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Tous les billets de la catégorie europe

Le verbe de Monsieur Onischenko

medias, Bielorussie, frontière, alimentation, humour, Georgie, video, Russie, Etats-Unis, europe 0 commentaire »
22 jan 2010


Le chef des services sanitaires de la Russie, Guennadi Onischenko est la cible favorite des humoristes. Il est prĂ©sentĂ© dans ce clip comme un superman, capable de protĂ©ger le pays de toutes les Ă©pidĂ©mies.  Pour monsieur Onishenko, celles-ci proviennent toujours de l’Ă©tranger. Le lait biĂ©lorusse est de piètre qualitĂ© et les eaux minĂ©rales de GĂ©orgie sont dangereuses pour la santĂ©. Lors des conflits avec ses voisins, c’est l’Ă©pidĂ©miologiste qui devient le chef de guerre. Mais rĂ©cemment, on ressent comme un dĂ©gel dans les relations entre la Russie et le vaste monde hostile. Ce n’est pas grave, il y aura toujours des ennemis. En voici un : le tabac.

« Voici les donnĂ©es de l’Organisation Mondiale de la SantĂ© pour l’annĂ©e 2008. L’Ă©tendue globale de l’Ă©pidĂ©mie de tabagisme reprĂ©sente 100 millions de morts au cours du XXème siècle. Pour le XXIème, elle sera responsable de plus d’un milliard de victimes !  Et voici les pertes financières liĂ©es au tabagisme… Pour les Etats-Unis : 71 milliards, L’Allemagne : 7 milliards, l’Autriche : 1 milliard. Quels sont les pays dans lesquels on fume le plus ? Malheureusement nous sommes parmi eux. C’est l’Angleterre, la France, les Etats-Unis et la Russie. Mais si l’on compte les « annĂ©es de vie active perdues » (c’est Ă  dire celles passĂ©es sous perfusion dans un lit d’hĂ´pital alors que vous pourriez vous occuper Ă  augmenter le PIB de votre pays - bon je suis un peu cynique lĂ ), ces « annĂ©es de vie perdues »  font perdre Ă  l’Allemagne 12% de son PIB, aux Etats-Unis 13,3%, et  Ă  la Russie 13, 6% ! »

Guennadi Onischenko fait le bilan de l’annĂ©e 2009  sur les ondes de la « Radio Ekho Moskvy ».

« Je crois que l’une des rĂ©alisations majeures de l’annĂ©e passĂ©e est la ratification par la Russie de la convention-cadre antitabac. Bon, vous comprenez, c’est comme les slogans du Parti Communiste pour le 1er mai… Cela n’oblige Ă  rien en rĂ©alitĂ©… Mais malgrĂ© tout, ca nous a pris 3 ans pour la signer ! On l’a signĂ©e avec les 10 autres outsiders, avec les pays très en retard dans cette lutte… tellement en retard qu’ils n’ont mĂŞme pas entendu parler de cette convention ! »

Mais pourquoi diable dans un pays oĂą l’opposition n’a presque pas voix au chapitre, le responsable sanitaire en chef n’arrive-t-il pas Ă  faire passer une loi ?

« La Russie produit aujourd’hui plus de 400 milliards de cigarettes. Cela correspond Ă  2911 cigarette par personne, du petit bĂ©bĂ© jusqu’au vieillard !

La gamme de cigarettes Ă  bas prix reprĂ©sente 40% du marchĂ©.Ca veut dire quoi ? J’ai 10 roubles que ma maman m’a donnĂ© pour acheter un dĂ©jeuner Ă  l’Ă©cole, et moi je les dĂ©pense pour des cigarettes ! Mais si le prix d’un paquet s’Ă©levait Ă  30 ou 40 roubles, je ne pourrais pas le faire. Mais malgrĂ© cet Ă©tat de fait, on n’arrive pas Ă  convaincre le Ministère des finances de fixer des barrières à la vente de cigarettes ! Parce que dans ses oreilles souffle la mafia lĂ©gale du tabac ! »

« La mafia lĂ©gale », voici une nouveautĂ© juridique russe. En l’absence d’ennemi extĂ©rieur, il y a toujours des ennemis invisibles Ă  l’intĂ©rieur du pays…

Et qu’en est-il de l’alcool ? Un russe boit 18 litres d’alcool pur par an. Qui est responsable ? Vous n’allez pas le  croire… c’est le cinĂ©ma !

