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Tous les billets de la catégorie capitalisme

L’Euro sans L’Union

BCE, bourse, capitalisme, Lisbonne, euro, banque, présidence, UE, crise, Allemagne 0 commentaire »
30 nov 2009

Le 31 décembre 1998, Jacques Santer, le président de la commission européenne de l’époque annonce « un événement de toute première importance » : la création de l’euro au 1er janvier 1999. Dix ans et 2 présidents plus tard, où en est l’union monétaire ?  J’ai posé la question à  Paul De Grauwe, conseiller de l’actuel président de la commission, Mr. Barroso. De nombreux gouvernements de l’Union ont laissé filer leur déficit budgétaire et se sont endettés pour relancer leur économie. La Commission européenne les rappelle à l’ordre et leur demande de  respecter les critères de Maastricht. A-t-elle une chance d’y parvenir, Paul De Grauwe?

ai

Pourtant Jean Claude Trichet vient de déclarer au journal Le Monde que « respect des critères de Maastricht est essentiel ».

ai

Ni plus ni moins ! A quoi donc servait-il ? Peut-on vivre dans l’union monétaire sans les critères de Maastricht ?

ai

Avant d’entrer dans la zone euro, la RFA a pleinement réussi son union monétaire avec l’ex RDA. Mais aujourd’hui, l’Allemagne réunifiée montre-t-elle  la même solidarité envers les autres pays de la zone euro pour qui il devient de plus en plus difficile d’emprunter le d’argent tant ils sont endettés ?! Vous étiez partisan d’émission d’obligations communes à tous les membres de la zone euro, des « eurobonds », Paul De Grauwe. Ou en sommes-nous aujourd’hui ?

ai

Et si un état, comme l’Irlande par exemple, se retrouvait en faillite ? Que feraient les allemands ? Quels sont les risques majeurs concernant la cohésion de la zone euro ?

ai

Eh oui ! Dans un article qui date de 2006, Paul De Grauwe écrivait : « l’Euro est néfaste à l’économie de l’Italie ! ». L’euro a été conçue principalement pour pousser les pays vers  l’union politique. Dix ans après sa création, nous n’avons toujours pas de gouvernement européen. Cette situation est-elle viable ? En 2006, Paul De Grauwe répondait que non. Que répond-il aujourd’hui ?

ai

La décision de la cour constitutionnelle allemande de cet été tend à montrer que l’Allemagne n’ira pas plus loin dans le transfert de souveraineté vers les institutions communautaires. Il n’y aura donc pas de véritable gouvernement de l’Union. Une conclusion Monsieur le Conseiller de la Présidence :

ai

Les frontières de la crise: la Lettonie

BCE, FMI, capitalisme, euro, banque, UE, crise, financiere, Lettonie 0 commentaire »
15 nov 2009

Il y a 3 semaines, les médias du monde entier ont diffusé cette information-choc : un météorite vient de tomber en plein cÅ“ur de la Lettonie. Un météorite, qui s’est avérée être une falsification publicitaire pour la compagnie de  téléphonie mobile Tele 2. Le porte-parole de cette entreprise suédoise bien implantée dans la république balte affirme que le but de l’opération était de « redonner confiance à la population lettone et de montrer qu’un événement unique peut remettre un petit pays au centre de l’attention de tout le monde ». Le deuxième objectif étant pleinement rempli , essayons d’analyser pour l’instant d’où vient ce manque de confiance. C’est simple - la Lettonie est au bord de la faillite et la crise est arrivée comme une véritable météorite. Explication du premier ministre Valdis Dombrovskis :

« Tout ca a commencé en 2005/2007. Ce furent des années de croissance très importante, mais même avec une croissance à 2 chiffres le gouvernement de l’époque n’a pas équilibré le budget ! Des mesures anti-inflationnistes ont été prises tardivement, le volume des crédits a doublé en 2006/2007 et les restrictions sur ces crédits ont également été introduites très tardivement. Donc la politique macroéconomique a été fondamentalement mauvaise.»

