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Tous les billets de la catégorie dollar

Le FMI, l’Ukraine et une vache sacrĂ©e

dollar, elections, CEI, FMI, banque, crise, financiere, Pologne, Ukraine 1 commentaire »
20 déc 2009

Le 8 octobre 2008, le prĂ©sident de l’Ukraine, Viktor Yushenko, s’adresse Ă  ses compatriotes. Depuis que la coalition des forces dĂ©mocratiques, issue de la « rĂ©volution orange », a Ă©clatĂ© au mois de septembre, le pays est ingouvernable. Yushenko annonce donc la tenue prochaine d’Ă©lections lĂ©gislatives. Aucune allusion Ă  la crise financière survenue deux semaines plus tĂ´t. Pourtant, la situation Ă©conomique ne laisse pas penser que l’Ukraine sera Ă©pargnĂ©e. Elle sera mĂŞme bientĂ´t si malade que le PrĂ©sident devra revenir sur sa propre dĂ©cision et finalement annuler le scrutin quelques semaines plus tard ! Selon l’ex-ministre de l’Ă©conomie - Victor Sousloff - interrogĂ© par Radio LibertĂ©, le raison est simple : l’Ukraine vit Ă  crĂ©dit de façon dĂ©raisonnable:”C’est une question de politique Ă©conomique. Vous attirez des capitaux, vous organisez un accès très facile aux crĂ©dits mais ne rĂ©gulez pas du tout les flux des capitaux… chose que la Banque Centrale devait faire normalement, elle devrait regarder oĂą vont les 85 milliards de dollars empruntĂ©s ! Vous savez, cet argent est principalement parti vers les crĂ©dits hypothĂ©caires, de consommation, pour acheter les voitures… Bref, cette politique devait se terminer par un crash ! Et puis on commence Ă  se plaindre que notre acier ne se vend plus Ă  cause de la crise ! Eh bien, il fallait Ă  l’Ă©poque dĂ©penser l’argent pour moderniser le secteur de la mĂ©tallurgie ! »

L’expert ukrainien, Alexandre Zholud, enfonce le clou :

«Toutes les exportations ukrainiennes ont chutĂ©. Et on n’achète plus ukrainien mĂŞme avec des prix bas ! Cela concerne les principaux produits d’exportation : les mĂ©taux, les engrais, les produits agricoles, les machines… Donc les volumes d’exportations baissent, et les recettes aussi ! »

Les rĂ©serves ukrainiennes s’Ă©levaient Ă  30 milliards de dollars en octobre 2008. La dette globale dĂ©passait les 100 milliards de dollars. La moitie de cette dette est constituĂ©e de la dette des banques qu’il fallait rembourser pendant les pires mois de la crise. La solution : emprunter encore ! 16,5  milliards de dollars empruntĂ©s Ă  un faible taux  - 4% -  auprès du FMI. L’Ă©conomiste Vladimir Lanovoy:

« Le crĂ©dit du Fmi est très important pour l’Ukraine, car la balance commerciale du pays est nĂ©gative ! On doit payer plus d’argent que nous en disposons. Les investissements et autres entrĂ©es d’argent depuis l’Ă©tranger ne suffisent pas. Si nous n’avions pas l’apport du FMI, le grivna - la devise ukrainienne - deviendrait instable et serait sans cesse dĂ©valuĂ©e ! »

ThĂ©oriquement, le FMI ne devrait pas prĂŞter Ă  un pays dont l’Ă©conomie est si mal gĂ©rĂ©e que la question de son remboursement de prĂŞt peut ĂŞtre sĂ©rieusement posĂ©e. Du coup, le FMI impose toute une sĂ©rie de mesures de rigueur. Irina Akimova, « le ministre de l’Ă©conomie de l’ombre » de la partie de l’opposition les Ă©numère :