« Il y a un terme : la « publicitĂ© dĂ©guisĂ©e ». Les amĂ©ricains l’ont lĂ©galement interdite! Vous ne trouverez aucun film amĂ©ricain dans lequel le hĂ©ro principal fume, bois ou dans lequel il aurait d’autres mauvaises habitudes. C’est un facteur majeur qui a une influence sur la tĂ©lĂ©vision et sur la jeunesse amĂ©ricaine ! Or, chez nous, prenez nos sĂ©ries tv - de bonnes sĂ©ries -, le personnage principal prend un verre toutes les 7 Ă  8 minutes. Je l’ai comptĂ© moi-mĂŞme ! C’est une condition imposĂ©e par la compagnie qui a sponsorisĂ© la sĂ©rie. On m’a dit, je ne sais pas si c’est vrai, que c’est une compagnie ukrainienne qui produit l’alcool. Elle a posĂ© une seule condition : les hĂ©ros principaux doivent boire ! »

Les ennemis de la santĂ© publique russe sont partout et ils sont de plus en plus difficiles Ă  dĂ©masquer. Mais la Russie a une arme de destruction massive, le verbe de Monsieur Onischenko…

Les frontières linguistiques en Europe

parlement, frontière, Serbie, Grece, France, Allemagne, langues rĂ©gionales, minoritĂ©s, europe 3 commentaires »
27 déc 2009

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Nous sommes au  Conseil de l’Europe, Ă  Strasbourg, oĂą se tient la rĂ©union du Congrès des pouvoirs locaux et rĂ©gionaux. A en juger par les casques sur les tĂŞtes des dĂ©lĂ©guĂ©s, la majoritĂ© n’arrive pas Ă  comprendre la langue de l’orateur, le Maire de Kragujevac. Au Conseil de l’Europe, la plus ancienne institution europĂ©enne qui rĂ©unit aujourd’hui 47 Ă©tats du continent, on entend toutes les langues du continent ! Donc pour travailler ensemble, il faut des interprètes. En tout, il y a 12 cabines d’interprètes autour de l’hĂ©micycle. Certaines sont vides. Dans la cabine grecque, je retrouve Marie-NoĂ«lle Batut qui coordonne le travail des traducteurs.
Le jour du Congrès, les grecs, effectivement, ont amenĂ© leur propre traducteur. Car les grecs, tout comme les serbes, veulent absolument s’exprimer dans la langue de leur pays !
Pour certaines langues, surtout les langues rĂ©gionales, il est presque impossible de trouver un interprète! Marie-NoĂ«lle prie pour que, Ă  l’occasion d’une prochaine reunion, les bretons ne demandent pas interprète du gaĂ©lique !

Comment organiser la cohabitation entre les langues « majoritaires » et « minoritaires » sur notre continent ? Le Conseil de l’Europe a Ă©laborĂ© une convention destinĂ©e Ă  protĂ©ger les langues minoritaires : « la Charte europĂ©enne des langues rĂ©gionales ou minoritaires » dont Alexey Kozhemyakov est le chef du secrĂ©tariat :

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Et comment procèdent les états signataires ?

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La Charte ne défend pas directement les personnes physiques, mais elle crée des obligations pour les états. La Charte est-elle réellement contraignante pour les signataires ?

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24 des 47 pays ont dĂ©jĂ  ratifiĂ© la Charte qui a fĂŞtĂ© ses 10 ans en 2008. Elle est devenue l’un des documents essentiels pour le Conseil de l’Europe. Un Conseil qui constitue l’incarnation mĂŞme de l’Europe, de ses valeurs. Mais elle cible uniquement les langues faisant partie de « l’hĂ©ritage culturel » de chaque pays membre. Une notion pas très prĂ©cise. Est-ce que la langue turque fait  partie de l’hĂ©ritage allemand, comme, par exemple, la langue Romani ?

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Et combien de langues y a-t-il, au total, à défendre en Europe ?

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L’Allemagne a ratifiĂ© la Convention et la Charte. La France, toujours pas…

Le mariage nucléaire

Rosatom, nucleaire, Siemens, Russie, Allemagne, europe 0 commentaire »
5 oct 2009



Bien que l’endroit soit sous haute surveillance, les reporteurs allemands de la « Deutsche Welle » nous montrent le site bulgare des futurs rĂ©acteurs nuclĂ©aires. Deux fois 1000 mĂ©gawatts qui devront nourrir Ă  l’Ă©lectricitĂ© la moitiĂ© des Balkans !

Nous sommes en 2008. La demande en énergie de la région est en pleine croissance. Derrière ce projet se trouve le géant allemand Siemens qui a développé une novelle génération de centrales nucléaires en collaboration avec une compagnie russe. Les russes construisent les réacteurs, et les allemands se chargent des technologies qui en assurent la sécurité.

