« Sur les 12 derniers mois, la ligne cĂ´tière situĂ©e dans notre zone d’observation - en plein milieu de la partie occidentale - s’est avancĂ©e de 100 mètres ! Un endroit oĂą, avant, la mer Ă©tait assez profonde ! Et pour ce qui est de la partie orientale de la cote, on ne compte plus en mètres mais en kilomètres ! »
L’eau est donc en train de disparaitre. Et depuis 1989, il n’y plus une mer d’Aral, mais deux ! La Grande mer d’Aral devenant de plus en plus petite, elle risque de totalement disparaĂ®tre d’ici une quinzaine d’annĂ©es. Mais en reculant, l’eau laisse la place aux archĂ©ologues qui peuvent explorer le terrain :
« En tant que structure maritime, la mer d’Aral existe depuis environs 10.000 ans. Ce qui est intĂ©ressant, c’est que nous trouvons aujourd’hui les preuves qu’elle s’est dĂ©jĂ assĂ©chĂ©e Ă plusieurs reprises au cours de son histoire. Dans la baie de Berg, cĂ´tĂ© Kazakh, on a trouvĂ© un mausolĂ©e qui date du 13ème siècle ! On l’a appelĂ© « l’Atlantide d’Aral ». A cette Ă©poque, on a construit une mosquĂ©e et un grand cimetière. Ce qui montre que le niveau de la mer devait ĂŞtre beaucoup plus bas !Donc, il est probable qu’on ne puisse pas tout mettre sur le dos des hommes. Les cycles naturels jouent Ă©galement un rĂ´le. Mais on ne peut pas non plus nier l’effet nĂ©faste du système d’irrigation mis en place Ă partir des annĂ©es 50.»
Selon le biologiste Philippe Sapozhnikov, les anciens fonds marins désormais asséchés ne sont pas uniquement un terrain de jeu pour les archéologues, ils sont aussi une véritable déchetterie à ciel ouvert.
« Aujourd’hui, sur le bassin oriental de la mer se trouvent des millions de tonnes de pesticides - et autres substances dangereuses - qui ont Ă©tĂ© dĂ©versĂ©s dans la mer. Le vent soulève cette poussière et la disperse sur de très grandes distances. »
Et les habitants a respirent… puis des cancers apparaissent ! Et lĂ oĂą il reste encore de l’eau, celle-ci est devenue tellement salĂ©e que les poissons ne peuvent plus y survivre. 24 espèces ont dĂ©jĂ disparues. Une seule fait encore de la rĂ©sistance. Mais que faire ?
Pour l’instant, on a construit un barrage et une sĂ©rie de digues pour faire remonter le niveau de l’eau et diminuer sa salinitĂ©. Mais il y a un problème : cela risque de faire disparaĂ®tre la Grande Mer d’Aral - celle du sud, du cĂ´tĂ© Ouzbek - au profit de la Petite mer d’Aral - celle situĂ©e au nord, du cĂ´tĂ© Kazakh. En effet, on a pu observer que son niveau avait augmentĂ© de 6 mètres entre 2003 et 2009.
Mais voici alors que ressurgit un autre vieux projet soviĂ©tique, celui de dĂ©tourner les rivières sibĂ©riennes vers la mer d’Aral !
Le maire de la capitale russe, Yuri Loujkov, vient de publier un livre dans lequel il prĂ´ne le commerce de l’eau. Les russes en ont beaucoup. Alors, pourquoi ne pas le vendre Ă ses voisins ? DĂ©tourner de l’eau pour pallier l’effet d’autres dĂ©tournements… une idĂ©e qui laisse la population moscovite très dubitative. Pourtant, certains scientifiques ne trouvent pas l’idĂ©e totalement absurde. Peter Zavialoff, chercheur russe :
« Les gens imaginent qu’on va construire un Ă©norme barrage qui va inverser le cours des eaux de toutes les rivières sibĂ©riennes ! Evidemment, c’est faux ! Pour l’instant, l’hypothèse concerne une dizaine de kilomètres cubes par an qui proviendrait du bassin d’Irtych. Cela reprĂ©sente seulement quelques pourcentages du dĂ©bit d’un fleuve comme l’Ob. C’est moins que la fluctuation naturelle ! La Russie ne va pas mĂŞme pas le ressentir. En revanche, la rĂ©gion d’Aral, elle, en ressentirait très fortement les bĂ©nĂ©fices ! »
Le documentaire de la BBC montre une femme regardant les coquillages. Elle implore Ă la mer de revenir… et elle espère que la mer l’entendra.
1 commentaire à “Une mer morte?”
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30 octobre 2009 à 0:09
Pour inquiĂ©tantes que soient ces informations sur la mer d’Aral, elles m’intĂ©ressent car elles complètent celles que j’avais reçues par le flus RSS de radio Berlin, en juillet dernier, et qui annonçait la disparition possible de cette mer en 2020.Bien Ă vous. N. Lamboley-KondĂ©