Un flux d’argent trop important pour une économie trop petite pour l’ absorber de façon productive. Cela a conduit à l’inflation, la spéculation et la surconsommation. Si la dette de l’état était raisonnable, l’endettement du secteur privé ne l’était pas. La bulle devait éclater de toute façon, mais c’est le choc « Lehman Brothers », qui l’a provoqué. Tout le monde a cédé à la panique - les capitaux étrangers (scandinaves et ex-soviétiques) sont partis, les gens ont commencé à retirer l’argent en masse. Résultat - la faillite de la première banque de dépôt du pays, Parex. Pour éviter le pire la banque a été nationalisée, mais le sauvetage a couté tellement cher que le petit état  s’est retrouve lui-même au bord de la faillite ! Ensuite  est venue la récession, la chute de la consommation… Que faire ? Pour la ministre de l’éducation Tatjana Koke, la recette est simple :

« C’est le moment pour tout le monde, pour la nation entière, de comprendre que nous pouvons dépenser uniquement ce nous avons gagné, pas plus ! »

Effectivement, pour combler le manque à gagner qui augmente tous les jours, la Lettonie n’arrive même pas à emprunter sur les marchés ! Il faut donc compter sur l’aide financière internationale. Le FMI et L’Union Européenne lui sont venus en aide. Mais pour la conserver il faudra respecter une discipline budgétaire très stricte, par exemple réduire les dépenses de 500 millions de lats par an entre 2009 et 2012 ! Comment ? Voici une idée du ministre de la santé :

« Si on prend le financement du système de santé il ne faut pas prendre en considération uniquement les ressources budgétaires. Il ne faut pas oublier une autre partie, la contribution des patients, de la population. Moins l’état finance la médecine plus elle sera financée directement par la population. Même si l’état ne finance plus certains services ils resteront en place car les gens auront toujours besoin de se faire soigner.»

L’idée est donc simple - les services existeront, même s’ils ne sont plus totalement publics. Évidemment, les médecins, les policiers, les enseignants ne sont pas très contents…Le salaire de ces derniers a diminué de 40% cet été ! Et pourquoi ne pas tout simplement fermer la moitié des écoles ? En Lettonie on compte seulement entre 8 et 10  élèves par l’enseignant. Appliquons la moyenne européenne ! Ça laisse sceptique le patron du syndicat letton de l’éducation, pour l’instant toujours nationale:

« Tous les ans le ministère pense à augmenter le nombre d’élèves par enseignant. Augmenter la taille des écoles et fermer les petites écoles tout simplement.  Mais nous considérons qu’il faut faire une pause. Il faut analyser comment le nouveau système  va fonctionner. Honnêtement, regardes l’état des routes, déplorables, et le manque de bus scolaires… Ah, beaucoup de questions…»

Apparemment, on ne va pas fermer les écoles cette année, mais il reste beaucoup de questions sur l’application des mesures d’économie stricte. Le principal étant : « Peut-on exiger, comme font les préteurs internationaux, les coupes budgétaires aussi drastiques quand le PIB letton régressera de plus de 18% cette année ? »  Raita Karnite, économiste letton est amère:

“Chez nous en Lettonie la politique principale est la politique du budget national. Et on respecte les chiffres macroéconomiques. Mais qui aura besoin de ces chiffres si l’état n’a plus de citoyens? Et les gens commencent à émigrer a nouveau!”

Et si on dévalue la monnaie nationale, comme l’ont fait les Russes et les Britanniques ? La banque centrale lettone a dépensé 1 milliard d’euros en juin 2009  pour soutenir le lat ! Oui, mais la majorité des emprunteurs lettons ont pris des crédits en euros et auront donc plus à rembourser. Et puis, la Lettonie veut adopter l’euro. Pour cela,  il faut respecter les critères de  Maastricht. C’est vrai qu’en France on vient de les oublier… Oui,  mais ce qui est permis a un pays fondateur de l’Union n’est pas permis à la Lettonie. Bref, pas question de creuser le déficit  ni de dévaluer! Un ministre letton a même dit un jour qu’une chute de météorite serait plus probable  que la dévaluation de la monnaie nationale.