« Tout d’abord, c’est la rĂ©duction du dĂ©ficit budgĂ©taire. En 2009, on devait avoir un budget sans dĂ©ficit ! Mais que signifie un budget sans dĂ©ficit quand les dĂ©penses sociales sont si importantes ? Cela veut dire que les revenus rĂ©els de la population vont baisser ! Et c’est une mesure très impopulaire ! Évidemment, s’attendre Ă  de telles mesures de la part du Premier Ministre - Mme Timoshenko - est très improbable. D’autant plus qu’elle est l’une des candidates pour les Ă©lections prĂ©sidentielles Ă  venir. Elle doit tenir ses promesses et on se souvient qu’au dĂ©but de l’annĂ©e, elle nous a promis des standards de vie « a l’europĂ©enne » avant la fin 2009 ! Dans le mĂŞme temps, le chĂ´mage augmente, nous avons des problèmes de paiements d’arriĂ©rĂ©s de salaires et de retraites. Comment le gouvernement va-t-il remplir ses obligations sociales tout en soutenant le marchĂ© intĂ©rieur et la production - voilĂ  la vĂ©ritable question ! »

Vladimir Lanovoy n’est pas content :

« Le FMI ne s’occupe pas des reformes structurelles ! Et il ne demande pas aux gouvernements de changements institutionnels ou de changement de politique sectorielle. C’est prĂ©cisĂ©ment pour cela que ses actions n’aboutissent pas aux rĂ©sultats escomptĂ©s ! Il pense seulement Ă  comment Ă©viter que les finances de l’Ă©tat se retrouvent en faillite Ă  cause des obligations extĂ©rieures et aux dĂ©ficits internes. Je dirais mĂŞme plus, il nous demande d’opĂ©rer quelques changements dans les dĂ©penses budgĂ©taires qui sont contre les reformes structurels ! Prenez le cas de la compagnie gazière « Naftogaz de l’Ukraine ». Il y a une urgence Ă  la restructurer ! Et pourtant le FMI exige qu’on leur donne de l’argent sans condition, juste pour Ă©quilibrer leurs comptes ! »

De toutes façons, les conditions du FMI - qu’elles soient bonnes ou mauvaises - ne sont pas dument remplies. Le Fond MonĂ©taire international a suspendu le payement de la troisième tranche de crĂ©dit. Le Fond sait qu’avant les Ă©lections prĂ©sidentielles du 17 janvier, il ne faut pas s’attendre Ă  ce que la rigueur budgĂ©taire soit au rendez-vous. Un simple exemple : le parlement  a fait fi du vĂ©to du prĂ©sident concernant la loi sur le financement, par la Banque centrale, de la prĂ©paration des championnats d’Europe de football programmĂ©s en Ukraine et en Pologne pour 2012.

Véto ou pas, le foot reste une vache sacrée.

Le paradis des courtiers

bourse, capitalisme, Londres, livre, dollar, LEAP2020, crise, financiere, banque, euro, GRANDE BRETAGNE 1 commentaire »
28 mai 2009

city of london © A.Ipatovtsev
La circulation n’est pas très dense devant le nouveau siège de la bourse de Londres, près de l’Ă©glise Saint Paul. La bourse a Ă©tĂ© créée en 1801, dans un autre quartier, le quartier du change, lĂ  oĂą se trouve aujourd’hui la City, l’endroit oĂą s’effectuaient les transactions marchandes… Ă  l’intĂ©rieur des « coffeehouses ». Ranald Michie, professeur Ă  l’UniversitĂ© de Durham, est spĂ©cialiste de l’histoire des marchĂ©s financiers : « C’Ă©tait au moment des guerres rĂ©volutionnaires françaises, sous NapolĂ©on. La dette du gouvernement anglais augmentait rapidement. 800 millions de livres vers la fin de la guerre - une somme astronomique a l’Ă©poque. Donc il est apparu un besoin d’avoir une place oĂą l’on pourrait vendre des titres. Mais il fallait Ă©galement Ă©liminer le risque de non payement, le risque de contrepartie. »La bourse pourrait ĂŞtre dĂ©finie comme un marchĂ©, mais un marchĂ© contrĂ´lĂ© par des règles et des rĂ©gulations. C’est la diffĂ©rence avec « le marché » tout court. Et aujourd’hui, c’est quoi la bourse, professeur Michie ?

