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Tous les billets de la catégorie banque

Une cyberattaque contre l’Estonie. 2 ans aprés.

Moldavie, cybercriminalitĂ©, medias, banque, pirate, Estonie, Russie 0 commentaire »
16 jan 2010

 © dr

«Le Soldat de bronze » Ă  Tallinn. Symbole de l’occupation soviĂ©tique pour la majoritĂ© des estonophones, symbole de la libĂ©ration de l’occupation nazie pour les russophones et symbole de leur droit Ă  vivre en Estonie en tant que descendants des libĂ©rateurs, non en tant qu’occupants illĂ©gaux. En avril 2007, la statue fut dĂ©boulonnĂ©e et dĂ©placĂ©e du centre ville par le gouvernement vers le Cimetière des Forces de DĂ©fenses. Une nuit d’Ă©meutes s’en Ă©tait suivie. Et puis, une autre confrontation, sur le Net celle-ci. Andres Männart , entrepreneur estonien se souvient :

« A cette Ă©poque, j’Ă©tais Ă  Vienne, en Autriche. Et je ne parvenais pas Ă  me connecter au serveur de ma banque car leur site Ă©tait simplement inaccessible depuis l’Ă©tranger. Cela a durĂ© plusieurs jours. »

La banque d’Andres Männart a Ă©tĂ© la cible d’une cyberattaque. Elle n’Ă©tait pas la seule. Il en Ă©tait de mĂŞme pour l’administration de l’Etat ainsi que pour les sites des quotidiens nationaux. Les dĂ©gâts furent consĂ©quents compte-tenu du fait que l’Estonie est un pays très utilisateur d’Internet :

« Presque tous les estonien manient leur compte bancaire par Internet. Et ceci depuis plusieurs annĂ©es dĂ©jà ! Nous avons un vĂ©ritable e-administration. Nous pouvons crĂ©er et enregistrer notre entreprise par le Net. Cela prend 10 minutes ! On peut mĂŞme voter ! On a votĂ© ainsi en 2009  pour les Ă©lections europĂ©ennes… »

Pour prĂ©server cette infrastructure, il a donc fallu se dĂ©connecter du monde extĂ©rieur - c’est pour cela que Andres Männart n’arrivait plus Ă  joindre sa banque. L’attaque est venue depuis l’Ă©tranger. Mais d’oĂą prĂ©cisĂ©ment ?

« Au dĂ©but, notre ministre de la justice a pointĂ© du doigt la Russie. Il a dĂ©clarĂ© que l’une des adresses IP d’oĂą est venue l’attaque correspondait Ă  une adresse IP du Kremlin. Cela est donc restĂ©e la position estonienne officielle. Mais on ne pouvait pas vraiment  prouver que l’attaque venait de la Russie car ceux qui ont orchestrĂ© cette attaque l’ont fait de façon assez professionnelle. »

C’est-Ă -dire ?

« Il existe des programmes spĂ©ciaux qui permettent d’effectuer des envois avec plusieurs ordinateurs dans le monde. Ensuite, il suffit de lancer une commande et ces programmes se mettent Ă  envoyer des requĂŞtes Ă  des serveurs-cibles, une avalanche de requĂŞtes. RĂ©sultat : le serveur s’arrĂŞte de fonctionner. On peut faire une parallèle avec le monde « rĂ©el ». Imaginez, qu’un jour, vous receviez des milliers de lettres dans votre boite aux lettres ! Elle serait tout simplement bourrĂ©e et ne pourrait plus accueillir votre courrier ! »

Vous voulez dire que quelqu’un de l’extĂ©rieur a installĂ© un programme semblable sur l’un des ordinateurs du Kremlin en le transformant en ordinateur-zombie?

« L’attaque a Ă©tĂ© perpĂ©trĂ©e par des personnes privĂ©es, par des hackers. Mais en mĂŞme temps, c’est un secret de polichinelle que cette opĂ©ration a Ă©tĂ© initiĂ©e et financĂ©e par des gens proches du pouvoir Ă  Moscou »

Andres Männart fait ici rĂ©fĂ©rence aux rĂ©cents aveux, fait dans Financial Times, par le commissaire du mouvement nationaliste russe « Nashi » Constantin Goloskokov. Il dĂ©clare avoir organisĂ© cette attaque depuis la Transnistrie, en Moldavie. Mais il la parle d’un « acte de rĂ©sistance citoyenne » contre la politique du gouvernement estonien qu’il qualifie de « fasciste ». En mĂŞme temps, l’explication fournit par Goloskokov - 7 personnes envoyant des requĂŞtes aux sites estoniens sans faire appel aux programmes malveillants - ne tient pas debout. Et de toutes façons, il serait difficile de poursuivre juridiquement qui que se soit dans cette affaire :

« Ce genre d’attaques n’est pas traitĂ©es par les lois internationales car c’est toujours difficile de designer le coupable. MĂŞme si l’attaque vient d’un ordinateur, comment peut-on affirmer que c’est son propriĂ©taire qui en est responsable ? A partir du moment oĂą votre ordinateur est connectĂ© a Internet, il devient accessible aux autres. Comme c’est le cas actuellement pour le mien et le vĂ´tre. »

Il ne me reste qu’Ă  espĂ©rer que, durant cet entretien enregistrĂ© par Internet en utilisant la technologie estonienne « Skype », aucune arme de guerre n’a pĂ©nĂ©trĂ© nos ordinateurs.

