à moudre, si aucune contrainte technique ne l’empêche. Alors, une ou deux émissions ? ce n’est pas encore tranché mais aux dernières nouvelles, cela semble tout à fait possible.
Je reste plusieurs minutes à observer les allées et venues, les rires, les quelques échanges qui me parviennent, je suis étonnée aussi par la diversité du public, les générations se confondent, se mélangent.
Certes Daniel Cohn-Bendit sera là - et il attire toujours les foules - certes, Luc Ferry lui portera très certainement la contradiction.
Mais effectivement, Que reste-t-il de Mai 68 ? c’est le thème choisi pour ce Grain à moudre spécial, coanimé par Brice (Couturier) et François Armanet du Nouvel Observateur et qui annnonce son ambition, avoir, quarante ans après, la tentation de l’inventaire de ce mouvement.
Née avant 1968, mais trop jeune pour avoir la mémoire de cette année-là , j’ai grandi dans les suites - les conséquences, les transgressions, les paradoxes - de ce mouvement, et, à cette heure-là , ce jeudi, je dois avouer que - bien que l’opération s’annonce comme un succès - je suis très sceptique sur ce que je dois attendre d’un tel débat et les enseignements que je pourrai en tirer. J’ai toujours en mémoire les commémorations précédentes, où dans mon souvenir, les différences, ou plutôt les opppositions étaient toujours présentes, les pro et anti 68 s’affrontaient, mettaient en face l’une de l’autre deux types de sociétés qui avaient du mal à se comprendre.
Nous sommes tous réunis dans une salle de l’Institution des Chartreux, en attendant l’heure. On peut croiser, dans les corridors, les élèves internes avec leurs plateaux-repas, et je les entends dire qu’ils n’ont pas eu l’autorisation d’aller au débat, car c’est complet. Effectivement, les responsables de la Villa Gillet nous confirment qu’après qu’Ali Baddou, dans les Matins, ait fait une dernière annonce, leur standard a réellement explosé. Je suis perplexe. 68 intéresse donc toujours à ce point ?
Avec une demie-heure de décalage sur l’horaire prévu, trente minutes nécessaires pour organiser l’installation du public dans la salle, et après avoir tenté de dissoudre l’anxiété de Brice, nous entrons dans une arène digne des AG de l’époque. Une chaleur impressionnante en plein hiver, des spectateurs-auditeurs au coude à coude sur leur chaise, des centaines de paires d’yeux tournés vers l’estrade oû s’installe le quatuor, face à eux.
Brice explique que nous allons enregistrer l’émission et surtout essayer de respecter son format, soit 55 minutes, à l’issue desquelles le débat avec la salle commencera. Il passe la parole à François Armanet pour la première question. Ils devaient en poser au total huit. Mais la vivacité de ton, les saillies humoristiques de Dany le rouge, les réponses plus posées et argumentées de Luc Ferry leur interdiront de les poser toutes.
Les deux types de sociétés qui se sont affrontées en 68 - représentées aujourd’hui par Daniel Cohn-Bendit et Luc Ferry - s’entendent … sur certains points comme la sexualité, la famille, certes toujours pas sur l’éducation. Mais entendre Daniel Cohn-Bendit reconnaître et regretter certaines erreurs commises à l’époque, comme le slogan “élections, pièges à cons“, écouter Luc Ferry préférer la famille choisie par amour à la famille choisie par convention, tout comme s’opposer aussi sur la culture (livre versus image), ça valait le coup. Ma génération devrait se sentir mieux, car ce débat légitime les contradictions que tous ceux de mon âge ont du affronter.
Le débat avec la salle est lancée au bout d’une heure. Certains se plaignent de ne pas avoir le micro tellement les questions, les témoignages sont nombreux. Je me retourne vers les techniciens tout en haut de la salle, et je fais un signe à Laurent, le chargé de réalisation pour lui demander s’il continue l’enregistrement. Il me répond oui, et tant mieux, car toutes ces interventions pourraient faire l’objet de boni sur le site intenet.
Mais … tout le monde s’accorde sur la qualité des interventions du public, et il est envisagé d’en faire une seconde émission spéciale Grain à moudre, si aucune contrainte technique ne l’empêche. Alors, une ou deux émissions ? ce n’est pas encore tranché mais aux dernières nouvelles, cela semble tout à fait possible.
QUE RESTE-T-IL DE MAI 68, avec Daniel Cohn-Bendit et Luc Ferry sera diffusé sur France Culture et publié dans le Nouvel Observateur le jeudi 31 janvier 2008.



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22 janvier 2008 à 21:17
Bigre, félicitations! Vous avez trouvé qu’il m’est arrivé d’écrire avec un autre pseudo. Flicage : 1 . Réponse à la critique, 0
C’est un paradoxe alors que vous postez quelque chose sur l’anniversaire de Mai 68
En tout cas, je vois beaucoup plus clair dans cette effort de communication, qui consiste à passer du rouge à lèvres sur le même vieux snobisme élitiste qui empêche d’adresser toute critique à FC, et surtout de recevoir des justifications valables! Vous avez apparemment découvert les forums de la radio anglaise, vous avez vu qu’on y était libre d’incendier comme de louer des émissions, et qu’on répondait aux critiques. La chaîne a la courtoisie de vous écouter et de vous répondre. Et le modérateur ne se met pas du côté des attaques personnelles
Comme je vois que vous faites un effort de communication, et rien de plus, je vois que France Culture n’a pas du tout l’intention d’écouter ses auditeurs critiques, mais encore de ronronner en lisant les sycophantes, qui pour la plupart ne savent pas malheureusement ce qu’une radio culturelle peut leur offrir. Donc nous continuerons à voir des producteurs faire du LCI et du Canal sur France Culture, car c’est ce que veulent les auditeurs avides de niouzes. Et on continuera à passer des coups de ciseaux derrière ceux qui ne sont pas d’accord. Il s’agit donc d’un effort de communication, mais ayez au moins la gentillesse d’expliquer que vous n’êtes pas là pour discuter, on gagnera du temps. On reste au niveau du plan com’ autiste, du ravalement de façade, de distribution de bonbons par la caravane publicitaire… Du “changez de point de vue!” plutôt autoritaire. Ce slogan reflète bien la nouvelle direction menée par Mme Bloch : le règne de l’opinion, et l’évacuation de l’ouverture, de la découverte etc…
Enfin, je m’égare, et vous avez un message à censurer! Couic!
Yann
Un institution qui censure, ne supporte pas la critique mais n’accueille que les sycophantes est une institution fragile, vous ne trouvez pas?
PS : je ne suis pas hors sujet, car vous annoncez des hommage à mai 68 tout en étant fiérotte de vos flicages stériles. Sous la critique la censure, comme on disait!
