« Voici le train le plus rapide du monde - le TGV français, le train à grande vitesse. Lors son voyage inaugural, en février 1981, le TGV a survolé la campagne française à une vitesse de 236 miles par heure, battant ainsi le record du monde. »
Les adjectifs utilisĂ©s dans ce documentaire amĂ©ricain sur les trains Ă grande vitesse, rĂ©alisĂ© en 1982, sont « amazing ! », « dazzling ! », « superb ! ». Que de superlatifs… Evidemment, l’actualitĂ© du moment Ă©tait le lancement rĂ©ussi du TGV en France. On semblait presque oublier que les trains Ă grande vitesse existaient dĂ©jĂ depuis 18 ans. En fait, c’est le Japon qui fut le premier Ă les introduire. La construction du premier tronçon du Shinkansen - le Train Ă grande vitesse japonais - a durĂ© 5 ans et a Ă©tĂ© inaugurĂ© pour l’ouverture des jeux olympiques, le 1er octobre 1964. Le Japon n’est pas un plat pays et les lignes ferroviaires historiques Ă©taient très sinueuses, ce qui empĂŞchaient les trains de rouler Ă des vitesses très Ă©levĂ©es.
Par consĂ©quent, il fallait construire des lignes spĂ©ciales et de très lourdes infrastructures supplĂ©mentaires : des viaducs dans les villes, de nouveaux quais, des nouvelles gares en pleine ville… Un travail titanesque, source de la fiertĂ© nationale, comme le montre cet entretien dans un train:
“La technologie amĂ©ricaine est très avancĂ©e gĂ©nĂ©ralement. Mais il me semble que le Japon a su concentrer ses efforts pour dĂ©velopper certaines technologies comme le Shinkansen dont le niveau sera, Ă mon avis, difficilement atteignable pour les autres pays Ă l’avenir.”
Mais le fier voyageur ne pouvait pas savoir que son propre Premier Ministre, monsieur Suzuki, aurait bientĂ´t l’occasion de voyager Ă bord du train Ă grande vitesse construit en France.
La concurrence est donc arrivée. Chacun fait la cour aux acheteurs potentiels.
Et puis arrive le troisième projet de train Ă grande Vitesse, l’Inter city express allemand. Nous sommes en 1991. La diffĂ©rence principale avec ce projet est que les train Ă grande vitesse et les trains classiques circulent sur les mĂŞmes voies.
Trois projets concurrents donc… Mais lequel s’exporte le mieux ?
Les amĂ©ricains rĂ©flĂ©chissent depuis 1982 et c’est seulement au printemps de 2009, (soit 27 ans après !) que l’administration Obama a annoncĂ© que huit milliards de dollars du plan de relance de l’Ă©conomie nationale seront rĂ©servĂ©s Ă la rĂ©alisation du train grande vitesse. Les français ont rĂ©ussi Ă pĂ©nĂ©trer le marche sud-corĂ©en, mais pas sous la prĂ©sidence Mitterrand, mais 22 ans après! Les plus rapides Ă vendre leurs technologies sont pour l’instant…. les allemands. Reportage de la Deutsche Welle en 2008:
«Pour ce train, le voyage en bateau Ă travers la Baltique va durer plus de 2 jours. Les wagons de ce nouveau train Velaro sont dans 2 compartiments Ă marchandises sĂ©parĂ©s. Le nouveau train est le rĂ©sultat d’un travail chez Siemens qui a durĂ© 2 ans. Il faudra adapter le train aux conditions climatiques difficiles car il est destinĂ© au marchĂ© russe. Le marchĂ© russe, c’est l’un des plus prometteurs pour Siemens».
« Velaro », le dĂ©rivĂ© de troisième gĂ©nĂ©ration de « l’Inter city express » allemand est dĂ©jĂ vendu en Espagne pour la ligne Madrid-Barcelone, mais aussi en Russie et en Chine.
Et les pionniers du TGV, les japonais ? Eh bien, le premier et le seul pays auquel ils ont rĂ©ussi Ă vendre leur technologie fut Taiwan… et très tard, en 2004… 40 ans après le lancement du projet !
2 commentaires à “Les batailles des TGV”
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10 novembre 2009 à 22:09
Le projet TGV porte avec lui le poids d’une pensĂ©e française sur le territoire : le centralisme dĂ©mocratique, disparu Ă l’est, mais bien vivant dans les structures rĂ©publicaines jacobines françaises.
Les murs ne sont pas tombés dans les têtes des créatifs français.
21 avril 2010 à 11:15
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