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Tous les billets de la catégorie Londres

18 minutes

Royaume Uni, IDE, investissement, Londres, financiere, GRANDE BRETAGNE 0 commentaire »
11 oct 2009


 © ai

Andrew Levi est l’un des directeurs de «UK Trade and Investment»,  l’agence gouvernementale britannique qui aide les entreprises Ă©trangères Ă  s’implanter au Royaume-Uni. Lorsqu’il me reçoit dans ses bureaux a Kingsgate House, Victoria street, Ă  Londres - il insiste sur l’importance des investissements entre la France et la Grande-Bretagne. Andrew Levi regarde dans ses papiers : le Royaume Uni est l’un des investisseurs les plus importants en France ! Et les français sont les 2èmes investisseurs en Grande Bretagne ! Ces investissement ont crĂ©e 300 000 emplois de chaque cotĂ© de la Manche !

Comment expliquer que le Royaume Uni, malgré les crises, reste une destination privilégiée pour les investisseurs étrangers. Andrew Levi nous répond :

« Je crois qu’il faut, en moyenne, 18 jours pour crĂ©er une entreprise au Royaume-Uni. Mais le record est de 18 minutes ! Vous voyez ? Cela illustre bien notre façon de travailler : assez peu bureaucratique et pas très compliquĂ©e.»

Effectivement…Mais vous ĂŞtes Ă©galement rĂ©putĂ© pour votre attachement au libre-Ă©change. Cela doit Ă©galement avoir de l’importance ?!

« Nous sommes le plus gros investisseur Ă  l’Ă©tranger. Et nous sommes clairement ouverts. Car si nous voulons que nos entreprises rĂ©ussissent Ă  l’Ă©tranger, il faut offrir la mĂŞme possibilitĂ© aux entreprises qui s’implantent chez nous. Ici, il y a peu de barrières pour les investissements des entreprises Ă©trangères. Les autres pays, comme la France, en ont plus. On se souvient encore comment la production de yaourt est devenue une industrie stratĂ©gique en France ! Je n’arriverais pas Ă  trouver des exemples semblables chez nous. Nous avons des règles concernant la sĂ©curitĂ© nationale, mais on ne les applique pas contre des investisseurs potentiels. »

Selon les chiffres de « UK Trade and Investment », en 2008/2009, 1744 nouveaux projets d’investissement ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s en Grande Bretagne. 78540 emplois ont Ă©tĂ© créés ou sauvegardĂ©s. Cela correspond Ă  215 emplois par jour. Pas mal pour une pĂ©riode de crise, mĂŞme si le volume des investissements a Ă©tĂ© divisĂ© par 2 ! Mais ce sont surtout les banques londoniennes qui profitent de ce libĂ©ralisme, n’est-ce pas Monsieur Levi ?

« Oui, votre prĂ©sident a dit rĂ©cemment que le Royaume Uni Ă©tait très dĂ©pendant des services. Et c’est certainement vrai, nous avons une Ă©conomie des services très dĂ©veloppĂ©e. L’industrie des services financiers, Ă  laquelle fait rĂ©fĂ©rence votre prĂ©sident, reprĂ©sente 8% de notre Ă©conomie. C’est, sans doute, un chiffre important, mais il reste 92% ! Juste Ă  titre d’exemple : nous sommes le 6ème pays manufacturier au monde. Et les produits manufacturiers reprĂ©sentent 12% de notre Ă©conomie.»

Voici les chiffres de juin 2009. Sur une annĂ©e : 17469 emplois dans l’ingĂ©nierie de pointe, 4692 emplois en science de la vie,  contre seulement 4483 dans le domaine des services financiers. Faut-il, donc, que la PrĂ©sidence de la RĂ©publique licencie ses conseillers responsables de la Grande-Bretagne ?

« Londres est un grand gĂ©nĂ©rateur de revenus, un vĂ©ritable moteur Ă©conomique dans le secteur des finances, des services aux entreprises, et dans le domaine du droit. Mais cela veut Ă©galement dire que tout le Royaume Uni - Londres inclus - pourrait ĂŞtre attractif pour y Ă©tablir une grande plate-forme internationale. Parce que vous auriez accès Ă  tous ces services Ă  la fois. Bien sĂ»r, vous avez aujourd’hui les visioconfĂ©rences et plein d’autres technologies de management moderne ; mais rien ne peut remplacer la proximitĂ© physique avec votre avocat et votre banquier. »

Merci Andrew Levi pour vos rĂ©ponses très… « diplomatiques » !

