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Tous les billets de la catégorie Asie

La défaite internationale devant le plastique

Asie, alimentation, pollution, Etats-Unis, GRANDE BRETAGNE, video, voyage 1 commentaire »
1 fév 2010



L’atoll de Midway, le paradis pour les albatros - les principaux habitants de ce morceau de terre de 6 kilomètres carrĂ©s, l’un des atolls les plus Ă©loignĂ©s des terres situĂ© Ă  plus de 2000 miles marins du continent le plus proche ! Les oiseaux sont inquiets, ils sentent l’approche des bombardiers. Nous sommes en 1942, sur le lieu mĂŞme de la cĂ©lèbre bataille de Midway, bataille qui marqua un tournant dans la guerre du Pacifique. Le site de la BBC World News America nous montre la vie des albatros sur l’atoll 66 ans après.

« Je suis sur l’atoll de Midway, au milieu du Pacifique, on ne peut pas imaginer un lieu plus Ă©loignĂ© de la terre ferme que celui-ci. Mais c’est lĂ  qu’arrivent les vagues de dĂ©chets emportĂ©es par les courants ocĂ©aniques. Des sacs plastiques, des bouteilles, des chaussures, et mĂŞme des ordinateurs ! Tous les jours, ces morceaux de dĂ©chets se retrouvent sur les plages et c’est dramatique, car Midway est l’habitat de la plus grande population d’albatros !  Et les parents nourrissent leurs petits avec… du plastique ! »

Les albatros meurent après avoir ingĂ©rĂ© des dizaines d’objets en plastiques. Mais qui est responsable ? Peut-ĂŞtre la Chine ? Le correspondant local de la BBC tĂ©moigne :

« Ce pays produit chaque annĂ©e des milliards de sacs en plastique de piètre qualitĂ©. Ceci n’est pas surprenant car si vous allez dans n’importe quel commerce du coin en Chine pour acheter, disons, un chewing-gum, le propriĂ©taire va vous l’emballer dans plusieurs sacs plastique ! La Chine est littĂ©ralement assiĂ©gĂ©e par les dĂ©chets plastiques ! Le pays fabrique la plupart des produits importĂ©s dans le monde, mais il est Ă©galement le pays qui doit faire face au volume mondial de dĂ©chets le plus importants. Nous sommes en 2008. La Chine voudrait bien se donner l’image d’un pays propre. Par consĂ©quent, depuis le 1 juin 2008, si vous allez dans un commerce chinois, les propriĂ©taires sont obligĂ©s de vous vendre les sacs en plastique. »

La Chine a envie de changer ses habitudes. Au moins Ă  l’occasion des grandes manifestations internationales. Et leurs voisins indiens ?

« Il n y a pas si longtemps, le gouvernement de l’Inde a commencĂ© Ă  encourager les entrepreneurs Ă  produire les sacs en plastiques localement au lieu de les importer. Aujourd’hui, cette mesure s’est retournĂ©e contre les Indiens. Il y a 3 ans, les inondations massives ont complètement paralysĂ© la capitale Ă©conomique du pays, Bombay, ainsi que les zones alentour. Cela a fait des milliers de morts ! Le responsable de cette tragĂ©die Ă©tait le sac en plastique ! Au moins partiellement. Les sacs ont simplement bouchĂ© les canalisations, empĂŞchant l’eau de s’Ă©vacuer. Aujourd’hui le sac en plastique est interdit Ă  Bombay, mais ailleurs il est toujours aussi rĂ©pandu et aussi dangereux. »

En remontant un autre courant ocĂ©anique, on arrive… aux Etats-Unis !

« Ici on les appelle les tumbleweed urbaines tellement il y en a partout ! D’après les estimations les plus modestes, les Etats-Unis utilisent 380 milliards de sacs plastique chaque annĂ©e. Aujourd’hui, l’AmĂ©rique en est submergĂ©e. Seule une petite partie est recyclĂ©e, la plus grande est tout simplement jetĂ©e. Ensuite, quand il pleut, les sacs se retrouvent dans les rivières puis, dans la mer. Sur les plages de Santa Monica on les voit souvent, dĂ©chiquetĂ©s, tellement dĂ©chiquetĂ©s qu’on ne les remarque mĂŞme pas. Mais ils sont partout ! La ville de Santa Monica a dĂ©jĂ  interdit le polystyrène extrudĂ©, et rĂ©flĂ©chit aujourd’hui Ă  la façon de gĂ©rer ce problème. Mais la ville de San Francisco vient juste d’interdire les sacs en plastique. Cela signifie que le nombre de sacs se retrouvant dans la mer ne cesse de croitre. »

Et ils  voyagent, comme les autres objets en plastique de plusieurs continents, vers l’atoll de Midway oĂą se trouve l’auteur de ce formidable petit documentaire : Davis Shukman.

