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Tous les billets de la catégorie euro

Apparemment, ce sera la Grèce

Grece, BCE, FMI, bourse, euro, Espagne, UE, crise, financiere, Belgique, Allemagne 0 commentaire »
1 mar 2010


 © ai

Godfrey Bloom - membre du parti de l’Independence du Royaume Uni - est connu pour avoir son franc-parler. Il ne cache pas qu’il est entrĂ© en politique Ă  cause de Maastricht, de la monnaie commune contre lesquels il s’est battu. La douloureuse expĂ©rience de 1992 qui avait vu la participation de la livre sterling au Système MonĂ©taire EuropĂ©en a fortement marquĂ© sa pensĂ©e. Souvenez-vous, les attaques spĂ©culatives contre la livre sterling l’ont faite sortir du système de monnaies dotĂ© d’un ancrage de paritĂ© fixe, un système prĂ©curseur de l’euro. Aujourd’hui Godfrey Bloom pense que la Grèce se trouve dans une situation similaire :

« Très peu de pays remplissaient effectivement les critères de Maastricht. La Grèce ne le faisait pas, de mĂŞme que la Belgique, l’Italie, le Portugal, ou  l’Espagne ! TĂ´t ou tard, ça devait mal se terminer. La seule question Ă©tait de savoir  quelle en serait la première victime ? Apparemment, ce sera  la Grèce. »

Effectivement, on sait aujourd’hui que la Grèce a « maquillé » ses comptes pour rentrer dans la zone euro et, plus rĂ©cemment,  qu’elle avait Ă©galement maquillĂ© les chiffres de son dĂ©ficit budgĂ©taire. Certains Ă©conomistes, comme Paul de Grauwe, pensent que les critères de Maastricht ne sont pas essentiels pour l’existence de la monnaie commune. Godfrey Bloom, Ă©conomiste Ă©galement, les trouve utiles et pointe quelques autres difficultĂ©s :

« La zone euro n’est pas une zone monĂ©taire optimale, telle que nous, les Ă©conomistes, la dĂ©finissons. Nous allons toujours avoir des Ă©conomies nationales très diffĂ©rentes qui suivent les diffĂ©rentes Ă©tapes du cycle Ă©conomique. Ca fonctionne comme une boĂ®te de vitesses. Première pour dĂ©marrer, deuxième pour descendre les Champs ElysĂ©es, etc. Et il ne serait pas raisonnable que votre collègue, qui a dĂ©marrĂ© 10 minutes plus tard que vous, soit obligĂ© d’utiliser la mĂŞme vitesse que vous ! On ne sort pas de son garage Ă  la mĂŞme vitesse que lorsqu’on est sur une autoroute ! La monnaie est une vitesse. Une seule monnaie ne peut pas ĂŞtre efficace pour une Ă©conomie fondĂ©e sur le tourisme, une autre sur l’agriculture, et encore une autre sur l’industrie. La seule manière de la rendre efficace est d’assurer des transferts de capitaux. »

Comme ca se fait entre les rĂ©gions d’un mĂŞme pays ?

« Ou, d’ailleurs, comme aux Etats Unis, qui ne sont pas une zone monĂ©taire optimale non plus ! Les Etats-Unis sont composĂ©s d’Ă©tats aussi diffĂ©rents que la Californie, le Michigan, le Wyoming… Mais il existe un système de rĂ©serve fĂ©dĂ©rale, qui, en dernier ressort, joue le rĂ´le de prĂŞteur. »

La Banque Centrale EuropĂ©enne n’a pas d’instrument pour sauver un pays en difficultĂ©, c’est certain. Mais l’entraide entre les Ă©tats reste possible, n’est-ce pas ?

« Il est vrai qu’on est heureux de prĂŞter assistance aux membres de sa famille. Mais le transfert de capitaux suppose une taxation plus Ă©levĂ©e et un appui politique très fort. Les seuls capables de le faire sont les allemands. Ils sont connus pour leur discipline financière. Mais si vous ĂŞtes rigoureux avec votre argent, voudriez-vous qu’on le donne Ă  votre voisin qui va aller le  perdre au casino ? »

Dernière question Ă  Godfrey Bloom. Godfrey Bloom, l’Ă©conomiste…Et si on trouve le moyen de surmonter cette crise qui touche la Grèce, l’Espagne, l’Italie, et d’autres encore… peut-on imaginer que l’euro survive et devienne une vĂ©ritable monnaie de rĂ©serve, ce qui Ă©tait le deuxième but de sa crĂ©ation ?

« Vous auriez besoin d’avoir la mĂŞme discipline fiscale partout, et cela dans chacun des 21 pays membres. Mais ce n’est pas possible ! A moins que l’on retire un peu de dĂ©mocratie aux Ă©tats membres et qu’on leur impose un système commun. Cela vous ramène au point de dĂ©part, Ă  savoir dans quelle mesure le projet europĂ©en est-il dĂ©mocratique ? On a créé la monnaie commune principalement pour des raisons politiques. C’est comme un couple qui se sĂ©pare et qui dĂ©cide de faire des enfants pour prĂ©server son mariage. Cela ne marche jamais ! »

 © ai

L’Euro sans L’Union

BCE, bourse, capitalisme, Lisbonne, euro, banque, prĂ©sidence, UE, crise, Allemagne 0 commentaire »
30 nov 2009

