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Tous les billets de la catégorie financiere

Apparemment, ce sera la Grèce

Grece, BCE, FMI, bourse, euro, Espagne, UE, crise, financiere, Belgique, Allemagne 0 commentaire »
1 mar 2010


 © ai

Godfrey Bloom - membre du parti de l’Independence du Royaume Uni - est connu pour avoir son franc-parler. Il ne cache pas qu’il est entrĂ© en politique Ă  cause de Maastricht, de la monnaie commune contre lesquels il s’est battu. La douloureuse expĂ©rience de 1992 qui avait vu la participation de la livre sterling au Système MonĂ©taire EuropĂ©en a fortement marquĂ© sa pensĂ©e. Souvenez-vous, les attaques spĂ©culatives contre la livre sterling l’ont faite sortir du système de monnaies dotĂ© d’un ancrage de paritĂ© fixe, un système prĂ©curseur de l’euro. Aujourd’hui Godfrey Bloom pense que la Grèce se trouve dans une situation similaire :

« Très peu de pays remplissaient effectivement les critères de Maastricht. La Grèce ne le faisait pas, de mĂŞme que la Belgique, l’Italie, le Portugal, ou  l’Espagne ! TĂ´t ou tard, ça devait mal se terminer. La seule question Ă©tait de savoir  quelle en serait la première victime ? Apparemment, ce sera  la Grèce. »

Effectivement, on sait aujourd’hui que la Grèce a « maquillé » ses comptes pour rentrer dans la zone euro et, plus rĂ©cemment,  qu’elle avait Ă©galement maquillĂ© les chiffres de son dĂ©ficit budgĂ©taire. Certains Ă©conomistes, comme Paul de Grauwe, pensent que les critères de Maastricht ne sont pas essentiels pour l’existence de la monnaie commune. Godfrey Bloom, Ă©conomiste Ă©galement, les trouve utiles et pointe quelques autres difficultĂ©s :

« La zone euro n’est pas une zone monĂ©taire optimale, telle que nous, les Ă©conomistes, la dĂ©finissons. Nous allons toujours avoir des Ă©conomies nationales très diffĂ©rentes qui suivent les diffĂ©rentes Ă©tapes du cycle Ă©conomique. Ca fonctionne comme une boĂ®te de vitesses. Première pour dĂ©marrer, deuxième pour descendre les Champs ElysĂ©es, etc. Et il ne serait pas raisonnable que votre collègue, qui a dĂ©marrĂ© 10 minutes plus tard que vous, soit obligĂ© d’utiliser la mĂŞme vitesse que vous ! On ne sort pas de son garage Ă  la mĂŞme vitesse que lorsqu’on est sur une autoroute ! La monnaie est une vitesse. Une seule monnaie ne peut pas ĂŞtre efficace pour une Ă©conomie fondĂ©e sur le tourisme, une autre sur l’agriculture, et encore une autre sur l’industrie. La seule manière de la rendre efficace est d’assurer des transferts de capitaux. »

Comme ca se fait entre les rĂ©gions d’un mĂŞme pays ?

« Ou, d’ailleurs, comme aux Etats Unis, qui ne sont pas une zone monĂ©taire optimale non plus ! Les Etats-Unis sont composĂ©s d’Ă©tats aussi diffĂ©rents que la Californie, le Michigan, le Wyoming… Mais il existe un système de rĂ©serve fĂ©dĂ©rale, qui, en dernier ressort, joue le rĂ´le de prĂŞteur. »

La Banque Centrale EuropĂ©enne n’a pas d’instrument pour sauver un pays en difficultĂ©, c’est certain. Mais l’entraide entre les Ă©tats reste possible, n’est-ce pas ?

« Il est vrai qu’on est heureux de prĂŞter assistance aux membres de sa famille. Mais le transfert de capitaux suppose une taxation plus Ă©levĂ©e et un appui politique très fort. Les seuls capables de le faire sont les allemands. Ils sont connus pour leur discipline financière. Mais si vous ĂŞtes rigoureux avec votre argent, voudriez-vous qu’on le donne Ă  votre voisin qui va aller le  perdre au casino ? »

Dernière question Ă  Godfrey Bloom. Godfrey Bloom, l’Ă©conomiste…Et si on trouve le moyen de surmonter cette crise qui touche la Grèce, l’Espagne, l’Italie, et d’autres encore… peut-on imaginer que l’euro survive et devienne une vĂ©ritable monnaie de rĂ©serve, ce qui Ă©tait le deuxième but de sa crĂ©ation ?

« Vous auriez besoin d’avoir la mĂŞme discipline fiscale partout, et cela dans chacun des 21 pays membres. Mais ce n’est pas possible ! A moins que l’on retire un peu de dĂ©mocratie aux Ă©tats membres et qu’on leur impose un système commun. Cela vous ramène au point de dĂ©part, Ă  savoir dans quelle mesure le projet europĂ©en est-il dĂ©mocratique ? On a créé la monnaie commune principalement pour des raisons politiques. C’est comme un couple qui se sĂ©pare et qui dĂ©cide de faire des enfants pour prĂ©server son mariage. Cela ne marche jamais ! »

 © ai

Le FMI, l’Ukraine et une vache sacrĂ©e

dollar, elections, CEI, FMI, banque, crise, financiere, Pologne, Ukraine 1 commentaire »
20 déc 2009