22 janvier 2008 à 23:10
Tiens, encore Monsieur Yann avec son idée fixe… Excusez-moi si je ne vous dis pas bonjour, mais je trouve déplaisant de voir ce blog a priori attirant et sympathique (merci Caroline)farci de vos récriminations et de vos attaques (et ça, au fond, pourquoi?). Jen’ai pas très envie de développer car je sais que j’ai perdu d’avance face à vous: jamais je ne mettrai autant d’acharnement que vous à venir m’exprimer ici. Je souhaite simplement, par reconnaissance pour la chaîne, dire un peu mon sentiment. Vous critiquez l’option informations, débats, etc… Si je la défends, est-ce parce que je suis simplement ignorant de ce qu’une véritable radio culturelle pourrait m’apporter? Admettons… Mais, laissez-moi penser que mon point de vue en vaut un autre (et ne traitez plus de sycophantes ceux qui pensent comme moi! vous allez me donner des cauchemars). Donc, mon point de vue et mon expérience: je trouve le monde très compliqué, et souvent assez désespérant car on ne sait trop comment s’y tenir, alors j’apprécie vraiment de pouvoir écouter régulièrement à la radio ces débats informés, clairs, argumentés… j’apprécie énormément ces journaux denses (j’aime bien France Inter, mais il y a quand même une sacrée différence) et vifs. Je ne suis pas spécialement béat, Monsieur Yann, je suis juste plutôt gentil, c’est vrai… mais je ne trouve pas que FQ triche avec mes attentes, et je trouve que c’est une vraie chance pour notre pays. Ceci dit, je suis bien d’accord que la culture ne se limite pas à l’information et au débat de société. Je n’ai pas le temps d’écouter la radio 24h sur 24, mais je suppose qu’il y a d’autres émissions et ma bénignité me porte à croire qu’elles doivent pas être si mauvaises. Je suppose qu’il y a chez vous une part de nostalgie pour une FQ que je n’ai pas connue (la nostalgie est une peine lourde à porter qui ne suscite chez les autres que le dédain, vous devez vous en apercevoir souvent). Je me rappelle avoir FQ dans ma prime jeunesse (j’ai 42 ans)et d’avoir été émerveillé par Le pays d’ici, et d’autres émissions que je me rappelle moins bien. Je comprends bien ce que vous défendez quand vous souhaitez une radio moins dépendante du discours ambiant. Mais je pense que beaucoup de ces choses sont conciliables, à condition peut-être aussi pour l’auditeur de se mettre en condition d’écoute, et ne pas vouloir être le calife à la place du calife…
Je vous salue quand même! Et merci de laisser la place à d’autres opinions que les vôtres et celles de vos avatars, pour qu’on ne s’ennuie pas trop à lire ce blog (et merci Caroline et bon courage).
23 janvier 2008 à 10:44
Bonjour,
à la lumière des différents commentaires depuis la naissance de ce blog, je souhaite exprimer mes premières impressions.
Sa particularité est qu’il a vu le jour sur l’initiative de la “dircom” de FC. Ce qui est annoncé dans le premier billet prédit un peu la suite. Le “dircom” a en effet pour principale mission d’accroître la notoriété de l’entreprise en renforçant son image notamment.Même si Caroline Cesbron a entrepris une action de communication vers le public cible de FC, avec enthousiasme et passion, elle a introduit une injonction “changez de point de vue”, jouant sur les mots alors qu’elle nous proposait de comprendre, ce qui est tout à son honneur, les coulisses du métier. Ce billet en est un exemple.
Les auditeurs sont en verve dans le premier billet car, me semble-t-il, ils se sentent impliqués. C’est comme si, cette main tendue, sous le prétexte de nous faire pénétrer les coulisses de la fréquence culturelle, représentait ce lien chargé symboliquement, passionnel, entre les auditeurs et leur radio. Ce blog incontestablement a fonction de médiation, lieu de reconnaissance de la parole, espace dans lequel s’exprime l’imprévisible. Il représente une riche expérience. Cet espace de parole institué entre FC et ses cibles, sur l’initiative de sa dircom, n’a peut-être pas été pensé comme cela mais s’y engage malgré lui. Ce qui était à prévoir, me semble-t-il, car ouvrir un espace de projection en invitant à changer de point de vue, c’était ouvrir les vannes pour que s’exprime toutes les paroles. Chacun y crée des registres symboliques, trouvant refuge, s’impliquant, se rétractant. Ce qui se produit est loin d’être anodin. Le succès que remporte le premier billet témoigne de cela.
Cependant, il manque un cadre, d’ailleurs certains le réclament car prendre la parole sauvagement est stérile et y répondre instantanément aussi. Le différé a des vertus.
Une institution doit aussi prendre ses responsabilités. Si l’on institue un espace de parole, il faut aussi qu’il existe une régulation. Nos statuts (auditeurs, “dircom”) sont différents, et c’est bien pour cela qu’il y a une chance que la parole circule. Avançons sans trop de hâte, analysons comprenons et expérimentons chaque jour.
23 janvier 2008 à 11:10
Effectivement, comme le réclament beaucoup (plusieurs) d’entre vous “en toute chose, modération est bonne”, surtout sur ce blog
Dont acte depuis hier soir.
Bonne journée à tous.
Caroline
23 janvier 2008 à 12:45
En Vers ci-dessus se professe une sage poésie, j’approuve entièrement, tout en voulant insister sur un point : la modération doit se donner des règles. Le contrat doit être clair avec les auditeurs-lecteurs : que peuvent-ils dire dans le blog, que doivent-ils ne pas dire ? Tant que des règles ne sont pas clairement définies, la censure reste livrée à arbitraire.
Bb
24 janvier 2008 à 15:17
Bonjour,
je viens de relire (en différé!)les conseils de Vers, et il me semble comme le note Bébert qu’il (elle?)est effectivement plein de sagesse. Il faut donc suivre ces conseils et ne plus intervenir de façon stérile… C’est joli à dire. Vers invite à réfléchir au statut de ce blog, qui doit conditionner la façon dont les intervenants vont s’exprimer. Précisément: FQ est une radio publique qui n’a rien à vendre mais qui a vocation à se faire entendre du plus grand nombre; elle est un lieu d’échange et d’écoute. Pourquoi ce blog ne participerait-il pas à celà ? La radio à l’envers, je trouve que c’est un très joli titre pour désigner le retour de la part des auditeurs, ce qu’ils renvoient. A présent, la question de l’immédiateté. Peut-il y avoir une politique éditoriale des réactions des auditeurs? Ca paraît absurde… Je crois que la liberté et la spontanéité sont inhérents à tout blog, et compte tenu de la nature de FQ je pense que la liberté d’expression la plus grande sera la meilleure (sauf évidemment haine, racisme, obscénités, slogans politiques…). Qu’il y ait des confrontations, cela peut être une bonne chose, c’est même un des atouts de notre radio préférée (mince, je ne sais pas faire les smileys!).
Au plaisir de vous lire…
26 janvier 2008 à 22:53
Mille pardons pour ce retard à vous publier mais j’étais au Festival de la Bande dessinée à Angoulême.
Bonne soirée à tous.
Caroline
30 janvier 2008 à 9:39
Plutôt que de faire des blogs, en vu de quelque misérable maquillage d’image, vous feriez mieux de nous donner, en premier lieu, un vrai service de relation avec les auditeurs (qui réponde tout simplement au courrier par exemple), ainsi qu’ un véritable médiateur (c’est à dire réellement entre auditeurs et radio, et non derrière sa direction(s)), et puis SURTOUT une radio simplement CULTURELLE.
Culturelle : c’est à dire réalisée par d’authentiques esprits éclairés et généreux, et non par des vessies qui se prennent pour des lanternes.
J’ai écouté France Culture au quotidien pendant des années avec un plaisir immense (sans avoir de diplôme et sans être vieux), mais aujourd’hui, alors que je l’allume toujours plusieurs fois par jours (mue par je ne sais quelle espérance), j’éteins aussitôt le poste, écÅ“uré par la médiocrité (ou la bassesse) des intervenants qui se succèdent comme des vendeurs prosélytes de porte-à -porte.
Je n’ai pas de temps à perdre ici à lire toutes les contributions, ni a écrire plus longuement à des Maîtres en Duplicité.
J’espère presque que vous ne passerez pas mon message car je n’ai pas envie d’entretenir vos futilités, mais il fallait que je dise, encore une fois, combien France Culture me manque.
Et, pour finir, j’admire vos slogans qui disent tout :
Changez de point de vue !
La radio à l’envers !
filtre anti spam : zidane !