Burkhard Heidowitzsch, de Siemens Bulgarie,  raconte :

« Il y a 2 ans, nous avons installé cette nouvelle technologie sur 2 sites chinois. Et les 2 fonctionnent très bien. »

Tout va donc très bien. L’entente entre les russes et les allemands est cordiale. A tel point que dĂ©but mars 2009, Siemens et L’Agence fĂ©dĂ©rale de l’Ă©nergie atomique russe (Rosatom) ont  dĂ©cidĂ© de se marier ! Ils ont signĂ© un protocole d’accord pour la mise sur pied d’une co-entreprise dans le domaine du nuclĂ©aire, qui sera contrĂ´lĂ©e Ă  « 50% plus une action » par… les russes. L’ex-premier ministre russe, aujourd’hui patron de Rosatom, SergueĂŻ Kirienko : « Nous avons signĂ© un mĂ©morandum. L’objectif de la sociĂ©tĂ© mixte que nous crĂ©ons avec Siemens est de construire des centrales nuclĂ©aires dans les pays qui font le choix du nuclĂ©aire. Ces projets seront livrĂ©s clĂ©-en-main Ă  nos clients. A notre avis, cette entreprise a un bel avenir. Nous nous connaissons depuis longtemps dĂ©jĂ  et nous sommes parfaitement complĂ©mentaires ! »

Ah, comme ils vont bien ensemble nos jeunes mariĂ©s modèles ! Enfin presque « modèles » puisque le futur Ă©poux allemand n’est pas tout Ă  fait vierge ! Le groupe allemand est liĂ© par un autre contrat de mariage signĂ©, celui-ci, avec Areva le 30 janvier 2001

Or, la polygamie n’est pas envisageable ici ! En effet, le pacte des actionnaires entre Areva et Siemens contient une clause de non-concurrence ! Siemens, donc, a demandĂ© le divorce. Explications de Philippe Carli, PDG de Siemens France :

Siemens dĂ©tenait 34% d’Areva NP et restera minoritaire dans l’entreprise russo-allemande. Les raisons financières ne sont pas toujours essentielles dans la dĂ©cision de fonder une famille. La Russie poursuit sa stratĂ©gie de puissance Ă©nergĂ©tique dĂ©jĂ  mise en place son le gaz et le pĂ©trole. Le mariage avec un allemand respectable doit  lĂ©gitimer son industrie nuclĂ©aire qui souffre d’une mauvaise image. La dĂ©cision allemande, elle, est plus choquante. Apres le gazoduc Nordstream, dont l’ex-chancelier Gerhard Schroeder fut le parrain, voilĂ  qu’Angela Merkel signe l’arrĂŞt de mort de la construction europĂ©enne traditionnelle dans le domaine du nuclĂ©aire. Mais après tout, la Russie n’est-elle pas en Europe ?!

Douze moins un

CEI, Moldavie, AzerbaĂŻdjan, ArmĂ©nie, Moscou, Georgie, saakachvili, medvedev, Ukraine, Russie, europe 0 commentaire »
7 sept 2009

 © cei

Douze chevaux et parmi eux le favori - Etalon de Bronze Cannon… Le prix est de 7 millions de roubles… Les courses pour le prix du prĂ©sident de Russie le 18 juillet Ă  l’Hippodrome central de Moscou ont rĂ©uni, en dĂ©pit du soleil et de la chaleur Ă©touffante, beaucoup de spectateurs et ont Ă©tĂ© commentĂ©es Ă  la tĂ©lĂ©vision nationale. Entre autre parce que parmi les spectateurs se trouvait le prĂ©sident  Medvedev lui-mĂŞme, mais aussi  les leaders de l’AzerbaĂŻdjan, l’ArmĂ©nie, le Kazakhstan, la Moldavie, et du Tadjikistan. Depuis plusieurs annĂ©es dĂ©jĂ , les rencontres informelles des prĂ©sidents des pays faisant partie de la CEI (la CommunautĂ© des Etats IndĂ©pendants) se passent sur les lieux des courses hippiques. Cette annĂ©e, les courses ont Ă©tĂ© un peu… particulières. Tout d’abord, on ne pouvait pas parier, car le Parlement russe a adoptĂ© une loin contre les jeux de hasard. Deuxièmement, parmi les leaders de la CEI, seulement la moitie Ă©tait prĂ©sent, et enfin, pour couronner le tout, l’un des pays-membres a carrĂ©ment dĂ©clarĂ© qu’il quittait la CommunautĂ©. Il s’agit de la GĂ©orgie.