Le 8 octobre 2008, le prĂ©sident de l’Ukraine, Viktor Yushenko, s’adresse Ă  ses compatriotes. Depuis que la coalition des forces dĂ©mocratiques, issue de la « rĂ©volution orange », a Ă©clatĂ© au mois de septembre, le pays est ingouvernable. Yushenko annonce donc la tenue prochaine d’Ă©lections lĂ©gislatives. Aucune allusion Ă  la crise financière survenue deux semaines plus tĂ´t. Pourtant, la situation Ă©conomique ne laisse pas penser que l’Ukraine sera Ă©pargnĂ©e. Elle sera mĂŞme bientĂ´t si malade que le PrĂ©sident devra revenir sur sa propre dĂ©cision et finalement annuler le scrutin quelques semaines plus tard ! Selon l’ex-ministre de l’Ă©conomie - Victor Sousloff - interrogĂ© par Radio LibertĂ©, le raison est simple : l’Ukraine vit Ă  crĂ©dit de façon dĂ©raisonnable:”C’est une question de politique Ă©conomique. Vous attirez des capitaux, vous organisez un accès très facile aux crĂ©dits mais ne rĂ©gulez pas du tout les flux des capitaux… chose que la Banque Centrale devait faire normalement, elle devrait regarder oĂą vont les 85 milliards de dollars empruntĂ©s ! Vous savez, cet argent est principalement parti vers les crĂ©dits hypothĂ©caires, de consommation, pour acheter les voitures… Bref, cette politique devait se terminer par un crash ! Et puis on commence Ă  se plaindre que notre acier ne se vend plus Ă  cause de la crise ! Eh bien, il fallait Ă  l’Ă©poque dĂ©penser l’argent pour moderniser le secteur de la mĂ©tallurgie ! »

L’expert ukrainien, Alexandre Zholud, enfonce le clou :

«Toutes les exportations ukrainiennes ont chutĂ©. Et on n’achète plus ukrainien mĂŞme avec des prix bas ! Cela concerne les principaux produits d’exportation : les mĂ©taux, les engrais, les produits agricoles, les machines… Donc les volumes d’exportations baissent, et les recettes aussi ! »

Les rĂ©serves ukrainiennes s’Ă©levaient Ă  30 milliards de dollars en octobre 2008. La dette globale dĂ©passait les 100 milliards de dollars. La moitie de cette dette est constituĂ©e de la dette des banques qu’il fallait rembourser pendant les pires mois de la crise. La solution : emprunter encore ! 16,5  milliards de dollars empruntĂ©s Ă  un faible taux  - 4% -  auprès du FMI. L’Ă©conomiste Vladimir Lanovoy:

« Le crĂ©dit du Fmi est très important pour l’Ukraine, car la balance commerciale du pays est nĂ©gative ! On doit payer plus d’argent que nous en disposons. Les investissements et autres entrĂ©es d’argent depuis l’Ă©tranger ne suffisent pas. Si nous n’avions pas l’apport du FMI, le grivna - la devise ukrainienne - deviendrait instable et serait sans cesse dĂ©valuĂ©e ! »

ThĂ©oriquement, le FMI ne devrait pas prĂŞter Ă  un pays dont l’Ă©conomie est si mal gĂ©rĂ©e que la question de son remboursement de prĂŞt peut ĂŞtre sĂ©rieusement posĂ©e. Du coup, le FMI impose toute une sĂ©rie de mesures de rigueur. Irina Akimova, « le ministre de l’Ă©conomie de l’ombre » de la partie de l’opposition les Ă©numère :

« Tout d’abord, c’est la rĂ©duction du dĂ©ficit budgĂ©taire. En 2009, on devait avoir un budget sans dĂ©ficit ! Mais que signifie un budget sans dĂ©ficit quand les dĂ©penses sociales sont si importantes ? Cela veut dire que les revenus rĂ©els de la population vont baisser ! Et c’est une mesure très impopulaire ! Évidemment, s’attendre Ă  de telles mesures de la part du Premier Ministre - Mme Timoshenko - est très improbable. D’autant plus qu’elle est l’une des candidates pour les Ă©lections prĂ©sidentielles Ă  venir. Elle doit tenir ses promesses et on se souvient qu’au dĂ©but de l’annĂ©e, elle nous a promis des standards de vie « a l’europĂ©enne » avant la fin 2009 ! Dans le mĂŞme temps, le chĂ´mage augmente, nous avons des problèmes de paiements d’arriĂ©rĂ©s de salaires et de retraites. Comment le gouvernement va-t-il remplir ses obligations sociales tout en soutenant le marchĂ© intĂ©rieur et la production - voilĂ  la vĂ©ritable question ! »

Vladimir Lanovoy n’est pas content :

« Le FMI ne s’occupe pas des reformes structurelles ! Et il ne demande pas aux gouvernements de changements institutionnels ou de changement de politique sectorielle. C’est prĂ©cisĂ©ment pour cela que ses actions n’aboutissent pas aux rĂ©sultats escomptĂ©s ! Il pense seulement Ă  comment Ă©viter que les finances de l’Ă©tat se retrouvent en faillite Ă  cause des obligations extĂ©rieures et aux dĂ©ficits internes. Je dirais mĂŞme plus, il nous demande d’opĂ©rer quelques changements dans les dĂ©penses budgĂ©taires qui sont contre les reformes structurels ! Prenez le cas de la compagnie gazière « Naftogaz de l’Ukraine ». Il y a une urgence Ă  la restructurer ! Et pourtant le FMI exige qu’on leur donne de l’argent sans condition, juste pour Ă©quilibrer leurs comptes ! »

De toutes façons, les conditions du FMI - qu’elles soient bonnes ou mauvaises - ne sont pas dument remplies. Le Fond MonĂ©taire international a suspendu le payement de la troisième tranche de crĂ©dit. Le Fond sait qu’avant les Ă©lections prĂ©sidentielles du 17 janvier, il ne faut pas s’attendre Ă  ce que la rigueur budgĂ©taire soit au rendez-vous. Un simple exemple : le parlement  a fait fi du vĂ©to du prĂ©sident concernant la loi sur le financement, par la Banque centrale, de la prĂ©paration des championnats d’Europe de football programmĂ©s en Ukraine et en Pologne pour 2012.

Véto ou pas, le foot reste une vache sacrée.

