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Tous les billets de la catégorie transport

Baden Airpark

transport, frontière, France, voyage, Allemagne 0 commentaire »
8 fév 2010

 © Baden Airpark

En juillet 1993, les derniers soldats canadiens quittent les deux bases canadiennes de l’OTAN Ă  Baden-Wurtemberg. Derrière eux, ils laissent un aĂ©roport, un beau cadeau ! A partir de 2001, il devient l’aĂ©roport principal de la capitale, Stuttgart. Plus de 10 millions de passager Ă  transporter et une seule piste d’atterrissage ! En Allemagne, il est très difficile d’obtenir un permis de construire pour une nouvelle piste, donc Stuttgart a dĂ©cidĂ© d’utiliser la piste canadienne. Le gĂ©rant de l’aĂ©roport, Manfred Young, est devant le tableau des vols :

« Nos destinations principales sont Berlin et Hambourg. Ca fait plus de 700 km pour chaque trajet. Les clients sont principalement des hommes d’affaires. Ils travaillent Ă  Hambourg et ils doivent se rendre Ă  Berlin pour voir le gouvernement. Un peu comme les Strasbourgeois vont Ă  Paris… Autres destinations - vacances : la Turquie, la Grèce et l’Italie. »

C’est la compagnie lowcost Air Berlin qui gère les voyages d’affaires. Pour les vacances, il y a une autre compagnie lowcost avec un passĂ© très français. Elle s’appelle… Ryanair :

«  Ryan Air a quittĂ© Strasbourg en septembre 2004. Avant cette date, la compagnie Ă©tait payĂ©e  pour y rester. 1,5 millions d’euros lui Ă©taient versĂ©s chaque annĂ©e par la Chambre de Commerce afin qu’elle assure  un vol Strasbourg-Londres ! Et puis Air France a intentĂ© un procès Ă  Ryan Air, en accusant la compagnie de concurrence dĂ©loyale et finalement  le tribunal a interdit cette subvention ! En consĂ©quence,  Ryan Air a dĂ©clarĂ© ceci : « ok, si nous n’avons plus d’argent, nous partons ! »

La compagnie s’est donc installĂ©e chez vous. Etes-vous  aussi gĂ©nĂ©reux que les Alsaciens ? Combien la payez-vous ?

« Je ne paie rien ! C’est la compagnie qui doit payer pour utiliser mon aĂ©roport Elles verse Ă  peu près 10 euros par passager. C’est pour cela que je n’ai pas de problèmes financiers comme c’est le cas de Strasbourg ! »

 © Baden Airpark

Mais pourquoi un tel mĂ©pris pour Strasbourg et un tel dĂ©sir de s’installer chez vous ?

« Autour de l’aĂ©roport de Strasbourg, vous avez 2 millions de clients potentiels. Dans ma zone de chalandise, il y en a 5 millions ! »

Pourtant vous ĂŞtes Ă  40 km l’un de l’autre seulement. Il n’y a aucune porositĂ© entre ces deux rĂ©servoirs d’usagers ?

« Si, l’annĂ©e dernière nous avons eu 17% de clients français. Mais 83% restent allemands ! Mannheim, Ludwigshafen, Heidelberg, Freiburg… les grandes villes allemandes, voilĂ  Notre zone. Tout ces gens peuvent venir facilement chez nous en train ou par l’autoroute. La plupart des Français viennent en voiture. Mais il y a aussi une compagnie privĂ©e qui fait la navette entre Strasbourg et l’aĂ©roport de Baden.»

La capitale de l’Europe est obligĂ©e d’utiliser l’aĂ©roport de Baden lors des sessions du Conseil de l’Europe ou du parlement EuropĂ©en :

« Les Berlinois, par exemple, sont obligés de passer par notre aéroport. Strasbourg a essayé et a même payé pour assurer une liaison vers notre aéroport ! Mais avec un remplissage de moins de 30%, personne ne pourrait maintenir cette ligne! »

Est-ce que cela vous arrive de prendre l’avion Ă  Strasbourg, Monsieur Jung ?

« Nous ne sommes pas des concurrents pour l’instant, car Strasbourg propose des destinations que nous ne faisons pas. J’ai prochainement un rendez-vous Ă  Toulouse et je vais donc me rendre Ă  Strasbourg, car aucune compagnie n’est moins cher qu’Air France pour un Strasbourg-Toulouse ! Air France assure des vols vers Lyon, Marseille, le Maroc,  ce sont des destinations que nous ne faisons pas. »

C’est donc « le Maroc » pour les vacanciers alsaciens… et « la Turquie » pour les allemands de Bade. La frontière entre la France et l’Allemagne  reste très nette. L’aĂ©roport badois a enregistrĂ© un retour Ă  la croissance en novembre et dĂ©cembre, celui  de Strasbourg accuse une nouvelle chute du trafic en 2009 de 16,6 %.

