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Tous les billets de la catégorie LEAP2020

It’s the End of the world selon Harald Welzer

Effet de serre, R.E.M., Climat, livre, LEAP2020, Allemagne 1 commentaire »
5 déc 2009


“It’s the End of the world as we know it (and I feel fine)”, REM, 1987 - une des chansons prĂ©fĂ©rĂ©es de Harald Welzer. Ce psychosociologue allemand est un fan du groupe post-punk amĂ©ricain. A tel point que son denier livre porte le mĂŞme titre que la chanson. Son avant-dernier livre vient d’ĂŞtre traduit et publiĂ© en France et dont le titre suggère plutĂ´t pour un album de folk-rock tendance Ă©cologiste : « Les guerres du climat ». Curieuse thĂ©matique, au premier regard, pour celui qui s’est fait connaitre surtout comme un analyste rĂ©putĂ© des phĂ©nomènes lourds du siècle passé : la transformation des hommes ordinaires  en meurtriers de masse. Pourquoi ce changement  de thĂ©matique, Harald Welzer ?« Après avoir Ă©tudiĂ© les exĂ©cuteurs, je voulais Ă©crire une livre thĂ©orique sur la violence, une violence de masse. Parce que c’est un sujet qu’on n’a pas suffisamment dĂ©battu au niveau thĂ©orique. Et en mĂŞme temps, il y avait des discussions sur les changements climatiques. Et je me suis posĂ© la question s’il y a une relation entre les changements environnementaux dues au rĂ©chauffement climatique et les conflits violents. »

Il y en a, sans doute…

« Notre interprĂ©tation traditionnelle du conflit inclut les facteurs ethniques, idĂ©ologiques ou les intĂ©rĂŞts Ă©conomiques. Mais si vous ajoutez une variable supplĂ©mentaire, comme les changements environnementaux, vous en avez une autre image ! Je ne dirais pas que les changements environnementaux expliquent tout, parce que dans les processus sociaux il n y a jamais une seule variable, mais cette variable Ă©tait absente dans l’analyse des comportements des groupes sociaux et des individus.»

Vous pouvez nous donner un exemple ?

« Oui. Par exemple, prenez le conflit au Darfour - que le programme environnemental des nations unies appelle « la première guerre climatique ». Dans cette rĂ©gion, vous avez un phĂ©nomène de dĂ©sertification qui se propage vers le sud de façon très rapide. Les trois quart de la population de cette rĂ©gion vivent de la terre. Et vous avez 2 groupes concurrents : les Ă©leveurs nomades et les fermiers. Pas besoin de beaucoup d’imagination pour comprendre oĂą se situe la source du conflit ! »

Effectivement…

« Un problème supplĂ©mentaire est que l’État est dĂ©faillante lĂ -bas. Pas de mĂ©canismes institutionnels pour rĂ©guler les conflits. Donc, vous avez une sorte d’ « open space » pour la violence. Et comme rĂ©sultat vous avez tout ce qu’on entend Ă  travers les mĂ©dias : les groupes militaires et paramilitaires qui y opèrent et terrorisent la population. Mais la chose la plus intĂ©ressante est que la cause initiale de ces violences est le rĂ©chauffement climatique. C’est seulement ensuite que vient tout ce qu’on voit dans les mĂ©dias et ce que les gens vivent lĂ  bas, Ă  savoir le conflit ethnique. Mais le conflit ethnique n’est que le second facteur ! »

Beaucoup de spĂ©cialistes du conflit au Darfour ne seront sans doute pas entièrement d’accord avec votre prĂ©sentation, Harald Welzer, notamment sur la hiĂ©rarchie des Ă©lĂ©ments dĂ©clencheurs du conflit. On sent, comment dire, un peu de militantisme chez le scientifique.

