La défaite internationale devant le plastique
Asie, alimentation, pollution, Etats-Unis, GRANDE BRETAGNE, video, voyage 1 commentaire »1 fĂ©v 2010
L’atoll de Midway, le paradis pour les albatros - les principaux habitants de ce morceau de terre de 6 kilomètres carrĂ©s, l’un des atolls les plus Ă©loignĂ©s des terres situĂ© Ă plus de 2000 miles marins du continent le plus proche ! Les oiseaux sont inquiets, ils sentent l’approche des bombardiers. Nous sommes en 1942, sur le lieu mĂŞme de la cĂ©lèbre bataille de Midway, bataille qui marqua un tournant dans la guerre du Pacifique. Le site de la BBC World News America nous montre la vie des albatros sur l’atoll 66 ans après.
« Je suis sur l’atoll de Midway, au milieu du Pacifique, on ne peut pas imaginer un lieu plus Ă©loignĂ© de la terre ferme que celui-ci. Mais c’est lĂ qu’arrivent les vagues de dĂ©chets emportĂ©es par les courants ocĂ©aniques. Des sacs plastiques, des bouteilles, des chaussures, et mĂŞme des ordinateurs ! Tous les jours, ces morceaux de dĂ©chets se retrouvent sur les plages et c’est dramatique, car Midway est l’habitat de la plus grande population d’albatros ! Et les parents nourrissent leurs petits avec… du plastique ! »
Les albatros meurent après avoir ingĂ©rĂ© des dizaines d’objets en plastiques. Mais qui est responsable ? Peut-ĂŞtre la Chine ? Le correspondant local de la BBC tĂ©moigne :
« Ce pays produit chaque annĂ©e des milliards de sacs en plastique de piètre qualitĂ©. Ceci n’est pas surprenant car si vous allez dans n’importe quel commerce du coin en Chine pour acheter, disons, un chewing-gum, le propriĂ©taire va vous l’emballer dans plusieurs sacs plastique ! La Chine est littĂ©ralement assiĂ©gĂ©e par les dĂ©chets plastiques ! Le pays fabrique la plupart des produits importĂ©s dans le monde, mais il est Ă©galement le pays qui doit faire face au volume mondial de dĂ©chets le plus importants. Nous sommes en 2008. La Chine voudrait bien se donner l’image d’un pays propre. Par consĂ©quent, depuis le 1 juin 2008, si vous allez dans un commerce chinois, les propriĂ©taires sont obligĂ©s de vous vendre les sacs en plastique. »
La Chine a envie de changer ses habitudes. Au moins Ă l’occasion des grandes manifestations internationales. Et leurs voisins indiens ?
« Il n y a pas si longtemps, le gouvernement de l’Inde a commencĂ© Ă encourager les entrepreneurs Ă produire les sacs en plastiques localement au lieu de les importer. Aujourd’hui, cette mesure s’est retournĂ©e contre les Indiens. Il y a 3 ans, les inondations massives ont complètement paralysĂ© la capitale Ă©conomique du pays, Bombay, ainsi que les zones alentour. Cela a fait des milliers de morts ! Le responsable de cette tragĂ©die Ă©tait le sac en plastique ! Au moins partiellement. Les sacs ont simplement bouchĂ© les canalisations, empĂŞchant l’eau de s’Ă©vacuer. Aujourd’hui le sac en plastique est interdit Ă Bombay, mais ailleurs il est toujours aussi rĂ©pandu et aussi dangereux. »
En remontant un autre courant ocĂ©anique, on arrive… aux Etats-Unis !
« Ici on les appelle les tumbleweed urbaines tellement il y en a partout ! D’après les estimations les plus modestes, les Etats-Unis utilisent 380 milliards de sacs plastique chaque annĂ©e. Aujourd’hui, l’AmĂ©rique en est submergĂ©e. Seule une petite partie est recyclĂ©e, la plus grande est tout simplement jetĂ©e. Ensuite, quand il pleut, les sacs se retrouvent dans les rivières puis, dans la mer. Sur les plages de Santa Monica on les voit souvent, dĂ©chiquetĂ©s, tellement dĂ©chiquetĂ©s qu’on ne les remarque mĂŞme pas. Mais ils sont partout ! La ville de Santa Monica a dĂ©jĂ interdit le polystyrène extrudĂ©, et rĂ©flĂ©chit aujourd’hui Ă la façon de gĂ©rer ce problème. Mais la ville de San Francisco vient juste d’interdire les sacs en plastique. Cela signifie que le nombre de sacs se retrouvant dans la mer ne cesse de croitre. »
Et ils voyagent, comme les autres objets en plastique de plusieurs continents, vers l’atoll de Midway oĂą se trouve l’auteur de ce formidable petit documentaire : Davis Shukman.
« Ici, les gens travaillent quotidiennement pour prĂ©server la nature, essayer d’aider les 2 millions d’albatros qui vivent lĂ . Tous les jours, ils doivent se battre contre « les vagues de plastique ». Mais dès qu’ils nettoient une partie de la cĂ´te, elle est de nouveau polluĂ©e par les dĂ©chets plastiques au bout d’une semaine. »
L’atoll - symbole de la victoire alliĂ©e en 1942 - est aujourd’hui un symbole de la dĂ©faite internationale devant le plastique.



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