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Tous les billets de octobre 2009

Les batailles des TGV

Asie, transport, train, France, Japon, voyage, Etats-Unis, Allemagne 1 commentaire »
30 oct 2009


« Voici le train le plus rapide du monde - le TGV français, le train à grande vitesse. Lors son voyage inaugural, en février 1981, le TGV a survolé la campagne française à une vitesse de 236 miles par heure, battant ainsi le record du monde. »
Les adjectifs utilisés dans ce documentaire américain sur les trains à grande vitesse, réalisé en 1982, sont « amazing ! », « dazzling ! »,  « superb ! ». Que de superlatifs… Evidemment, l’actualité du moment était le lancement réussi du TGV en France. On semblait presque oublier que les trains à grande vitesse existaient déjà depuis 18 ans. En fait, c’est le Japon qui fut le premier à les introduire. La construction du premier tronçon du Shinkansen - le Train à grande vitesse japonais - a duré 5 ans et a été inauguré pour l’ouverture des jeux olympiques, le 1er octobre 1964. Le Japon n’est pas un plat pays et les lignes ferroviaires historiques étaient très sinueuses, ce qui empêchaient les trains de rouler à des vitesses très élevées.
Par conséquent, il fallait construire des lignes spéciales et de très lourdes infrastructures supplémentaires : des viaducs dans les villes, de nouveaux quais, des nouvelles gares en pleine ville…  Un travail titanesque, source de la fierté nationale, comme le montre cet entretien dans un train:
“La technologie américaine est très avancée généralement. Mais il me semble que le Japon a su concentrer ses efforts pour développer certaines technologies comme le Shinkansen dont le niveau sera, à mon avis,  difficilement atteignable pour les autres pays à l’avenir.”
Mais le fier voyageur ne pouvait pas savoir que son propre Premier Ministre, monsieur Suzuki, aurait bientôt l’occasion de voyager à bord du train à grande vitesse construit en France.

retrouver ce média sur www.ina.fr

La concurrence est donc arrivée. Chacun fait la cour aux acheteurs potentiels.
Et puis arrive le troisième projet de train à grande Vitesse, l’Inter city express allemand. Nous sommes en 1991. La différence principale avec ce  projet est que les train à grande vitesse et les trains classiques circulent sur les mêmes voies.
Trois projets concurrents donc… Mais lequel s’exporte le mieux ?
Les américains réfléchissent depuis 1982 et c’est seulement au printemps de 2009, (soit 27 ans après !) que l’administration Obama a annoncé que huit milliards de dollars du plan de relance de l’économie nationale seront réservés à la réalisation du train grande vitesse. Les français ont réussi à pénétrer le marche sud-coréen, mais pas sous la présidence Mitterrand, mais 22 ans après! Les plus rapides à vendre leurs technologies sont pour l’instant…. les allemands. Reportage de la Deutsche Welle en 2008:

«Pour ce train, le voyage en bateau à travers la Baltique va durer plus de 2 jours. Les wagons de ce nouveau train Velaro sont dans 2 compartiments à marchandises séparés. Le nouveau train est le résultat d’un travail chez Siemens qui a duré 2 ans. Il faudra adapter le train aux conditions climatiques difficiles car il est destiné au marché russe. Le marché russe, c’est l’un des plus prometteurs pour Siemens».
« Velaro », le dérivé de troisième génération de « l’Inter city express » allemand est déjà vendu en Espagne pour la ligne Madrid-Barcelone, mais aussi en Russie et en Chine.
Et les pionniers du TGV, les japonais ? Eh bien, le premier et le seul pays auquel ils ont réussi à vendre leur technologie fut Taiwan… et très tard, en 2004… 40 ans après le lancement du projet !