« D’un cĂ´tĂ©, rien n’a vĂ©ritablement changĂ©. Mais une chose a changĂ© pourtant - il n’est plus question de dette de l’Ă©tat, seules les actions d’entreprises y sont Ă©changĂ©es !).  Deuxième changement - le rĂ´le des banques. Il y a très peu de courtiers indĂ©pendants, les affaires sont faites par les banques. Et puis, la technologie aussi… Pendant longtemps, le « trading floor » Ă©tait souverain ! Pour vendre des titres, il fallait ĂŞtre membre de la bourse. Aujourd’hui, tout se fait Ă©lectroniquement. Vous pouvez interagir avec les autres courtiers de chez vous Ă  travers l’Ă©cran de votre ordinateur. »

Le bruit des voitures Ă  l’extĂ©rieur de la bourse de Londres…. A l’intĂ©rieur, l’ambiance est beaucoup plus silencieuse car la vente Ă  la criĂ©e est remplacĂ©e par des transactions Ă©lectroniques. Et ca depuis le « big bang » de Margaret Thatcher - la libĂ©ralisation du fonctionnement de la bourse - qui a  facilitĂ© l’arrivĂ©e rapide de banques amĂ©ricaines et ouest-europĂ©ennes Ă  Londres et  dĂ©veloppĂ© le marchĂ© financier grâce Ă  la baisse des coĂ»ts. La City, auparavant considĂ©rĂ©e comme un lieu Ă©litiste pour gentlemen anglais, est aujourd’hui le paradis des courtiers « golden boys ». Le marchĂ© londonien des titres est le plus important d’Europe. Mais comment une entreprise choisit-elle la bourse dans laquelle elle sera cotĂ©e ?

« La compagnie regarde les prix qu’elle peut obtenir pour ses titres et elle Ă©value les charges pour ĂŞtre listĂ©e Ă  Londres ou a New York. Et ca ne dĂ©pend pas uniquement de la bourse, mais Ă©galement des autoritĂ©s. Vous savez, après le “scandale Enron, les Etats-Unis ont augmentĂ© la charge rĂ©gulatrice qui pèse sur les entreprises. RĂ©sultat : les entreprises sont parties de New York pour venir chez nous. Donc, si maintenant, avec la crise, l’Union EuropĂ©enne durcit la rĂ©gulation pour l’introduction en bourse, les entreprises partiront ailleurs. C’est inĂ©vitable ! »

Ceci est donc une forme d’avertissement du Professeur Richie aux rĂ©gulateurs français ! Dans quelques jours, Xavier Rolet - l’ancien directeur de Lehman Brothers France - prendra la tĂŞte du London stock exchange qui regroupe les places de Londres et de Milan. Avec la crise, les introductions en Bourse sont devenues rares, les montants des transactions boursières diminuent et la valeur des titres fond. La valeur des groupes du Footsie-100 s’est ainsi rĂ©duite de 34% en 2008. En plus, après une nouvelle dĂ©règlementation rĂ©cente, les nouveaux acteurs -  Turquoise et  Instinet - empiètent de plus en plus sur les parts de marchĂ© de la bourse de Londres.

« La part de la bourse de Londres dans les entreprises de l’indice boursier Footsie 100 ne reprĂ©sente aujourd’hui que 68% du volume des ventes. 32% des transactions s’effectue donc ailleurs. Mais cela ne veut pas dire que ces titres sont partis Ă  New York ou a Euronext. Non ! Ils sont partis vers les plateformes Ă©lectroniques. Mais le prix de rĂ©fĂ©rence est toujours fixĂ© par la bourse de Londres. »

L’Université de la bourse

Moscou, dollar, bourse, capitalisme, radio, euro, France, banque, rouble, Russie 0 commentaire »
19 mai 2009

« Il existe aujourd’hui un large consensus, au sein des Ă©lites Ă©conomiques et politiques, pour juger que la culture Ă©conomique des Français est insuffisante. Ce manque de culture Ă©conomique expliquerait la mĂ©fiance, voire l’hostilitĂ©, de larges fractions de l’opinion Ă  l’Ă©gard de l’Ă©conomie de marchĂ©, un comportement qui trancherait par rapport Ă  celui observĂ© chez la plupart de nos voisins europĂ©ens», Ă©crit Philippe Fremeaux dans « Alternatives Ă©conomiques » de mai 2009.