Le 31 dĂ©cembre 1998, Jacques Santer, le prĂ©sident de la commission europĂ©enne de l’Ă©poque annonce « un Ă©vĂ©nement de toute première importance » : la crĂ©ation de l’euro au 1er janvier 1999. Dix ans et 2 prĂ©sidents plus tard, oĂą en est l’union monĂ©taire ?  J’ai posĂ© la question à  Paul De Grauwe, conseiller de l’actuel prĂ©sident de la commission, Mr. Barroso. De nombreux gouvernements de l’Union ont laissĂ© filer leur dĂ©ficit budgĂ©taire et se sont endettĂ©s pour relancer leur Ă©conomie. La Commission europĂ©enne les rappelle Ă  l’ordre et leur demande de  respecter les critères de Maastricht. A-t-elle une chance d’y parvenir, Paul De Grauwe?

ai

Pourtant Jean Claude Trichet vient de déclarer au journal Le Monde que « respect des critères de Maastricht est essentiel ».

ai

Ni plus ni moins ! A quoi donc servait-il ? Peut-on vivre dans l’union monĂ©taire sans les critères de Maastricht ?

ai

Avant d’entrer dans la zone euro, la RFA a pleinement rĂ©ussi son union monĂ©taire avec l’ex RDA. Mais aujourd’hui, l’Allemagne rĂ©unifiĂ©e montre-t-elle  la mĂŞme solidaritĂ© envers les autres pays de la zone euro pour qui il devient de plus en plus difficile d’emprunter le d’argent tant ils sont endettĂ©s ?! Vous Ă©tiez partisan d’Ă©mission d’obligations communes Ă  tous les membres de la zone euro, des « eurobonds », Paul De Grauwe. Ou en sommes-nous aujourd’hui ?

ai

Et si un Ă©tat, comme l’Irlande par exemple, se retrouvait en faillite ? Que feraient les allemands ? Quels sont les risques majeurs concernant la cohĂ©sion de la zone euro ?

ai

Eh oui ! Dans un article qui date de 2006, Paul De Grauwe Ă©crivait : « l’Euro est nĂ©faste Ă  l’Ă©conomie de l’Italie ! ». L’euro a Ă©tĂ© conçue principalement pour pousser les pays vers  l’union politique. Dix ans après sa crĂ©ation, nous n’avons toujours pas de gouvernement europĂ©en. Cette situation est-elle viable ? En 2006, Paul De Grauwe rĂ©pondait que non. Que rĂ©pond-il aujourd’hui ?

ai

La dĂ©cision de la cour constitutionnelle allemande de cet Ă©tĂ© tend Ă  montrer que l’Allemagne n’ira pas plus loin dans le transfert de souverainetĂ© vers les institutions communautaires. Il n’y aura donc pas de vĂ©ritable gouvernement de l’Union. Une conclusion Monsieur le Conseiller de la PrĂ©sidence :

ai

Les frontières de la crise: la Lettonie

BCE, FMI, capitalisme, euro, banque, UE, crise, financiere, Lettonie 0 commentaire »
15 nov 2009

Il y a 3 semaines, les mĂ©dias du monde entier ont diffusĂ© cette information-choc : un mĂ©tĂ©orite vient de tomber en plein cĹ“ur de la Lettonie. Un mĂ©tĂ©orite, qui s’est avĂ©rĂ©e ĂŞtre une falsification publicitaire pour la compagnie de  tĂ©lĂ©phonie mobile Tele 2. Le porte-parole de cette entreprise suĂ©doise bien implantĂ©e dans la rĂ©publique balte affirme que le but de l’opĂ©ration Ă©tait de « redonner confiance Ă  la population lettone et de montrer qu’un Ă©vĂ©nement unique peut remettre un petit pays au centre de l’attention de tout le monde ». Le deuxième objectif Ă©tant pleinement rempli , essayons d’analyser pour l’instant d’oĂą vient ce manque de confiance. C’est simple - la Lettonie est au bord de la faillite et la crise est arrivĂ©e comme une vĂ©ritable mĂ©tĂ©orite. Explication du premier ministre Valdis Dombrovskis :

« Tout ca a commencĂ© en 2005/2007. Ce furent des annĂ©es de croissance très importante, mais mĂŞme avec une croissance Ă  2 chiffres le gouvernement de l’Ă©poque n’a pas Ă©quilibrĂ© le budget ! Des mesures anti-inflationnistes ont Ă©tĂ© prises tardivement, le volume des crĂ©dits a doublĂ© en 2006/2007 et les restrictions sur ces crĂ©dits ont Ă©galement Ă©tĂ© introduites très tardivement. Donc la politique macroĂ©conomique a Ă©tĂ© fondamentalement mauvaise.»