Le FMI, l’Ukraine et une vache sacrĂ©e

dollar, elections, CEI, FMI, banque, crise, financiere, Pologne, Ukraine 1 commentaire »
20 déc 2009

Le 8 octobre 2008, le prĂ©sident de l’Ukraine, Viktor Yushenko, s’adresse Ă  ses compatriotes. Depuis que la coalition des forces dĂ©mocratiques, issue de la « rĂ©volution orange », a Ă©clatĂ© au mois de septembre, le pays est ingouvernable. Yushenko annonce donc la tenue prochaine d’Ă©lections lĂ©gislatives. Aucune allusion Ă  la crise financière survenue deux semaines plus tĂ´t. Pourtant, la situation Ă©conomique ne laisse pas penser que l’Ukraine sera Ă©pargnĂ©e. Elle sera mĂŞme bientĂ´t si malade que le PrĂ©sident devra revenir sur sa propre dĂ©cision et finalement annuler le scrutin quelques semaines plus tard ! Selon l’ex-ministre de l’Ă©conomie - Victor Sousloff - interrogĂ© par Radio LibertĂ©, le raison est simple : l’Ukraine vit Ă  crĂ©dit de façon dĂ©raisonnable:”C’est une question de politique Ă©conomique. Vous attirez des capitaux, vous organisez un accès très facile aux crĂ©dits mais ne rĂ©gulez pas du tout les flux des capitaux… chose que la Banque Centrale devait faire normalement, elle devrait regarder oĂą vont les 85 milliards de dollars empruntĂ©s ! Vous savez, cet argent est principalement parti vers les crĂ©dits hypothĂ©caires, de consommation, pour acheter les voitures… Bref, cette politique devait se terminer par un crash ! Et puis on commence Ă  se plaindre que notre acier ne se vend plus Ă  cause de la crise ! Eh bien, il fallait Ă  l’Ă©poque dĂ©penser l’argent pour moderniser le secteur de la mĂ©tallurgie ! »

L’expert ukrainien, Alexandre Zholud, enfonce le clou :

«Toutes les exportations ukrainiennes ont chutĂ©. Et on n’achète plus ukrainien mĂŞme avec des prix bas ! Cela concerne les principaux produits d’exportation : les mĂ©taux, les engrais, les produits agricoles, les machines… Donc les volumes d’exportations baissent, et les recettes aussi ! »

Les rĂ©serves ukrainiennes s’Ă©levaient Ă  30 milliards de dollars en octobre 2008. La dette globale dĂ©passait les 100 milliards de dollars. La moitie de cette dette est constituĂ©e de la dette des banques qu’il fallait rembourser pendant les pires mois de la crise. La solution : emprunter encore ! 16,5  milliards de dollars empruntĂ©s Ă  un faible taux  - 4% -  auprès du FMI. L’Ă©conomiste Vladimir Lanovoy:

« Le crĂ©dit du Fmi est très important pour l’Ukraine, car la balance commerciale du pays est nĂ©gative ! On doit payer plus d’argent que nous en disposons. Les investissements et autres entrĂ©es d’argent depuis l’Ă©tranger ne suffisent pas. Si nous n’avions pas l’apport du FMI, le grivna - la devise ukrainienne - deviendrait instable et serait sans cesse dĂ©valuĂ©e ! »

ThĂ©oriquement, le FMI ne devrait pas prĂŞter Ă  un pays dont l’Ă©conomie est si mal gĂ©rĂ©e que la question de son remboursement de prĂŞt peut ĂŞtre sĂ©rieusement posĂ©e. Du coup, le FMI impose toute une sĂ©rie de mesures de rigueur. Irina Akimova, « le ministre de l’Ă©conomie de l’ombre » de la partie de l’opposition les Ă©numère :

« Tout d’abord, c’est la rĂ©duction du dĂ©ficit budgĂ©taire. En 2009, on devait avoir un budget sans dĂ©ficit ! Mais que signifie un budget sans dĂ©ficit quand les dĂ©penses sociales sont si importantes ? Cela veut dire que les revenus rĂ©els de la population vont baisser ! Et c’est une mesure très impopulaire ! Évidemment, s’attendre Ă  de telles mesures de la part du Premier Ministre - Mme Timoshenko - est très improbable. D’autant plus qu’elle est l’une des candidates pour les Ă©lections prĂ©sidentielles Ă  venir. Elle doit tenir ses promesses et on se souvient qu’au dĂ©but de l’annĂ©e, elle nous a promis des standards de vie « a l’europĂ©enne » avant la fin 2009 ! Dans le mĂŞme temps, le chĂ´mage augmente, nous avons des problèmes de paiements d’arriĂ©rĂ©s de salaires et de retraites. Comment le gouvernement va-t-il remplir ses obligations sociales tout en soutenant le marchĂ© intĂ©rieur et la production - voilĂ  la vĂ©ritable question ! »

Vladimir Lanovoy n’est pas content :

« Le FMI ne s’occupe pas des reformes structurelles ! Et il ne demande pas aux gouvernements de changements institutionnels ou de changement de politique sectorielle. C’est prĂ©cisĂ©ment pour cela que ses actions n’aboutissent pas aux rĂ©sultats escomptĂ©s ! Il pense seulement Ă  comment Ă©viter que les finances de l’Ă©tat se retrouvent en faillite Ă  cause des obligations extĂ©rieures et aux dĂ©ficits internes. Je dirais mĂŞme plus, il nous demande d’opĂ©rer quelques changements dans les dĂ©penses budgĂ©taires qui sont contre les reformes structurels ! Prenez le cas de la compagnie gazière « Naftogaz de l’Ukraine ». Il y a une urgence Ă  la restructurer ! Et pourtant le FMI exige qu’on leur donne de l’argent sans condition, juste pour Ă©quilibrer leurs comptes ! »

De toutes façons, les conditions du FMI - qu’elles soient bonnes ou mauvaises - ne sont pas dument remplies. Le Fond MonĂ©taire international a suspendu le payement de la troisième tranche de crĂ©dit. Le Fond sait qu’avant les Ă©lections prĂ©sidentielles du 17 janvier, il ne faut pas s’attendre Ă  ce que la rigueur budgĂ©taire soit au rendez-vous. Un simple exemple : le parlement  a fait fi du vĂ©to du prĂ©sident concernant la loi sur le financement, par la Banque centrale, de la prĂ©paration des championnats d’Europe de football programmĂ©s en Ukraine et en Pologne pour 2012.

