ACCUEIL
en direct
programmes
l'information
les fictions
UNIVERS
émissions
dossiers
multimédia
actualité culturelle
agenda
médiathèque
WEBRADIOS Connaissance
Création
podcast
communication
blogs
forums
aide à l'écoute
fréquences
nous écrire

Tous les billets de la catégorie alimentation

Feed the world?

Afrique, alimentation, Art, GRANDE BRETAGNE 4 commentaires »
15 fév 2010

« Feed the world », célèbre refrain de la célèbre chanson « Do They Know It’s Christmas?” enregistrée par 3 générations de célébrités. En 1984, 1989 et 2004, la chanson fut numéro 1 du top40 britannique…Fin 1984, on apprend que la famine a frappé le peuple éthiopien. Le chanteur irlandais Bob Geldof  décide d’enregistrer une chanson pour recueillir de l’argent afin de nourrir les éthiopiens. Mais pourquoi, depuis plusieurs générations, ces types de campagnes sont-elles nécessaires pour « nourrir l’Afrique » ? L’Afrique a-t-elle vraiment besoin de ces stars du rock ?… ou au contraire, ces chanteurs ont-ils besoin de l’Afrique pour se façonner une image de bons samaritains ? J’ai telephoné à Nairobi, au Kenya, pour en discuter avec l’économiste James Shikwati :

« Si vous avez une famine et que vous devez sauver des personnes de cette famine, ou si vous avez un tremblement de terre ou même une inondation, et que tout ce que vous faites c’est d’apporter des biscuits français ou d’autres choses du même genre… vous savez, il faut bien penser que, dans une perspective longue, cette aide va tout simplement détruire l’agriculture locale et le savoir-faire local ! Car tout ce qu’elles vont faire c’est attendre les nouvelles livraisons de biscuits français. Il faudrait vraiment repenser comment aider les gens dans de telles situations. »

Mais vous n’êtes pas opposé à l’aide humanitaire d’urgence ?

« Si quelqu’un est emprisonné dans des décombres, une véritable aide consisterait à l’en sortir. Mais si l’aide consiste à maintenir des personnes dans les décombres, ce n’est pas une aide ! Donc, oui, dans les situations d’urgences, sortons les gens des décombres, mais dans les situations où les gens sont prisonniers de la pauvreté, la meilleure solution est de leur donner des moyens de sortir de cette pauvreté. Regardez : qu’est-ce qui les maintienne dans la pauvreté ? En Afrique, nous sommes concentrés uniquement sur la production de matières premières…»

Il faut donc libéraliser davantage les marchés ?

« Beaucoup d’économies africaines essayent de s’orienter sur les exportations vers l’Europe ou les Etats-Unis… et ils ignorent les marchés locaux. Mais ils se battent contre les murs du protectionnisme économique européen ou américain ! Donc, les africains s’occupent de la production de très bas niveau, et tout ce qui est Technique, Technologie, Recherche et Développement se fait en Europe. »

Double étrangeté, donc. Des marchés mondiaux fermés, et des marchés locaux non exploités. Et si l’on essayait d’augmenter les investissements ? La corruption constituerait-elle un frein à cet égard ?

« Souvent, dans les medias occidentaux, vous lisez que les africains sont des gens très corrompus. Et en même temps on s’apitoie sur le fait que les africains vivent avec moins d’un dollar par jour. Dommage que ceux qui lisent ces nouvelles ne se posent pas une simple question : d’où viens l’argent volé ? En fait, c’est l’argent de donateurs. C’est le produit d’interactions entre les intérêts des donateurs et les élites politiques et intellectuelles  africaines. Le résultat est que vous avez un club de gens qui prennent un pourcentage sur l’aide… Et dans les medias, on parle d’un « continent corrompu ». »

Encore une fois, c’est l’aide qui perverti les comportements. Mais alors quelle est la solution ?

« Si on pouvait se retrouver dans une situation où les gouvernements africains étaient soutenus par les contributeurs africains eux-mêmes, alors ces dirigeants se sentiraient plus responsables face à leurs électeurs. Mais la situation est différente. Ils sont concentrés sur les relations avec les donateurs parce qu’ils savent que ce sont eux qui vont financer les autoroutes, et tout le reste… Et ils ignorent leurs propres citoyens. Donc, l’aide internationale détruit également les piliers de la démocratie.»

Selon James Shikwati, cette philosophie du « nourrir le monde » pousse les gens encore plus dans les décombres au lieu de les en sortir.