Mais une météorite vient de tomber, n’est-ce pas ?

Les frontieres alimentaires chez Pasi et Rita

Royaume Uni, cuisine, alimentation, frontière, capitalisme, Portugal, Finlande, voyage 2 commentaires »
17 oct 2009

 © ai

Bienvenue chez Pasi et Rita, un couple finno-portugais installé à Londres.  Il est 18h00 et selon la tradition finlandaise, Pasi nous prépare le diner. Au menu : poisson et galettes de haricots rouges, une recette brésilienne.

 © ai

La cuisine exotique est à la mode chez vous, Pasi ?

« Oui. La cuisine « globale » est arrivée dans les villes finlandaises. Parmi mes amis, certains optent pour le végétarisme, d’autres sont fans de la cuisine indienne ou même orientale. Les gens choisissent librement la zone géographique qui les intéresse. Pour certains ce sera  l’Italie, pour d’autres autres pour la France… »

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S’intéresser aux recettes exotiques - et à la cuisine tout court - ne va pas de soi dans la famille de Pasi :

« J’ai été élevé dans une famille où toute la nourriture provenait de boites de conserves. Ma situation est probablement assez extrême mais elle symbolise toute une tradition nord-européenne pour laquelle manger est devenu une activité utile, obligatoire, bien plus qu’un plaisir ou même un moment privilégié pour se retrouver en famille. »

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Rita, comme Pasi, est une enfant des années 1970. Mais sa tradition culinaire est tout à fait différente :

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« Quand vous voyez vos parents cuisiner depuis votre plus jeune âge, que vous avez l’habitude de voir la transformation d’un morceau de viande ou d’un poisson, avec ses yeux, sa queue… vous n’avez pas peur des ingrédients ! Vous n’avez pas peur de cuisiner contrairement aux gens qui habitent ici, à Londres, et qui s’écrient : « oh mon dieu, c’est un poisson vivant !!! ». Vous apprenez les bases : comment couper les oignons, les faire revenir, comment saler la préparation etc.»

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Pasi regarde son livre de recettes pour terminer la préparation de son plat brésilien pendant que Rita me parle des frontières alimentaires entre le Portugal et la Finlande :

« Pour nous, le vin, c’est tout à fait naturel. Pour eux, c’est plutôt la vodka ou la « koskenkorva » ou encore un autre alcool fort. Pour eux, le vin, c’est cher, c’est français, c’est « ou-la-la ! »,  bref, c’est chic ! »

 © ai

Et pendant que Rita me sert un verre de bon vin blanc portugais, elle continue à pointer les différences :

« Le petit déjeuner finlandais traditionnel, c’est une bouillie avec des fruits par-dessus et du café. Pour nous, une bouillie, ce n’est pas possible! C’est de la nourriture pour les enfants ! Comme si quelqu’un l’avais déjà prémâché pour vous ! Beurk ! Pour le petit déjeuner portugais c’est terriblement simple : juste du café, un morceau de pain avec du beurre. C’est tout ! »

Et comment on déjeune, Rita ?

« Ici, en Angleterre, vous voyez partout les gens debout avec leurs sandwichs pendant la pause déjeuner. Au Portugal, vous êtes assise devant une assiette ! Peut être une petite assiette, mais une assiette quand même ! Devant  un plat chaud, une soupe, par exemple. Et les gens prennent une heure et demie voire 2 heures pour manger. Pasi m’a appris qu’en Finlande, on apporte sa nourriture au bureau. Je trouve ça complètement dingue ! Mais, en même temps, quand on pense que dehors, il peut y avoir du blizzard, ça paraît moins étrange !