Les frontières de la crise: la Lettonie

BCE, FMI, capitalisme, euro, banque, UE, crise, financiere, Lettonie 0 commentaire »
15 nov 2009

Il y a 3 semaines, les mĂ©dias du monde entier ont diffusĂ© cette information-choc : un mĂ©tĂ©orite vient de tomber en plein cĹ“ur de la Lettonie. Un mĂ©tĂ©orite, qui s’est avĂ©rĂ©e ĂŞtre une falsification publicitaire pour la compagnie de  tĂ©lĂ©phonie mobile Tele 2. Le porte-parole de cette entreprise suĂ©doise bien implantĂ©e dans la rĂ©publique balte affirme que le but de l’opĂ©ration Ă©tait de « redonner confiance Ă  la population lettone et de montrer qu’un Ă©vĂ©nement unique peut remettre un petit pays au centre de l’attention de tout le monde ». Le deuxième objectif Ă©tant pleinement rempli , essayons d’analyser pour l’instant d’oĂą vient ce manque de confiance. C’est simple - la Lettonie est au bord de la faillite et la crise est arrivĂ©e comme une vĂ©ritable mĂ©tĂ©orite. Explication du premier ministre Valdis Dombrovskis :

« Tout ca a commencĂ© en 2005/2007. Ce furent des annĂ©es de croissance très importante, mais mĂŞme avec une croissance Ă  2 chiffres le gouvernement de l’Ă©poque n’a pas Ă©quilibrĂ© le budget ! Des mesures anti-inflationnistes ont Ă©tĂ© prises tardivement, le volume des crĂ©dits a doublĂ© en 2006/2007 et les restrictions sur ces crĂ©dits ont Ă©galement Ă©tĂ© introduites très tardivement. Donc la politique macroĂ©conomique a Ă©tĂ© fondamentalement mauvaise.»

Un flux d’argent trop important pour une Ă©conomie trop petite pour l’ absorber de façon productive. Cela a conduit Ă  l’inflation, la spĂ©culation et la surconsommation. Si la dette de l’Ă©tat Ă©tait raisonnable, l’endettement du secteur privĂ© ne l’Ă©tait pas. La bulle devait Ă©clater de toute façon, mais c’est le choc « Lehman Brothers », qui l’a provoquĂ©. Tout le monde a cĂ©dĂ© Ă  la panique - les capitaux Ă©trangers (scandinaves et ex-soviĂ©tiques) sont partis, les gens ont commencĂ© Ă  retirer l’argent en masse. RĂ©sultat - la faillite de la première banque de dĂ©pĂ´t du pays, Parex. Pour Ă©viter le pire la banque a Ă©tĂ© nationalisĂ©e, mais le sauvetage a coutĂ© tellement cher que le petit Ă©tat  s’est retrouve lui-mĂŞme au bord de la faillite ! Ensuite  est venue la rĂ©cession, la chute de la consommation… Que faire ? Pour la ministre de l’Ă©ducation Tatjana Koke, la recette est simple :

« C’est le moment pour tout le monde, pour la nation entière, de comprendre que nous pouvons dĂ©penser uniquement ce nous avons gagnĂ©, pas plus ! »

Effectivement, pour combler le manque Ă  gagner qui augmente tous les jours, la Lettonie n’arrive mĂŞme pas Ă  emprunter sur les marchĂ©s ! Il faut donc compter sur l’aide financière internationale. Le FMI et L’Union EuropĂ©enne lui sont venus en aide. Mais pour la conserver il faudra respecter une discipline budgĂ©taire très stricte, par exemple rĂ©duire les dĂ©penses de 500 millions de lats par an entre 2009 et 2012 ! Comment ? Voici une idĂ©e du ministre de la santé :

« Si on prend le financement du système de santĂ© il ne faut pas prendre en considĂ©ration uniquement les ressources budgĂ©taires. Il ne faut pas oublier une autre partie, la contribution des patients, de la population. Moins l’Ă©tat finance la mĂ©decine plus elle sera financĂ©e directement par la population. MĂŞme si l’Ă©tat ne finance plus certains services ils resteront en place car les gens auront toujours besoin de se faire soigner.»

L’idĂ©e est donc simple - les services existeront, mĂŞme s’ils ne sont plus totalement publics. Évidemment, les mĂ©decins, les policiers, les enseignants ne sont pas très contents…Le salaire de ces derniers a diminuĂ© de 40% cet Ă©té ! Et pourquoi ne pas tout simplement fermer la moitiĂ© des Ă©coles ? En Lettonie on compte seulement entre 8 et 10  Ă©lèves par l’enseignant. Appliquons la moyenne europĂ©enne ! Ça laisse sceptique le patron du syndicat letton de l’Ă©ducation, pour l’instant toujours nationale:

« Tous les ans le ministère pense Ă  augmenter le nombre d’Ă©lèves par enseignant. Augmenter la taille des Ă©coles et fermer les petites Ă©coles tout simplement.  Mais nous considĂ©rons qu’il faut faire une pause. Il faut analyser comment le nouveau système  va fonctionner. HonnĂŞtement, regardes l’Ă©tat des routes, dĂ©plorables, et le manque de bus scolaires… Ah, beaucoup de questions…»

Apparemment, on ne va pas fermer les Ă©coles cette annĂ©e, mais il reste beaucoup de questions sur l’application des mesures d’Ă©conomie stricte. Le principal Ă©tant : « Peut-on exiger, comme font les prĂ©teurs internationaux, les coupes budgĂ©taires aussi drastiques quand le PIB letton rĂ©gressera de plus de 18% cette annĂ©e ? »  Raita Karnite, Ă©conomiste letton est amère:

“Chez nous en Lettonie la politique principale est la politique du budget national. Et on respecte les chiffres macroĂ©conomiques. Mais qui aura besoin de ces chiffres si l’Ă©tat n’a plus de citoyens? Et les gens commencent Ă  Ă©migrer a nouveau!”

