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Tous les billets de la catégorie Moscou

Douze moins un

CEI, Moldavie, AzerbaĂŻdjan, ArmĂ©nie, Moscou, Georgie, saakachvili, medvedev, Ukraine, Russie, europe 0 commentaire »
7 sept 2009

 © cei

Douze chevaux et parmi eux le favori - Etalon de Bronze Cannon… Le prix est de 7 millions de roubles… Les courses pour le prix du prĂ©sident de Russie le 18 juillet Ă  l’Hippodrome central de Moscou ont rĂ©uni, en dĂ©pit du soleil et de la chaleur Ă©touffante, beaucoup de spectateurs et ont Ă©tĂ© commentĂ©es Ă  la tĂ©lĂ©vision nationale. Entre autre parce que parmi les spectateurs se trouvait le prĂ©sident  Medvedev lui-mĂŞme, mais aussi  les leaders de l’AzerbaĂŻdjan, l’ArmĂ©nie, le Kazakhstan, la Moldavie, et du Tadjikistan. Depuis plusieurs annĂ©es dĂ©jĂ , les rencontres informelles des prĂ©sidents des pays faisant partie de la CEI (la CommunautĂ© des Etats IndĂ©pendants) se passent sur les lieux des courses hippiques. Cette annĂ©e, les courses ont Ă©tĂ© un peu… particulières. Tout d’abord, on ne pouvait pas parier, car le Parlement russe a adoptĂ© une loin contre les jeux de hasard. Deuxièmement, parmi les leaders de la CEI, seulement la moitie Ă©tait prĂ©sent, et enfin, pour couronner le tout, l’un des pays-membres a carrĂ©ment dĂ©clarĂ© qu’il quittait la CommunautĂ©. Il s’agit de la GĂ©orgie.

« On doit quitter la CEI. La CEI a totalement failli en tant qu’organisation internationale. C’est un… « machin postsoviĂ©tique »… qui n’a pas pu prĂ©venir la tragĂ©die. En quittant la CEI, on fait nos derniers adieux Ă  l’Union SoviĂ©tique. Ceux qui nous bombardent veulent la restaurer. Le prĂ©sident Poutine dĂ©clarait il y a 2 ans que la chute de l’URSS Ă©tait la plus grande catastrophe gĂ©opolitique du XXème siècle… Moi, je crois que ce fut un Ă©vĂ©nement heureux ! »

Vous avez peut-ĂŞtre reconnu la manière de s’exprimer du PrĂ©sident gĂ©orgien Mikheil Saakachvili. Mais il a raison, Monsieur le PrĂ©sident. La CEI a Ă©tĂ© créée le 8 dĂ©cembre 1991 par le TraitĂ© de Minsk, au moment mĂŞme de la signature d’une dĂ©claration selon laquelle l’Union soviĂ©tique Ă©tait dissoute. La CEI Ă©tait supposĂ©e faciliter l’accès Ă  l’indĂ©pendance des rĂ©publiques soviĂ©tiques et dĂ©velopper la coopĂ©ration multilatĂ©rale. Les indĂ©pendances ?… Oui, elles ont Ă©tĂ© acquises pour toutes les ex-rĂ©publiques soviĂ©tiques. En ce qui concerne la coopĂ©ration… nous y reviendrons. Une chose est sure, l’appartenance Ă  la CommunautĂ© ne garantit pas la Paix. AndrĂ© Saveliev, ex-membre du comitĂ© pour les affaires de la CEI du Parlement russe, declare Ă  Radio Liberté :

« Le retrait de la GĂ©orgie de la CEI est tout Ă  fait naturel. Apres un conflit armĂ© entre des pays-membres il y a 2 solutions : soit on dissout la communautĂ©, soit l’un des pays participant a ce conflit doit quitter les structures de la CEI. Je pense que la Russie doit se poser la question de la nĂ©cessitĂ© de l’existence de la CEI en tant qu’organisation. Une organisation qui a dĂ©montrĂ©, entre autre, son incapacitĂ© Ă  prĂ©venir les conflits entre ses pays-membres. Ce faisant, la Russie gagnerait plus qu’elle ne perdrait. Bon, il n’y aurait plus toutes ces rencontres informelles, « sans cravates », ces tables rondes, oĂą tout le monde vient mais ne dĂ©cide strictement rien… Mais en se libĂ©rant de tout ca, la Russie pourra mieux dicter ses conditions en faisant du bilatĂ©ralisme. Il ne faut pas vouloir imiter une grande communautĂ© internationale lĂ  oĂą il n’y en a pas ! »