Et Air France? Eh bien, la compagnie a abandonnĂ© en octobre dernier la ligne Strasbourg-Londres pour laquelle elle s’Ă©tait si farouchement battue en 2003…

Les batailles des TGV

Asie, transport, train, France, Japon, voyage, Etats-Unis, Allemagne 1 commentaire »
30 oct 2009


« Voici le train le plus rapide du monde - le TGV français, le train à grande vitesse. Lors son voyage inaugural, en février 1981, le TGV a survolé la campagne française à une vitesse de 236 miles par heure, battant ainsi le record du monde. »
Les adjectifs utilisĂ©s dans ce documentaire amĂ©ricain sur les trains Ă  grande vitesse, rĂ©alisĂ© en 1982, sont « amazing ! », « dazzling ! »,  « superb ! ». Que de superlatifs… Evidemment, l’actualitĂ© du moment Ă©tait le lancement rĂ©ussi du TGV en France. On semblait presque oublier que les trains Ă  grande vitesse existaient dĂ©jĂ  depuis 18 ans. En fait, c’est le Japon qui fut le premier Ă  les introduire. La construction du premier tronçon du Shinkansen - le Train Ă  grande vitesse japonais - a durĂ© 5 ans et a Ă©tĂ© inaugurĂ© pour l’ouverture des jeux olympiques, le 1er octobre 1964. Le Japon n’est pas un plat pays et les lignes ferroviaires historiques Ă©taient très sinueuses, ce qui empĂŞchaient les trains de rouler Ă  des vitesses très Ă©levĂ©es.
Par consĂ©quent, il fallait construire des lignes spĂ©ciales et de très lourdes infrastructures supplĂ©mentaires : des viaducs dans les villes, de nouveaux quais, des nouvelles gares en pleine ville…  Un travail titanesque, source de la fiertĂ© nationale, comme le montre cet entretien dans un train:
“La technologie amĂ©ricaine est très avancĂ©e gĂ©nĂ©ralement. Mais il me semble que le Japon a su concentrer ses efforts pour dĂ©velopper certaines technologies comme le Shinkansen dont le niveau sera, Ă  mon avis,  difficilement atteignable pour les autres pays Ă  l’avenir.”
Mais le fier voyageur ne pouvait pas savoir que son propre Premier Ministre, monsieur Suzuki, aurait bientĂ´t l’occasion de voyager Ă  bord du train Ă  grande vitesse construit en France.

retrouver ce média sur www.ina.fr

La concurrence est donc arrivée. Chacun fait la cour aux acheteurs potentiels.
Et puis arrive le troisième projet de train Ă  grande Vitesse, l’Inter city express allemand. Nous sommes en 1991. La diffĂ©rence principale avec ce  projet est que les train Ă  grande vitesse et les trains classiques circulent sur les mĂŞmes voies.
Trois projets concurrents donc… Mais lequel s’exporte le mieux ?
Les amĂ©ricains rĂ©flĂ©chissent depuis 1982 et c’est seulement au printemps de 2009, (soit 27 ans après !) que l’administration Obama a annoncĂ© que huit milliards de dollars du plan de relance de l’Ă©conomie nationale seront rĂ©servĂ©s Ă  la rĂ©alisation du train grande vitesse. Les français ont rĂ©ussi Ă  pĂ©nĂ©trer le marche sud-corĂ©en, mais pas sous la prĂ©sidence Mitterrand, mais 22 ans après! Les plus rapides Ă  vendre leurs technologies sont pour l’instant…. les allemands. Reportage de la Deutsche Welle en 2008:

«Pour ce train, le voyage en bateau Ă  travers la Baltique va durer plus de 2 jours. Les wagons de ce nouveau train Velaro sont dans 2 compartiments Ă  marchandises sĂ©parĂ©s. Le nouveau train est le rĂ©sultat d’un travail chez Siemens qui a durĂ© 2 ans. Il faudra adapter le train aux conditions climatiques difficiles car il est destinĂ© au marchĂ© russe. Le marchĂ© russe, c’est l’un des plus prometteurs pour Siemens».
« Velaro », le dĂ©rivĂ© de troisième gĂ©nĂ©ration de « l’Inter city express » allemand est dĂ©jĂ  vendu en Espagne pour la ligne Madrid-Barcelone, mais aussi en Russie et en Chine.
Et les pionniers du TGV, les japonais ? Eh bien, le premier et le seul pays auquel ils ont rĂ©ussi Ă  vendre leur technologie fut Taiwan… et très tard, en 2004… 40 ans après le lancement du projet !