« On doit quitter la CEI. La CEI a totalement failli en tant qu’organisation internationale. C’est un… « machin postsoviĂ©tique »… qui n’a pas pu prĂ©venir la tragĂ©die. En quittant la CEI, on fait nos derniers adieux Ă  l’Union SoviĂ©tique. Ceux qui nous bombardent veulent la restaurer. Le prĂ©sident Poutine dĂ©clarait il y a 2 ans que la chute de l’URSS Ă©tait la plus grande catastrophe gĂ©opolitique du XXème siècle… Moi, je crois que ce fut un Ă©vĂ©nement heureux ! »

Vous avez peut-ĂŞtre reconnu la manière de s’exprimer du PrĂ©sident gĂ©orgien Mikheil Saakachvili. Mais il a raison, Monsieur le PrĂ©sident. La CEI a Ă©tĂ© créée le 8 dĂ©cembre 1991 par le TraitĂ© de Minsk, au moment mĂŞme de la signature d’une dĂ©claration selon laquelle l’Union soviĂ©tique Ă©tait dissoute. La CEI Ă©tait supposĂ©e faciliter l’accès Ă  l’indĂ©pendance des rĂ©publiques soviĂ©tiques et dĂ©velopper la coopĂ©ration multilatĂ©rale. Les indĂ©pendances ?… Oui, elles ont Ă©tĂ© acquises pour toutes les ex-rĂ©publiques soviĂ©tiques. En ce qui concerne la coopĂ©ration… nous y reviendrons. Une chose est sure, l’appartenance Ă  la CommunautĂ© ne garantit pas la Paix. AndrĂ© Saveliev, ex-membre du comitĂ© pour les affaires de la CEI du Parlement russe, declare Ă  Radio Liberté :

« Le retrait de la GĂ©orgie de la CEI est tout Ă  fait naturel. Apres un conflit armĂ© entre des pays-membres il y a 2 solutions : soit on dissout la communautĂ©, soit l’un des pays participant a ce conflit doit quitter les structures de la CEI. Je pense que la Russie doit se poser la question de la nĂ©cessitĂ© de l’existence de la CEI en tant qu’organisation. Une organisation qui a dĂ©montrĂ©, entre autre, son incapacitĂ© Ă  prĂ©venir les conflits entre ses pays-membres. Ce faisant, la Russie gagnerait plus qu’elle ne perdrait. Bon, il n’y aurait plus toutes ces rencontres informelles, « sans cravates », ces tables rondes, oĂą tout le monde vient mais ne dĂ©cide strictement rien… Mais en se libĂ©rant de tout ca, la Russie pourra mieux dicter ses conditions en faisant du bilatĂ©ralisme. Il ne faut pas vouloir imiter une grande communautĂ© internationale lĂ  oĂą il n’y en a pas ! »

Une agence matrimoniale Ă  l’ envers finalement… une agence qui n’arrive mĂŞme pas Ă  assurer un divorce paisible. La CEI est dĂ©pourvue de personnalitĂ© juridique internationale et face Ă  son immobilisme, certains pays issus de l’ex-URSS avaient Ă©mis des initiatives pour crĂ©er des unions plus poussĂ©es et plus dynamiques au sein de l’espace postsoviĂ©tique. L’Organisation du traitĂ© de sĂ©curitĂ© collective  et la CommunautĂ© Ă©conomique eurasiatique sont nĂ©es au sein de la CEI mais ont tendance Ă  prendre leur indĂ©pendance, mĂŞme si les liens sont encore forts. L’objectif de ces deux organisations est de reprendre le processus d’intĂ©gration Ă©conomique et politico-militaire au sein de l’espace postsoviĂ©tique. Mais l’Ukraine, la GĂ©orgie, l’AzerbaĂŻdjan et la Moldavie forment leur propre union rĂ©gionale : le GUAM. L’un de ces 4 pays vient de quitter la CEI, les autres y sont encore. Et Vladimir Zharihine, le vice-directeur de l’Institut de Pays de CEI, (eh oui, ça existe !), ne s’attend pas a de grands changements :

