« Monsieur Khrouchtchev a dit : on va vous enterrer» - cĂ©lĂšbre refrain de la chanson de Sting, « Les Russes », en 1985. Dans la conscience populaire, cette phrase de Nikita Khrouchtchev signifie que l’URSS a toujours voulu anĂ©antir l’Occident par les armes nuclĂ©aires. L’InterprĂšte de Khrouchtchev, Viktor Sukhodrev, l’a traduit en anglais sans interprĂ©ter. Et il a eu raison, car la phrase, dans son intĂ©gralitĂ© Ă©tait : «l’histoire est de notre cotĂ©. On va vous enterrer ». Sting et tous les autres n’ont qu’Ă lire ce qu’a Ă©crit Karl Marx sur la classe ouvriĂšre-le fossoyeur du capitalisme. Nikita Khrouchtchev, un simple fataliste marxiste ? Pas du tout ! En 1959 il a menacĂ© le vice prĂ©sident amĂ©ricain Richard Nixon : «My vam pokazhem kuzkinu mat » ! Sukhodrev raconte :« J’Ă©tait perturbĂ© par cette phrase. Je ne savais pas comment la traduire. Et je l’ai traduite littĂ©ralement: « On va vous montrer la mĂšre de Kuzma !»Panique chez les amĂ©ricains ! qui Ă©tait cette mystĂ©rieuse mĂšre de Kuzma ? Sans doute une nouvelle arme fatale… Un autre Nikita, Nikita Krivocheine, traducteur des prĂ©sidents russes, corrige aujourd’hui l’interprĂšte de Nikita Khrouchtchev :« Je dirais…Nous allons vous montrer de quel bois nous nous chauffons ! »
Tout simplement ! Mais ça signifie que vous interprétez la pensée khrouchtchévienne ?
Influence qui Ă©tait strictement contrĂŽlĂ©e Ă l’Ă©poque communiste. Encore un Ă©pisode des annĂ©es 60. La confĂ©rence des partis communistes au moment de la discorde entre les soviĂ©tiques et les albanais :Mais aujourd’hui les temps ont changĂ©. En voici pour preuve une confĂ©rence de presse du prĂ©sident Poutine :
L’interprĂšte du prĂ©sident peut-il exprimer sa position personnelle ? Voici l’histoire d’un grand interprĂšte, le prince Konstantin Andronnikov, qui ne voulait pas assister au dĂ©pĂŽt de gerbe devant le mausolĂ©e de LĂ©nine :
Et voici un autre exemple :
19 commentaires à “La mĂšre de Kuzma”
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29 mars 2010 à 10:00
et Ă la traduction s’ajoute l’interprĂ©tation dans son contexte . Le successeur de Staline a t-il cru sincĂšrement jusqu’Ă la fin de sa vie politique que les performance de l’ URSS allaient dĂ©passer celles des pays capitalises ?
3 avril 2010 à 11:43
bonjour Ă tous
3 avril 2010 à 16:48
La Russie, les chansons ….
Tiens aller faire un petit tour par lĂ : http://www.youtube.com/watch?v=hs42sJZR8D0. The Yardbirds.
Tinker Tailor Soldier …spy, c’est le titre original du premier opus de la triolgie de Karla de Le CarrĂ©; Le titre français ? La Taupe …..
Mr K aimait-il les coĂŻncidences ?