 © ai

Au Portugal et en Finlande, le déjeuner se termine par un café, mais là encore on trouve une nouvelle frontière. Pasi :

« Un déjeuner finlandais se termine avec au moins 20 cl de café-filtre. Le café portugais, c’est dans une tasse à café pour Mickey Mouse ! »

Pasi et Rita vont se marier l’année prochaine. Bien malin qui pourra dire quel sera le menu…

Les idiots et les routes

arctique, Yamal, gazprom, investissement, capitalisme, Russie, crise, financiere, présidence 0 commentaire »
11 oct 2009



Comme l’écrivait Nikolaï Gogol, la Russie a deux problèmes majeurs : les idiots et les routes. A en juger par le reportage de la première chaine de la télévision russe, le problème d’infrastructure est toujours aigu. Nous sommes sur la presqu’ile de Yamal, en Sibérie. Yamal est littéralement coupée du reste du monde par la toundra ! Mais voici que le PDG de Gazprom, Alexei Miller, inaugure le pont qui passe la rivière Yuribey, un point nodal du nouveau chemin de fer qui va traverser la presqu’ile pour arriver dans un port sur l’océan arctique:

« La longueur de ce pont est de 3,9 km ! C’est le pont le plus long jamais construit  au-delà du cercle polaire! Construit dans un délai record de seulement 341 jours ! ».

Mais pourquoi diable le PDG de la compagnie gazière inaugure un pont ? Eh bien, parce qu’il s’agit de la Sibérie. Ce n’est pas pour rien qu’on appelle Yamal la « presqu’île aux trésors »…  Effectivement, si on fait le compte de tout ce que renferme le sol de cette presqu’ile sibérienne, l’endroit n’a pas beaucoup de concurrents dans le monde. Vladimir Poutine, premier ministre russe :

« Les réserves de gaz sont de 55 trillions de mètres cubes! Cela a été confirmé par les explorateurs et les documents. Le gaz qu’on va extraire ici pourra compenser l’épuisement des vieux gisements gaziers et va offrir a la Russie des opportunités supplémentaires pour les exportations. Et là je ne parle pas uniquement des volumes, mais également de l’ouverture de nouveaux marchés ! »

Mais encore faut-il extraire ce gaz de Yamal ! Ce qui est bien avec la première chaîne de la télévision russe, c’est qu’elle nous montre qui va s’en occuper. Comme toujours, depuis 10 ans, c’est Vladimir Poutine lui-même qui s’en chargera ! Il est venu en personne sur Yamal pour animer une conférence à ce sujet. Une conférence à laquelle ont également participé les représentants de 12 grandes multinationales : Shell, Mitsui, Mitsubishi, Eni…

« Faisons de Yamal une plate-forme de la coopération internationale ! “. Tel est le mot d’ordre. Vladimir Poutine:

« Dans ce projet Yamal, il faudra étudier la question de la construction d’une usine de liquéfaction du gaz naturel et de toute une infrastructure portuaire correspondante - le port maritime, mais aussi des bateaux capables de naviguer dans l’océan arctique. La construction d’une telle usine ouvrira au gaz russe de nouveaux marchés et permettra à la Russie de maîtriser des technologies innovantes qu’elle ne connaît pas à l’heure actuelle.»

La Russie n’a pas tellement besoin d’argent. Par contre, il lui faut des technologies modernes, c’est ce qui lui manque cruellement (avec les routes d’ailleurs). C’est pour cette raison que Vladimir Poutine invite les capitalistes des pays qui ont une bonne maîtrise technologique à investir dans Yamal. Le gaz contre la technologie. Au premier semestre 2009, la Russie a attiré seulement 12 milliards de dollars d’investissements étrangers. C’est 30% de moins que pour la même période sur l’année 2008, et deux fois moins qu’en 2007 ! Plus grave encore, pour la première fois depuis 3 ans, les investissements russes a l’étranger sont de 67% supérieurs aux investissements étrangers en Russie! Mais l’homme qui s’occupe de tout en Russie est confiant : “Je suis sûr que le pays a une chance de devenir un des centres mondiaux d’attraction des investissements. La crise ne doit pas nous éloigner de ce but mais au contraire nous en rapprocher”, estime l’ex-président, que l’on appelle désormais  “le PDG de la corporation “Russie”.