Les africains sont-ils condamnés à vivre éternellement dans la pauvreté ? Pour le savoir, il faudrait donc davantage se pencher sur une autre question - moins émotionnelle mais tout aussi importante -, celle de la création d’emplois… un sujet moins vendeur, sans doute, que « feed the world »…

La défaite internationale devant le plastique

Asie, alimentation, pollution, Etats-Unis, GRANDE BRETAGNE, video, voyage 1 commentaire »
1 fév 2010



L’atoll de Midway, le paradis pour les albatros - les principaux habitants de ce morceau de terre de 6 kilomètres carrés, l’un des atolls les plus éloignés des terres situé à plus de 2000 miles marins du continent le plus proche ! Les oiseaux sont inquiets, ils sentent l’approche des bombardiers. Nous sommes en 1942, sur le lieu même de la célèbre bataille de Midway, bataille qui marqua un tournant dans la guerre du Pacifique. Le site de la BBC World News America nous montre la vie des albatros sur l’atoll 66 ans après.

« Je suis sur l’atoll de Midway, au milieu du Pacifique, on ne peut pas imaginer un lieu plus éloigné de la terre ferme que celui-ci. Mais c’est là qu’arrivent les vagues de déchets emportées par les courants océaniques. Des sacs plastiques, des bouteilles, des chaussures, et même des ordinateurs ! Tous les jours, ces morceaux de déchets se retrouvent sur les plages et c’est dramatique, car Midway est l’habitat de la plus grande population d’albatros !  Et les parents nourrissent leurs petits avec… du plastique ! »

Les albatros meurent après avoir ingéré des dizaines d’objets en plastiques. Mais qui est responsable ? Peut-être la Chine ? Le correspondant local de la BBC témoigne :

« Ce pays produit chaque année des milliards de sacs en plastique de piètre qualité. Ceci n’est pas surprenant car si vous allez dans n’importe quel commerce du coin en Chine pour acheter, disons, un chewing-gum, le propriétaire va vous l’emballer dans plusieurs sacs plastique ! La Chine est littéralement assiégée par les déchets plastiques ! Le pays fabrique la plupart des produits importés dans le monde, mais il est également le pays qui doit faire face au volume mondial de déchets le plus importants. Nous sommes en 2008. La Chine voudrait bien se donner l’image d’un pays propre. Par conséquent, depuis le 1 juin 2008, si vous allez dans un commerce chinois, les propriétaires sont obligés de vous vendre les sacs en plastique. »

La Chine a envie de changer ses habitudes. Au moins à l’occasion des grandes manifestations internationales. Et leurs voisins indiens ?

« Il n y a pas si longtemps, le gouvernement de l’Inde a commencé à encourager les entrepreneurs à produire les sacs en plastiques localement au lieu de les importer. Aujourd’hui, cette mesure s’est retournée contre les Indiens. Il y a 3 ans, les inondations massives ont complètement paralysé la capitale économique du pays, Bombay, ainsi que les zones alentour. Cela a fait des milliers de morts ! Le responsable de cette tragédie était le sac en plastique ! Au moins partiellement. Les sacs ont simplement bouché les canalisations, empêchant l’eau de s’évacuer. Aujourd’hui le sac en plastique est interdit à Bombay, mais ailleurs il est toujours aussi répandu et aussi dangereux. »

En remontant un autre courant océanique, on arrive… aux Etats-Unis !

« Ici on les appelle les tumbleweed urbaines tellement il y en a partout ! D’après les estimations les plus modestes, les Etats-Unis utilisent 380 milliards de sacs plastique chaque année. Aujourd’hui, l’Amérique en est submergée. Seule une petite partie est recyclée, la plus grande est tout simplement jetée. Ensuite, quand il pleut, les sacs se retrouvent dans les rivières puis, dans la mer. Sur les plages de Santa Monica on les voit souvent, déchiquetés, tellement déchiquetés qu’on ne les remarque même pas. Mais ils sont partout ! La ville de Santa Monica a déjà interdit le polystyrène extrudé, et réfléchit aujourd’hui à la façon de gérer ce problème. Mais la ville de San Francisco vient juste d’interdire les sacs en plastique. Cela signifie que le nombre de sacs se retrouvant dans la mer ne cesse de croitre. »

Et ils  voyagent, comme les autres objets en plastique de plusieurs continents, vers l’atoll de Midway où se trouve l’auteur de ce formidable petit documentaire : Davis Shukman.

