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Généalogie

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Syntone, tenu par Etienne Noiseau, est le blog à suivre quand on s’intéresse à la création radio. Son dernier post en date, évoquant le très beau livre dirigé par Christian Rosset, qui paraît chez Phonurgia Nova éditions*, pose la question de l’hommage, de sa valeur au présent. D’où je tire cette phrase : “De son vivant, Paranthoën était déjà une exception. Peut-on bâtir un modèle à partir d’une exception ? ” Là se trouve une tension partagée, ici et ailleurs, commune à bien des domaines sans doute : comment faire cohabiter la conscience d’une généalogie, d’une série de références, et la création au présent ?

Christian Rosset, qui travaille régulièrement pour Les Passagers de la Nuit, avec des “Avis d’orage” totalement contemporains, sera dans la position de l’invité demain vendredi à 23h. On parlera de Claude Ollier, auteur et homme de radio à l’Atelier de création radiophonique, où il a beaucoup travaillé avec Yann Paranthoën. Il sera question du livre, bien évidemment.

>>> lire le billet d’Etienne Noiseau sur Syntone… 

* je dois à l’honnêteté d’écrire que je participe à ce livre à travers une interview d’YP datant de 2004.

Une belle présence

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Je me souviens que la première fois que j’ai vu Kriss, c’était début septembre 1998, au 5e étage de la Maison de la Radio. Elle allait présenter un Dimanche en roue libre.

Je me souviens que la deuxième fois que j’ai vu Kriss, je me suis retrouvé dans le studio 154 pendant la diffusion d’un Portrait sensible. Elle répondait à mes questions pendant la diffusion de ses enregistrements et jonglait allègrement entre notre discussion et ses lectures à l’antenne.

Je me souviens de “Kriss Graffiti” en écriture “fantasmagorique” signée Dali dans un petit cadre aux bords noirs.

Je me souviens d’un appel un dimanche matin en 2002 : “Bonjour, c’est Kriss !”, me sortant des limbes, répondant à un courrier et pour me parler de radio.

Je me souviens d’une porte de 2 CV, marquée “KRISSS” à la peinture rouge au pochoir, sur un mur de son salon.

Je me souviens d’une discussion téléphonique avec Kriss, alors qu’elle préparait une émission. Et l’on avait parlé d’un élément sonore qui devait durer deux minutes, mais qui ne lui convenait pas du tout. Elle m’avait parue un peu speed.

Je me souviens que j’avais compris après coup qu’elle était angoissée par cette préparation d’émission. Cela m’avait paru tellement improbable que je n’avais pas réalisé tout de suite. Et alors j’ai saisi : rien au hasard, ne pas se contenter du plus facile, ne pas jouer sur du velours.

Je me souviens d’un appel un dimanche matin : “On fait un repas, tu peux être là ?”

Je me souviens y être allé. Je ne me souviens plus ce qu’on a mangé, mais je me souviens qu’on était assis autour d’une grande table en bois dans le jardin.

Je me souviens ne pas avoir vraiment cru être là, dans le jardin de Kriss.

Je me souviens avoir vu un garçon dormir avec son bébé dans un hamac au fond du jardin, avoir entendu un chanteur chanter en fin de repas…

Je me souviens que Kriss avait le projet de construire une petite maison au fond de son jardin. Je me souviens que sa voisine n’était pas d’accord.

Je me souviens que Kriss m’avait dit : “Je pars cet été, si tu connais quelqu’un qui veut occuper la maison pendant trois semaines…”

Je me souviens avoir assisté à un Dimanche par hasard.

Je me souviens de la pause gâteaux des Dimanches en Roue Libre. Et de sa surprise d’entendre les gens lui parler de ces pauses gâteaux des années après.

Je me souviens du Portrait sensible où Kriss annonçait qu’elle serait prochainement à Metz, et qu’elle cherchait des Portraits sensibles. Je me souviens l’avoir appelée pour lui donner des noms, et je crois me souvenir qu’elle n’est finalement jamais venue à Metz pour les Portraits sensibles.

Je me souviens de Kriss me disant : “Mon père a eu le Général au téléphone, le Général lui a dit : ‘Ce ne sera pas le premier sacrifice que vous ferez pour la France’, et mon père s’est mis au garde à vous”. A propos de la désignation de Georges Gorse comme ministre de l’information.