4 avril 2010 à 13:27
Quelle pitiĂ© que cet humour d’Antoine Perraud qui pĂšse des tonnes, avec ses imparfaits du subjonctif “vous triomphĂątes”, “d’un grand Ă©cart vous fendĂźtes votre falzar” et autres “je voudrais que vous vous fendissiez”. Antoine Perraud c’est l’anti-Dumayet, tellement soucieux de son petit spectacle perso qu’il rejoint la bande des producteurs qu’on gagne Ă virer au montage (merci Audacity, merci DirectCut) quand on tient Ă conserver la parole de l’invitĂ© pas trop polluĂ©e, que ce soit par le brouillon verbal (Munier), la bavasserie creuse (Hakem), les airs supĂ©rieurs (Olivier Germain Thomas), le forçage militant (Bourmeau, Clarini, Casanova), le sac de noeuds syntaxique (Laurentin), le rire niais (HazĂ©ra), le radio-barking (Baddou), la crĂšme au beurre (Enthoven), le pĂ©dantisme doucereux (Enthoven encore), la question con (Enthoven toujours, ou bien Laure Adler tiens, histoire de finir la liste par une Ă©minence). Toutes gens moins soucieux de transmettre, que de se faire valoir en s’interposant entre l’auditeur et la parole de l’invitĂ©. Enfin avec Perraud, reconnaissons que c’est pas trop systĂ©matiquement le cas. Alors ici l’invitĂ©, bien inattendu, c’est Bruno Fumard plus connu il y a 25-30 ans sous le nom de Jesse Garon. Son nom vĂ©ritable n’Ă©tait pas un secret puisqu’il signait ses chansons d’un pseudonyme qui amalgamait les deux. En tous cas sans le secours du programme on franchement du mal Ă deviner ou mĂȘme Ă croire que le type qui parle, c’est le chanteur sous banane et en froc moulant qui faisait la joie des nostalgiques du bus palladium. Mais pourquoi lui faire raconter sa vie et ses souvenirs de vie militaire, plutĂŽt que de le faire parler langue ? Oui pourquoi, sinon pour nous Ă©pargner le souci de dĂ©couper ce fatras Ă coups de DirectCut ou d’Audacity ? Parfois Perraud nous offre un entretien valable oĂč on n’a plus qu’Ă gommer ses questions. Pour cette fois on peut tout virer, car c’est seulement vers la 26Ăšme minute que l’invitĂ© est chaud et que ça dĂ©colle et qu’enfin il entreprendrait presque d’Ă©chapper au bavardage amorphe. On a bien dit “presque” oui car hĂ©las c’est la fin et c’est tout. Quelle arnaque cette Ă©mission. Franchement c’est pas du boulot. DĂ©jĂ on avait pu comprendre vers la 20Ăšme minute que l’entretien est pris en temps rĂ©el ou quasi. C’est peut-ĂȘtre pour ça qu’il est aussi mal fait, sans Ă©laboration, sans intĂ©rĂȘt aucun. Entretien mal foutu, entretien ratĂ©, Ă©mission inutile. Il a vraiment Ă©tĂ© prĂ©parĂ©, cet entretien, si on excepte les AchilleTalonnismes du billet d’intro ? Et il est vraiment payĂ©, Perraud, pour un tel boulot d’amateur pas douĂ© ? On se dit que ça devrait ĂȘtre le contraire : il devrait payer, puisque son Ă©mission est faite pour lui et pour sa satisfaction, et non pour celle de l’auditeur qui, en ce dimanche de PĂąques, ne peut strictement rien faire d’un potage aussi imbouffable, sauf peut-ĂȘtre le balancer aux cochons…
LRDB
4 avril 2010 à 19:23
Câest lâinconvĂ©nient de la porositĂ© entre traducteur et interprĂšte tous deux sĂ©parĂ©s par une frontiĂšre de papier Ă cigarette. Rappelez-vous Ă lâĂ©cole, en langues vivantes, ce quâon nous rabĂąchait : bannissez le mot-Ă -mot ; adaptez Ă votre langue maternelle en collant au plus prĂšs au texte, par des tournures susceptibles de rendre visible lâimage Ă©voquĂ©e, sans pour autant ramener lâauteur Ă vous⊠Au stade dâĂ©lĂšve, que lâon soit prĂšs du chauffage ou au premier rang, câest dĂ©jĂ pas du gĂąteau. Alors Ă hauteur de la vie politique oĂč le moindre mot malheureux peut avoir une incidence sur les relations diplomatiques, on imagine aisĂ©ment les risques dâune traduction infidĂšle ou trop personnelle. De lĂ , dans le souci de ne pas trop sortir du moule une expression, on obtient parfois des bizarreries. Comme cette mĂšre Kuzma en qui les amĂ©ricains ont cru voir le retour dâune grosse Bertha. Ou comme le blogueur ci-dessus qui interprĂšte la parole, la pensĂ©e dâautrui, et qui sâen fait un amplificateur Ă 7000 watts avec saturation et disto en prime.