Un flux d’argent trop important pour une Ă©conomie trop petite pour l’ absorber de façon productive. Cela a conduit Ă  l’inflation, la spĂ©culation et la surconsommation. Si la dette de l’Ă©tat Ă©tait raisonnable, l’endettement du secteur privĂ© ne l’Ă©tait pas. La bulle devait Ă©clater de toute façon, mais c’est le choc « Lehman Brothers », qui l’a provoquĂ©. Tout le monde a cĂ©dĂ© Ă  la panique - les capitaux Ă©trangers (scandinaves et ex-soviĂ©tiques) sont partis, les gens ont commencĂ© Ă  retirer l’argent en masse. RĂ©sultat - la faillite de la première banque de dĂ©pĂ´t du pays, Parex. Pour Ă©viter le pire la banque a Ă©tĂ© nationalisĂ©e, mais le sauvetage a coutĂ© tellement cher que le petit Ă©tat  s’est retrouve lui-mĂŞme au bord de la faillite ! Ensuite  est venue la rĂ©cession, la chute de la consommation… Que faire ? Pour la ministre de l’Ă©ducation Tatjana Koke, la recette est simple :

« C’est le moment pour tout le monde, pour la nation entière, de comprendre que nous pouvons dĂ©penser uniquement ce nous avons gagnĂ©, pas plus ! »

Effectivement, pour combler le manque Ă  gagner qui augmente tous les jours, la Lettonie n’arrive mĂŞme pas Ă  emprunter sur les marchĂ©s ! Il faut donc compter sur l’aide financière internationale. Le FMI et L’Union EuropĂ©enne lui sont venus en aide. Mais pour la conserver il faudra respecter une discipline budgĂ©taire très stricte, par exemple rĂ©duire les dĂ©penses de 500 millions de lats par an entre 2009 et 2012 ! Comment ? Voici une idĂ©e du ministre de la santé :

« Si on prend le financement du système de santĂ© il ne faut pas prendre en considĂ©ration uniquement les ressources budgĂ©taires. Il ne faut pas oublier une autre partie, la contribution des patients, de la population. Moins l’Ă©tat finance la mĂ©decine plus elle sera financĂ©e directement par la population. MĂŞme si l’Ă©tat ne finance plus certains services ils resteront en place car les gens auront toujours besoin de se faire soigner.»

L’idĂ©e est donc simple - les services existeront, mĂŞme s’ils ne sont plus totalement publics. Évidemment, les mĂ©decins, les policiers, les enseignants ne sont pas très contents…Le salaire de ces derniers a diminuĂ© de 40% cet Ă©té ! Et pourquoi ne pas tout simplement fermer la moitiĂ© des Ă©coles ? En Lettonie on compte seulement entre 8 et 10  Ă©lèves par l’enseignant. Appliquons la moyenne europĂ©enne ! Ça laisse sceptique le patron du syndicat letton de l’Ă©ducation, pour l’instant toujours nationale:

« Tous les ans le ministère pense Ă  augmenter le nombre d’Ă©lèves par enseignant. Augmenter la taille des Ă©coles et fermer les petites Ă©coles tout simplement.  Mais nous considĂ©rons qu’il faut faire une pause. Il faut analyser comment le nouveau système  va fonctionner. HonnĂŞtement, regardes l’Ă©tat des routes, dĂ©plorables, et le manque de bus scolaires… Ah, beaucoup de questions…»

Apparemment, on ne va pas fermer les Ă©coles cette annĂ©e, mais il reste beaucoup de questions sur l’application des mesures d’Ă©conomie stricte. Le principal Ă©tant : « Peut-on exiger, comme font les prĂ©teurs internationaux, les coupes budgĂ©taires aussi drastiques quand le PIB letton rĂ©gressera de plus de 18% cette annĂ©e ? »  Raita Karnite, Ă©conomiste letton est amère:

“Chez nous en Lettonie la politique principale est la politique du budget national. Et on respecte les chiffres macroĂ©conomiques. Mais qui aura besoin de ces chiffres si l’Ă©tat n’a plus de citoyens? Et les gens commencent Ă  Ă©migrer a nouveau!”

Et si on dĂ©value la monnaie nationale, comme l’ont fait les Russes et les Britanniques ? La banque centrale lettone a dĂ©pensĂ© 1 milliard d’euros en juin 2009  pour soutenir le lat ! Oui, mais la majoritĂ© des emprunteurs lettons ont pris des crĂ©dits en euros et auront donc plus Ă  rembourser. Et puis, la Lettonie veut adopter l’euro. Pour cela,  il faut respecter les critères de  Maastricht. C’est vrai qu’en France on vient de les oublier… Oui,  mais ce qui est permis a un pays fondateur de l’Union n’est pas permis Ă  la Lettonie. Bref, pas question de creuser le dĂ©ficit  ni de dĂ©valuer! Un ministre letton a mĂŞme dit un jour qu’une chute de mĂ©tĂ©orite serait plus probable  que la dĂ©valuation de la monnaie nationale.

Mais une mĂ©tĂ©orite vient de tomber, n’est-ce pas ?

La Valeur Kulvik

capitalisme, fond, investissement, Suisse, bourse, euro, financiere, Luxembourg, Finlande, banque, crise 0 commentaire »
18 juin 2009