Je me souviens quand on m’a dit que Kriss était la fille de Georges Gorse, je n’avais jamais entendu parler de Georges Gorse.

Je me souviens du thé.

Je me souviens de Michel Gonzalès dans la cave.

Je me souviens d’un appel de Kriss, je ne sais pas quel jour, me disant qu’elle était mécontente des extraits de L’Oreille en coin la concernant sur le coffret de CD L’Oreille en coin. Elle considérait que j’aurais pu trouver mieux.

Je me souviens qu’une fois qu’elle me l’avait dit, elle ne m’en a plus jamais parlé.

Je me souviens du caddie usé dans lequel elle avait mis les bandes qu’elle m’avait prêtées.

Je me souviens qu’elle m’avait dit de garder les bandes, mais de lui rendre le caddie usé.

Je me souviens que le caddie sentait l’encens, même après 3 mois chez moi.

Je me souviens de C’est la Kriss, et autour l’été, la montagne.

Je me souviens de : “On m’avait dit que si je faisais ça, je deviendrais une ‘baronne’ de France Inter. Mais moi, ça ne m’intéressait pas de devenir une ‘baronne’ de France Inter”.

Je me souviens que le lendemain d’une visite chez elle, je l’ai vue non loin de là, elle au volant de sa voiture, au feu rouge, moi traversant sur le passage pour piétons (je travaillais dans le coin). “On ne se quitte plus !”, sourire. Et à chaque fois que je suis passé à cet endroit-là, dans les mois qui ont suivi, j’y ai repensé, je jetais un coup d’oeil dans les voitures au feu. Mais ça ne s’est jamais plus produit.

Je me souviens du dernier juillet, et de sa colère contre les médecins. “J’ai l’impression d’être passée du mauvais côté de la statistique”.

Je me souviens d’un café aux Ondes, le bistrot près de Radio France, discrètement au milieu de l’équipe d’un Dimanche par hasard. Et Kriss, parlant d’une séquence qu’elle avait imaginée : “… Parce que ça, en radio, ça ne s’est jamais fait !”

Je me souviens du (tout) petit bureau des Portraits sensibles, au 5e étage de la maison de la radio.

Je me souviens de son adresse mail qui commençait par “SSIRK”.

Je me souviens de : “Moi, je m’en fiche des bruits de micros, j’aime quand ça vit, quand ça bouge”. Et je me souviens que peu de temps après, je l’avais entendu dans un Portrait sensible cogner son micro contre le verre d’un interlocuteur - bing ! - pour trinquer.

Je me souviens de cartons que j’avais aidé à descendre des étages de France Inter (”Puisque t’es là !”), qui contenaient du matériel pour Ousmane Dodo, un infirmier nomade du Niger dont elle avait fait le portrait, et qui avait provoqué un élan de générosité chez les auditeurs. Et Kriss avait monté une association pour acheminer ces dons.

Je me souviens d’un mail, à propos d’un de mes projets incertains : “Mais ça va marcher”. Et, bien plus tard, ça a marché.

Je me souviens de la porte bleue.

Je me souviens de : “Parce qu’il ne faut pas rester fâché avec les gens qu’on aime et qui ont compté pour vous”.

Je me souviens de : “ça va ça va”.

Je me souviens de la bienveillance.

Je me souviens de Kriss.

 ***

La forme du texte suivant est inspirée d’un petit livre,
pas épais mais dense,
qui s’intitule “Le Verger“,
écrit par Harry Matthews pour Georges Perec.

 

France Culture, 3e radio la plus podcastée de France

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Médiamétrie a rendu publiques ses premières analyses des podcasts radio. France Culture est en troisième position ! Ainsi que l’écrit sur son blog Emmanuel Berretta, sur le point.fr : “la vraie bonne surprise provient du score exceptionnel de France Culture : 2.015.000 téléchargements. La valeur des émissions de la radio la plus haut de gamme fait jeu égal avec RTL (2.006.000 téléchargements), la radio la plus populaire.”

>>>Lire la suite…

Pop, Rémo !