« MĂŞme s’il n y a pas de rĂ©chauffement climatique aujourd’hui - et mĂŞme s’il n’y en avait pas Ă  l’avenir -, je pense que nous avons suffisamment de raisons de changer notre mode de mobilitĂ©, notre façon de consommer, etc…  de changer tout notre mode de vie ! Et si cela permet de rĂ©duire les effets nĂ©fastes du rĂ©chauffement, tant mieux ! Mais on peut le faire sans dĂ©règlement climatique ! »

Ah, encore ce rĂŞve Ă©ternel : changer le monde ! Le climat, finalement, n’est qu’un prĂ©texte. C’est peut ĂŞtre pour ça que vous avez titrĂ© votre denier livre « C’est la fin du monde tel qu’on l’a connu » en hommage a cette chanson cĂ©lèbre de REM ?

« Le refrain de cette chanson est absolument gĂ©nial ! « C’est la fin du monde tel qu’on l’a connu », et puis, ils chantent «  et je me sens parfaitement bien ! ». On ne pense pas que le changement de nos pratiques culturelles constituera la fin du monde, mais la fin du monde tel qu’on le connait aujourd’hui ! Et on ne peut que s’en rĂ©jouir ! »

Le retour de Margaret Thatcher

parlement, referendum, Lisbonne, elections, LEAP2020, GRANDE BRETAGNE, UE, europe 0 commentaire »
2 juin 2009

  © CONSERVATIVE PARTY

Il y a 30 ans, Margaret Thatcher arrivait au pouvoir au Royaume-Uni…Fin avril 2009, Ă  l’approche des Ă©lections europĂ©ennes, David Cameron - le leader actuel des conservateurs britanniques - lance une campagne pour un rĂ©fĂ©rendum sur le traitĂ© de Lisbonne - pourtant dĂ©jĂ  ratifiĂ© par le Parlement. « Si le TraitĂ© de Lisbonne rentre en vigueur sans consultation du peuple britannique et si les Conservateurs sont au pouvoir, notre gouvernement prendra les mesures qui s’imposent », dĂ©clare le Parti de Winston Churchill. Faut-il comprendre que le Royaume Uni sortirait de l’Union EuropĂ©enne ? Non, mais selon James Elles, eurodeputĂ© conservateur, ” l’Union devrait servir surtout Ă  s’adapter au nouveau monde du 21eme siècle - le monde de la concurrence, notamment avec l’Asie”. La conception  de l’Europe du Parti Conservateur est assez gaulliste - l’Europe  des nations, un marchĂ© Ă©conomique commun, mais pas de rĂ©els pouvoirs politiques, car cela menacerait la souverainetĂ© nationale (la souverainetĂ© europĂ©enne n’existe pas du fait de l’absence de « peuple europĂ©en »).Les français adorent caricaturer les conservateurs britanniques : mĂ©chants « ultralibĂ©raux », dangereux europhobes… Alors logiquement, donc, avec la crise actuelle, le Parti de Margaret Thatcher devrait ĂŞtre vouĂ© Ă  la Disparition ?! On devrait voir apparaĂ®tre un Olivier Besancenot dans le pays d’Oliver Cromwell ? Mais non, pas d’espoir pour le vote protestataire, surtout communiste. Dans les enquĂŞtes d’opinion, les Tories ont plus de 10% (!!!) d’avance sur les Travaillistes. Ils vont gagner les Ă©lections et… ils vont peut-ĂŞtre faire perdre la majoritĂ© au Parlement EuropĂ©en au Parti Populaire EuropĂ©en, car David Cameron veut siĂ©ger seul. Est ce que ca va Ă©liminer les concurrents  ouvertement “anti-unionistes” du Parti de l’indĂ©pendance de la Grande Bretagne? La rĂ©ponse le 4 juin.

