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Tous les billets de la catégorie Moldavie

Une cyberattaque contre l’Estonie. 2 ans aprés.

Moldavie, cybercriminalitĂ©, medias, banque, pirate, Estonie, Russie 0 commentaire »
16 jan 2010

 © dr

«Le Soldat de bronze » Ă  Tallinn. Symbole de l’occupation soviĂ©tique pour la majoritĂ© des estonophones, symbole de la libĂ©ration de l’occupation nazie pour les russophones et symbole de leur droit Ă  vivre en Estonie en tant que descendants des libĂ©rateurs, non en tant qu’occupants illĂ©gaux. En avril 2007, la statue fut dĂ©boulonnĂ©e et dĂ©placĂ©e du centre ville par le gouvernement vers le Cimetière des Forces de DĂ©fenses. Une nuit d’Ă©meutes s’en Ă©tait suivie. Et puis, une autre confrontation, sur le Net celle-ci. Andres Männart , entrepreneur estonien se souvient :

« A cette Ă©poque, j’Ă©tais Ă  Vienne, en Autriche. Et je ne parvenais pas Ă  me connecter au serveur de ma banque car leur site Ă©tait simplement inaccessible depuis l’Ă©tranger. Cela a durĂ© plusieurs jours. »

La banque d’Andres Männart a Ă©tĂ© la cible d’une cyberattaque. Elle n’Ă©tait pas la seule. Il en Ă©tait de mĂŞme pour l’administration de l’Etat ainsi que pour les sites des quotidiens nationaux. Les dĂ©gâts furent consĂ©quents compte-tenu du fait que l’Estonie est un pays très utilisateur d’Internet :

« Presque tous les estonien manient leur compte bancaire par Internet. Et ceci depuis plusieurs annĂ©es dĂ©jà ! Nous avons un vĂ©ritable e-administration. Nous pouvons crĂ©er et enregistrer notre entreprise par le Net. Cela prend 10 minutes ! On peut mĂŞme voter ! On a votĂ© ainsi en 2009  pour les Ă©lections europĂ©ennes… »

Pour prĂ©server cette infrastructure, il a donc fallu se dĂ©connecter du monde extĂ©rieur - c’est pour cela que Andres Männart n’arrivait plus Ă  joindre sa banque. L’attaque est venue depuis l’Ă©tranger. Mais d’oĂą prĂ©cisĂ©ment ?

« Au dĂ©but, notre ministre de la justice a pointĂ© du doigt la Russie. Il a dĂ©clarĂ© que l’une des adresses IP d’oĂą est venue l’attaque correspondait Ă  une adresse IP du Kremlin. Cela est donc restĂ©e la position estonienne officielle. Mais on ne pouvait pas vraiment  prouver que l’attaque venait de la Russie car ceux qui ont orchestrĂ© cette attaque l’ont fait de façon assez professionnelle. »

C’est-Ă -dire ?

« Il existe des programmes spĂ©ciaux qui permettent d’effectuer des envois avec plusieurs ordinateurs dans le monde. Ensuite, il suffit de lancer une commande et ces programmes se mettent Ă  envoyer des requĂŞtes Ă  des serveurs-cibles, une avalanche de requĂŞtes. RĂ©sultat : le serveur s’arrĂŞte de fonctionner. On peut faire une parallèle avec le monde « rĂ©el ». Imaginez, qu’un jour, vous receviez des milliers de lettres dans votre boite aux lettres ! Elle serait tout simplement bourrĂ©e et ne pourrait plus accueillir votre courrier ! »

Vous voulez dire que quelqu’un de l’extĂ©rieur a installĂ© un programme semblable sur l’un des ordinateurs du Kremlin en le transformant en ordinateur-zombie?

« L’attaque a Ă©tĂ© perpĂ©trĂ©e par des personnes privĂ©es, par des hackers. Mais en mĂŞme temps, c’est un secret de polichinelle que cette opĂ©ration a Ă©tĂ© initiĂ©e et financĂ©e par des gens proches du pouvoir Ă  Moscou »

Andres Männart fait ici rĂ©fĂ©rence aux rĂ©cents aveux, fait dans Financial Times, par le commissaire du mouvement nationaliste russe « Nashi » Constantin Goloskokov. Il dĂ©clare avoir organisĂ© cette attaque depuis la Transnistrie, en Moldavie. Mais il la parle d’un « acte de rĂ©sistance citoyenne » contre la politique du gouvernement estonien qu’il qualifie de « fasciste ». En mĂŞme temps, l’explication fournit par Goloskokov - 7 personnes envoyant des requĂŞtes aux sites estoniens sans faire appel aux programmes malveillants - ne tient pas debout. Et de toutes façons, il serait difficile de poursuivre juridiquement qui que se soit dans cette affaire :