Et si on dĂ©value la monnaie nationale, comme l’ont fait les Russes et les Britanniques ? La banque centrale lettone a dĂ©pensĂ© 1 milliard d’euros en juin 2009  pour soutenir le lat ! Oui, mais la majoritĂ© des emprunteurs lettons ont pris des crĂ©dits en euros et auront donc plus Ă  rembourser. Et puis, la Lettonie veut adopter l’euro. Pour cela,  il faut respecter les critères de  Maastricht. C’est vrai qu’en France on vient de les oublier… Oui,  mais ce qui est permis a un pays fondateur de l’Union n’est pas permis Ă  la Lettonie. Bref, pas question de creuser le dĂ©ficit  ni de dĂ©valuer! Un ministre letton a mĂŞme dit un jour qu’une chute de mĂ©tĂ©orite serait plus probable  que la dĂ©valuation de la monnaie nationale.

Mais une mĂ©tĂ©orite vient de tomber, n’est-ce pas ?

Les idiots et les routes

arctique, Yamal, gazprom, investissement, capitalisme, Russie, crise, financiere, prĂ©sidence 0 commentaire »
11 oct 2009



Comme l’Ă©crivait NikolaĂŻ Gogol, la Russie a deux problèmes majeurs : les idiots et les routes. A en juger par le reportage de la première chaine de la tĂ©lĂ©vision russe, le problème d’infrastructure est toujours aigu. Nous sommes sur la presqu’ile de Yamal, en SibĂ©rie. Yamal est littĂ©ralement coupĂ©e du reste du monde par la toundra ! Mais voici que le PDG de Gazprom, Alexei Miller, inaugure le pont qui passe la rivière Yuribey, un point nodal du nouveau chemin de fer qui va traverser la presqu’ile pour arriver dans un port sur l’ocĂ©an arctique:

« La longueur de ce pont est de 3,9 km ! C’est le pont le plus long jamais construit  au-delĂ  du cercle polaire! Construit dans un dĂ©lai record de seulement 341 jours ! ».

Mais pourquoi diable le PDG de la compagnie gazière inaugure un pont ? Eh bien, parce qu’il s’agit de la SibĂ©rie. Ce n’est pas pour rien qu’on appelle Yamal la « presqu’Ă®le aux trĂ©sors »…  Effectivement, si on fait le compte de tout ce que renferme le sol de cette presqu’ile sibĂ©rienne, l’endroit n’a pas beaucoup de concurrents dans le monde. Vladimir Poutine, premier ministre russe :

« Les rĂ©serves de gaz sont de 55 trillions de mètres cubes! Cela a Ă©tĂ© confirmĂ© par les explorateurs et les documents. Le gaz qu’on va extraire ici pourra compenser l’Ă©puisement des vieux gisements gaziers et va offrir a la Russie des opportunitĂ©s supplĂ©mentaires pour les exportations. Et lĂ  je ne parle pas uniquement des volumes, mais Ă©galement de l’ouverture de nouveaux marchĂ©s ! »

Mais encore faut-il extraire ce gaz de Yamal ! Ce qui est bien avec la première chaĂ®ne de la tĂ©lĂ©vision russe, c’est qu’elle nous montre qui va s’en occuper. Comme toujours, depuis 10 ans, c’est Vladimir Poutine lui-mĂŞme qui s’en chargera ! Il est venu en personne sur Yamal pour animer une confĂ©rence Ă  ce sujet. Une confĂ©rence Ă  laquelle ont Ă©galement participĂ© les reprĂ©sentants de 12 grandes multinationales : Shell, Mitsui, Mitsubishi, Eni…

« Faisons de Yamal une plate-forme de la coopĂ©ration internationale ! “. Tel est le mot d’ordre. Vladimir Poutine:

« Dans ce projet Yamal, il faudra Ă©tudier la question de la construction d’une usine de liquĂ©faction du gaz naturel et de toute une infrastructure portuaire correspondante - le port maritime, mais aussi des bateaux capables de naviguer dans l’ocĂ©an arctique. La construction d’une telle usine ouvrira au gaz russe de nouveaux marchĂ©s et permettra Ă  la Russie de maĂ®triser des technologies innovantes qu’elle ne connaĂ®t pas Ă  l’heure actuelle.»

La Russie n’a pas tellement besoin d’argent. Par contre, il lui faut des technologies modernes, c’est ce qui lui manque cruellement (avec les routes d’ailleurs). C’est pour cette raison que Vladimir Poutine invite les capitalistes des pays qui ont une bonne maĂ®trise technologique Ă  investir dans Yamal. Le gaz contre la technologie. Au premier semestre 2009, la Russie a attirĂ© seulement 12 milliards de dollars d’investissements Ă©trangers. C’est 30% de moins que pour la mĂŞme pĂ©riode sur l’annĂ©e 2008, et deux fois moins qu’en 2007 ! Plus grave encore, pour la première fois depuis 3 ans, les investissements russes a l’Ă©tranger sont de 67% supĂ©rieurs aux investissements Ă©trangers en Russie! Mais l’homme qui s’occupe de tout en Russie est confiant : “Je suis sĂ»r que le pays a une chance de devenir un des centres mondiaux d’attraction des investissements. La crise ne doit pas nous Ă©loigner de ce but mais au contraire nous en rapprocher”, estime l’ex-prĂ©sident, que l’on appelle dĂ©sormais  “le PDG de la corporation “Russie”.

« Nous ouvrons les portes aux investissements Ă©trangers. Leur volume croit chaque annĂ©e. Et nous en sommes ravis. Nous allons continuer Ă  les soutenir. La nouvelle loi sur les investissements Ă©trangers ne les interdit pas, bien au contraire, elle créée des conditions transparentes pour les investisseurs. C’Ă©tait le principal objectif de cette loi. »

La nouvelle loi sur les investissements Ă©trangers concerne, je cite : “les activitĂ©s qui prĂ©sentent une importance stratĂ©gique pour la dĂ©fense et la sĂ©curitĂ© du pays”. La loi a Ă©tĂ© adoptĂ©e en mai 2008, juste avant le dĂ©but de la crise financière. Pour investir dans “les secteurs stratĂ©giques”, il faut dĂ©sormais avoir l’aval de l’Ă©tat. Et puisque l’Ă©tat se dirige comme une compagnie, il faut l’aval de son “PDG”. MĂŞme si a priori, cette nouvelle loi - qui complique les choses pour les investisseurs - ne concerne pas  explicitement l’exploitation des ressources sur Yamal, les patrons des multinationales auront toujours besoin d’avoir des relations cordiales avec le seul vĂ©ritable PDG russe.