Véto ou pas, le foot reste une vache sacrée.

L’Euro sans L’Union

BCE, bourse, capitalisme, Lisbonne, euro, banque, prĂ©sidence, UE, crise, Allemagne 0 commentaire »
30 nov 2009

Le 31 dĂ©cembre 1998, Jacques Santer, le prĂ©sident de la commission europĂ©enne de l’Ă©poque annonce « un Ă©vĂ©nement de toute première importance » : la crĂ©ation de l’euro au 1er janvier 1999. Dix ans et 2 prĂ©sidents plus tard, oĂą en est l’union monĂ©taire ?  J’ai posĂ© la question à  Paul De Grauwe, conseiller de l’actuel prĂ©sident de la commission, Mr. Barroso. De nombreux gouvernements de l’Union ont laissĂ© filer leur dĂ©ficit budgĂ©taire et se sont endettĂ©s pour relancer leur Ă©conomie. La Commission europĂ©enne les rappelle Ă  l’ordre et leur demande de  respecter les critères de Maastricht. A-t-elle une chance d’y parvenir, Paul De Grauwe?

ai

Pourtant Jean Claude Trichet vient de déclarer au journal Le Monde que « respect des critères de Maastricht est essentiel ».

ai

Ni plus ni moins ! A quoi donc servait-il ? Peut-on vivre dans l’union monĂ©taire sans les critères de Maastricht ?

ai

Avant d’entrer dans la zone euro, la RFA a pleinement rĂ©ussi son union monĂ©taire avec l’ex RDA. Mais aujourd’hui, l’Allemagne rĂ©unifiĂ©e montre-t-elle  la mĂŞme solidaritĂ© envers les autres pays de la zone euro pour qui il devient de plus en plus difficile d’emprunter le d’argent tant ils sont endettĂ©s ?! Vous Ă©tiez partisan d’Ă©mission d’obligations communes Ă  tous les membres de la zone euro, des « eurobonds », Paul De Grauwe. Ou en sommes-nous aujourd’hui ?

ai

Et si un Ă©tat, comme l’Irlande par exemple, se retrouvait en faillite ? Que feraient les allemands ? Quels sont les risques majeurs concernant la cohĂ©sion de la zone euro ?

ai

Eh oui ! Dans un article qui date de 2006, Paul De Grauwe Ă©crivait : « l’Euro est nĂ©faste Ă  l’Ă©conomie de l’Italie ! ». L’euro a Ă©tĂ© conçue principalement pour pousser les pays vers  l’union politique. Dix ans après sa crĂ©ation, nous n’avons toujours pas de gouvernement europĂ©en. Cette situation est-elle viable ? En 2006, Paul De Grauwe rĂ©pondait que non. Que rĂ©pond-il aujourd’hui ?

ai

La dĂ©cision de la cour constitutionnelle allemande de cet Ă©tĂ© tend Ă  montrer que l’Allemagne n’ira pas plus loin dans le transfert de souverainetĂ© vers les institutions communautaires. Il n’y aura donc pas de vĂ©ritable gouvernement de l’Union. Une conclusion Monsieur le Conseiller de la PrĂ©sidence :

ai

Les frontières de la crise: la Lettonie

BCE, FMI, capitalisme, euro, banque, UE, crise, financiere, Lettonie 0 commentaire »
15 nov 2009

Il y a 3 semaines, les mĂ©dias du monde entier ont diffusĂ© cette information-choc : un mĂ©tĂ©orite vient de tomber en plein cĹ“ur de la Lettonie. Un mĂ©tĂ©orite, qui s’est avĂ©rĂ©e ĂŞtre une falsification publicitaire pour la compagnie de  tĂ©lĂ©phonie mobile Tele 2. Le porte-parole de cette entreprise suĂ©doise bien implantĂ©e dans la rĂ©publique balte affirme que le but de l’opĂ©ration Ă©tait de « redonner confiance Ă  la population lettone et de montrer qu’un Ă©vĂ©nement unique peut remettre un petit pays au centre de l’attention de tout le monde ». Le deuxième objectif Ă©tant pleinement rempli , essayons d’analyser pour l’instant d’oĂą vient ce manque de confiance. C’est simple - la Lettonie est au bord de la faillite et la crise est arrivĂ©e comme une vĂ©ritable mĂ©tĂ©orite. Explication du premier ministre Valdis Dombrovskis :

« Tout ca a commencĂ© en 2005/2007. Ce furent des annĂ©es de croissance très importante, mais mĂŞme avec une croissance Ă  2 chiffres le gouvernement de l’Ă©poque n’a pas Ă©quilibrĂ© le budget ! Des mesures anti-inflationnistes ont Ă©tĂ© prises tardivement, le volume des crĂ©dits a doublĂ© en 2006/2007 et les restrictions sur ces crĂ©dits ont Ă©galement Ă©tĂ© introduites très tardivement. Donc la politique macroĂ©conomique a Ă©tĂ© fondamentalement mauvaise.»