Une agence matrimoniale Ă  l’ envers finalement… une agence qui n’arrive mĂŞme pas Ă  assurer un divorce paisible. La CEI est dĂ©pourvue de personnalitĂ© juridique internationale et face Ă  son immobilisme, certains pays issus de l’ex-URSS avaient Ă©mis des initiatives pour crĂ©er des unions plus poussĂ©es et plus dynamiques au sein de l’espace postsoviĂ©tique. L’Organisation du traitĂ© de sĂ©curitĂ© collective  et la CommunautĂ© Ă©conomique eurasiatique sont nĂ©es au sein de la CEI mais ont tendance Ă  prendre leur indĂ©pendance, mĂŞme si les liens sont encore forts. L’objectif de ces deux organisations est de reprendre le processus d’intĂ©gration Ă©conomique et politico-militaire au sein de l’espace postsoviĂ©tique. Mais l’Ukraine, la GĂ©orgie, l’AzerbaĂŻdjan et la Moldavie forment leur propre union rĂ©gionale : le GUAM. L’un de ces 4 pays vient de quitter la CEI, les autres y sont encore. Et Vladimir Zharihine, le vice-directeur de l’Institut de Pays de CEI, (eh oui, ça existe !), ne s’attend pas a de grands changements :

« Du point de vue purement juridique, il y a un frein Ă  la dĂ©sintĂ©gration, car il existe beaucoup d’accords communautaires. Si la GĂ©orgie devait  redĂ©finir les accords avec tous les pays de la CEI ( a l’exception peut-ĂŞtre de la Russie) de façon bilatĂ©ral, cela serait très compliquĂ© et  prendrait Ă©normĂ©ment de temps. C’est prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que la GĂ©orgie se bat aujourd’hui pour que certains accords communautaires - qui n’ont pas de statut « fermé » et qui sont ouverts Ă©galement aux pays non-membres de la CEI - restent applicables pour la GĂ©orgie. »

Il ne faut pas exagĂ©rer, Monsieur le vice-directeur. Pendant les 10 premières annĂ©es de son existence, 173 accords et traitĂ©s ont Ă©tĂ© conclus. Et seuls 8 ont Ă©tĂ© mis en vigueur sur l’ensemble du territoire de la CEI ! Les rapports bilatĂ©raux, trilatĂ©raux et quadrilatĂ©raux dans le cadre de la CEI restent les formes les plus sures de coopĂ©ration. La CEI est morte, vive la CEI, rĂ©sume AndrĂ© Ermolaeff, expert politique ukrainien, un pays qui ne s’entend pas très bien avec la Russie non plus…

« De toute Ă©vidence, l’idĂ©e la plus productive pour l’avenir est celle de la reforme de la CEI. C’est Ă©vident maintenant que la CommunautĂ© n’arrive pas Ă  jouer le rĂ´le d’une vĂ©ritable organisation rĂ©gionale. La CEI n’est pas devenue l’Union EuropĂ©enne bis. Mais il existe un mĂ©canisme de dialogue, des contacts interparlementaires, des mĂ©canismes des consultations… D’ailleurs, ces d’interprĂ©tations de son rĂ´le sont Ă  la base de la nouvelle « Conception officielle du dĂ©veloppement de la CEI » qui date de 2007. Et le dĂ©veloppement de ce type de format consultatif peut ĂŞtre très productif. Donc, je pense que la CEI peut se transformer en une AssemblĂ©e interĂ©tatique permanente, et non en une organisation rĂ©gionale. En tant qu’organisation, la CEI n’a pas fonctionnĂ©,… mais la dissoudre Ă  cause d’un conflit entre l’Ukraine et la Russie n’est pas une idĂ©e très productive »

Pas de grand bouleversement donc ? Si, le jour-mĂŞme de la rencontre historique sur l’hippodrome moscovite, le prĂ©sident Medvedev a signĂ© un dĂ©cret autorisant les paris pendant les courses hippiques. Raison de plus de maintenir les courses et les rencontres « sans cravates »… !