6 avril 2010 à 12:36
Ceux qui ont la tĂ©lĂ© peuvent-ils m’Ă©clairer ? Voici mes questions : dans ses causeries sur Arte, est-ce que Raphy arbore un T-Shirt “Achetez mes livres” ? Est-ce qu’il porte sa propre photo en pin’s ? Est-ce qu’il utilise un bandeau pour tenir sa criniĂšre sans gomina (chez lui la gomina est vocale). Et pendant qu’il blablate est-ce qu’on voit derriĂšre lui un de ces grands panneaux quinquoncĂ©s de petits logos, avec pour le coup Radio-France + France Culture + sa bobine + ses couvertures ? Ces trucs seraient des Ă©quivalents un peu amĂ©liorĂ©s du procĂ©dĂ© qu’on trouve appliquĂ© sur la page internet des Nouveaux Chemins : la couv’ de son bouquin ou de son CD, au milieu de la prĂ©sentation de l’Ă©mission du jour. On hĂ©site entre rigoler un bon coup et leur en vouloir d’ĂȘtre aussi primaires, Ă FC.La pub il y a et il y aura toujours des gens pour la critiquer, mais sur FC le pire c’est bien la pub interne : depuis quelques semaines l’invasion des intermĂšdes d’auto-promo donne surtout envie de ne pas les Ă©couter. On nous y promet du foot, du parler niais, des voix de connes, de la soupe musicale ; remarquez, c’est vrai qu’Ă part le foot, on trouve dĂ©jĂ un peu de tout ça sur FC. Et sur la page des Nouveaux Chemins, le forçage de pub se fait par un procĂ©dĂ© basique et Ă peine digne d’un dĂ©butant (premiĂšre semaine de la premiĂšre annĂ©e de BTS crĂ©atifs) : l’invasion du centre de la page. Ridicule, vraiment. Je me demande combien de temps il leur faudra pour comprendre Ă quel point ce matraquage est contre-productif et plombe encore un peu plus le prestige de la station de prestige…Histoire de leur dire tout ça en Ă©vitant le ton agressif, j’ai postĂ© le message ci-dessous Ă la page des Chemins : = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = Bonjour RaphaĂ«l, La publicitĂ© c’est bien quand ça finance un media,c’est moins bien quand ça le parasite. La pub c’est bel et bon quand c’est bien fait, mais quand elle est lourdement imposĂ©e, c’est une erreur. Exemple : quand on veut lire la page des NCDC, la pub pour les produits maison, livres et CD, posĂ©e au beau milieu de la page, non seulement c’est parasitaire,mais voyez-vous c’est Ă peine digne d’un dĂ©butant en communication. Votre meilleure pub c’est la qualitĂ© de vos Ă©missions.Reste Ă savoir si ce que vous cherchez Ă vendre c’est un brin de sagesse et un soupçon de connaissance, ou bien si c’est votre bobine…Cordialement, de la part d’un auditeur que France Culture dĂ©motive un peu plus chaque jour.
8 avril 2010 à 13:19
Bonjour Alexis -
Les habituels signataires Agathe et Nessie n’ont pas dĂ©posĂ© les deux commentaires ci-dessus : 12h36 & 13h27. Nous sommes victime des mĂȘmes campagnes qui ont forcĂ© Lebrun, Ă terme, Ă mettre son blog sous validation.
Je n’ai aucune intention de polluer votre blog comme certains ont polluĂ© le blog de Lebrun. Je suis dĂ©solĂ© qu’un semi-dingo s’amuse Ă cs jeux de sabotage.
Merci de laisser subsister ce message de correction, ou mieux : de virer les deux messages parasites (méfiance : le pirateur maitrise la technique et réussi à copier les signatures non affichées).
Cordialement et avec mes encouragements pour vos sujets radio.
LN
8 avril 2010 à 13:27
NavrĂ© Alexis, je ne pensais pas que ce qu’on Ă©crivait ici se retrouvait en validation directe. C’Ă©tait plutĂŽt un message privĂ© Ă l’intention de la modĂ©ration. Nous attendons dans un avenir pas trop lointain que les forums de FC soient sĂ©curisĂ©s et ne permettent plus ce genre de jeux idiots qui ont contraint Lebrun Ă anesthĂ©sier son blog.