Un flux d’argent trop important pour une Ă©conomie trop petite pour l’ absorber de façon productive. Cela a conduit Ă  l’inflation, la spĂ©culation et la surconsommation. Si la dette de l’Ă©tat Ă©tait raisonnable, l’endettement du secteur privĂ© ne l’Ă©tait pas. La bulle devait Ă©clater de toute façon, mais c’est le choc « Lehman Brothers », qui l’a provoquĂ©. Tout le monde a cĂ©dĂ© Ă  la panique - les capitaux Ă©trangers (scandinaves et ex-soviĂ©tiques) sont partis, les gens ont commencĂ© Ă  retirer l’argent en masse. RĂ©sultat - la faillite de la première banque de dĂ©pĂ´t du pays, Parex. Pour Ă©viter le pire la banque a Ă©tĂ© nationalisĂ©e, mais le sauvetage a coutĂ© tellement cher que le petit Ă©tat  s’est retrouve lui-mĂŞme au bord de la faillite ! Ensuite  est venue la rĂ©cession, la chute de la consommation… Que faire ? Pour la ministre de l’Ă©ducation Tatjana Koke, la recette est simple :

« C’est le moment pour tout le monde, pour la nation entière, de comprendre que nous pouvons dĂ©penser uniquement ce nous avons gagnĂ©, pas plus ! »

Effectivement, pour combler le manque Ă  gagner qui augmente tous les jours, la Lettonie n’arrive mĂŞme pas Ă  emprunter sur les marchĂ©s ! Il faut donc compter sur l’aide financière internationale. Le FMI et L’Union EuropĂ©enne lui sont venus en aide. Mais pour la conserver il faudra respecter une discipline budgĂ©taire très stricte, par exemple rĂ©duire les dĂ©penses de 500 millions de lats par an entre 2009 et 2012 ! Comment ? Voici une idĂ©e du ministre de la santé :

« Si on prend le financement du système de santĂ© il ne faut pas prendre en considĂ©ration uniquement les ressources budgĂ©taires. Il ne faut pas oublier une autre partie, la contribution des patients, de la population. Moins l’Ă©tat finance la mĂ©decine plus elle sera financĂ©e directement par la population. MĂŞme si l’Ă©tat ne finance plus certains services ils resteront en place car les gens auront toujours besoin de se faire soigner.»

L’idĂ©e est donc simple - les services existeront, mĂŞme s’ils ne sont plus totalement publics. Évidemment, les mĂ©decins, les policiers, les enseignants ne sont pas très contents…Le salaire de ces derniers a diminuĂ© de 40% cet Ă©té ! Et pourquoi ne pas tout simplement fermer la moitiĂ© des Ă©coles ? En Lettonie on compte seulement entre 8 et 10  Ă©lèves par l’enseignant. Appliquons la moyenne europĂ©enne ! Ça laisse sceptique le patron du syndicat letton de l’Ă©ducation, pour l’instant toujours nationale:

« Tous les ans le ministère pense Ă  augmenter le nombre d’Ă©lèves par enseignant. Augmenter la taille des Ă©coles et fermer les petites Ă©coles tout simplement.  Mais nous considĂ©rons qu’il faut faire une pause. Il faut analyser comment le nouveau système  va fonctionner. HonnĂŞtement, regardes l’Ă©tat des routes, dĂ©plorables, et le manque de bus scolaires… Ah, beaucoup de questions…»

Apparemment, on ne va pas fermer les Ă©coles cette annĂ©e, mais il reste beaucoup de questions sur l’application des mesures d’Ă©conomie stricte. Le principal Ă©tant : « Peut-on exiger, comme font les prĂ©teurs internationaux, les coupes budgĂ©taires aussi drastiques quand le PIB letton rĂ©gressera de plus de 18% cette annĂ©e ? »  Raita Karnite, Ă©conomiste letton est amère:

“Chez nous en Lettonie la politique principale est la politique du budget national. Et on respecte les chiffres macroĂ©conomiques. Mais qui aura besoin de ces chiffres si l’Ă©tat n’a plus de citoyens? Et les gens commencent Ă  Ă©migrer a nouveau!”

Et si on dĂ©value la monnaie nationale, comme l’ont fait les Russes et les Britanniques ? La banque centrale lettone a dĂ©pensĂ© 1 milliard d’euros en juin 2009  pour soutenir le lat ! Oui, mais la majoritĂ© des emprunteurs lettons ont pris des crĂ©dits en euros et auront donc plus Ă  rembourser. Et puis, la Lettonie veut adopter l’euro. Pour cela,  il faut respecter les critères de  Maastricht. C’est vrai qu’en France on vient de les oublier… Oui,  mais ce qui est permis a un pays fondateur de l’Union n’est pas permis Ă  la Lettonie. Bref, pas question de creuser le dĂ©ficit  ni de dĂ©valuer! Un ministre letton a mĂŞme dit un jour qu’une chute de mĂ©tĂ©orite serait plus probable  que la dĂ©valuation de la monnaie nationale.

Mais une mĂ©tĂ©orite vient de tomber, n’est-ce pas ?

La Valeur Kulvik

capitalisme, fond, investissement, Suisse, bourse, euro, financiere, Luxembourg, Finlande, banque, crise 0 commentaire »
18 juin 2009