Les anciens pays de l’est  europĂ©en n’ont plus envie de chercher des alternatives au capitalisme, ils prĂ©fèrent essayer de le comprendre. Tenez, sur un excellente radio « Echo de Moscou », on a ouvert « L’universitĂ© de la bourse ». Un auditeur, Igor, s’interroge : « J’ai une petite somme d’argent libre, aux alentours de 1000 dollars. Vous pourriez me donner un conseil, quoi dois-je faire ? »

« Je conseillerais Ă  Igor de ne rien faire avec ses 1000 dollars. A quoi bon ? Igor Ă  1000 dollars, il va le convertir dans une autre devise, il va gagner 10%. 100 dollars c’est quoi ? C’est beaucoup ? Vous comprenez, cette petite somme ne permet pas de travailler sur les marchĂ©s. Il vaut mieux le mettre sur un compte dĂ©positaire dans une banque ». Donc, pour jouer en bourse, il faudra ĂŞtre un peu plus riche qu’Igor, suggère subtilement Vladimir Gavrilenko, directeur de l’UniversitĂ© de la bourse de Moscou, l’invitĂ© de l’Ă©mission radiophonique « l’universitĂ© de la bourse » du 15 avril.

Le programme, comme tout ce qui est fait sur « Écho de Moscou », est interactif. On peut appeler pendant le direct, on peut poser ses questions en amont sur le site de l’Ă©mission…. Comme cet auditeur qui se demande si « le comportement des acteurs a la bourse est dĂ©fini par le niveau de connaissances acquis ou plutĂ´t par la psychologie humaine ? »

Monsieur Gavrilenko lui rĂ©pond : «Vous comprenez, qu’est ce que dĂ©finit  le prix sur le marché ? La psychologie de la foule. Si aujourd’hui nos concitoyens dĂ©cident que la crise est finie et que le moment est venu d’acheter des actions, l’index de notre bourse va s’envoler ! Pourquoi ? Parce que les gens ont de l’argent. Mais nous avons tous peur et nous ne savons que faire de cet argent. Souvenez vous, il y a quelques mois j’ai fait un pronostic en disant que l’index de la bourse de Moscou allait monter de 300 points ? Regardez - fĂ©vrier 2009, l’index Ă©tait Ă  500, aujourd’hui on est a 800 ! Pile poil ! Donc ceux qui, Ă  l’Ă©poque, imaginaient que l’effondrement allait se poursuivre ont eu tort. 500 points - c’est la limite basse. Mais celui qui achète aujourd’hui en espĂ©rant profiter de la hausse rapide se trompe aussi. Nous avons atteint un palier en ce moment, il y aura d’abord une baisse, mais ensuite il y aura une troisième vague de croissance. Il faudra investir au tout dĂ©but de cette troisième vague. Comment le faire pratiquement, appelez le 661 22 20 et venez chez nous assister Ă  nos sĂ©minaires thĂ©matiques tous les jeudis !».

« Écho de Moscou » est une radio commerciale qui vit de la publicitĂ©. Pas Ă©tonnant, donc, d’avoir des Ă©missions sponsorisĂ©es…A cotĂ© des conseils pratiques, on raconte Ă©galement les effets de la crise actuelle sur la bourse de Moscou : «Notre Ă©mission existe depuis 2 ans et, si vous vous souvenez bien, Ă  l’Ă©poque les mouvements des actions Ă  la bourse n’Ă©taient pas très forts. Aujourd’hui, les actions des entreprises russes ont augmentĂ©… de l’ordre de 100, 150, 200% depuis 1 mois ! C’est un vrai miracle ! Mais ce genre de miracle ne se produit que pendant les crises ! N’oubliez pas que ces mĂŞmes actions peuvent perdre 100-150% très rapidement. Mais vous pouvez aussi jouer sur la baisse ! Pour cela, il faut prendre une position dit « courte », ou « shorter »… vous pouvez l’appeler comme vous voulez, mais n’oubliez pas qu’on peut gagner plus en jouant Ă  la baisse ! Car l’augmentation est lente mais la baisse est rapide ! Appelez le 661 22 20, le sĂ©minaire commence jeudi ! »

Comment jouer sur la baisse. Comment jouer sur toutes les bourses Ă  la fois. Comment ne pas devenir accro aux jeux boursiers ?!… « L’UniversitĂ© de la bourse » de Moscou gagne, sans doute, autant avec la bourse qu’avec ses frais d’inscription. Et les auditeurs de « l’universitĂ© radiophonique », eux, apprennent le capitalisme gratuitement…

dollar is forever?