(Alors là , je n’en demandais pas tant…)
30 janvier 2008 à 11:51
Pour répondre à Bébert sur les règles de modération qu’il faudrait définir, je suis assez d’accord avec Vincent et En vers qui ont très bien présenté ma “pensée” en la matière. Maintenant, le commentaire de Patrick m’a posé un cas de conscience : publier/ne pas publier ? je publie car si Patrick écrit, c’est qu’il veut l’être, alors qu’il espère presque le contraire en réclamant la non publication, et qu’il contribue à ce à quoi il ne veut pas contribuer. Je publie car j’ai pensé arbitrairement que le temps passé sur la clavier valait publication d’autant plus que le message est critique envers France Culture. Encore un sur ce blog ! Mais comment faisons-nous alors pour rassembler de plus en plus d’auditeurs ? C’est une autre contradiction à laquelle je n’ai pas encore de solution.
bonne journée à tous
Caroline
30 janvier 2008 à 13:57
Bonjour Caroline,
Une question qui vise à prolonger la vôtre : pourquoi selon vous, Europe 1, RMC etc. rassemblent-elles plus d’auditeurs encore que FC, malgré l’”ascension” de cette dernière (dans les mesures d’audimat)? L’argument sous-tendu par votre question, est vicié : évidemment, l’audimat est la seule donnée quantifiable dans la production d’une radio, mais cette quantité ne mesure rien de la qualité, de l’exigence culturelle de la production. Audiance et exigence ne font pas bon ménage, cf. Arte vs Arthur, malgré les effort de démocratisation pratiqués par la première.
Bien sûr, l’argument n’est pas sans poids, il faut bien qu’FC soit écouté, et dans l’idéal, par le plus grand monde possible, mais les efforts déployés à cet effet ne devraient pas (n’auraient pas dû, faut-il dire maintenant) piétiner ce qu’elle avait de particulier et d’original, cette radio.
Pouvez-vous voir que les auditeurs de la chaîne d’il y a au moins 10 ans, sont d’un relatif unisson dans le constat de sa perte de qualité, de sa dilution progressive dans le mainstream du paf? Qu’elle devient une radio X tendance culturelle? Bien sûr, il reste des perles, de nouvelles sont même apparues, mais… Que pouvez-vous y faire, de toute façon? J’imagine assez mal une volte-face du directeur actuel, à la lecture des quelques message ici déposés. Et c’est presque trop tard, beaucoup de producteur au savoir-faire particulier sont partis depuis longtemps, il faudrait réinventer quelque chose qui n’est plus au goût du jour.
A votre décharge tout de même : vous n’y êtes pour rien dans le fait que l’auditeur lambda d’aujourd’hui, saturé et drogué au direct, aux flashs, aux couleurs et aux sons criards, soit de plus en plus réfractaire à une forme d’écoute qui ne ressemble pas à ladite drogue. Dans cette veine, la compression du son sur FC, entrée en vigueur depuis quelques années, à d’ailleurs eu son effet pour que son apparence sonore soit moins éloignée des autres radios.
J’arrête cette longue plainte dont je vois déjà à la relecture la vanité qu’elle transpire.
Pour résumer, le problème d’FC est d’avoir deux objectifs antinomiques, quasi inconciliable, la qualité culturelle et l’audiance. Vous ne pourrez pas vous battre à armes égales avec les chaînes qui tapent plus bas que vous, à moins de taper aussi bas, votre dilemne est grand.
Bon courage, merci de vos efforts de compréhension, en tout cas.
30 janvier 2008 à 21:39
Bonjour,
un petit message pour Patrick et Frédéric, même s’ils s’adressent plutôt à la radio qu’aux autres auditeurs… Est-ce que vous pourriez préciser vos attentes? Parce que vous dites que FQ n’est pas une radio culturelle, mais pourquoi? Je n’ai malheureusement pas le temps de l’écouter très longuement, je picore quand je peux, mais si je pense à ce que j’ai pu entendre récemment (exemples: Monique (c’est bien ça?) Canto-Sperber avec Antoine Compagnon à propos de littérature et de morale, hier soir une très agréable émission sur Maupassant, avec une spécialiste très intéressante, un grain à moudre sur la laïcité il y a déjà quelque temps qui a donné lieu à une belle discussion….), je suis souvent captivé par ce qui se dit. Donc, j’aimerais mieux comprendre ce que vous voudriez trouver et que vous ne trouvez pas. Si ça vous dit, bien sûr, d’en discuter.
Je précise que je ne me sens pas une vocation de thuriféraire de cette radio, même si ça me fait plaisir que Caroline dise que j’ai bien exprimé sa pensée… (smiley!)
30 janvier 2008 à 22:50
Mais, nous sommes d’accord Frédéric: l’audience ne suffit pas pour satisfaire l’exigence. Et à 200% d’accord avec vous quand vous assurez aussi qu’il faut bien que FC soit écouté par le plus grand nombre. Et je respecte totalement votre avis qui nuance cette unanimité, consistant à dire qu’a été piétiné ce qui faisait l’originalité de la radio. Mais évidemment, sur ce point, je ne peux pas vous rejoindre complètement : je pense que FC est toujours originale, même si, je vous le confirme aisément, nous avons changé. Et je sais aussi que ces changements n’ont pas convenu à tous… mais ils ont été suffisamment bien accueillis cependant pour réunir autour de notre fréquence plus de monde qu’auparavant. La quadrature du cercle, en fait ! Mais rassurez-vous, nous n’avons aucunement l’intention, ni l’envie, ni les moyens, ni la mission, de rejoindre les hauteurs du Box office dont vous parlez et de pervertir ce qui fait, malgré tout, toujours, notre originalité, notre identité. Entre les deux, il y a de la marge, ne pensez-vous pas ? et si nous avons mis à l’antenne (antenne qui ne peut pas être extensible, d’ou la disparition de certains programmes) d’autres émissions, d’autres voix, vous nous accordez aussi le fait que nous avons préservé quelques perles à l’antenne … toujours pour résoudre la quadrature du cercle. Pour intéresser plus d’auditeurs, pour partager plus la culture - ou pour ne pas vexer mes amis Bébert et Yann entre autres, partager des programmes autres que ceux proposés sur d’autres antennes -, il nous semble que la radio se doit d’être vivante, réactive, et en évolution. Comprenez-moi bien, cela ne veut pas dire que nous tentons coute que coute de nous adapter au monde et aux habitudes qui changent. Là aussi, la marge est grande entre les deux, non ? En conclusion, je ne pense pas qu’il existe une contradiction évidente entre une potentielle ou supposée course à l’audience (nous avons simplement envie d’intéresser plus d’auditeurs, d’être écoutés par un plus grand nombre)et la perte ou non - appréciation qui restera de l’ordre du subjectif - de la qualité culturelle.
avec en fond de problème, ce qu’on appelle ou non culture !
Quant à Vincent, je sens que votre commentaire et votre appel à la discussion peut relancer une terrible discussion
Bonne soirée à tous, et à très bientôt … avec de nouveaux billets.
Caroline
30 janvier 2008 à 22:55
À Patrick et à Vincent : je souscris entièrement à ce que vous écrivez tous deux. Merci infiniment. Il y a des jours où l’on se sent moins seuls et où l’on reprend espoir. J’ai dû écrire des phrases analogues aux vôtres des centaines de fois, en vain.
Caroline, si vous me le permettez, en toute amitié, vos interrogations sont touchantes de naïveté. Mais Frédéric a parfaitement résumé le dilemme devant lequel se trouve France Culture. On sait aussi dans quel sens elle a choisi de le trancher. Il est évident que les auditeurs qui se sentent spoliés, amputés de la radio qu’ils ont aimée ont une vue plus claire et précise de ce qu’ils reprochent à celle-ci. Ils ont aussi une connaissance plus large de ce qua été FC. Leur mécontentement explique qu’ils aient plus de facilité à écrire.
Pour Vincent, ma foi, vous avez eu de la chance ! Vous êtes tombé sur deux rares exceptions… Grâces soient rendues à ces deux producteurs, M. Canto-Sperber et R. Enthoven de maintenir les exigences d’une chaîne culturelle et d’aborder dans leurs émissions des sujets et des auteurs littéraires, philosophiques, artistiques (même si l’on peut regretter pour le second, qu’ils soient trop souvent en phase avec l’actualité du moment). Cela dit, vous avez raison, il reste quelques précieuses niches.