Difficile de mettre la main sur Hannes Kulvik. Toujours entre un conseil financier a Genève et son pays natal, la Finlande, sans oublier Londres et, bien sur, Luxembourg, le siège de son fond d’investissement, « Sifter Fund », ou, plutĂ´t, ses fonds, car ils sont plusieurs, mais toujours fondĂ©s sur le mĂŞme principe. « Sifter » signifie « trier ». La compagnie de Hannes Kulvik a crĂ©e un outil d’Ă©valuation - le Stocksifter - qui permet de donner une estimation en temps rĂ©el de la valeur objective des 15,000 sociĂ©tĂ©s les plus importantes du monde, hors fluctuations boursières momentanĂ©es. Est-il possible ou non de connaitre la valeur d’une entreprise Ă  un moment donnĂ© ? Keynes ne le croyait pas, mais on n’est pas obligĂ© d’ĂŞtre KeynĂ©sien…Pour analyser 15.000 compagnies, il ne faudrait pas moins de 135 analystes qui travailleraient dur pendant 2 ans. Stocksifter le fait automatiquement… et en temps rĂ©el ! Et l’outil vous donne la valeur rĂ©elle de chacune de ces entreprises. Cette « valeur », c’est la valeur dite « valeur », du nom de son inventeur. Ensuite, vous affinez progressivement la recherche et vous choisissez les meilleures opportunitĂ©s d’investissement. Une vingtaine d’entreprises, qui sont, elles, Ă©tudiĂ©es par des analystes en chair et en os. Sifterfund ne spĂ©cule pas, il investit. Ce sont les entreprises qui crĂ©ent la valeur, pas les marchĂ©s - tel est le mot d’ordre. Nous n’achetons pas des « titres », nous achetons les entreprises qui sont sous-Ă©valuĂ©es par la bourse. L’analyse mathĂ©matique alliĂ©e Ă  une dose de conservatisme. Sifterfund pense avoir trouvĂ© une formule magique.

Le paradis des courtiers

bourse, capitalisme, Londres, livre, dollar, LEAP2020, crise, financiere, banque, euro, GRANDE BRETAGNE 1 commentaire »
28 mai 2009

city of london © A.Ipatovtsev
La circulation n’est pas très dense devant le nouveau siège de la bourse de Londres, près de l’Ă©glise Saint Paul. La bourse a Ă©tĂ© créée en 1801, dans un autre quartier, le quartier du change, lĂ  oĂą se trouve aujourd’hui la City, l’endroit oĂą s’effectuaient les transactions marchandes… Ă  l’intĂ©rieur des « coffeehouses ». Ranald Michie, professeur Ă  l’UniversitĂ© de Durham, est spĂ©cialiste de l’histoire des marchĂ©s financiers : « C’Ă©tait au moment des guerres rĂ©volutionnaires françaises, sous NapolĂ©on. La dette du gouvernement anglais augmentait rapidement. 800 millions de livres vers la fin de la guerre - une somme astronomique a l’Ă©poque. Donc il est apparu un besoin d’avoir une place oĂą l’on pourrait vendre des titres. Mais il fallait Ă©galement Ă©liminer le risque de non payement, le risque de contrepartie. »La bourse pourrait ĂŞtre dĂ©finie comme un marchĂ©, mais un marchĂ© contrĂ´lĂ© par des règles et des rĂ©gulations. C’est la diffĂ©rence avec « le marché » tout court. Et aujourd’hui, c’est quoi la bourse, professeur Michie ?

« D’un cĂ´tĂ©, rien n’a vĂ©ritablement changĂ©. Mais une chose a changĂ© pourtant - il n’est plus question de dette de l’Ă©tat, seules les actions d’entreprises y sont Ă©changĂ©es !).  Deuxième changement - le rĂ´le des banques. Il y a très peu de courtiers indĂ©pendants, les affaires sont faites par les banques. Et puis, la technologie aussi… Pendant longtemps, le « trading floor » Ă©tait souverain ! Pour vendre des titres, il fallait ĂŞtre membre de la bourse. Aujourd’hui, tout se fait Ă©lectroniquement. Vous pouvez interagir avec les autres courtiers de chez vous Ă  travers l’Ă©cran de votre ordinateur. »

Le bruit des voitures Ă  l’extĂ©rieur de la bourse de Londres…. A l’intĂ©rieur, l’ambiance est beaucoup plus silencieuse car la vente Ă  la criĂ©e est remplacĂ©e par des transactions Ă©lectroniques. Et ca depuis le « big bang » de Margaret Thatcher - la libĂ©ralisation du fonctionnement de la bourse - qui a  facilitĂ© l’arrivĂ©e rapide de banques amĂ©ricaines et ouest-europĂ©ennes Ă  Londres et  dĂ©veloppĂ© le marchĂ© financier grâce Ă  la baisse des coĂ»ts. La City, auparavant considĂ©rĂ©e comme un lieu Ă©litiste pour gentlemen anglais, est aujourd’hui le paradis des courtiers « golden boys ». Le marchĂ© londonien des titres est le plus important d’Europe. Mais comment une entreprise choisit-elle la bourse dans laquelle elle sera cotĂ©e ?

« La compagnie regarde les prix qu’elle peut obtenir pour ses titres et elle Ă©value les charges pour ĂŞtre listĂ©e Ă  Londres ou a New York. Et ca ne dĂ©pend pas uniquement de la bourse, mais Ă©galement des autoritĂ©s. Vous savez, après le “scandale Enron, les Etats-Unis ont augmentĂ© la charge rĂ©gulatrice qui pèse sur les entreprises. RĂ©sultat : les entreprises sont parties de New York pour venir chez nous. Donc, si maintenant, avec la crise, l’Union EuropĂ©enne durcit la rĂ©gulation pour l’introduction en bourse, les entreprises partiront ailleurs. C’est inĂ©vitable ! »

Ceci est donc une forme d’avertissement du Professeur Richie aux rĂ©gulateurs français ! Dans quelques jours, Xavier Rolet - l’ancien directeur de Lehman Brothers France - prendra la tĂŞte du London stock exchange qui regroupe les places de Londres et de Milan. Avec la crise, les introductions en Bourse sont devenues rares, les montants des transactions boursières diminuent et la valeur des titres fond. La valeur des groupes du Footsie-100 s’est ainsi rĂ©duite de 34% en 2008. En plus, après une nouvelle dĂ©règlementation rĂ©cente, les nouveaux acteurs -  Turquoise et  Instinet - empiètent de plus en plus sur les parts de marchĂ© de la bourse de Londres.