« Nous ouvrons les portes aux investissements étrangers. Leur volume croit chaque année. Et nous en sommes ravis. Nous allons continuer à les soutenir. La nouvelle loi sur les investissements étrangers ne les interdit pas, bien au contraire, elle créée des conditions transparentes pour les investisseurs. C’était le principal objectif de cette loi. »

La nouvelle loi sur les investissements étrangers concerne, je cite : “les activités qui présentent une importance stratégique pour la défense et la sécurité du pays”. La loi a été adoptée en mai 2008, juste avant le début de la crise financière. Pour investir dans “les secteurs stratégiques”, il faut désormais avoir l’aval de l’état. Et puisque l’état se dirige comme une compagnie, il faut l’aval de son “PDG”. Même si a priori, cette nouvelle loi - qui complique les choses pour les investisseurs - ne concerne pas  explicitement l’exploitation des ressources sur Yamal, les patrons des multinationales auront toujours besoin d’avoir des relations cordiales avec le seul véritable PDG russe.

La Valeur Kulvik

capitalisme, fond, investissement, Suisse, bourse, euro, financiere, Luxembourg, Finlande, banque, crise 0 commentaire »
18 juin 2009

Difficile de mettre la main sur Hannes Kulvik. Toujours entre un conseil financier a Genève et son pays natal, la Finlande, sans oublier Londres et, bien sur, Luxembourg, le siège de son fond d’investissement, « Sifter Fund », ou, plutôt, ses fonds, car ils sont plusieurs, mais toujours fondés sur le même principe. « Sifter » signifie « trier ». La compagnie de Hannes Kulvik a crée un outil d’évaluation - le Stocksifter - qui permet de donner une estimation en temps réel de la valeur objective des 15,000 sociétés les plus importantes du monde, hors fluctuations boursières momentanées. Est-il possible ou non de connaitre la valeur d’une entreprise à un moment donné ? Keynes ne le croyait pas, mais on n’est pas obligé d’être Keynésien…Pour analyser 15.000 compagnies, il ne faudrait pas moins de 135 analystes qui travailleraient dur pendant 2 ans. Stocksifter le fait automatiquement… et en temps réel ! Et l’outil vous donne la valeur réelle de chacune de ces entreprises. Cette « valeur », c’est la valeur dite « valeur », du nom de son inventeur. Ensuite, vous affinez progressivement la recherche et vous choisissez les meilleures opportunités d’investissement. Une vingtaine d’entreprises, qui sont, elles, étudiées par des analystes en chair et en os. Sifterfund ne spécule pas, il investit. Ce sont les entreprises qui créent la valeur, pas les marchés - tel est le mot d’ordre. Nous n’achetons pas des « titres », nous achetons les entreprises qui sont sous-évaluées par la bourse. L’analyse mathématique alliée à une dose de conservatisme. Sifterfund pense avoir trouvé une formule magique.

Le paradis des courtiers

bourse, capitalisme, Londres, livre, dollar, LEAP2020, crise, financiere, banque, euro, GRANDE BRETAGNE 1 commentaire »
28 mai 2009

city of london © A.Ipatovtsev
La circulation n’est pas très dense devant le nouveau siège de la bourse de Londres, près de l’église Saint Paul. La bourse a été créée en 1801, dans un autre quartier, le quartier du change, là où se trouve aujourd’hui la City, l’endroit où s’effectuaient les transactions marchandes… à l’intérieur des « coffeehouses ». Ranald Michie, professeur à l’Université de Durham, est spécialiste de l’histoire des marchés financiers : « C’était au moment des guerres révolutionnaires françaises, sous Napoléon. La dette du gouvernement anglais augmentait rapidement. 800 millions de livres vers la fin de la guerre - une somme astronomique a l’époque. Donc il est apparu un besoin d’avoir une place où l’on pourrait vendre des titres. Mais il fallait également éliminer le risque de non payement, le risque de contrepartie. »La bourse pourrait être définie comme un marché, mais un marché contrôlé par des règles et des régulations. C’est la différence avec « le marché » tout court. Et aujourd’hui, c’est quoi la bourse, professeur Michie ?