« Ce genre d’attaques n’est pas traitĂ©es par les lois internationales car c’est toujours difficile de designer le coupable. MĂŞme si l’attaque vient d’un ordinateur, comment peut-on affirmer que c’est son propriĂ©taire qui en est responsable ? A partir du moment oĂą votre ordinateur est connectĂ© a Internet, il devient accessible aux autres. Comme c’est le cas actuellement pour le mien et le vĂ´tre. »

Il ne me reste qu’Ă  espĂ©rer que, durant cet entretien enregistrĂ© par Internet en utilisant la technologie estonienne « Skype », aucune arme de guerre n’a pĂ©nĂ©trĂ© nos ordinateurs.

Douze moins un

CEI, Moldavie, AzerbaĂŻdjan, ArmĂ©nie, Moscou, Georgie, saakachvili, medvedev, Ukraine, Russie, europe 0 commentaire »
7 sept 2009

 © cei

Douze chevaux et parmi eux le favori - Etalon de Bronze Cannon… Le prix est de 7 millions de roubles… Les courses pour le prix du prĂ©sident de Russie le 18 juillet Ă  l’Hippodrome central de Moscou ont rĂ©uni, en dĂ©pit du soleil et de la chaleur Ă©touffante, beaucoup de spectateurs et ont Ă©tĂ© commentĂ©es Ă  la tĂ©lĂ©vision nationale. Entre autre parce que parmi les spectateurs se trouvait le prĂ©sident  Medvedev lui-mĂŞme, mais aussi  les leaders de l’AzerbaĂŻdjan, l’ArmĂ©nie, le Kazakhstan, la Moldavie, et du Tadjikistan. Depuis plusieurs annĂ©es dĂ©jĂ , les rencontres informelles des prĂ©sidents des pays faisant partie de la CEI (la CommunautĂ© des Etats IndĂ©pendants) se passent sur les lieux des courses hippiques. Cette annĂ©e, les courses ont Ă©tĂ© un peu… particulières. Tout d’abord, on ne pouvait pas parier, car le Parlement russe a adoptĂ© une loin contre les jeux de hasard. Deuxièmement, parmi les leaders de la CEI, seulement la moitie Ă©tait prĂ©sent, et enfin, pour couronner le tout, l’un des pays-membres a carrĂ©ment dĂ©clarĂ© qu’il quittait la CommunautĂ©. Il s’agit de la GĂ©orgie.

« On doit quitter la CEI. La CEI a totalement failli en tant qu’organisation internationale. C’est un… « machin postsoviĂ©tique »… qui n’a pas pu prĂ©venir la tragĂ©die. En quittant la CEI, on fait nos derniers adieux Ă  l’Union SoviĂ©tique. Ceux qui nous bombardent veulent la restaurer. Le prĂ©sident Poutine dĂ©clarait il y a 2 ans que la chute de l’URSS Ă©tait la plus grande catastrophe gĂ©opolitique du XXème siècle… Moi, je crois que ce fut un Ă©vĂ©nement heureux ! »

Vous avez peut-ĂŞtre reconnu la manière de s’exprimer du PrĂ©sident gĂ©orgien Mikheil Saakachvili. Mais il a raison, Monsieur le PrĂ©sident. La CEI a Ă©tĂ© créée le 8 dĂ©cembre 1991 par le TraitĂ© de Minsk, au moment mĂŞme de la signature d’une dĂ©claration selon laquelle l’Union soviĂ©tique Ă©tait dissoute. La CEI Ă©tait supposĂ©e faciliter l’accès Ă  l’indĂ©pendance des rĂ©publiques soviĂ©tiques et dĂ©velopper la coopĂ©ration multilatĂ©rale. Les indĂ©pendances ?… Oui, elles ont Ă©tĂ© acquises pour toutes les ex-rĂ©publiques soviĂ©tiques. En ce qui concerne la coopĂ©ration… nous y reviendrons. Une chose est sure, l’appartenance Ă  la CommunautĂ© ne garantit pas la Paix. AndrĂ© Saveliev, ex-membre du comitĂ© pour les affaires de la CEI du Parlement russe, declare Ă  Radio Liberté :