18 minutes

Royaume Uni, IDE, investissement, Londres, financiere, GRANDE BRETAGNE 0 commentaire »
11 oct 2009


 © ai

Andrew Levi est l’un des directeurs de «UK Trade and Investment»,  l’agence gouvernementale britannique qui aide les entreprises Ă©trangères Ă  s’implanter au Royaume-Uni. Lorsqu’il me reçoit dans ses bureaux a Kingsgate House, Victoria street, Ă  Londres - il insiste sur l’importance des investissements entre la France et la Grande-Bretagne. Andrew Levi regarde dans ses papiers : le Royaume Uni est l’un des investisseurs les plus importants en France ! Et les français sont les 2èmes investisseurs en Grande Bretagne ! Ces investissement ont crĂ©e 300 000 emplois de chaque cotĂ© de la Manche !

Comment expliquer que le Royaume Uni, malgré les crises, reste une destination privilégiée pour les investisseurs étrangers. Andrew Levi nous répond :

« Je crois qu’il faut, en moyenne, 18 jours pour crĂ©er une entreprise au Royaume-Uni. Mais le record est de 18 minutes ! Vous voyez ? Cela illustre bien notre façon de travailler : assez peu bureaucratique et pas très compliquĂ©e.»

Effectivement…Mais vous ĂŞtes Ă©galement rĂ©putĂ© pour votre attachement au libre-Ă©change. Cela doit Ă©galement avoir de l’importance ?!

« Nous sommes le plus gros investisseur Ă  l’Ă©tranger. Et nous sommes clairement ouverts. Car si nous voulons que nos entreprises rĂ©ussissent Ă  l’Ă©tranger, il faut offrir la mĂŞme possibilitĂ© aux entreprises qui s’implantent chez nous. Ici, il y a peu de barrières pour les investissements des entreprises Ă©trangères. Les autres pays, comme la France, en ont plus. On se souvient encore comment la production de yaourt est devenue une industrie stratĂ©gique en France ! Je n’arriverais pas Ă  trouver des exemples semblables chez nous. Nous avons des règles concernant la sĂ©curitĂ© nationale, mais on ne les applique pas contre des investisseurs potentiels. »

Selon les chiffres de « UK Trade and Investment », en 2008/2009, 1744 nouveaux projets d’investissement ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s en Grande Bretagne. 78540 emplois ont Ă©tĂ© créés ou sauvegardĂ©s. Cela correspond Ă  215 emplois par jour. Pas mal pour une pĂ©riode de crise, mĂŞme si le volume des investissements a Ă©tĂ© divisĂ© par 2 ! Mais ce sont surtout les banques londoniennes qui profitent de ce libĂ©ralisme, n’est-ce pas Monsieur Levi ?

« Oui, votre prĂ©sident a dit rĂ©cemment que le Royaume Uni Ă©tait très dĂ©pendant des services. Et c’est certainement vrai, nous avons une Ă©conomie des services très dĂ©veloppĂ©e. L’industrie des services financiers, Ă  laquelle fait rĂ©fĂ©rence votre prĂ©sident, reprĂ©sente 8% de notre Ă©conomie. C’est, sans doute, un chiffre important, mais il reste 92% ! Juste Ă  titre d’exemple : nous sommes le 6ème pays manufacturier au monde. Et les produits manufacturiers reprĂ©sentent 12% de notre Ă©conomie.»

Voici les chiffres de juin 2009. Sur une annĂ©e : 17469 emplois dans l’ingĂ©nierie de pointe, 4692 emplois en science de la vie,  contre seulement 4483 dans le domaine des services financiers. Faut-il, donc, que la PrĂ©sidence de la RĂ©publique licencie ses conseillers responsables de la Grande-Bretagne ?

« Londres est un grand gĂ©nĂ©rateur de revenus, un vĂ©ritable moteur Ă©conomique dans le secteur des finances, des services aux entreprises, et dans le domaine du droit. Mais cela veut Ă©galement dire que tout le Royaume Uni - Londres inclus - pourrait ĂŞtre attractif pour y Ă©tablir une grande plate-forme internationale. Parce que vous auriez accès Ă  tous ces services Ă  la fois. Bien sĂ»r, vous avez aujourd’hui les visioconfĂ©rences et plein d’autres technologies de management moderne ; mais rien ne peut remplacer la proximitĂ© physique avec votre avocat et votre banquier. »

Merci Andrew Levi pour vos rĂ©ponses très… « diplomatiques » !

 © ai

La Valeur Kulvik

capitalisme, fond, investissement, Suisse, bourse, euro, financiere, Luxembourg, Finlande, banque, crise 0 commentaire »
18 juin 2009

Difficile de mettre la main sur Hannes Kulvik. Toujours entre un conseil financier a Genève et son pays natal, la Finlande, sans oublier Londres et, bien sur, Luxembourg, le siège de son fond d’investissement, « Sifter Fund », ou, plutĂ´t, ses fonds, car ils sont plusieurs, mais toujours fondĂ©s sur le mĂŞme principe. « Sifter » signifie « trier ». La compagnie de Hannes Kulvik a crĂ©e un outil d’Ă©valuation - le Stocksifter - qui permet de donner une estimation en temps rĂ©el de la valeur objective des 15,000 sociĂ©tĂ©s les plus importantes du monde, hors fluctuations boursières momentanĂ©es. Est-il possible ou non de connaitre la valeur d’une entreprise Ă  un moment donnĂ© ? Keynes ne le croyait pas, mais on n’est pas obligĂ© d’ĂŞtre KeynĂ©sien…Pour analyser 15.000 compagnies, il ne faudrait pas moins de 135 analystes qui travailleraient dur pendant 2 ans. Stocksifter le fait automatiquement… et en temps rĂ©el ! Et l’outil vous donne la valeur rĂ©elle de chacune de ces entreprises. Cette « valeur », c’est la valeur dite « valeur », du nom de son inventeur. Ensuite, vous affinez progressivement la recherche et vous choisissez les meilleures opportunitĂ©s d’investissement. Une vingtaine d’entreprises, qui sont, elles, Ă©tudiĂ©es par des analystes en chair et en os. Sifterfund ne spĂ©cule pas, il investit. Ce sont les entreprises qui crĂ©ent la valeur, pas les marchĂ©s - tel est le mot d’ordre. Nous n’achetons pas des « titres », nous achetons les entreprises qui sont sous-Ă©valuĂ©es par la bourse. L’analyse mathĂ©matique alliĂ©e Ă  une dose de conservatisme. Sifterfund pense avoir trouvĂ© une formule magique.