« D’un côté, rien n’a véritablement changé. Mais une chose a changé pourtant - il n’est plus question de dette de l’état, seules les actions d’entreprises y sont échangées !).  Deuxième changement - le rôle des banques. Il y a très peu de courtiers indépendants, les affaires sont faites par les banques. Et puis, la technologie aussi… Pendant longtemps, le « trading floor » était souverain ! Pour vendre des titres, il fallait être membre de la bourse. Aujourd’hui, tout se fait électroniquement. Vous pouvez interagir avec les autres courtiers de chez vous à travers l’écran de votre ordinateur. »

Le bruit des voitures à l’extérieur de la bourse de Londres…. A l’intérieur, l’ambiance est beaucoup plus silencieuse car la vente à la criée est remplacée par des transactions électroniques. Et ca depuis le « big bang » de Margaret Thatcher - la libéralisation du fonctionnement de la bourse - qui a  facilité l’arrivée rapide de banques américaines et ouest-européennes à Londres et  développé le marché financier grâce à la baisse des coûts. La City, auparavant considérée comme un lieu élitiste pour gentlemen anglais, est aujourd’hui le paradis des courtiers « golden boys ». Le marché londonien des titres est le plus important d’Europe. Mais comment une entreprise choisit-elle la bourse dans laquelle elle sera cotée ?

« La compagnie regarde les prix qu’elle peut obtenir pour ses titres et elle évalue les charges pour être listée à Londres ou a New York. Et ca ne dépend pas uniquement de la bourse, mais également des autorités. Vous savez, après le “scandale Enron, les Etats-Unis ont augmenté la charge régulatrice qui pèse sur les entreprises. Résultat : les entreprises sont parties de New York pour venir chez nous. Donc, si maintenant, avec la crise, l’Union Européenne durcit la régulation pour l’introduction en bourse, les entreprises partiront ailleurs. C’est inévitable ! »

Ceci est donc une forme d’avertissement du Professeur Richie aux régulateurs français ! Dans quelques jours, Xavier Rolet - l’ancien directeur de Lehman Brothers France - prendra la tête du London stock exchange qui regroupe les places de Londres et de Milan. Avec la crise, les introductions en Bourse sont devenues rares, les montants des transactions boursières diminuent et la valeur des titres fond. La valeur des groupes du Footsie-100 s’est ainsi réduite de 34% en 2008. En plus, après une nouvelle dérèglementation récente, les nouveaux acteurs -  Turquoise et  Instinet - empiètent de plus en plus sur les parts de marché de la bourse de Londres.

« La part de la bourse de Londres dans les entreprises de l’indice boursier Footsie 100 ne représente aujourd’hui que 68% du volume des ventes. 32% des transactions s’effectue donc ailleurs. Mais cela ne veut pas dire que ces titres sont partis à New York ou a Euronext. Non ! Ils sont partis vers les plateformes électroniques. Mais le prix de référence est toujours fixé par la bourse de Londres. »

L’Université de la bourse

Moscou, dollar, bourse, capitalisme, radio, euro, France, banque, rouble, Russie 0 commentaire »
19 mai 2009

« Il existe aujourd’hui un large consensus, au sein des élites économiques et politiques, pour juger que la culture économique des Français est insuffisante. Ce manque de culture économique expliquerait la méfiance, voire l’hostilité, de larges fractions de l’opinion à l’égard de l’économie de marché, un comportement qui trancherait par rapport à celui observé chez la plupart de nos voisins européens», écrit Philippe Fremeaux dans « Alternatives économiques » de mai 2009.