« Ici, les gens travaillent quotidiennement pour prĂ©server la nature, essayer d’aider les 2 millions d’albatros qui vivent lĂ . Tous les jours, ils doivent se battre contre « les vagues de plastique ». Mais dès qu’ils nettoient une partie de la cĂ´te, elle est de nouveau polluĂ©e par les dĂ©chets plastiques au bout d’une semaine. »

L’atoll - symbole de la victoire alliĂ©e en 1942 - est aujourd’hui un symbole de la dĂ©faite internationale devant le plastique.

Le pacte de Varsovie postsoviétique

AzerbaĂŻdjan, ArmĂ©nie, Asie, armĂ©e, frontière, Bielorussie, islam, Russie, URSS, Georgie, medvedev 2 commentaires »
22 nov 2009

 © ai

Après la chute de l’URSS, l’ArmĂ©e soviĂ©tique est dĂ©mantelĂ©e  et  les anciennes rĂ©publiques socialistes devenues des Ă©tats indĂ©pendants acquièrent leurs propres forces armĂ©es. Mais, jusqu’au milieu des annĂ©es 90, il reste  encore des troupes  de l’ armĂ©e soviĂ©tique stationnĂ©es en dehors des frontières  de l’ex- URSS ainsi que des bases militaires au sein mĂŞme du territoire de l’ancienne Union soviĂ©tique . Il faut gĂ©rer cet hĂ©ritage et, en 1992, six pays de l’ex-URSS signent le TraitĂ© de SĂ©curitĂ© Collective renouvelable tous les 5 ans. Certaines  anciennes rĂ©publiques soviĂ©tiques le rejoignent, d’autres le quittent, et, pendant 10 ans se pose la question de l’avenir de ce traitĂ©. Finalement, en 2002, Ă  l’occasion des rĂ©formes de la CommunautĂ© des Ă©tats indĂ©pendants, qui gère l’hĂ©ritage Ă©conomique soviĂ©tique, est créée L’Organisation du traitĂ© de sĂ©curitĂ© collective. Elle regroupe aujourd’hui la Russie, la BiĂ©lorussie, l’ArmĂ©nie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’OuzbĂ©kistan. Dans quel but ? Explication de la gouvernement kirghize:

« L’armée pakistanaise repousse les talibans vers les frontières afghanes. Là-bas les terroristes vont avoir du mal à se cacher des troupes américaines et de leur aviation.  Il est donc très probable qu’ils s’enfuient vers le Tadjikistan. Quelques milliers des terroristes armés vont traverser le pays, car il est impossible de bloquer tous les pistes situées dans les montagnes. Ça veut dire qu’il existe une menace réelle que ces terroristes se retrouvent ensuite dans le sud du Kirghizstan. »

Les kirghizes ne cesse de répéter qu’il y a 10 ans le pays a subi l’incursion des islamistes, et  que l’Armée régulière n’y était pas préparée. Résultat – les islamistes ont terrorisé le pays pendant des mois. Il  faut donc créer des forces spéciales susceptibles d’agir simultanément à partir de plusieurs pays de cette région. Et c’est fait ! En 2009 l’Organisation se dote finalement de forces armées collectives. En octobre 15000 hommes des ces Forces Collectives ont fait leur premier exercice militaire au Kazakhstan en présence de 5 présidents. Pourquoi 5 seulement et pas 7 ? Parce que l’entente entre les ex- membres de l’Union soviétique est loin d’être cordiale. Le président biélorusse Alexandre Loukachenko, par exemple, faisait la tête depuis que les russes ont introduit des mesures protectionnistes concernant les importations des produits laitiers biélorusses ! Il n’était même pas présent lors de  la signature officielle du traité instituant les Forces Collectives! Pas très amical comme geste, selon le président russe Dimitri Medvedev :

