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Tous les billets de la catégorie europe

Changement de l’adresse du site

europe 0 commentaire »
16 mai 2010

Désormais c’est cette adresse qu’il faut noter pour mon site

Grèce: il reste très peu de temps pour continuer à rêver

europe 0 commentaire »
5 mai 2010



« Je vis dans un rêve, je crois au miracle » - une version allemande d’une chanson composée en anglais par les musiciens suédois du groupe ABBA et chantée par Nana Mouskouri, une ancienne eurodéputée grec. Nana Mouskouri  a décidé de renoncer à sa retraite deurodéputée pour en faire don à l’État grec. 16 mille euros par an - une maigre consolation mais hautement symbolique pour un état qui est endetté a la hauteur de plusieurs centaines de milliards d’euros ! Nana Mouskouri a fait ce geste courageux au mois de mars 2010.Pourtant, dès janvier 2009, les marchés financiers ont commencé à s’inquiéter de l’état des finances grecques. Un autre eurodéputé, Margaritis Schinas, s’en était  à l’époque étonné et m’avait affirmé  que tout allait bien. Aujourd’hui on sait que les chiffres avancés par l’eurodéputé étaient faux, mais sa théorie selon laquelle l’Union Européenne a été la victime d’une attaque injustifiée par des spéculateurs eurosceptiques est largement partagée. Qu’en pense Sharon Bowles, présidente britannique de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement Européen ?

« Je ne pense pas que les écarts de taux entre les dettes des états soit une mauvaise chose en soi. Cela impose une discipline. Vous savez, chez nous, au Royaume Uni, nous regardons ces écarts et nous nous exclamons : « Oh Mon Dieu ! Nous sommes à 80 points de base au dessus ! On ne nous aime pas autant que les allemands ! » La même chose se passe a l’intérieur de la zone euro. Si un gouvernement ne tient pas sa maison en ordre il paie des pénalités sur les marchés financiers internationaux. C’est une bonne discipline ! Pas besoin de paniquer ! »

Pourtant, même si on n’a pas paniqué en janvier 2009 on l’a commencé un an après…

« Quand l’euro a été créé il y avait pas mal de gens qui, dès le début, affirmaient que  précisément ces écarts entre les taux allait imposer aux gouvernements une certaine discipline financière. Imaginez que vous ayez une obligation unique, un « eurobond » ? Ca serait injuste pour les pays discipliné.»

En 2009, pour calmer les marchés, on a proposé de créer une obligation commune pour la zone euro. Cette proposition a été refusée par les allemands pour des raisons évidentes. Pourtant la situation grecque ne s’est pas améliorée…

« En vérité plusieurs pays, à cause de l’euro, ont eu accès à de l’argent à un taux très bas. Par exemple,  ils empruntaient aux taux allemands, tout en restant, disons, espagnols ou grecques dans leur manière de le dépenser…Et les marchés n’ont pas correctement  évalué ce fait. On devait avoir des écarts beaucoup plus importants bien avant ! »

Que dire alors de la vitesse de réaction des institutions communautaires ! Pendant plusieurs mois la cacophonie a régné quant à  la nature, les moyens et les sommes exactes d’une aide éventuelle à l’état grec. Finalement la formule magique a été trouvée le 25 mars. Le président de l’Union Européenne est satisfait :

« Nous sommes prêts, si les financements par les marchés deviennent insuffisants, d’aider la Grèce sur la base de prêts bilatéraux de la part des pays-membres de la zone euro , ce ,en coopération avec le FMI. »

Pourtant, Guy Verhofstadt (ALDE) reste très sceptique :

« J’ai des doutes sérieux sur ce mécanisme. J’espère avoir tort ! Mais je ne pense pas que ca puisse marcher pour la simple raison que ce système de prêts bilatéraux n’est pas une solution européenne! »

C’est vrai. Et si la cours constitutionnelle allemande décidait que le prêt bilatéral à 5% est une forme de subvention contraire à l’esprit de son arrêté des années 90 concernant l’euro ? En tout cas tout prêt constitue une dette qui augmente tous les jours et qu’il faudra rembourser. Il reste très peu de temps pour continuer à rêver, mais on peut toujours croire aux miracles.