Notre angoisse est qu’elles disparaissent toutes dans le grand vortex de l’actu, du direct, du magazine, du débat, le débat, encore le débat et du docu sur la misère du monde. Chaque année, des émissions précieuses disparaissent (il faut se renouveler paraît-il). Quand on sait que certaines émissions comme le Masque et la Plume sur Inter continuent de drainer des milliers de fidèles toutes les semaines avec une formule inchangée, on se demande pourquoi FC s’est mis à tout prix dans la tête de chambouler à ce point ce qui faisait son excellence.
Enfin, pour aller encore dans le sens du message de Patrick. Je l’avais déjà écrit, Caroline et me permets de le répéter :
- donnez-nous un service des auditeurs digne de ce nom
- donnez aux auditeurs un Médiateur compétent qui remplisse sa fonction.
Cordialement à vous et aux divers connectés,
EZ
Voltaire : j’ai eu plus de chance avec le filtre anti-spam !
30 janvier 2008 à 23:13
Ez, merci de revenir. Mes interrogations ne peuvent pas être touchantes de naïveté, je pencherai plutôt pour les qualificatifs de réalistes, ou terre-à -terre, mais sans cynisme. Quant à votre angoisse, le message que j’ai laissé précédemment à Frédéric et Vincent, devrait vous rassurer. Tout est question d’équilibre. Même si - je vous confirme ainsi que j’ai bien lu vos contributions précédentes - vous regrettez certaines émissions, et une France Culture qui, c’est vrai, est aujourd’hui différente. Quand vous parlez du Masque et la Plume de France Inter, puis-je vous dire que vous ne parlez que d’une émission et non pas d’une antenne complète, souvent en évolution (c’est le propre d’une radio généraliste comme Inter), et que pour ma part, j’adore nos Papous ?
Sachez que je lis toutes les contributions, et que ce que je peux faire pour vous satisfaire, je le ferai, l’inverse étant aussi vrai car mes pouvoirs sont limités, Ez, je ne suis que de la comm
Bonne soirée.
Caroline
31 janvier 2008 à 0:16
Merci de votre réponse, Caroline, mais lorsque j’ai envoyé mon message, il me semble que votre réponse ne figurait pas encore à l’écran. D’où le fait que je n’aie pu en tenir compte. Excusez-moi.
Vous écrivez” : “nous avons simplement envie d’intéresser plus d’auditeurs, d’être écoutés par un plus grand nombre”. L’ennui est que dans bien des cas, pour capter de nouveaux publics, vous projetez, vous imaginez les attentes de ce supposé “plus grand nombre”. C’est à vous de définir l’offre, cela va de soi. Mais qui décrète que les auditeurs souhaitent plus d’actu plus de direct ? Y a-t-il des sondages précis sur ce point ? Et même ainsi, faut-il toujours sanctifier le quantitatif au détriment du qualitatif ? Je reste quant à moi persuadée que c’est à vous de façonner les auditeurs, c’est à vous de les hisser à un certain niveau d’exigence. Personnellement, j’assume entièrement une forme d’élitisme en disant que le “pour tous” démocratique est le plus souvent synonyme de médiocrité.
Un exemple : à partir d’un certain moment, très précisément daté, on a décrété, là encore, que la radio devait “décrypter” le monde, car les auditeurs avaient soif de décodage et qu’il fallait les y aider (d’où la grande vogue sociétale) et que cela devait se faire en direct (autre riche axiome radiophonique). Mais dans quel marc de café a-t-on lu que ce besoin de “décryptage” correspondait à une demande **réelle** des auditeurs ? N’auriez-vous pas un peu tendance à phantasmer les auditeurs ? Ou à leur attribuer des “besoins” ou des “désirs” qui ne sont là que pour valider une ligne éditoriale qui ne tient aucun compte des attentes des auditeurs ? la preuve en est que lorsque des auditeurs, parfois en masse, protestent contre la suppression de telle ou telle émission, ou contre telle ou telle dérive, on ne tient jamais aucun compte de leurs avis et on leur oppose des arguments d’autorité. Que l’on assume enfin, que ces choix répondent d’une part à une volonté directoriale discrétionnaire, à l’air de temps (quelque chose de plus fun, plus light, plus branché), et d’autre part au besoin de faire du chiffre et de l’audience en ratissant plus large.
C’est là où nos analyses divergent profondément.
Merci de vos efforts de transmission…
EZ
31 janvier 2008 à 11:33
Bonjour,
à Caroline: et pourquoi pas, posons le problème de la culture, ensuite on posera celui de la France et on aura fait le tour de la question!
à EZ: vous dites que j’ai eu de la chance de tomber sur deux bonnes émissions sur les quelques unes qui restent encore… ça m’a donné envie de réagir en repensant à tout ce que j’ai pu entendre ne serait-ce que pendant les 12 derniers mois, mais comme a déjà dit quelqu’un ici: la vanité de la chose me fait transpirer! Et pourtant, et malgré tout, quelques bribes: une histoire des papes, un voyage à Alep, un théologien jésuite vivant au Caire et parlant de l’islam, un lundi de l’histoire (fabrique de l’histoire?) sur les conceptions politiques dans l’Antiquité (vague souvenir, mais c’était bien), un extrait de roman parlant de poulailler et de psychanalyse (très fin), une promenade culino-littéraire sur les bords de la Loire… je m’arrête là , mais les trois points valent pour beaucoup de souvenirs (et je le répète, je ne passe pas mon temps à écouter la radio). Mais vous parlez aussi des débats. Moi je suis pour: un après-midi récent, j’ai pu entendre un bout de débat très intéressant sur le nucléaire, et un autre sur les moteurs et l’après-pétrole. De bons moments aussi avec le grain à moudre. Et je n’oublie pas le débat animé par Philippe Meyer le dimanche matin. Encore une fois, ces débats apportent un éclairage sur l’actualité, et même une pédagogie de la manière dont on peut discuter des questions qui se posent à la société. Est-ce que la télé remplit cette fonction? Je pense que FQ est un lieu privilégié pour la discussion argumentée. Et puis encore, permettez-moi de réagir sur les documentaires et la misère du monde. Là aussi, le pourquoi de votre critique m’échappe: j’ai entendu (par exemple)une enquête sur les juges de proximité (ça ne doit pas être comme ça qu’on dit, les juges civils “amateurs” pour régler les problèmes de voisinage), une autre fois des témoignages d’enfants marocains qui cherchent à s’embarquer clandestinement sur les camions dans le port de Tanger… (mêmes trois points que tout à l’heure). Pensez-vous que je me sente appauvri ou enrichi d’avoir écouté ces émissions?
Je vous en prie EZ, continuez à essayer de me convaincre que j’écoute une radio sans intérêt.
Cordialement,
v.
31 janvier 2008 à 12:57
Bonjour Caroline,
Merci pour votre mot (n°9) mais il ne répond pas à ma question (n°5), qui est : quelles sont les règles de censure. Vous me renvoyez aux messages de Vers et Vincent (n°3 et n°6), lesquels, si on les lit bien, souhaitent :
- l’un, quelque chose qui rejoint, quoiqu’en partant d’un autre côté, ce que je demande moi-même (« il manque un cadre » dit Vers)
- l’autre, la « liberté d’expression » la plus large, avec une censure portant uniquement sur les messages de haine, racisme, etc.
Votre attitude hésitante sur le message de Patrick (n°8) montre bien que la parole des auditeurs est encore suspendue à votre strict bon vouloir plutôt qu’à des principes intelligibles par eux. Pourquoi avez-vous hésité à publier le mot de Patrick ? Qu’est-ce qui, dans son message, aurait pu lui valoir la censure ?