« Dans ce genre de situation il faudrait se comporter comme de vrai partenaire. Ça veut dire quoi ? le mieux aurait été  de décrocher son téléphone et passer au moins un coup de fil ! Mais tel n’a pas été le cas ! Alexandre Grigorievitch Loukachenko ne m’a pas téléphoné. Il ne m’a pas prévenu qu’il ne viendra pas ! »

On comprend l’embarras de monsieur Medvedev… Surtout que selon l’article 14 du traité instituant l’OTSC toutes les décisions doivent être prises par consensus ! Les exercices militaires en Kazakhstan sous la bannière de l’OTSC n’étaient donc pas, formellement légitimes ! Ce que ne manquent pas souligner les biélorusses. Mais il y a d’autres problèmes de fond selon le rédacteur de la radio Echo de Moscou Sergei Bountman :

« L’organisation du traité de sécurité collective se voyait un peu comme le pacte de Varsovie postsoviétique, comme un réponse à l’OTAN. Le problème de l’OTSC, comme, d’ailleurs de toute autre organisation crée par la Russie dans l’espace postsoviétique, est sa volonté de dominer les autres membres de l’organisation. La Russie pensait pouvoir  leur dicter ses propres conditions. Et cela sans aucune contre-partie . Mais les années 2000 nous ont montré que ni ces fous de géorgiens, ni ces cosaques d’ ukrainiens, ni ces mystérieux azéris ne sont prêts à se soumettre à la Russie. Tout le monde a commencé à facturer à Moscou  la solidarité militaire. »

MĂŞme des alliĂ©s comme le Kirghizstan. Ça a coutĂ© très cher d’essayer de faire partir  les amĂ©ricains de leur base aĂ©rienne kirghizes, il en est de mĂŞme pour la  rĂ©activation d’une station-radar russe : 2 milliards de dollars de crĂ©dits, 150 millions de dollars d’ aide et l’annulation de 180 millions de dollars de dettes kirghizes ! Mais mĂŞme avec des sommes astronomiques les russes n’arrivent pas pour l’instant a acheter la reconnaissance de l’indĂ©pendance de l’OssĂ©tie du Sud!Et puis, pour certains pays, l’argent n’est pas l’essentiel:

« Bien sur l’ArmĂ©nie Ă  besoin d’argent. Mais surtout elle a besoin d’une position claire de l’OTSC sur le conflit dans le Haut Karabakh.  Et Erevan a rĂ©ussi Ă  obtenir du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Organisation des dĂ©clarations beaucoup moins consensuelles que les habituelles affirmations sur la nĂ©cessitĂ© du règlement pacifique de tout conflit. Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral a rĂ©cemment dĂ©clarĂ© que quand il s’agit de la guerre, l’OTSC agit selon le principe de solidaritĂ© - l’agression contre l’un de ses membres est considĂ©rĂ©e comme une agression contre l’Alliance. ArmĂ©nie pense donc avoir reçu une rĂ©ponse claire en cas d’opĂ©ration militaire en AzerbaĂŻdjan dans la province du  Haut Karabakh.»

Mais la question se pose de savoir  si la BiĂ©lorussie ou un autres membres de cette alliance d’autocraties et dĂ©mocraties postsovietiques aura vraiment envie de faire la guerre pour les ArmĂ©niens.

Les batailles des TGV

Asie, transport, train, France, Japon, voyage, Etats-Unis, Allemagne 1 commentaire »
30 oct 2009


« Voici le train le plus rapide du monde - le TGV français, le train à grande vitesse. Lors son voyage inaugural, en février 1981, le TGV a survolé la campagne française à une vitesse de 236 miles par heure, battant ainsi le record du monde. »
Les adjectifs utilisĂ©s dans ce documentaire amĂ©ricain sur les trains Ă  grande vitesse, rĂ©alisĂ© en 1982, sont « amazing ! », « dazzling ! »,  « superb ! ». Que de superlatifs… Evidemment, l’actualitĂ© du moment Ă©tait le lancement rĂ©ussi du TGV en France. On semblait presque oublier que les trains Ă  grande vitesse existaient dĂ©jĂ  depuis 18 ans. En fait, c’est le Japon qui fut le premier Ă  les introduire. La construction du premier tronçon du Shinkansen - le Train Ă  grande vitesse japonais - a durĂ© 5 ans et a Ă©tĂ© inaugurĂ© pour l’ouverture des jeux olympiques, le 1er octobre 1964. Le Japon n’est pas un plat pays et les lignes ferroviaires historiques Ă©taient très sinueuses, ce qui empĂŞchaient les trains de rouler Ă  des vitesses très Ă©levĂ©es.
Par consĂ©quent, il fallait construire des lignes spĂ©ciales et de très lourdes infrastructures supplĂ©mentaires : des viaducs dans les villes, de nouveaux quais, des nouvelles gares en pleine ville…  Un travail titanesque, source de la fiertĂ© nationale, comme le montre cet entretien dans un train:
“La technologie amĂ©ricaine est très avancĂ©e gĂ©nĂ©ralement. Mais il me semble que le Japon a su concentrer ses efforts pour dĂ©velopper certaines technologies comme le Shinkansen dont le niveau sera, Ă  mon avis,  difficilement atteignable pour les autres pays Ă  l’avenir.”
Mais le fier voyageur ne pouvait pas savoir que son propre Premier Ministre, monsieur Suzuki, aurait bientĂ´t l’occasion de voyager Ă  bord du train Ă  grande vitesse construit en France.