L’Université de la bourse

Moscou, dollar, bourse, capitalisme, radio, euro, France, banque, rouble, Russie 0 commentaire »
19 mai 2009

« Il existe aujourd’hui un large consensus, au sein des Ă©lites Ă©conomiques et politiques, pour juger que la culture Ă©conomique des Français est insuffisante. Ce manque de culture Ă©conomique expliquerait la mĂ©fiance, voire l’hostilitĂ©, de larges fractions de l’opinion Ă  l’Ă©gard de l’Ă©conomie de marchĂ©, un comportement qui trancherait par rapport Ă  celui observĂ© chez la plupart de nos voisins europĂ©ens», Ă©crit Philippe Fremeaux dans « Alternatives Ă©conomiques » de mai 2009.

Les anciens pays de l’est  europĂ©en n’ont plus envie de chercher des alternatives au capitalisme, ils prĂ©fèrent essayer de le comprendre. Tenez, sur un excellente radio « Echo de Moscou », on a ouvert « L’universitĂ© de la bourse ». Un auditeur, Igor, s’interroge : « J’ai une petite somme d’argent libre, aux alentours de 1000 dollars. Vous pourriez me donner un conseil, quoi dois-je faire ? »

« Je conseillerais Ă  Igor de ne rien faire avec ses 1000 dollars. A quoi bon ? Igor Ă  1000 dollars, il va le convertir dans une autre devise, il va gagner 10%. 100 dollars c’est quoi ? C’est beaucoup ? Vous comprenez, cette petite somme ne permet pas de travailler sur les marchĂ©s. Il vaut mieux le mettre sur un compte dĂ©positaire dans une banque ». Donc, pour jouer en bourse, il faudra ĂŞtre un peu plus riche qu’Igor, suggère subtilement Vladimir Gavrilenko, directeur de l’UniversitĂ© de la bourse de Moscou, l’invitĂ© de l’Ă©mission radiophonique « l’universitĂ© de la bourse » du 15 avril.

Le programme, comme tout ce qui est fait sur « Écho de Moscou », est interactif. On peut appeler pendant le direct, on peut poser ses questions en amont sur le site de l’Ă©mission…. Comme cet auditeur qui se demande si « le comportement des acteurs a la bourse est dĂ©fini par le niveau de connaissances acquis ou plutĂ´t par la psychologie humaine ? »

Monsieur Gavrilenko lui rĂ©pond : «Vous comprenez, qu’est ce que dĂ©finit  le prix sur le marché ? La psychologie de la foule. Si aujourd’hui nos concitoyens dĂ©cident que la crise est finie et que le moment est venu d’acheter des actions, l’index de notre bourse va s’envoler ! Pourquoi ? Parce que les gens ont de l’argent. Mais nous avons tous peur et nous ne savons que faire de cet argent. Souvenez vous, il y a quelques mois j’ai fait un pronostic en disant que l’index de la bourse de Moscou allait monter de 300 points ? Regardez - fĂ©vrier 2009, l’index Ă©tait Ă  500, aujourd’hui on est a 800 ! Pile poil ! Donc ceux qui, Ă  l’Ă©poque, imaginaient que l’effondrement allait se poursuivre ont eu tort. 500 points - c’est la limite basse. Mais celui qui achète aujourd’hui en espĂ©rant profiter de la hausse rapide se trompe aussi. Nous avons atteint un palier en ce moment, il y aura d’abord une baisse, mais ensuite il y aura une troisième vague de croissance. Il faudra investir au tout dĂ©but de cette troisième vague. Comment le faire pratiquement, appelez le 661 22 20 et venez chez nous assister Ă  nos sĂ©minaires thĂ©matiques tous les jeudis !».

« Écho de Moscou » est une radio commerciale qui vit de la publicitĂ©. Pas Ă©tonnant, donc, d’avoir des Ă©missions sponsorisĂ©es…A cotĂ© des conseils pratiques, on raconte Ă©galement les effets de la crise actuelle sur la bourse de Moscou : «Notre Ă©mission existe depuis 2 ans et, si vous vous souvenez bien, Ă  l’Ă©poque les mouvements des actions Ă  la bourse n’Ă©taient pas très forts. Aujourd’hui, les actions des entreprises russes ont augmentĂ©… de l’ordre de 100, 150, 200% depuis 1 mois ! C’est un vrai miracle ! Mais ce genre de miracle ne se produit que pendant les crises ! N’oubliez pas que ces mĂŞmes actions peuvent perdre 100-150% très rapidement. Mais vous pouvez aussi jouer sur la baisse ! Pour cela, il faut prendre une position dit « courte », ou « shorter »… vous pouvez l’appeler comme vous voulez, mais n’oubliez pas qu’on peut gagner plus en jouant Ă  la baisse ! Car l’augmentation est lente mais la baisse est rapide ! Appelez le 661 22 20, le sĂ©minaire commence jeudi ! »

