Le FMI, l’Ukraine et une vache sacrĂ©e
dollar, elections, CEI, FMI, banque, crise, financiere, Pologne, Ukraine 1 commentaire »20 dĂ©c 2009
L’expert ukrainien, Alexandre Zholud, enfonce le clou :
«Toutes les exportations ukrainiennes ont chutĂ©. Et on n’achète plus ukrainien mĂŞme avec des prix bas ! Cela concerne les principaux produits d’exportation : les mĂ©taux, les engrais, les produits agricoles, les machines… Donc les volumes d’exportations baissent, et les recettes aussi ! »
Les rĂ©serves ukrainiennes s’Ă©levaient Ă 30 milliards de dollars en octobre 2008. La dette globale dĂ©passait les 100 milliards de dollars. La moitie de cette dette est constituĂ©e de la dette des banques qu’il fallait rembourser pendant les pires mois de la crise. La solution : emprunter encore ! 16,5 milliards de dollars empruntĂ©s Ă un faible taux - 4% - auprès du FMI. L’Ă©conomiste Vladimir Lanovoy:
« Le crĂ©dit du Fmi est très important pour l’Ukraine, car la balance commerciale du pays est nĂ©gative ! On doit payer plus d’argent que nous en disposons. Les investissements et autres entrĂ©es d’argent depuis l’Ă©tranger ne suffisent pas. Si nous n’avions pas l’apport du FMI, le grivna - la devise ukrainienne - deviendrait instable et serait sans cesse dĂ©valuĂ©e ! »
ThĂ©oriquement, le FMI ne devrait pas prĂŞter Ă un pays dont l’Ă©conomie est si mal gĂ©rĂ©e que la question de son remboursement de prĂŞt peut ĂŞtre sĂ©rieusement posĂ©e. Du coup, le FMI impose toute une sĂ©rie de mesures de rigueur. Irina Akimova, « le ministre de l’Ă©conomie de l’ombre » de la partie de l’opposition les Ă©numère :
« Tout d’abord, c’est la rĂ©duction du dĂ©ficit budgĂ©taire. En 2009, on devait avoir un budget sans dĂ©ficit ! Mais que signifie un budget sans dĂ©ficit quand les dĂ©penses sociales sont si importantes ? Cela veut dire que les revenus rĂ©els de la population vont baisser ! Et c’est une mesure très impopulaire ! Évidemment, s’attendre Ă de telles mesures de la part du Premier Ministre - Mme Timoshenko - est très improbable. D’autant plus qu’elle est l’une des candidates pour les Ă©lections prĂ©sidentielles Ă venir. Elle doit tenir ses promesses et on se souvient qu’au dĂ©but de l’annĂ©e, elle nous a promis des standards de vie « a l’europĂ©enne » avant la fin 2009 ! Dans le mĂŞme temps, le chĂ´mage augmente, nous avons des problèmes de paiements d’arriĂ©rĂ©s de salaires et de retraites. Comment le gouvernement va-t-il remplir ses obligations sociales tout en soutenant le marchĂ© intĂ©rieur et la production - voilĂ la vĂ©ritable question ! »
Vladimir Lanovoy n’est pas content :
« Le FMI ne s’occupe pas des reformes structurelles ! Et il ne demande pas aux gouvernements de changements institutionnels ou de changement de politique sectorielle. C’est prĂ©cisĂ©ment pour cela que ses actions n’aboutissent pas aux rĂ©sultats escomptĂ©s ! Il pense seulement Ă comment Ă©viter que les finances de l’Ă©tat se retrouvent en faillite Ă cause des obligations extĂ©rieures et aux dĂ©ficits internes. Je dirais mĂŞme plus, il nous demande d’opĂ©rer quelques changements dans les dĂ©penses budgĂ©taires qui sont contre les reformes structurels ! Prenez le cas de la compagnie gazière « Naftogaz de l’Ukraine ». Il y a une urgence Ă la restructurer ! Et pourtant le FMI exige qu’on leur donne de l’argent sans condition, juste pour Ă©quilibrer leurs comptes ! »
De toutes façons, les conditions du FMI - qu’elles soient bonnes ou mauvaises - ne sont pas dument remplies. Le Fond MonĂ©taire international a suspendu le payement de la troisième tranche de crĂ©dit. Le Fond sait qu’avant les Ă©lections prĂ©sidentielles du 17 janvier, il ne faut pas s’attendre Ă ce que la rigueur budgĂ©taire soit au rendez-vous. Un simple exemple : le parlement a fait fi du vĂ©to du prĂ©sident concernant la loi sur le financement, par la Banque centrale, de la prĂ©paration des championnats d’Europe de football programmĂ©s en Ukraine et en Pologne pour 2012.
Véto ou pas, le foot reste une vache sacrée.



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