Le paradis des courtiers

bourse, capitalisme, Londres, livre, dollar, LEAP2020, crise, financiere, banque, euro, GRANDE BRETAGNE 1 commentaire »
28 mai 2009

city of london © A.Ipatovtsev
La circulation n’est pas très dense devant le nouveau siège de la bourse de Londres, près de l’Ă©glise Saint Paul. La bourse a Ă©tĂ© créée en 1801, dans un autre quartier, le quartier du change, lĂ  oĂą se trouve aujourd’hui la City, l’endroit oĂą s’effectuaient les transactions marchandes… Ă  l’intĂ©rieur des « coffeehouses ». Ranald Michie, professeur Ă  l’UniversitĂ© de Durham, est spĂ©cialiste de l’histoire des marchĂ©s financiers : « C’Ă©tait au moment des guerres rĂ©volutionnaires françaises, sous NapolĂ©on. La dette du gouvernement anglais augmentait rapidement. 800 millions de livres vers la fin de la guerre - une somme astronomique a l’Ă©poque. Donc il est apparu un besoin d’avoir une place oĂą l’on pourrait vendre des titres. Mais il fallait Ă©galement Ă©liminer le risque de non payement, le risque de contrepartie. »La bourse pourrait ĂŞtre dĂ©finie comme un marchĂ©, mais un marchĂ© contrĂ´lĂ© par des règles et des rĂ©gulations. C’est la diffĂ©rence avec « le marché » tout court. Et aujourd’hui, c’est quoi la bourse, professeur Michie ?

« D’un cĂ´tĂ©, rien n’a vĂ©ritablement changĂ©. Mais une chose a changĂ© pourtant - il n’est plus question de dette de l’Ă©tat, seules les actions d’entreprises y sont Ă©changĂ©es !).  Deuxième changement - le rĂ´le des banques. Il y a très peu de courtiers indĂ©pendants, les affaires sont faites par les banques. Et puis, la technologie aussi… Pendant longtemps, le « trading floor » Ă©tait souverain ! Pour vendre des titres, il fallait ĂŞtre membre de la bourse. Aujourd’hui, tout se fait Ă©lectroniquement. Vous pouvez interagir avec les autres courtiers de chez vous Ă  travers l’Ă©cran de votre ordinateur. »

Le bruit des voitures Ă  l’extĂ©rieur de la bourse de Londres…. A l’intĂ©rieur, l’ambiance est beaucoup plus silencieuse car la vente Ă  la criĂ©e est remplacĂ©e par des transactions Ă©lectroniques. Et ca depuis le « big bang » de Margaret Thatcher - la libĂ©ralisation du fonctionnement de la bourse - qui a  facilitĂ© l’arrivĂ©e rapide de banques amĂ©ricaines et ouest-europĂ©ennes Ă  Londres et  dĂ©veloppĂ© le marchĂ© financier grâce Ă  la baisse des coĂ»ts. La City, auparavant considĂ©rĂ©e comme un lieu Ă©litiste pour gentlemen anglais, est aujourd’hui le paradis des courtiers « golden boys ». Le marchĂ© londonien des titres est le plus important d’Europe. Mais comment une entreprise choisit-elle la bourse dans laquelle elle sera cotĂ©e ?

« La compagnie regarde les prix qu’elle peut obtenir pour ses titres et elle Ă©value les charges pour ĂŞtre listĂ©e Ă  Londres ou a New York. Et ca ne dĂ©pend pas uniquement de la bourse, mais Ă©galement des autoritĂ©s. Vous savez, après le “scandale Enron, les Etats-Unis ont augmentĂ© la charge rĂ©gulatrice qui pèse sur les entreprises. RĂ©sultat : les entreprises sont parties de New York pour venir chez nous. Donc, si maintenant, avec la crise, l’Union EuropĂ©enne durcit la rĂ©gulation pour l’introduction en bourse, les entreprises partiront ailleurs. C’est inĂ©vitable ! »

Ceci est donc une forme d’avertissement du Professeur Richie aux rĂ©gulateurs français ! Dans quelques jours, Xavier Rolet - l’ancien directeur de Lehman Brothers France - prendra la tĂŞte du London stock exchange qui regroupe les places de Londres et de Milan. Avec la crise, les introductions en Bourse sont devenues rares, les montants des transactions boursières diminuent et la valeur des titres fond. La valeur des groupes du Footsie-100 s’est ainsi rĂ©duite de 34% en 2008. En plus, après une nouvelle dĂ©règlementation rĂ©cente, les nouveaux acteurs -  Turquoise et  Instinet - empiètent de plus en plus sur les parts de marchĂ© de la bourse de Londres.

