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Tous les billets de la catégorie société

Pierre Boulez et le bel avenir de la guerre : une semaine au son du canon !

histoire, musique, société, émissions 1 commentaire »
9 nov 2008

L’antenne de France Culture se place sous une double actualité, cette semaine : la guerre et la musique.  Dès lundi 10 novembre et jusqu’au samedi 15, un bataillon d’émissions part à l’assaut des ondes, sur le thème de la guerre hier, demain et après-demain, alors que nous commémorerons mardi, le 90e anniversaire de l’armistice. Vous notez que, ce qui était jusqu’à la semaine dernière le nom de code de cette semaine, annonce hier, demain, après-demain, mais pas aujourd’hui. Surtout pas ! 
Aujourd’hui - je veux dire à l’heure où j’écris - le titre a changé et s’est transformé définitivement en Le bel avenir de la guerre*. Moins de mots, plus de concision, c’est le propre des titres.
Le bel avenir de la guerre illustre ainsi au plus près l’idée de Jean Lebrun : ne pas s’arrêter à la commémoration du passé, mais se projeter, dans le futur, dans l’avenir, sans commenter ce qui se passe actuellement pour mieux se consacrer à la réflexion et l’analyse . Si on constate la situation actuelle dans le monde, on ne peut que penser qu’effectivement, les conflits ont, auront des lendemains qui chantent malheureusement. Mais je vous laisse le soin d’écouter les émissions de cette semaine, qui, chacune dans leur ligne éditoriale habituelle, vous ouvriront de nombreux champs de réflexion sur la question.
Celle qui a le chic pour les titres (ceux qui suivent sont d’elle), c’est la rédaction multimédia, qui, avec Demain, la guerre (c’est une variante !) sur le site internet de France Culture vous invite à découvrir votre feuille de route de la semaine : entre autres, le programme de l’antenne - le bataillon d’émissions - dans Sur tous les fronts, Ici Londres pour entendre des lectures de textes d’Albert Londres, lus par Marc de Roy, tandis que L’art de la guerre vous propose en deux parties, les visions de six artistes contemporains sur la guerre et comment elle les inspire dont le chorégraphe Angelin Preljocav, et le plasticien Harald Fernagu.
En force alliée, Rue89 s’est associée à France Culture, et consacre cette semaine un dossier spécial à ce thème intitulé Lignes de fronts : Textes, images, cartes pour mieux comprendre les guerres et conflits qui ont déchiré ou déchirent encore le monde. Et sur les deux sites alliés, un forum - Engagez-vous !  sur celui de France Culture - pour entrevoir ce que pourrait être un conflit en 2018.
C’est pour quand l’armistice ?
Peut-être le mercredi 12 novembre … Pierre Boulez sera l’invité d’Ali Baddou dans Les Matins de France Culture et d’Arnaud Laporte dans Tout arrive ! deux émissions, deux ambiances, deux angles différents pour s’entretenir avec ce musicien, ce compositeur d’exception, évoquer son oeuvre et son apport à la musique à l’heure où Le Louvre invite Pierre Boulez.
Et si la musique adoucissait vraiment les moeurs ?

 *Le bel avenir de la guerre par Philippe Delmas (Gallimard).

France Culture et le Forum Libération à Grenoble : un nouveau monde ?

votre France Culture, actualité, société, Non classé 0 commentaire »
23 sept 2008