« La part de la bourse de Londres dans les entreprises de l’indice boursier Footsie 100 ne reprĂ©sente aujourd’hui que 68% du volume des ventes. 32% des transactions s’effectue donc ailleurs. Mais cela ne veut pas dire que ces titres sont partis Ă  New York ou a Euronext. Non ! Ils sont partis vers les plateformes Ă©lectroniques. Mais le prix de rĂ©fĂ©rence est toujours fixĂ© par la bourse de Londres. »

L’Université de la bourse

Moscou, dollar, bourse, capitalisme, radio, euro, France, banque, rouble, Russie 0 commentaire »
19 mai 2009

« Il existe aujourd’hui un large consensus, au sein des Ă©lites Ă©conomiques et politiques, pour juger que la culture Ă©conomique des Français est insuffisante. Ce manque de culture Ă©conomique expliquerait la mĂ©fiance, voire l’hostilitĂ©, de larges fractions de l’opinion Ă  l’Ă©gard de l’Ă©conomie de marchĂ©, un comportement qui trancherait par rapport Ă  celui observĂ© chez la plupart de nos voisins europĂ©ens», Ă©crit Philippe Fremeaux dans « Alternatives Ă©conomiques » de mai 2009.

Les anciens pays de l’est  europĂ©en n’ont plus envie de chercher des alternatives au capitalisme, ils prĂ©fèrent essayer de le comprendre. Tenez, sur un excellente radio « Echo de Moscou », on a ouvert « L’universitĂ© de la bourse ». Un auditeur, Igor, s’interroge : « J’ai une petite somme d’argent libre, aux alentours de 1000 dollars. Vous pourriez me donner un conseil, quoi dois-je faire ? »

« Je conseillerais Ă  Igor de ne rien faire avec ses 1000 dollars. A quoi bon ? Igor Ă  1000 dollars, il va le convertir dans une autre devise, il va gagner 10%. 100 dollars c’est quoi ? C’est beaucoup ? Vous comprenez, cette petite somme ne permet pas de travailler sur les marchĂ©s. Il vaut mieux le mettre sur un compte dĂ©positaire dans une banque ». Donc, pour jouer en bourse, il faudra ĂŞtre un peu plus riche qu’Igor, suggère subtilement Vladimir Gavrilenko, directeur de l’UniversitĂ© de la bourse de Moscou, l’invitĂ© de l’Ă©mission radiophonique « l’universitĂ© de la bourse » du 15 avril.

Le programme, comme tout ce qui est fait sur « Écho de Moscou », est interactif. On peut appeler pendant le direct, on peut poser ses questions en amont sur le site de l’Ă©mission…. Comme cet auditeur qui se demande si « le comportement des acteurs a la bourse est dĂ©fini par le niveau de connaissances acquis ou plutĂ´t par la psychologie humaine ? »

Monsieur Gavrilenko lui rĂ©pond : «Vous comprenez, qu’est ce que dĂ©finit  le prix sur le marché ? La psychologie de la foule. Si aujourd’hui nos concitoyens dĂ©cident que la crise est finie et que le moment est venu d’acheter des actions, l’index de notre bourse va s’envoler ! Pourquoi ? Parce que les gens ont de l’argent. Mais nous avons tous peur et nous ne savons que faire de cet argent. Souvenez vous, il y a quelques mois j’ai fait un pronostic en disant que l’index de la bourse de Moscou allait monter de 300 points ? Regardez - fĂ©vrier 2009, l’index Ă©tait Ă  500, aujourd’hui on est a 800 ! Pile poil ! Donc ceux qui, Ă  l’Ă©poque, imaginaient que l’effondrement allait se poursuivre ont eu tort. 500 points - c’est la limite basse. Mais celui qui achète aujourd’hui en espĂ©rant profiter de la hausse rapide se trompe aussi. Nous avons atteint un palier en ce moment, il y aura d’abord une baisse, mais ensuite il y aura une troisième vague de croissance. Il faudra investir au tout dĂ©but de cette troisième vague. Comment le faire pratiquement, appelez le 661 22 20 et venez chez nous assister Ă  nos sĂ©minaires thĂ©matiques tous les jeudis !».

« Écho de Moscou » est une radio commerciale qui vit de la publicitĂ©. Pas Ă©tonnant, donc, d’avoir des Ă©missions sponsorisĂ©es…A cotĂ© des conseils pratiques, on raconte Ă©galement les effets de la crise actuelle sur la bourse de Moscou : «Notre Ă©mission existe depuis 2 ans et, si vous vous souvenez bien, Ă  l’Ă©poque les mouvements des actions Ă  la bourse n’Ă©taient pas très forts. Aujourd’hui, les actions des entreprises russes ont augmentĂ©… de l’ordre de 100, 150, 200% depuis 1 mois ! C’est un vrai miracle ! Mais ce genre de miracle ne se produit que pendant les crises ! N’oubliez pas que ces mĂŞmes actions peuvent perdre 100-150% très rapidement. Mais vous pouvez aussi jouer sur la baisse ! Pour cela, il faut prendre une position dit « courte », ou « shorter »… vous pouvez l’appeler comme vous voulez, mais n’oubliez pas qu’on peut gagner plus en jouant Ă  la baisse ! Car l’augmentation est lente mais la baisse est rapide ! Appelez le 661 22 20, le sĂ©minaire commence jeudi ! »

Comment jouer sur la baisse. Comment jouer sur toutes les bourses Ă  la fois. Comment ne pas devenir accro aux jeux boursiers ?!… « L’UniversitĂ© de la bourse » de Moscou gagne, sans doute, autant avec la bourse qu’avec ses frais d’inscription. Et les auditeurs de « l’universitĂ© radiophonique », eux, apprennent le capitalisme gratuitement…

dollar is forever?