« La part de la bourse de Londres dans les entreprises de l’indice boursier Footsie 100 ne reprĂ©sente aujourd’hui que 68% du volume des ventes. 32% des transactions s’effectue donc ailleurs. Mais cela ne veut pas dire que ces titres sont partis Ă  New York ou a Euronext. Non ! Ils sont partis vers les plateformes Ă©lectroniques. Mais le prix de rĂ©fĂ©rence est toujours fixĂ© par la bourse de Londres. »

100ème anniversaire du Conseil de l’Europe

parlement, Bielorussie, LEAP2020, Espagne, France, europe 2 commentaires »
13 mai 2009

Brussels, 5 mai 2049

Depuis l’annĂ©e dernière - avec l’adhĂ©sion de la BiĂ©lorussie - l’espace de l’ancienne Union EuropĂ©enne coĂŻncide avec celui du Conseil de l’Europe. Et son assemblĂ©e parlementaire a remplacĂ© le Parlement EuropĂ©en. Cette annĂ©e, les cĂ©rĂ©monies officielles du 100ème  anniversaire de la fondation du Conseil de l’Europe coĂŻncident avec l’introduction du nouveau système de dĂ©signation de l’autoritĂ© de rĂ©gulation du Grand Espace EuropĂ©en.

L’AssemblĂ©e a introduit un système de sondage Ă©lectronique pour les dĂ©putĂ©s. Les reprĂ©sentants des peuples europĂ©ens Ă©mettent, de façon continue, leurs opinions sur le travail des RĂ©gulateurs. Lorsqu’un RĂ©gulateur descend en-dessous du seuil des 50% d’opinions favorables, il est remplacĂ© par un dĂ©putĂ©-candidat avec un niveau de popularitĂ© plus Ă©levĂ©.

Le bâtiment de l’ancien Parlement EuropĂ©en de Strasbourg - devenu le MusĂ©e de l’Europe-accueillera bientĂ´t une nouvelle exposition au titre Ă©vocateur :

« Du bulletin de vote Ă  l’opinion europĂ©enne, un siècle de dĂ©mocratie europĂ©enne. »…

Un titre qui rĂ©sume assez bien le chemin parcouru…

P.S. sur le site de l’ambassade de France en Espagne on lit:

“Les Ministres des pays membres du Conseil de l’Europe se sont retrouvĂ©s Ă  Madrid le 12 mai 2009, pour la 119ème session du ComitĂ© des Ministres et cĂ©lĂ©brer ainsi le 60ème anniversaire du Conseil europĂ©en.”

Pour l’ambassade nous y sommes, dĂ©jĂ . Conseil europĂ©en=Conseil de l’Europe.

dollar is forever?

LEAP2020, FMI, or, dollar, BCE, euro, crise, financiere, banque, UE 0 commentaire »
19 avr 2009