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Rémo Forlani, homme de radio. Il faisait partie de cette génération qui s’était rêvée autre - écrivain surréaliste, peintre, peut-être. Et qui, enrichi de son parcours et de cet horizon, s’était retrouvée derrière un micro pour faire autre chose. De la radio.

J’avais parlé deux fois avec Rémo Forlani. Il se baladait souvent dans le coin des Gobelins, à Paris. Je me souviens de lui, sortant à toutes bombes du marchand de journaux, ou assis tranquillement sur un banc, une grande jambe sur une autre, ou au café - l’Interlude ou le Canon des Gobelins… C’est à cette dernière table que je l’ai aperçu une dernière fois, en septembre je crois, à l’orée du boulevard Arago, qui fut aussi celui de Tardieu et de Crémieux, autres voix de radio…

Rémo Forlani m’avait dit quelques mots sur Gérard Sire, dont il fut le collaborateur dans sa maison de production “Pilote productions” dans les années 60 : une ruche créatrice où se retrouvaient aussi Jean Yanne, Jacques Martin, Claude Lelouch… Dans son autobiographie “Toujours vif et joyeux”, il donnait l’impression d’un slalomeur dans la vie artistique. Cinéma, théâtre, dessin, radio… Compagnon de route de Resnais, scénariste pour un Tintin de cinéma, travaillant à la télé, à la radio. Et connaissant son premier grand succès au théâtre.

Ses lignes donnent l’impression qu’il n’était pas peu fier de ce slalom et en même temps, comme souvent, le regret d’un manque de reconnaissance par manque de “spécialité”. Voix parlant de cinéma sur RTL, Rémo Forlani a eu la vie d’un pionnier de la pop culture, et du mélange artistique qui l’accompagne. Pop, Rémo, pop !

Place de la Toile, voilà voilà qu’ça recommence

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Chers amis,

Place de la Toile change de tête. L’émission reste à pleine vitesse sur ses rails, et continue de traiter des nouvelles technologies et des nouveaux médias sous l’angle des usages, mais sous la baguette de Xavier de la Porte.
Xavier (je l’appelle par son prénom, c’est un ami) a déjà coanimé l’émission avec moi fin 2007-début 2008, et nul doute que #pdlt (comme on dit sur twitter) a encore de beaux jours devant elle, grâce à lui. D’autant que cet angle des “usages” reste plus que jamais original et pertinent.

Deux ans de Place de la Toile nous ont mis en position, Caroline Broué et moi, de souligner certaines urgences, de pointer des émergences, et d’accompagner parfois des questions qui ont pris, petit à petit, une place centrale dans le débat public (Hadopi, si on se concentre du l’hexagone, est un exemple). Voire d’éclairer différemment certains sujets classiques.

Et puis il y a eu les rencontres. Régulières, comme celle des Parrains et Marraines de Place de la Toile, invités depuis décembre 07 : Joël de Rosnay, Véronique Kleck, Danielle Attias, Francis Pisani, Nathalie Sonnac, Godefroy Beauvallet, Daniel Kaplan, Eric Scherer, Benoît Thieulin, Jean-Gabriel Ganascia, Dominique Cardon, Patrice Flichy… Et puis ceux qui apportèrent leurs regards dans l’exercice pas simple de la chronique de fin d’émission : Tristan Mendès-France, Milad Doueihi et, lors de la première saison, Bruno Patino (aujourd’hui directeur de la chaîne, quel marche-pied que cette fonction de chroniqueur ! ;-)).