Bien cordialement,
Bb
31 janvier 2008 à 21:01
À Vicent, je me permets de vous faire remarquer que je n’ai jamais dit, à aucun moment que cette radio ” n’avait aucun intérêt”. Dans aucune de mes contributions à ce blog. J’y ai même écrit (pardon de me répéter, c’est presque inévitable) que je comprenais fort bien que de nombreux auditeurs en soient satisfaits. Le seul hic est qu’elle ne répond plus à la définition d’une radio culturelle car la part allouée à la culture dans sa programmation (littérature, arts, philosophie, histoire, etc. ) est de plus en plus réduite et qu’elle ne se justifie la plupart du temps que par quelque prétexte d’actualité. Je me permets également de signaler que parmi les émissions que vous signalez (vous n’en donnez pas toujours le titre), nombreuses d’entre elles (Le s lundis de l’Histoire par ex. ; De bouche à oreille ) sont fort anciennes et ne doivent donc rien ni à l’actuelle Direction, ni à la précédente. Elles étaient déjà là . lIl s’agit de reliquats qui pourraient fort bien disparaître, à l’occasion d’un renouvellement de la grille.
Par exemple : De bouche à oreille, dont vous avez apprécié “la promenade culino-littéraire sur les bords de la Loire”. Terminée. Finie. Remplacée par quoi ? Vous avez écouté ce qi la remplace dimanche à 12 heures ? L’agenda d’un homme politique. C’est là tout ce que nombre d’auditeurs déplorent : on remplace une magnifique émission, montée, élaborée avec soin, conçue avec intelligence, pendant tant d’ années, par sa productrice et ses collaborateurs autour de thèmes toujours originaux et intéressants, mêlant gastronomie et littérature, faisant découvrir des nivers insoupçonnés, par… la longue litanie des rendez-vous politiques de la semaine. Passionnant, en vérité. Vous n’entendrez plus jamais l’émission gastronomico-littéraire, ce qui fera peut-être de vous un mécontent, si vous aviez eu le temps de vous y attacher et ne comprenez pas les raisons de sa brutale disparition. Autre exemple (j’espère que Caroline, dans sa grande mansuétude publiera mon message) : les Une vie une Å“uvre : une heure trente de documentaire sur un auteur, une Å“uvre, un panorama précis, informé, fait par les meilleurs spécialistes. Comme bien des auditeurs, je possède des archives entières de ces émissions, comme des très regrettés Bons plaisirs (trois heures de pure connaissance, et oui! à la place du rendez-vous mondain du samedi après-midi. Vous imaginez ? ). Eh bien UVUO est ramené à une durée de une heure, et recentré (par la volonté de son producteur) sur le biographique, l’anecdotique, le psychologique. Les Å“uvres ? Non, trop difficile, on parlera le moins possible des Å“uvres.
Ce sont ces évolutions qui nous inquiètent. Suis-je plus claire à présent ?
On ne nie pas que ces débats aient un intérêt mais que la forme débat ait envahi à ce point la programmation. Autrement dit, ce que nous regrettons c’est la fermeture, l’absence de diversité, le présentisme, l’omniprésence des sujets sociétaux, des débats et polémiques contemporains. Écoutez de façon régulière et vous verrez certains sujets d’actualité revenir des dizaines de fois en peu de mois. Et vous ne trouvez pas que : le Rendez-vous des politiques, l’Esprit public, la Rumeur d Monde, ça fait tout de même beaucoup d’émissions d’actu politique pour une chaîne politique ? Et pourtant, j’aime beaucoup Meyer et son équipe, là n’est la question. Mais le fait que la culture sur la chaîne culturelle soit réduite aux acquêts.
Sans parler de la forme. Lorsqu’on écoute depuis longtemps, on a l’oreille dressée à un certain nombre de choses qu’un auditeur plus récent ne remarque peut-être pas, et qui faisaient la spécificité de FC, comme l’a expliqué plus haut Patrick : un certain style d’entretien, une certaine façon de construire une émission, la qualité du son, des ambiances sonores, des voix notamment, et du français évidemment, qui se relâche constamment… D’autre part, avec de nombreux producteurs tournants, vous êtes assuré de la variété et de la richesse. C’était le cas anciennement. Lorsque vous confiez une tranche horaire tous les jours à la même personne et sur tous les sujets possibles, la compétence est en grave danger. Ce serait long à détailler et on nous reproche assez notre prolixité.
Voyez-vous, Vincent, quand on écoute FC depuis 25 ans de façon régulière, quand on est fidèle à certaines émissions, à des producteurs dont nous aimons le travail, quand l’on reste attaché à une certaine qualité, on a des raisons fondées de trouver que l’évolution ne va pas dans le bon sens. Le changement oui, mais si c’est pour dégrader ?
Je ne chercherai à vous convaincre de rien du tout, Vincent. Vous êtes un auditeur comme moi et si vous trouvez votre bonheur dans la FC actuelle, tant mieux pour vous. Vous auriez adoré probablement, celle qui a été en partie – comment le dire de façon suave ? – altérée ? Je souhaite seulement que notre avis et nos regrets soient considérés et respectés. Ce qu’ils ne sont jamais .
Pardon pour la longueur de ce message à ceux qui ne supportent que les réponses one line, mais j’ai l’habitude de développer et d’argumenter, notamment quand on me le demande.
Sauf, sur ce blog et grâce à Caroline Cesbron.
EZ
31 janvier 2008 à 21:03
Pardon, pour la dernière ligne qui n’ets pas à la bonne place ! Il faut la lire bien entendu juste après l’avant-dernier §. J’ai rajouté le dernier § d’excuses après-coup.
Merci Caroline
1 février 2008 à 22:44
A EZ. Je souhaitais vous remercier pour cette réponse éclairante et touchante (vous l’aimez encore, n’est-ce pas…), mais je crois que vous êtes déjà repartie batailler à propos d’un nouveau billet de Caroline. Il est après tout bien possible que vous ayez raison et que je ne me rende pas compte de la dégradation de FQ (manque d’attention et/ou de recul. Par exemple, ce que vous dites de la disparition de De bouche à oreille m’afflige. Caroline, qu’en dites-vous? Pour le reste, il me semble que je suis assez proche de vous en matière de goûts et de couleurs, et sans doute aurais-je aimé FQ il y a vingt ans encore plus que je n’aime celle d’aujourd’hui (à propos de souvenirs, j’aimais bien entre midi et deux Pascale Casanova et les autres dont j’ai oublié le nom). Mais autant j’ai apprécié votre réponse, autant je suis irrité par la hargne de certaines critiques de personnes avec qui finalement vous vous retrouvez (et là , pourriez-vous nous expliquer si vous êtes membres d’une même association? Je n’aurais rien à y redire, c’est simplement pour continuer à faire connaissance…). Je veux dire que l’action militante peut conduire à une binarisation (idéalisation/diabolisation) de l’image de la radio qui peut laisser perplexe l’auditeur non impliqué dans l’histoire. Tiens, voilà une auto-définition qui me fait penser qu’il y a quelques mois, j’ai pu entendre sur cette antenne un historien français de la France contemporaine (lequel dans quelle émission? J’ai honte du gruyère qui me tient lieu de cerveau…), qui disait à propos d’un Français qui ne se sentait pas concerné par les problèmes entre résistants et Gestapo, qu’il avait eu tort de croire que l’histoire ne le concernait pas: il avait été le seul de son groupe d’amis à ne pas se cacher avant une rafle, et était mort en déportation. (Mais je n’ai pas besoin de vous faire remarquer qu’il y a des tas de choses intéressantes sur FQ, vous le savez très bien.)
Bien à vous,
V.
2 février 2008 à 15:25
Bonjour Vincent, et merci de votre aimable réponse.
