Meat free monday
GIEC, IPCC, CO2, alimentation, cuisine, Climat, Royaume Uni, musique 1 commentaire »12 jan 2010
Dernière chanson de Paul McCartney «Lundi sans viande ». A travers cette chanson, Sir Paul lance une campagne pour combattre le rĂ©chauffement climatique. Mais quel rapport me direz-vous, entre la viande et le climat ? Eh bien, les chiffres de l’ONU montrent que la production de viande est responsable de 18% des Ă©missions globales de gaz Ă effet de serre. Cette campagne n’est pas le caprice d’un vieux baba cool. Ivo de Boer et Rajendra Pachauri du GIEC, et mĂŞme Lord Stern, auteur du cĂ©lèbre « Rapport sur l’Ă©conomie du changement climatique », ont tous soutenu cette initiative ! Dans le rapport Stern, on ne parlait pas encore d’une « journĂ©e sans viande », mais on proposait un autre chose : établir un vĂ©ritable prix du CO2. L’un des auteurs du rapport est Dimitri Zenghelis. Par quel mĂ©canisme proposiez-vous d’Ă©tablir le prix ?
« On ne peut pas dire de façon catĂ©gorique quelle est la meilleure solution, mais on a nĂ©anmoins tendance Ă privilĂ©gier le système boursier. Car cela Ă©limine le risque de dĂ©passement du seuil des Ă©missions de carbone, mais aussi parce que c’est beaucoup plus simple Ă appliquer sur le plan international - pas besoin d’harmoniser les taxes. Vous Ă©tablissez le marchĂ© d’Ă©changes et ensuite vous laissez le secteur privĂ© dĂ©terminer oĂą les Ă©missions peuvent ĂŞtre rĂ©duites de la façon la plus profitable. »
Donc vous voulez organiser une finance du carbone, semblable Ă toutes les autres finances connues?
« Absolument ! On verra Ă©galement toutes sortes d’instruments financiers comme les contrats dĂ©rivĂ©s et autres. Il faudra les utiliser et les rĂ©guler avec prĂ©caution bien sĂ»r! »
Et alors, qui sait, peut-ĂŞtre que nous nous assisterons Ă l’Ă©clatement d’une “bulle carbone”…
Il y a dĂ©jĂ un système d’Ă©change au niveau europĂ©en. Comment fonctionne-t-il?
« On commence par dĂ©finir le plafond europĂ©en. Ensuite, on alloue les permis d’Ă©mettre du CO2 aux Ă©tats. Puis chaque gouvernement national distribue des quotas pour les diverses industries Ă©mettrices : l’acier, la production d’Ă©lectricitĂ© etc. Chaque branche peut donc Ă©mettre un certain volume de carbone gratuitement, mais si on veut dĂ©passer ce volume, on a la possibilitĂ© d’acheter un crĂ©dit supplĂ©mentaire de CO2 au prix du marchĂ©. »
Le marchĂ© du carbone de l’Union EuropĂ©enne couvre plus de 11000 installations, mais cela couvre seulement la moitiĂ© des Ă©missions de CO2 des pays membres.
Comment procéder avec les autres pays du monde?
« Si vous tenez compte de l’existence de marchĂ© semblable dans plusieurs Ă©tats des Etats-Unis, ou en Australie par exemple, vous pouvez commencer Ă combiner et unifier ces marchĂ©s. Et finalement, on obtiendrait un très grand marchĂ© global. Avec une particularité : au dĂ©but, les plafonds d’Ă©missions seraient appliquĂ©s uniquement aux pays riches. Une fois ce but atteint, on pourrait Ă©largir le nombre de pays assujettis au plafonnement Ă la Chine et au BrĂ©sil et puis l’Ă©tendre Ă tous les pays du monde, mĂŞme les plus pauvres »
Est ce que vous avez une idĂ©e de ce que serait le juste prix d’une tonne de CO2 ? Et comment le calculer sans faire appel Ă la bourse ?
« Le prix du carbone acceptable est celui qui permet de garantir la rĂ©duction du risque de changement climatique pour un coĂ»t non excessif. C’est possible si vous appliquez ce prix Ă tous les secteurs Ă©metteurs, pas seulement Ă©nergĂ©tiques, mais aussi aux secteurs productifs en gĂ©nĂ©ral, en incluant l’utilisation des forĂŞts et des terres. Et si vous l’appliquez Ă©galement à tous les pays du monde. Eh bien, dans ce cas, le prix ne serait pas exorbitant - aux alentours de 30 Ă 40 euros par tonne. Et ces chiffres pourraient croitre d’environ 2% par an. »
Pouvez-vous nous donner un exemple ? Combien couterait l’essence par exemple ?
« Avec un prix de 30 euros par tonne de carbone, cela n’aura une très grande influence. Disons… que…ce serait de l’ordre de moins de 10% ! Beaucoup moins que les fluctuations des prix Ă la pompe qu’on connaĂ®t habituellement ! Aux Etats-Unis, par exemple, le prix grimperait de 30 Ă 40 cents pour un gallon seulement, tandis que rĂ©cemment le prix Ă la pompe est passĂ© de 2 a 4 dollars ! »
Et qu’en serait-il des vaches ? Combien couterait la viande ?…
Nous n’avons pas le temps de le calculer mais une chose est sĂ»re, l’augmentation ne concernerait pas Paul McCartney puisqu’il est… vĂ©gĂ©tarien depuis plusieurs dĂ©cennies!



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