Et il y a eu les rencontres ponctuelles, souvent de nouvelles voix venues sur les ondes. L’étonnement (ainsi que la reconnaissance) demeure face à des gens qui bousculent leurs habitudes, leur emploi du temps souvent serré, ou leur inclination à la discrétion, pour venir partager au micro leur expérience, leurs recherches ou leur passion dans un entretien dont l’issue est obligatoirement frustrante (il y a toujours un sujet qu’on n’a pas eu le temps d’aborder ou un développement qu’on n’a pas pu mener à terme, la faute à l’horloge). Merci à eux, merci à elles. Quelques noms reviennent. Evidemment, celui de la Fondation internet nouvelle génération, dans son ensemble (outre Daniel Kaplan : Charles Népote, Hubert Guillaud…), qui fut un interlocuteur régulier, jusqu’à cette passionnante conférence Lift à Marseille au mois de juin. Pierre Mounier qui, après avoir vertement critiqué l’émission dans ses premiers temps d’existence (hé hé hé), nous a accompagnés avec bienveillance. La voix de Paul Braffort, oulipien et chanteur, qui est venu avec sa casquette de pionnier de l’intelligence artificielle. François Bon, en plein salon du livre, forcément. Albertine Meunier, pour l’art, l’internet, la tournure d’esprit et l’avatar. Brest et son accueil. Louis Pouzin, pionnier marquant et rebelle. Rue89, LePost, Mediapart, et Slate.fr, qu’on a vu naître, qu’on a suivi et qu’on surveille du coin de l’oeil. Christophe Ducamp, pour l’effervescence et les azimuts (#monnaieslibres, #twollars, #microformats, #openID etc etc…), Davduf pour avoir évoqué l’internet indé avec ferveur, Robert Spier de NPR pour cette émission où on a pu parler radio & web… Et tant d’autres.

Et puis il y a ceussent qui font du web à France Culture : Hervé Gardette, Isabelle Lassalle, Eric Chaverou et Antoine Lachand… Interlocuteurs, oreilles ouvertes.

Enfin, il y a vous : les internauditeurs. Qui commentez, qui mailez, parfois appelez, critiquez, proposez, encouragez. Dans un sens ou dans un autre, ça aide, ça structure. Et ça matérialise l’oreille attentive. Merci à vous.

Certes, il y a trop de “il y a” (et de parenthèses) dans ce texte, et si la pratique du blog était du journalisme, un correcteur ortho-typo assermenté aurait mis de l’ordre dans tout ça. Mais c’est pour mieux masquer l’émotion, car bon, deux ans à creuser ce sillon, ça laisse des traces.

On parle d’une émission de radio, donc c’est un travail d’équipe : Yaël Mandelbaum, compréhension, patience et coordination, et Doria Zénine, le regard repère, là, derrière la vitre… Et puis bien évidemment Caroline Broué, oui celle du tandem, du double, du duo, de la main dans la main. Je vous embrasse chaleureusement.

L’au-revoir est écrit. Il ne reste plus que deux choses à dire. Rendez-vous désormais tous les jours à 23h pour Les Passagers de la Nuit, créations et bricolages radio, en gros et en détail.
Et enfin : Place de la Toile, c’est le vendredi à 11h.

amitiés

t

Twentative d’épwisement d’un lieu parisien

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Pierre Ménard sur son blog “Liminaire” a déjà tout raconté, mieux que moi (merci à lui !). Mais voilà l’histoire : me rappelant l’excellent, novateur et indépassable texte de Georges Perec “Tentative d’épuisement d’un lieu parisien” (chez Christian Bourgois), je me suis dit qu’une adaptation à l’heure de twitter pourrait faire émerger une variation intéressante sur ce thème.

Perec, dans ce texte, décrit tout ce qui se passe autour de la place St Sulpice, à Paris. Bus qui passent, mouvement de foules, singularités ou banalités du moment, l’infraordinaire, le fugace. Bref, tout ce qu’on ne décrit pas quand on décrit habituellement.

http://www.decitre.fr/gi/99/9782267019599FS.gif

Je me suis installé aujourd’hui au Carrefour des Gobelins, lieu animé, entre 14h20 et 16h20. Et j’ai twitté et décrit. M’imposant la contrainte supplémentaire d’utiliser la totalité des 140 caractères impartis par le format twitter, d’où parfois une ortho-typo un peu approximative (dans les derniers tweets, réalisés sur mobile et non plus sur ordinateur pour des raisons de batterie tombée à plat, cette dernière contrainte n’a pas toujours été respectée).

L’autre intérêt était la construction de ce texte fragmenté… en live. Le suivre en train de se faire. Ce n’est plus possible, mais le texte, dans l’ordre chronologique des tweets, en donne un tout de même une idée.

  • Temps sec, ensoleillé, chaud. Carrefour des Gobelins, Paris. Nord-Sud : av. des Gobelins. Est-Ouest : bd Arago, bd St-Marcel, bd Port-Royal.