Difficile de mettre la main sur Hannes Kulvik. Toujours entre un conseil financier a Genève et son pays natal, la Finlande, sans oublier Londres et, bien sur, Luxembourg, le siège de son fond d’investissement, « Sifter Fund », ou, plutĂ´t, ses fonds, car ils sont plusieurs, mais toujours fondĂ©s sur le mĂŞme principe. « Sifter » signifie « trier ». La compagnie de Hannes Kulvik a crĂ©e un outil d’Ă©valuation - le Stocksifter - qui permet de donner une estimation en temps rĂ©el de la valeur objective des 15,000 sociĂ©tĂ©s les plus importantes du monde, hors fluctuations boursières momentanĂ©es. Est-il possible ou non de connaitre la valeur d’une entreprise Ă  un moment donnĂ© ? Keynes ne le croyait pas, mais on n’est pas obligĂ© d’ĂŞtre KeynĂ©sien…Pour analyser 15.000 compagnies, il ne faudrait pas moins de 135 analystes qui travailleraient dur pendant 2 ans. Stocksifter le fait automatiquement… et en temps rĂ©el ! Et l’outil vous donne la valeur rĂ©elle de chacune de ces entreprises. Cette « valeur », c’est la valeur dite « valeur », du nom de son inventeur. Ensuite, vous affinez progressivement la recherche et vous choisissez les meilleures opportunitĂ©s d’investissement. Une vingtaine d’entreprises, qui sont, elles, Ă©tudiĂ©es par des analystes en chair et en os. Sifterfund ne spĂ©cule pas, il investit. Ce sont les entreprises qui crĂ©ent la valeur, pas les marchĂ©s - tel est le mot d’ordre. Nous n’achetons pas des « titres », nous achetons les entreprises qui sont sous-Ă©valuĂ©es par la bourse. L’analyse mathĂ©matique alliĂ©e Ă  une dose de conservatisme. Sifterfund pense avoir trouvĂ© une formule magique.

Le paradis des courtiers

bourse, capitalisme, Londres, livre, dollar, LEAP2020, crise, financiere, banque, euro, GRANDE BRETAGNE 1 commentaire »
28 mai 2009

city of london © A.Ipatovtsev
La circulation n’est pas très dense devant le nouveau siège de la bourse de Londres, près de l’Ă©glise Saint Paul. La bourse a Ă©tĂ© créée en 1801, dans un autre quartier, le quartier du change, lĂ  oĂą se trouve aujourd’hui la City, l’endroit oĂą s’effectuaient les transactions marchandes… Ă  l’intĂ©rieur des « coffeehouses ». Ranald Michie, professeur Ă  l’UniversitĂ© de Durham, est spĂ©cialiste de l’histoire des marchĂ©s financiers : « C’Ă©tait au moment des guerres rĂ©volutionnaires françaises, sous NapolĂ©on. La dette du gouvernement anglais augmentait rapidement. 800 millions de livres vers la fin de la guerre - une somme astronomique a l’Ă©poque. Donc il est apparu un besoin d’avoir une place oĂą l’on pourrait vendre des titres. Mais il fallait Ă©galement Ă©liminer le risque de non payement, le risque de contrepartie. »La bourse pourrait ĂŞtre dĂ©finie comme un marchĂ©, mais un marchĂ© contrĂ´lĂ© par des règles et des rĂ©gulations. C’est la diffĂ©rence avec « le marché » tout court. Et aujourd’hui, c’est quoi la bourse, professeur Michie ?

« D’un cĂ´tĂ©, rien n’a vĂ©ritablement changĂ©. Mais une chose a changĂ© pourtant - il n’est plus question de dette de l’Ă©tat, seules les actions d’entreprises y sont Ă©changĂ©es !).  Deuxième changement - le rĂ´le des banques. Il y a très peu de courtiers indĂ©pendants, les affaires sont faites par les banques. Et puis, la technologie aussi… Pendant longtemps, le « trading floor » Ă©tait souverain ! Pour vendre des titres, il fallait ĂŞtre membre de la bourse. Aujourd’hui, tout se fait Ă©lectroniquement. Vous pouvez interagir avec les autres courtiers de chez vous Ă  travers l’Ă©cran de votre ordinateur. »

Le bruit des voitures Ă  l’extĂ©rieur de la bourse de Londres…. A l’intĂ©rieur, l’ambiance est beaucoup plus silencieuse car la vente Ă  la criĂ©e est remplacĂ©e par des transactions Ă©lectroniques. Et ca depuis le « big bang » de Margaret Thatcher - la libĂ©ralisation du fonctionnement de la bourse - qui a  facilitĂ© l’arrivĂ©e rapide de banques amĂ©ricaines et ouest-europĂ©ennes Ă  Londres et  dĂ©veloppĂ© le marchĂ© financier grâce Ă  la baisse des coĂ»ts. La City, auparavant considĂ©rĂ©e comme un lieu Ă©litiste pour gentlemen anglais, est aujourd’hui le paradis des courtiers « golden boys ». Le marchĂ© londonien des titres est le plus important d’Europe. Mais comment une entreprise choisit-elle la bourse dans laquelle elle sera cotĂ©e ?

« La compagnie regarde les prix qu’elle peut obtenir pour ses titres et elle Ă©value les charges pour ĂŞtre listĂ©e Ă  Londres ou a New York. Et ca ne dĂ©pend pas uniquement de la bourse, mais Ă©galement des autoritĂ©s. Vous savez, après le “scandale Enron, les Etats-Unis ont augmentĂ© la charge rĂ©gulatrice qui pèse sur les entreprises. RĂ©sultat : les entreprises sont parties de New York pour venir chez nous. Donc, si maintenant, avec la crise, l’Union EuropĂ©enne durcit la rĂ©gulation pour l’introduction en bourse, les entreprises partiront ailleurs. C’est inĂ©vitable ! »

Ceci est donc une forme d’avertissement du Professeur Richie aux rĂ©gulateurs français ! Dans quelques jours, Xavier Rolet - l’ancien directeur de Lehman Brothers France - prendra la tĂŞte du London stock exchange qui regroupe les places de Londres et de Milan. Avec la crise, les introductions en Bourse sont devenues rares, les montants des transactions boursières diminuent et la valeur des titres fond. La valeur des groupes du Footsie-100 s’est ainsi rĂ©duite de 34% en 2008. En plus, après une nouvelle dĂ©règlementation rĂ©cente, les nouveaux acteurs -  Turquoise et  Instinet - empiètent de plus en plus sur les parts de marchĂ© de la bourse de Londres.