Une mer morte?

eau, mer, Asie, Climat, Russie 1 commentaire »
25 oct 2009

Dans un spectaculaire documentaire de la BBC le reporter, Simon Reeve, se promène au fond de la mer… qui n’existe plus. Les carcasses des bateaux abandonnés témoignent d’une catastrophe pas vraiment naturelle. Cette mer, c’est l’Aral. Elle est partagée entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. A l’époque du socialisme, les économistes décidèrent d’intensifier  la culture locale du coton. Comment ? Rien de plus simple ! Il suffirait de détourner quelques rivières pour irriguer les champs kolkhoziens. Sauf que les rivières, Amou-Daria et Syr-Daria alimentaient également la mer d’Aral. Résultat : depuis les années 60,  la mer s’est rétrécie de plus de 75% !Au mois de septembre 2009, une conférence de presse a été organisée a Moscou par l’agence de presse RIAN à laquelle participaient d’éminents spécialistes de la mer mourante. Maxime Petrov est chercheur à l’Académie des sciences d’Ouzbékistan :

« Sur les 12  derniers mois, la ligne côtière située dans notre zone d’observation - en plein milieu de la partie occidentale - s’est avancée de 100 mètres ! Un endroit où, avant, la mer était assez profonde ! Et pour ce qui est de la partie orientale de la cote, on ne compte plus en mètres mais en kilomètres ! »

L’eau est donc en train de disparaitre. Et depuis 1989, il n’y plus une mer d’Aral, mais deux ! La Grande mer d’Aral devenant de plus en plus petite, elle risque de totalement disparaître d’ici une quinzaine d’années. Mais en reculant, l’eau laisse la place aux archéologues qui peuvent explorer le terrain :

« En tant que structure maritime, la mer d’Aral existe depuis environs 10.000 ans. Ce qui est intéressant, c’est que nous trouvons aujourd’hui les preuves qu’elle s’est déjà asséchée à plusieurs reprises au cours de son histoire. Dans la baie de Berg, côté Kazakh, on a trouvé un mausolée qui date du 13ème siècle ! On l’a appelé « l’Atlantide d’Aral ». A cette époque, on a construit une mosquée et un grand cimetière. Ce qui montre que le niveau de la mer devait être beaucoup plus bas !Donc, il est probable qu’on ne puisse pas tout mettre sur le dos des hommes. Les cycles naturels jouent également un rôle. Mais on ne peut pas non plus nier l’effet néfaste du système d’irrigation mis en place à partir des années 50.»

Selon le biologiste Philippe Sapozhnikov, les anciens fonds marins désormais asséchés ne sont pas uniquement un terrain de jeu pour les archéologues, ils sont aussi une véritable déchetterie à ciel ouvert.

« Aujourd’hui, sur le bassin oriental de la mer se trouvent des millions de tonnes de pesticides - et autres substances dangereuses - qui ont été déversés dans la mer. Le vent soulève cette poussière et la disperse sur de très grandes distances. »

Et les habitants a respirent… puis des cancers apparaissent ! Et là où il reste encore de l’eau, celle-ci est devenue tellement salée que les poissons ne peuvent plus y survivre. 24 espèces ont déjà disparues. Une seule fait encore de la résistance. Mais que faire ?

Pour l’instant, on a construit un barrage et une série de digues pour faire remonter le niveau de l’eau et diminuer sa salinité. Mais il y a un problème : cela risque de faire disparaître la Grande Mer d’Aral - celle du sud, du côté Ouzbek - au profit de la Petite mer d’Aral - celle située au nord, du côté Kazakh. En effet, on a pu observer que son niveau avait augmenté de 6 mètres entre 2003 et 2009.

Mais voici alors que ressurgit un autre vieux projet soviétique, celui de détourner les rivières sibériennes vers la mer d’Aral !

Le maire de la capitale russe, Yuri Loujkov, vient de publier un  livre dans lequel il prône le commerce de l’eau. Les russes en ont beaucoup. Alors, pourquoi ne pas le vendre à ses voisins ? Détourner de l’eau pour pallier l’effet d’autres détournements… une idée qui laisse la population moscovite très dubitative. Pourtant, certains scientifiques ne trouvent pas l’idée totalement absurde. Peter Zavialoff, chercheur russe :

« Les gens imaginent qu’on va construire un énorme barrage qui va inverser le cours des eaux de toutes les rivières sibériennes ! Evidemment, c’est faux ! Pour l’instant, l’hypothèse concerne une dizaine de kilomètres cubes par an qui proviendrait du bassin d’Irtych. Cela représente seulement quelques pourcentages du débit d’un fleuve comme l’Ob. C’est moins que la fluctuation naturelle ! La Russie ne va pas même pas le ressentir. En revanche, la région d’Aral, elle, en ressentirait très fortement les bénéfices ! »

Le documentaire de la BBC montre une femme regardant les coquillages. Elle implore à la mer de revenir… et elle espère que la mer l’entendra.