retrouver ce média sur www.ina.fr

La concurrence est donc arrivée. Chacun fait la cour aux acheteurs potentiels.
Et puis arrive le troisième projet de train Ă  grande Vitesse, l’Inter city express allemand. Nous sommes en 1991. La diffĂ©rence principale avec ce  projet est que les train Ă  grande vitesse et les trains classiques circulent sur les mĂŞmes voies.
Trois projets concurrents donc… Mais lequel s’exporte le mieux ?
Les amĂ©ricains rĂ©flĂ©chissent depuis 1982 et c’est seulement au printemps de 2009, (soit 27 ans après !) que l’administration Obama a annoncĂ© que huit milliards de dollars du plan de relance de l’Ă©conomie nationale seront rĂ©servĂ©s Ă  la rĂ©alisation du train grande vitesse. Les français ont rĂ©ussi Ă  pĂ©nĂ©trer le marche sud-corĂ©en, mais pas sous la prĂ©sidence Mitterrand, mais 22 ans après! Les plus rapides Ă  vendre leurs technologies sont pour l’instant…. les allemands. Reportage de la Deutsche Welle en 2008:

«Pour ce train, le voyage en bateau Ă  travers la Baltique va durer plus de 2 jours. Les wagons de ce nouveau train Velaro sont dans 2 compartiments Ă  marchandises sĂ©parĂ©s. Le nouveau train est le rĂ©sultat d’un travail chez Siemens qui a durĂ© 2 ans. Il faudra adapter le train aux conditions climatiques difficiles car il est destinĂ© au marchĂ© russe. Le marchĂ© russe, c’est l’un des plus prometteurs pour Siemens».
« Velaro », le dĂ©rivĂ© de troisième gĂ©nĂ©ration de « l’Inter city express » allemand est dĂ©jĂ  vendu en Espagne pour la ligne Madrid-Barcelone, mais aussi en Russie et en Chine.
Et les pionniers du TGV, les japonais ? Eh bien, le premier et le seul pays auquel ils ont rĂ©ussi Ă  vendre leur technologie fut Taiwan… et très tard, en 2004… 40 ans après le lancement du projet !

Une mer morte?

eau, mer, Asie, Climat, Russie 1 commentaire »
25 oct 2009

Dans un spectaculaire documentaire de la BBC le reporter, Simon Reeve, se promène au fond de la mer… qui n’existe plus. Les carcasses des bateaux abandonnĂ©s tĂ©moignent d’une catastrophe pas vraiment naturelle. Cette mer, c’est l’Aral. Elle est partagĂ©e entre le Kazakhstan et l’OuzbĂ©kistan. A l’Ă©poque du socialisme, les Ă©conomistes dĂ©cidèrent d’intensifier  la culture locale du coton. Comment ? Rien de plus simple ! Il suffirait de dĂ©tourner quelques rivières pour irriguer les champs kolkhoziens. Sauf que les rivières, Amou-Daria et Syr-Daria alimentaient Ă©galement la mer d’Aral. RĂ©sultat : depuis les annĂ©es 60,  la mer s’est rĂ©trĂ©cie de plus de 75% !Au mois de septembre 2009, une confĂ©rence de presse a Ă©tĂ© organisĂ©e a Moscou par l’agence de presse RIAN Ă  laquelle participaient d’Ă©minents spĂ©cialistes de la mer mourante. Maxime Petrov est chercheur à l’AcadĂ©mie des sciences d’OuzbĂ©kistan :