« Du point de vue purement juridique, il y a un frein Ă  la dĂ©sintĂ©gration, car il existe beaucoup d’accords communautaires. Si la GĂ©orgie devait  redĂ©finir les accords avec tous les pays de la CEI ( a l’exception peut-ĂŞtre de la Russie) de façon bilatĂ©ral, cela serait très compliquĂ© et  prendrait Ă©normĂ©ment de temps. C’est prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que la GĂ©orgie se bat aujourd’hui pour que certains accords communautaires - qui n’ont pas de statut « fermé » et qui sont ouverts Ă©galement aux pays non-membres de la CEI - restent applicables pour la GĂ©orgie. »

Il ne faut pas exagĂ©rer, Monsieur le vice-directeur. Pendant les 10 premières annĂ©es de son existence, 173 accords et traitĂ©s ont Ă©tĂ© conclus. Et seuls 8 ont Ă©tĂ© mis en vigueur sur l’ensemble du territoire de la CEI ! Les rapports bilatĂ©raux, trilatĂ©raux et quadrilatĂ©raux dans le cadre de la CEI restent les formes les plus sures de coopĂ©ration. La CEI est morte, vive la CEI, rĂ©sume AndrĂ© Ermolaeff, expert politique ukrainien, un pays qui ne s’entend pas très bien avec la Russie non plus…

« De toute Ă©vidence, l’idĂ©e la plus productive pour l’avenir est celle de la reforme de la CEI. C’est Ă©vident maintenant que la CommunautĂ© n’arrive pas Ă  jouer le rĂ´le d’une vĂ©ritable organisation rĂ©gionale. La CEI n’est pas devenue l’Union EuropĂ©enne bis. Mais il existe un mĂ©canisme de dialogue, des contacts interparlementaires, des mĂ©canismes des consultations… D’ailleurs, ces d’interprĂ©tations de son rĂ´le sont Ă  la base de la nouvelle « Conception officielle du dĂ©veloppement de la CEI » qui date de 2007. Et le dĂ©veloppement de ce type de format consultatif peut ĂŞtre très productif. Donc, je pense que la CEI peut se transformer en une AssemblĂ©e interĂ©tatique permanente, et non en une organisation rĂ©gionale. En tant qu’organisation, la CEI n’a pas fonctionnĂ©,… mais la dissoudre Ă  cause d’un conflit entre l’Ukraine et la Russie n’est pas une idĂ©e très productive »

Pas de grand bouleversement donc ? Si, le jour-mĂŞme de la rencontre historique sur l’hippodrome moscovite, le prĂ©sident Medvedev a signĂ© un dĂ©cret autorisant les paris pendant les courses hippiques. Raison de plus de maintenir les courses et les rencontres « sans cravates »… !

Poisson de juin

peche, Belgique, crise, europe 1 commentaire »
25 juin 2009

Paris, 25 juin 2009 (AFP)

Un tiers des requins ocĂ©aniques - parmi lesquels le grand requin blanc et le requin marteau - sont menacĂ©s d’extinction, en raison essentiellement de la surpĂŞche, selon une Ă©tude rendue publique jeudi…

Bruxelles, 25 juin 2059 (AFP)

Selon les scientifiques europĂ©ens rĂ©unis au “Congrès de la mer” depuis hier, nous sommes entrĂ©s dans une nouvelle ère de la consommation des produits aquatiques.

Les poissons sont toujours là, leur diversité est intacte, mais les stocks « traditionnels » ont bien changé !

La consommation de produits halieutiques ayant plus que doublĂ© depuis le siècle dernier, les biotechnologies ont dĂ» prendre le relais…

Aujourd’hui, la quasi-totalitĂ© des poissons a Ă©tĂ© gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ© pour s’adapter aux espaces aquatiques les plus diverses. DorĂ©navant, les sardines, les maquereaux, les thons peuvent vivre en eau douce… les crevettes roses ont peuplĂ© par milliards presque tous les fleuves du monde et notre correspondant en Belgique nous rapportait que les poissons sans arrĂŞte font fureur sur les tables des meilleurs restaurants bruxellois.

Geert Wilders, le grand vainqueur de l’Ă©lection europĂ©enne

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5 juin 2009

Depuis le « non » nĂ©erlandais Ă  la Constitution EuropĂ©enne, l’Europe est devenue attentive aux dĂ©bats nĂ©erlandais. MalgrĂ© les consignes de la Commission EuropĂ©enne, qui avait invitĂ©s le Pays Bas Ă  ne pas publier les rĂ©sultats de l’Ă©lection europĂ©enne qui s’est dĂ©roulĂ©e hier,  on apprends ce matin que Le Parti de la libertĂ© (PVV) du dĂ©putĂ© Geert Wilders est le grand vainqueur du scrutin. Il se prĂ©sentait pour la première fois aux europĂ©ennes et remporte 4 sièges, peut-ĂŞtre 5 selon certaines estimations. Avec 15 % des voix, le PVV devient la deuxième formation des Pays-Bas!