La mère de Kuzma

traduction, France, Russie, europe 19 commentaires »
28 mar 2010


« Monsieur Khrouchtchev a dit : on va vous enterrer» - célèbre refrain de la chanson de Sting, « Les Russes », en 1985. Dans la conscience populaire, cette phrase de Nikita Khrouchtchev signifie que l’URSS a toujours voulu anéantir l’Occident  par les armes nucléaires. L’Interprète de Khrouchtchev, Viktor Sukhodrev, l’a traduit en anglais sans interpréter. Et il a eu raison, car la phrase, dans son intégralité était : «l’histoire est de notre coté. On va vous enterrer ». Sting et tous les autres n’ont qu’à lire ce qu’a écrit Karl Marx sur la classe ouvrière-le fossoyeur du capitalisme. Nikita Khrouchtchev, un simple fataliste marxiste ? Pas du tout ! En 1959 il a menacé le vice président américain Richard Nixon : «My vam pokazhem kuzkinu mat » ! Sukhodrev raconte :« J’était perturbé par cette phrase. Je ne savais pas comment la traduire. Et je l’ai traduite littéralement: « On va vous montrer la mère de Kuzma !»Panique chez les américains ! qui était cette mystérieuse mère de Kuzma ? Sans doute une nouvelle arme fatale… Un autre Nikita, Nikita Krivocheine, traducteur des présidents russes, corrige aujourd’hui l’interprète de Nikita Khrouchtchev :« Je dirais…Nous allons vous montrer de quel bois nous nous chauffons ! »

Tout simplement ! Mais ça signifie que vous interprétez la pensée khrouchtchévienne ?

ai

Influence qui était strictement contrôlée à l’époque communiste. Encore un épisode des années 60. La conférence des partis communistes au moment de la discorde entre les soviétiques et les albanais :

Mais aujourd’hui les temps ont changé. En voici pour preuve une conférence de presse du président Poutine :

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L’interprète du président peut-il exprimer sa position personnelle ? Voici l’histoire d’un grand interprète, le prince Konstantin Andronnikov, qui ne voulait pas assister au dépôt de gerbe devant le mausolée de Lénine :

ANDRO

Et voici un autre exemple :

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Le verbe de Monsieur Onischenko

medias, Bielorussie, frontière, alimentation, humour, Georgie, video, Russie, Etats-Unis, europe 0 commentaire »
22 jan 2010


Le chef des services sanitaires de la Russie, Guennadi Onischenko est la cible favorite des humoristes. Il est présenté dans ce clip comme un superman, capable de protéger le pays de toutes les épidémies.  Pour monsieur Onishenko, celles-ci proviennent toujours de l’étranger. Le lait biélorusse est de piètre qualité et les eaux minérales de Géorgie sont dangereuses pour la santé. Lors des conflits avec ses voisins, c’est l’épidémiologiste qui devient le chef de guerre. Mais récemment, on ressent comme un dégel dans les relations entre la Russie et le vaste monde hostile. Ce n’est pas grave, il y aura toujours des ennemis. En voici un : le tabac.

« Voici les données de l’Organisation Mondiale de la Santé pour l’année 2008. L’étendue globale de l’épidémie de tabagisme représente 100 millions de morts au cours du XXème siècle. Pour le XXIème, elle sera responsable de plus d’un milliard de victimes !  Et voici les pertes financières liées au tabagisme… Pour les Etats-Unis : 71 milliards, L’Allemagne : 7 milliards, l’Autriche : 1 milliard. Quels sont les pays dans lesquels on fume le plus ? Malheureusement nous sommes parmi eux. C’est l’Angleterre, la France, les Etats-Unis et la Russie. Mais si l’on compte les « années de vie active perdues » (c’est à dire celles passées sous perfusion dans un lit d’hôpital alors que vous pourriez vous occuper à augmenter le PIB de votre pays - bon je suis un peu cynique là), ces « années de vie perdues »  font perdre à l’Allemagne 12% de son PIB, aux Etats-Unis 13,3%, et  à la Russie 13, 6% ! »

Guennadi Onischenko fait le bilan de l’année 2009  sur les ondes de la « Radio Ekho Moskvy ».