8 avril 2010 à 17:13
Sorry Alex, je suis un peu confus en ce moment. La Pelforth sans doute, mais tu peux laisser les messages en l’Ă©tat ; pas de pb.
9 avril 2010 à 21:57
Nessie le croquemitaine
Si par ce titre je laisse sous-entendre que les contes ont le pouvoir de façonner le caractĂšre de tout un chacun, je ne tiens pas Ă imiter Bettelheim. Toutefois, jâai beau me creuser la tĂȘte, je ne vois pas comment vous parler autrement du forumeur en question. Mon cher Alexis, je vous le dis, votre blog offre visiblement tous les aspects dâun ciel propre et tranquille, mais voilĂ les premiers nuages ! DĂšs lors, il y a un risque que les hydres, les gorgones, les dragons et autres monstres verruqueux sâinvitent chez vous, en un mot, les auditeurs-critiques. Lâun dâeux, cĂ©lĂšbre pour avoir sabotĂ© et coulĂ© le vaisseau Lebrun, marque les espaces de son empreinte. Il sâinstalle de critique en critique, de logorrhĂ©e en tirade, de digression en non-sens, on le redoute, on le craint, on en parle le soir au chevet des enfants, tout le monde, de prĂšs ou de loin, connaĂźt Nessie le croquemitaine. Dans les blogs, sur les forums, il cherche dâabord une place, dissimulant assez mal ses intentions sous habit de douceur qui lui va trop petit, puis, quand il avait fait son trou, il commence Ă grignoter tous vos meubles. Je mets en garde vos habituĂ©s : chers piliers de blogs, surveillez votre bois de soutĂšnement, Nessie le croquemitaine nâen fera quâune bouchĂ©e !
10 avril 2010 à 8:13
“Quelle pitiĂ© que cet humour dâAntoine Perraud qui pĂšse des tonnes, avec ses imparfaits du subjonctif âvous triomphĂątesâ, âdâun grand Ă©cart vous fendĂźtes votre falzarâ et autres âje voudrais que vous vous fendissiezâ.”
Ouais, en mĂȘme temps, c’est le (ou la, tout le monde sait maintenant qu’Agathe=Nessie), qui brait Ă longueur de blog sur la conjugaison de l’impĂ©ratif et la disparition de l’imparfait du subjonctif !
11 avril 2010 à 16:27
Salut Antibiok.
Je commencerai par te prĂ©senter mes excuses : je nâai pas lâintention dâentrer dans le jeu de querelle que tu tâemploies Ă recrĂ©er ici aprĂšs tes activitĂ©s sur le blog Quai de Seine, oĂč tu as copieusement attisĂ© les affrontements dâegos (en premier lieu avec le tien). Je pense quâAlexis voit trĂšs bien qui dĂ©grade son blog avec de la chicane, et qui au contraire essaie de calmer ce mauvais trip. Pour lâinstant on peut lire ailleurs quâici (sur RFC) ce que Nessie et Agathe (et dâautres) Ă©crivent quand ils veulent parler radio ; et on voit ici ce que toi tu dĂ©poses, relayĂ© par lâinĂ©vitable Camy. Pour ma part jâaurai simplement signalĂ© que ni Agathe ni ce Nessie qui ont commis le crime de vous contredire dans le blog de Jean Lebrun, nâont pas dĂ©posĂ© ici les posts dĂ©jĂ dĂ©noncĂ©s, et pas non plus lâaddendum comique additionnĂ© de Pelforth. Ca ne mâintĂ©resse pas trop de savoir si vous rĂ©pondez dans le vide ou bien trĂšs consciemment Ă ces NiĂšmes faux dĂ©posĂ©s par lâun ou lâautre de vous deux, histoire de monter ici un nouveau sapin qui vous rappellera ce que vous aviez fait au Quai de Seine. Mais voila, je ne suis dans les forums & blogs de FC que pour parler radio, et non pour participer Ă vos chamailleries de bac Ă sable. Donc si toi et tes amis voulez recommencer les jeux de gamins sur le blog dâIpatovstev, et le torpiller Ă son tour, au moins cette fois vous ne mâaurez pas comme complice involontaire. Vous mâavez instrumentalisĂ© une fois pour rĂ©soudre un temps le problĂšme du vide de votre vie, mais je ne ferai pas un second service.