Le parti se distingue par ses prises de position contre l’Islam (et notamment contre l’attitude des musulmans vis-Ă vis des homosexuels et des femmes) mais aussi par son discours anti-Ă©lites, notamment Bruxelloises. Au ParlĂ©ment EuropĂ©en ils refuseront toute alliance tant avec le groupe libĂ©ral, trop europhile Ă  leurs yeux, qu’avec le Front national français ou Vlaams Belang flamand.

Les deux grands partis au pouvoir, le CDA (chrétien démocrate) et le PVDA (travailliste) , sont les deux grands perdants du scrutin européen. Le premier perd deux sièges et quelque 4,4 points des suffrages, à 20 % environ. Les travaillistes enregistrent une déroute historique, passant de 7 à 3 sièges et de 23,6 % à 12,2 %! Seule consolation pour le camp fédéraliste : le score de D66, une formation libérale centriste, qui passe de 1 à 3 sièges.

Le retour de Margaret Thatcher

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2 juin 2009

  © CONSERVATIVE PARTY

Il y a 30 ans, Margaret Thatcher arrivait au pouvoir au Royaume-Uni…Fin avril 2009, Ă  l’approche des Ă©lections europĂ©ennes, David Cameron - le leader actuel des conservateurs britanniques - lance une campagne pour un rĂ©fĂ©rendum sur le traitĂ© de Lisbonne - pourtant dĂ©jĂ  ratifiĂ© par le Parlement. « Si le TraitĂ© de Lisbonne rentre en vigueur sans consultation du peuple britannique et si les Conservateurs sont au pouvoir, notre gouvernement prendra les mesures qui s’imposent », dĂ©clare le Parti de Winston Churchill. Faut-il comprendre que le Royaume Uni sortirait de l’Union EuropĂ©enne ? Non, mais selon James Elles, eurodeputĂ© conservateur, ” l’Union devrait servir surtout Ă  s’adapter au nouveau monde du 21eme siècle - le monde de la concurrence, notamment avec l’Asie”. La conception  de l’Europe du Parti Conservateur est assez gaulliste - l’Europe  des nations, un marchĂ© Ă©conomique commun, mais pas de rĂ©els pouvoirs politiques, car cela menacerait la souverainetĂ© nationale (la souverainetĂ© europĂ©enne n’existe pas du fait de l’absence de « peuple europĂ©en »).Les français adorent caricaturer les conservateurs britanniques : mĂ©chants « ultralibĂ©raux », dangereux europhobes… Alors logiquement, donc, avec la crise actuelle, le Parti de Margaret Thatcher devrait ĂŞtre vouĂ© Ă  la Disparition ?! On devrait voir apparaĂ®tre un Olivier Besancenot dans le pays d’Oliver Cromwell ? Mais non, pas d’espoir pour le vote protestataire, surtout communiste. Dans les enquĂŞtes d’opinion, les Tories ont plus de 10% (!!!) d’avance sur les Travaillistes. Ils vont gagner les Ă©lections et… ils vont peut-ĂŞtre faire perdre la majoritĂ© au Parlement EuropĂ©en au Parti Populaire EuropĂ©en, car David Cameron veut siĂ©ger seul. Est ce que ca va Ă©liminer les concurrents  ouvertement “anti-unionistes” du Parti de l’indĂ©pendance de la Grande Bretagne? La rĂ©ponse le 4 juin.

100ème anniversaire du Conseil de l’Europe

parlement, Bielorussie, LEAP2020, Espagne, France, europe 2 commentaires »
13 mai 2009

Brussels, 5 mai 2049

Depuis l’annĂ©e dernière - avec l’adhĂ©sion de la BiĂ©lorussie - l’espace de l’ancienne Union EuropĂ©enne coĂŻncide avec celui du Conseil de l’Europe. Et son assemblĂ©e parlementaire a remplacĂ© le Parlement EuropĂ©en. Cette annĂ©e, les cĂ©rĂ©monies officielles du 100ème  anniversaire de la fondation du Conseil de l’Europe coĂŻncident avec l’introduction du nouveau système de dĂ©signation de l’autoritĂ© de rĂ©gulation du Grand Espace EuropĂ©en.