« Je crois que l’une des réalisations majeures de l’année passée est la ratification par la Russie de la convention-cadre antitabac. Bon, vous comprenez, c’est comme les slogans du Parti Communiste pour le 1er mai… Cela n’oblige à rien en réalité… Mais malgré tout, ca nous a pris 3 ans pour la signer ! On l’a signée avec les 10 autres outsiders, avec les pays très en retard dans cette lutte… tellement en retard qu’ils n’ont même pas entendu parler de cette convention ! »

Mais pourquoi diable dans un pays où l’opposition n’a presque pas voix au chapitre, le responsable sanitaire en chef n’arrive-t-il pas à faire passer une loi ?

« La Russie produit aujourd’hui plus de 400 milliards de cigarettes. Cela correspond à 2911 cigarette par personne, du petit bébé jusqu’au vieillard !

La gamme de cigarettes à bas prix représente 40% du marché.Ca veut dire quoi ? J’ai 10 roubles que ma maman m’a donné pour acheter un déjeuner à l’école, et moi je les dépense pour des cigarettes ! Mais si le prix d’un paquet s’élevait à 30 ou 40 roubles, je ne pourrais pas le faire. Mais malgré cet état de fait, on n’arrive pas à convaincre le Ministère des finances de fixer des barrières à la vente de cigarettes ! Parce que dans ses oreilles souffle la mafia légale du tabac ! »

« La mafia légale », voici une nouveauté juridique russe. En l’absence d’ennemi extérieur, il y a toujours des ennemis invisibles à l’intérieur du pays…

Et qu’en est-il de l’alcool ? Un russe boit 18 litres d’alcool pur par an. Qui est responsable ? Vous n’allez pas le  croire… c’est le cinéma !

« Il y a un terme : la « publicité déguisée ». Les américains l’ont légalement interdite! Vous ne trouverez aucun film américain dans lequel le héro principal fume, bois ou dans lequel il aurait d’autres mauvaises habitudes. C’est un facteur majeur qui a une influence sur la télévision et sur la jeunesse américaine ! Or, chez nous, prenez nos séries tv - de bonnes séries -, le personnage principal prend un verre toutes les 7 à 8 minutes. Je l’ai compté moi-même ! C’est une condition imposée par la compagnie qui a sponsorisé la série. On m’a dit, je ne sais pas si c’est vrai, que c’est une compagnie ukrainienne qui produit l’alcool. Elle a posé une seule condition : les héros principaux doivent boire ! »

Les ennemis de la santé publique russe sont partout et ils sont de plus en plus difficiles à démasquer. Mais la Russie a une arme de destruction massive, le verbe de Monsieur Onischenko…

Les frontières linguistiques en Europe

parlement, frontière, Serbie, Grece, France, Allemagne, langues régionales, minorités, europe 3 commentaires »
27 déc 2009

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Nous sommes au  Conseil de l’Europe, à Strasbourg, où se tient la réunion du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux. A en juger par les casques sur les têtes des délégués, la majorité n’arrive pas à comprendre la langue de l’orateur, le Maire de Kragujevac. Au Conseil de l’Europe, la plus ancienne institution européenne qui réunit aujourd’hui 47 états du continent, on entend toutes les langues du continent ! Donc pour travailler ensemble, il faut des interprètes. En tout, il y a 12 cabines d’interprètes autour de l’hémicycle. Certaines sont vides. Dans la cabine grecque, je retrouve Marie-Noëlle Batut qui coordonne le travail des traducteurs.
Le jour du Congrès, les grecs, effectivement, ont amené leur propre traducteur. Car les grecs, tout comme les serbes, veulent absolument s’exprimer dans la langue de leur pays !
Pour certaines langues, surtout les langues régionales, il est presque impossible de trouver un interprète! Marie-Noëlle prie pour que, à l’occasion d’une prochaine reunion, les bretons ne demandent pas interprète du gaélique !