« Ici, les gens travaillent quotidiennement pour préserver la nature, essayer d’aider les 2 millions d’albatros qui vivent là. Tous les jours, ils doivent se battre contre « les vagues de plastique ». Mais dès qu’ils nettoient une partie de la côte, elle est de nouveau polluée par les déchets plastiques au bout d’une semaine. »

L’atoll - symbole de la victoire alliée en 1942 - est aujourd’hui un symbole de la défaite internationale devant le plastique.

Le verbe de Monsieur Onischenko

medias, Bielorussie, frontière, alimentation, humour, Georgie, video, Russie, Etats-Unis, europe 0 commentaire »
22 jan 2010


Le chef des services sanitaires de la Russie, Guennadi Onischenko est la cible favorite des humoristes. Il est présenté dans ce clip comme un superman, capable de protéger le pays de toutes les épidémies.  Pour monsieur Onishenko, celles-ci proviennent toujours de l’étranger. Le lait biélorusse est de piètre qualité et les eaux minérales de Géorgie sont dangereuses pour la santé. Lors des conflits avec ses voisins, c’est l’épidémiologiste qui devient le chef de guerre. Mais récemment, on ressent comme un dégel dans les relations entre la Russie et le vaste monde hostile. Ce n’est pas grave, il y aura toujours des ennemis. En voici un : le tabac.

« Voici les données de l’Organisation Mondiale de la Santé pour l’année 2008. L’étendue globale de l’épidémie de tabagisme représente 100 millions de morts au cours du XXème siècle. Pour le XXIème, elle sera responsable de plus d’un milliard de victimes !  Et voici les pertes financières liées au tabagisme… Pour les Etats-Unis : 71 milliards, L’Allemagne : 7 milliards, l’Autriche : 1 milliard. Quels sont les pays dans lesquels on fume le plus ? Malheureusement nous sommes parmi eux. C’est l’Angleterre, la France, les Etats-Unis et la Russie. Mais si l’on compte les « années de vie active perdues » (c’est à dire celles passées sous perfusion dans un lit d’hôpital alors que vous pourriez vous occuper à augmenter le PIB de votre pays - bon je suis un peu cynique là), ces « années de vie perdues »  font perdre à l’Allemagne 12% de son PIB, aux Etats-Unis 13,3%, et  à la Russie 13, 6% ! »

Guennadi Onischenko fait le bilan de l’année 2009  sur les ondes de la « Radio Ekho Moskvy ».

« Je crois que l’une des réalisations majeures de l’année passée est la ratification par la Russie de la convention-cadre antitabac. Bon, vous comprenez, c’est comme les slogans du Parti Communiste pour le 1er mai… Cela n’oblige à rien en réalité… Mais malgré tout, ca nous a pris 3 ans pour la signer ! On l’a signée avec les 10 autres outsiders, avec les pays très en retard dans cette lutte… tellement en retard qu’ils n’ont même pas entendu parler de cette convention ! »

Mais pourquoi diable dans un pays où l’opposition n’a presque pas voix au chapitre, le responsable sanitaire en chef n’arrive-t-il pas à faire passer une loi ?

« La Russie produit aujourd’hui plus de 400 milliards de cigarettes. Cela correspond à 2911 cigarette par personne, du petit bébé jusqu’au vieillard !

La gamme de cigarettes à bas prix représente 40% du marché.Ca veut dire quoi ? J’ai 10 roubles que ma maman m’a donné pour acheter un déjeuner à l’école, et moi je les dépense pour des cigarettes ! Mais si le prix d’un paquet s’élevait à 30 ou 40 roubles, je ne pourrais pas le faire. Mais malgré cet état de fait, on n’arrive pas à convaincre le Ministère des finances de fixer des barrières à la vente de cigarettes ! Parce que dans ses oreilles souffle la mafia légale du tabac ! »

« La mafia légale », voici une nouveauté juridique russe. En l’absence d’ennemi extérieur, il y a toujours des ennemis invisibles à l’intérieur du pays…

Et qu’en est-il de l’alcool ? Un russe boit 18 litres d’alcool pur par an. Qui est responsable ? Vous n’allez pas le  croire… c’est le cinéma !