Donc trouvez ici quelquâun dâautre pour vos jeux - Pour moi la question est close.
Nessie
[PS : je dĂ©pose une copie de ce post sur le forum Regards FC, pour authentification. Les habituels addendums bidon et autres faux qui suivront ici ce post, signĂ©s Nessie ou Agathe ou autres, nâauront pas la mĂȘme caution ainsi le lecteur pourra les lire pour ce quâils sont et non pour ce quâils feignent dâĂȘtre.]
11 avril 2010 à 17:19
Oy oy, Alexis. On nous dit que France Culture est devenue une radio politique et quâil serait temps dâen tenir compte. Mais on en tient compte depuis le dĂ©but, on en tient compte pour dire quâon nâest pas dâaccord, parce que le militantisme y introduit son front de taureau dans la quasi-totalitĂ© de ce que fait la rĂ©daction, et dans une bonne part des magazines en direct. Ensuite parce que mĂȘme si en tant que radio dâinformation politique elle est meilleure que dâautres, on ne voit pas pourquoi ça doit se faire au dĂ©triment de la culture. Si on veut une radio dâinfo qui soit excellente, quâon amĂ©liore les autres ou quâon en crĂ©e une, et quâon nous laisse (ou plutĂŽt quâon nous rende) la radio qui sâappelait France Culture. Illustration de cette dĂ©rive : en dĂ©cembre 2009, mort de Pierre Chaunu. Jean Lebrun se fend d’un billet sur son blog et puis tout le monde s’en fout. AprĂšs un enterrement radiophonique la sauvette dans la Fabrique de lâhistoire, câest 2 mois plus tard que la chaĂźne rediffuse un Lundis de lâHistoire de 1970. Par respect pour les producteurs de la Nuit de FC, on ose penser que c’est pas totalement un hasard. NâempĂȘche que ça sâest fait sans avoir annoncĂ© dans le programme en ligne la prĂ©sence de Chaunu dans lâĂ©mission. France Culture est toutefois capable dâoffrir un autre tableau : quand Philippe SĂ©guin meurt dans la nuit et quâon lâapprend Ă 8h15 soit en fin de journal, Marc Voinchet rĂ©actif et pro, modifie d’un coup le programme de sa matinale. Alors pas de bol pour une fois qu’aux Matins l’invitĂ© Ă©tait pas trop actu et plutĂŽt cultu, zzzoupf un bon tiers de lâĂ©mission passe Ă la trappe « excusez-nous Robert Darnton mais le conducteur de lâĂ©mission va sâen trouver un peu bouleversĂ© » ben oui lâauditeur se demande par quel miracle aprĂšs seulement 14â on essaie de revenir au sujet ? Câest que Philippe SĂ©guin le valait bien, qui dira le contraire pas moi. Enfin je dis 14â mais comme le sujet colle, colle, de Laurentin initialement prĂ©vu pour commenter le livre de Darnton, Ă Caroline Eliacheff, on continue Ă SĂ©guiner et ça se traĂźne, et ça se traĂźne on aura bouffĂ© 20â de radio culturelle, tout ça pour ĂȘtre just in time sur lâĂ©vĂ©nement…. et imiter les collĂšgues, y compris ceux de la mĂȘme maison puisquâĂ la mĂȘme heure lâinvitĂ© de France Inter câest -par chance mais sans surprise- Jospin qui tartine sur le mĂȘme sujet. Alors on pourrait aussi ne pas trop se plaindre, surtout si on se dit que c’Ă©tait pas si mal fait : par chance on avait sur place 2 types qui lâont connu de trĂšs prĂšs. Imaginons ce que ça eut donnĂ© avec les aboiements hilares de Baddou, les jeux de mots foireux de Crimon, on frĂ©mit rien que dây penser. Remarquez, lâanalyse farcie de clichĂ©s de Hubert Huertas qui se la joue grande voix du journalisme pour sortir un tissu de banalitĂ©s, ça ne vole pas beaucoup plus haut. Enfin on se plaint pas trop : lâĂ©vocation est probablement fidĂšle de bon niveau. Bonne radio donc, si on veut, (on verra sâil y a ici des commentaires en rĂ©ponse) mais point de culture ou plus prĂ©cisĂ©ment : encore moins de culture que prĂ©vu, tout ça pour suivre lâĂ©vĂ©nement. Le bilan câest donc une fois de plus le recul de la culture sur France Culture, au profit de lâinfo politique. Donc oui, France Culture est bien devenu une radio politique, une radio comme une autre. Et oĂč entendra-t-on Robert Darnton ?? Le vĂ©ritable problĂšme de FC ou plutĂŽt le vĂ©ritable problĂšme que ça pose aux auditeurs, est bien lĂ : un paysage radiophonique qui bientĂŽt ne laissera plus le choix quâentre le divertissement dĂ©bile et lâobsession politique. La dĂ©faite de la culture est lĂ , jusque sur France Culture.
