« Il existe aujourd’hui un large consensus, au sein des élites économiques et politiques, pour juger que la culture économique des Français est insuffisante. Ce manque de culture économique expliquerait la méfiance, voire l’hostilité, de larges fractions de l’opinion à l’égard de l’économie de marché, un comportement qui trancherait par rapport à celui observé chez la plupart de nos voisins européens», écrit Philippe Fremeaux dans « Alternatives économiques » de mai 2009.

Les anciens pays de l’est  européen n’ont plus envie de chercher des alternatives au capitalisme, ils préfèrent essayer de le comprendre. Tenez, sur un excellente radio « Echo de Moscou », on a ouvert « L’université de la bourse ». Un auditeur, Igor, s’interroge : « J’ai une petite somme d’argent libre, aux alentours de 1000 dollars. Vous pourriez me donner un conseil, quoi dois-je faire ? »

« Je conseillerais à Igor de ne rien faire avec ses 1000 dollars. A quoi bon ? Igor à 1000 dollars, il va le convertir dans une autre devise, il va gagner 10%. 100 dollars c’est quoi ? C’est beaucoup ? Vous comprenez, cette petite somme ne permet pas de travailler sur les marchés. Il vaut mieux le mettre sur un compte dépositaire dans une banque ». Donc, pour jouer en bourse, il faudra être un peu plus riche qu’Igor, suggère subtilement Vladimir Gavrilenko, directeur de l’Université de la bourse de Moscou, l’invité de l’émission radiophonique « l’université de la bourse » du 15 avril.

Le programme, comme tout ce qui est fait sur « Écho de Moscou », est interactif. On peut appeler pendant le direct, on peut poser ses questions en amont sur le site de l’émission…. Comme cet auditeur qui se demande si « le comportement des acteurs a la bourse est défini par le niveau de connaissances acquis ou plutôt par la psychologie humaine ? »

Monsieur Gavrilenko lui répond : «Vous comprenez, qu’est ce que définit  le prix sur le marché ? La psychologie de la foule. Si aujourd’hui nos concitoyens décident que la crise est finie et que le moment est venu d’acheter des actions, l’index de notre bourse va s’envoler ! Pourquoi ? Parce que les gens ont de l’argent. Mais nous avons tous peur et nous ne savons que faire de cet argent. Souvenez vous, il y a quelques mois j’ai fait un pronostic en disant que l’index de la bourse de Moscou allait monter de 300 points ? Regardez - février 2009, l’index était à 500, aujourd’hui on est a 800 ! Pile poil ! Donc ceux qui, à l’époque, imaginaient que l’effondrement allait se poursuivre ont eu tort. 500 points - c’est la limite basse. Mais celui qui achète aujourd’hui en espérant profiter de la hausse rapide se trompe aussi. Nous avons atteint un palier en ce moment, il y aura d’abord une baisse, mais ensuite il y aura une troisième vague de croissance. Il faudra investir au tout début de cette troisième vague. Comment le faire pratiquement, appelez le 661 22 20 et venez chez nous assister à nos séminaires thématiques tous les jeudis !».

« Écho de Moscou » est une radio commerciale qui vit de la publicité. Pas étonnant, donc, d’avoir des émissions sponsorisées…A coté des conseils pratiques, on raconte également les effets de la crise actuelle sur la bourse de Moscou : «Notre émission existe depuis 2 ans et, si vous vous souvenez bien, à l’époque les mouvements des actions à la bourse n’étaient pas très forts. Aujourd’hui, les actions des entreprises russes ont augmenté… de l’ordre de 100, 150, 200% depuis 1 mois ! C’est un vrai miracle ! Mais ce genre de miracle ne se produit que pendant les crises ! N’oubliez pas que ces mêmes actions peuvent perdre 100-150% très rapidement. Mais vous pouvez aussi jouer sur la baisse ! Pour cela, il faut prendre une position dit « courte », ou « shorter »… vous pouvez l’appeler comme vous voulez, mais n’oubliez pas qu’on peut gagner plus en jouant à la baisse ! Car l’augmentation est lente mais la baisse est rapide ! Appelez le 661 22 20, le séminaire commence jeudi ! »

Comment jouer sur la baisse. Comment jouer sur toutes les bourses à la fois. Comment ne pas devenir accro aux jeux boursiers ?!… « L’Université de la bourse » de Moscou gagne, sans doute, autant avec la bourse qu’avec ses frais d’inscription. Et les auditeurs de « l’université radiophonique », eux, apprennent le capitalisme gratuitement…