« La part de la bourse de Londres dans les entreprises de l’indice boursier Footsie 100 ne reprĂ©sente aujourd’hui que 68% du volume des ventes. 32% des transactions s’effectue donc ailleurs. Mais cela ne veut pas dire que ces titres sont partis Ă  New York ou a Euronext. Non ! Ils sont partis vers les plateformes Ă©lectroniques. Mais le prix de rĂ©fĂ©rence est toujours fixĂ© par la bourse de Londres. »

L’Université de la bourse

Moscou, dollar, bourse, capitalisme, radio, euro, France, banque, rouble, Russie 0 commentaire »
19 mai 2009

« Il existe aujourd’hui un large consensus, au sein des Ă©lites Ă©conomiques et politiques, pour juger que la culture Ă©conomique des Français est insuffisante. Ce manque de culture Ă©conomique expliquerait la mĂ©fiance, voire l’hostilitĂ©, de larges fractions de l’opinion Ă  l’Ă©gard de l’Ă©conomie de marchĂ©, un comportement qui trancherait par rapport Ă  celui observĂ© chez la plupart de nos voisins europĂ©ens», Ă©crit Philippe Fremeaux dans « Alternatives Ă©conomiques » de mai 2009.

Les anciens pays de l’est  europĂ©en n’ont plus envie de chercher des alternatives au capitalisme, ils prĂ©fèrent essayer de le comprendre. Tenez, sur un excellente radio « Echo de Moscou », on a ouvert « L’universitĂ© de la bourse ». Un auditeur, Igor, s’interroge : « J’ai une petite somme d’argent libre, aux alentours de 1000 dollars. Vous pourriez me donner un conseil, quoi dois-je faire ? »

« Je conseillerais Ă  Igor de ne rien faire avec ses 1000 dollars. A quoi bon ? Igor Ă  1000 dollars, il va le convertir dans une autre devise, il va gagner 10%. 100 dollars c’est quoi ? C’est beaucoup ? Vous comprenez, cette petite somme ne permet pas de travailler sur les marchĂ©s. Il vaut mieux le mettre sur un compte dĂ©positaire dans une banque ». Donc, pour jouer en bourse, il faudra ĂŞtre un peu plus riche qu’Igor, suggère subtilement Vladimir Gavrilenko, directeur de l’UniversitĂ© de la bourse de Moscou, l’invitĂ© de l’Ă©mission radiophonique « l’universitĂ© de la bourse » du 15 avril.

Le programme, comme tout ce qui est fait sur « Écho de Moscou », est interactif. On peut appeler pendant le direct, on peut poser ses questions en amont sur le site de l’Ă©mission…. Comme cet auditeur qui se demande si « le comportement des acteurs a la bourse est dĂ©fini par le niveau de connaissances acquis ou plutĂ´t par la psychologie humaine ? »

Monsieur Gavrilenko lui rĂ©pond : «Vous comprenez, qu’est ce que dĂ©finit  le prix sur le marché ? La psychologie de la foule. Si aujourd’hui nos concitoyens dĂ©cident que la crise est finie et que le moment est venu d’acheter des actions, l’index de notre bourse va s’envoler ! Pourquoi ? Parce que les gens ont de l’argent. Mais nous avons tous peur et nous ne savons que faire de cet argent. Souvenez vous, il y a quelques mois j’ai fait un pronostic en disant que l’index de la bourse de Moscou allait monter de 300 points ? Regardez - fĂ©vrier 2009, l’index Ă©tait Ă  500, aujourd’hui on est a 800 ! Pile poil ! Donc ceux qui, Ă  l’Ă©poque, imaginaient que l’effondrement allait se poursuivre ont eu tort. 500 points - c’est la limite basse. Mais celui qui achète aujourd’hui en espĂ©rant profiter de la hausse rapide se trompe aussi. Nous avons atteint un palier en ce moment, il y aura d’abord une baisse, mais ensuite il y aura une troisième vague de croissance. Il faudra investir au tout dĂ©but de cette troisième vague. Comment le faire pratiquement, appelez le 661 22 20 et venez chez nous assister Ă  nos sĂ©minaires thĂ©matiques tous les jeudis !».

« Écho de Moscou » est une radio commerciale qui vit de la publicitĂ©. Pas Ă©tonnant, donc, d’avoir des Ă©missions sponsorisĂ©es…A cotĂ© des conseils pratiques, on raconte Ă©galement les effets de la crise actuelle sur la bourse de Moscou : «Notre Ă©mission existe depuis 2 ans et, si vous vous souvenez bien, Ă  l’Ă©poque les mouvements des actions Ă  la bourse n’Ă©taient pas très forts. Aujourd’hui, les actions des entreprises russes ont augmentĂ©… de l’ordre de 100, 150, 200% depuis 1 mois ! C’est un vrai miracle ! Mais ce genre de miracle ne se produit que pendant les crises ! N’oubliez pas que ces mĂŞmes actions peuvent perdre 100-150% très rapidement. Mais vous pouvez aussi jouer sur la baisse ! Pour cela, il faut prendre une position dit « courte », ou « shorter »… vous pouvez l’appeler comme vous voulez, mais n’oubliez pas qu’on peut gagner plus en jouant Ă  la baisse ! Car l’augmentation est lente mais la baisse est rapide ! Appelez le 661 22 20, le sĂ©minaire commence jeudi ! »

Comment jouer sur la baisse. Comment jouer sur toutes les bourses Ă  la fois. Comment ne pas devenir accro aux jeux boursiers ?!… « L’UniversitĂ© de la bourse » de Moscou gagne, sans doute, autant avec la bourse qu’avec ses frais d’inscription. Et les auditeurs de « l’universitĂ© radiophonique », eux, apprennent le capitalisme gratuitement…

dollar is forever?

