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Tous les billets de avril 2009

dollar is forever?

LEAP2020, FMI, or, dollar, BCE, euro, crise, financiere, banque, UE 0 commentaire »
19 avr 2009

Alan Greenspan, qui était le président de la Banque Centrale américaine de 1987 à 2006, a longtemps été un partisan de l’or, « l’or et la liberté économique sont indissociables », écrivait-il en 66. «À part l’étalon or, il n’existe aucun moyen de préserver l’épargne de l’inflation, l’or protège la propriété» disait-il.
Qu’a fait ce même Alan Greenspan pour l’or lorsqu’il était président de la FED ? Rien, si ce n’est le vendre.
Les AmĂ©ricains ont installĂ© leur rĂ©serve d’or au centre d’un camp militaire impressionnant qui est le camp d’entraĂ®nement de l’arme blindĂ©e. Il est Ă©vident que leur or ne pouvait pas ĂŞtre mieux dĂ©fendu que par ces tanks. Mais voilĂ , depuis plusieurs dĂ©cennies dĂ©jĂ , les rĂ©serves des banques centrales sont constituĂ©es de devises et non plus d’or. Le dollar amĂ©ricain est la principale monnaie de rĂ©serve. A partir des accords de Bretton Woods et jusqu’en 1971 le dollar Ă©tait rĂ©putĂ© “as good as gold”, c’est-Ă -dire aussi bon que l’or. En effet, en 1944, les leaders mondiaux du système financier rattachent l’or au dollar Ă  un cours fixe, une once d’or pour 35 dollars mais vers la fin des annĂ©es 60, le prĂ©sident Johnson desserra les liens entre l’or et les dollars avant qu’en aoĂ»t 1971 Richard Nixon ne dĂ©crète leur inconvertibilitĂ© dĂ©finitive. Plusieurs voix s’élèvent alors contre cette dĂ©cision, mais certains voyaient dĂ©jĂ  se dessiner une autre solution Ă  la crise du système monĂ©taire gĂ©nĂ©rĂ©e par la perte de l’étalon d’or.
Valéry Giscard d’Estaing : “Le système monétaire international s’est effondré il y a huit ans, en 1971, et nous sommes entrés dans la période des taux de change flottants et on a bien vu que ce système des taux de change flottants n’était pas favorable à l’économie mondiale. Nous ne pouvions pas, nous, rebâtir le système pour tout le monde, mais nous pouvions au moins le rebâtir pour nous et donc le fait que l’Europe rétablisse un système de stabilité du taux de change est un élément qui permettra – je l’espère – de reconstruire progressivement tout le système.”
C’était il y a exactement trente ans, l’année même de la création du système monétaire européen, un système qui nous a conduits vers l’euro. Aujourd’hui, l’euro est la deuxième monnaie au monde, s’agissant des transactions et depuis décembre 2006, il compte le plus grand nombre de billets en circulation. Que les espoirs étaient grands ! On se demandait même à l’époque si la monnaie européenne n’allait pas détrôner le roi dollar. Souvenez-vous, il y a seulement six mois le dollar était au plus bas par rapport à l’euro, mais la crise financière est venue à nouveau tout bouleverser, c’est à n’y plus rien comprendre. Pourquoi le dollar tient-il toujours et gagne même 22% sur l’euro depuis l’été dernier ? Depuis son lancement en 1999, l’euro n’a pas arrêté de gagner du terrain sur le dollar dans les réserves de change international. En 1999, l’euro représentait moins de 20% des réserves contre plus de 70% pour le dollar, à la fin du deuxième trimestre 2008 c’était 26.7% pour l’euro et 63.6% pour le dollar, c’est les statistiques du FMI. Est-ce que la crise va remettre en cause le statut de l’euro comme monnaie de réserve ?
A priori, non parce que lĂ  encore on a affaire Ă  des comportements de gestion de portefeuille. Qui a besoin de placer des rĂ©serves en devises ? Ce sont les pays excĂ©dentaires en balance de paiement, les opĂ©rations courantes, donc ce sont les pays pĂ©troliers, c’est la Chine. Ils ont ont le choix entre des instruments libellĂ©s en dollar et des instruments libellĂ©s en euro et Ă©ventuellement en d’autres monnaies. Ils composent un portefeuille qui leur parait optimal en fonction de leurs anticipations. L’euro a montĂ© parce que les anticipations de rendement sur les titres en euro Ă©taient supĂ©rieures aux anticipations de rendement sur les titres en dollar. Les gens vendaient des titres en dollar, vendaient les dollars, achetaient de l’euro, achetaient des titres en euro et ils font le mouvement inverse aujourd’hui.