Alan Greenspan, qui était le président de la Banque Centrale américaine de 1987 à 2006, a longtemps été un partisan de l’or, « l’or et la liberté économique sont indissociables », écrivait-il en 66. «À part l’étalon or, il n’existe aucun moyen de préserver l’épargne de l’inflation, l’or protège la propriété» disait-il.
Qu’a fait ce même Alan Greenspan pour l’or lorsqu’il était président de la FED ? Rien, si ce n’est le vendre.
Les AmĂ©ricains ont installĂ© leur rĂ©serve d’or au centre d’un camp militaire impressionnant qui est le camp d’entraĂ®nement de l’arme blindĂ©e. Il est Ă©vident que leur or ne pouvait pas ĂŞtre mieux dĂ©fendu que par ces tanks. Mais voilĂ , depuis plusieurs dĂ©cennies dĂ©jĂ , les rĂ©serves des banques centrales sont constituĂ©es de devises et non plus d’or. Le dollar amĂ©ricain est la principale monnaie de rĂ©serve. A partir des accords de Bretton Woods et jusqu’en 1971 le dollar Ă©tait rĂ©putĂ© “as good as gold”, c’est-Ă -dire aussi bon que l’or. En effet, en 1944, les leaders mondiaux du système financier rattachent l’or au dollar Ă  un cours fixe, une once d’or pour 35 dollars mais vers la fin des annĂ©es 60, le prĂ©sident Johnson desserra les liens entre l’or et les dollars avant qu’en aoĂ»t 1971 Richard Nixon ne dĂ©crète leur inconvertibilitĂ© dĂ©finitive. Plusieurs voix s’élèvent alors contre cette dĂ©cision, mais certains voyaient dĂ©jĂ  se dessiner une autre solution Ă  la crise du système monĂ©taire gĂ©nĂ©rĂ©e par la perte de l’étalon d’or.
Valéry Giscard d’Estaing : “Le système monétaire international s’est effondré il y a huit ans, en 1971, et nous sommes entrés dans la période des taux de change flottants et on a bien vu que ce système des taux de change flottants n’était pas favorable à l’économie mondiale. Nous ne pouvions pas, nous, rebâtir le système pour tout le monde, mais nous pouvions au moins le rebâtir pour nous et donc le fait que l’Europe rétablisse un système de stabilité du taux de change est un élément qui permettra – je l’espère – de reconstruire progressivement tout le système.”
C’était il y a exactement trente ans, l’année même de la création du système monétaire européen, un système qui nous a conduits vers l’euro. Aujourd’hui, l’euro est la deuxième monnaie au monde, s’agissant des transactions et depuis décembre 2006, il compte le plus grand nombre de billets en circulation. Que les espoirs étaient grands ! On se demandait même à l’époque si la monnaie européenne n’allait pas détrôner le roi dollar. Souvenez-vous, il y a seulement six mois le dollar était au plus bas par rapport à l’euro, mais la crise financière est venue à nouveau tout bouleverser, c’est à n’y plus rien comprendre. Pourquoi le dollar tient-il toujours et gagne même 22% sur l’euro depuis l’été dernier ? Depuis son lancement en 1999, l’euro n’a pas arrêté de gagner du terrain sur le dollar dans les réserves de change international. En 1999, l’euro représentait moins de 20% des réserves contre plus de 70% pour le dollar, à la fin du deuxième trimestre 2008 c’était 26.7% pour l’euro et 63.6% pour le dollar, c’est les statistiques du FMI. Est-ce que la crise va remettre en cause le statut de l’euro comme monnaie de réserve ?
A priori, non parce que lĂ  encore on a affaire Ă  des comportements de gestion de portefeuille. Qui a besoin de placer des rĂ©serves en devises ? Ce sont les pays excĂ©dentaires en balance de paiement, les opĂ©rations courantes, donc ce sont les pays pĂ©troliers, c’est la Chine. Ils ont ont le choix entre des instruments libellĂ©s en dollar et des instruments libellĂ©s en euro et Ă©ventuellement en d’autres monnaies. Ils composent un portefeuille qui leur parait optimal en fonction de leurs anticipations. L’euro a montĂ© parce que les anticipations de rendement sur les titres en euro Ă©taient supĂ©rieures aux anticipations de rendement sur les titres en dollar. Les gens vendaient des titres en dollar, vendaient les dollars, achetaient de l’euro, achetaient des titres en euro et ils font le mouvement inverse aujourd’hui.

Dollar is forever?

Ruée vers les pièces d’or ?

