
On sait qu’il ne faut pas crĂ©er des prophĂ©ties autorĂ©alisatrices…Mais depuis que « Le Monde » titre « Paris s’inquiète de la fragilitĂ© de la zone euro » je m’autorise de rassembler quelques citations :
« Les marchĂ©s parient sur l’explosion de la zone euro » (Jean Quatremer, 16 janvier 2009). « Depuis plusieurs mois dĂ©jĂ , les marchĂ©s s’inquiĂ©taient des rĂ©percussions de la crise bancaire et Ă©conomique sur les finances publiques. Les conditions d’emprunts se sont mises Ă diverger : l’État allemand paie dĂ©sormais un taux de 3 % sur ses obligations Ă 10 ans (Bund), quand la France doit acquitter 3,57 %, l’Espagne 4,23 %, l’Irlande 5,52 % et la Grèce 5,78 %. De leur cĂ´tĂ©, les agences de notation financière, qui ont la fâcheuse habitude de mettre de l’huile sur le feu, ont dĂ©gradĂ© tour Ă tour les notes de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal. Les chiffres de croissance et plus encore de chĂ´mage et de dĂ©ficits publics attendus par Bruxelles pour 2009 montrent Ă quel point l’Euroland est une terre de contrastes, comme disent les guides touristiques. Que le chĂ´mage s’Ă©tablisse Ă 16,1 % cette annĂ©e de la population active en Espagne quand il n’atteindra que 4,1 % aux Pays-Bas n’est pas de bon aloi. De mĂŞme la gamme des dĂ©ficits publics, allant de 2,9 % du PIB en Allemagne Ă 11 % en Irlande, est inquiĂ©tante. Comment des acteurs aussi diffĂ©rents peuvent-ils vivre avec la mĂŞme politique monĂ©taire et le mĂŞme taux de change ? » (Le Figaro).
« Si les pays de la zone euro veulent continuer Ă vivre ensemble ils doivent donc montrer qu’ils croient Ă leur union. Il s’agit de trouver des mĂ©canismes de solidaritĂ©, comme il en existe au sein de chaque État ou fĂ©dĂ©ration d’États, ce que sont les États-Unis, mais pas la zone euro. Techniquement, cela consisterait Ă gĂ©rer en commun les dettes publiques, Ă Ă©mettre des «euro-obligations», comme l’Italie en a fait la proposition. Ce qui suppose que les fourmis, principalement l’Allemagne, se portent au secours des cigales ». Faute de quoi les «mauvais Ă©lèves» devraient se tourner vers le Fonds monĂ©taire international, comme le suggère Christian de Boissieu, le prĂ©sident du Conseil d’analyse Ă©conomique.
Le directeur gĂ©nĂ©ral du FMI, Dominique Strauss-Kahn, s’inquiète dans « Die Zeit » de la cohĂ©sion de la zone euro face Ă la crise financière et signale que les rĂ©serves de son institution pourraient ĂŞtre Ă©puisĂ©es dans quelques mois. “La zone euro a  besoin de plus de coordination en termes de politique Ă©conomique, sans quoi les diffĂ©rences entre les Etats deviendront trop grandes et la stabilitĂ© de l’espace monĂ©taire unique sera mise en danger“.
“L’intervention du FMI pourrait ĂŞtre interprĂ©tĂ©e comme le premier pas vers l’Ă©clatement de la zone euro” - explique un haut responsable français dans Le Monde.
Et Jean-Claude Trichet ? Le prĂ©sident de la Banque centrale europĂ©enne (BCE), s’est voulu rassurant en rĂ©pĂ©tant la mĂŞme chose:
1. Devant le Parlement Européen, le 13 janvier 2009
2. Devant la commission des Affaires économiques et monétaires du même Parlement le 21 janvier 2009
3. A Davos le 29 janvier 2009
“Pas de risque d’Ă©clatement de l’euro“
On répète ensemble?