Juste un mot à propos d’une des questions que vous posez : oui, les auditeurs ronchons se retrouvent dans des associations, sur des forums (qui parfois effraient les visiteurs…). Nous nous connaissons parfois et avons des liens de camaraderie ou d’amitié (ronchonner de conserve, ça crée des liens !). Mais comme vous le dites très justement, il y a aussi une limite à cela : celui de ronronner entre soi, de se conforter dans sa mauvaise humeur et d’idéaliser un passé qui n’était peut-être pas si parfait. C’est pourquoi, comme à certains de mes camarades du “canal historique, il me semble qu’il faut sortir de notre cercle, et intervenir, expliquer, informer, argumenter, confronter les points de vue sans relâche. Évidemment, on souhaiterait que toutes les écoutes soient aussi bienveillantes et disponibles que la vôtre, notamment parmi les auditeurs. Car la hargne dont vous parlez est bien représentée des deux côtés, croyez-moi… Il suffit de parcourir ce blog.
Sur le fond, l’analyse de nombre des protestataires qui se sont exprimés ici nous est commune. Après, c’est une affaire de style et de ton, et on peut préférer la voie de l’explication sans trêve (avec ses inévitables redites tant reprochées) à des styles et à des modes d’expression plus … musclés. Le seul hic est que ni l’une ni l’autre des méthodes n’atteint les dirigeants de la chaîne et que finalement, se perdre en argumentations polies n’est guère plus productif que le coup de gueule qui a l’avantage, lui, de défouler ! D’où parfois des tons plus vifs, voire le choix de cette deuxième manière de faire, puisque de toute façon, nous n’avons plus rien à perdre et qu’a priori nous sommes rangés dans la catégorie “affreux réacs passéistes” bons pour le sarcasme.
Pourtant, comme vous l’avez bien compris, les critiques ne relèvent pas d’une attitude purement négative. On souhaiterait seulement que les générations futures puissent continuer de bénéficier de la FC avec laquelle nous nous sommes formés ou nous avons grandi. Mais on nous rétorque que les temps ont changé et qu’il faut s’adapter, s’adapter, s’adapter à la merveilleuse modernité. Cela me rappelle ces belles phrases de Serge Koster (quelqu’un que les adeptes du Panorama regrettent de ne plus entendre), dans “Adieu grammaire” (un petit livre mélancolique mais décapant) : ” Dans le bilan qu’elle [Hannah Arendt] en dresse [de la Crise de la culture], se détache cette menace : “Nous sommes tous en danger d’oubli”. La culture n’empêche rien, hélas. Mais quand la connaissance se borne et subordonne à l’actualité, régie par l’éphéméride, dont la nature est de joncher le sol de feuilles piétinées et salies, sans mémoire, c’est toute la trame du temps qui part en lambeaux, tous projets éradiqués d’un présent qui ne cesse de naître sans naître à rien. Les mutants pleurent, le dinosaure se désole, le globe tourne toupie”.
Bien cordialement à vous, et à tous,
EZ
Bien d’accord avec Bébert. Ce texte que nous avons été nombreux à remarquer est hallucinant sur le site d’une chaîne culturelle. On tomberait des nues, si l’on n’en avait déjà tellement entendu et lu d’autres de la même farine sur FC.
Quelle que soit l’estime que l’on puisse avoir pour ces chanteuses : Sylvie Vartan, Nana Mouskouri ont-elles leur place sur France Culture ? Ah mais pardon, nuance, c’est de la variété “chic”, avec la France Culture Touch… Ça rend tout de site le produit beaucoup plus intelligent. On aura beau jeu par la site d’organiser de très savants débats pour analyser, voire condamnerd’un air supérieur la “pipolisation” croissante de la société alors que FC y participe activement à travers ce genre d’émission et bien d’autres (notamment les Journaux qui nous servent jusqu’à saturation toutes les questions pipole du jour). N’y a-t-il pas comme une incohérence ?
À Caroline : Caroline, j’ai du mal à comprendre que vous vous satisfassiez si facilement de cette obligation de résultats, qui est loin de constituer un axiome. Vous écrivez notamment : [Besson] … a invoqué le fait que France Culture ne devait pas échapper non plus à la définition d’objectifs et de critères d’évaluation. Force est de reconnaître que cela semble vrai”. Vous ne trouvez pas cela discutable ? Qu’est-ce donc que le fameux “résultat” ? Le chiffre brut ? La masse ? C’est donc cela l’obligation de France Culture ? Etre écoutée pr le plus grand nombre, quels que soient les moyens pour arriver à cette fin ? Ou continuer d’assurer son rôle au service d’une transmission culturelle de qualité ? L’injonction de résultats “culturels” n’a rien d’une évidence. La question doit être posée, et heureusement elle l’est dans le débat public.
“Mauvais esprit”, sans doute, comme Bébert
je lis ces résultats autrement, hélas. Les auditeurs fuient les autres stations et cette fuite profite à France Culture qui flatte ces “nouveaux publics en sacrifiant beaucoup de ses exigences.
Bonne journée à tous, EZ
2 février 2008 à 15:27
Mille excuses pour le doublon involontaire ! J’ai réutilisé la même note pour rédiger ce dernier message. Caroline, pourriez-vous supprimer le message déjà publié ?
Merci
2 février 2008 à 19:50
vos désirs sont exaucés, Ez. Bon week-end.
Caroline
3 février 2008 à 23:06
Bonjour,
Vous êtes toujours très agréable à lire EZ, et très convaincante, mais après avoir été attiré par votre point de vue j’ai à présent tendance à revenir à ma première opinion. D’une part, il y a quelque chose qui me gêne dans votre attitude (collective) d’opposants. Par exemple, et excusez-moi d’aller contre vous personnellement, je suis tombé sur un message de vous sur le blog de Travaux publics, dans lequel vous reprochiez au journaliste de manquer de références franceculturesques, et apparemment dans votre esprit, avec une certaine ironie évidemment, cela le disqualifiait pour pouvoir exercer sur FQ. J’ai trouvé ça révélateur: vous vous instituez (collectivement) gardiens du temple, seuls autorisés à interpréter véritablement la loi et prompts à voir partout des sacrilèges.
D’autre part, et en continuité avec ce qui précède, je ne suis pas convaincu que FQ se soit dénaturée dans les évolutions que vous déplorez. Ne pourrait-on pas dire, par exemple, que le choix (précisément daté, disiez-vous)du débat, du direct, du politico-social, etc… a été tout à fait défendable historiquement et correspond à la mission profonde de FQ. J’ai bien lu le passage que vous citez de Serge Koster (et je vous remercie de me rappeler son nom!), et bien sûr j’approuve, mais il me semble que ces dernières années la remise en cause idéologique est si profonde, et le sens politique si vacillant, qu’il me paraît vraiment utile de réinstituer une culture du débat informé, en prise sur les enjeux actuels. C’est autre chose, ce n’est pas forcément moins intelligent, et c’est peut-être d’une nécessité vitale (car vraiment, ni la télé ni France inter ne peuvent jouer ce rôle).
Voilà pour mon point de vue, mais je ne rejette pas du tout complètement le vôtre. Par exemple, vous parliez du rendez-vous mondain du samedi après-midi, et en effet j’ai écouté ça une fois 5 ou 10 mn et je pense que FQ pourrait (devrait) se passer de cette émission. En fait, c’est comme toujours une question d’équilibre, à condition qu’il y ait derrière chaque émission l’exigence intellectuelle qui doit rester la marque de cette radio. Il y a certainement là matière à de nombreux débats, pourquoi pas sur ce blog (au fait Caroline, puisque vous lisez tous les messages, pourrez-vous réagir à propos de la disparition de De bouche à oreille?).
Pour conclure, je vous incite à l’optimisme EZ, FQ n’est pas morte. Je vous suggère même de leur proposer de vous prendre comme productrice, vous pourriez faire faire aux auditeurs de savantes et captivantes plongées dans le riche patrimoine de cette radio.
Cordialement,
V.