« Le retrait de la GĂ©orgie de la CEI est tout Ă  fait naturel. Apres un conflit armĂ© entre des pays-membres il y a 2 solutions : soit on dissout la communautĂ©, soit l’un des pays participant a ce conflit doit quitter les structures de la CEI. Je pense que la Russie doit se poser la question de la nĂ©cessitĂ© de l’existence de la CEI en tant qu’organisation. Une organisation qui a dĂ©montrĂ©, entre autre, son incapacitĂ© Ă  prĂ©venir les conflits entre ses pays-membres. Ce faisant, la Russie gagnerait plus qu’elle ne perdrait. Bon, il n’y aurait plus toutes ces rencontres informelles, « sans cravates », ces tables rondes, oĂą tout le monde vient mais ne dĂ©cide strictement rien… Mais en se libĂ©rant de tout ca, la Russie pourra mieux dicter ses conditions en faisant du bilatĂ©ralisme. Il ne faut pas vouloir imiter une grande communautĂ© internationale lĂ  oĂą il n’y en a pas ! »

Une agence matrimoniale Ă  l’ envers finalement… une agence qui n’arrive mĂŞme pas Ă  assurer un divorce paisible. La CEI est dĂ©pourvue de personnalitĂ© juridique internationale et face Ă  son immobilisme, certains pays issus de l’ex-URSS avaient Ă©mis des initiatives pour crĂ©er des unions plus poussĂ©es et plus dynamiques au sein de l’espace postsoviĂ©tique. L’Organisation du traitĂ© de sĂ©curitĂ© collective  et la CommunautĂ© Ă©conomique eurasiatique sont nĂ©es au sein de la CEI mais ont tendance Ă  prendre leur indĂ©pendance, mĂŞme si les liens sont encore forts. L’objectif de ces deux organisations est de reprendre le processus d’intĂ©gration Ă©conomique et politico-militaire au sein de l’espace postsoviĂ©tique. Mais l’Ukraine, la GĂ©orgie, l’AzerbaĂŻdjan et la Moldavie forment leur propre union rĂ©gionale : le GUAM. L’un de ces 4 pays vient de quitter la CEI, les autres y sont encore. Et Vladimir Zharihine, le vice-directeur de l’Institut de Pays de CEI, (eh oui, ça existe !), ne s’attend pas a de grands changements :

« Du point de vue purement juridique, il y a un frein Ă  la dĂ©sintĂ©gration, car il existe beaucoup d’accords communautaires. Si la GĂ©orgie devait  redĂ©finir les accords avec tous les pays de la CEI ( a l’exception peut-ĂŞtre de la Russie) de façon bilatĂ©ral, cela serait très compliquĂ© et  prendrait Ă©normĂ©ment de temps. C’est prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que la GĂ©orgie se bat aujourd’hui pour que certains accords communautaires - qui n’ont pas de statut « fermé » et qui sont ouverts Ă©galement aux pays non-membres de la CEI - restent applicables pour la GĂ©orgie. »

Il ne faut pas exagĂ©rer, Monsieur le vice-directeur. Pendant les 10 premières annĂ©es de son existence, 173 accords et traitĂ©s ont Ă©tĂ© conclus. Et seuls 8 ont Ă©tĂ© mis en vigueur sur l’ensemble du territoire de la CEI ! Les rapports bilatĂ©raux, trilatĂ©raux et quadrilatĂ©raux dans le cadre de la CEI restent les formes les plus sures de coopĂ©ration. La CEI est morte, vive la CEI, rĂ©sume AndrĂ© Ermolaeff, expert politique ukrainien, un pays qui ne s’entend pas très bien avec la Russie non plus…

« De toute Ă©vidence, l’idĂ©e la plus productive pour l’avenir est celle de la reforme de la CEI. C’est Ă©vident maintenant que la CommunautĂ© n’arrive pas Ă  jouer le rĂ´le d’une vĂ©ritable organisation rĂ©gionale. La CEI n’est pas devenue l’Union EuropĂ©enne bis. Mais il existe un mĂ©canisme de dialogue, des contacts interparlementaires, des mĂ©canismes des consultations… D’ailleurs, ces d’interprĂ©tations de son rĂ´le sont Ă  la base de la nouvelle « Conception officielle du dĂ©veloppement de la CEI » qui date de 2007. Et le dĂ©veloppement de ce type de format consultatif peut ĂŞtre très productif. Donc, je pense que la CEI peut se transformer en une AssemblĂ©e interĂ©tatique permanente, et non en une organisation rĂ©gionale. En tant qu’organisation, la CEI n’a pas fonctionnĂ©,… mais la dissoudre Ă  cause d’un conflit entre l’Ukraine et la Russie n’est pas une idĂ©e très productive »

Pas de grand bouleversement donc ? Si, le jour-mĂŞme de la rencontre historique sur l’hippodrome moscovite, le prĂ©sident Medvedev a signĂ© un dĂ©cret autorisant les paris pendant les courses hippiques. Raison de plus de maintenir les courses et les rencontres « sans cravates »… !