Comment organiser la cohabitation entre les langues « majoritaires » et « minoritaires » sur notre continent ? Le Conseil de l’Europe a élaboré une convention destinée à protéger les langues minoritaires : « la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires » dont Alexey Kozhemyakov est le chef du secrétariat :

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Et comment procèdent les états signataires ?

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La Charte ne défend pas directement les personnes physiques, mais elle crée des obligations pour les états. La Charte est-elle réellement contraignante pour les signataires ?

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 © ai

24 des 47 pays ont déjà ratifié la Charte qui a fêté ses 10 ans en 2008. Elle est devenue l’un des documents essentiels pour le Conseil de l’Europe. Un Conseil qui constitue l’incarnation même de l’Europe, de ses valeurs. Mais elle cible uniquement les langues faisant partie de « l’héritage culturel » de chaque pays membre. Une notion pas très précise. Est-ce que la langue turque fait  partie de l’héritage allemand, comme, par exemple, la langue Romani ?

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Et combien de langues y a-t-il, au total, à défendre en Europe ?

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L’Allemagne a ratifié la Convention et la Charte. La France, toujours pas…

Le mariage nucléaire

Rosatom, nucleaire, Siemens, Russie, Allemagne, europe 0 commentaire »
5 oct 2009



Bien que l’endroit soit sous haute surveillance, les reporteurs allemands de la « Deutsche Welle » nous montrent le site bulgare des futurs réacteurs nucléaires. Deux fois 1000 mégawatts qui devront nourrir à l’électricité la moitié des Balkans !

Nous sommes en 2008. La demande en énergie de la région est en pleine croissance. Derrière ce projet se trouve le géant allemand Siemens qui a développé une novelle génération de centrales nucléaires en collaboration avec une compagnie russe. Les russes construisent les réacteurs, et les allemands se chargent des technologies qui en assurent la sécurité.

Burkhard Heidowitzsch, de Siemens Bulgarie,  raconte :

« Il y a 2 ans, nous avons installé cette nouvelle technologie sur 2 sites chinois. Et les 2 fonctionnent très bien. »

Tout va donc très bien. L’entente entre les russes et les allemands est cordiale. A tel point que début mars 2009, Siemens et L’Agence fédérale de l’énergie atomique russe (Rosatom) ont  décidé de se marier ! Ils ont signé un protocole d’accord pour la mise sur pied d’une co-entreprise dans le domaine du nucléaire, qui sera contrôlée à « 50% plus une action » par… les russes. L’ex-premier ministre russe, aujourd’hui patron de Rosatom, Sergueï Kirienko : « Nous avons signé un mémorandum. L’objectif de la société mixte que nous créons avec Siemens est de construire des centrales nucléaires dans les pays qui font le choix du nucléaire. Ces projets seront livrés clé-en-main à nos clients. A notre avis, cette entreprise a un bel avenir. Nous nous connaissons depuis longtemps déjà et nous sommes parfaitement complémentaires ! »

Ah, comme ils vont bien ensemble nos jeunes mariés modèles ! Enfin presque « modèles » puisque le futur époux allemand n’est pas tout à fait vierge ! Le groupe allemand est lié par un autre contrat de mariage signé, celui-ci, avec Areva le 30 janvier 2001

Or, la polygamie n’est pas envisageable ici ! En effet, le pacte des actionnaires entre Areva et Siemens contient une clause de non-concurrence ! Siemens, donc, a demandé le divorce. Explications de Philippe Carli, PDG de Siemens France :

Siemens détenait 34% d’Areva NP et restera minoritaire dans l’entreprise russo-allemande. Les raisons financières ne sont pas toujours essentielles dans la décision de fonder une famille. La Russie poursuit sa stratégie de puissance énergétique déjà mise en place son le gaz et le pétrole. Le mariage avec un allemand respectable doit  légitimer son industrie nucléaire qui souffre d’une mauvaise image. La décision allemande, elle, est plus choquante. Apres le gazoduc Nordstream, dont l’ex-chancelier Gerhard Schroeder fut le parrain, voilà qu’Angela Merkel signe l’arrêt de mort de la construction européenne traditionnelle dans le domaine du nucléaire. Mais après tout, la Russie n’est-elle pas en Europe ?!