LEAP2020, FMI, or, dollar, BCE, euro, crise, financiere, banque, UE 0 commentaire »
19 avr 2009

Alan Greenspan, qui était le président de la Banque Centrale américaine de 1987 à 2006, a longtemps été un partisan de l’or, « l’or et la liberté économique sont indissociables », écrivait-il en 66. «À part l’étalon or, il n’existe aucun moyen de préserver l’épargne de l’inflation, l’or protège la propriété» disait-il.
Qu’a fait ce même Alan Greenspan pour l’or lorsqu’il était président de la FED ? Rien, si ce n’est le vendre.
Les AmĂ©ricains ont installĂ© leur rĂ©serve d’or au centre d’un camp militaire impressionnant qui est le camp d’entraĂ®nement de l’arme blindĂ©e. Il est Ă©vident que leur or ne pouvait pas ĂŞtre mieux dĂ©fendu que par ces tanks. Mais voilĂ , depuis plusieurs dĂ©cennies dĂ©jĂ , les rĂ©serves des banques centrales sont constituĂ©es de devises et non plus d’or. Le dollar amĂ©ricain est la principale monnaie de rĂ©serve. A partir des accords de Bretton Woods et jusqu’en 1971 le dollar Ă©tait rĂ©putĂ© “as good as gold”, c’est-Ă -dire aussi bon que l’or. En effet, en 1944, les leaders mondiaux du système financier rattachent l’or au dollar Ă  un cours fixe, une once d’or pour 35 dollars mais vers la fin des annĂ©es 60, le prĂ©sident Johnson desserra les liens entre l’or et les dollars avant qu’en aoĂ»t 1971 Richard Nixon ne dĂ©crète leur inconvertibilitĂ© dĂ©finitive. Plusieurs voix s’élèvent alors contre cette dĂ©cision, mais certains voyaient dĂ©jĂ  se dessiner une autre solution Ă  la crise du système monĂ©taire gĂ©nĂ©rĂ©e par la perte de l’étalon d’or.
Valéry Giscard d’Estaing : “Le système monétaire international s’est effondré il y a huit ans, en 1971, et nous sommes entrés dans la période des taux de change flottants et on a bien vu que ce système des taux de change flottants n’était pas favorable à l’économie mondiale. Nous ne pouvions pas, nous, rebâtir le système pour tout le monde, mais nous pouvions au moins le rebâtir pour nous et donc le fait que l’Europe rétablisse un système de stabilité du taux de change est un élément qui permettra – je l’espère – de reconstruire progressivement tout le système.”
C’était il y a exactement trente ans, l’année même de la création du système monétaire européen, un système qui nous a conduits vers l’euro. Aujourd’hui, l’euro est la deuxième monnaie au monde, s’agissant des transactions et depuis décembre 2006, il compte le plus grand nombre de billets en circulation. Que les espoirs étaient grands ! On se demandait même à l’époque si la monnaie européenne n’allait pas détrôner le roi dollar. Souvenez-vous, il y a seulement six mois le dollar était au plus bas par rapport à l’euro, mais la crise financière est venue à nouveau tout bouleverser, c’est à n’y plus rien comprendre. Pourquoi le dollar tient-il toujours et gagne même 22% sur l’euro depuis l’été dernier ? Depuis son lancement en 1999, l’euro n’a pas arrêté de gagner du terrain sur le dollar dans les réserves de change international. En 1999, l’euro représentait moins de 20% des réserves contre plus de 70% pour le dollar, à la fin du deuxième trimestre 2008 c’était 26.7% pour l’euro et 63.6% pour le dollar, c’est les statistiques du FMI. Est-ce que la crise va remettre en cause le statut de l’euro comme monnaie de réserve ?
A priori, non parce que lĂ  encore on a affaire Ă  des comportements de gestion de portefeuille. Qui a besoin de placer des rĂ©serves en devises ? Ce sont les pays excĂ©dentaires en balance de paiement, les opĂ©rations courantes, donc ce sont les pays pĂ©troliers, c’est la Chine. Ils ont ont le choix entre des instruments libellĂ©s en dollar et des instruments libellĂ©s en euro et Ă©ventuellement en d’autres monnaies. Ils composent un portefeuille qui leur parait optimal en fonction de leurs anticipations. L’euro a montĂ© parce que les anticipations de rendement sur les titres en euro Ă©taient supĂ©rieures aux anticipations de rendement sur les titres en dollar. Les gens vendaient des titres en dollar, vendaient les dollars, achetaient de l’euro, achetaient des titres en euro et ils font le mouvement inverse aujourd’hui.

Dollar is forever?

Ruée vers les pièces d’or ?