  • Quelques lettres et mots visibles : Société Générale, afer, Barclays, Matelas sommiers, Prix Choc, LCL, MJS (carton accroché à un feu)

  • Vêtements : longue jupe noire et rose, sweat shirt vert autour de la taille, ensemble d’été beige foncé, pantalon en lin blanc, gilet

  • autres vêtements : baskets brillantes, chaussures bateau marron, mocassins à talonnettes, sandales, scratch, trois bandes, coq sportif

  • Des véhicules : bus, voitures à galerie ou sans galerie, camionnettes, dépanneuse DOSTL (?) de la police nationale, scooters, motos…

  • D’autres véhicules : une Renault Espace rouge immatriculée 92, un camion frigorifique, un taxi de la G7, un utilitaire RATP, un velib

  • “Connard! Connard !”. Puis éclats de rire. Conflit entre un piéton et un automobiliste. D’ici je peux apercevoir six passages zébrés.

  • Le carrefour des Gobelins est un noeud de bus. Je vois le 83 qui va direction Porte D’Ivry. Le 91 vers Montparnasse 2 gare TGV. Le 47.

  • Depuis le début, un utilitaire de la police n’a pas bougé, garé au coin du bd Arago et de l’av des Gobelins, face à un distribanque…

  • Le bus 27 passe. Et le 91 se détourne vers l’av des Gobelins plutôt que le bd St Marcel. Effervescence des passagers à l’intérieur…

  • Une cliente du Canon des Gobelins lit un livre intitulé: “Discover the essence of France”. Elle boit une bière, fume, et parle Anglais

  • Une cliente prend une chaise pour la mettre à sa table. Ce qui contrarie un client âgé. Alors que ce n’est ni sa table ni sa chaise…

  • Deux policiers se placent au milieu de carrefour. Flottement. Une voiture s’y met aussi. Coups de sifflets nombreux.Simple régulation?

  • Une voiture banalisée traverse. Le carrefour est bloqué avec des plots. Un convoi passe. Le camion de tout à l’heure en fait partie…

  • Une cliente questionne le garçon du café, qui affirme avec ironie : “C’est à cause d’une manif’ du MLF”. La cliente reste dubitative.

  • Phrases ouïes: “Avant on payait pas avant”, “J’ai 70 ans, j’assume”, “Non non là c’est moi”, “N’allez pas aux toilettes tous ensemble”

  • Je reconnais qqun avec qui j’ai travaillé il y a 11 ans au Nouvel Observateur, qui s’occupait des ventes et s’appelle Paule, je crois.

  • Je ferme les yeux. Les moteurs se sont calmés qq minutes. J’entends mieux les voix des gens. Et le cliquetis d’un vélo en roue libre..

  • Le vent s’est levé, un peu. Le soleil qui frappait, frappe moins fort. Odeur de cigare sur cette terrasse ouverte, chose devenue rare.

  • Un drapeau MJS (Mouvement des jeunes socialistes) fait son apparition, à l’entrée du bd Port Royal. Une petite troupe le suit. Manif ?

  • Un camion de pompier marqué “Premier secours” arrive du bd du Port Royal et prend l’avenue des Gobelins, vite mais pas trop. Sirènes.

  • Couleurs. Moins éclatantes qu’il y a 1h. Beaucoup de vert, celui des marronniers et des platanes du bd Arago. Gris : bitume, vêtements

  • Flottement. Calme avant un événement. Lequel ? Pas suivi l’actu du quartier. La police demande à 2 mobylettes de quitter le carrefour

  • Les “médias” sont là : un camion siglé France Inter, pour du reportage en direct. Un preneur de son de télévision, un JRI (caméraman).

  • Etonnant : le carrefour des Gobelins totalement bloqué. Plus un bus, plus une voiture, plus un moteur. Une moto est rappelée à l’ordre

  • une dame vient faire la bise à l’homme au cigare et discuter. Elle dit : “Elle a pas l’air d’avoir inventé le fil à couper le beurre”.

  • voilà : la manifestation attendue arrive sur le carrefour. Depuis le bd St Marcel, direction Port Royal. Les sonos prennent l’espace..

  • “En tout cas, c’est une belle balade dans Paris, sous le soleil”, dit l’animateur du cortège CFDT. Des battucada arrivent avec la CGT.

