Nous sommes le 12 avril 1961 et, dans quelques instants, Gagarine va devenir le premier homme dans l’espace et la preuve vivante que l’Ă©conomie socialiste est plus forte que l’Ă©conomie capitaliste. Lorsque, 8 ans après, les capitalistes marchèrent sur la lune, ce fut un choc. Une blague circulait Ă l’Ă©poque : Brejnev annonce aux cosmonautes soviĂ©tiques qu’ils vont ĂŞtre les premiers Ă aller sur le Soleil. Et quand l’un d’eux s’inquiète de la possibilitĂ© de se faire brĂ»ler, Brejnev rĂ©pond : « Le Parti a tout prĂ©vu, vous aller voyager pendant la nuit ! »… « Actuellement, on met au point tous les systèmes techniques nĂ©cessaires Ă cette expĂ©rience. Parallèlement on cherche des volontaires. Et nous en avons plein dĂ©jĂ Â ! Plus de 20 ! Je ne peux pas vous dire d’oĂą ils sont… Cette expĂ©rience, je pense, sera un très bon dĂ©but pour les vols habitĂ©s vers les planètes lointaines… »
Ne vous inquiĂ©tez pas, il ne s’agit pas du Soleil. Nous sommes en 2008, l’URSS n’existe plus, le capitalisme a gagnĂ© et le Directeur de l’Agence Spatiale Russe Anatoly Perminov parle d’un projet d’expĂ©dition sur Mars, en collaboration avec les AmĂ©ricains. Dans quel Ă©tat se trouve aujourd’hui le programme spatial de la Russie indĂ©pendante ? Voici une brève rĂ©ponse de la Radio d’Ă©tat : « En 2008, les dĂ©penses pour l’exploration spatiale s’Ă©lèveront Ă 1 milliard de dollars. Cela correspond Ă peu près aux niveaux de dĂ©penses de l’Inde, mais moins que celles de la Chine ou de l’Union EuropĂ©enne. Et 18 fois moins que celles des Etats-Unis ! »
La journaliste de la Radio Russie Elena Philippova a assisté à la présentation du premier véritable programme spatial russe élaboré en 2006 :
« Pendant les 10 ans Ă venir, on doit rĂ©tablir le groupement orbital russe. On devra avoir 70 appareils spatiaux. Ils vont servir pour les tĂ©lĂ©communications, la tĂ©lĂ©vision, la navigation, la mĂ©tĂ©o, la cartographie etc…. Et c’est très important, car les lancements commerciaux, domaine dans lequel la Russie est leadeur devant les Etats-Unis, sont en diminution. Mais on doit se battre pour occuper une niche - celle des services de tĂ©lĂ©communications et de sondage de la Terre pour les pays Ă©trangers. La demande mondiale est grande pour ce genre de programmes, mais la Russie manque d’appareils appropriĂ©s. »
Commerce, profit, coopĂ©ration - voici les mots clĂ©s de la nouvelle politique spatiale russe. Et puis, il faut gĂ©rer l’hĂ©ritage soviĂ©tique. La lĂ©gendaire base de lancement de BaĂŻkonour se trouve au Kazakhstan. La Russie la loue actuellement mais songe Ă construire sa propre base. L’ex vice premier ministre Serguei Ivanov : « En 2016 la nouvelle base de lancement Vostochny sera prĂŞte pour les lancements des fusĂ©es de n’importe quel type. Et en 2018, nous planifions les premiers vols habitĂ©s. »
Et le rĂŞve dans tout cela ? Eh bien, en voici un, annoncĂ© un peu avant le nouvel an. La Russie est prĂŞte Ă sauver le monde ! Car le danger est imminent et il vient des astĂ©roĂŻdes. Anatoly Perminov : « D’ici 2029, des astĂ©roĂŻdes vont se rapprocher des trajectoires de nos appareils gĂ©ostationnaires. Et mĂŞme s’ils ne tombent pas sur terre, ils peuvent les endommager. Un seul appareil hors service faisant partie d’un système oĂą tous les appareils sont liĂ©s, et c’est le système tout entier qui se retrouve en panne…c’est très grave, surtout dans le domaine de la dĂ©fense ! »
Pour dĂ©vier les mĂ©chants et dangereux astĂ©roĂŻdes, plusieurs solutions sont Ă l’Ă©tude mais il est encore trop tĂ´t pour les rendre publique, affirme Monsieur Perminov qui invite d’ores et dĂ©jĂ les autres pays Ă participer au financement du projet. Autrement dit, chaque rĂŞve, surtout spatial, a un prix.



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