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4 avr 2009

Laurent Schmitt, numismate et patron de la Compagnie générale de bourse (CGB), est spécialiste des monnaies anciennes. Monsieur Schmitt ne vit pas vraiment de la vente d’or. Rue Vivienne, il propose à la fois le change des devises, le recyclage de bijoux abîmés, mais aussi et surtout de la numismatique. Ses clients sont discrets, peu bavards et rares. Pourtant, du magazine Capital aux multiples sites internet spécialisés, on nous assure un peu partout qu’une véritable ruée vers l’or aurait commencé depuis le début de la crise, mais qu’en est-il réellement ? 

Laurent Schmitt

Laurent Schmitt : Certains marchands vous diront “oui, je vends plein d’or, etc.” Pourquoi ? Parce qu’ils ont de l’or en caisse, ils en détiennent et veulent faire monter le cours. Mais actuellement, non on n’a pas eu une envolée. Les cours montent, on a pas plus de vendeurs. Que devrait-il se passer ? Même s’il n’y a pas d’acheteurs, on devrait avoir un nombre important de vendeurs. Or il n’y a pas de vendeurs. Donc s’il n’y a pas de vendeur, il ne peut y avoir d’acheteur puisqu’on ne peut rien leur proposer en échange. Au moment où on a eu une vraie fièvre de l’or au mois de septembre de l’année dernière, c’est-à-dire que les cours sont montés assez rapidement suite à la crise financière, les journalistes sont venus dans la rue faire des reportages, en disant “il y a une fièvre de l’or. Mais la fièvre de l’or n’a pas eu lieu. Les gens se sont interrogés, se sont renseignés mais ce n’est pas parce que le napoléon vaut aujourd’hui 125 et que le lingot est à plus de 23000 que vous avez des vendeurs. Quand vous vendez de l’or, pourquoi le faites-vous ? C’est parce que vous avez besoin d’argent. Aujourd’hui quelqu’un qui a de l’or, des lingots ou des napoléons dans son coffre, n’a pas intérêt à les vendre pour les transformer en papier. Papier qui connaît de l’inflation, de l’érosion. Et, s’il les place en bourse, il risque de perdre de l’argent s’il fait de mauvais placements.

Mais quel va être l’effet de la crise sur la valeur de l’or ?

Plus la crise va se renforcer, plus nous risquons d’avoir de l’inflation, une baisse des taux d’intérêt, une baisse de la bourse, et plus l’or va redevenir une valeur intéressante. Quand vous aviez des taux d’intérêt à 10%, quand la bourse faisait 30% par an, avoir de l’or n’avait aucun intérêt. Quand vous commencez à voir une crise et que l’on ne sait pas de quoi le lendemain sera fait, les gens peuvent se réfugier à ce moment-là sur ce type de placement. Je ne vous rappellerai qu’une seule chose, une pièce de 20 francs or pèse 6.45 grammes, 5.80 grammes d’or pur. En 1914 c’est vingt francs or. En 1919 c’est toujours 20 francs, mais ce n’est plus coté. En 1928 c’est 100 francs, en 1933 c’est 300 francs et 1942 c’est 5000 francs.

Mais concrètement, selon vous, faut-il acheter de l’or aujourd’hui ?

Vous savez, il faut avoir de l’or pour la Chandeleur, ça porte bonheur. Mais autrement, ceux qui ont de l’or doivent le garder s’ils n’ont pas besoin d’acheter une maison ou de faire quelque chose d’important. Pour ceux qui n’en ont pas et qui pensent que malheureusement les conditions économiques vont s’aggraver et qu’on risque d’avoir une guerre, etc. ayez un peu d’or. Mais d’un autre côté, faire le pari de l’or, c’est faire le pari de la crise qui dure.

La Lettonie est au bord de la faillite?

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20 mar 2009

“Cher Roman Abramovitch, Comme vous le savez, notre pays natal, la Lettonie, a fait faillite et mène actuellement des nĂ©gociations avec le FMI pour vendre notre Etat pour 7,5 milliards d’euros. La population lettonne est travailleuse et accommodante, le sol est Ă©cologiquement pur et il y a beaucoup de place pour y accueillir votre yacht.

Depuis quelque temps, une pĂ©tition circule sur internet pour que le milliardaire russe Roman Abramovitch achète la Lettonie ! La plaisanterie comptabilise plus de 1000 signatures ! Une autre pĂ©tition demande Ă  la Suède d’occuper le pays, invoquant que “ l’Etat letton n’a aucune raison d’exister“. C’est vrai que selon l’agence de notation Standard and Poor’s, la Lettonie devrait accuser un recul de son PIB rĂ©el cette annĂ©e de 12 %. Et la dette publique devrait peser 58 % du PIB en 2011. Le marchĂ© des contrats d’échange contre le risque de dĂ©faut classe la dette lettone au cinquième rang mondial des dettes les plus risquĂ©es. Alors mĂŞme que ces dernières annĂ©es, la croissance atteignait 12 % par an ! Eh oui, les investisseurs adoraient la Lettonie ! Ils  bâtissaient des supermarchĂ©s, s’engageaient dans l’industrie des services ! Les banques suĂ©doises ont ouvert leurs comptoirs et distribuĂ© hypothèques et cartes de crĂ©dit sans compter.Fin 2008, le vent glacial de la crise du crĂ©dit est venu geler net le petit miracle letton. Le cercle vicieux du non-remboursement des prĂŞts a commencĂ©. L’économie « du crĂ©dit » est vite devenue « l’économie du dĂ©ficit ».  Et que font les banques suĂ©doises? Ils ont rĂ©agi durement! Retrait des capitaux! “Jusqu’au moment ou sa pose presque un problème de souverainetĂ© nationale”, selon Michel Foucher, ex-ambassadeur de France Ă  Riga.