Les frontieres alimentaires chez Pasi et Rita

Royaume Uni, cuisine, alimentation, frontière, capitalisme, Portugal, Finlande, voyage 0 commentaire »
17 oct 2009

 © ai

Bienvenue chez Pasi et Rita, un couple finno-portugais installé à Londres.  Il est 18h00 et selon la tradition finlandaise, Pasi nous prépare le diner. Au menu : poisson et galettes de haricots rouges, une recette brésilienne.

 © ai

La cuisine exotique est à la mode chez vous, Pasi ?

« Oui. La cuisine « globale » est arrivée dans les villes finlandaises. Parmi mes amis, certains optent pour le végétarisme, d’autres sont fans de la cuisine indienne ou même orientale. Les gens choisissent librement la zone géographique qui les intéresse. Pour certains ce sera  l’Italie, pour d’autres autres pour la France… »

 © ai

S’intéresser aux recettes exotiques - et à la cuisine tout court - ne va pas de soi dans la famille de Pasi :

« J’ai été élevé dans une famille où toute la nourriture provenait de boites de conserves. Ma situation est probablement assez extrême mais elle symbolise toute une tradition nord-européenne pour laquelle manger est devenu une activité utile, obligatoire, bien plus qu’un plaisir ou même un moment privilégié pour se retrouver en famille. »

 © ai

Rita, comme Pasi, est une enfant des années 1970. Mais sa tradition culinaire est tout à fait différente :

 © ai

« Quand vous voyez vos parents cuisiner depuis votre plus jeune âge, que vous avez l’habitude de voir la transformation d’un morceau de viande ou d’un poisson, avec ses yeux, sa queue… vous n’avez pas peur des ingrédients ! Vous n’avez pas peur de cuisiner contrairement aux gens qui habitent ici, à Londres, et qui s’écrient : « oh mon dieu, c’est un poisson vivant !!! ». Vous apprenez les bases : comment couper les oignons, les faire revenir, comment saler la préparation etc.»

 © ai

Pasi regarde son livre de recettes pour terminer la préparation de son plat brésilien pendant que Rita me parle des frontières alimentaires entre le Portugal et la Finlande :

« Pour nous, le vin, c’est tout à fait naturel. Pour eux, c’est plutôt la vodka ou la « koskenkorva » ou encore un autre alcool fort. Pour eux, le vin, c’est cher, c’est français, c’est « ou-la-la ! »,  bref, c’est chic ! »

 © ai

Et pendant que Rita me sert un verre de bon vin blanc portugais, elle continue à pointer les différences :

« Le petit déjeuner finlandais traditionnel, c’est une bouillie avec des fruits par-dessus et du café. Pour nous, une bouillie, ce n’est pas possible! C’est de la nourriture pour les enfants ! Comme si quelqu’un l’avais déjà prémâché pour vous ! Beurk ! Pour le petit déjeuner portugais c’est terriblement simple : juste du café, un morceau de pain avec du beurre. C’est tout ! »

Et comment on déjeune, Rita ?

« Ici, en Angleterre, vous voyez partout les gens debout avec leurs sandwichs pendant la pause déjeuner. Au Portugal, vous êtes assise devant une assiette ! Peut être une petite assiette, mais une assiette quand même ! Devant  un plat chaud, une soupe, par exemple. Et les gens prennent une heure et demie voire 2 heures pour manger. Pasi m’a appris qu’en Finlande, on apporte sa nourriture au bureau. Je trouve ça complètement dingue ! Mais, en même temps, quand on pense que dehors, il peut y avoir du blizzard, ça paraît moins étrange !