 © ai

Le paradis des courtiers

bourse, capitalisme, Londres, livre, dollar, LEAP2020, crise, financiere, banque, euro, GRANDE BRETAGNE 1 commentaire »
28 mai 2009

city of london © A.Ipatovtsev
La circulation n’est pas très dense devant le nouveau siège de la bourse de Londres, près de l’Ă©glise Saint Paul. La bourse a Ă©tĂ© créée en 1801, dans un autre quartier, le quartier du change, lĂ  oĂą se trouve aujourd’hui la City, l’endroit oĂą s’effectuaient les transactions marchandes… Ă  l’intĂ©rieur des « coffeehouses ». Ranald Michie, professeur Ă  l’UniversitĂ© de Durham, est spĂ©cialiste de l’histoire des marchĂ©s financiers : « C’Ă©tait au moment des guerres rĂ©volutionnaires françaises, sous NapolĂ©on. La dette du gouvernement anglais augmentait rapidement. 800 millions de livres vers la fin de la guerre - une somme astronomique a l’Ă©poque. Donc il est apparu un besoin d’avoir une place oĂą l’on pourrait vendre des titres. Mais il fallait Ă©galement Ă©liminer le risque de non payement, le risque de contrepartie. »La bourse pourrait ĂŞtre dĂ©finie comme un marchĂ©, mais un marchĂ© contrĂ´lĂ© par des règles et des rĂ©gulations. C’est la diffĂ©rence avec « le marché » tout court. Et aujourd’hui, c’est quoi la bourse, professeur Michie ?

« D’un cĂ´tĂ©, rien n’a vĂ©ritablement changĂ©. Mais une chose a changĂ© pourtant - il n’est plus question de dette de l’Ă©tat, seules les actions d’entreprises y sont Ă©changĂ©es !).  Deuxième changement - le rĂ´le des banques. Il y a très peu de courtiers indĂ©pendants, les affaires sont faites par les banques. Et puis, la technologie aussi… Pendant longtemps, le « trading floor » Ă©tait souverain ! Pour vendre des titres, il fallait ĂŞtre membre de la bourse. Aujourd’hui, tout se fait Ă©lectroniquement. Vous pouvez interagir avec les autres courtiers de chez vous Ă  travers l’Ă©cran de votre ordinateur. »

Le bruit des voitures Ă  l’extĂ©rieur de la bourse de Londres…. A l’intĂ©rieur, l’ambiance est beaucoup plus silencieuse car la vente Ă  la criĂ©e est remplacĂ©e par des transactions Ă©lectroniques. Et ca depuis le « big bang » de Margaret Thatcher - la libĂ©ralisation du fonctionnement de la bourse - qui a  facilitĂ© l’arrivĂ©e rapide de banques amĂ©ricaines et ouest-europĂ©ennes Ă  Londres et  dĂ©veloppĂ© le marchĂ© financier grâce Ă  la baisse des coĂ»ts. La City, auparavant considĂ©rĂ©e comme un lieu Ă©litiste pour gentlemen anglais, est aujourd’hui le paradis des courtiers « golden boys ». Le marchĂ© londonien des titres est le plus important d’Europe. Mais comment une entreprise choisit-elle la bourse dans laquelle elle sera cotĂ©e ?

« La compagnie regarde les prix qu’elle peut obtenir pour ses titres et elle Ă©value les charges pour ĂŞtre listĂ©e Ă  Londres ou a New York. Et ca ne dĂ©pend pas uniquement de la bourse, mais Ă©galement des autoritĂ©s. Vous savez, après le “scandale Enron, les Etats-Unis ont augmentĂ© la charge rĂ©gulatrice qui pèse sur les entreprises. RĂ©sultat : les entreprises sont parties de New York pour venir chez nous. Donc, si maintenant, avec la crise, l’Union EuropĂ©enne durcit la rĂ©gulation pour l’introduction en bourse, les entreprises partiront ailleurs. C’est inĂ©vitable ! »

Ceci est donc une forme d’avertissement du Professeur Richie aux rĂ©gulateurs français ! Dans quelques jours, Xavier Rolet - l’ancien directeur de Lehman Brothers France - prendra la tĂŞte du London stock exchange qui regroupe les places de Londres et de Milan. Avec la crise, les introductions en Bourse sont devenues rares, les montants des transactions boursières diminuent et la valeur des titres fond. La valeur des groupes du Footsie-100 s’est ainsi rĂ©duite de 34% en 2008. En plus, après une nouvelle dĂ©règlementation rĂ©cente, les nouveaux acteurs -  Turquoise et  Instinet - empiètent de plus en plus sur les parts de marchĂ© de la bourse de Londres.

« La part de la bourse de Londres dans les entreprises de l’indice boursier Footsie 100 ne reprĂ©sente aujourd’hui que 68% du volume des ventes. 32% des transactions s’effectue donc ailleurs. Mais cela ne veut pas dire que ces titres sont partis Ă  New York ou a Euronext. Non ! Ils sont partis vers les plateformes Ă©lectroniques. Mais le prix de rĂ©fĂ©rence est toujours fixĂ© par la bourse de Londres. »