Et puis il y a eu l’affaire de la Parex Bank, la plus importante banque non-suĂ©doise, un havre de paix pour les capitaux russes qui sont partis depuis. Du coup, pour Ă©viter le naufrage « a la Lehman Brothers », Parex a Ă©tĂ© nationalisĂ©. Mais alors oĂą trouver de l’argent ? Au mois de fĂ©vrier, l’Union europĂ©enne, le FMI et la Banque europĂ©enne de reconstruction, ont accordĂ© Ă  Riga un prĂŞt de secours de 7,5 milliards d’euros – l’équivalent de 35% du PIB letton – « pour permettre au gouvernement de faire face Ă  ses dĂ©penses courantes de 2009 et pour recapitaliser en urgence la deuxième banque du pays ». La Lettonie devra le rembourser entre 2012 et 2013 mais l’analyste Janis Grasis exprime des doutes à cet Ă©gard : « L’Etat n’aura pas suffisamment de ressources fiscales pour rembourser cette somme Ă©norme au bout de trois ans. Ce serait faisable, disons, en dix ou quinze ans. Mais peut-ĂŞtre qu’on peut espĂ©rer connaitre le mĂŞme sort que l’Argentine Ă  qui on a annulĂ© une partie de sa dette ?! »

 Et si le FMI venait à se trouver en faillite à son tour ? Nous pourrons toujours faire appel à ce qui restera de milliardaires !

Crise = Guerre civile. Quand France 24 fait peur.

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4 mar 2009

Si vous voulez avoir des frissons regardez ceci:

Encore? D’accord!

France24, la voix de la France dans le monde n’est pas assez serieuse? Lisez “Le Monde”: “Après la crise financière, la guerre civile ? PrĂ©parez-vous Ă  “quitter votre rĂ©gion”…

Mais quelle mouche a piquĂ© nos respectables journalistes? Pourquoi offrir une tribune a un certain Franck Biancheri? Parce qu’il est le PrĂ©sident de “Newropeans”, obscur mouvement politique trans-europĂ©en “qui prĂ©sentera des listes dans tous les Etats membres de l’Union EuropĂ©enne lors des Ă©lections au Parlement EuropĂ©en de 2009″?  Parce qu’il est ”le directeur de recherche du Laboratoire EuropĂ©en d’Anticipation Politique LEAP/E2020″? Pour reconnaitre “un prophète”, “l’ange de l’Apocalypse”. Celui qui a celui qui a tout vu venir: 1989 en 1988…Ou pour nous faire peur? Selon “La Tribune” “l’un des patrons d’un des principaux cabinets de conseil nous a prĂ©sentĂ© ces notes comme extrĂŞmement sĂ©rieuses. Lors de cette discussion informelle, Ă  la mention des «informations» donnĂ©es par le LEAP, la panique affleurait sous ses paroles.”

J’ai deja eu peur en 1999, quand Mr. Biancheri a publiĂ© une note au titre Ă©vocateur : “UE 2009 : quand les petits fils de Franco, Hitler, Mussolini et PĂ©tain prendront le contrĂ´le de l’Europe“. En 2006, il a prevu pour le 20-26 mars 2006 “DĂ©clenchement d’une crise mondiale majeure : Iran-USA”. Je cite:
“L’ouverture par l’Iran d’une bourse pĂ©trolière libellĂ©e en euros Ă  la fin de mars 2006 marquera la fin du monopole du dollar sur le marchĂ© mondial du pĂ©trole. Le rĂ©sultat immĂ©diat sera de nature Ă  bouleverser le marchĂ© mondial des devises, puisque les pays producteurs pourront dĂ©sormais utiliser l’euro Ă©galement pour facturer leur production. Parallèlement, les pays europĂ©ens en particulier pourront acheter le pĂ©trole directement dans leur devise sans passer par le relais du dollar. Concrètement, dans les deux cas, cela signifie qu’un moins grand nombre d’acteurs Ă©conomiques auront besoin d’un moins grand nombre de dollars. Cette double Ă©volution s’exercera donc dans le mĂŞme sens, Ă  savoir celui d’une rĂ©duction très significative de l’importance du dollar comme monnaie internationale de rĂ©serve, et donc d’un fort affaiblissement, durable, de la devise amĂ©ricaine, en particulier par rapport Ă  l’euro. Les Ă©valuations les plus conservatrices placent l’euro Ă  1,30 dollar Ă  la fin 2006. Mais si la crise est de l’ampleur qu’anticipe LEAP/E2020, les estimations donnant l’euro Ă  1,70 dollar en 2007 ne paraissent plus irrĂ©alistes…”

Les amateurs des thĂ©ories du complot et des scĂ©narios apocalyptiques peuvent continuer sur le site Agoravox…

Claire Gatinois du Monde doit le relire aussi. Car son commentaire sur le rapport est: “Cette perspective apocalyptique pourrait faire sourire si ce groupe de rĂ©flexion n’avait, dès fĂ©vrier 2006, prĂ©dit avec une exactitude troublante le dĂ©clenchement et l’enchaĂ®nement de la crise.”

Les autres…Lisez Nostradamus et n’ayez pas peur!