Douze moins un

CEI, Moldavie, Azerbaïdjan, Arménie, Moscou, Georgie, saakachvili, medvedev, Ukraine, Russie, europe 0 commentaire »
7 sept 2009

 © cei

Douze chevaux et parmi eux le favori - Etalon de Bronze Cannon… Le prix est de 7 millions de roubles… Les courses pour le prix du président de Russie le 18 juillet à l’Hippodrome central de Moscou ont réuni, en dépit du soleil et de la chaleur étouffante, beaucoup de spectateurs et ont été commentées à la télévision nationale. Entre autre parce que parmi les spectateurs se trouvait le président  Medvedev lui-même, mais aussi  les leaders de l’Azerbaïdjan, l’Arménie, le Kazakhstan, la Moldavie, et du Tadjikistan. Depuis plusieurs années déjà, les rencontres informelles des présidents des pays faisant partie de la CEI (la Communauté des Etats Indépendants) se passent sur les lieux des courses hippiques. Cette année, les courses ont été un peu… particulières. Tout d’abord, on ne pouvait pas parier, car le Parlement russe a adopté une loin contre les jeux de hasard. Deuxièmement, parmi les leaders de la CEI, seulement la moitie était présent, et enfin, pour couronner le tout, l’un des pays-membres a carrément déclaré qu’il quittait la Communauté. Il s’agit de la Géorgie.

« On doit quitter la CEI. La CEI a totalement failli en tant qu’organisation internationale. C’est un… « machin postsoviétique »… qui n’a pas pu prévenir la tragédie. En quittant la CEI, on fait nos derniers adieux à l’Union Soviétique. Ceux qui nous bombardent veulent la restaurer. Le président Poutine déclarait il y a 2 ans que la chute de l’URSS était la plus grande catastrophe géopolitique du XXème siècle… Moi, je crois que ce fut un événement heureux ! »

Vous avez peut-être reconnu la manière de s’exprimer du Président géorgien Mikheil Saakachvili. Mais il a raison, Monsieur le Président. La CEI a été créée le 8 décembre 1991 par le Traité de Minsk, au moment même de la signature d’une déclaration selon laquelle l’Union soviétique était dissoute. La CEI était supposée faciliter l’accès à l’indépendance des républiques soviétiques et développer la coopération multilatérale. Les indépendances ?… Oui, elles ont été acquises pour toutes les ex-républiques soviétiques. En ce qui concerne la coopération… nous y reviendrons. Une chose est sure, l’appartenance à la Communauté ne garantit pas la Paix. André Saveliev, ex-membre du comité pour les affaires de la CEI du Parlement russe, declare à Radio Liberté :

« Le retrait de la Géorgie de la CEI est tout à fait naturel. Apres un conflit armé entre des pays-membres il y a 2 solutions : soit on dissout la communauté, soit l’un des pays participant a ce conflit doit quitter les structures de la CEI. Je pense que la Russie doit se poser la question de la nécessité de l’existence de la CEI en tant qu’organisation. Une organisation qui a démontré, entre autre, son incapacité à prévenir les conflits entre ses pays-membres. Ce faisant, la Russie gagnerait plus qu’elle ne perdrait. Bon, il n’y aurait plus toutes ces rencontres informelles, « sans cravates », ces tables rondes, où tout le monde vient mais ne décide strictement rien… Mais en se libérant de tout ca, la Russie pourra mieux dicter ses conditions en faisant du bilatéralisme. Il ne faut pas vouloir imiter une grande communauté internationale là où il n’y en a pas ! »

