Clip de campagne de Dominique Voynet pour l’Ă©lection prĂ©sidentielle. Nous sommes en 2007. La chef de fil des Ă©cologistes français est persuadĂ©e que la sècheresse de 2003 - tout comme l’ouragan Katrina - est la consĂ©quence directe du rĂ©chauffement climatique. J’ai demandĂ© Ă l’un des experts du GIEC - le Professeur Mojib Latif de l’UniversitĂ© de Kiel en Allemagne, spĂ©cialiste de la modĂ©lisation climatique - quand est-ce qu’aura lieu la prochaine catastrophe de ce genre. RĂ©ponse: « On ne peut pas prĂ©dire un tel Ă©vènement. Ce fut une fluctuation mĂ©tĂ©orologique. Tout ce que peut faire le modèle (et ceci est le cĹ“ur des problèmes liĂ©es Ă la modĂ©lisation du climat), c’est de prĂ©dire que ce genre d’Ă©vènement deviendra plus frĂ©quent. Mais on ne saura jamais dans combien de temps prĂ©cisĂ©ment. »
Mais comment fonctionne la modélisation du climat ?
«Vous devez spĂ©cifier certains paramètres externes comme la contribution de la mer, de la terre, des glaciers dans les montagnes… il faut prendre en compte l’Ă©paisseur de glace en arctique etc. Et puis il faudra faire ce qu’on appelle « la paramĂ©trisation ». Le modèle ne peut pas dĂ©crire tous les phĂ©nomènes. Les phĂ©nomènes de petite Ă©chelle, comme les nuages, ne peuvent pas ĂŞtre dĂ©crits. Donc il faut les calculer indirectement et voir ensuite comment prendre en compte leur contribution. »
Quels sont les limites de ce modèle ?
« Par exemple, avec ce modèle climatique, vous n’obtenez pas le refroidissement du milieu du XXème siècle. On ne peut pas simuler les annĂ©es 1940 ou les autres phĂ©nomènes comme le refroidissement de 1991/1992 dĂ» aux Ă©ruptions volcaniques. Mais le plus important est que nous voyons la tendance gĂ©nĂ©ral du rĂ©chauffement. Et on peut l’expliquer uniquement si on inclut les gaz Ă effet de serre. Si on les exclue, on ne peut pas expliquer le rĂ©chauffement sur, disons, les 50 dernières annĂ©es. »
Comment le modèle explique-t-il que, malgrĂ© l’augmentation constante de la concentration de CO2, la tempĂ©rature a diminuĂ© sur plusieurs dĂ©cennies dans le siècle passĂ©?
« Si vous brĂ»lez le charbon, vous produisez des petites particules. Ces particules reflètent le soleil vers l’espace. Et cet effet a Ă©tĂ© dĂ©couvert assez tardivement, seulement vers la fin des annĂ©es 80-dĂ©but 90. Mais Ă partir du moment oĂą on a dĂ©crit ce phĂ©nomène, tout s’est mis en place, Ă savoir le rĂ©chauffement global des dernières dĂ©cennies consĂ©cutif aux Ă©missions de gaz Ă effet de serre et aux aĂ©rosols.»
La bataille contre la pollution des aérosols a porté ses fruits et le réchauffement est reparti depuis. Quel est votre pronostic pour les 10 ans à venir ?
« On a utilisĂ© le modèle climatique classique pour faire un pronostique Ă court terme et ce qu’on a trouvĂ©, ce n’est pas un refroidissement, mais un arrĂŞt du rĂ©chauffement pour les 10 ans Ă venir. »
Comment est-ce possible ?
« On a essayĂ© d’amĂ©liorer les prĂ©visions traditionnelles qui ne prenaient en compte que l’augmentation des gaz a effet de serre. On l’amĂ©liore en y ajoutant des donnĂ©es de l’Ă©tat actuel du climat. Cela parait banal mais ça ne l’est pas ! Car il faut y inclure des donnĂ©es concernant l’ocĂ©an et pas seulement des donnĂ©es terrestres. Et les donnĂ©es sur l’ocĂ©an profond n’existent tout simplement pas ! Mais nous avons trouvĂ© un moyen de calculer les courants dans l’ocĂ©an profond Ă partir de donnĂ©es sur la tempĂ©rature de la surface de l’ocĂ©an, qui eux, sont connus. »
Donc on attend dix ans sans changement climatique, et ensuite le rĂ©chauffement reprendra le dessus. Vous en ĂŞtes sĂ»r Mojib Latif ? Vous n’allez pas dĂ©couvrir de nouveaux paramètres ?
« Nous n’avons jamais dit que notre modèle est correct Ă 100% ! Aucun modèle ne l’est ! Et c’est pourquoi on doit vivre avec l’inconnu ! Je le souligne toujours aux hommes politiques ! Mais imaginez que vous voulez acheter un avion et que sa probabilitĂ© de s’Ă©craser soit de 50%, vous ne l’achèteriez tout simplement pas ! »Principe de prĂ©caution, donc. Mais comparer le rĂ©chauffement Ă un crash d’avion qui ne laisse aucun survivant… La tĂŞte froide du modĂ©lisateur, le cĹ“ur chaud d’un militant? Souhaitons que les deux n’entrent pas en conflit…



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12 dĂ©cembre 2009 à 14:46
Ce n’est pas un commentaire mais une demande d’aide pour Ă©couter la vidĂ©o. Elle s’arrĂŞte toutes les 12secondes, ce qui n’est pas sans mettre les nerfs Ă vif.Seriez-vous dans les secrets de real player?
Bien Ă vous.
Nicole Lamboley Kondé
31 dĂ©cembre 2009 à 19:21
IntĂ©ressant d’avoir parlĂ© de cette technique des modèles. la thĂ©orie des modèles devant beaucoup plus conduire Ă l’humilitĂ© plus qu’Ă des certitudes.
C’est un instrument de projection avec les donnĂ©es du moment. A cela il faut penser qu’il y aura Ă rajouter des paramètres inconnus encore, des Ă©vènements de petite Ă©chelle, ou localisĂ©s… Ă effets importants.
C’est l’observation, dont celle de terrain qui apporte ces choses en plus, imprĂ©vues. c’est une attitude très exigente.
De la modestie donc : il est difficile de prédire.
25 fĂ©vrier 2010 à 6:34
il serait fantastique de profiter de 10ans sans changement climatique mais je me demande que est-ce que on va faire après quand le temps arrive au fin et comme le prof a dit : on ne sais pas avec certitude si c’est vrai que les Ă©vènements ne arriverent avant, c’est pour ça que on doit continuer avec la preservation du l’envirement jusqu’a le moment qu’on peut