Dollar is forever?

9 mètres carrés

Moscou, Saint PĂ©tersbourg, immobilier, URSS, Russie 2 commentaires »
14 avr 2009

Pourquoi le grand Dimitri Chostakovitch Ă  compose une surprenante opĂ©rette la gloire du quartier Cheremushki dans la banlieue de Moscou - quartier pilote pour la construction de grands ensembles Ă  l’Ă©poque de Nikita Khrouchtchev? Pourquoi un tel enthousiasme pour un nouveau quartier de logements sociaux dans un pays oĂą tout Ă©tait social? Parce que, malgrĂ© la nationalisation de l’immobilier après la rĂ©volution, le pays vit dans un Ă©tat permanent de crise du logement. L’industrialisation et l’exode rural redessine la carte du logement. Un exemple typique : en 1932 la population de Moscou a augmentĂ© de 220000 personnes, mais  on a construit seulement 10000 nouveaux logements ! D’oĂą l’apparition des appartements communautaires. Le cĂ©lèbre Ă©crivain Vassili Axionov s’en souvient aujourd’hui :« Je vivais chez ma tante. Dans 9 mètres carrĂ©s. Je dormais sur un lit dĂ©pliant, placĂ© sous la table. Ma tante  me disait  de mettre plutĂ´t les jambes sous la table, mais moi je prĂ©fĂ©rais me cacher la tĂŞte. Comme ça j’avais l’impression d’avoir un « chez moi » ! »Le 31 juillet 1956 Nikita Khrouchtchev annonce le plan très ambitieux de construction de grands ensembles de maisons de 5 Ă©tages en prĂ©fabriquĂ©. Les murs extĂ©rieurs font - 8cm, les cloisons -4cm. Les normes d’hygiène ont Ă©tĂ© inspirĂ© les hygiĂ©nistes allemands du 19 siècle. 9 mètres carrĂ©s par personne. L’entrĂ©e mesure 110cm. Dans la salle de bain l’espace entre l’Ă©vier et le mur - exactement 50cm. Les immeubles ont Ă©tĂ© conçu pour ne durer que 25 ans - en 1980 Khrouchtchev a prĂ©vu l’avènement du communisme.

Le communisme n’est pas arrivĂ© en 1980. C’est le capitalisme qui  a triomphĂ© en 1992. La première dĂ©cision de Boris Eltsine fut de « privatiser » tout les appartements pour quelques kopecks symboliques. Les habitants des maisons Khrouchtchev sont tous devenus propriĂ©taires. Aujourd’hui le secteur de la construction connait un boom Ă  Moscou, la 2eme ville la plus chère au monde pour le prix du mètre carrĂ©. 4,5 millions de mètres carrĂ©s construits en 2002 ! Et les « khrouchtchevki », les maisons des annĂ©es 50-60 ? On les dĂ©truit et on reloge leurs habitants, pas toujours mĂ©contents de quitter leurs « ultra-low-cost » soviĂ©tique. Il y a encore quelques mois la vente aux enchères des terrains occupĂ©s par les « khrouchtchevki » a St.Petersbourg aurait attirĂ© des dizaines de promoteurs. En mars 2009 il y en avait seulement 2. L’un de 2, promoteur  Oleg Gluschenko, note

« La mise en place d’un plan prĂ©cis d’occupation des sols avant mĂŞme la construction des immeubles prendra au moins 2 ans.. Pendant ces 2 ans on ne dĂ©pensera pas grande chose. Et après… On espère que la crise ne va pas durer aussi longtemps ! »

Selon les dernières statistiques on s’attends la baisse du prix du mètre carrĂ© a Moscou et St.Petersbourg de l’ordre de 30-50 pourcent…

Ruée vers les pièces d’or ?