L’AssemblĂ©e a introduit un système de sondage Ă©lectronique pour les dĂ©putĂ©s. Les reprĂ©sentants des peuples europĂ©ens Ă©mettent, de façon continue, leurs opinions sur le travail des RĂ©gulateurs. Lorsqu’un RĂ©gulateur descend en-dessous du seuil des 50% d’opinions favorables, il est remplacĂ© par un dĂ©putĂ©-candidat avec un niveau de popularitĂ© plus Ă©levĂ©.

Le bâtiment de l’ancien Parlement EuropĂ©en de Strasbourg - devenu le MusĂ©e de l’Europe-accueillera bientĂ´t une nouvelle exposition au titre Ă©vocateur :

« Du bulletin de vote Ă  l’opinion europĂ©enne, un siècle de dĂ©mocratie europĂ©enne. »…

Un titre qui rĂ©sume assez bien le chemin parcouru…

P.S. sur le site de l’ambassade de France en Espagne on lit:

“Les Ministres des pays membres du Conseil de l’Europe se sont retrouvĂ©s Ă  Madrid le 12 mai 2009, pour la 119ème session du ComitĂ© des Ministres et cĂ©lĂ©brer ainsi le 60ème anniversaire du Conseil europĂ©en.”

Pour l’ambassade nous y sommes, dĂ©jĂ . Conseil europĂ©en=Conseil de l’Europe.

La Lettonie est au bord de la faillite?

euro, BCE, FMI, banque, crise, Lettonie, UE, europe 1 commentaire »
20 mar 2009

“Cher Roman Abramovitch, Comme vous le savez, notre pays natal, la Lettonie, a fait faillite et mène actuellement des nĂ©gociations avec le FMI pour vendre notre Etat pour 7,5 milliards d’euros. La population lettonne est travailleuse et accommodante, le sol est Ă©cologiquement pur et il y a beaucoup de place pour y accueillir votre yacht.

Depuis quelque temps, une pĂ©tition circule sur internet pour que le milliardaire russe Roman Abramovitch achète la Lettonie ! La plaisanterie comptabilise plus de 1000 signatures ! Une autre pĂ©tition demande Ă  la Suède d’occuper le pays, invoquant que “ l’Etat letton n’a aucune raison d’exister“. C’est vrai que selon l’agence de notation Standard and Poor’s, la Lettonie devrait accuser un recul de son PIB rĂ©el cette annĂ©e de 12 %. Et la dette publique devrait peser 58 % du PIB en 2011. Le marchĂ© des contrats d’échange contre le risque de dĂ©faut classe la dette lettone au cinquième rang mondial des dettes les plus risquĂ©es. Alors mĂŞme que ces dernières annĂ©es, la croissance atteignait 12 % par an ! Eh oui, les investisseurs adoraient la Lettonie ! Ils  bâtissaient des supermarchĂ©s, s’engageaient dans l’industrie des services ! Les banques suĂ©doises ont ouvert leurs comptoirs et distribuĂ© hypothèques et cartes de crĂ©dit sans compter.Fin 2008, le vent glacial de la crise du crĂ©dit est venu geler net le petit miracle letton. Le cercle vicieux du non-remboursement des prĂŞts a commencĂ©. L’économie « du crĂ©dit » est vite devenue « l’économie du dĂ©ficit ».  Et que font les banques suĂ©doises? Ils ont rĂ©agi durement! Retrait des capitaux! “Jusqu’au moment ou sa pose presque un problème de souverainetĂ© nationale”, selon Michel Foucher, ex-ambassadeur de France Ă  Riga.

Et puis il y a eu l’affaire de la Parex Bank, la plus importante banque non-suĂ©doise, un havre de paix pour les capitaux russes qui sont partis depuis. Du coup, pour Ă©viter le naufrage « a la Lehman Brothers », Parex a Ă©tĂ© nationalisĂ©. Mais alors oĂą trouver de l’argent ? Au mois de fĂ©vrier, l’Union europĂ©enne, le FMI et la Banque europĂ©enne de reconstruction, ont accordĂ© Ă  Riga un prĂŞt de secours de 7,5 milliards d’euros – l’équivalent de 35% du PIB letton – « pour permettre au gouvernement de faire face Ă  ses dĂ©penses courantes de 2009 et pour recapitaliser en urgence la deuxième banque du pays ». La Lettonie devra le rembourser entre 2012 et 2013 mais l’analyste Janis Grasis exprime des doutes à cet Ă©gard : « L’Etat n’aura pas suffisamment de ressources fiscales pour rembourser cette somme Ă©norme au bout de trois ans. Ce serait faisable, disons, en dix ou quinze ans. Mais peut-ĂŞtre qu’on peut espĂ©rer connaitre le mĂŞme sort que l’Argentine Ă  qui on a annulĂ© une partie de sa dette ?! »

 Et si le FMI venait à se trouver en faillite à son tour ? Nous pourrons toujours faire appel à ce qui restera de milliardaires !