Les anciens pays de l’est  européen n’ont plus envie de chercher des alternatives au capitalisme, ils préfèrent essayer de le comprendre. Tenez, sur un excellente radio « Echo de Moscou », on a ouvert « L’université de la bourse ». Un auditeur, Igor, s’interroge : « J’ai une petite somme d’argent libre, aux alentours de 1000 dollars. Vous pourriez me donner un conseil, quoi dois-je faire ? »

« Je conseillerais à Igor de ne rien faire avec ses 1000 dollars. A quoi bon ? Igor à 1000 dollars, il va le convertir dans une autre devise, il va gagner 10%. 100 dollars c’est quoi ? C’est beaucoup ? Vous comprenez, cette petite somme ne permet pas de travailler sur les marchés. Il vaut mieux le mettre sur un compte dépositaire dans une banque ». Donc, pour jouer en bourse, il faudra être un peu plus riche qu’Igor, suggère subtilement Vladimir Gavrilenko, directeur de l’Université de la bourse de Moscou, l’invité de l’émission radiophonique « l’université de la bourse » du 15 avril.

Le programme, comme tout ce qui est fait sur « Écho de Moscou », est interactif. On peut appeler pendant le direct, on peut poser ses questions en amont sur le site de l’émission…. Comme cet auditeur qui se demande si « le comportement des acteurs a la bourse est défini par le niveau de connaissances acquis ou plutôt par la psychologie humaine ? »

Monsieur Gavrilenko lui répond : «Vous comprenez, qu’est ce que définit  le prix sur le marché ? La psychologie de la foule. Si aujourd’hui nos concitoyens décident que la crise est finie et que le moment est venu d’acheter des actions, l’index de notre bourse va s’envoler ! Pourquoi ? Parce que les gens ont de l’argent. Mais nous avons tous peur et nous ne savons que faire de cet argent. Souvenez vous, il y a quelques mois j’ai fait un pronostic en disant que l’index de la bourse de Moscou allait monter de 300 points ? Regardez - février 2009, l’index était à 500, aujourd’hui on est a 800 ! Pile poil ! Donc ceux qui, à l’époque, imaginaient que l’effondrement allait se poursuivre ont eu tort. 500 points - c’est la limite basse. Mais celui qui achète aujourd’hui en espérant profiter de la hausse rapide se trompe aussi. Nous avons atteint un palier en ce moment, il y aura d’abord une baisse, mais ensuite il y aura une troisième vague de croissance. Il faudra investir au tout début de cette troisième vague. Comment le faire pratiquement, appelez le 661 22 20 et venez chez nous assister à nos séminaires thématiques tous les jeudis !».

« Écho de Moscou » est une radio commerciale qui vit de la publicité. Pas étonnant, donc, d’avoir des émissions sponsorisées…A coté des conseils pratiques, on raconte également les effets de la crise actuelle sur la bourse de Moscou : «Notre émission existe depuis 2 ans et, si vous vous souvenez bien, à l’époque les mouvements des actions à la bourse n’étaient pas très forts. Aujourd’hui, les actions des entreprises russes ont augmenté… de l’ordre de 100, 150, 200% depuis 1 mois ! C’est un vrai miracle ! Mais ce genre de miracle ne se produit que pendant les crises ! N’oubliez pas que ces mêmes actions peuvent perdre 100-150% très rapidement. Mais vous pouvez aussi jouer sur la baisse ! Pour cela, il faut prendre une position dit « courte », ou « shorter »… vous pouvez l’appeler comme vous voulez, mais n’oubliez pas qu’on peut gagner plus en jouant à la baisse ! Car l’augmentation est lente mais la baisse est rapide ! Appelez le 661 22 20, le séminaire commence jeudi ! »

Comment jouer sur la baisse. Comment jouer sur toutes les bourses à la fois. Comment ne pas devenir accro aux jeux boursiers ?!… « L’Université de la bourse » de Moscou gagne, sans doute, autant avec la bourse qu’avec ses frais d’inscription. Et les auditeurs de « l’université radiophonique », eux, apprennent le capitalisme gratuitement…