Une agence matrimoniale à l’ envers finalement… une agence qui n’arrive même pas à assurer un divorce paisible. La CEI est dépourvue de personnalité juridique internationale et face à son immobilisme, certains pays issus de l’ex-URSS avaient émis des initiatives pour créer des unions plus poussées et plus dynamiques au sein de l’espace postsoviétique. L’Organisation du traité de sécurité collective  et la Communauté économique eurasiatique sont nées au sein de la CEI mais ont tendance à prendre leur indépendance, même si les liens sont encore forts. L’objectif de ces deux organisations est de reprendre le processus d’intégration économique et politico-militaire au sein de l’espace postsoviétique. Mais l’Ukraine, la Géorgie, l’Azerbaïdjan et la Moldavie forment leur propre union régionale : le GUAM. L’un de ces 4 pays vient de quitter la CEI, les autres y sont encore. Et Vladimir Zharihine, le vice-directeur de l’Institut de Pays de CEI, (eh oui, ça existe !), ne s’attend pas a de grands changements :

« Du point de vue purement juridique, il y a un frein à la désintégration, car il existe beaucoup d’accords communautaires. Si la Géorgie devait  redéfinir les accords avec tous les pays de la CEI ( a l’exception peut-être de la Russie) de façon bilatéral, cela serait très compliqué et  prendrait énormément de temps. C’est précisément pour cette raison que la Géorgie se bat aujourd’hui pour que certains accords communautaires - qui n’ont pas de statut « fermé » et qui sont ouverts également aux pays non-membres de la CEI - restent applicables pour la Géorgie. »

Il ne faut pas exagérer, Monsieur le vice-directeur. Pendant les 10 premières années de son existence, 173 accords et traités ont été conclus. Et seuls 8 ont été mis en vigueur sur l’ensemble du territoire de la CEI ! Les rapports bilatéraux, trilatéraux et quadrilatéraux dans le cadre de la CEI restent les formes les plus sures de coopération. La CEI est morte, vive la CEI, résume André Ermolaeff, expert politique ukrainien, un pays qui ne s’entend pas très bien avec la Russie non plus…

« De toute évidence, l’idée la plus productive pour l’avenir est celle de la reforme de la CEI. C’est évident maintenant que la Communauté n’arrive pas à jouer le rôle d’une véritable organisation régionale. La CEI n’est pas devenue l’Union Européenne bis. Mais il existe un mécanisme de dialogue, des contacts interparlementaires, des mécanismes des consultations… D’ailleurs, ces d’interprétations de son rôle sont à la base de la nouvelle « Conception officielle du développement de la CEI » qui date de 2007. Et le développement de ce type de format consultatif peut être très productif. Donc, je pense que la CEI peut se transformer en une Assemblée interétatique permanente, et non en une organisation régionale. En tant qu’organisation, la CEI n’a pas fonctionné,… mais la dissoudre à cause d’un conflit entre l’Ukraine et la Russie n’est pas une idée très productive »

Pas de grand bouleversement donc ? Si, le jour-même de la rencontre historique sur l’hippodrome moscovite, le président Medvedev a signé un décret autorisant les paris pendant les courses hippiques. Raison de plus de maintenir les courses et les rencontres « sans cravates »… !

Poisson de juin

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25 juin 2009

Paris, 25 juin 2009 (AFP)

Un tiers des requins océaniques - parmi lesquels le grand requin blanc et le requin marteau - sont menacés d’extinction, en raison essentiellement de la surpêche, selon une étude rendue publique jeudi…

Bruxelles, 25 juin 2059 (AFP)

Selon les scientifiques européens réunis au “Congrès de la mer” depuis hier, nous sommes entrés dans une nouvelle ère de la consommation des produits aquatiques.

Les poissons sont toujours là, leur diversité est intacte, mais les stocks « traditionnels » ont bien changé !