4 février 2008 à 17:25
Sans vouloir répondre à la place d’EZ, qui le fera bien mieux que moi, ne trouvez vous pas salutaire, justement, qu’un média fasse un peu “résistance” dans une époque qu’on souhaite politiser à l’extrême? C’est un acte courageux que de ne pas multiplier les rendez-vous politiques et de décider de lancer telle ou telle série sur un thème inattendu, sachant que de nombreux autres médias, avec exactement les mêmes intervenants, traiteront des questions politiques et financières.
Vous avez raison en mentionnant qu’il faut un équilibre, et je crois que personne ne souhaite écouter une radio encyclopédie ou une radio scolaire coupée de son monde, mais là où il faut être vigilant (le mot n’est pas trop fort), c’est lorsqu’on observe une émission qui, sous prétexte de “refléter l’actualité”, va remettre sans arrêt sur le tapis le même sujet (sujet, qui, quelquefois, a déjà été traité abondamment par une autre émission de France Culture), et qui créé chez l’auditeur un sentiment désagréable de “boucle”, comme une chaîne de télé d’information. Et dernière chose avant d’être trop long : j’ai observé pas mal d’émissions se faire “terminer” et remplacer par des rendez-vous d’actualité ou de variété, mais les choses n’ont jamais fonctionné dans l’autre sens (de l’actualité vers le culturel). Cela me paraît symptomatique. Qu’en pensez-vous?
4 février 2008 à 21:34
bon comme je suis d’humeur joyeuse, je laisse passer Gerineldo, que vous pouvez aussi appeler YANN, bien connu sur le blog qu’il a été un des premiers à étrenner
Caroline
4 février 2008 à 21:54
Bonsoir Vincent,
je vais essayer de ne pas être trop longue (difficile…). Vous écrivez ceci: ” […]vous reprochiez au journaliste de manquer de références franceculturesques, et apparemment dans votre esprit, avec une certaine ironie évidemment, cela le disqualifiait pour pouvoir exercer sur FQ. J’ai trouvé ça révélateur: vous vous instituez (collectivement) gardiens du temple, seuls autorisés à interpréter véritablement la loi et prompts à voir partout des sacrilèges”.
Je l’avoue, ce message était assez moqueur car j’ai été sidérée par la teneur du billet de l’animateur en question, qui parlait dans un blog radio de son goût immodéré … pour la télé !!!! Chapeau… Et la radio, et FC, dans tout cela ? Non, non, rassurez-vous, pas de “gardiens du temple” présomptueux. Mais tout de même, vous ne croyez pas que demander aux néo-producteurs un minimum de connaissances du média dans lequel ils vont exercer ne pourrait pas leur nuire ? Je dis cela car FC, pour moi, c’était avant tout un style d’entretien, une manière très particulière de faire, de présenter les sujets, de conduire les conversations, que les jeunes nouveaux semblent ignorer totalement (c’est sans doute délibéré). Et cela, croyez-moi, ça fait des différences abyssales. De plus, il y a une certaine désinvolture vis-à -vis des règles déontologiques élémentaires, qui est très choquante (mais qui ne choque que nous, car tout le monde s’en moque).
Toutes proportions gardées, c’est ce genre de situations que l’on trouve parfois dans une institution, dans un établissement (je ne connais pas l’entreprise), lorsqu’un “nouveau” arrive : il y a celui pour qui tout commence avec sa petite personne, et qui arrive dans un monde vierge, sans passé, sans histoire, ce qui l’exonère de se renseigner sur quoi que ce soit, et celui qui au contraire, va essayer de connaître les usages, de s’informer, de se plier quelque peu aux habitudes de la maison dans laquelle il arrive. Eh bien, grosso modo, on perçoit des comportements analogues sur FC. Combien de fois m’est-il arrivé de pester contre des écarts que ne se permettraient jamais des producteurs plus anciens, plus chevronnés et plus réfléchis ? Je l’ai signalé (toujours poliment, quoiqu’avec quelque vivacité parfois, je ne le nie pas) par courrier aux néo-producteurs, qui m’ont envoyée, comme d’autres petits camarades de contestation, bouler, paître, sur les roses et j’en passe et des pas drôles (si , si, Caroline, je vous assure). “Nous n’avons pas de leçons à recevoir. Circulez ou allez écouter ailleurs”. Et pourtant… Qui peut prétendre avoir la science infuse ?
Beau gâchis, car il y avait un style et un ton qui se perdent. Et quand on entend vociférer, parler à perdre haleine en cassant les oreilles des auditeurs, interrompre abruptement pour lancer des remarques inutiles qui coupent la fluidité de l’échange, pratiquer une ironie lourdingue, eh bien, on se dit que si le travail de transmission était un peu mieux fait, tout le monde y gagnerait et certains ne se prendraient pas pour les rois de la Pampa. Bref, ce que l’on reproche ? de faire de la radio entre soi, pour les producteurs, pas pour les auditeurs. De penser rarement (pour les “néo”) au confort d’écoute des auditeurs, mais plutôt à leur image (”j’ai été bon, là ? j’ai été bon ? hein ? “). Il y a quelque temps encore, celui qui interrogeait s’effaçait devant l’invité toujours plus expert, plus compétent que lui. Écoutez attentivement certaines émissions. Notez toutes les fois où l’invité est coupé en plein milieu d ‘un raisonnement, où l’on anticipe sur ce qu’il va dire, pour le dire à sa place, où l’on finit la phrase à sa place aussi. C’est une plaie… Et je ne parle ici que des entretiens et des débats. Bien entendu, l’admration pour le travail de certains reste intacte. Mais la jeune (et moins jeune) relève semble se passer de toute consigne ou de tout garde-fou et cela donne… de véritables “horreurs radiophoniques”.
De grâce, n’évoquons pas les temps qui changent. Si cette radio répond mieux ainsi aux questions que pose le monde actuel, eh bien, il faut franchir le pas, et la débaptiser d’une bonne fois pour toutes. L’appeler France Sciences Sociales, ou France-Sciences-Po (c’est déjà une antenne) aurait le mérite de la cohérence avec ce qui est fait. France Culture, en l’état, alors que la littérature, par exemple, est quasiment reléguée aux marges, cela fait pitié.
Quant à votre dernière phrase, hem… Nous nous plaignons trop du manque de professionnalisme actuel pour encourager le mauvais genre. On regrette trop les vrais hommes et femmes de radio. Car sortir de Sciences-po ou de l’EHESS, est-ce que cela fait de vous un homme de radio en un tour de main ? Pas sûr. Cela peut arriver, cela dit. J’aime bien personnellement la Directrice de l’ENS-Ulm à Questions d’Ethique. Il me semble qu’elle a su trouver son ton, sa place, un style tout à fait congruents avec le sujet de son émission. Et elle ne prend pas les auditeurs pour des demeurés. Ça soulage.
Cordialement,
EZ
4 février 2008 à 21:57
Bon, pour la brièveté, c’est encore raté.
Mille excuses à tous.
4 février 2008 à 22:20
Merci Caroline! Comme vous êtes du bon côté du balai, j’ai eu peur de me faire taper dessus… Ouille! Aïeaïeaïe!
5 février 2008 à 22:55
Bonjour,
et merci encore EZ. Je regrette de me trouver un peu à court d’arguments, car j’aurais bien aimé vous relancer pour avoir le plaisir de lire de nouveau votre belle prose. J’espère surtout pouvoir un jour écouter une radio qui vous satisfasse pleinement, cela devrait être divin!