Le paradis des courtiers

bourse, capitalisme, Londres, livre, dollar, LEAP2020, crise, financiere, banque, euro, GRANDE BRETAGNE 1 commentaire »
28 mai 2009

city of london © A.Ipatovtsev
La circulation n’est pas très dense devant le nouveau siège de la bourse de Londres, près de l’Ă©glise Saint Paul. La bourse a Ă©tĂ© créée en 1801, dans un autre quartier, le quartier du change, lĂ  oĂą se trouve aujourd’hui la City, l’endroit oĂą s’effectuaient les transactions marchandes… Ă  l’intĂ©rieur des « coffeehouses ». Ranald Michie, professeur Ă  l’UniversitĂ© de Durham, est spĂ©cialiste de l’histoire des marchĂ©s financiers : « C’Ă©tait au moment des guerres rĂ©volutionnaires françaises, sous NapolĂ©on. La dette du gouvernement anglais augmentait rapidement. 800 millions de livres vers la fin de la guerre - une somme astronomique a l’Ă©poque. Donc il est apparu un besoin d’avoir une place oĂą l’on pourrait vendre des titres. Mais il fallait Ă©galement Ă©liminer le risque de non payement, le risque de contrepartie. »La bourse pourrait ĂŞtre dĂ©finie comme un marchĂ©, mais un marchĂ© contrĂ´lĂ© par des règles et des rĂ©gulations. C’est la diffĂ©rence avec « le marché » tout court. Et aujourd’hui, c’est quoi la bourse, professeur Michie ?

« D’un cĂ´tĂ©, rien n’a vĂ©ritablement changĂ©. Mais une chose a changĂ© pourtant - il n’est plus question de dette de l’Ă©tat, seules les actions d’entreprises y sont Ă©changĂ©es !).  Deuxième changement - le rĂ´le des banques. Il y a très peu de courtiers indĂ©pendants, les affaires sont faites par les banques. Et puis, la technologie aussi… Pendant longtemps, le « trading floor » Ă©tait souverain ! Pour vendre des titres, il fallait ĂŞtre membre de la bourse. Aujourd’hui, tout se fait Ă©lectroniquement. Vous pouvez interagir avec les autres courtiers de chez vous Ă  travers l’Ă©cran de votre ordinateur. »

Le bruit des voitures Ă  l’extĂ©rieur de la bourse de Londres…. A l’intĂ©rieur, l’ambiance est beaucoup plus silencieuse car la vente Ă  la criĂ©e est remplacĂ©e par des transactions Ă©lectroniques. Et ca depuis le « big bang » de Margaret Thatcher - la libĂ©ralisation du fonctionnement de la bourse - qui a  facilitĂ© l’arrivĂ©e rapide de banques amĂ©ricaines et ouest-europĂ©ennes Ă  Londres et  dĂ©veloppĂ© le marchĂ© financier grâce Ă  la baisse des coĂ»ts. La City, auparavant considĂ©rĂ©e comme un lieu Ă©litiste pour gentlemen anglais, est aujourd’hui le paradis des courtiers « golden boys ». Le marchĂ© londonien des titres est le plus important d’Europe. Mais comment une entreprise choisit-elle la bourse dans laquelle elle sera cotĂ©e ?

« La compagnie regarde les prix qu’elle peut obtenir pour ses titres et elle Ă©value les charges pour ĂŞtre listĂ©e Ă  Londres ou a New York. Et ca ne dĂ©pend pas uniquement de la bourse, mais Ă©galement des autoritĂ©s. Vous savez, après le “scandale Enron, les Etats-Unis ont augmentĂ© la charge rĂ©gulatrice qui pèse sur les entreprises. RĂ©sultat : les entreprises sont parties de New York pour venir chez nous. Donc, si maintenant, avec la crise, l’Union EuropĂ©enne durcit la rĂ©gulation pour l’introduction en bourse, les entreprises partiront ailleurs. C’est inĂ©vitable ! »

Ceci est donc une forme d’avertissement du Professeur Richie aux rĂ©gulateurs français ! Dans quelques jours, Xavier Rolet - l’ancien directeur de Lehman Brothers France - prendra la tĂŞte du London stock exchange qui regroupe les places de Londres et de Milan. Avec la crise, les introductions en Bourse sont devenues rares, les montants des transactions boursières diminuent et la valeur des titres fond. La valeur des groupes du Footsie-100 s’est ainsi rĂ©duite de 34% en 2008. En plus, après une nouvelle dĂ©règlementation rĂ©cente, les nouveaux acteurs -  Turquoise et  Instinet - empiètent de plus en plus sur les parts de marchĂ© de la bourse de Londres.