La consommation de produits halieutiques ayant plus que doublé depuis le siècle dernier, les biotechnologies ont dû prendre le relais…

Aujourd’hui, la quasi-totalité des poissons a été génétiquement modifié pour s’adapter aux espaces aquatiques les plus diverses. Dorénavant, les sardines, les maquereaux, les thons peuvent vivre en eau douce… les crevettes roses ont peuplé par milliards presque tous les fleuves du monde et notre correspondant en Belgique nous rapportait que les poissons sans arrête font fureur sur les tables des meilleurs restaurants bruxellois.

Geert Wilders, le grand vainqueur de l’élection européenne

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5 juin 2009

Depuis le « non » néerlandais à la Constitution Européenne, l’Europe est devenue attentive aux débats néerlandais. Malgré les consignes de la Commission Européenne, qui avait invités le Pays Bas à ne pas publier les résultats de l’élection européenne qui s’est déroulée hier,  on apprends ce matin que Le Parti de la liberté (PVV) du député Geert Wilders est le grand vainqueur du scrutin. Il se présentait pour la première fois aux européennes et remporte 4 sièges, peut-être 5 selon certaines estimations. Avec 15 % des voix, le PVV devient la deuxième formation des Pays-Bas!

Le parti se distingue par ses prises de position contre l’Islam (et notamment contre l’attitude des musulmans vis-àvis des homosexuels et des femmes) mais aussi par son discours anti-élites, notamment Bruxelloises. Au Parlément Européen ils refuseront toute alliance tant avec le groupe libéral, trop europhile à leurs yeux, qu’avec le Front national français ou Vlaams Belang flamand.

Les deux grands partis au pouvoir, le CDA (chrétien démocrate) et le PVDA (travailliste) , sont les deux grands perdants du scrutin européen. Le premier perd deux sièges et quelque 4,4 points des suffrages, à 20 % environ. Les travaillistes enregistrent une déroute historique, passant de 7 à 3 sièges et de 23,6 % à 12,2 %! Seule consolation pour le camp fédéraliste : le score de D66, une formation libérale centriste, qui passe de 1 à 3 sièges.

Le retour de Margaret Thatcher

parlement, referendum, Lisbonne, elections, LEAP2020, GRANDE BRETAGNE, UE, europe 0 commentaire »
2 juin 2009

  © CONSERVATIVE PARTY

Il y a 30 ans, Margaret Thatcher arrivait au pouvoir au Royaume-Uni…Fin avril 2009, à l’approche des élections européennes, David Cameron - le leader actuel des conservateurs britanniques - lance une campagne pour un référendum sur le traité de Lisbonne - pourtant déjà ratifié par le Parlement. « Si le Traité de Lisbonne rentre en vigueur sans consultation du peuple britannique et si les Conservateurs sont au pouvoir, notre gouvernement prendra les mesures qui s’imposent », déclare le Parti de Winston Churchill. Faut-il comprendre que le Royaume Uni sortirait de l’Union Européenne ? Non, mais selon James Elles, eurodeputé conservateur, ” l’Union devrait servir surtout à s’adapter au nouveau monde du 21eme siècle - le monde de la concurrence, notamment avec l’Asie”. La conception  de l’Europe du Parti Conservateur est assez gaulliste - l’Europe  des nations, un marché économique commun, mais pas de réels pouvoirs politiques, car cela menacerait la souveraineté nationale (la souveraineté européenne n’existe pas du fait de l’absence de « peuple européen »).Les français adorent caricaturer les conservateurs britanniques : méchants « ultralibéraux », dangereux europhobes… Alors logiquement, donc, avec la crise actuelle, le Parti de Margaret Thatcher devrait être voué à la Disparition ?! On devrait voir apparaître un Olivier Besancenot dans le pays d’Oliver Cromwell ? Mais non, pas d’espoir pour le vote protestataire, surtout communiste. Dans les enquêtes d’opinion, les Tories ont plus de 10% (!!!) d’avance sur les Travaillistes. Ils vont gagner les élections et… ils vont peut-être faire perdre la majorité au Parlement Européen au Parti Populaire Européen, car David Cameron veut siéger seul. Est ce que ca va éliminer les concurrents  ouvertement “anti-unionistes” du Parti de l’indépendance de la Grande Bretagne? La réponse le 4 juin.