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19 avr 2009

Alan Greenspan, qui était le président de la Banque Centrale américaine de 1987 à 2006, a longtemps été un partisan de l’or, « l’or et la liberté économique sont indissociables », écrivait-il en 66. «À part l’étalon or, il n’existe aucun moyen de préserver l’épargne de l’inflation, l’or protège la propriété» disait-il.
Qu’a fait ce même Alan Greenspan pour l’or lorsqu’il était président de la FED ? Rien, si ce n’est le vendre.
Les AmĂ©ricains ont installĂ© leur rĂ©serve d’or au centre d’un camp militaire impressionnant qui est le camp d’entraĂ®nement de l’arme blindĂ©e. Il est Ă©vident que leur or ne pouvait pas ĂŞtre mieux dĂ©fendu que par ces tanks. Mais voilĂ , depuis plusieurs dĂ©cennies dĂ©jĂ , les rĂ©serves des banques centrales sont constituĂ©es de devises et non plus d’or. Le dollar amĂ©ricain est la principale monnaie de rĂ©serve. A partir des accords de Bretton Woods et jusqu’en 1971 le dollar Ă©tait rĂ©putĂ© “as good as gold”, c’est-Ă -dire aussi bon que l’or. En effet, en 1944, les leaders mondiaux du système financier rattachent l’or au dollar Ă  un cours fixe, une once d’or pour 35 dollars mais vers la fin des annĂ©es 60, le prĂ©sident Johnson desserra les liens entre l’or et les dollars avant qu’en aoĂ»t 1971 Richard Nixon ne dĂ©crète leur inconvertibilitĂ© dĂ©finitive. Plusieurs voix s’élèvent alors contre cette dĂ©cision, mais certains voyaient dĂ©jĂ  se dessiner une autre solution Ă  la crise du système monĂ©taire gĂ©nĂ©rĂ©e par la perte de l’étalon d’or.
Valéry Giscard d’Estaing : “Le système monétaire international s’est effondré il y a huit ans, en 1971, et nous sommes entrés dans la période des taux de change flottants et on a bien vu que ce système des taux de change flottants n’était pas favorable à l’économie mondiale. Nous ne pouvions pas, nous, rebâtir le système pour tout le monde, mais nous pouvions au moins le rebâtir pour nous et donc le fait que l’Europe rétablisse un système de stabilité du taux de change est un élément qui permettra – je l’espère – de reconstruire progressivement tout le système.”
C’était il y a exactement trente ans, l’année même de la création du système monétaire européen, un système qui nous a conduits vers l’euro. Aujourd’hui, l’euro est la deuxième monnaie au monde, s’agissant des transactions et depuis décembre 2006, il compte le plus grand nombre de billets en circulation. Que les espoirs étaient grands ! On se demandait même à l’époque si la monnaie européenne n’allait pas détrôner le roi dollar. Souvenez-vous, il y a seulement six mois le dollar était au plus bas par rapport à l’euro, mais la crise financière est venue à nouveau tout bouleverser, c’est à n’y plus rien comprendre. Pourquoi le dollar tient-il toujours et gagne même 22% sur l’euro depuis l’été dernier ? Depuis son lancement en 1999, l’euro n’a pas arrêté de gagner du terrain sur le dollar dans les réserves de change international. En 1999, l’euro représentait moins de 20% des réserves contre plus de 70% pour le dollar, à la fin du deuxième trimestre 2008 c’était 26.7% pour l’euro et 63.6% pour le dollar, c’est les statistiques du FMI. Est-ce que la crise va remettre en cause le statut de l’euro comme monnaie de réserve ?
A priori, non parce que lĂ  encore on a affaire Ă  des comportements de gestion de portefeuille. Qui a besoin de placer des rĂ©serves en devises ? Ce sont les pays excĂ©dentaires en balance de paiement, les opĂ©rations courantes, donc ce sont les pays pĂ©troliers, c’est la Chine. Ils ont ont le choix entre des instruments libellĂ©s en dollar et des instruments libellĂ©s en euro et Ă©ventuellement en d’autres monnaies. Ils composent un portefeuille qui leur parait optimal en fonction de leurs anticipations. L’euro a montĂ© parce que les anticipations de rendement sur les titres en euro Ă©taient supĂ©rieures aux anticipations de rendement sur les titres en dollar. Les gens vendaient des titres en dollar, vendaient les dollars, achetaient de l’euro, achetaient des titres en euro et ils font le mouvement inverse aujourd’hui.

Dollar is forever?

Ruée vers les pièces d’or ?

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4 avr 2009

Laurent Schmitt, numismate et patron de la Compagnie générale de bourse (CGB), est spécialiste des monnaies anciennes. Monsieur Schmitt ne vit pas vraiment de la vente d’or. Rue Vivienne, il propose à la fois le change des devises, le recyclage de bijoux abîmés, mais aussi et surtout de la numismatique. Ses clients sont discrets, peu bavards et rares. Pourtant, du magazine Capital aux multiples sites internet spécialisés, on nous assure un peu partout qu’une véritable ruée vers l’or aurait commencé depuis le début de la crise, mais qu’en est-il réellement ? 

Laurent Schmitt

Laurent Schmitt : Certains marchands vous diront “oui, je vends plein d’or, etc.” Pourquoi ? Parce qu’ils ont de l’or en caisse, ils en détiennent et veulent faire monter le cours. Mais actuellement, non on n’a pas eu une envolée. Les cours montent, on a pas plus de vendeurs. Que devrait-il se passer ? Même s’il n’y a pas d’acheteurs, on devrait avoir un nombre important de vendeurs. Or il n’y a pas de vendeurs. Donc s’il n’y a pas de vendeur, il ne peut y avoir d’acheteur puisqu’on ne peut rien leur proposer en échange. Au moment où on a eu une vraie fièvre de l’or au mois de septembre de l’année dernière, c’est-à-dire que les cours sont montés assez rapidement suite à la crise financière, les journalistes sont venus dans la rue faire des reportages, en disant “il y a une fièvre de l’or. Mais la fièvre de l’or n’a pas eu lieu. Les gens se sont interrogés, se sont renseignés mais ce n’est pas parce que le napoléon vaut aujourd’hui 125 et que le lingot est à plus de 23000 que vous avez des vendeurs. Quand vous vendez de l’or, pourquoi le faites-vous ? C’est parce que vous avez besoin d’argent. Aujourd’hui quelqu’un qui a de l’or, des lingots ou des napoléons dans son coffre, n’a pas intérêt à les vendre pour les transformer en papier. Papier qui connaît de l’inflation, de l’érosion. Et, s’il les place en bourse, il risque de perdre de l’argent s’il fait de mauvais placements.