LEAP2020, FMI, or, dollar, BCE, euro, crise, financiere, banque, UE 0 commentaire »
19 avr 2009

Alan Greenspan, qui était le président de la Banque Centrale américaine de 1987 à 2006, a longtemps été un partisan de l’or, « l’or et la liberté économique sont indissociables », écrivait-il en 66. «À part l’étalon or, il n’existe aucun moyen de préserver l’épargne de l’inflation, l’or protège la propriété» disait-il.
Qu’a fait ce même Alan Greenspan pour l’or lorsqu’il était président de la FED ? Rien, si ce n’est le vendre.
Les AmĂ©ricains ont installĂ© leur rĂ©serve d’or au centre d’un camp militaire impressionnant qui est le camp d’entraĂ®nement de l’arme blindĂ©e. Il est Ă©vident que leur or ne pouvait pas ĂŞtre mieux dĂ©fendu que par ces tanks. Mais voilĂ , depuis plusieurs dĂ©cennies dĂ©jĂ , les rĂ©serves des banques centrales sont constituĂ©es de devises et non plus d’or. Le dollar amĂ©ricain est la principale monnaie de rĂ©serve. A partir des accords de Bretton Woods et jusqu’en 1971 le dollar Ă©tait rĂ©putĂ© “as good as gold”, c’est-Ă -dire aussi bon que l’or. En effet, en 1944, les leaders mondiaux du système financier rattachent l’or au dollar Ă  un cours fixe, une once d’or pour 35 dollars mais vers la fin des annĂ©es 60, le prĂ©sident Johnson desserra les liens entre l’or et les dollars avant qu’en aoĂ»t 1971 Richard Nixon ne dĂ©crète leur inconvertibilitĂ© dĂ©finitive. Plusieurs voix s’élèvent alors contre cette dĂ©cision, mais certains voyaient dĂ©jĂ  se dessiner une autre solution Ă  la crise du système monĂ©taire gĂ©nĂ©rĂ©e par la perte de l’étalon d’or.
Valéry Giscard d’Estaing : “Le système monétaire international s’est effondré il y a huit ans, en 1971, et nous sommes entrés dans la période des taux de change flottants et on a bien vu que ce système des taux de change flottants n’était pas favorable à l’économie mondiale. Nous ne pouvions pas, nous, rebâtir le système pour tout le monde, mais nous pouvions au moins le rebâtir pour nous et donc le fait que l’Europe rétablisse un système de stabilité du taux de change est un élément qui permettra – je l’espère – de reconstruire progressivement tout le système.”
C’était il y a exactement trente ans, l’année même de la création du système monétaire européen, un système qui nous a conduits vers l’euro. Aujourd’hui, l’euro est la deuxième monnaie au monde, s’agissant des transactions et depuis décembre 2006, il compte le plus grand nombre de billets en circulation. Que les espoirs étaient grands ! On se demandait même à l’époque si la monnaie européenne n’allait pas détrôner le roi dollar. Souvenez-vous, il y a seulement six mois le dollar était au plus bas par rapport à l’euro, mais la crise financière est venue à nouveau tout bouleverser, c’est à n’y plus rien comprendre. Pourquoi le dollar tient-il toujours et gagne même 22% sur l’euro depuis l’été dernier ? Depuis son lancement en 1999, l’euro n’a pas arrêté de gagner du terrain sur le dollar dans les réserves de change international. En 1999, l’euro représentait moins de 20% des réserves contre plus de 70% pour le dollar, à la fin du deuxième trimestre 2008 c’était 26.7% pour l’euro et 63.6% pour le dollar, c’est les statistiques du FMI. Est-ce que la crise va remettre en cause le statut de l’euro comme monnaie de réserve ?
A priori, non parce que lĂ  encore on a affaire Ă  des comportements de gestion de portefeuille. Qui a besoin de placer des rĂ©serves en devises ? Ce sont les pays excĂ©dentaires en balance de paiement, les opĂ©rations courantes, donc ce sont les pays pĂ©troliers, c’est la Chine. Ils ont ont le choix entre des instruments libellĂ©s en dollar et des instruments libellĂ©s en euro et Ă©ventuellement en d’autres monnaies. Ils composent un portefeuille qui leur parait optimal en fonction de leurs anticipations. L’euro a montĂ© parce que les anticipations de rendement sur les titres en euro Ă©taient supĂ©rieures aux anticipations de rendement sur les titres en dollar. Les gens vendaient des titres en dollar, vendaient les dollars, achetaient de l’euro, achetaient des titres en euro et ils font le mouvement inverse aujourd’hui.

Dollar is forever?