Monsieur S, vieux compagnon de France Culture (il mériterait le nom de Grenoblois oreille fidèle) est resté, à 79 ans, un grand marcheur. Jeudi, il avait consacré sa journée à la randonnée et à la cueillette des champignons ( 2008, grand cru dans l’Isère, il a tant plu…) mais vendredi, c’était pour lui le jour Forum Libé. Monsieur S est  de tempérament exigeant, il aimerait que France Culture continue de parler comme lui, avec la même économie de mots:” Vous n’y parvenez pas toujours mais…bon! En ce qui concerne ce forum,vous avez eu raison de vous y associer; la première rencontre, par exemple, entre Lang et Cohn-Bendit, se situait, d’entrée, à la bonne altitude”.A la différence de Monsieur S. (et des quelque vingt mille spectateurs de la MC2, autant qu’au match de foot Bordeaux-Grenoble, le même week-end…), vous n’avez pas eu accès direct aux salles de la MC2  mais vous en avez entendu des échos sur notre antenne: partagez-vous son sentiment? Le Dauphiné libéré, observant le ballet des limousines qui déposaient les intervenants face à l’entrée des artistes, a titré, un rien jaloux peut-être: “Le défilé des ministres”…Les membres du gouvernement avaient en effet accepté nombreux l’invitation de Libération”: Xavier Bertrand, Martin Hirsch, Christian Estrosi, Fadela Amara. Aux actuels, il faudrait joindre le Perpétuel, Jack Lang qui, en chemise bleue puis rose, arpenta le hall et le parvis toute la journée de vendredi, jouant à l’hôte, accueillant avec affabilité ses jeunes successeurs. Une fois ou l’autre, le public fut moins aimable, étrilla tel ministre, Fadela Amara par exemple. Le débat que nous avons choisi de relayer, entre Xavier Bertrand et Bernard Thibault, était un meilleur indicateur du climat dominant: les spectateurs penchaient pour le syndicaliste mais écoutaient avec retenue le ministre, les premiers donnant l’impression de craindre encore plus l’échec de l’expérience Sarkozy que sa réussite et le second faisant effort pour ne rien dire qui rompe cet équilibre fragile et puisse déboucher sur un affrontement.Exceptionnellement, ce vendredi, l’identité de l’émission Du grain à moudre s’effaca devant ce débat tel que le proposait “Libé”. Coup de canif à notre contrat  Ou instantané, qui rendait compte utilement d’une ambiance qui en dit long sur le rapport de forces actuel? C’est à vous de le dire.En haut de la volée de marches qui mène à la MC2, se tenaient, à bonne distance de Jack Lang, quelques gauchistes du parvis”, qui déployaient de temps à autre une modeste banderole ou distribuaient quelques tracts.Grâce aux bons offices du directeur de l’établissement, Michel Orier, les mesures de sécurité, à l’entrée du batiment, étaient plus discrètes, et surtout plus finement appliquées que lors des rendez-vous du même genre organisés les années précédentes.Néanmoins, le sentiment demeure, chez quelques uns, d’une “trahison”: “Qu’est-ce qu’un journal qui se dit toujours de gauche et nous ignore, nous, militants d’ici?” Dans les émissions qui lui étaient propres (la totalité, sauf une), France Culture s’était efforcé d’éviter ce reproche, nous avions invité plusieurs grenoblois, des innovateurs comme des historiens, en nombre significatif.Les tout petits groupes habitués à la prise et au contrôle de la parole sont évidemment déroutés par un forum d’un nouveau genre comme celui de “Libé”. Les spectateurs qui, à l’entrée, composent leur programme au dernier moment (”Et toi? Tu vas voir qui?”) se comportent un peu comme dans un festival, et non comme dans un meeting ou une assemblée générale. Plus étonnant encore: après avoir écouté, méfiants et hostiles, Rachida Dati, ils peuvent se précipiter vers elle pour solliciter un autographe…Un observateur superficiel pourrait se dire que nous sommes  vraiment entrés dans cette trop fameuse “démocratie d’opinion” qui tourne à la façon d’un manège, d’un spectacle à l’autre. Pierre Rosanvallon, au micro de Jean-Marie Colombani,  mettait justement en garde contre cette fausse évidence de la modernité. La démocratie quui vient, c’est aussi l’ultradémocratie, la contestation, silencieuse en public mais studieuse, attentive qui se transforme ,sur le net, en un bruissement continu.J’ajouterai : la démocratie représentative existe encore. Parti de Grenoble aussitôt achevée “La rumeur du monde”, et parvenu quarante kilomètres plus haut, dans une vallée qui m’est chère, celle du Haut-Breda, j’entendais le soir les habitants discuter avec leur conseiller général: - Formidable année, Philippe, pas pour les ceps, mais pour les chanterelles et les trompettes. - Il a tant plu! - Pour les champignons, ça va, mais pour le reste…Et la discussion démarra, très exactement sur le même thème qui avait occupé la MC2  trois jours durant et dont vous pouvez, ici même, apprécier le traitement que nous en avons fait.