« Il y a un terme : la « publicité déguisée ». Les américains l’ont légalement interdite! Vous ne trouverez aucun film américain dans lequel le héro principal fume, bois ou dans lequel il aurait d’autres mauvaises habitudes. C’est un facteur majeur qui a une influence sur la télévision et sur la jeunesse américaine ! Or, chez nous, prenez nos séries tv - de bonnes séries -, le personnage principal prend un verre toutes les 7 à 8 minutes. Je l’ai compté moi-même ! C’est une condition imposée par la compagnie qui a sponsorisé la série. On m’a dit, je ne sais pas si c’est vrai, que c’est une compagnie ukrainienne qui produit l’alcool. Elle a posé une seule condition : les héros principaux doivent boire ! »

Les ennemis de la santé publique russe sont partout et ils sont de plus en plus difficiles à démasquer. Mais la Russie a une arme de destruction massive, le verbe de Monsieur Onischenko…

Meat free monday

GIEC, IPCC, CO2, alimentation, cuisine, Climat, Royaume Uni, musique 1 commentaire »
12 jan 2010



Dernière chanson de Paul McCartney «Lundi sans viande ». A travers cette chanson, Sir Paul lance une campagne pour combattre le réchauffement climatique. Mais quel rapport me direz-vous, entre la viande et le climat ? Eh bien, les chiffres de l’ONU montrent que la production de viande est responsable de 18% des émissions globales de gaz à effet de serre. Cette campagne n’est pas le caprice d’un vieux baba cool. Ivo de Boer et Rajendra Pachauri du GIEC, et même Lord Stern, auteur du célèbre « Rapport  sur l’économie du changement climatique », ont tous soutenu cette initiative ! Dans le rapport Stern, on ne parlait pas encore d’une « journée sans viande », mais on proposait un autre chose :  établir un véritable prix du CO2. L’un des auteurs du rapport est Dimitri Zenghelis. Par quel mécanisme proposiez-vous d’établir le prix ?

« On ne peut pas dire de façon catégorique quelle est la meilleure solution, mais on a néanmoins tendance à privilégier le système boursier. Car cela élimine le risque de dépassement du seuil des émissions de carbone, mais aussi parce que c’est beaucoup plus simple à appliquer sur le plan international - pas besoin d’harmoniser les taxes. Vous établissez le marché d’échanges et ensuite vous laissez le secteur privé déterminer où les émissions peuvent être réduites de la façon la plus profitable. »

Donc vous voulez organiser une finance du carbone, semblable à toutes les autres finances connues?

« Absolument ! On verra également toutes sortes d’instruments financiers comme les contrats dérivés et autres. Il faudra les utiliser et les réguler avec précaution bien sûr! »

Et alors, qui sait, peut-être que nous nous assisterons à l’éclatement d’une “bulle carbone”…

Il y a déjà un système d’échange au niveau européen. Comment fonctionne-t-il?

« On commence par définir le plafond européen. Ensuite, on alloue les permis d’émettre du CO2 aux états. Puis chaque gouvernement national distribue des quotas pour les diverses industries émettrices : l’acier, la  production d’électricité etc. Chaque branche peut donc émettre un certain volume de carbone gratuitement, mais si on veut dépasser ce volume, on a la possibilité d’acheter un crédit supplémentaire de CO2 au prix du marché. »

Le marché du carbone de l’Union Européenne couvre plus de 11000 installations, mais cela couvre seulement la moitié des émissions de CO2 des pays membres.

Comment procéder avec les autres pays du monde?

« Si vous tenez compte de l’existence de marché semblable dans plusieurs états des Etats-Unis, ou en Australie par exemple, vous pouvez commencer à combiner et unifier ces marchés. Et finalement, on obtiendrait un très grand marché global. Avec une particularité : au début, les plafonds d’émissions seraient appliqués uniquement aux pays riches. Une fois ce but atteint, on pourrait élargir le nombre de pays assujettis au plafonnement à la Chine et au Brésil et puis l’étendre à tous les pays du monde, même les plus pauvres »

Est ce que vous avez une idée de ce que serait le juste prix d’une tonne de CO2 ? Et comment le calculer sans faire appel à la bourse ?

« Le prix du carbone acceptable est celui qui permet de garantir la réduction du risque de changement climatique pour un coût non excessif. C’est possible si vous appliquez ce prix à tous les secteurs émetteurs, pas seulement énergétiques, mais aussi aux secteurs productifs en général, en incluant l’utilisation des forêts et des terres. Et si vous l’appliquez également  à tous les pays du monde. Eh bien, dans ce cas, le prix ne serait pas exorbitant - aux alentours de 30 à 40  euros par tonne. Et ces chiffres pourraient croitre d’environ 2% par an. »

Pouvez-vous nous donner un exemple ? Combien couterait l’essence par exemple ?