11 avril 2010 à 17:33
France Culture est-elle toujours une chaine culturelle ? A certaines heures, c’est indubitable. Mais entre 7h et 9h, malgrĂ© la dĂ©contraction que nous apporte Voinchet, tellement diffĂ©rent d’avec le style du prĂ©cĂ©dent radioteur de la tranche (nos oreilles saignent encore), malgrĂ© la proportion des sujets actu-politique et des sujets culturels (quelque chose comme 80/20 ?), on ne sort pas, finalement, dâun certain esprit actu et de lâidĂ©e dâune radio en temps rĂ©el. La façon dont FC a traitĂ© la disparition de Philippe SĂ©guin puis dâEric Rohmer en est un exemple. Et on peut se poser la question : l’hommage rendu par France Culture Ă Eric Rohmer sera-t-il finalement plus nourri et/ou mieux fait, que celui qu’elle a accordĂ© Ă Philippe SĂ©guin ? - Pour Rohmer, davantage de temps d’antenne, diront ceux qui croient qu’on peut calculer et mesurer sans tenir compte du sens des chiffres qu’on aligne dans des colonnes.Pour Rohmer, une plus grande variĂ©tĂ© dâĂ©missions, et Ă dĂ©faut dâune soirĂ©e esspĂ©ciale, un hommage Ă©talĂ© dans la durĂ©e. Câest mieux, non ? RĂ©ponse : mais si câest mieux. Auditeur content.En tous cas, hommage rendu avec une aussi bonne rĂ©activitĂ© : les matins, interrompus tout pareil, et l’invitĂ© mis sur la touche tout pareil. Ben justement : c’est lĂ que ça se gĂąte. Quelle est la prioritĂ©, sur FC ? Quand on a M. Amartya Sen dans le studio, c’est Ă dire une sommitĂ© mondiale, est-ce que c’est bien jouer le coup, que de liquider une partie de son temps d’antenne pour saluer le dĂ©part d’un cinĂ©aste, certes chĂ©ri par les intellos de la chaine (on n’en fera pas autant pour Zidi ou Lautner) mais enfin au plan des prioritĂ©s, il est permis de douter que le choix ait Ă©tĂ© bien judicieux. On veut bien croire que lâĂ©conomiste ne sâĂ©tait pas dĂ©placĂ© exprĂšs de Harvard, comme une semaine plus tĂŽt lâhistorien Darnton avait pas fait le presque mĂȘme voyage juste pour venir au micro de FC. NâempĂȘche que bazarder un entretien avec lâinvitĂ© dans lâunique crĂ©neau annuel quâon lui consacre, pour livrer Ă la place un hommage quâon pouvait faire aussi bien et peut-ĂȘtre mieux une heure plus tard (pourquoi ne pas squeezer plutĂŽt La fabrique de lâhistoire, au fait ?), quâest-ce que ça veut dire, sinon accorder le primat Ă lâimmĂ©diat au dĂ©triment de lâunique ? Car câest bien ça : des deux sujets mise n balance (lâinvitĂ© ou la nĂ©cro), le plus riche en information, le plus spĂ©cifique, câest dâavoir devant soi au micro Amartya Sen ou Robert Darnton. Donc il faut le dire clairement : on a sabrĂ© une occasion unique dâentendre Sen et Darnton, pour placer de lâarchive dâactu ou de la rĂ©action Ă chaud qui pouvait tout aussi bien passer une heure plus tard ou au journal de midi, et quâon trouvera de toutes façons en cours de matinĂ©e chez les concurrents. Quâon soit gourmand de politique ou de culture est finalement secondaire : câest bien le produit rare quâon a sacrifiĂ©, non pour un produit frais, mais pour celui dont on pensait quâil y