LEAP2020, or, BCE, euro, France, banque, financiere 3 commentaires »
4 avr 2009

Laurent Schmitt, numismate et patron de la Compagnie générale de bourse (CGB), est spécialiste des monnaies anciennes. Monsieur Schmitt ne vit pas vraiment de la vente d’or. Rue Vivienne, il propose à la fois le change des devises, le recyclage de bijoux abîmés, mais aussi et surtout de la numismatique. Ses clients sont discrets, peu bavards et rares. Pourtant, du magazine Capital aux multiples sites internet spécialisés, on nous assure un peu partout qu’une véritable ruée vers l’or aurait commencé depuis le début de la crise, mais qu’en est-il réellement ? 

Laurent Schmitt

Laurent Schmitt : Certains marchands vous diront “oui, je vends plein d’or, etc.” Pourquoi ? Parce qu’ils ont de l’or en caisse, ils en détiennent et veulent faire monter le cours. Mais actuellement, non on n’a pas eu une envolée. Les cours montent, on a pas plus de vendeurs. Que devrait-il se passer ? Même s’il n’y a pas d’acheteurs, on devrait avoir un nombre important de vendeurs. Or il n’y a pas de vendeurs. Donc s’il n’y a pas de vendeur, il ne peut y avoir d’acheteur puisqu’on ne peut rien leur proposer en échange. Au moment où on a eu une vraie fièvre de l’or au mois de septembre de l’année dernière, c’est-à-dire que les cours sont montés assez rapidement suite à la crise financière, les journalistes sont venus dans la rue faire des reportages, en disant “il y a une fièvre de l’or. Mais la fièvre de l’or n’a pas eu lieu. Les gens se sont interrogés, se sont renseignés mais ce n’est pas parce que le napoléon vaut aujourd’hui 125 et que le lingot est à plus de 23000 que vous avez des vendeurs. Quand vous vendez de l’or, pourquoi le faites-vous ? C’est parce que vous avez besoin d’argent. Aujourd’hui quelqu’un qui a de l’or, des lingots ou des napoléons dans son coffre, n’a pas intérêt à les vendre pour les transformer en papier. Papier qui connaît de l’inflation, de l’érosion. Et, s’il les place en bourse, il risque de perdre de l’argent s’il fait de mauvais placements.

Mais quel va être l’effet de la crise sur la valeur de l’or ?

Plus la crise va se renforcer, plus nous risquons d’avoir de l’inflation, une baisse des taux d’intérêt, une baisse de la bourse, et plus l’or va redevenir une valeur intéressante. Quand vous aviez des taux d’intérêt à 10%, quand la bourse faisait 30% par an, avoir de l’or n’avait aucun intérêt. Quand vous commencez à voir une crise et que l’on ne sait pas de quoi le lendemain sera fait, les gens peuvent se réfugier à ce moment-là sur ce type de placement. Je ne vous rappellerai qu’une seule chose, une pièce de 20 francs or pèse 6.45 grammes, 5.80 grammes d’or pur. En 1914 c’est vingt francs or. En 1919 c’est toujours 20 francs, mais ce n’est plus coté. En 1928 c’est 100 francs, en 1933 c’est 300 francs et 1942 c’est 5000 francs.

Mais concrètement, selon vous, faut-il acheter de l’or aujourd’hui ?

Vous savez, il faut avoir de l’or pour la Chandeleur, ça porte bonheur. Mais autrement, ceux qui ont de l’or doivent le garder s’ils n’ont pas besoin d’acheter une maison ou de faire quelque chose d’important. Pour ceux qui n’en ont pas et qui pensent que malheureusement les conditions économiques vont s’aggraver et qu’on risque d’avoir une guerre, etc. ayez un peu d’or. Mais d’un autre côté, faire le pari de l’or, c’est faire le pari de la crise qui dure.

Crise = Guerre civile. Quand France 24 fait peur.