LEAP2020, or, BCE, euro, France, banque, financiere 3 commentaires »
4 avr 2009

Laurent Schmitt, numismate et patron de la Compagnie générale de bourse (CGB), est spécialiste des monnaies anciennes. Monsieur Schmitt ne vit pas vraiment de la vente d’or. Rue Vivienne, il propose à la fois le change des devises, le recyclage de bijoux abîmés, mais aussi et surtout de la numismatique. Ses clients sont discrets, peu bavards et rares. Pourtant, du magazine Capital aux multiples sites internet spécialisés, on nous assure un peu partout qu’une véritable ruée vers l’or aurait commencé depuis le début de la crise, mais qu’en est-il réellement ? 

Laurent Schmitt

Laurent Schmitt : Certains marchands vous diront “oui, je vends plein d’or, etc.” Pourquoi ? Parce qu’ils ont de l’or en caisse, ils en détiennent et veulent faire monter le cours. Mais actuellement, non on n’a pas eu une envolée. Les cours montent, on a pas plus de vendeurs. Que devrait-il se passer ? Même s’il n’y a pas d’acheteurs, on devrait avoir un nombre important de vendeurs. Or il n’y a pas de vendeurs. Donc s’il n’y a pas de vendeur, il ne peut y avoir d’acheteur puisqu’on ne peut rien leur proposer en échange. Au moment où on a eu une vraie fièvre de l’or au mois de septembre de l’année dernière, c’est-à-dire que les cours sont montés assez rapidement suite à la crise financière, les journalistes sont venus dans la rue faire des reportages, en disant “il y a une fièvre de l’or. Mais la fièvre de l’or n’a pas eu lieu. Les gens se sont interrogés, se sont renseignés mais ce n’est pas parce que le napoléon vaut aujourd’hui 125 et que le lingot est à plus de 23000 que vous avez des vendeurs. Quand vous vendez de l’or, pourquoi le faites-vous ? C’est parce que vous avez besoin d’argent. Aujourd’hui quelqu’un qui a de l’or, des lingots ou des napoléons dans son coffre, n’a pas intérêt à les vendre pour les transformer en papier. Papier qui connaît de l’inflation, de l’érosion. Et, s’il les place en bourse, il risque de perdre de l’argent s’il fait de mauvais placements.

Mais quel va être l’effet de la crise sur la valeur de l’or ?

Plus la crise va se renforcer, plus nous risquons d’avoir de l’inflation, une baisse des taux d’intérêt, une baisse de la bourse, et plus l’or va redevenir une valeur intéressante. Quand vous aviez des taux d’intérêt à 10%, quand la bourse faisait 30% par an, avoir de l’or n’avait aucun intérêt. Quand vous commencez à voir une crise et que l’on ne sait pas de quoi le lendemain sera fait, les gens peuvent se réfugier à ce moment-là sur ce type de placement. Je ne vous rappellerai qu’une seule chose, une pièce de 20 francs or pèse 6.45 grammes, 5.80 grammes d’or pur. En 1914 c’est vingt francs or. En 1919 c’est toujours 20 francs, mais ce n’est plus coté. En 1928 c’est 100 francs, en 1933 c’est 300 francs et 1942 c’est 5000 francs.

Mais concrètement, selon vous, faut-il acheter de l’or aujourd’hui ?

Vous savez, il faut avoir de l’or pour la Chandeleur, ça porte bonheur. Mais autrement, ceux qui ont de l’or doivent le garder s’ils n’ont pas besoin d’acheter une maison ou de faire quelque chose d’important. Pour ceux qui n’en ont pas et qui pensent que malheureusement les conditions économiques vont s’aggraver et qu’on risque d’avoir une guerre, etc. ayez un peu d’or. Mais d’un autre côté, faire le pari de l’or, c’est faire le pari de la crise qui dure.