« La part de la bourse de Londres dans les entreprises de l’indice boursier Footsie 100 ne reprĂ©sente aujourd’hui que 68% du volume des ventes. 32% des transactions s’effectue donc ailleurs. Mais cela ne veut pas dire que ces titres sont partis Ă  New York ou a Euronext. Non ! Ils sont partis vers les plateformes Ă©lectroniques. Mais le prix de rĂ©fĂ©rence est toujours fixĂ© par la bourse de Londres. »

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19 avr 2009

Alan Greenspan, qui était le président de la Banque Centrale américaine de 1987 à 2006, a longtemps été un partisan de l’or, « l’or et la liberté économique sont indissociables », écrivait-il en 66. «À part l’étalon or, il n’existe aucun moyen de préserver l’épargne de l’inflation, l’or protège la propriété» disait-il.
Qu’a fait ce même Alan Greenspan pour l’or lorsqu’il était président de la FED ? Rien, si ce n’est le vendre.
Les AmĂ©ricains ont installĂ© leur rĂ©serve d’or au centre d’un camp militaire impressionnant qui est le camp d’entraĂ®nement de l’arme blindĂ©e. Il est Ă©vident que leur or ne pouvait pas ĂŞtre mieux dĂ©fendu que par ces tanks. Mais voilĂ , depuis plusieurs dĂ©cennies dĂ©jĂ , les rĂ©serves des banques centrales sont constituĂ©es de devises et non plus d’or. Le dollar amĂ©ricain est la principale monnaie de rĂ©serve. A partir des accords de Bretton Woods et jusqu’en 1971 le dollar Ă©tait rĂ©putĂ© “as good as gold”, c’est-Ă -dire aussi bon que l’or. En effet, en 1944, les leaders mondiaux du système financier rattachent l’or au dollar Ă  un cours fixe, une once d’or pour 35 dollars mais vers la fin des annĂ©es 60, le prĂ©sident Johnson desserra les liens entre l’or et les dollars avant qu’en aoĂ»t 1971 Richard Nixon ne dĂ©crète leur inconvertibilitĂ© dĂ©finitive. Plusieurs voix s’élèvent alors contre cette dĂ©cision, mais certains voyaient dĂ©jĂ  se dessiner une autre solution Ă  la crise du système monĂ©taire gĂ©nĂ©rĂ©e par la perte de l’étalon d’or.
Valéry Giscard d’Estaing : “Le système monétaire international s’est effondré il y a huit ans, en 1971, et nous sommes entrés dans la période des taux de change flottants et on a bien vu que ce système des taux de change flottants n’était pas favorable à l’économie mondiale. Nous ne pouvions pas, nous, rebâtir le système pour tout le monde, mais nous pouvions au moins le rebâtir pour nous et donc le fait que l’Europe rétablisse un système de stabilité du taux de change est un élément qui permettra – je l’espère – de reconstruire progressivement tout le système.”
C’était il y a exactement trente ans, l’année même de la création du système monétaire européen, un système qui nous a conduits vers l’euro. Aujourd’hui, l’euro est la deuxième monnaie au monde, s’agissant des transactions et depuis décembre 2006, il compte le plus grand nombre de billets en circulation. Que les espoirs étaient grands ! On se demandait même à l’époque si la monnaie européenne n’allait pas détrôner le roi dollar. Souvenez-vous, il y a seulement six mois le dollar était au plus bas par rapport à l’euro, mais la crise financière est venue à nouveau tout bouleverser, c’est à n’y plus rien comprendre. Pourquoi le dollar tient-il toujours et gagne même 22% sur l’euro depuis l’été dernier ? Depuis son lancement en 1999, l’euro n’a pas arrêté de gagner du terrain sur le dollar dans les réserves de change international. En 1999, l’euro représentait moins de 20% des réserves contre plus de 70% pour le dollar, à la fin du deuxième trimestre 2008 c’était 26.7% pour l’euro et 63.6% pour le dollar, c’est les statistiques du FMI. Est-ce que la crise va remettre en cause le statut de l’euro comme monnaie de réserve ?
A priori, non parce que lĂ  encore on a affaire Ă  des comportements de gestion de portefeuille. Qui a besoin de placer des rĂ©serves en devises ? Ce sont les pays excĂ©dentaires en balance de paiement, les opĂ©rations courantes, donc ce sont les pays pĂ©troliers, c’est la Chine. Ils ont ont le choix entre des instruments libellĂ©s en dollar et des instruments libellĂ©s en euro et Ă©ventuellement en d’autres monnaies. Ils composent un portefeuille qui leur parait optimal en fonction de leurs anticipations. L’euro a montĂ© parce que les anticipations de rendement sur les titres en euro Ă©taient supĂ©rieures aux anticipations de rendement sur les titres en dollar. Les gens vendaient des titres en dollar, vendaient les dollars, achetaient de l’euro, achetaient des titres en euro et ils font le mouvement inverse aujourd’hui.

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Ruée vers les pièces d’or ?

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4 avr 2009

Laurent Schmitt, numismate et patron de la Compagnie générale de bourse (CGB), est spécialiste des monnaies anciennes. Monsieur Schmitt ne vit pas vraiment de la vente d’or. Rue Vivienne, il propose à la fois le change des devises, le recyclage de bijoux abîmés, mais aussi et surtout de la numismatique. Ses clients sont discrets, peu bavards et rares. Pourtant, du magazine Capital aux multiples sites internet spécialisés, on nous assure un peu partout qu’une véritable ruée vers l’or aurait commencé depuis le début de la crise, mais qu’en est-il réellement ? 

Laurent Schmitt

Laurent Schmitt : Certains marchands vous diront “oui, je vends plein d’or, etc.” Pourquoi ? Parce qu’ils ont de l’or en caisse, ils en détiennent et veulent faire monter le cours. Mais actuellement, non on n’a pas eu une envolée. Les cours montent, on a pas plus de vendeurs. Que devrait-il se passer ? Même s’il n’y a pas d’acheteurs, on devrait avoir un nombre important de vendeurs. Or il n’y a pas de vendeurs. Donc s’il n’y a pas de vendeur, il ne peut y avoir d’acheteur puisqu’on ne peut rien leur proposer en échange. Au moment où on a eu une vraie fièvre de l’or au mois de septembre de l’année dernière, c’est-à-dire que les cours sont montés assez rapidement suite à la crise financière, les journalistes sont venus dans la rue faire des reportages, en disant “il y a une fièvre de l’or. Mais la fièvre de l’or n’a pas eu lieu. Les gens se sont interrogés, se sont renseignés mais ce n’est pas parce que le napoléon vaut aujourd’hui 125 et que le lingot est à plus de 23000 que vous avez des vendeurs. Quand vous vendez de l’or, pourquoi le faites-vous ? C’est parce que vous avez besoin d’argent. Aujourd’hui quelqu’un qui a de l’or, des lingots ou des napoléons dans son coffre, n’a pas intérêt à les vendre pour les transformer en papier. Papier qui connaît de l’inflation, de l’érosion. Et, s’il les place en bourse, il risque de perdre de l’argent s’il fait de mauvais placements.