« Sur les 12  derniers mois, la ligne cĂ´tière situĂ©e dans notre zone d’observation - en plein milieu de la partie occidentale - s’est avancĂ©e de 100 mètres ! Un endroit oĂą, avant, la mer Ă©tait assez profonde ! Et pour ce qui est de la partie orientale de la cote, on ne compte plus en mètres mais en kilomètres ! »

L’eau est donc en train de disparaitre. Et depuis 1989, il n’y plus une mer d’Aral, mais deux ! La Grande mer d’Aral devenant de plus en plus petite, elle risque de totalement disparaĂ®tre d’ici une quinzaine d’annĂ©es. Mais en reculant, l’eau laisse la place aux archĂ©ologues qui peuvent explorer le terrain :

« En tant que structure maritime, la mer d’Aral existe depuis environs 10.000 ans. Ce qui est intĂ©ressant, c’est que nous trouvons aujourd’hui les preuves qu’elle s’est dĂ©jĂ  assĂ©chĂ©e Ă  plusieurs reprises au cours de son histoire. Dans la baie de Berg, cĂ´tĂ© Kazakh, on a trouvĂ© un mausolĂ©e qui date du 13ème siècle ! On l’a appelĂ© « l’Atlantide d’Aral ». A cette Ă©poque, on a construit une mosquĂ©e et un grand cimetière. Ce qui montre que le niveau de la mer devait ĂŞtre beaucoup plus bas !Donc, il est probable qu’on ne puisse pas tout mettre sur le dos des hommes. Les cycles naturels jouent Ă©galement un rĂ´le. Mais on ne peut pas non plus nier l’effet nĂ©faste du système d’irrigation mis en place Ă  partir des annĂ©es 50.»

Selon le biologiste Philippe Sapozhnikov, les anciens fonds marins désormais asséchés ne sont pas uniquement un terrain de jeu pour les archéologues, ils sont aussi une véritable déchetterie à ciel ouvert.

« Aujourd’hui, sur le bassin oriental de la mer se trouvent des millions de tonnes de pesticides - et autres substances dangereuses - qui ont Ă©tĂ© dĂ©versĂ©s dans la mer. Le vent soulève cette poussière et la disperse sur de très grandes distances. »

Et les habitants a respirent… puis des cancers apparaissent ! Et lĂ  oĂą il reste encore de l’eau, celle-ci est devenue tellement salĂ©e que les poissons ne peuvent plus y survivre. 24 espèces ont dĂ©jĂ  disparues. Une seule fait encore de la rĂ©sistance. Mais que faire ?

Pour l’instant, on a construit un barrage et une sĂ©rie de digues pour faire remonter le niveau de l’eau et diminuer sa salinitĂ©. Mais il y a un problème : cela risque de faire disparaĂ®tre la Grande Mer d’Aral - celle du sud, du cĂ´tĂ© Ouzbek - au profit de la Petite mer d’Aral - celle situĂ©e au nord, du cĂ´tĂ© Kazakh. En effet, on a pu observer que son niveau avait augmentĂ© de 6 mètres entre 2003 et 2009.

Mais voici alors que ressurgit un autre vieux projet soviĂ©tique, celui de dĂ©tourner les rivières sibĂ©riennes vers la mer d’Aral !

Le maire de la capitale russe, Yuri Loujkov, vient de publier un  livre dans lequel il prĂ´ne le commerce de l’eau. Les russes en ont beaucoup. Alors, pourquoi ne pas le vendre Ă  ses voisins ? DĂ©tourner de l’eau pour pallier l’effet d’autres dĂ©tournements… une idĂ©e qui laisse la population moscovite très dubitative. Pourtant, certains scientifiques ne trouvent pas l’idĂ©e totalement absurde. Peter Zavialoff, chercheur russe :

« Les gens imaginent qu’on va construire un Ă©norme barrage qui va inverser le cours des eaux de toutes les rivières sibĂ©riennes ! Evidemment, c’est faux ! Pour l’instant, l’hypothèse concerne une dizaine de kilomètres cubes par an qui proviendrait du bassin d’Irtych. Cela reprĂ©sente seulement quelques pourcentages du dĂ©bit d’un fleuve comme l’Ob. C’est moins que la fluctuation naturelle ! La Russie ne va pas mĂŞme pas le ressentir. En revanche, la rĂ©gion d’Aral, elle, en ressentirait très fortement les bĂ©nĂ©fices ! »

Le documentaire de la BBC montre une femme regardant les coquillages. Elle implore Ă  la mer de revenir… et elle espère que la mer l’entendra.

