Apparemment, ce sera la Grèce
Grece, BCE, FMI, bourse, euro, Espagne, UE, crise, financiere, Belgique, AllemagneGodfrey Bloom - membre du parti de l’Independence du Royaume Uni - est connu pour avoir son franc-parler. Il ne cache pas qu’il est entrĂ© en politique Ă cause de Maastricht, de la monnaie commune contre lesquels il s’est battu. La douloureuse expĂ©rience de 1992 qui avait vu la participation de la livre sterling au Système MonĂ©taire EuropĂ©en a fortement marquĂ© sa pensĂ©e. Souvenez-vous, les attaques spĂ©culatives contre la livre sterling l’ont faite sortir du système de monnaies dotĂ© d’un ancrage de paritĂ© fixe, un système prĂ©curseur de l’euro. Aujourd’hui Godfrey Bloom pense que la Grèce se trouve dans une situation similaire :
« Très peu de pays remplissaient effectivement les critères de Maastricht. La Grèce ne le faisait pas, de mĂŞme que la Belgique, l’Italie, le Portugal, ou l’Espagne ! TĂ´t ou tard, ça devait mal se terminer. La seule question Ă©tait de savoir quelle en serait la première victime ? Apparemment, ce sera la Grèce. »
Effectivement, on sait aujourd’hui que la Grèce a « maquillé » ses comptes pour rentrer dans la zone euro et, plus rĂ©cemment, qu’elle avait Ă©galement maquillĂ© les chiffres de son dĂ©ficit budgĂ©taire. Certains Ă©conomistes, comme Paul de Grauwe, pensent que les critères de Maastricht ne sont pas essentiels pour l’existence de la monnaie commune. Godfrey Bloom, Ă©conomiste Ă©galement, les trouve utiles et pointe quelques autres difficultĂ©s :
« La zone euro n’est pas une zone monĂ©taire optimale, telle que nous, les Ă©conomistes, la dĂ©finissons. Nous allons toujours avoir des Ă©conomies nationales très diffĂ©rentes qui suivent les diffĂ©rentes Ă©tapes du cycle Ă©conomique. Ca fonctionne comme une boĂ®te de vitesses. Première pour dĂ©marrer, deuxième pour descendre les Champs ElysĂ©es, etc. Et il ne serait pas raisonnable que votre collègue, qui a dĂ©marrĂ© 10 minutes plus tard que vous, soit obligĂ© d’utiliser la mĂŞme vitesse que vous ! On ne sort pas de son garage Ă la mĂŞme vitesse que lorsqu’on est sur une autoroute ! La monnaie est une vitesse. Une seule monnaie ne peut pas ĂŞtre efficace pour une Ă©conomie fondĂ©e sur le tourisme, une autre sur l’agriculture, et encore une autre sur l’industrie. La seule manière de la rendre efficace est d’assurer des transferts de capitaux. »
Comme ca se fait entre les rĂ©gions d’un mĂŞme pays ?
« Ou, d’ailleurs, comme aux Etats Unis, qui ne sont pas une zone monĂ©taire optimale non plus ! Les Etats-Unis sont composĂ©s d’Ă©tats aussi diffĂ©rents que la Californie, le Michigan, le Wyoming… Mais il existe un système de rĂ©serve fĂ©dĂ©rale, qui, en dernier ressort, joue le rĂ´le de prĂŞteur. »
La Banque Centrale EuropĂ©enne n’a pas d’instrument pour sauver un pays en difficultĂ©, c’est certain. Mais l’entraide entre les Ă©tats reste possible, n’est-ce pas ?
« Il est vrai qu’on est heureux de prĂŞter assistance aux membres de sa famille. Mais le transfert de capitaux suppose une taxation plus Ă©levĂ©e et un appui politique très fort. Les seuls capables de le faire sont les allemands. Ils sont connus pour leur discipline financière. Mais si vous ĂŞtes rigoureux avec votre argent, voudriez-vous qu’on le donne Ă votre voisin qui va aller le perdre au casino ? »
Dernière question Ă Godfrey Bloom. Godfrey Bloom, l’Ă©conomiste…Et si on trouve le moyen de surmonter cette crise qui touche la Grèce, l’Espagne, l’Italie, et d’autres encore… peut-on imaginer que l’euro survive et devienne une vĂ©ritable monnaie de rĂ©serve, ce qui Ă©tait le deuxième but de sa crĂ©ation ?
« Vous auriez besoin d’avoir la mĂŞme discipline fiscale partout, et cela dans chacun des 21 pays membres. Mais ce n’est pas possible ! A moins que l’on retire un peu de dĂ©mocratie aux Ă©tats membres et qu’on leur impose un système commun. Cela vous ramène au point de dĂ©part, Ă savoir dans quelle mesure le projet europĂ©en est-il dĂ©mocratique ? On a créé la monnaie commune principalement pour des raisons politiques. C’est comme un couple qui se sĂ©pare et qui dĂ©cide de faire des enfants pour prĂ©server son mariage. Cela ne marche jamais ! »
1 commentaire à “Apparemment, ce sera la Grèce”
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23 avril 2010 à 7:39
Je ne suis pas experte en économie mais à la lecture de critiqueduliberalisme, je comprends que la Grèce aurait intérêt à préparer sa sortie de l’Euro quand son économie ira bien. Je crois comprendre qu’actuellement c’est l’Europe qui endosse les dettes de la Grèce. Et comme je crois que le sytème d’inoppression est inévitable, la précaution est de prévoir la sortie d’Europe. Et la Grèce n’aura pas à son tour, à s’inquiéter de l’implosion des marchés ! Dites moi si je me trompe !