Mais quel va être l’effet de la crise sur la valeur de l’or ?

Plus la crise va se renforcer, plus nous risquons d’avoir de l’inflation, une baisse des taux d’intérêt, une baisse de la bourse, et plus l’or va redevenir une valeur intéressante. Quand vous aviez des taux d’intérêt à 10%, quand la bourse faisait 30% par an, avoir de l’or n’avait aucun intérêt. Quand vous commencez à voir une crise et que l’on ne sait pas de quoi le lendemain sera fait, les gens peuvent se réfugier à ce moment-là sur ce type de placement. Je ne vous rappellerai qu’une seule chose, une pièce de 20 francs or pèse 6.45 grammes, 5.80 grammes d’or pur. En 1914 c’est vingt francs or. En 1919 c’est toujours 20 francs, mais ce n’est plus coté. En 1928 c’est 100 francs, en 1933 c’est 300 francs et 1942 c’est 5000 francs.

Mais concrètement, selon vous, faut-il acheter de l’or aujourd’hui ?

Vous savez, il faut avoir de l’or pour la Chandeleur, ça porte bonheur. Mais autrement, ceux qui ont de l’or doivent le garder s’ils n’ont pas besoin d’acheter une maison ou de faire quelque chose d’important. Pour ceux qui n’en ont pas et qui pensent que malheureusement les conditions économiques vont s’aggraver et qu’on risque d’avoir une guerre, etc. ayez un peu d’or. Mais d’un autre côté, faire le pari de l’or, c’est faire le pari de la crise qui dure.

Crise = Guerre civile. Quand France 24 fait peur.

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4 mar 2009

Si vous voulez avoir des frissons regardez ceci:

Encore? D’accord!

France24, la voix de la France dans le monde n’est pas assez serieuse? Lisez “Le Monde”: “Après la crise financière, la guerre civile ? PrĂ©parez-vous Ă  “quitter votre rĂ©gion”…

Mais quelle mouche a piquĂ© nos respectables journalistes? Pourquoi offrir une tribune a un certain Franck Biancheri? Parce qu’il est le PrĂ©sident de “Newropeans”, obscur mouvement politique trans-europĂ©en “qui prĂ©sentera des listes dans tous les Etats membres de l’Union EuropĂ©enne lors des Ă©lections au Parlement EuropĂ©en de 2009″?  Parce qu’il est ”le directeur de recherche du Laboratoire EuropĂ©en d’Anticipation Politique LEAP/E2020″? Pour reconnaitre “un prophète”, “l’ange de l’Apocalypse”. Celui qui a celui qui a tout vu venir: 1989 en 1988…Ou pour nous faire peur? Selon “La Tribune” “l’un des patrons d’un des principaux cabinets de conseil nous a prĂ©sentĂ© ces notes comme extrĂŞmement sĂ©rieuses. Lors de cette discussion informelle, Ă  la mention des «informations» donnĂ©es par le LEAP, la panique affleurait sous ses paroles.”

J’ai deja eu peur en 1999, quand Mr. Biancheri a publiĂ© une note au titre Ă©vocateur : “UE 2009 : quand les petits fils de Franco, Hitler, Mussolini et PĂ©tain prendront le contrĂ´le de l’Europe“. En 2006, il a prevu pour le 20-26 mars 2006 “DĂ©clenchement d’une crise mondiale majeure : Iran-USA”. Je cite:
“L’ouverture par l’Iran d’une bourse pĂ©trolière libellĂ©e en euros Ă  la fin de mars 2006 marquera la fin du monopole du dollar sur le marchĂ© mondial du pĂ©trole. Le rĂ©sultat immĂ©diat sera de nature Ă  bouleverser le marchĂ© mondial des devises, puisque les pays producteurs pourront dĂ©sormais utiliser l’euro Ă©galement pour facturer leur production. Parallèlement, les pays europĂ©ens en particulier pourront acheter le pĂ©trole directement dans leur devise sans passer par le relais du dollar. Concrètement, dans les deux cas, cela signifie qu’un moins grand nombre d’acteurs Ă©conomiques auront besoin d’un moins grand nombre de dollars. Cette double Ă©volution s’exercera donc dans le mĂŞme sens, Ă  savoir celui d’une rĂ©duction très significative de l’importance du dollar comme monnaie internationale de rĂ©serve, et donc d’un fort affaiblissement, durable, de la devise amĂ©ricaine, en particulier par rapport Ă  l’euro. Les Ă©valuations les plus conservatrices placent l’euro Ă  1,30 dollar Ă  la fin 2006. Mais si la crise est de l’ampleur qu’anticipe LEAP/E2020, les estimations donnant l’euro Ă  1,70 dollar en 2007 ne paraissent plus irrĂ©alistes…”

Les amateurs des thĂ©ories du complot et des scĂ©narios apocalyptiques peuvent continuer sur le site Agoravox…

Claire Gatinois du Monde doit le relire aussi. Car son commentaire sur le rapport est: “Cette perspective apocalyptique pourrait faire sourire si ce groupe de rĂ©flexion n’avait, dès fĂ©vrier 2006, prĂ©dit avec une exactitude troublante le dĂ©clenchement et l’enchaĂ®nement de la crise.”

Les autres…Lisez Nostradamus et n’ayez pas peur!