Comme je suis moins bien habitué, j’avoue que je prends toujours du plaisir et de l’intérêt aux bouts d’émission captés principalement lors de petits trajets en voiture. Par exemple cet après-midi, quelque chose qui m’a fait penser à Yann et à ses messages que j’ai découverts hier à propos de la culture anthropologique et la culture de savoir (si je me rappelle bien ces expressions). J’écoutais donc, vers 13h45, un son sans commentaires provenant apparemment d’un bureau où l’on s’occupe du cas des gens qui veulent changer de prénom. Phrases banales, ton mi-administratif mi-personnel, j’en étais presque à me dire que ça apportait de l’eau à votre moulin lorsque un nouvel impétrant s’est exprimé, il s’appelait Noël et voulait changer de nom, la personne qui instruisait le dossier a réussi à lui faire dire la raison profonde de sa démarche: ce nom ne lui avait pas été donné par ses parents, récents immigrés chinois, mais par une infirmière, parce que c’était un 24 décembre. Je ne vais pas vous expliquer plus en détail, mais il y avait dans ce moment de radio (la scène filmée aurait sans doute eu beaucoup moins d’intérêt)un vrai bonheur d’humanité et de poésie.
Si je remonte à lundi vers 11h et quelques, j’ai aussi beaucoup apprécié l’analyse faite par des experts financiers à propos de la crise des subprimes (bien que là encore je n’aie pas pu tout écouter)… Dans tout ça, on est loin de la culture, certes, et pourtant ça me cultive. Pour terminer là -dessus, je réagis simplement à votre affirmation selon laquelle notre époque aurait tendance à tout politiser. Il me semble qu’au contraire on est dans une époque acculturée politiquement (je le dis pour moi également). Et dans mon village on ne reçoit pas France-Sciences-Po…
J’ajouterai encore quelque chose concernant votre aversion pour Travaux publics et son animateur principal (je n’ai pas bien saisi si EZ partage avec vous ce sentiment). C’est là un exemple de critique qui me fait douter du bien-fondé de votre opposition systématique. J’ai dû écouter cette émission 15 ou 20 fois, et ça a été très souvent pour moi un témoignage de ce que peut être l’excellence journalistique associée à un véritable engagement (sacerdoce?) au service de la Communauté.
A vous les studios,
bien cordialement,
V.
PS: Caroline, pourquoi De bouche à oreille disparaît-elle?
6 février 2008 à 20:33
Je m’aperçois que beaucoup de questions ont été posées auxquelles je n’ai pas répondu.
@ Vincent : Bouche à Oreille a disparu de la grille à la rentrée 2007 pour des raisons que j’ai déjà évoquées précédemment dans ce blog : pour qu’une grille change, évolue, certains programmes disparaissent (l’antenne n’est pas extensible, malheureusement, d’autres arrivent et il est vrai, qu’aucune émission n’a vocation rester éternellement à l’antenne.
@Bébért, sur le message de Patrick : évidemment mes interrogations sur publier or not publier ce message étaient de l’ordre humoristique. Je vous confirme que rien n’empêchait - à mes yeux - sa publicaton si ce n’est … la volonté du rédacteur Patrick, qui voulait puis ne voulait pas être publié. Relisez le message de Patrick, Bébert pour apprécier mon interrogation
@EZ : Je vous encourage, puisque vous aimez la littérature si je ne m’abuse, à écouter, mais je sais que vous le faites, les nombreuses émissions littéraires de France Culture, par exemple, les mardis littéraires, les vendredis de la philosophie, affinités électives, à plus d’un titre, mauvais genres, la malle des indes, jeux d’épreuves, , jusqu’à la lune et retour, poésie sur parole, for intérieur, sans oublier les PAPOUS, et, selon la programmation, A voix nue, une vie une oeuvre, sans oublier du jour au lendemain et les fictions en soirée le samedi et le dimanche.
Quant au texte qui en a fait sursauter plus d’un, apparemment, cela me donne une idée de billet, une de plus : il faudra peut-être que je vous explique le fonctionnement de notre site Internet, dont tous, vous dites qu’il est une référence en matière de contenus, de prolongement de l’antenne et d’approfondissement des connaissances. Vous pourriez peut-être, je dis bien peut-être, être plus indulgents envers ceux qui le nourrissent et vous réjouir de l’existence d’un outil aussi utile et aussi exhaustif que celui que France Culture met à la disposition de ses auditeurs … me semble-t-il ? non ?
bonne soirée à tous !
Caroline
6 février 2008 à 21:57
“aucune émission n’a vocation rester éternellement à l’antenne”. Nooon, c’est vrai? Ca ne veut quand même pas dire que les Matins, Travaux Publics, A Suivre, Le Rendez-Vous des politiques, Minuit Dix ou Question d’époque sont amenés à disparaître?? Quelle infinie tristesse.
Puis-je vous signaler l’existence du Masque et la Plume, une émission assez vieille et assez populaire de France Inter, qui fait partie des meubles et du patrimoine radiophonique français? Outre-Manche, la BBC a des émissions qui tournent depuis 50 ans, et qui sont les plus populaires. Elles sont l’image de la station, la raison pour laquelle les auditeurs viennent écouter (et il leur arrive ainsi de tomber par hasard sur d’autres émissions, au passage). Dire qu’une émission doit disparaître parce qu’il faut tout changer, même si cette émission est très populaire et a un grand avenir devant elle, ne trouvez-vous pas cela paradoxal?
Excusez-moi, c’est peut-etre un trait d’humour que j’ai du mal à saisir
Gerineldo
7 février 2008 à 9:22
Bonjour,
à Caroline: merci de m’avoir répondu, mais je regrette que votre réponse n’aille pas plus loin (bien qu’appréciant souvent cette radio, je ne peux pas être insensible au point de vue de EZ…). C’est vrai qu’il y a de quoi s’interroger sur les critères de la programmation. Est-ce qu’il serait possible d’expliciter ces critères dans le cas de la suppression de cette émission (et en règle générale, bien sûr, mais je ne peux parler que de ce que je connais). Dire qu’il faut des nouveaux programmes et que la grille n’est pas extensible, ça fait un peu automatique comme raison, non?
J’espère que vous ajouterez mentalement quelques smileys que je vous adresse très sincèrement.
V.
7 février 2008 à 20:06
Il faut vraiment que je trouve le temps de faire des billets sur notre fonctionnement…
Bonne soirée
Caroline
9 février 2008 à 11:17
Merci Caroline, mais encore, pourquoi cette émission-là devait-elle partir? C’est quand même un sacrifice, ce n’est pas anodin… en plus à l’heure de midi le dimanche, le rendez-vous était parfaitement clair pour l’auditeur (smiley). Je dois vous avouer que les arguments de EZ ont commencé à incuber sérieusement chez moi. Alors, j’ai suivi le conseil que vous lui donniez et j’ai recherché sur le site de FQ les différentes émissions littéraires et culturelles et j’ai quand même été rassuré (j’ai même retrouvé Pascale Casanova). Les sujets de société et l’actualité ne semblent pas avoir envahi la grille. Ceci dit, ça n’annule pas toutes les questions (les vraies bonnes questions de EZ: la bonne proportion entre direct et émission “préparée”, entre émission de découverte ou de recherche et émission de discussion, entre tranches horaires attribuées quotidiennement à un animateur et alternance de producteurs livrant un produit plus “soigné”, etc…) C’est pourquoi j’approuve votre idée de billets sur le fonctionnement, les critères de programmation, le souci de l’équilibre, la prise en compte des points de vue des auditeurs (smiley, smiley!). Encore une fois, je ne suis pas membre du club des opposants et je trouve mon bonheur sur FQ, mais je crois aux vertus de la discussion.
Bon week-end,
V.
3 juillet 2008 à 16:05
Je suis tombée par bonheur sur ce blog de FC en cherchant des informations sur ce fameux débat qui a eu lieu dans mon lycée.. Et auquel je n’ai pas pu assister, et malgré avoir réservé, j’ai du me résoudre à regarder le Grand Ecran sous la pluie. Je pourrais toujours dire avoir étée à 2mètres de Luc Ferry et Cohn Bendit(à travers un mur, certes).
Est-il possible de trouver des podcasts de la première partie de l’émission , sur le site de france culture ou autre part?
merci d’avance
PS: c’est une joie de découvrir que sur internet, on peut toujours avoir un débat sans insultes et avec des mots choisis..J’aurais preque envie de dire “la classe”.