 © ai

Au Portugal et en Finlande, le déjeuner se termine par un café, mais là encore on trouve une nouvelle frontière. Pasi :

« Un déjeuner finlandais se termine avec au moins 20 cl de café-filtre. Le café portugais, c’est dans une tasse à café pour Mickey Mouse ! »

Pasi et Rita vont se marier l’année prochaine. Bien malin qui pourra dire quel sera le menu…

Les idiots et les routes

arctique, Yamal, gazprom, investissement, capitalisme, Russie, crise, financiere, présidence 0 commentaire »
11 oct 2009



Comme l’écrivait Nikolaï Gogol, la Russie a deux problèmes majeurs : les idiots et les routes. A en juger par le reportage de la première chaine de la télévision russe, le problème d’infrastructure est toujours aigu. Nous sommes sur la presqu’ile de Yamal, en Sibérie. Yamal est littéralement coupée du reste du monde par la toundra ! Mais voici que le PDG de Gazprom, Alexei Miller, inaugure le pont qui passe la rivière Yuribey, un point nodal du nouveau chemin de fer qui va traverser la presqu’ile pour arriver dans un port sur l’océan arctique:

« La longueur de ce pont est de 3,9 km ! C’est le pont le plus long jamais construit  au-delà du cercle polaire! Construit dans un délai record de seulement 341 jours ! ».

Mais pourquoi diable le PDG de la compagnie gazière inaugure un pont ? Eh bien, parce qu’il s’agit de la Sibérie. Ce n’est pas pour rien qu’on appelle Yamal la « presqu’île aux trésors »…  Effectivement, si on fait le compte de tout ce que renferme le sol de cette presqu’ile sibérienne, l’endroit n’a pas beaucoup de concurrents dans le monde. Vladimir Poutine, premier ministre russe :

« Les réserves de gaz sont de 55 trillions de mètres cubes! Cela a été confirmé par les explorateurs et les documents. Le gaz qu’on va extraire ici pourra compenser l’épuisement des vieux gisements gaziers et va offrir a la Russie des opportunités supplémentaires pour les exportations. Et là je ne parle pas uniquement des volumes, mais également de l’ouverture de nouveaux marchés ! »

Mais encore faut-il extraire ce gaz de Yamal ! Ce qui est bien avec la première chaîne de la télévision russe, c’est qu’elle nous montre qui va s’en occuper. Comme toujours, depuis 10 ans, c’est Vladimir Poutine lui-même qui s’en chargera ! Il est venu en personne sur Yamal pour animer une conférence à ce sujet. Une conférence à laquelle ont également participé les représentants de 12 grandes multinationales : Shell, Mitsui, Mitsubishi, Eni…

« Faisons de Yamal une plate-forme de la coopération internationale ! “. Tel est le mot d’ordre. Vladimir Poutine:

« Dans ce projet Yamal, il faudra étudier la question de la construction d’une usine de liquéfaction du gaz naturel et de toute une infrastructure portuaire correspondante - le port maritime, mais aussi des bateaux capables de naviguer dans l’océan arctique. La construction d’une telle usine ouvrira au gaz russe de nouveaux marchés et permettra à la Russie de maîtriser des technologies innovantes qu’elle ne connaît pas à l’heure actuelle.»

La Russie n’a pas tellement besoin d’argent. Par contre, il lui faut des technologies modernes, c’est ce qui lui manque cruellement (avec les routes d’ailleurs). C’est pour cette raison que Vladimir Poutine invite les capitalistes des pays qui ont une bonne maîtrise technologique à investir dans Yamal. Le gaz contre la technologie. Au premier semestre 2009, la Russie a attiré seulement 12 milliards de dollars d’investissements étrangers. C’est 30% de moins que pour la même période sur l’année 2008, et deux fois moins qu’en 2007 ! Plus grave encore, pour la première fois depuis 3 ans, les investissements russes a l’étranger sont de 67% supérieurs aux investissements étrangers en Russie! Mais l’homme qui s’occupe de tout en Russie est confiant : “Je suis sûr que le pays a une chance de devenir un des centres mondiaux d’attraction des investissements. La crise ne doit pas nous éloigner de ce but mais au contraire nous en rapprocher”, estime l’ex-président, que l’on appelle désormais  “le PDG de la corporation “Russie”.