Crise = Guerre civile. Quand France 24 fait peur.

Estonie, Chypre, Malte, Irlande, Portugal, France, Belgique, Espagne, Luxembourg, Finlande, Slovenie, BCE, LEAP2020, Grece, Autriche, banque, euro, Bulgarie, Slovaquie, Georgie, Danemark, islam, UE, GRANDE BRETAGNE, REPUBLIQUE TCHEQUE, Allemagne, Ukraine, Lettonie, Russie, Etats-Unis, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, financiere, crise, Suede, Turquie, europe 8 commentaires »
4 mar 2009

Si vous voulez avoir des frissons regardez ceci:

Encore? D’accord!

France24, la voix de la France dans le monde n’est pas assez serieuse? Lisez “Le Monde”: “Après la crise financière, la guerre civile ? PrĂ©parez-vous Ă  “quitter votre rĂ©gion”…

Mais quelle mouche a piquĂ© nos respectables journalistes? Pourquoi offrir une tribune a un certain Franck Biancheri? Parce qu’il est le PrĂ©sident de “Newropeans”, obscur mouvement politique trans-europĂ©en “qui prĂ©sentera des listes dans tous les Etats membres de l’Union EuropĂ©enne lors des Ă©lections au Parlement EuropĂ©en de 2009″?  Parce qu’il est ”le directeur de recherche du Laboratoire EuropĂ©en d’Anticipation Politique LEAP/E2020″? Pour reconnaitre “un prophète”, “l’ange de l’Apocalypse”. Celui qui a celui qui a tout vu venir: 1989 en 1988…Ou pour nous faire peur? Selon “La Tribune” “l’un des patrons d’un des principaux cabinets de conseil nous a prĂ©sentĂ© ces notes comme extrĂŞmement sĂ©rieuses. Lors de cette discussion informelle, Ă  la mention des «informations» donnĂ©es par le LEAP, la panique affleurait sous ses paroles.”

J’ai deja eu peur en 1999, quand Mr. Biancheri a publiĂ© une note au titre Ă©vocateur : “UE 2009 : quand les petits fils de Franco, Hitler, Mussolini et PĂ©tain prendront le contrĂ´le de l’Europe“. En 2006, il a prevu pour le 20-26 mars 2006 “DĂ©clenchement d’une crise mondiale majeure : Iran-USA”. Je cite:
“L’ouverture par l’Iran d’une bourse pĂ©trolière libellĂ©e en euros Ă  la fin de mars 2006 marquera la fin du monopole du dollar sur le marchĂ© mondial du pĂ©trole. Le rĂ©sultat immĂ©diat sera de nature Ă  bouleverser le marchĂ© mondial des devises, puisque les pays producteurs pourront dĂ©sormais utiliser l’euro Ă©galement pour facturer leur production. Parallèlement, les pays europĂ©ens en particulier pourront acheter le pĂ©trole directement dans leur devise sans passer par le relais du dollar. Concrètement, dans les deux cas, cela signifie qu’un moins grand nombre d’acteurs Ă©conomiques auront besoin d’un moins grand nombre de dollars. Cette double Ă©volution s’exercera donc dans le mĂŞme sens, Ă  savoir celui d’une rĂ©duction très significative de l’importance du dollar comme monnaie internationale de rĂ©serve, et donc d’un fort affaiblissement, durable, de la devise amĂ©ricaine, en particulier par rapport Ă  l’euro. Les Ă©valuations les plus conservatrices placent l’euro Ă  1,30 dollar Ă  la fin 2006. Mais si la crise est de l’ampleur qu’anticipe LEAP/E2020, les estimations donnant l’euro Ă  1,70 dollar en 2007 ne paraissent plus irrĂ©alistes…”

Les amateurs des thĂ©ories du complot et des scĂ©narios apocalyptiques peuvent continuer sur le site Agoravox…

Claire Gatinois du Monde doit le relire aussi. Car son commentaire sur le rapport est: “Cette perspective apocalyptique pourrait faire sourire si ce groupe de rĂ©flexion n’avait, dès fĂ©vrier 2006, prĂ©dit avec une exactitude troublante le dĂ©clenchement et l’enchaĂ®nement de la crise.”

Les autres…Lisez Nostradamus et n’ayez pas peur!