Mais quel va être l’effet de la crise sur la valeur de l’or ?

Plus la crise va se renforcer, plus nous risquons d’avoir de l’inflation, une baisse des taux d’intérêt, une baisse de la bourse, et plus l’or va redevenir une valeur intéressante. Quand vous aviez des taux d’intérêt à 10%, quand la bourse faisait 30% par an, avoir de l’or n’avait aucun intérêt. Quand vous commencez à voir une crise et que l’on ne sait pas de quoi le lendemain sera fait, les gens peuvent se réfugier à ce moment-là sur ce type de placement. Je ne vous rappellerai qu’une seule chose, une pièce de 20 francs or pèse 6.45 grammes, 5.80 grammes d’or pur. En 1914 c’est vingt francs or. En 1919 c’est toujours 20 francs, mais ce n’est plus coté. En 1928 c’est 100 francs, en 1933 c’est 300 francs et 1942 c’est 5000 francs.

Mais concrètement, selon vous, faut-il acheter de l’or aujourd’hui ?

Vous savez, il faut avoir de l’or pour la Chandeleur, ça porte bonheur. Mais autrement, ceux qui ont de l’or doivent le garder s’ils n’ont pas besoin d’acheter une maison ou de faire quelque chose d’important. Pour ceux qui n’en ont pas et qui pensent que malheureusement les conditions économiques vont s’aggraver et qu’on risque d’avoir une guerre, etc. ayez un peu d’or. Mais d’un autre côté, faire le pari de l’or, c’est faire le pari de la crise qui dure.

La Lettonie est au bord de la faillite?

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20 mar 2009

“Cher Roman Abramovitch, Comme vous le savez, notre pays natal, la Lettonie, a fait faillite et mène actuellement des nĂ©gociations avec le FMI pour vendre notre Etat pour 7,5 milliards d’euros. La population lettonne est travailleuse et accommodante, le sol est Ă©cologiquement pur et il y a beaucoup de place pour y accueillir votre yacht.

Depuis quelque temps, une pĂ©tition circule sur internet pour que le milliardaire russe Roman Abramovitch achète la Lettonie ! La plaisanterie comptabilise plus de 1000 signatures ! Une autre pĂ©tition demande Ă  la Suède d’occuper le pays, invoquant que “ l’Etat letton n’a aucune raison d’exister“. C’est vrai que selon l’agence de notation Standard and Poor’s, la Lettonie devrait accuser un recul de son PIB rĂ©el cette annĂ©e de 12 %. Et la dette publique devrait peser 58 % du PIB en 2011. Le marchĂ© des contrats d’échange contre le risque de dĂ©faut classe la dette lettone au cinquième rang mondial des dettes les plus risquĂ©es. Alors mĂŞme que ces dernières annĂ©es, la croissance atteignait 12 % par an ! Eh oui, les investisseurs adoraient la Lettonie ! Ils  bâtissaient des supermarchĂ©s, s’engageaient dans l’industrie des services ! Les banques suĂ©doises ont ouvert leurs comptoirs et distribuĂ© hypothèques et cartes de crĂ©dit sans compter.Fin 2008, le vent glacial de la crise du crĂ©dit est venu geler net le petit miracle letton. Le cercle vicieux du non-remboursement des prĂŞts a commencĂ©. L’économie « du crĂ©dit » est vite devenue « l’économie du dĂ©ficit ».  Et que font les banques suĂ©doises? Ils ont rĂ©agi durement! Retrait des capitaux! “Jusqu’au moment ou sa pose presque un problème de souverainetĂ© nationale”, selon Michel Foucher, ex-ambassadeur de France Ă  Riga.

Et puis il y a eu l’affaire de la Parex Bank, la plus importante banque non-suĂ©doise, un havre de paix pour les capitaux russes qui sont partis depuis. Du coup, pour Ă©viter le naufrage « a la Lehman Brothers », Parex a Ă©tĂ© nationalisĂ©. Mais alors oĂą trouver de l’argent ? Au mois de fĂ©vrier, l’Union europĂ©enne, le FMI et la Banque europĂ©enne de reconstruction, ont accordĂ© Ă  Riga un prĂŞt de secours de 7,5 milliards d’euros – l’équivalent de 35% du PIB letton – « pour permettre au gouvernement de faire face Ă  ses dĂ©penses courantes de 2009 et pour recapitaliser en urgence la deuxième banque du pays ». La Lettonie devra le rembourser entre 2012 et 2013 mais l’analyste Janis Grasis exprime des doutes à cet Ă©gard : « L’Etat n’aura pas suffisamment de ressources fiscales pour rembourser cette somme Ă©norme au bout de trois ans. Ce serait faisable, disons, en dix ou quinze ans. Mais peut-ĂŞtre qu’on peut espĂ©rer connaitre le mĂŞme sort que l’Argentine Ă  qui on a annulĂ© une partie de sa dette ?! »

 Et si le FMI venait à se trouver en faillite à son tour ? Nous pourrons toujours faire appel à ce qui restera de milliardaires !