« Avec un prix de 30 euros par tonne de carbone, cela n’aura une très grande influence. Disons… que…ce serait de l’ordre de  moins de 10% ! Beaucoup moins que les fluctuations des prix à la pompe qu’on connaît habituellement ! Aux Etats-Unis, par exemple, le prix grimperait de 30 à 40 cents pour un gallon seulement, tandis que récemment le prix à la pompe est passé de 2 a 4 dollars ! »

Et qu’en serait-il des vaches ? Combien couterait la viande ?…

Nous n’avons pas le temps de le calculer mais une chose est sûre, l’augmentation ne concernerait pas Paul McCartney puisqu’il est… végétarien depuis plusieurs décennies!

Les frontieres alimentaires chez Pasi et Rita

Royaume Uni, cuisine, alimentation, frontière, capitalisme, Portugal, Finlande, voyage 0 commentaire »
17 oct 2009

 © ai

Bienvenue chez Pasi et Rita, un couple finno-portugais installé à Londres.  Il est 18h00 et selon la tradition finlandaise, Pasi nous prépare le diner. Au menu : poisson et galettes de haricots rouges, une recette brésilienne.

 © ai

La cuisine exotique est à la mode chez vous, Pasi ?

« Oui. La cuisine « globale » est arrivée dans les villes finlandaises. Parmi mes amis, certains optent pour le végétarisme, d’autres sont fans de la cuisine indienne ou même orientale. Les gens choisissent librement la zone géographique qui les intéresse. Pour certains ce sera  l’Italie, pour d’autres autres pour la France… »

 © ai

S’intéresser aux recettes exotiques - et à la cuisine tout court - ne va pas de soi dans la famille de Pasi :

« J’ai été élevé dans une famille où toute la nourriture provenait de boites de conserves. Ma situation est probablement assez extrême mais elle symbolise toute une tradition nord-européenne pour laquelle manger est devenu une activité utile, obligatoire, bien plus qu’un plaisir ou même un moment privilégié pour se retrouver en famille. »

 © ai

Rita, comme Pasi, est une enfant des années 1970. Mais sa tradition culinaire est tout à fait différente :

 © ai

« Quand vous voyez vos parents cuisiner depuis votre plus jeune âge, que vous avez l’habitude de voir la transformation d’un morceau de viande ou d’un poisson, avec ses yeux, sa queue… vous n’avez pas peur des ingrédients ! Vous n’avez pas peur de cuisiner contrairement aux gens qui habitent ici, à Londres, et qui s’écrient : « oh mon dieu, c’est un poisson vivant !!! ». Vous apprenez les bases : comment couper les oignons, les faire revenir, comment saler la préparation etc.»

 © ai

Pasi regarde son livre de recettes pour terminer la préparation de son plat brésilien pendant que Rita me parle des frontières alimentaires entre le Portugal et la Finlande :

« Pour nous, le vin, c’est tout à fait naturel. Pour eux, c’est plutôt la vodka ou la « koskenkorva » ou encore un autre alcool fort. Pour eux, le vin, c’est cher, c’est français, c’est « ou-la-la ! »,  bref, c’est chic ! »

 © ai

Et pendant que Rita me sert un verre de bon vin blanc portugais, elle continue à pointer les différences :

« Le petit déjeuner finlandais traditionnel, c’est une bouillie avec des fruits par-dessus et du café. Pour nous, une bouillie, ce n’est pas possible! C’est de la nourriture pour les enfants ! Comme si quelqu’un l’avais déjà prémâché pour vous ! Beurk ! Pour le petit déjeuner portugais c’est terriblement simple : juste du café, un morceau de pain avec du beurre. C’est tout ! »

Et comment on déjeune, Rita ?

« Ici, en Angleterre, vous voyez partout les gens debout avec leurs sandwichs pendant la pause déjeuner. Au Portugal, vous êtes assise devant une assiette ! Peut être une petite assiette, mais une assiette quand même ! Devant  un plat chaud, une soupe, par exemple. Et les gens prennent une heure et demie voire 2 heures pour manger. Pasi m’a appris qu’en Finlande, on apporte sa nourriture au bureau. Je trouve ça complètement dingue ! Mais, en même temps, quand on pense que dehors, il peut y avoir du blizzard, ça paraît moins étrange !

 © ai

Au Portugal et en Finlande, le déjeuner se termine par un café, mais là encore on trouve une nouvelle frontière. Pasi :

« Un déjeuner finlandais se termine avec au moins 20 cl de café-filtre. Le café portugais, c’est dans une tasse à café pour Mickey Mouse ! »

Pasi et Rita vont se marier l’année prochaine. Bien malin qui pourra dire quel sera le menu…