« Nous ouvrons les portes aux investissements étrangers. Leur volume croit chaque année. Et nous en sommes ravis. Nous allons continuer à les soutenir. La nouvelle loi sur les investissements étrangers ne les interdit pas, bien au contraire, elle créée des conditions transparentes pour les investisseurs. C’était le principal objectif de cette loi. »

La nouvelle loi sur les investissements étrangers concerne, je cite : “les activités qui présentent une importance stratégique pour la défense et la sécurité du pays”. La loi a été adoptée en mai 2008, juste avant le début de la crise financière. Pour investir dans “les secteurs stratégiques”, il faut désormais avoir l’aval de l’état. Et puisque l’état se dirige comme une compagnie, il faut l’aval de son “PDG”. Même si a priori, cette nouvelle loi - qui complique les choses pour les investisseurs - ne concerne pas  explicitement l’exploitation des ressources sur Yamal, les patrons des multinationales auront toujours besoin d’avoir des relations cordiales avec le seul véritable PDG russe.

18 minutes

Royaume Uni, IDE, investissement, Londres, financiere, GRANDE BRETAGNE 0 commentaire »
11 oct 2009


 © ai

Andrew Levi est l’un des directeurs de «UK Trade and Investment»,  l’agence gouvernementale britannique qui aide les entreprises étrangères à s’implanter au Royaume-Uni. Lorsqu’il me reçoit dans ses bureaux a Kingsgate House, Victoria street, à Londres - il insiste sur l’importance des investissements entre la France et la Grande-Bretagne. Andrew Levi regarde dans ses papiers : le Royaume Uni est l’un des investisseurs les plus importants en France ! Et les français sont les 2èmes investisseurs en Grande Bretagne ! Ces investissement ont crée 300 000 emplois de chaque coté de la Manche !

Comment expliquer que le Royaume Uni, malgré les crises, reste une destination privilégiée pour les investisseurs étrangers. Andrew Levi nous répond :

« Je crois qu’il faut, en moyenne, 18 jours pour créer une entreprise au Royaume-Uni. Mais le record est de 18 minutes ! Vous voyez ? Cela illustre bien notre façon de travailler : assez peu bureaucratique et pas très compliquée.»

Effectivement…Mais vous êtes également réputé pour votre attachement au libre-échange. Cela doit également avoir de l’importance ?!

« Nous sommes le plus gros investisseur à l’étranger. Et nous sommes clairement ouverts. Car si nous voulons que nos entreprises réussissent à l’étranger, il faut offrir la même possibilité aux entreprises qui s’implantent chez nous. Ici, il y a peu de barrières pour les investissements des entreprises étrangères. Les autres pays, comme la France, en ont plus. On se souvient encore comment la production de yaourt est devenue une industrie stratégique en France ! Je n’arriverais pas à trouver des exemples semblables chez nous. Nous avons des règles concernant la sécurité nationale, mais on ne les applique pas contre des investisseurs potentiels. »

Selon les chiffres de « UK Trade and Investment », en 2008/2009, 1744 nouveaux projets d’investissement ont été enregistrés en Grande Bretagne. 78540 emplois ont été créés ou sauvegardés. Cela correspond à 215 emplois par jour. Pas mal pour une période de crise, même si le volume des investissements a été divisé par 2 ! Mais ce sont surtout les banques londoniennes qui profitent de ce libéralisme, n’est-ce pas Monsieur Levi ?

« Oui, votre président a dit récemment que le Royaume Uni était très dépendant des services. Et c’est certainement vrai, nous avons une économie des services très développée. L’industrie des services financiers, à laquelle fait référence votre président, représente 8% de notre économie. C’est, sans doute, un chiffre important, mais il reste 92% ! Juste à titre d’exemple : nous sommes le 6ème pays manufacturier au monde. Et les produits manufacturiers représentent 12% de notre économie.»