  • Slogans entendus : “Sarkozy si tu savais tes heures sup où on s’les met” // “Si t’es pour le mouvement social frappe dans tes mains”//

  • CFDT CGT CFE-CGC Sud Solidaires CGT Métallurgie Sud Territoriaux Soldiaires Justices Intersyndicale FNAC Solidaires retraités Unsa…

  • Razzy Hammadi, sec. national du PS aux services publics, est assis à une table voisine. Ballon CGT Ile de France passe en arrière-plan

  • l’essentiel du cortège est passé. Un air d’accordéon est dans le fond de l’air. Soleil est revenu. Le lunettes de soleil apparaissent.

  • Un petit garçon chante à tue-tête : « On a gagné les doigts dans le nez ! On a gagné les doigts dans le nez ! ». Ad lib…

  • un vélib passe dans le sens inverse du cortège et part vers la place d’Italie. Razzy Hammadi a quitté le Canon des Gobelins.

  • Des poussettes. Un sirop d’orgeat. On a gagné les doigts dans le nez. Une jupe à fleurs. Mélange de sonos. Une fumée de cigarette.

  • un amputé d’une jambe. Des rayban. Des ecouteurs dans des oreilles. Une grande menthe à l’eau. Il y en a marre de ces actionnaires.

  • du soleil. Il est 16h20, samedi 13 juin 2009. Fin de la Twentative d’épwisement d’un lieu parisien.

[Complément 1h10 : la totalité des échanges sur twitter autour de l’opération : http://tinyurl.com/twentative]

 © /

 

Page Twitter de @thbaumg

 

 

Podcast 1930

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Tout est dans tout, et inversement. Et depuis longtemps, surtout. L’essaimage des contenus, la fragmentation de la diffusion… Voilà des idées qui reviennent de temps en temps dans les lignes du présent blog.
Mais ça ne date pas d’hier. Le flux des programmes hertziens est une illusion de flux. En matière de broadcast radiophonique plus encore qu’ailleurs.
Le métier de la radio c’est intrinsèquement de découper. Monter un reportage, c’est découper. Calibrer un documentaire, c’est découper. Faire d’une fiction une série, c’est découper.

Mieux, la radio a inventé le principe du programme à la carte. Ca s’appelle la syndication. Pareil que le dernier S de RSS : Real Simple Syndication. Mais depuis des lustres.
La syndication, c’est le principe de faire diffuser ses programmes à l’unité, par décrochage ou reprise.
Les Etats-Unis ont une grande pratique de la chose, les radios locales faisant partie de grands réseaux, de grands “networks”, auxquels elles se raccrochent entre deux moments de programmes natifs, locaux.
La France a moins cette tradition, mais le réseau France Bleu, à Radio France, est un exemple de syndication. Les banques de programmes musicaux produits par Radio France, aussi. Et FIP pratique aussi la syndication, puisqu’une FIP locale peut “décrocher” sur FIP nationale - - de manière indolore pour l’auditeur.

Or donc voilà : il n’est plus question de se dire que la radio va pouvoir s’adapter aux modes de diffusion fragmentée. Elle EST déjà un mode de diffusion fragmenté. Elle a inventé la fragmentation de la diffusion.

NPR, Radio France : politique digitale d’une radio publique, suite…

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Un tweet signé Frédéric Filloux a attiré mon attention ce matin : “Pourquoi Radio France devrait s’inspirer de la stratégie numérique de National Public Radio”.

Un clic m’emmène vers son site MondayNote, où il compare le cas de la radio publique américaine NPR et celui de Radio France. Il évoque les spécificités d’organisation de la radio publique en France et surtout les enjeux politiques qui l’entourent, qui freinent, selon lui, l’adoption d’une vraie politique “digitale”.

Radio France devrait, à ses yeux, rassembler les qualités de NPR aujourd’hui : être “independent, content-rich, mass market, local.”

>>> Lisez la totalité de cette synthèse sur MondayNote…

Réception faible

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Hypothèse/ synthèse d’un soir, lancée au hasard de twitter, qui a déclenché un petit échange avec François Bon il y a quelque temps.