Estonie, Chypre, Malte, Irlande, Portugal, France, Belgique, Espagne, Luxembourg, Finlande, Slovenie, BCE, LEAP2020, Grece, Autriche, banque, euro, Bulgarie, Slovaquie, Georgie, Danemark, islam, UE, GRANDE BRETAGNE, REPUBLIQUE TCHEQUE, Allemagne, Ukraine, Lettonie, Russie, Etats-Unis, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, financiere, crise, Suede, Turquie, europe 8 commentaires »
4 mar 2009

Si vous voulez avoir des frissons regardez ceci:

Encore? D’accord!

France24, la voix de la France dans le monde n’est pas assez serieuse? Lisez “Le Monde”: “Après la crise financière, la guerre civile ? PrĂ©parez-vous Ă  “quitter votre rĂ©gion”…

Mais quelle mouche a piquĂ© nos respectables journalistes? Pourquoi offrir une tribune a un certain Franck Biancheri? Parce qu’il est le PrĂ©sident de “Newropeans”, obscur mouvement politique trans-europĂ©en “qui prĂ©sentera des listes dans tous les Etats membres de l’Union EuropĂ©enne lors des Ă©lections au Parlement EuropĂ©en de 2009″?  Parce qu’il est ”le directeur de recherche du Laboratoire EuropĂ©en d’Anticipation Politique LEAP/E2020″? Pour reconnaitre “un prophète”, “l’ange de l’Apocalypse”. Celui qui a celui qui a tout vu venir: 1989 en 1988…Ou pour nous faire peur? Selon “La Tribune” “l’un des patrons d’un des principaux cabinets de conseil nous a prĂ©sentĂ© ces notes comme extrĂŞmement sĂ©rieuses. Lors de cette discussion informelle, Ă  la mention des «informations» donnĂ©es par le LEAP, la panique affleurait sous ses paroles.”

J’ai deja eu peur en 1999, quand Mr. Biancheri a publiĂ© une note au titre Ă©vocateur : “UE 2009 : quand les petits fils de Franco, Hitler, Mussolini et PĂ©tain prendront le contrĂ´le de l’Europe“. En 2006, il a prevu pour le 20-26 mars 2006 “DĂ©clenchement d’une crise mondiale majeure : Iran-USA”. Je cite:
“L’ouverture par l’Iran d’une bourse pĂ©trolière libellĂ©e en euros Ă  la fin de mars 2006 marquera la fin du monopole du dollar sur le marchĂ© mondial du pĂ©trole. Le rĂ©sultat immĂ©diat sera de nature Ă  bouleverser le marchĂ© mondial des devises, puisque les pays producteurs pourront dĂ©sormais utiliser l’euro Ă©galement pour facturer leur production. Parallèlement, les pays europĂ©ens en particulier pourront acheter le pĂ©trole directement dans leur devise sans passer par le relais du dollar. Concrètement, dans les deux cas, cela signifie qu’un moins grand nombre d’acteurs Ă©conomiques auront besoin d’un moins grand nombre de dollars. Cette double Ă©volution s’exercera donc dans le mĂŞme sens, Ă  savoir celui d’une rĂ©duction très significative de l’importance du dollar comme monnaie internationale de rĂ©serve, et donc d’un fort affaiblissement, durable, de la devise amĂ©ricaine, en particulier par rapport Ă  l’euro. Les Ă©valuations les plus conservatrices placent l’euro Ă  1,30 dollar Ă  la fin 2006. Mais si la crise est de l’ampleur qu’anticipe LEAP/E2020, les estimations donnant l’euro Ă  1,70 dollar en 2007 ne paraissent plus irrĂ©alistes…”

Les amateurs des thĂ©ories du complot et des scĂ©narios apocalyptiques peuvent continuer sur le site Agoravox…

Claire Gatinois du Monde doit le relire aussi. Car son commentaire sur le rapport est: “Cette perspective apocalyptique pourrait faire sourire si ce groupe de rĂ©flexion n’avait, dès fĂ©vrier 2006, prĂ©dit avec une exactitude troublante le dĂ©clenchement et l’enchaĂ®nement de la crise.”

Les autres…Lisez Nostradamus et n’ayez pas peur!