Voici les chiffres de juin 2009. Sur une année : 17469 emplois dans l’ingénierie de pointe, 4692 emplois en science de la vie,  contre seulement 4483 dans le domaine des services financiers. Faut-il, donc, que la Présidence de la République licencie ses conseillers responsables de la Grande-Bretagne ?

« Londres est un grand générateur de revenus, un véritable moteur économique dans le secteur des finances, des services aux entreprises, et dans le domaine du droit. Mais cela veut également dire que tout le Royaume Uni - Londres inclus - pourrait être attractif pour y établir une grande plate-forme internationale. Parce que vous auriez accès à tous ces services à la fois. Bien sûr, vous avez aujourd’hui les visioconférences et plein d’autres technologies de management moderne ; mais rien ne peut remplacer la proximité physique avec votre avocat et votre banquier. »

Merci Andrew Levi pour vos réponses très… « diplomatiques » !

 © ai

Le mariage nucléaire

Rosatom, nucleaire, Siemens, Russie, Allemagne, europe 0 commentaire »
5 oct 2009



Bien que l’endroit soit sous haute surveillance, les reporteurs allemands de la « Deutsche Welle » nous montrent le site bulgare des futurs réacteurs nucléaires. Deux fois 1000 mégawatts qui devront nourrir à l’électricité la moitié des Balkans !

Nous sommes en 2008. La demande en énergie de la région est en pleine croissance. Derrière ce projet se trouve le géant allemand Siemens qui a développé une novelle génération de centrales nucléaires en collaboration avec une compagnie russe. Les russes construisent les réacteurs, et les allemands se chargent des technologies qui en assurent la sécurité.

Burkhard Heidowitzsch, de Siemens Bulgarie,  raconte :

« Il y a 2 ans, nous avons installé cette nouvelle technologie sur 2 sites chinois. Et les 2 fonctionnent très bien. »

Tout va donc très bien. L’entente entre les russes et les allemands est cordiale. A tel point que début mars 2009, Siemens et L’Agence fédérale de l’énergie atomique russe (Rosatom) ont  décidé de se marier ! Ils ont signé un protocole d’accord pour la mise sur pied d’une co-entreprise dans le domaine du nucléaire, qui sera contrôlée à « 50% plus une action » par… les russes. L’ex-premier ministre russe, aujourd’hui patron de Rosatom, Sergueï Kirienko : « Nous avons signé un mémorandum. L’objectif de la société mixte que nous créons avec Siemens est de construire des centrales nucléaires dans les pays qui font le choix du nucléaire. Ces projets seront livrés clé-en-main à nos clients. A notre avis, cette entreprise a un bel avenir. Nous nous connaissons depuis longtemps déjà et nous sommes parfaitement complémentaires ! »

Ah, comme ils vont bien ensemble nos jeunes mariés modèles ! Enfin presque « modèles » puisque le futur époux allemand n’est pas tout à fait vierge ! Le groupe allemand est lié par un autre contrat de mariage signé, celui-ci, avec Areva le 30 janvier 2001

Or, la polygamie n’est pas envisageable ici ! En effet, le pacte des actionnaires entre Areva et Siemens contient une clause de non-concurrence ! Siemens, donc, a demandé le divorce. Explications de Philippe Carli, PDG de Siemens France :

Siemens détenait 34% d’Areva NP et restera minoritaire dans l’entreprise russo-allemande. Les raisons financières ne sont pas toujours essentielles dans la décision de fonder une famille. La Russie poursuit sa stratégie de puissance énergétique déjà mise en place son le gaz et le pétrole. Le mariage avec un allemand respectable doit  légitimer son industrie nucléaire qui souffre d’une mauvaise image. La décision allemande, elle, est plus choquante. Apres le gazoduc Nordstream, dont l’ex-chancelier Gerhard Schroeder fut le parrain, voilà qu’Angela Merkel signe l’arrêt de mort de la construction européenne traditionnelle dans le domaine du nucléaire. Mais après tout, la Russie n’est-elle pas en Europe ?!