Donc, c’est compliquĂ©…

Asie, pollution, Effet de serre, Climat, Suede 0 commentaire »
16 sept 2009

Le 23 juin 1999, le journal « Le Monde » parlait « d’un nuage qui s’Ă©tend sur une surface Ă©quivalente Ă  celle des États-Unis, avec une Ă©paisseur variant entre 2 et 3 kilomètres ». Mais d’oĂą vient-il ? J’ai interrogĂ© Ă  ce sujet  Henning Rodhe, directeur de l’Institut MĂ©tĂ©orologique International a Stockholm:

 © misu

« Le phĂ©nomène est plus vieux que cela. Il s’est dĂ©veloppĂ© au cours des 7 dernières dĂ©cennies. Mais c’est seulement Ă  la fin des annĂ©es 90 que le phĂ©nomène a Ă©tĂ© dĂ©crit et analysĂ©. Pourtant, bien avant dĂ©jĂ , tout ceux qui prenaient l’avion pour l’Asie du Sud, l’Inde ou la Chine pouvaient l’observer ! Mais les scientifiques ne s’y sont jamais intĂ©ressĂ©s vraiment. Les aĂ©rosols atmosphĂ©riques Ă©taient alors Ă©tudiĂ©s dans les pays industrialisĂ©s mais pas en Asie oĂą le nuage est le plus dense. »

Puis on a publiĂ© des photos impressionnantes de ce nuage. Et on a commencĂ© Ă  parler de victimes. 2 millions de personnes seraient mortes chaque annĂ©es selon un rapport publiĂ© en 2002. Vous ĂŞtes d’accord avec ces chiffres Professeur ?

« Bon, 2 million de victimes c’est un peu trop ! Nos estimations donnent plutĂ´t un chiffre entre 500.000 et 1 million de personnes par an. Mais la plupart de ces victimes Ă©tait, en fait, des victimes de la pollution domestique. Il faut comprendre que les polluants formant le nuage brun proviennent des Ă©missions qui partent depuis le sol. »

Sait-on de quoi ce nuage est fait exactement ?

« Tout le monde est d’accord, aujourd’hui, pour dire que Ă  peu près la moitiĂ© de la pollution en Asie de Sud trouve son origine dans la combustion de matière carbonĂ©e fossiles (les voitures, l’industrie, etc.). Et l’autre moitiĂ© vient de la combustion de la biomasse : dans les campagnes, Ă  la maison dans les « feux ouverts », lors des incendies de forets, etc. »

Peut-on réduire ces émissions ?

« Si vous voulez rĂ©duire le nombre de feux ouverts dans les villages indiens, vous devrez trouver une solution de remplacement. Soit il faut introduire une nouvelle technologie pour permettre une combustion de la biomasse Ă  une tempĂ©rature plus Ă©levĂ©e, soit alimenter les habitations en mĂ©thane, soit introduire des fours solaires…Mais ce n’est pas aussi facile que pour l’industrie oĂą vous pouvez vous concentrer sur quelques gros pollueurs et leur mettre la pression ! Ici, on parle d’un vĂ©ritable changement culturel et technologique au niveau local dans tout un pays ! »

Donc, ce n’est pas pour demain ! On estime que le nuage brun a un effet sur la circulation  des moussons et la frĂ©quence des pluies en Inde et dans toute la rĂ©gion.Depuis 25 ou 30 ans,  il y a 20% de pluies en moins dans le Nord du pays! Et qui dit moins de pluie… dit aussi moins de riz !

Et l’effet de serre, Professeur Rodhe, on imagine que le nuage y contribue grandement…

« Le nuage brun n’est pas uniquement constituĂ© de suie, il contient Ă©galement des sulfates et d’autres particules. Les particules de suie absorbent la lumière et  contribuent donc Ă  l’effet de serre. A l’inverse, les sulfates et les autres particules le freinent ! Ils refroidissent le climat et nous protègent de l’effet de serre ! Donc, c’est compliquĂ©… »

Oui, c’est compliquĂ©. Ă€ certains endroits, ces nuages bruns pourraient rĂ©duire l’impact des changements climatiques de 20 Ă  80 % !