1.7% !

actualité, société 21 commentaires »
31 jan 2008

Mardi 29 janvier, Eric Besson était l’invité des Matins de France Culture. Je laisserai à d’autres bien plus experts (et doués !) que moi dans l’art de la critique et du commentaire s’exprimer sur le déroulé et le contenu des propos tenus. Mais, mon oreille s’est tendue - je vous laisse imaginer le tableau - lorsque le Secrétaire d’Etat, pour expliquer le système d’évaluation des ministres qui a tant fait couler d’encre récemment, a invoqué le fait que France Culture ne devait pas échapper non plus à la définition d’objectifs et de critères d’évaluation. Force est de reconnaître que cela semble vrai. Tout, dans notre univers, semble effectivement devoir subir évaluation ou atteinte d’objectifs. Y compris France Culture ?
J’ai souri. Car immédiatement s’est imposé à moi le premier des critères - pas le seul ! - qui nous permet de vérifier si nous sommes toujours sur le bon chemin : le pourcentage de l’audience cumulée que nous transmet régulièrement Médiamétrie.
La dernière livraison de l’institut de mesures s’est faite il y a déjà plusieurs jours. Et France Culture a réalisé une performance jamais atteinte jusqu’à présent - oserais-je dire une fois de plus, car c’est le troisième record en deux ans -, en étant créditée de 1.7% d’audience cumulée sur la période novembre-décembre 2007.
Alors oui, n’en déplaise aux mauvais esprits, nous avons été très très heureux, les uns les autres, les “historiques”, les nouveaux, les “à l’antenne”, les “hors antenne”, les jeunes, les anciens … Tous nous avons réalisé que vous étiez deux cent mille de plus que l’an dernier à la même période à écouter notre antenne, deux cent quatre vingt mille de plus en deux ans ! A écouter plus longtemps aussi France Culture !
Dans les couloirs, pendant plusieurs jours, le même leitmotiv : ” ça fait du bien de savoir qu’il y a de plus en plus de monde derrière le poste à nous écouter, car quand même, si on fait de la radio, c’est pour être écouter … par le plus grand nombre possible”.
Et jamais je ne pourrai croire ceux qui ne manqueront pas de nous taxer de “course à l’audience”. 1.7% ! Tellement peu, si on considère les chiffres des radios premières au box-office ! 1.7% ! Tellement peu, si on considère la culture comme essentielle.
Alors, comptez sur nous, les “à l’antenne” et les “hors antenne”, pour tenter encore plus de vous séduire avec de … l’actu et de l’analyse, de la connaissance et de la culture.
J’oubliais … la semaine dernière, nous avons eu connaissance des chiffres de Paris-Ile de France : 2.7% contre 1.2% l’année dernière !
Un mot, un seul ! A vous tous, MERCI :-)

QUE RESTE-T-IL DE MAI 68 ?

société, émissions 36 commentaires »
21 jan 2008
Jeudi 17 janvier, 19h30. L’animation de la cour de l’Institution des Chartreux à Lyon me surprend énormément. Deux files d’attente sont organisées entre places réservées et non réservées et la lenteur de leur progression s’explique par le très grand nombre de personnes s’étant déplacé pour assister à l’émission-débat que nous organisons avec le Nouvel Observateur et la collaboration de la Villa Gillet.
Je reste plusieurs minutes à observer les allées et venues, les rires, les quelques échanges qui me parviennent, je suis étonnée aussi par la diversité du public, les générations se confondent, se mélangent.
Certes Daniel Cohn-Bendit sera là - et il attire toujours les foules - certes, Luc Ferry lui portera très certainement la contradiction.
Mais effectivement, Que reste-t-il de Mai 68 ? c’est le thème choisi pour ce Grain à moudre spécial, coanimé par Brice (Couturier) et François Armanet du Nouvel Observateur et qui annnonce son ambition, avoir, quarante ans après, la tentation de l’inventaire de ce mouvement. Lire la suite »

MIREILLE, SANGATTE, PAS-DE-CALAIS

actualité, société 17 commentaires »
14 jan 2008
En fin de week-end, un petit billet pour vous signaler le personnage de Mireille, qui s’exprime dans le magazine de la rédaction diffusé samedi et réalisé par Omar Ouahmane et Yassine Bouzar.
Ce reportage, consacré à Sangatte cinq ans après la fermeture du Centre de la Croix-Rouge, raconte, selon les propres termes d’Omar Ouahmane, le quotidien des migrants, les nuits passées dans les forêts proches ou dans les entrepôts abandonnés, les arrestations par la Police de l’air, les gardes à vue ou les rétentions le temps de l’examen des demandes d’asile.

Dans ces vingt minutes, le témoignage de Mireille, 54 ans, mère de onze enfants et quinze fois grand-mère résonne…
Simplement parce qu’elle habite ici et qu’elle croise, chez ses réfugiés, un désespoir bien plus grand que le sien, elle les soigne, les recueille et les aide.