Comment jouer sur la baisse. Comment jouer sur toutes les bourses Ă  la fois. Comment ne pas devenir accro aux jeux boursiers ?!… « L’UniversitĂ© de la bourse » de Moscou gagne, sans doute, autant avec la bourse qu’avec ses frais d’inscription. Et les auditeurs de « l’universitĂ© radiophonique », eux, apprennent le capitalisme gratuitement…

9 mètres carrés

Moscou, Saint PĂ©tersbourg, immobilier, URSS, Russie 3 commentaires »
14 avr 2009

Pourquoi le grand Dimitri Chostakovitch Ă  compose une surprenante opĂ©rette la gloire du quartier Cheremushki dans la banlieue de Moscou - quartier pilote pour la construction de grands ensembles Ă  l’Ă©poque de Nikita Khrouchtchev? Pourquoi un tel enthousiasme pour un nouveau quartier de logements sociaux dans un pays oĂą tout Ă©tait social? Parce que, malgrĂ© la nationalisation de l’immobilier après la rĂ©volution, le pays vit dans un Ă©tat permanent de crise du logement. L’industrialisation et l’exode rural redessine la carte du logement. Un exemple typique : en 1932 la population de Moscou a augmentĂ© de 220000 personnes, mais  on a construit seulement 10000 nouveaux logements ! D’oĂą l’apparition des appartements communautaires. Le cĂ©lèbre Ă©crivain Vassili Axionov s’en souvient aujourd’hui :« Je vivais chez ma tante. Dans 9 mètres carrĂ©s. Je dormais sur un lit dĂ©pliant, placĂ© sous la table. Ma tante  me disait  de mettre plutĂ´t les jambes sous la table, mais moi je prĂ©fĂ©rais me cacher la tĂŞte. Comme ça j’avais l’impression d’avoir un « chez moi » ! »Le 31 juillet 1956 Nikita Khrouchtchev annonce le plan très ambitieux de construction de grands ensembles de maisons de 5 Ă©tages en prĂ©fabriquĂ©. Les murs extĂ©rieurs font - 8cm, les cloisons -4cm. Les normes d’hygiène ont Ă©tĂ© inspirĂ© les hygiĂ©nistes allemands du 19 siècle. 9 mètres carrĂ©s par personne. L’entrĂ©e mesure 110cm. Dans la salle de bain l’espace entre l’Ă©vier et le mur - exactement 50cm. Les immeubles ont Ă©tĂ© conçu pour ne durer que 25 ans - en 1980 Khrouchtchev a prĂ©vu l’avènement du communisme.

Le communisme n’est pas arrivĂ© en 1980. C’est le capitalisme qui  a triomphĂ© en 1992. La première dĂ©cision de Boris Eltsine fut de « privatiser » tout les appartements pour quelques kopecks symboliques. Les habitants des maisons Khrouchtchev sont tous devenus propriĂ©taires. Aujourd’hui le secteur de la construction connait un boom Ă  Moscou, la 2eme ville la plus chère au monde pour le prix du mètre carrĂ©. 4,5 millions de mètres carrĂ©s construits en 2002 ! Et les « khrouchtchevki », les maisons des annĂ©es 50-60 ? On les dĂ©truit et on reloge leurs habitants, pas toujours mĂ©contents de quitter leurs « ultra-low-cost » soviĂ©tique. Il y a encore quelques mois la vente aux enchères des terrains occupĂ©s par les « khrouchtchevki » a St.Petersbourg aurait attirĂ© des dizaines de promoteurs. En mars 2009 il y en avait seulement 2. L’un de 2, promoteur  Oleg Gluschenko, note

« La mise en place d’un plan prĂ©cis d’occupation des sols avant mĂŞme la construction des immeubles prendra au moins 2 ans.. Pendant ces 2 ans on ne dĂ©pensera pas grande chose. Et après… On espère que la crise ne va pas durer aussi longtemps ! »

Selon les dernières statistiques on s’attends la baisse du prix du mètre carrĂ© a Moscou et St.Petersbourg de l’ordre de 30-50 pourcent…