avait un plus grand appĂ©tit. Cette programmation qui croit sâaligner sur une demande en dit long sur le sens des prioritĂ©s tel quâon le pratique Ă FC. Le problĂšme de cette station, câest peut-ĂȘtre quâun certain esprit “journaliste” a envahit la chaine. Cette derniĂšre formule nâa en soi rien d’offensant. C’est trĂšs bien le journalisme, sans journalisme il n’y aurait pas de dĂ©mocratie etc oui on sait tout ça. Non le problĂšme c’est le mĂ©lange des genres. A mĂ©langer la culture et le journalisme, on ne produit ni lâun ni lâautre : on produit de la bouillie radiophonique. De mĂȘme quâon se demande souvent au nom de quelle conception de la hiĂ©rarchie entre Ă©vĂ©nements se fait le sommaire du Journal de FC. Voir ce quâon en dit parfois dans le fil de discute consacrĂ© aux journaux de FC.Enfin pour ce qui est de la performance, aspect secondaire mais non nul, eh bien ça se discute. La disparition de Rohmer Ă©tait des deux la plus prĂ©visible sinon attendue (pour ceux qui ignorent : les nĂ©cros ça se prĂ©pare et ça se prĂ©voit, celle de Rohmer Ă 90 piges Ă©tait plus prĂ©visible que la mort cardiaque de SĂ©guin Ă 66 ans). Passons donc sur la performance dâune radio qui au fil des annĂ©es se la joue de plus en plus frĂ©quemment comme un numĂ©ro perso inspirĂ© de la sĂ©rie tĂ©lĂ© « Urgences ». En oubliant que la culture et la voltige ça fait deux.
11 avril 2010 à 17:51
Hello antibiok ca va ? Marrant de voir que les vieilles badernes de RFC recyclent leurs vieilles chansonnettes toutes usées ici !
11 avril 2010 à 20:07
Bonjour Camy. Rien ne change, oui. Les mois passent, voilĂ la nature en pleine renaissance, pourtant le feu de la critique dĂ©vore toujours autant la bouche de ces « auditeurs-critiques ». Une vraie dĂ©sillusion. Et croyez-le bien, câest dĂ©muni et sans espoir que je rĂ©ponds ici Ă leur premier secrĂ©taire, dont le billet de 16h27 mâest adressĂ©.
Salut Ă toi Nessie
Visiblement tu aimes asseoir tes phrases dans le confortable. AprĂšs les avoir rembourrĂ©es de mousse, les avoir cousues de fil blanc, tu ne rĂ©sistes pas une seconde, il faut te blottir contre elles en paradant le sommeil du juste. Quelle belle posture, si avantageuse. Dans ce tableau oĂč innocents et coupables ne font plus lâombre dâun doute, nous voilĂ identifiĂ©s, dĂ©signĂ©s, jugĂ©s, nous sommes le cauchemar de ta douce nuit. Alors le doigt en lâair, raidi de probitĂ©, tu annonces quâĂ traverser le mur de la bĂȘtise on risque la dĂ©sintĂ©gration. Tu fais les Ă©quipes ; dâun cĂŽtĂ© les bons, de lâautre les mauvais. A lâĂ©vidence tu es de ces cinĂ©astes qui Ă©crivent, rĂ©alisent, font lumiĂšre, dĂ©cors et casting. Une sorte dâhomme-orchestre avec feux de Bengale et lapins sauteurs. Quelque chose dâimprobable. Ătant nĂ©anmoins dans un bon jour, je veux bien pour cette fois me pencher sur ta fiction fantaisiste en espĂ©rant coller au rĂŽle dâĂ©gocentrique puĂ©ril que tu mâas donnĂ©. Et ma rĂ©plique sera la suivante : je ne relĂšve pas les inexactitudes quâon imprime sur mon compte, elles me protĂšgent.
