Bien que l’endroit soit sous haute surveillance, les reporteurs allemands de la « Deutsche Welle » nous montrent le site bulgare des futurs rĂ©acteurs nuclĂ©aires. Deux fois 1000 mĂ©gawatts qui devront nourrir Ă  l’Ă©lectricitĂ© la moitiĂ© des Balkans !

Nous sommes en 2008. La demande en énergie de la région est en pleine croissance. Derrière ce projet se trouve le géant allemand Siemens qui a développé une novelle génération de centrales nucléaires en collaboration avec une compagnie russe. Les russes construisent les réacteurs, et les allemands se chargent des technologies qui en assurent la sécurité.

Burkhard Heidowitzsch, de Siemens Bulgarie,  raconte :

« Il y a 2 ans, nous avons installé cette nouvelle technologie sur 2 sites chinois. Et les 2 fonctionnent très bien. »

Tout va donc très bien. L’entente entre les russes et les allemands est cordiale. A tel point que dĂ©but mars 2009, Siemens et L’Agence fĂ©dĂ©rale de l’Ă©nergie atomique russe (Rosatom) ont  dĂ©cidĂ© de se marier ! Ils ont signĂ© un protocole d’accord pour la mise sur pied d’une co-entreprise dans le domaine du nuclĂ©aire, qui sera contrĂ´lĂ©e Ă  « 50% plus une action » par… les russes. L’ex-premier ministre russe, aujourd’hui patron de Rosatom, SergueĂŻ Kirienko : « Nous avons signĂ© un mĂ©morandum. L’objectif de la sociĂ©tĂ© mixte que nous crĂ©ons avec Siemens est de construire des centrales nuclĂ©aires dans les pays qui font le choix du nuclĂ©aire. Ces projets seront livrĂ©s clĂ©-en-main Ă  nos clients. A notre avis, cette entreprise a un bel avenir. Nous nous connaissons depuis longtemps dĂ©jĂ  et nous sommes parfaitement complĂ©mentaires ! »

Ah, comme ils vont bien ensemble nos jeunes mariĂ©s modèles ! Enfin presque « modèles » puisque le futur Ă©poux allemand n’est pas tout Ă  fait vierge ! Le groupe allemand est liĂ© par un autre contrat de mariage signĂ©, celui-ci, avec Areva le 30 janvier 2001

Or, la polygamie n’est pas envisageable ici ! En effet, le pacte des actionnaires entre Areva et Siemens contient une clause de non-concurrence ! Siemens, donc, a demandĂ© le divorce. Explications de Philippe Carli, PDG de Siemens France :

Siemens dĂ©tenait 34% d’Areva NP et restera minoritaire dans l’entreprise russo-allemande. Les raisons financières ne sont pas toujours essentielles dans la dĂ©cision de fonder une famille. La Russie poursuit sa stratĂ©gie de puissance Ă©nergĂ©tique dĂ©jĂ  mise en place son le gaz et le pĂ©trole. Le mariage avec un allemand respectable doit  lĂ©gitimer son industrie nuclĂ©aire qui souffre d’une mauvaise image. La dĂ©cision allemande, elle, est plus choquante. Apres le gazoduc Nordstream, dont l’ex-chancelier Gerhard Schroeder fut le parrain, voilĂ  qu’Angela Merkel signe l’arrĂŞt de mort de la construction europĂ©enne traditionnelle dans le domaine du nuclĂ©aire. Mais après tout, la Russie n’est-elle pas en Europe ?!