Voilà le constat de départ : sur twitter, je suis un “follower” de Ellen DeGeneres*. Ou plus exactement du fil twitter du Ellen DeGeneres Show. Pourquoi, comment ? Je ne sais plus. Je n’ai, je crois, jamais vu cette émission, et pas plus depuis que je suis ce fil. Pourtant, je reste abonné. Elle y envoie, ou fait envoyer, quelques blagues, teasing d’émissions à venir… Cette existence sur twitter, ce n’est pas le show mais c’est l’émission quand même.

Plaçons-nous alors du côté du “récepteur”, internaute-télespectateur. Il ne regarde pas le “show”, mais il connaît une réception de la production de Ellen DeGeneres. Et je proposais le mot de “réception faible”, par analogie avec les fameux “liens faibles” développés dans les réseaux sociaux entre les acteurs.

Sur le long terme, l’internaute ira peut-être voir le show. Mais il suit déjà l’émission. C’est ce que les broadcasters de tous les pays doivent comprendre en installant une vraie présence, et de l’échange “qualifiée” et pas simplement du marketing, sur les réseaux sociaux. Bref, penser leurs émissions à l’âge du RSS et du partage constant. Et en conséquence, envisager la sacro-sainte audience avec des mesures intégrant cette diversité d’attention.

>>>>

Tiens, puisqu’on en est aux questions de vocabulaire… Un contenu web qui passe sur papier, on appelle ça le “reverse publishing”. Et un contenu radio ou télé, qui passe d’abord par la case web, on appelle ça comment ? Du “reverse broadcasting” ?

*ça marche aussi avec Des Chiffres et des lettres, mais je n’ai pas trouvé leur fil twitter.

[Ajout de 23h14. Lors une conversation postérieure à la rédaction de ce billet, avec un producteur de documentaires old media qui veut penser sa bascule vers le nouvelles formes de diffusion, nous sommes arrivés à la conclusion suivante : la transition sera réussie quand un documentaire commencera, par exemple, avec le premier message twitter envoyé depuis le terrain. Le documentaire comme un ensemble de moments, eux-mêmes composés d’une multitude de signaux plus ou moins denses].

Du podcast à la poignée de main

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Les hasards parfois, ma bonne dame, ça vous cueille. Ce matin, c’est une émission de France Culture, eh oui, qui m’aidait à ouvrir les yeux dans le métro parisien. Les Jeux d’archives d’Antoine Perraud, derniers en date. Il s’adressait cette fois pendant une heure à Jérôme Prieur. Heureuse introduction sur le sujet de l’archive, question ouverte, surprise de l’interlocuteur et beau développement au débotté.

Une des premières archives choisies par Jérôme Prieur fut la voix d’Antonin Artaud, pour une prestation radiophonique explosive datant d’avant Pour en finir avec le jugement de Dieu (je voulais mettre en lien l’excellent site UbuWeb, mais les ayant-droits ont apparemment fait retirer l’enregistrement qu’on y trouvait). Prieur parle du Club d’Essai, qui a enregistré Artaud, et d’un ingénieur du son qu’il fit témoigner dans son film La véritable histoire d’Artaud le Momo, qu’il a réalisé en 1992 avec Gérard Mordillat. Son nom : Gervais Marchal. Ce qui m’a fait pensé qu’il y a quelques personnes qui revendiquent l’initiative d’avoir mis Artaud devant le micro du Club d’Essai. J’en avais rencontré un, Paul-Louis Mignon. Peut-être tous ont-ils raison, après tout. Je n’ai pas vu le film de Prieur et Mordillat, des pistes de réponses s’y trouvent peut-être.

Bref, plongé dans l’émission, j’arrivai ce matin dans le hall d’une fameuse chaîne culturelle franco-allemande où je tombai sur… Jérôme Prieur ! Il avait apparemment bien apprécié ce moment dans les archives sonores pour les Jeux d’Antoine Perraud et m’annonçait que j’allais entendre un canular de Francis Blanche, qui devait suivre dans l’émission. Effectivement, il a demandé à entendre une archive d’Europe (n°)1. Ce qui fut donc fait.  

Réflexion sur le passé qui s’emboîte dans le présent, l’émission entendue ce matin donna lieu à un podcast qui entrait en collision avec le monde physique… Toujours surprenant.