Cher Alexis, excusez, sâil vous plaĂźt, le jeu de ces « auditeurs-critiques ». Ils sây Ă©puisent en un cache-cache auquel les auditeurs normaux se refusent de jouer, prĂ©fĂ©rant une focale moins grossissante. Ce qui nous incite Ă ne pas rejoindre lâenfance qui joue.
Merci de votre indulgence. Amitiés.
11 avril 2010 à 22:49
Monsieur Alexis Ipatovtsev,
ayant mieux Ă faire, je n’irai pas relever les messages qui me sont ci-dessus imputĂ©s et qui ne sont pas de moi.
Votre blog, que je viens de parcourir rapidement, est hĂ©las, je le crains, atteint de la maladie du blog de Jean Lebrun, une sorte de virus pĂ©nible Ă Ă©radiquer. Quelques connectĂ©s dĂ©sĆuvrĂ©s prĂ©lĂšvent sur un forum dĂ©diĂ© Ă la critique radio (Regards France Culture) des messages qu’ils copient ensuite sur vos blogs, tout en mĂ©langeant les signatures, afin de mieux brouiller les pistes. Nessie a bien dĂ©crit le procĂ©dĂ©, il est donc inutile d’y revenir si ce n’est pour confirmer que ces messages sont usurpĂ©s contre la volontĂ© de leurs auteurs . Il va de soi que le connectĂ© portant un nom de fromage au lait cru et ses acolytes sont Ă l’origine de ces manipulations risibles et infantiles.
Ces parasites s’ennuient ferme depuis que la pĂ©niche de Jean Lebrun s’est encalminĂ©e. Vous aurez donc Ă subir, en guise de dommage collatĂ©ral, la prĂ©sence de deux cas pathologiques comme le net en produit rarement. Ils n’auront rien Ă dire sur les sujets que vous proposez mais attiseront querelles et polĂ©miques stĂ©riles ad nauseam. En ce qui me concerne, ce sera ma premiĂšre et ma derniĂšre intervention ici. Mais si j’Ă©tais vous, Monsieur Ipatovtsev, j’ajouterais quelques verrous Ă votre porte, afin d’avoir la paix.
Vous souhaitant bon courage, car vous en aurez bien besoin,
Bien cordialement,
Agathe
12 avril 2010 à 1:13
Les « auditeurs-critiques » : secte ou folie douce ?
La critique est une religion sans espoir. Lâauditeur sây Ă©puise en sachant au fond de lui que son exercice nâest, aprĂšs tout, quâun numĂ©ro de chien savant sur une estrade peu solide. Bien sĂ»r, il se console en se persuadant quâil participe Ă quelque mystĂšre plus solide. Mais cet espoir vient de ce que tout homme rĂȘve de lâhomme quâil nâest pas. Ainsi, quand il Ă©crit, un auditeur-critique devient pareil Ă un paralytique endormi, rĂȘvant quâil marche. Colmatage dâune vie mangĂ©e de trous, quasiment vide ? Loisir ? Folie ? De son point de vue, une morale, une discipline construite et conduite selon les aptitudes dâun individu refusant lâimpĂ©ratif catĂ©gorique, oui, une dissidence â du moins le croit-il. Il lui arrive mĂȘme, Ă cet auditeur enflĂ© de dolĂ©ances, de ne plus percevoir les reproches, trop hypnotisĂ© par sa morale. Au reste, comment mentirait-il ? Par rapport Ă quoi ? A quelle fin ? A quel titre ? Câest pourquoi il prĂ©fĂšre sâentourer de forumeurs qui lui passent le moindre Ă©cart, et lâobservent dâun Ćil doux ; forumeurs chez lesquels la bontĂ©, les qualitĂ©s, les vertus, possĂšdent la violence quâon ne constate que dans les dĂ©fauts et les vices. Cette morale, qui prend forme, deviendra alors une insulte pour les autres. Elle ne convaincra que les adeptes. Elle ne rĂ©coltera ni Ă©lecteurs ni admirateurs. Elle ne se fera que des ennemis.
12 avril 2010 à 11:10
“En ce qui me concerne, ce sera ma premiĂšre et ma derniĂšre intervention ici.”
Si seulement ça pouvait ĂȘtre vrai !